Ecrittératures

31 juillet 2010

Les Malatiatsi de Vienne (1953)

Filed under: GALERIE — denisdonikian @ 7:28
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A tous ceux qui ne sont plus là et qui ont accompagné notre enfance.

Cette photo regroupe les Malatiatsi qui habitaient pour la plupart le fameux Kemp si bien décrit par Jean Ayanian, aujourd’hui décédé, et présent au deuxième rang ( si on excepte  le rang des enfants) à gauche, en habit militaire. Elle a été prise  à l’occasion du prochain départ pour l’Amérique de Bego Derminassian, de sa femme et de son fils Jacques-Hagop (Jacques se trouve sous le I de ECONOMIQUE, juste au dessus de sa mère et de son père qui occupe le centre du premier rang des adultes)

Tous les adultes des premier et second rangs sont aujourd’hui décédés, à part quelques femmes plus jeunes dont les deux qui se trouvent à l’extrême droite de la photo, l’une étant ma belle-soeur Anahid et l’autre ma soeur, chacune portant leur enfant, respectivement Jacques et Christiane. Parmi elles, à l’extrême gauche, en robe à carreaux près de son époux Aram (décédé), Marie Kulhandjian ( 85 ans aujourd’hui),dont les deux filles sont tout devant à gauche ( la seconde se prénomme Annie et la troisième  Christiane, ainsi que leur jeune frère Gaby  le quatrième)

Au premier rang des adultes à gauche, se trouve le père Donabédian (son fils Marcel est le premier à gauche du dernier rang), puis le père Gaspar ( qui m’a appris à pêcher et qui m’emmenait dans les bois pour chercher des châtaignes), ensuite Madame Ayanian ( avec le dernier enfant d’Aram), la mère d’Aram, et d’un second mariage celle de Jean déjà nommé et de Fernande (troisième à partir de la gauche au dernier rang des adultes)

Au dernier rang à droite se trouve mon frère Michel, portant son premier enfant, Guy, mon père Iskender, et mon beau-frère Maurice ( tous les trois décédés). Ma mère Takouhie est à l’extrême droite, debout.

Jean Ayanian a fait l’éloge dans son livre des grands-mères arméniennes, ici au premier rang, de part et d’autre de Bego, dit Bego Aghpar, qui était très respecté et écouté parmi les Malatiatsi. Je me souviens qu’il avait un oeil de verre.

(Juste au-dessous de Bego se tient le jeune Henri Tachdjian, dont la soeur Louise est la quatrième du dernier rang à partir de la gauche, et la mère au côté droit de Jean.)

Une mention pour les deux frères Tchoboyan ( à l’extrême droite du rang des enfants) et surtout pour leur grand-mère (située juste au-dessus de Daniel Tchoboyan et la troisième dame en noir à côté de ma belle-soeur ). Une grand-mère d’une infinie tendresse et d’une grande beauté.

Ces petites mémés, si discrètes et si actives, qui avaient tant souffert, étaient la douceur même. Une douceur de femme arménienne.
Je suis sous le E final de ECONOMIQUE, entre Jacques Der Minassian à qui je viens d’envoyer la photo, et Marcel Terzyagopian.

La photo  a été prise dans une cour adjacente au Kemp qui servait de jeu de boules et qui aujourd’hui est occupée par un garage.
Derrière le mur du fond passe la fameuse Nationale 7, qui connut les premiers bouchons avec l’afflux des vacanciers partant pour la côte d’azur et qu’on regardait passer avec envie.

Ces gens ont peuplé mon enfance. Ils ont en quelque sorte et sans le vouloir fait mon éducation. J’ignorais encore de quel enfer ils venaient et quels durs combats ils avaient menés pour survivre.
Mais ils étaient dans la paix et dans la bonne humeur.
Je les aime tous, comme s’ils étaient encore le chant discret de mon enfance qui circule en moi avec mon  sang.

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3 commentaires »

  1. Une photographie comportant des personnages ne continue de vivre, à mes yeux, qu’à la condition de voir figurer des légendes.
    Sinon, c’est une énigme frustrante et alors il faut recréer une histoire totalement fictive. Elle perd alors sa valeur documentaire et on rentre parfois dans le domaine de l’art, si l’opérateur était talentueux.
    Que de clichés perdus car non légendés.
    Chabouh

    Commentaire par kibarian — 1 août 2010 @ 6:04 | Réponse

  2. C’est toi, bien sûr ! Tu étais souriant et ton coeur aussi à cette époque.

    Le sourire est plus douloureux aujourd’hui, et le coeur révolté ; tu as trop d’années de désillusions accumulées ; mais tu sais, tu peux reprendre espoir, je sais que j’ai raison de croire à demain quand je rencontre ceux qui y croient aussi.
    L’Arménie de demain se fera dans la douleur (encore) mais se fera ; seulement, il est bien possible que nous ne soyons plus là pour le voir …

    Commentaire par Dzovinar — 1 août 2010 @ 7:25 | Réponse

  3. […] nous rediffusons cette photo ( voir ICI ), c’est qu’entre-temps, grâce aux efforts  conjugués d’Isabelle Daoulatian et […]

    Ping par Les Malatiatsi du Kemp (bis) | Ecrittératures — 29 avril 2015 @ 7:39 | Réponse


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