1 avril 2012
28 mars 2012
VIDURES sur RFI reportée au 29 mai
Pour des raisons indépendantes de notre volonté, l’émission EN SOL MAJEUR qui devait traiter de VIDURES est reportée au 29 mai.
25 mars 2012
On ne badine pas avec l’armée
Comme l’Arménie appartient à une civilisation de l’écriture, que sa capitale a été désignée pour 2012 par L’UNESCO capitale mondiale du livre, elle a choisi cette année pour étaler au grand jour sa bêtise et porter sur la place publique ses vieux démons, à savoir sa haine de la culture vivante, de la culture de contestation, et de tous ceux qui remettent en cause les valeurs irrespirables de la grande patrie, à commencer par ses écrivains.
Après avoir augmenté le prix du livre, voilà qu’àprésent ce gouvernement s’en prend à la littérature. La police vient de convoquer dans ses bureaux le jeune Hovhannès Ishkhanian, auteur d’un recueil de nouvelles intitulé « Jour de démobilisation ». Il ne s’agit pas ici de juger de la qualité d’une œuvre mais du fait qu’un écrivain doive rendre des comptes sur ce qu’il écrit à des services qui sont les gardiens d’une culture dogmatique. L’Arménie serait-elle revenue au temps où sévissait la police politique et où l’on expédiait à la mort ou en Sibérie les esprits libres, trop libres ?
Le moins que l’on puisse dire, les nouvelles incriminées participeraient d’un climat de désespérance générale par les questions qu’elles posent et particulièrement sur l’ambiance délétère qui règne au sein de l’armée. « Je me suis réveillé, écrit-il, et j’ai vu que je pleurais. Mais pourquoi tu pleures, me suis-je dit à moi-même ? Je pleure parce que j’accomplis mon service… » Voilà le genre de phrase qui vous casse le moral alors que l’armée arménienne doit montrer les dents face à un ennemi qui traque vos moindres faiblesses. De fait, Hovhannès Ishkhanian n’aura fait que restituer d’une manière romanesque son expérience militaire. Que demander de plus à un écrivain sinon de témoigner des pathologies de son peuple et de ses institutions ? Non pas pour démolir systématiquement ces institutions mais pour montrer qu’elles peuvent occasionner des souffrances inutiles. Et Dieu sait combien les soldats arméniens sont souvent l’objet de chantage, de manipulations, de punitions absurdes : Il écrit : « l’armée, où l’on peut te punir d’avoir enfreint aux règles, mais aussi te punir même de les avoir respectés ». Ainsi, conscients de servir leur patrie, les jeunes recrues se trouvent parfois plongées dans un système qui n’a de compte à rendre à personne sous prétexte que le pays est en danger et que l’obéissance doit être totale. Il est vrai que le peuple arménien a tendance à oublier qu’il est en guerre et que la vigilance est de rigueur contre ceux qui visent à briser le courage des troupes. Mais dès lors qu’on permet à des écrivains d’exister et qu’on exalte le livre, on doit s’attendre à des conflits culturels entre l’esprit de liberté qui anime la création artistique et l’obéissance aux règles de la guerre.
Ainsi donc, faute de loi sur la censure, la police s’est adressée au ministère de la culture pour en trouver une visant à condamner l’auteur. Et quelle loi plus appropriée que celle portant sur la pornographie.
Il faut défendre l’écrivain Ishkhanian !
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Pétition :
L’écrivain Hovhannès Ishkhanian a été convoqué pour interrogatoire au titre de son ouvrage Le Jour de la démobilisation par la police militaire, puis par les services du commissariat de Kentron. D’après la police militaire, cet ouvrage de fiction « déforme la réalité, discrédite l’armée et outrage la religion et les mères arméniennes. »
Afin de donner un cadre juridique à leur approche, les autorités ont recouru à un article du Code Pénal et tentent actuellement de traduire en justice l’écrivain au titre de l’article 263 du Code Pénal, incriminant « le fait de diffuser des matériaux et des objets pornographiques ». L’ouvrage a été envoyé pour avis au Centre de Recherches sur les Valeurs culturelles du ministère de la Culture.
La littérature et les arts ne sont pas des « objets » relevant de la police et le pouvoir ne saurait rétablir les comportements de l’époque fasciste et stalinienne à l’égard de la littérature. Cette censure des autorités constitue une campagne visant non seulement les écrivains arméniens, mais aussi la littérature et l’art, la création et l’imaginaire, ainsi que les libertés fondamentales. S’il n’est pas mis un terme immédiat à ces pressions, le fait constituera un précédent à Erevan, capitale mondiale du Livre 2012, visant à censurer les éditeurs et les libraires, où des livres connus dans le monde entier sont vendus, lesquels ne sont pas du goût de certains officiels arméniens.
