Ecrittératures

23 février 2011

Les pierres & l’âme, fragments arméniens

Filed under: LIVRES — denisdonikian @ 7:39
Tags: ,

 

« Les pierres & l’âme, fragments arméniens » est le titre du nouveau livre publié par Rémy Prin aux éditions Parole Ouverte, à la fois récit de voyage en Arménie et en Turquie, rencontre poétique avec les pierres et les hommes, et réflexion sur la place du patrimoine aujourd’hui, dans le devenir des peuples.

Échos du voyage, bonheurs des rencontres, douleurs des ruines, le patrimoine arménien est ici montré comme une présence qui nous questionne, exemplaire de toutes nos cultures : l’intensité d’un chant devenu précaire, en risque de se dissoudre, mais qu’on voudrait comme un creuset fertile pour demain.

L’Arménie est née comme d’une alliance improbable entre Orient et Occident, à l’interface des empires. Ballottés entre Rome et la Perse, maintes fois envahis, morcelés, démembrés presque, les Arméniens ont su dans une adversité extrême développer une culture hors du commun. Tout au long du temps, les architectes arméniens ont semé sur le territoire comme des pépites de leur âme, dressant leurs pierres vers le ciel en un chant d’exception.

Lire la suite ICI

Le LIvre sera présenté aux Yan’s club le 12 mai prochain. Voir ICI

 

Publicités

22 février 2011

Hay, have a dream !

Filed under: Uncategorized — denisdonikian @ 7:00
Tags:

“I have a dream…” dit Martin Luther King. “I have a dream…”  qu’il dit, redit et reredit, encore et toujours du fond de son trou noir aussi noir que sa peau, aussi noir que le noir profond de la solitaire nuit américaine, nuit de fosse, nuit de la criminelle discrimination. “I have ! ”, “I have ! ” il dit, redit et reredit… “Hay hâve ! ” j’entends. Poule mouillée d’Arménien, quoi ! “Hay hâve !”, et pas très loin, “Hayvane ! ”… Quoi “Hayvane ” ? Alors comme ça, tout Hay est hayvane… Or, Tara Tata est hay… Donc Tara Tata est hayvane ? C’est ça hein ! Hay kou mère ! Mais moi aussi, je rêve ! Martin djan ! J’ai des rêves plein la tête.  Le hayvane rêve de Van, de Mouch, de Zeïtoun, de la terre qui erre sans but depuis que ses Hays n’y sont plus. Car une terre n’est une terre que si elle est rêvée, que si elle est la chair du rêve, la saveur viscérale du moi où se rêvent des siècles et des siècles d’hommes qui ont habité le même sol, l’ont fécondé de leur sang, l’ont arrosé de leur urine, l’ont fertilisé de leur mort jusqu’à le rendre absolu… Ceux qui n’ont pas ce rêve n’auront jamais la terre. Ils n’auront que l’agriculture. Qu’importe la possession ! Qu’importent les frontières. Mes rêves ne sont pas de moi, ils me rêvent, ils font de moi un éternel errant à la recherche de son éternité… Rêve, Arménien ! Rêve ! Hay ! Have a dream…

 

10 février 2011

Giorgia

Filed under: Uncategorized — denisdonikian @ 2:29
Tags:

Giorgia, c’est un corps mental monté de toutes pièces. Un composé d’objets de hasard soumis à l’ordre du désir.

Il est à moi venu avec son nom tatoué sur le ventre, je veux dire entre les lignes où ses hanches se galbent en généreux évasement pour que s’enchante la paume de vos mains.

Giorgia est d’un cristal aussi parfait qu’un flacon inventé pour s’emplir du plus personnel des parfums, celui qui désigne le plaisir comme un tropisme envoûtant.

L’or de son cou reflète les brillances d’onctueuses odalisques, maîtresses d’hommes fous et gardiennes de foi dans la race. Son cou où siège le velours de sa voix, où passe l’air du monde, où circule le sang de ses propres passions.

Sa bouche, seule, évidente et rouge, annonce les aspirations de sa sœur, la muette, la cachée, la vibrante. Qu’elle s’ouvre pour parler du temps qu’il fait, pour absorber des éléments de nourriture, et c’est l’autre qu’elle laisse imaginer, avec son intérieur tapissé de soifs sombres et de sucs.

