Ecrittératures

13 février 2013

Quel est ton nom ?

Filed under: ARTICLES — denisdonikian @ 4:39

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Je m’appelle Denis Donikian. Denis, parce que mes parents, qui n’avaient pas l’esprit inventif, ont suivi la suggestion de ma sœur qui n’avait pas non plus l’esprit très inventif. Mais Denis, c’est joli. Vos proches ne savent pas en général qu’un prénom ne se prononce pas toujours seul. Et qu’il faut qu’il soit en harmonie minimum avec le nom. Mon prénom arménien étant Donabed, je vous laisse deviner pourquoi j’ai horreur de la répétition. Laquelle se retrouve même dans ma date de naissance : 19 mai 19…

 

Un jour, à Erevan, j’ai été présenté à un grand peintre. Imaginez : «  Je vous présente Hagop Hagopian. – Enchanté. Je me présente : Denis Donikian ». Je n’ai pas ajouté Donabed, car je ne suis pas un fêtard, ni l’équivlent d’un Dionysos, dieu de la vigne et du vin. Hagop Hagopian est un grand peintre, mais un peintre répétitif. Ce n’est pas Picasso. Il a un style reconnaissable. Des couleurs reconnaissables elles  aussi. C’est sa marque de fabrique. Lui est en accord avec la répétition qui désigne son identité. De mon côté, j’ai toujours écrit contre toute imitation de moi-même. Mes livres ne se ressemblent pas.

 

Les Français ont du mal à croire que mon prénom se retrouve dans mon nom. Ils pensent qu’ils s’agit d’une erreur ou d’une plaisanterie. Alors, ils disent Donakian. Mais je n’aime pas Donakian.

 

Si je voulais chicaner, je dirais que mon nom est un nom d’emprunt, un nom par accident. Au moment où il s’apprêtait, comme beaucoup d’autres réfugiés, à quitter le Liban pour la France, mon père n’était pas présent lors de l’établissement de son passeport. Un ami, qui ignorait son nom véritable, savait seulement que c’était le fils de Dono. Le préposé aux passeports a inscrit Donikian. Si mon père, qui était boiteux, n’avait pas traîné la jambe, j’aurais porté le nom de Kechichian ou Kechedjian, comme ma tante, boiteuse elle aussi, qui en se mariant avec un réfugié mal-voyant en partance pour l’Amérique, a perdu le sien définitivement.

 

Je n’ai jamais vraiment cherché à savoir ce que signifiait kechich ou kechedj, mot turc. Et il me plaît que la racine de mon nom Donikian ne dise rien à personne, qu’elle ne soit pas rattachée à quelque chose d’immédiatement déchiffrable, comme Dolmadjian, Papazian ou autres.

 

Les nom et prénom mis bout à bout de certains Arméniens de la diaspora renferment toute leur histoire. Et plus précisément leur identité turque, arménienne et française, américaine ou russe…. Si je prends Dolmadjian Bernard, je peux le décomposer en dolma ( mot turc), ian ( désinence arménienne), Bernard ( prénom français). Il ne faut pas être sorcier pour comprendre que les racines arméniennes de Dolmadjian Bernard se trouvent en Turquie et que ses ancêtres ont subi la domination ottomane.  Que sa famille s’est ensuite réfugiée en France. Le –ian d’un tel nom  est donc coincé entre deux cultures. Une culture qu’on abandonne et une culture qu’on adopte. Une culture de harcèlement et une culture de secours. Car l’histoire de cette appellation identitaire est en elle-même une tragédie. Elle évoque un exil, un arrachement. Dolmadjian Bernard porte l’histoire arménienne d’un asservissement et d’une salvation. L’histoire d’une assimilation forcée en Turquie et d’une assimilation feutrée en France. Et notre Dolmadjian Bernard devra vivre avec le sceau de l’opprobre absolu sur son  nom et le sens de son salut relatif dans son prénom. Comme il est dans son nom, son bourreau se rappellera constamment à la mémoire de sa victime. Car le meurtre ne finit pas. Dolmadjian Bernard vit cette culture du mépris qui continue encore à le mépriser et à lui récuser le titre d’homme. Mais Bernard lutte constamment contre ce mépris et constamment doit revendiquer son humanité en la prouvant dans un pays qui le respecte à condition qu’il s’y perde.

