Ecrittératures

31 janvier 2011

La destruction des Juifs d’Europe (III) – 1

Le troisième volume de la somme consacrée par Raul Hilberg à l’extermination des Juifs durant la Seconde Guerre mondiale (Folio Histoire, Tome III, Gallimard, 2006, traduit de l’anglais par Marie-France de Paloméra, André Charpentier et Pierre et Emmanuel Dauzat, pages 1595 à 2402), porte sur les centres de mise à mort, les agents du processus et les victimes, les procès, le sauvetage, les réparations, le problème des statistiques relatives aux victimes et sur les sources qui ont permis l’élaboration de cette immense enquête. Ce troisième tome comporte également un précieux index des noms propres (personnes, institutions, lieux).

Résultant d’une planification compliquée, le camp de la mort exigeait toute une armée de spécialistes et fonctionnait comme une usine moderne. La décision par Hitler d’anéantir les Juifs, conduisit Himmler, durant l’été 1941, à choisir Auschwitz pour sa proximité avec des voies ferrées. Le gazage fut expérimenté pour la première fois par Fritzsh, l’adjoint de Rudolf Höss, le directeur d’Auschwitz, sur des prisonniers russes, avec des stocks d’acide cyanhydrique, ou Zyklon, utilisé pour l’extermination des rongeurs et des insectes. Le Zyklon B était utilisé contre les humains.

Les expériences médicales, encouragées par Himmler, étaient de deux sortes, les unes comprenant la recherche habituelle, mais sur des sujets non consentants , les Versuchspersonen, les autres étaient conduites selon des méthodes qui sortaient de l’ordinaire. Les complications inhérentes à l’inhumation des cadavres obligèrent à les déterrer et à les détruire par le feu, ou même à utiliser un moulin à os (Knochenmühle). L’usage des fosses où on brûlait les corps permit ainsi de résoudre les problèmes d’engorgement, d’une manière plus efficace que les crématoriums.

Réfléchissant sur le caractère ininterrompu de « la marche forcée sans précédent d’hommes, de femmes et d’enfants vers les chambres à gaz », Raul Hilberg  est conduit à penser que  les pratiques habituelles de la bureaucratie en arrivaient à s’appliquer à des situations inhabituelles, amplifiant les champs d’action et élargissant les compétences. Quant au bureaucrate allemand, il composait avec ses interdits moraux, en « associant un mécanisme de refoulement et un système de rationalisations ». Par ailleurs, la propagande, fondée sur un judaïsme international poussant à la destruction de l’Allemagne, aidait à « combattre les doutes et les sentiments de culpabilité partout où ils surgissaient … »

Raul Hilberg insiste aussi sur « le rôle que jouèrent les Juifs dans leur propre destruction ». Les documents établissant une résistance juive « sont très minces ». L’incorruptibilité des Juifs était même un instrument de l’administration allemande. Ils s’auto-administraient des mécanismes de refoulement, utilisant une terminologie spéciale pour désigner les opérations d’anéantissement. Quant aux voisins des Juifs, ils avaient érigé le non-engagement en doctrine, pratiquant ainsi une « passivité solidifiée ».

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23 janvier 2011

La démocratie par le feu.

