Ecrittératures

17 février 2012

A propos de VIDURES (12)

Filed under: TOUT sur VIDURES — denisdonikian @ 2:08

La revue LECTURES  a consacré sa rubrique aux derniers livres parus relatifs à la littérature arménienne , dont VIDURES.

Arménie vivante  par Vinciane STRALE

LECTURES, Bruxelles, Janvier 2012

Dans Vidures, c’est l’Arménie actuelle qui est cœur et matière de cet étonnant roman. C’est entre décharge publique et cimetière que se déroule l’existence de Gam’. Ce texte baroque, heurté, profanateur raconte une journée du héros. Entre retours du passé et des morts, violences et corruption du temps présent, retours de tendresse aussi, la décharge est un lieu de rappels de mémoire. Elle est un univers monstrueux où errent et vivent des hommes, des chiens errants et des cochons portant des noms de présidents. Le livre de Denis Donikian est violent et souvent profanateur. Dans une interview, il expliquait ce choix en disant que parfois « les choses vous obligent à faire du rentre-dedans tellement elles accrochent le cœur et le regard ». La décharge est métaphore, elle est l’envers caché d’une société qui essaie de se croire propre. Tous les jours, Gam’ peut contempler le mont Ararat et sa pureté. Mais c’est dans le « détruit » d’un monde qu’il vit. Avec une voix véhémente et lyrique, l’auteur nous montre une société qui gère, dans une logique néolibérale, ses déchets. Ici, on croise aussi les « déchets humains » qu’elle rejette : les pauvres, les prisonniers politiques, les fous, les handicapés, les trop vieux, les très pauvres. Après vingt ans d’indépendance, l’Arménie vit mal le présent et n’est pas guérie de son passé, de ses passés. Et pourtant, l’espoir aussi subsiste et l’appel du cœur, le cri à Dieu, est profond et fort.

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