Ecrittératures

31 janvier 2013

Elections kalachnikov ou la démocratie par le vide

De Mkrtitch Matévossian

De Mkrtitch Matévossian

Les Arméniens s’indignent de tout sauf d’eux–mêmes.  On pourrait y voir un symptôme d’infantilisme si le fait de ne pas s’indigner de ses propres indignités n’appartenait avant tout qu’à nos élites. Vous savez, ceux qui pensent à la place des Arméniens et qui défendent leurs intérêts. Expatriés volontaires qui vous gargarisent le cerveau avec de la patrie, le seul pays au monde qui vous veut du bien en vous faisant du mal. En somme, ceux qui voient la grande histoire et négligent les petits riens de la vie.  Et qui n’en ratent pas une pour congratuler les hauts gradés de notre honte pour mieux jouir d’être arménien. Que voulez-vous, c’est la politique qui veut ça. Mais qu’importe pourvu que nos élites diasporeuses reçoivent des médailles officielles pour services rendus à un pouvoir qui enferme la nation dans le mensonge, la misère et l’obscurantisme.

Ainsi donc, les élections en Arménie seront les plus propres de toutes celles qu’elle aura connues depuis son accession à l’indépendance. Ce qui donne raison à une opposition qui  s’est toujours indignée des irrégularités dont furent entachées les précédentes. (Oubliant celles qui furent « gagnées » hier par les leaders de cette même opposition, à savoir Lévon Ter Pétrossian en personne. Mais c’est l’hôpital qui se moque de la charité, me direz-vous dans un cri d’indignation. Que non ! C’est le cancer qui fornique avec la gangrène).

Ces élections présidentielles de février seront d’autant plus propres que c’est un bon connaisseur des falsifications qui le dit. Un tonton flingueur d’opposants qui a pris ses leçons auprès des deux présidents fossoyeurs qui l’ont précédé. Mais au moins celui-ci pèse plus lourd par sa plus-value. C’est la mère Denis du lavage politique qui ne vous laisse aucune tache de sang sur le linge sale de la famille arménienne.

Mais surtout, c’est l’homme qui ne voit pas qu’il est le malheur du peuple arménien. Non, il ne le voit pas. Un ersatz d’Hitler qui voulait tellement la grandeur de l’Allemagne qu’il a réussi à lui donner sa destruction.

Depuis quelques mois, il en a défait des opposants, notre tonton. D’abord, il a rayé  le messie Lévon Ter Petrossian, en lui montrant qu’il criait victoire plus haut que son QI. Puis Vartan Oskanian en le menaçant d’une épée de Damoclès fiscale.  Enfin Dodi Gago, colosse aux pieds d’argile, en lui montrant que son business pourrait vite prendre l’eau. Après quoi, les autres présidentiables auront beau se lever, ils ne feront que des  bruissements de mouches. Mais gare à celui qui voudrait en faire trop. Lui aussi pourrait passer par le hachoir de notre Machiavel. Car l’homme aux petits yeux a un regard d’aigle. Il voit, il veut, il va… Et ainsi grâce à lui, le peuple arménien vit dans le cirage, ne sait où donner de la tête et va de préférence crever à l’étranger.

C’est que dans notre démocratie abricotière, il y a quatre moyens d’éliminer les candidats qui s’opposent à vous. Pendant les élections par le bourrage des urnes, après les élections en falsifiant les comptes, et avant les élections en supprimant par le chantage les prétendants les plus dangereux. Reste la méthode radicale de l’arme à feu.

Ainsi va le monde politique arménien. Celui d’une démocratie sans démocrate. SS hier, SS demain.

Que fallait-il faire alors, me direz-vous ? Mais rendre le désert démocratique plus désert encore que celui organisé par le candidat sortant, pardi ! Histoire de jeter l’indignation du peuple à la figure. Pour une fois, les Arméniens qui ont du génie à revendre aurait pu inventer le concept d’élections kalachnikov en donnant l’exemple d’une élection présidentielle où les opposants au président candidat, après avoir déclaré leur candidature, se seraient tous volontairement retirés. Histoire de montrer quelle glaciation démocratique le pouvoir en place aura créée en Arménie par l’élimination fiscale, symbolique ou réelle des prétendants au poste. Certains qui l’ont compris se sont déjà désistés. Mais tous auraient dû le faire pour que le pantin s’agite tout seul au vu et au su de tout le monde civilisé.

Car nous savons d’ores et déjà que tout passera comme une lettre à la poste. Alors que le peuple arménien, peuple inventif, a besoin de confiance pour s’inventer, il devra vivre à l’étouffée  durant cinq nouvelles années. Et vous verrez nos élites diasporeuses applaudir, congratuler, médailler même le père constrictor, ses fils ambassadeurs et le saint esprit apostolique, en vérité tous assassins de la parole et de la pensée arméniennes.

Denis Donikian

DERNIERES NOUVELLES : Quelques heures à peine après avoir affiché cet article, l’un des candidats à l’élection présidentielle, et pas des moindres, Parouïr Hayrikian,  était blessé par balle, touché à la poitrine, lors d’une tentative d’assassinat. Elections kalachnikov, je vous ai dit. Kalachnikov. Sans d’ailleurs vouloir accuser personne.

