Ecrittératures

19 août 2009

Your breasts are grapes…

buissonardent

Buisson ardent ?

*

TEXTE ORIGINAL ARMENIEN

Donabed Gochavanktsi (1542-1609)

*

traduction anglaise

Your breasts are grapes in the palms of my hands

Your skin velvet, vibrant with confusion

Your forehead a tabernacle of grace


Your laughter a deliverance

And your silence the spotless coat of things

I spread your thighs like pages from the Song of Songs

Where beneath its Burning Bush,

The water is thirsty for drinking

There my tongue seeks

The sap that will revive

Man in his dying throes

*

Traduction française


Tes seins sont du raisin dans mes paumes

Ta peau est un velours vibrant de confusion

Ton front un tabernacle de grâce

Ton rire une délivrance

Et tes silences le manteau immaculé des choses

J’ouvre tes cuisses comme un livre du cantique

Où vit sous son Buisson ardent

L’eau qui a soif d’être bue

Ma langue y quête

Le suc qui doit ressusciter

L’homme en son agonie

14 août 2009

Erotisme à l’arménienne

DSC02897Photo : Denis Donikian ©

*

Horovels ou chants populaires


Toi et moi amour nous sommes

D’un seul cœur maîtres nous sommes

Le grenadier nous enflamme

Sirop d’amour enivre l’âme

*

J’ai aimé rose sans épine

Blanche une rose sans épine

Comme un bijou sur ma poitrine

Je l’ai humée qui sentait rien

Mon cœur fut triste comme un chien

Une rose rouge épineuse

A piqué ma main malheureuse

Depuis mon sang coule sans fin

Et m’enivre de son parfum

*

Nahabed Koutchak (XVIe siècle)


Tes yeux sont noirs et tes sourcils,

Front ouvert, visage rose…

Et cette blancheur que tu caches

Tes deux seins melonnés.

À mourir pour l’au-delà du monde

Où s’en ira l’éclat de ta poitrine ?

Car tout sera la proie des vers

Et toi tu me gardes pour rançon ?

*

Ce baiser que de ta bouche

Tu me donnas de bon cœur,

Plus doux que tous ces fruits

Poussant sur terre ou sur la mer

Fut comme ce fruit défendu

Dans lequel mordit Adam

Du Paradis il fut chassé

Comme moi de tes seins

*

Donabed Gochavanktsi (1542-1609)


Tes seins sont du raisin dans mes paumes

Ta peau est un velours vibrant de confusion

Ton front un tabernacle de grâce

Ton rire une délivrance

Et tes silences le manteau immaculé des choses

J’ouvre tes cuisses comme un livre du cantique

Où vit sous son Buisson ardent

L’eau qui a soif d’être bue

Ma langue y quête

Le suc qui doit ressusciter

L’homme en son agonie

*

Violette Krikorian

(extrait)


Tandis que tout mon être est dans le lieu d’amour.

Qu’il voie celui qui a des yeux !

Quelle ravissante image !

Deux corps soudés, étendus sous le drap, un entrelacs

De fleurs, lys frénétiques, huître qui s’ouvre et se referme,

balançoire qui va et qui vient…

Fais balancer ma couche, toi mon vent vigoureux,

mon joyeux compagnon de travail.
Fais osciller ma couche, toi mon rameur de choix,

mon corsaire fou.

Remue-moi jusqu’à ce que je sois toute épuisée.

Jusqu’à ce que j’atteigne par moi-même l’extrémité de ma personne.

Jusqu’à ce que par moi-même je m’anéantisse.

Remue-moi au point que j’atteigne là-bas ce Nulle-Part

– rivage de la joie.

Ainsi, pas à pas, d’un mot l’autre,

D’un mouvement l’autre, d’une pause à une autre pause,

Tiens-moi serrée et conduis-moi au cœur même de mon labyrinthe !

Et d’un baiser l’autre, d’un mouvement à un autre mouvement,

D’un baiser l’autre, d’un son de voix à un autre son de voix,

D’un baiser l’autre,

Fais-moi franchir le seuil de mon propre corps!

Fais-moi entrer dans la demeure de toute joie…

Ah ! Un pas encore. Ah ! Encore un mouvement.

Et sur le drap blanc, blanc comme du papier, deux lignes écrites

Selon le phrasé du corps, ces trois mots :

« Tout est accompli. »

*

Yéghishé Tcharents (1897-1937)

(extrait inédit)

11
Vêtue comme un cow-boy
Te voici mauvaise fille.
Je voudrais faire comme si
Je capturais tes hanches….
Assieds-toi sur mes jambes assoiffées
Pose tes hanches
Approche-toi de mon feu
Délicieux !

12
Donne-moi tes seins,
Donne tes hanches ardentes,
Que je m’enivre de ta flamme
Éternellle.
Ah, si j’étais Haffiz comme
Je voudrais la mettre
Dans l’étroit sentier
De tes hanches en feu.

