Ecrittératures

26 septembre 2010

Au revoir ! Au revoir !

Filed under: LES GESTES ONT LA PAROLE — denisdonikian @ 10:42

22 septembre 2010

Vanité

Filed under: APHORISMES — denisdonikian @ 7:29
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Le quêteur de notoriété, en art comme en politique, n’a pas d’amis, sinon des amis marchepieds.

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L’esprit prédateur, soucieux de célébrité, n’a d’autre hâte que de vampiriser ses amis. Ne sachant pas écrire, il utilise comme nègres ses amis écrivains pour les mettre au service de son ambition, comme il le fait de ses amis peintres, pour n’avoir aucun talent pour la peinture, ou de ses amis musiciens, n’ayant aucune aptitude à la musique.

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Que vaut un prix littéraire, artistique ou autre, s’il vous fait gagner en vanité ce que vous perdez en humanité ?

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La recherche de célébrité en art est déjà la preuve d’un art médiocre.

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On peut faire un film en manipulant des nègres de la même manière qu’on peut éditer un livre sans l’avoir écrit.

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Qu’au cours d’un tête à tête, un ami interroge l’autre sur ce qu’il fait et que cet autre n’interroge pas son ami sur ce qu’il fait lui-même, et l’on peut en déduire que l’un est un fou d’amitié et l’autre un fou de soi.

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L’homme est ainsi fait qu’il peut être généreux par intérêt, ami par calcul et  fraternel par égocentrisme.

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Les petits veulent se voir grands dans le regard des petits : c’est leur bonheur. Et gare au petit qui s’avise de leur renvoyer l’image de leur petitesse, il s’attirera de leur part une haine éternelle.

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Il arrive que le mérite d’une récompense  s’effondre sous la vanité qu’elle engendre.

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Quoi qu’il fasse, un ami trompera toujours l’amitié d’un vaniteux.

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La passion de la notoriété suppose un parcours sans faute qui s’obtient sans en dévier d’un seul centimètre, fût-ce pour donner une preuve d’amitié à un ami qui devra prouver la sienne en œuvrant pour cette passion, dût-il dévier de sa propre passion de plusieurs jours.

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Il existe un terrorisme de l’amitié.

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© Photo :  Denis Donikian

 

15 septembre 2010

Connaissiez-vous Boris PARSADANIAN ?

Filed under: ARTICLES — denisdonikian @ 10:24
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Biographie de Boris Christophorovitch PARSADANIAN

in Evguenii Svetlanov La Musique aujourd’hui – Ed. Sovietsky Kompositor-1985-

Trad. F. Pocachard.

A la fin des années quarante, plus précisément après la fin de la Grande Guerre Patriotique, Boris Parsadanian est apparu, à l’institut Gnessine (encore à cette époque sur la petite place Sobatcheï). On pouvait le voir sans cesse sur les paliers ou dans les salles de classe vides. Il passait tout son temps à jouer du violon. Et il faisait cela de façon très concentrée, inspirée, comme si tout pour lui dépendait de ce jeu. Bientôt nous avons fait connaissance car personne ne pouvait rester indifférent à Parsadanian. Sa sociabilité, ou comme on dit maintenant, sa communicabilité était sans limites- Il connaissait tout le monde,  ou plutôt tout le monde le connaissait. Et tout le monde s’est habitué. Habitué à ce que la cage d’escalier résonne en permanence des harmonies du violon de Parsadanian. Et la sévérité de l’administration, qui avait d’abord tenté de le chasser, fut sans effet sur le violoniste et dut bientôt se rendre.

Tout le monde était au courant de la façon dont le jeune musicien avait été, en particulier,  enthousiasmé par le concerto pour violon d’Aram Khatchatourian. On entendit aussi bientôt une autre musique. On ne connaissait pas encore alors le nom de l’auteur. Et seulement à quelques-uns, au nombre desquels l’auteur de ces lignes, était venue à l’esprit l’idée que cette improvisation inspirée, pour laquelle les ressources seules du violon semblaient ne pas suffire, était la musique de Boris lui-même.

Dés ses premières œuvres, Parsadanian parla de lui-même, de ses projets créatifs et le fit clairement, sincèrement et avec assurance. La musique du « Trio » séduisait par la pureté cristalline d’émotion, par sa sincérité, par le souffle brûlant d’un talent juvénile qui s’épanouissait comme une fleur. Et, ce qui était aussi très important, c’était son caractère propre, national, arménien. De plus ce caractère n’était pas emprunté à d’autres voix mais original, personnel et déjà mûri. Je me rappelle très bien le concert étudiant où nous avons joué le Trio (je jouais la partie de piano). Le succès fut  complet. La musique de Parsadanian avait profondément touché les cœurs et s’y était imprimée. Je ne peux pas ne pas exprimer ma satisfaction de ce que Boris Christophorovitch m’a promis personnellement de revenir  au Trio dans un avenir proche et, de la position de maître confirmé qu’il est devenu depuis longtemps, de mettre au point une nouvelle version de ce qui a été sa première œuvre.