D’ailleurs, pour ajouter du signe à la parole, j’ai surmonté ces lèvres de deux éléments emboités, lame en son fourreau, tenon en sa mortaise.

À ce niveau charnière du montage, centre de gravité de l’ensemble, ma fantaisie a fait correspondre à l’évasement vers le bas du corps, un évasement symétrique vers le haut.  Hanches surmontées de leur buste.

Des perles coulent en collier lascif sous une coquille d’escargot.

J’aime les femmes portant collier de perles. Quand la peau de leur cou, à la faveur d’un éclairement furtif, se marbre de veinures et de sourdes bleuités.

Et cette coquille, ah cette coquille ! pointée en spirale comme le téton têtu qui attend sa proie, bouche de l’homme en grand mal d’enfance.

*

GIORGIA, œuvre unique signée DNK,IX, 95, hauteur 23 cm. Fragile.


4 février 2011

La destruction des Juifs d’Europe (III) – 2

 

L’impact de leur destruction sur les Juifs fut d’autant plus considérable qu’il provoqua un cataclysme majeur au sein de leur communauté et du monde. Au sentiment d’avoir été abandonnés par les alliés, succédèrent des « actes de militantisme en faveur d’Israël », considéré comme « l’immense consolation du judaïsme ».  Tandis qu’il façonna la conscience d’une identité juive, l’Holocauste provoqua chez les Allemands des réactions de dissociation. Durant plusieurs décennies, la présence juive resta effacée du territoire allemand. Pour autant,  la responsabilité du peuple allemand fut amplement reconnue par ses représentants, à l’exception de l’Eglise catholique qui transformait « la culpabilité collective en culpabilité universelle ».

Lors des procès de Nuremberg, les accusés prétendirent ne rien savoir sur l’extermination des Juifs et se retranchaient derrière la même excuse : ils obéissaient aux ordres d’Hitler.  Analysant le processus de dénazification entrepris par les alliés, Raul Hilberg  montre qu’il ne « toucha guère ceux qui avaient fait tourner la machine de destruction ». En 1949, sur 13 199 800 cas recensés, au bout de quatre ans, seules 300 personnes étaient encore dans des camps de travail. Beaucoup d’anciens nazis  reprirent leur carrière tandis que « les hommes d’affaires furent les premiers à se dégager de leur passé ».

La migration des Juifs avant la guerre vers les Etats-Unis et la Palestine se heurta aux restrictions d’entrée.  Quant à leur sauvetage par les alliés, il fut difficile en raison d’informations incomplètes. « Les dirigeants juifs n’avaient pas l’habitude de penser au sauvetage en termes de force, et les stratèges alliés se montraient incapables d’envisager la force pour procéder à ce sauvetage ». Après la guerre, les Juifs, qui migrèrent vers la zone anglaise, furent bloqués par les Britanniques, tandis qu’ils se déversèrent dans la partie américaine et qu’ils furent cantonnés dans des camps où l’on répondit aux besoins de première nécessité.

Concernant les réparations, le partage de l’Allemagne en zones d’occupation ne permit par aux Juifs de recouvrer leurs biens.  Ils furent ignorés à l’Est, tandis que les Occidentaux ne répondirent que sommairement à leurs revendications, au nom de la reconstruction. Toutefois, dès 1953, une loi fédérale d’indemnisation fut promulguée au bénéfice des persécutés. De son côté, l’Autriche consentit à accorder un droit à dédommagement aux persécutés « actifs » et établit un programme d’assistance aux bénéficiaires, qu’elle étendit par la suite, en 1990, à ceux qui vivaient hors de son territoire.

« La destruction des Juifs a pris fin en 1945, mais si la perpétration s’est arrêtée, le phénomène est demeuré ».  En adoptant, une Convention pour la prévention du génocide, tel qu’il fut forgé par Raphael Lemkin, les États signataires où se produiraient de tels actes avaient obligation  de poursuivre les responsables. Mais ni les Etats-Unis, ni l’U.R.S.S. ne l’acceptèrent pleinement. Par ailleurs, la Convention n’empêcha ni l’autogénocide au Cambodge, ni celui des Tutsis au Rwanda.

 

Créez un site Web ou un blog gratuitement sur WordPress.com.