Nous ne permettrons pas à la police de plonger l’Arménie dans les ténèbres. Nous exigeons qu’il soit mis fin immédiatement aux persécutions contre Hovhannès Ishkhanian.
Si vous approuvez la présente déclaration, veuillez laisser votre nom.
17 mars 2012
VIDURES sur RFI
Denis Donikian
passera à l’émission EN SOL MAJEUR
sur RFI
le 29 mars 2012 de 12 heures à 13 heures,
interrogé par Yasmine CHOUAKI sur sa double culture.
26 février 2012
Haro sur le livre arménien !
Tigrane Sarkissian vu par Haroutyoun Tchalikian sur Arteria
Attention ! Je dis attention ! Je suis énervé ! Je fulmine ! Pour donner raison à la perruche de Radio Naphtaline qui a eu cet éclair de génie selon lequel Donikian prend pour cible le génie arménien, je vais m’en donner à cœur joie. C’est qu’en Arménie, comme je l’ai dit dans l’article précédent sur les indignés de Erevan, l’absurdité pleut du ciel comme des cordes. C’est d’ailleurs le seul pays au monde, l’Arménie, où tant de génie est déployé au centimètre carré. Génie social. Génie économique. Génie hospitalier. Génie administratif. Génie militaire. Génie constructeur. Génie téléphérique. Génie à l’exportation. Génie migratoire. Génie présidentiel, génie mafieux… Et pour tout dire : génie suicidaire. Et j’en passe… Au vrai, si les Arméniens ont du génie, c’est celui de ne pas en avoir. Il suffit de voir ce que ce génie a fait du pays arménien. On appelle ça le génie du lieu. Sans parler du génie critique dont je fais partie bien sûr, puisque je suis moi aussi quelque chose ou quelqu’un qui appartient par l’histoire au peuple arménien.
Voyez plutôt.
Comme chacun sait, le livre est en Arménie ce qu’est le caviar en France. Une denrée chère dont on est obligé de se passer en lui préférant des produits plus abordables pour se remplir la panse et pour répondre au quotidien. Alors qu’au temps de soviets, le livre se vendait comme du petit pain, aujourd’hui on lui préfère le pain quand le livre sert parfois à faire du feu pour le cuire. Les librairies ont fermé une par une au point qu’il n’en reste que deux ou trois dans tout Erevan. Les éditeurs ne fonctionnent qu’avec des aides le plus souvent étrangères. Bref, dans ce pays sinistre, le livre est sinistré.
Or, devant une telle situation qui requiert du souffle et de l’esprit, voilà que le Premier Ministre Tigrane Sarkissian, qui doit davantage acheter du caviar que lire du livre, a décidé d’augmenter les taxes à la vente de 20%. Non content d’avoir déjà taxé le malheureux bouquin en amont, à savoir dans les différentes étapes de sa fabrication, le voici qu’il s’en prend désormais à l’acheteur. Contacté par sa maison d’édition, un écrivain a dû comprendre que son livre qui se vendait 3000 drams dans les deux ou trois librairies de la capitale, par un jeu de calcul qui m’échappe, devait désormais doubler de prix tout en conservant le même poids. Il est vrai que lorsqu’un pays a pour président un ancien militaire, il ne faut guère s’attendre à ce qu’il évite de mitrailler la pensée. Car en Arménie, plus ça pense, moins c’est bon pour son avenir. Pour preuve, ces indignés qui font tout un plat de l’implantation d’un magasin dans un lieu public. Que l’Arménie appartienne à la civilisation du livre lui importe peu. La culture est l’ennemie de l’Etat. Mieux vaut l’entraver que lui donner des ailes.
Mais les écrivains n’en resteront pas là. A l’instar des indignés de l’avenue Machtots, le jeune auteur Aram Pachian compte lancer un mouvement de protestation pour faire savoir aux autorités que le livre n’est pas un produit comme un autre, mais une œuvre de l’esprit. Et qu’à ce titre nul, pas même un président, n’a le droit de le rabaisser au niveau d’une savonnette ou même d’un bien de première nécessité. Le livre est un bien culturel dans lequel s’exprime tout un peuple.
Or, nous sommes en 2012 et c’est pour 2012 que Erevan a été choisie comme capitale mondiale du livre par l’UNESCO. On aurait pu s’attendre à ce que le Premier Ministre renvoie son offensive à plus tard. Mais non. Nous sommes dans un pays absurde qui se doit de l’être jusqu’au bout. Sinon comment Donikian pourrait-il en rire et nourrir son génie critique ? Donc ce Premier Ministre a choisi cette année de célébration du livre pour l’immoler sur l’autel des impôts. Il va lancer le livre arménien dans le firmament de la culture universelle pour le flinguer comme un pigeon. Car ainsi que les Arméniens sont arméniens. Suicidaires et stupides. Stupides et suicidaires. C’est au moment où ils n’ont que leur culture pour planche de salut qu’il l’assassine.