13
Comme un prince d’Iran
Dans mon bassin d’eau pure
Combien de fois, combien
T’aurais-je prise, sœur !
Je lècherais la coupe
Brûlante de tes hanches -
Je prendrais feu par ton feu
Sans fin, sans fin…

*

Traductions: Denis Donikian

13 juillet 2009

Itinéraire avant l’oubli (24)

Classé dans : PROSES POESIES, Uncategorized — denisdonikian @ 1:02
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Les chiens dogmatiques

Harcèlent ta vie de leur royaume

Ta vie dans le feu des énigmes

*

( Santorin 6)

12 juillet 2009

Itinéraire avant l’oubli (23)

Classé dans : PROSES POESIES — denisdonikian @ 1:53
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Mer monstre et mystère dévorant

Foi économique des insulaires

Et moi de partout assiégé


(Santorin 5 )

11 juillet 2009

Itinéraire avant l’oubli (22)

Classé dans : PROSES POESIES — denisdonikian @ 3:29
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Corps l’île mangé par l’effondrement

Épouse désespérée de désir

Et l’homme s’avive d’autres jeux

Depuis la mort des feux sous les tempêtes

*

( Santorin 4 )

10 juillet 2009

Itinéraire avant l’oubli (21)

Classé dans : PROSES POESIES — denisdonikian @ 5:31
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Le jour brûle derrière trois vitres

Air dense mer indécente

Et si froide la chambre

Où pleurer sur ses crimes

*

(Santorin 3 )

Itinéraire avant l’oubli (20)

Classé dans : PROSES POESIES — denisdonikian @ 4:54
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Légiférée toute la terre

Jusqu’aux lèvres de l’eau

Qui dresse un mur de mer

Sur ta stupidité

( Santorin 2 )

9 juillet 2009

Itinéraire avant l’oubli (19)

Classé dans : PROSES POESIES — denisdonikian @ 3:15
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Rumeur sur les paupières

Nuit de râles climatiseurs

Et de noires tousseries

Au matin tout à coup porte ouverte

La mer

Cri mauve

*

(Santorin 1)

25 juin 2009

Une histoire de damier arménien.

damier

*

Un jour, dans un café arménien du quartier arménien de Toronto entre un Noir. Il s’approche du juke-box, sort une pièce de sa poche, l’introduit dans la fente et appuie sur un bouton. Aussitôt, le café se met à résonner du chant bien connu des Arméniens : Grounk, dédié à la grue cendrée. Les clients arméniens esquissent un sourire moqueur à l’idée que le Noir s’est trompé de bouton. Le disque terminé, le Noir retire une autre pièce de sa poche, l’introduit dans la fente, appuie sur un bouton. Et aussitôt, pour la seconde fois, le café se met à résonner du chant bien connu des Arméniens, etc. Cette fois, intrigués les clients arméniens se lèvent et viennent entourer le Noir qui par deux fois, etc. « Il vous plaît ce chant-là ? lui demande le patron du café. Et pourquoi ? Racontez un peu. » Le Noir les regarde, perplexe, et leur répond : « Vorohedev, yéss Hay ém. » (Mais parce que je suis arménien ! )  Et le voilà qui raconte son  histoire de long en large devant les yeux écarquillés des clients arméniens du café arménien de ce quartier arménien de Toronto, disant qu’il travaille comme  haut fonctionnaire  au Pays-Bas. Puis avisant le patron,  il continue : « D’ailleurs, si vous passez par Amsterdam, je vous invite à me rendre visite. » Des mois s’écoulent, quand le patron du café arménien du quartier arménien de Toronto se trouvant à Amsterdam avec son épouse sonne à la porte du Noir haut fonctionnaire. Ils sont accueillis par une magnifique femme blonde, deux garçons métis et lui-même. Ils passent une agréable soirée. Les deux Canadiens prennent congé, et tandis qu’ils s’éloignent, la porte n’étant pas encore fermée, ils entendent la femme blonde de l’Arménien noir lui dire, étonnée : «  Mais tu ne m’avais jamais dit qu’il y avait des Arméniens blancs ? »

*

Cette histoire vraie est un effet de la grande Histoire, quand des Arméniens établirent les premiers contacts avec l’Ethiopie au Moyen-Age, et surtout quand ils s’y installèrent après le génocide de 1915, grâce à la protection du Roi des Rois Haïlé Sélassié. Elle ne dit pas que les enfants métis parlaient l’arménien ni que l’épouse blanche, en vacances en Ethiopie chez ses beaux-parents, n’ayant de contacts qu’avec des Arméniens noirs, n’était pas mesure de penser qu’il existât d’autres types d’Arméniens. L’histoire ne va pas plus loin, mais on n’ose pas imaginer ce qu’elle aurait donné si l’épisode du café s’était passé en Arménie.

*

P.S. Le récit de cet Arménien noir, rapporté par Serge Avédikian, Arménien blanc, vous a été raconté par Denis Donikian, Arménien gris.

23 juin 2009

Itinéraire avant l’oubli (18)

Classé dans : PROSES POESIES — denisdonikian @ 12:14
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spirale

*

” … toi dans tous les sens qui te rends foetal

*

Dans l’exil

Dans l’exil épousé

Ignoré de tes proches

Tes mots battent la mer

Noyés dans les noeuds du monde

Pas de plus sûr naufrage

Dans plus fort que soi

De plus immense

Que le mensonge d’avoir vécu

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