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27 janvier 2013

LIRE, RELIRE, DELIRE…

Filed under: ARTICLES,CHRONIQUES à CONTRE-CHANT — denisdonikian @ 4:15

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Portrait d’un président (1)

Babel Arménie 

 Memorial eros/ 1915 

 Fraude à l’encre rose

Vient de paraître : Le Vardig de Medz Mayrig

Pauvre diaspora

Le caleçon du président

Tracteurs et détracteurs

 Corrupziatour à Erevan

Les indignés de Erevan

 La culture ? Il y a des maisons pour ça

Médaillés et médailleurs

 Aznavour se rebiffe. Moi aussi.

Aznavour se rebiffe. Moi aussi (deuxième)

Radio Naphtaline. La radio qui conserve les mythes

 De l’Arménie mystique et des Arméniens ordinaires

19 janvier 2013

L’ABSTRACTION GEONIRIQUE

Filed under: GALERIE — denisdonikian @ 3:19

Qu’est-ce que l’abstraction géonirique ?

Ci-dessous peinture de D. Donikian

( avec l’aimable autorisation de l’auteur)


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On parle de figuration, on parle d’abstraction… Jamais, semble-t-il, on n’a songé à mêler les deux, ni parlé d’abstraction figurative, ni de figuration abstraite. Et si la nature nous offrait encore ça : des formes appartenant au monde vivant qu’il serait impossible de nommer tant elles échappent à l’ordinaire des objets offerts à nos yeux. Photographies d’écorce (comme celle d’un vieux palmier Livistonia), sinuosités que dessine la mer en se retirant autour du Mont-Saint-Michel, manteaux de laves au sortir d’un volcan, Grand Prismatic Spring du Parc Yellowstone vu du ciel, clichés pris par la sonde Hubble… autant de tableaux vivants proches d’une peinture abstraite.

De fait, le monde obéit à une énergie que certains ont résumée dans une théorie dite du Chaos (turbulences, fluctuations, phénomènes naturels instables…), d’autres dans un système dit de criticalité auto-organisée (avalanches, tremblements de terre, embouteillages…). En peinture, imiter ces phénomènes consisterait à procéder par oscillations aléatoires, à respecter la dynamique des fluides, à laisser s’exprimer la matière.

Considérée de la sorte, la surface du tableau devient le champ clos d’une manipulation productrice de chaos et créatrice de figures mollement délirantes et faussement maîtrisées. L’écoulement des couleurs provoqué par le tangage de la toile entraîne des avalanches, fait varier les tropismes et restitue des graphismes géologiques ou des fonds de cosmos ( on pourrait alors parler d’abstraction cosmonirique). Mais le tableau n’est pas terminé pour autant. Abandonné à lui-même, et tant qu’il n’aura pas séché, il travaille encore au gré des seules combinaisons chimiques qui composent sa matière.

Matière dont nous sommes faits. C’est que le “regardeur” partage avec le tableau une même fraternité organique tant par la forme que par la composition. En lui, forcément, il se reconnaît, comme s’il lisait au gré d’une écriture familière, née du mariage des chromatismes, ses vertiges (fièvres, jouissances, douleurs, incertitudes) aussi bien que des morceaux d’univers en mouvement.

Ainsi, ces “écoulements chaotiques” parvenus à leurs fins, loin de rester figés en une forme définitive et voulue, s’animent au contraire du seul fait que le spectateur sent l’éveil en lui de ses propres facultés oniriques. L’abstraction a la vertu de l’indéfini, comme la terre prend pour nous la figure de nos rêveries les plus vertigineuses.

Voir ICI la version longue de la théorie du géonirisme

Ci-dessous cliché de la NASA

 

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17 janvier 2013

VIDURES en ARMENIEN

Filed under: TOUT sur VIDURES — denisdonikian @ 2:14

A paraître bientôt Vidures en traduction arménienne.

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9 janvier 2013

Sauver la vie (303)

Filed under: APHORISMES,SAUVER LA VIE — denisdonikian @ 3:51

 

 Les dévots de la mémoire sont les impuissants de l’avenir.

 

 

Erik Johansson

Erik Johansson

8 janvier 2013

Sauver la vie (302)

Filed under: APHORISMES,SAUVER LA VIE — denisdonikian @ 9:21

 Eglise ethnique.

Composée d’officiants et de fidèles chantant l’éternité temporelle du peuple.

 

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Sauver la vie (301)

Filed under: APHORISMES,SAUVER LA VIE — denisdonikian @ 9:19

 Religieux ethniques.

Perroquets du Christ,

comédiens de la Passion et bénisseurs du tout venant,

faisant croire qu’ils croient pour croître sur le dos de la Croix.

 

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7 janvier 2013

Sauver la vie (300)

Filed under: APHORISMES,SAUVER LA VIE — denisdonikian @ 3:13

En voyage sur une île volcanique,

dans l’exubérance des arbres et des fleurs,

vous espériez rendre au corps sa jeunesse

et c’est l’ennui que vous traînez.

 

Photo : D. Donikian

Photo : D. Donikian

Sauver la vie (299)

Filed under: APHORISMES,SAUVER LA VIE — denisdonikian @ 3:09

Brusquement,

tandis qu’une curieuse impression d’avoir épuisé votre existence

se mêle à un sentiment de vide insolite,

un goût de mort vous envahit,

une douce envie d’en finir…

 

Photo : D. Donikian

Photo : D. Donikian

6 janvier 2013

Sauver la vie (298)

Filed under: APHORISMES,SAUVER LA VIE — denisdonikian @ 4:28

Tant de crimes nous ont enfantés que nos cris ont fait nos enfants.

 

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