Après le Trio est née toute une série d’œuvres remarquables dans lesquelles l’auteur avançait avec des bottes de sept lieues sur les chemins du professionnalisme et de la maîtrise de son art. Le poème symphonique « David de Sassoun » (« Poème épique ») fait partie des œuvres les plus brillantes de Parsadanian. Elle a été écrite presque au début de son parcours créatif, mais sa valeur est indépendante de la simple chronologie. Dans cette œuvre il y a déjà tout ce qui caractérise la musique symphonique du compositeur. Une remarquable intuition symphonique, le sens de l’orchestre, de ses inépuisables, innombrables possibilités, d’accords, de timbres et une relation complètement originale à la création de nouvelles formes, libre de toutes les mesures accoutumées. Avec un étonnant relief en tout. Dans les thèmes, les harmonies, les compositions polyphonique, dans l’orchestration, dans les émotions, dans l’imagination. Quand il écrivait David de Sassoun, Parsadanian était déjà l’élève du professeur G.I. Litinsky, qui menait la classe de composition du studio de la Maison de la Culture de la république d’Arménie. Je ne peux m’empêcher de me souvenir de ce temps si cher pour moi où je fus le témoin de la création des magnifiques œuvres de mes collègues, jeunes alors, A. Aroutounian, E. Mirzoïan, A. Babadjanian, A. Khoudoïan, E. Oganessian, tous élèves de Litinsky. C’était l’époque d’une « moisson » d’œuvres talentueuses. Où figurait dignement B. Parsadanian.

Je ne veux pas apparaître ici dans le rôle de biographe de Parsadanian. D’autres feront cela mieux que moi. Je voudrais seulement rappeler les plus remarquables des moments ayant joué un rôle dans sa vie de créateur.

L’influence la plus déterminante sur le développement du potentiel orchestral propre à sa nature de compositeur a été celle du grand maître N.A. Timofeiev. Sa Symphonie, que nous avons entendue dans ces années-là, produisit sur nous une impression colossale, particulièrement par son incroyable magnificence orchestrale et sa fantaisie luxuriante.

La découverte de la musique de D. Chostakovitch fut pour Parsadanian tout à fait essentielle. Il me  semble que l’œuvre de notre grand contemporain eut une grande influence sur le symphonisme de Parsadanian. Ce que Boris Christophorovitch (Parsadanian) ne niait d’ailleurs pas.

A la différence de beaucoup de compositeurs ayant subi la forte influence de la musique de Chostakovitch et n’ayant pas ensuite trouvé leur propre chemin, Parsadanian n’en a absorbé que ce qui répondait à sa propre personnalité, tout en restant tout à fait lui-même. De son côté Dimitri Dimitrievitch (Chostakovitch) a suivi très attentivement l’évolution de Parsadanian et a  évidemment sympathisé avec le talentueux compositeur, l’encourageant à résoudre de nouveaux problèmes créatifs.

Une des dates mémorables fut l’exécution de la Première Symphonie de Parsadanian « Souvenirs des vingt-six commissaires de Bakou ». Cette œuvre remarquable naquit d’une inspiration authentiquement neuve. Originale, nourrie d’un noble sentiment dramatique, héroïque, pénétrée de lyrisme, elle démontrait l’extraordinaire développement  de nos jours d’un véritable symphonisme à programme. Il faut rappeler la musique de la Toccata (deuxième partie), se déversant en avalanche après la provisoire accalmie « éveillée »de la conclusion de la première partie. Le final-requiem (troisième partie), où résonne une voix de femme pénétrante et profonde, (vocalise) – inspiration remarquable du compositeur – laisse, quant à lui, une impression profonde, inoubliable.

Encore plus monumentale et d’une imagination généreuse apparaît la Deuxième Symphonie « Martiros Sarian ». Titre qui obligeait l’auteur au meilleur. Et il faut dire que non seulement il a su chanter ce grand peintre arménien, mais aussi tout ce qui fait la grandeur de son œuvre immortelle. C’est là un de ces cas rares où le compositeur retrouve le même génie, la même inspiration que le peintre pour la création d’une fresque monumentale. C’est pourquoi on accepte naturellement  l’aspiration de Parsadanian vers ces grands thèmes héroïques, qui trouvèrent par la suite leur accomplissement dans des œuvres brillantes comme le requiem « Vivez dans les siècles des siècles », la cantate « L’Aigle » et enfin l’opéra « Le Sel ». Ainsi, il ne fait pas de doute que Parsadanian se trouve toujours à l’avant-garde des musiciens soviétiques contemporains. Les titres de ses œuvres en témoignent éloquemment. Ou encore, par exemple, la merveilleuse et juvénile ouverture « Adolescence ». Dès que l’on repense à cette œuvre, la musique en revient inévitablement à l’esprit et aussi l’envie de la réécouter. Je me suis souvent surpris à cela. Et ce n’est pas fréquent lorsque l’on parle des œuvres d’un compositeur contemporain.