La honte ! La honte ! Les Arméniens rasent les murs, ferment leur chapka et remontent le col de leur veste. Ils ne veulent pas être reconnus. Vous vous rendez compte, un peu ! Les Tunisiens ont renversé en quelques jours leur Ben Ali. Mais les Arméniens braillent depuis des années sans faire bouger Sarkissian d’un poil. Un type se transforme en chachlik et voilà toute la Tunisie qui s’embrase.  Pourtant, le chachlik, les Arméniens ils connaissent. Ils ne font même que ça. Eh bien, rien à faire. Ça ne les fait pas descendre dans la rue et ça n’ébranle pas le président. Un jour, à un jeune qui sirotait son café glacé sur une terrasse, je lui ai dit, mais brûle-toi, tu sauveras ta patrie ! Me brûler ? il a répondu. Mais pour quoi faire ? J’ai des cousins en Amérique. Qui paierait mon café glacé sinon ? Et pour me narguer, il s’est allumé une cigarette. En Arménie, les briquets servent à ça, pas à se donner le feu. Les corps s’enfument, et ça fait marcher le business. C’est qu’un Arménien, c’est pragmatique. Un briquet, ça sert à mettre le feu au bois pour le chachlik et ensuite à s’allumer une cigarette.  Chaque Arménien mâle préfère mourir à petit feu dans une pseudo-démocratie plutôt que de se transformer en torche simplement pour refuser cette même pseudo-démocratie. Reprends tes esprits, khyiâr (comprendre cornichon) ! D’ailleurs les militants LTP ( comprendre Lévon Ter Pétrossian) ont horreur de la violence. Ils ont appris ça chez Gandhi.  Mais si Gandhi a réussi à chasser les Anglais, LTP qui avait été chassé par la rue comme président n’est toujours pas arrivé à chasser le président Sarkissian avec la même méthode. Et LTP ne peut tout de même pas demander à Kotcharian de lui donner des cours particuliers en la matière. Ce serait indécent. De fait la non-violence selon LTP est politique, rien que politique. Une non-violence arménienne en somme. Alors que la non-violence selon Gandhi  avait des racines morales et philosophiques. Et même humanistes. LTP veut changer Serge Sarkissian. Gandhi veut changer l’homme. On ne verra jamais des Arméniens accepter de recevoir des coups pour démoraliser leur agresseur et lui tendre avec leurs joues le miroir de sa propre misère morale. Sinon, ce qu’il faut souhaiter aux opposants arméniens, c’est qu’ils aillent faire des stages d’immolation politique en Tunisie. Et surtout qu’ils fassent un pèlerinage à Sidi Bouzid où Mohamed Bouazizi s’est immolé par le feu. C’est qu’on ne peut pas se transformer en chachlik comme ça. Les Arméniens, pour intelligents qu’ils soient, pourraient se rater. Par exemple en appliquant la flamme de leur briquet à leur dernière cigarette, celle du condamné à mort volontaire.  Le temps qu’elle se consume, leur pragmatisme pourrait avoir raison de leur geste salvateur… Comment ? Moi ? Tu voudras que j’apprenne à me faire griller aussi ? Mais j’habite pas l’Arménie ! Arménien, oui, mais arménien et autre chose. Comme Aznavour. Lequel ne fume pas, et il a bien raison.  Ne pas fumer, ça conserve la voix. Et puis il représente l’Arménie en Suisse. Qu’est-ce qu’il irait foutre en Tunisie ? Chanter Ave Mariiiiiiia ?

19 janvier 2011

L’oeuf et le panzer

Filed under: Uncategorized — denisdonikian @ 1:55
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Un jour, je ne sais quand,

Sur la route de Caen,

Un panzer pesant comme un bœuf

Se trouva le nez contre un œuf.

Un œuf sans yeux ni pattes,

Au milieu de l’asphalte.

En grand danger

D’être écrasé.

C’est qu’une poule en son chemin

Avait ici ouvert son cul

Abandonnant un orphelin

A la rue.

Le panzer, las de ses canardages,

Lui le lourd, lui le démon,

Aspira l’œuf en son canon,

Et partit avec lui en voyage.

Combien de pays n’ont-ils vu !

Et combien de champs traversé !

Ils étaient seuls, ils étaient nus,

Jusqu’au jour où l’œuf a toussé.

Et voilà que d’un tas de fer

Naquit un poussin merveilleux.

Les gens n’en croyaient pas leurs yeux

Un oisillon né d’un panzer.

Lecteur au moi hégémonique

Prends garde aux démons de ta haine

Car toute vie est une graine

Et toute graine est magnifique.

15 janvier 2011

Toute l’Arménie dans un piano

Filed under: APPEL à DIFFUSER — denisdonikian @ 6:32
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Un court métrage de Lévon Minasian

Pour le voir cliquez ICI

Et votez pour qui vous voudrez

Pour en savoir plus sur le tournage cliquer ICI

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Les Parisiens pourront voir le film au Balzac.

le samedi, 22 janvier, à 12 :00, au Cinéma le Balzac, 1 rue Balzac, Paris 8e.

Nous vous demandons de confirmer votre présence par courriel : boa@boafilms.fr

Inscrivez-vous.

12 janvier 2011

Morts de chiens sans frontière

En Turquie, on tue les chiens. ICI

En  Arménie AUSSI .

Tout est dans tout,

Mon toutou.

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