Ecrittératures

11 février 2013

La plaie et le couteau

Filed under: CHRONIQUES à CONTRE-CHANT — denisdonikian @ 4:29

chasse_baleine_2006

 

Je suis pour le rapprochement des peuples. Les hommes ne deviendront des hommes que le jour où ils s’inviteront à la même table pour se partager une même pizza.

Mais attention ! Cette table devra être ronde et la pizza prédécoupée en parts égales. C’est ainsi que veut faire l’Europe : partager les mêmes valeurs.

Seulement voilà : les valeurs ne conviennent pas aux voleurs. Toute valeur est contraignante, à commencer par l’obligation d’avoir à vivre avec l’autre.

Dans le partage de ces valeurs, les hommes qui sont assis à la même table n’ont pas la même identité. Les uns arrivent avec une plaie en plein cœur, les autres avec un couteau entre les dents.

Tout le problème du rapprochement des peuples est de faire dialoguer la plaie et le couteau. Car la plaie a une mémoire et le couteau un appétit. Et la mémoire est un passé dans le présent, l’appétit un présent dans le futur.

Je rêve qu’un jour la ville de Catane en Sicile soit jumelée avec le Vatican, que Lassa le soit avec Pékin, et Erevan avec Ankara.

Je rêve qu’un jour Washington soit jumelée avec la forêt amazonienne, le Japon avec les baleines, les voitures avec l’air, les agriculteurs avec les nappes phréatiques, l’argent avec le bonheur, les hommes avec l’humanité.

Moi avec mon ennemi et mon ennemi avec moi.

Novembre 2004

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7 commentaires »

  1. C’est à dire que la civilisation habite l’esprit de chacun…

    Commentaire par Dikran — 11 février 2013 @ 8:42 | Réponse

  2. Ce rêve est une utopie !

    Commentaire par Louise Kiffer — 11 février 2013 @ 10:31 | Réponse

  3. Depuis notre enfance on nous élève avec des rêves utopiques. Que ce soit au travers notre éducation, de cette fichue religion, de ce que nous devrions faire et surtout de ce qu’il ne faudrait pas faire.
    Bref…alors à quoi aura servi tout le mal qu’ils se seront donnés pour nous programmer dans ce sens?
    Est ce qu’être utopiste ne rendrait pas l’Homme meilleurs, avec ce rêve pour but final et finalement un espoir vers cette utopie?

    Commentaire par barsamian — 11 février 2013 @ 11:31 | Réponse

  4. Qu’il est bon d’être entraîné dans ce rêve , ou cette utopie , par Denis . …..et je dis , pourquoi pas ?
    Le mur de Berlin est tombé ,l’empire soviétique agonise dans ses derniers soubresauts , Obama , le nègre , est Président des Etats Unis pour la deuxième fois , qui n’aurait pas pensé il y vingt cinq ans que ces rêves n’étaient pas que de pures utopies .? ,

    Commentaire par Donig . — 11 février 2013 @ 5:04 | Réponse

  5. Complément de mon premier commentaire : et que la Bête humaine meure à jamais !

    Commentaire par Dikran — 11 février 2013 @ 7:34 | Réponse

  6. A chacun sa vision, son ressenti, sa conviction.
    Où est la frontière entre le rêve et l’utopie ? Un expert linguiste pourrait la situer, moi pas.
    Car tout peut, ou ne peut arriver en ce monde qui vit dans une incertitude malgré tous les progrès accomplis.
    Je ne suis pas très savant, encore moins matheux, mais j’ai toujours considéré que l’univers et plus petitement notre humanité, sont régis par deux facteurs : celui du temps et nombre.
    Après avoir atteint 7 milliards d’individus, notre société prend l’aspect d’une fourmilière (et pourtant il reste de la place), où les lois fondamentales de la vie disparaissent au profit de ce qui est bien dit dans ce texte.
    Le couteau et la plaie démontrent la binarité de l’existence : vivre ou mourir, manger ou être mangé, posséder ou être démuni… la liste est longue.
    Le rêveur a un grand besoin de croire, l’utopiste celui d’imaginer.
    Car pour finir, l’homme ne serait-il pas son propre ennemi ?
    Je pense que c’est plutôt une réalité presque banale.

    Commentaire par antranik21 — 12 février 2013 @ 5:46 | Réponse

  7. Arrêtez les massacres les mammifères en Chine ! C’est honteux. Savez-vous qu’au temps des pharaons il était interdit de manger des dauphins car ils pouvaient rendre malade, surtout les enfants qui pouvaient devenir malformés. J’aimerais revenir au temps des pharaons.

    Commentaire par pomel — 13 février 2013 @ 3:56 | Réponse


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