Dès lors que sera, en Arménie, cette année consacrée au livre arménien ? Rien d’autre qu’une célébration narcissique des manuscrits poussiéreux qui remplissent les musées et que personne ne lit. Une énième célébration de l’alphabet arménien avec force discours et bénédiction catholicossale, voyage à Ochagan, dépôt de fleurs sur la tombe de Machtots et tutti quanti. Une célébration également des auteurs de la dogma arménienne qui n’ont rien à dire sur l’augmentation du prix de l’essence et du gaz, ni sur le mitraillage du livre dans l’Arménie de Sarkissian Serge. Car les Arméniens ont un tel culte de leur histoire qu’ils en deviennent passéistes. Pour preuve, cette grande fondation qui n’a pas trouvé mieux que de changer d’orientation en décidant désormais de faire traduire les classiques arméniens pour les porter à la connaissance des autres nations. Alors que ces classiques n’intéressent que les spécialistes, lesquels préfèrent les lire dans le texte original. Alors que les auteurs actuels d’Arménie crèvent sur place de voir que leurs livres, faute d’argent, ne peuvent être traduits pour franchir les frontières du pays. C’est toute une littérature qu’on sacrifie au nom du passé, de la rentabilité et d’une culture morte.
2012, Erevan capitale mondiale du livre ? Mon cul !
Denis Donikian
*
Voir également, en arménien, l’article de Vahan Ichkhanian : comment l’Etat tire sur le livre.
2 février 2012
VIDURES aux Conférences du Salon
MAISON DES ETUDIANTS ARMENIENS
Les Conférences du Salon
Vous invitent à une rencontre avec Denis DONIKIAN
écrivain, plasticien, autour de son roman :
VIDURES
Actes Sud, 2011
Le mercredi 8 février à 20 h 30
57, boulevard Jourdan, Paris 14ème
(métro Porte d’Orléans ou RER B Cité Universitaire ou Tram 3)
Présentation par Gérard Malkassian
Entrée libre
9 décembre 2011
“L’ Arménie n’est pas mon pays”.
Lors d’une interview sur une radio nationale française, me trouvant en compagnie d’un écrivain de la diaspora né dans un pays du Proche-Orient mais vivant en France, je l’ai entendu dire que dans le fond l’Arménie n’était pas son pays. J’ai bien compris qu’il voulait dire n’y étant pas né et n’y ayant pas vécu, il n’avait aucune raison de le considérer comme tel. La question reste donc posée à un Arménien de la diaspora dont les parents auraient vécu en Arménie occidentale avant d’en être chassés par le génocide en 1915 ou un peu plus tard.
1) La République d’Arménie reste le pays des Arméniens de la diaspora bien qu’ils soient originaires d’autres régions.
2) La République d’Arménie n’est pas le pays des Arméniens de la diaspora étant donné qu’ils sont originaires d’autres régions.
Qu’en pensez-vous ?
4 octobre 2011
28 septembre 2011
20 juillet 2011
« Arménie-Arménies » – 17 au 21 octobre 2011 : Terre, diaspora et littératures
« Arménie-Arménies » – 17 au 21 octobre 2011 Terre, diaspora et littératures
Qu’en est-il, aujourd’hui, de l’Arménie et des Arméniens, de leur persévérance à travers les siècles et de leur dispersion à travers les continents ? Qu’en est-il, aujourd’hui, de l’arménité qui renvoie à un peuple, à une langue, à une culture, à une foi, à une terre, à des migrations, à une littérature et à des arts ? Comment se sont faites les différentes reconstructions après l’abîme de 1915 ? Qu’en est-il, à l’heure de la mondialisation, d’une identité diasporique ?
Cet automne 2011, la République d’Arménie célèbrera le vingtième anniversaire de son indépendance retrouvée. Du 17 au 21 octobre, le Centre national du livre invite des écrivains arméniens, d’Arménie et du monde entier, à rencontrer le public français.
L’écriture est à la source de la civilisation arménienne. L’écrit s’inscrit au cœur de la vie arménienne. «Arménie-Arménies », permettra de découvrir un univers encore trop méconnu. Cette manifestation, inédite et itinérante, se déroulera de Marseille à Paris en faisant escale à Avignon, Valence et Lyon.
Avec la participation de la SNCF, « Arménie-Arménies » traversera ainsi la France à bord de l’Orient- express. Lectures, conférences, débats avec les auteurs seront au rendez-vous. Sur le chemin, la peinture, la musique, le cinéma et un grand colloque historique accompagneront, à travers expositions, concerts, projections, cette découverte du livre arménien.