 

On pourrait croire que l’histoire de Dolmadjian Bernard s’arrête là. Mais non. L’histoire de Dolmadjian Bernard n’est pas une affaire d’identité administrative. C’est une affaire qui n’est pas réglée. Une affaire d’âme. Son nom, Dolmadjian Bernard ne le porte pas, il le souffre. Il voudrait bien n’être que Bernard, mais il se sentirait amputé. Il s’amputerait de tous ses ancêtres qui ont vécu, souffert et qui ont enduré la mort afin que lui, Dolmadjian Bernard, il soit. Il n’est pas de ceux qui se coupent de leur –ian ou qui change de nom. Aznavour, Henri Verneuil, que sais-je encore. De toute manière, Dolmadjian Bernard sent que ce « Dolmadjian Bernard » est consubstantiel à sa personne. Et cette racine turque dans le fond, il la veut car c’est la laisse qui le rattache au souvenir de sa terre. C’est cette entrave qui le fait aboyer urbi et orbi afin que le chien qu’on a voulu faire de lui retrouve un jour son droit à être un homme à part entière.

 

Une affaire d’âme donc. D’une âme travaillée par le souvenir d’une terre qu’il n’a jamais vue. Car dans le fond, c’est ce paradoxe qui constitue le nœud de son drame. Il est hanté par une terre qu’il n’a jamais vue. Mais il sait que son nom, peut-être, se sentirait apaisé au milieu des paysages que ses ancêtres ont vus, où ils ont souffert et où ils ont péri.

Seulement voilà. Sa vie ne verra pas ce moment des retrouvailles de l’âme avec le sol ancestral. Il le sait. Le sol ancestral a été effacé, néantisé, désarménisé. Le Malatia arménien n’est plus. Le Mouch arménien n’est plus ; ni l’Adana arménienne… Il y a bien une Arménie où pourrait vivre, faute de mieux, Dolmadjian Bernard. Mais ce n’est pas l’Arménie de ses pères. Ce n’est pas l’Arménie qu’ils ont vue, où ils ont souffert, où ils furent assassinés. C’est, comme je l’ai écrit un jour, « une nôtre Arménie ». Ni tout à fait la nôtre, ni tout à fait une autre.

 

Dès lors, Dolmadjian Bernard n’a pas d’autre patrie que son drame.

 

Denis Donikian

 

Voir également  YASMINE CHOUAKI au TEDx :

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24 commentaires »

  1. Denis, j’aime beaucoup ce questionnement de l’identité, mais quand allons-nous cesser de parler de souffrance, de drame et de mort. Même toi, si clairvoyant.
    Il faut accepter que la nouvelle génération, autre que Dolmadjian Bernard, se sente en harmonie en arménité et francité? et qu’il avance sur son chemin malgré tous ses démons qui peuvent être autres que ceux de ses parents ou ancêtres.
    Quoiqu’il en soit ton texte est émouvant.

    Commentaire par Vivi Basmadjian — 13 février 2013 @ 4:48 | Réponse

    • Alain, tu as raison. Mais quand on veut aller de l’avant, rien ne sert d’éluder notre problématique identitaire. J’ai simplement voulu répliquer à l’intervention de Yasmine Chouaki. En ce sens que si elle, elle peut dire qu’elle retournera un jour en Algérie, nous les Arméniens de la diaspora nous n’avons aucun pays où retourner. Car ce pays n’existe plus. Et l’Arménie n’est pas celui qui correspond précisément à nos racines. Ce qui veut dire que nous sommes voués à l’errance. Et de plus cette histoire de nom,à y regarder de près, est terrible. Mieux vaut ne pas y penser, certes. Mais notre nom pense pour nous et nous rappelle constamment à l’ordre.

      Commentaire par denisdonikian — 13 février 2013 @ 5:25 | Réponse

  2. Quel talent Denis, mais quel talent ! Voilà encore une raison de révolte qui vient rejoindre toutes celles qui naissent sous ta plume trempée dans l’encre de la mémoire ! Je suis si fière d’avoir pour ami un être tel que toi ! Ne cesse jamais de traduire toutes nos colères. Que la France, l’Europe, le monde entier sachent bien ce qu’ILS nous ont fait !