Parsadanian est extrêmement actif sur le plan de la création. Il écrit constamment de la musique. C’est extraordinaire. Il est de ceux qui recherchent de nouvelles formes d’expression personnelle- même si ces efforts ne le conduisent pas toujours infailliblement à la meilleure des solutions , et c’est le lot de ceux qui cherchent. Il ne veut pas se répéter, répéter ce qui a été une fois heureusement trouvé. D’un côté, on ne peut que l’en louer. Mais d’un autre côté, il ne faut pas pour autant oublier les fêtes, je veux parler des fêtes de la création, quand le compositeur atteint de grandes réussites, s’affirmant lui-même dans chacune de ses œuvres les plus fondamentales et significatives. C’est un novateur qui n’a cependant en aucune façon, comme il est arrivé à Scriabine, oublié,  occulté ce qu’il a fait avant la Troisième Symphonie, « le Poème de l’extase », « Prométhée », et enfin la saisissante Septième sonate. L’un annonçait l’autre. Tout cela pour dire que les trouvailles de Parsadanian, dispersées dans un grand nombre d’œuvres intéressantes, (comme, par exemple, la Troisième et la Quatrième symphonies, ou les œuvres vocales, dans le quintette pour instruments à vent et bien d’autres,) ont été déterminantes dans le succès rencontré par son cycle de sonates pour instruments solo. Je pense que ces sonates (plus précisément, les « Parsadaniennes », où il  transforme à sa façon le début rhapsodique) doivent rencontrer, et rencontrent déjà, la reconnaissance des instrumentistes.

De tous les compositeurs arméniens, c’est sans doute de Komitas que Parsadanian est le plus proche – c’est son aïeul spirituel en musique. Ne serait-ce pas parce que la création originale de Parsadanian a su trouver sa voie dans le labyrinthe des sentiers battus, sans se compromettre, ni répéter ce qui avait déjà été fait ?

En 1975, Parsadanian a passé la cinquantaine. Mais sa progression, me semble-t-il, se poursuit. Du moins, le compositeur n’a pas voulu s’établir, s’installer, il considère que le chemin vers les cimes est encore devant lui. Cela mérite le respect. Et la musique de Parsadanian, chantée par les sources vives des montagnes d’Arménie trouvera encore de nouvelles formes d’expression.

Principales œuvres :

  1. « Le Sel « » Opéra ( argument tiré de la nouvelle d’Isaac Babel -1973) pour solistes, chœur et orchestre symphonique
  2. « Vivez dans les siècles » Requiem Oratorio (1962) pour chœur et orch. symph.
  3. « L’Aigle » Cantate (1968) pour orch. symph.
  4. « Poème épique David de Sassoun » (1952)
  5. « Ouverture Poème » (1952)
  6. Symphonies n°I (1958), II (1961), III(1965), IV (1967), V (1974)
  7. Ouverture « Jeunesse » (1961) pour violon et orchestre
  8. Concerto (1956)
  9. Symphonie concertante (Symphonie n°VI, 1976) pour flûte et orch de chambre

10.  Concertino pour instruments à vent (1967)

11.  Quintet (1967), Quartet à cordes (1974)

12.  Trio I (1949), II (1975)

13.  Deux danses (1948)  pour deux violons

14.   Sonate (1973) violon et violoncelle

15.  Double sonate (1975) pour violon solo

16.  Sonate (1971) pour violoncelle solo

17.  Sonate (1973) pour alto solo

18.  Sonate (1977) pour flûte

19.  Sonate (1974) pour voix et piano.

Pour aller plus loin :

http://en.wikipedia.org/wiki/Boris_Parsadanian

http://classiqueinfo-disque.com/spip/spip.php?article756

http://www.amazon.fr/Parsadanian-Symphony-No-2/dp/B000001LO9

http://www.selections.com/music/composers/?searchindexid=60256

http://www.alibris.com/search/classical/composer/Boris%20Parsadanian

http://www.amazon.fr/Parsadanjan-Musical-Portrait-Boris-Parsadanian/dp/B0000247UG

http://www.chapitre.com/CHAPITRE/fr/MUSIC/parsadanian-boris/symphonies-n-1-n-2,398264.aspx

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Merci à David Apikian.

5 septembre 2010

Question sur une photo avec ANTRANIG

Filed under: APPEL à DIFFUSER — denisdonikian @ 7:11
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Merci à ceux qui apporteront des éclaircissements sur cette photo.

@ Denis Donikian écrittératures

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