    Commentaire par Dzovinar Melkonian — 13 février 2013 @ 4:58 | Réponse

  3. Le gouvernement turc a imposé aux Arméniens de changer leur nom, mais le nouveau nom était désobligeant, jamais un beau nom comme « Dervoghormiadjian » mais Topalian,(boiteux) Deirmédjian (Meunier)
    Tchobanian (berger) Toufekdjian (usurier) Bodourian (nain) Dévédjian (vendeur de chameaux) Medzkloukhian (grosse tête -je n’invente rien) basmadjian (fabricant d’étoffe) etc..
    Jamais architecte, médecin, bienfateur, etc…
    Mais rares sont ceux qui ont changé leur nom. A nous d’en tirer les conclusions.
    Denis est un beau prénom (Saint Denis !) Sari n’est pas un saint. Il y a une liste à faire de tous les noms que les Turcs ont inventés.

    Commentaire par Louise Kiffer — 13 février 2013 @ 5:12 | Réponse

  4. Ecrit avec le coeur et l’esprit… du coeur. Ces sentiments vertiges de l’âme, la plupart des Arméniens les ressentent et c’est leur absence qui serait une anomalie. Quant aux jeunes générations, tout dépend de la dose d’arménité qu’elles ont reçue d’une manière ou d’une autre, laquelle dose se réveillera peut-être à un moment de leur vie. Je suis né en France, mon arménien se limite à une centaine de mots, mais j’ai toujours ressenti les sentiments décrits par Donabed… :-)

    Dikran (comme mon grand-père paternel)
    Jean-Paul en 2e prénom
    puis TIMOURDJIAN ex DEMIRDJIAN ex TARPINIAN… en remontant dans le temps.

    Commentaire par Dikran — 13 février 2013 @ 5:32 | Réponse

  5. moi je m’appelle Madeleine Agabek (et pourtant né de deux parents arméniens) j’ai épousé un Gaspard ossikian , donc j’ai retrouvé un « ian » en m’appelant désormais Madeleine Ossikian et ma fille s’appelle sévane ossikian ….la boucle est elle bouclée ? on passe à autre chose pour la nouvelle génération qui viendra ????

    Commentaire par Ossikian Madeleine — 13 février 2013 @ 6:29 | Réponse

  6. Merci Denis pour votre blog qui est un bel espace d’échanges.

    Commentaire par Dikran — 13 février 2013 @ 8:52 | Réponse

  7. Merci à Dzovinar , à Madame Kieffer , à Dikran , à Madeleine Ossikian , à tous et , bien sur , à Denis , pour ce magnifique échange-partage sur nos passés compliqués .
    Mon père Nechan était appelé Michel dans le milieu majoritairement français ou nous vivions , ma mère Véhanouche était devenue Annie . Et pourtant , toute leur vie , ils n’ont rien renié , bien au contraire , de ce qu’ils étaient .
    A ma naissance , en 1940 , la mairie refusa le prénom qui m’était destiné , celui de mon grand père Donig Chirinian , et sur l’instant il fallut à celui qui était chargé de me déclarer né de trouver un prénom du martyrologe français , Michel .
    Depuis que j’utilise un PC , j’ai enfin le droit de m’auto-baptiser Donig pour mon adresse email et pour ma signature . Mon fils est déclaré Mikael-Donig , Manoug , Chirinian sur ses papiers officiels ..

    Commentaire par Donig . — 15 février 2013 @ 1:50 | Réponse

  8. Parev à tous hayrénaguitsner
    Nous arméniens, disséminés au quatre coins du monde, n’avons aucune raison de douter de nous-mêmes, ni du devenir de l’arménité au sens universel.
    Car après avoir traversé tant d’épeuves, nous sommes encore là, et pour longtemps.
    Quant au problème posé par le son « ian », il faut le positiver, c’est une étincelle dans notre identité, un point de repaire où que nous nous trouvions.
    William Saroyan l’a défini dans sa citation.
    J’ai vu un Toufekdjian (usurier) ?!? dans le commentaire de Louise qui m’a surpris un peu, mais je ne vais pas la contredire.
    C’est le nom de notre famille, des grands-parents Akchéirtsi qui on vu leur Tufenkdjian, transformé selon l’audition approximative du préposé aux papiers d’identié. A l’époque, il y avait beaucoup de famille qui avaient « échangé » des identités, les unes restant sur place en Grèce, les autres allant plus loin vers l’ouest.
    Quoiqu’il en soit, plus j’avance dans l’âge, plus je suis fier de ce « ian » qui me démarque d’une certaine « normalité ».
    A l’inverse, je suis déçu, n’ayant eu que des filles (mon aînée a 51 ans ce jour), de voir que mon nom impronçable et impossible à écrire va disparaître… pour la tranqillité des instances officielles.
    Allez les « ian » haut l’arménité !

    Commentaire par antranik21a — 18 février 2013 @ 9:16 | Réponse

    • Il ne faut pas prendre au pied de la lettre les noms que des fonctionnaires turcs ont attribué à des Arméniens. Je suis loin d’avoir tout retrouvé. (Comme Nazarian :mauvais œil par exemple) . Ils n’ont jamais nommé un Arménien: beau, bon, hospitalier, fidèle, intelligent…
      Il fallait bien trouver un qualificatif dévalorisant.
      Et Hrant Dink, de quoi l’ont-ils accusé : d’insulter la Turquie ! Ce qui n’a jamais été son but..

      Commentaire par Louise Kiffer — 19 février 2013 @ 3:42 | Réponse

      • Très juste chère Louise.

        Commentaire par denisdonikian — 19 février 2013 @ 3:48

      • Intéressant et instructif échange autour du nom au non.
        Louise, ne soyez pas si négative. Il est au moins un Turc qui a usé d’un terme élogieux en qualifiant les Arméniens dans leur ensemble de « Nation la plus FIDELE de l’empire », c’était Talaat, peut avant 1915. Comme quoi il ne faut jamais désespérer.

        Commentaire par Rui — 21 février 2013 @ 9:23

  9. Je voulais répondre à Antranik de ne pas être déçu de n’avoir que des filles, qui ne pourront pas transmettre son nom. Mais un ami vient de m’écrire que ‘Tufekçi ça veut dire fabricant/vendeur de fusil ».
    alors veuillez m’excuser . Si seulement les Arméniens avaient pu acheter un lot de fusils, comme ils auraient été contents !

    Commentaire par Louise Kiffer — 20 février 2013 @ 8:01 | Réponse

    • Oui, chère Louise, je connaissais cette origine mais n’ai pas voulu la mentinner pour faire court;
      Mais à me connaissance, nous n’avions pas d’armurier dans la famille.
      Je suis en train de lire l’histoire des arméniens de Jean-Pierre Mahé et bien sûr, on constate que notre peuple a subi maintes épreuves, mais à qui la faute ?
      Peut-on imaginer une nation sans structures autres que la religion ?

      Commentaire par antranik21a — 20 février 2013 @ 8:44 | Réponse

  10. Que l’on soit religieux ou pas, il est incontestable qu’en certaines époques et certains lieux habités par des peuples de diverses religions, la religion a servi de ciment protecteur aux peuples les plus minoritaires comme les peuples arménien et juif. Du ciment à la structure, la distance n’est pas grande. Plus généralement, sous l’oppression, les peuples préservent leur identité à l’aide de la caractéristique qui les discrimine le plus. Jusqu’alors, la religion a été ce caractère différenciant. Dans le futur, ce sera peut-être, sans doute autre chose. Cette autre chose sera-t-elle préférable ou pas à la religion, that is the question…

    Commentaire par Dikran — 20 février 2013 @ 7:51 | Réponse

  11. Notre religion est unique et date de 2000 ans. Même si on n’est pas pratiquant, c’est un lien qui nous unit plus sûrement qu’un parti politique par exemple, qui ne dure que quelques années, puis est remplacé par un autre.

    Commentaire par Louise Kiffer — 21 février 2013 @ 8:39 | Réponse

    • Oui, unique. Tellement unique et tellement structurante qu’au XIX siècle, sous l’impulsion des missionnaires américains, beaucoup d’Arméniens ont déserté la religion nationale pour se faire protestants. D’autres sont devenus catholiques pour échapper aux persécutions. Quant à aujourd’hui, il faudrait suivre ce que fait l’Eglise arménienne des paroissiens de Nice, de Genève, de Bruxelles, et même de Bulgarie. Arrêtez un peu avec vos mythes. En Arménie, beaucoup d’Arméniens ont une idée négative de l’Eglise et vont se réfugier dans des sectes. Avec ses 2000 ans d’existence, l’Eglise n’a pas su inculquer aux Arméniens le sens de la compassion. Les restaurants du coeur qui existent actuellement en Arménie sont le fait de gens issus de la diaspora. Si des personnes démunies mangent à leur faim aujourd’hui, ce n’est pas grâce à S Sarkissian, ni à Etchmiadzine, mais à quelques bénévoles venus de l’extérieur du pays avec l’argent de leur association.

      Commentaire par denisdonikian — 21 février 2013 @ 8:51 | Réponse

  12. Personnellement, je me définirais comme agnostique mais j’ai toujours eu la conviction que la religion des arméniens leur a permis de ne pas disparaitre. Religion et langue ont été le ciment d’un peuple aux ressources inépuisables dans les pires moments.
    Comme le dit Denis, il y a cependant le revers de la médaille.
    Car en creusant un peu la question, on pourrait voir dans le comportement des religieux apostoliques, une sorte de potentat qui dessert l’avenir du peuple dont les besoins spirituels sont loin derrière ceux du commun de la vie.
    Et ce mot « avenir » résonne de plus en plus comme un appel au secours.

    Commentaire par antranik21a — 21 février 2013 @ 9:36 | Réponse

    • Quand je regarde les dégâts causés par l’Eglise apostolique dans la seule paroisse de Nice, je constate plusieurs choses. La première est qu’il est vrai de dire que l’Eglise cimente entre eux les Arméniens.Ils étaient environ 300 lors des fêtes de Noel. Mais ce sont des esprits brisés par ce qu’ils ont vu des agissements de ceux qui sont censés représenter cette Eglise. Il y a fort à parier que les enfants de ces paroissiens changeront d’attitude,pas dans le sens d’une préservation de leur identité.

      Commentaire par denisdonikian — 21 février 2013 @ 10:11 | Réponse

      • Ayant séjourné pas mal de temps dans un faubourg démuni de Erévan et n’ayant pas qu’arpenté la détestable avenue du Nord je peux vous garantir que j’en ai vu quelques unes de ces petites hydres bicéphales en cravate et chemises immaculées qui racolaient le chaland de leur sourire avant de le violer de leurs mots. Oui, j’en ai vu des évangélistes, des sectateurs-sécateurs faisant récolte dans un pays exsangue dont les blés trop souvent fauchés se meurent d’évasion. Il parait que les Mormons (ou les Témoins d’Abracadabra, je ne sais plus) sont comme une paire de couilles: se présentant toujours pas deux, on ne les laisse jamais entrer. J’aimerais croire que les désespérés d’Arménie ne se laissent pas mettre profond par ces gentilles charognes aux dents trop blanches. En visitant Geghard, j’ai même croisé un groupe aussi joyeux que nombreux d’Arméniens des Etats-Unis (une trentaine) venus missionner leurs Frères pour le compte des Mormons.

        Quand une nation-demi secte se détourne de son gourou abuseur pour se donner à une multitude de nouveaux apôtres en croyant se libérer, elle ne fait que se perdre davantage. Plus que jamais elle se donne aux apôtres-imposteurs pour mieux se détourner du Saint-Sauveur. Paroles d’athée.

        Commentaire par Rui — 21 février 2013 @ 10:20

  13. De quoi parlez vous en désignant de gourou les représentants de notre église apostolique.il est vrai que nos prêtres n’on jamais soufferts des turcs qu’ils ont vécus avec de grands privilèges qu’ils étaient les judas de la nation que nos patriarches vivaient dans l’opulence le vice et la sécurité .l’on croit rêver !!!!!les sectes servent à détruire .notre église malgres tous les problèmes qu’elle connait et pas les moindres essaie, de réunir notre nation .mille ans errance de de massacre de génocide et d’interdiction de vivre sa foi nous condamnes a lutter contre toute sorte de vendeurs de rêves,qui avec l’argent des sectes et autres marginaux viennent polluer la nation arménienne alors calmez vous les hays ne vous trompez pas de cible ,critiquer c’est notre liberté ,mais ne détruisons pas ce qui est en pleine transformation pour le devenir spirituel de notre nation .hayer miatsek
    Harounyan yerwanth

    Commentaire par Harounyan Claude — 24 février 2013 @ 11:31 | Réponse

  14. Nous sommes APPAREMMENT loin du thème de réflexion « Quel est ton nom ? » choisi par Denis, mais c’est une apparence…

    Il ne s’agit pas de stigmatiser tous nos religieux de toutes les époques et il ne suffit pas aussi de répondre qu’il ne faut pas se tromper de cible.

    La vraie question est simple : Notre église d’aujourd’hui remplit-elle sa mission ?

    Commentaire par Dikran — 24 février 2013 @ 8:02 | Réponse

  15. Quel est ton nom ?
    Cette question me fit chercher où je l’avais entendue.
    C’était à l’occasion de l’année de l’Arménie en 2006. Un poème intitulé « Identité » de Vahé Godel que j’ai rencontré une fois.
    Il est d’une beauté si grave que je me permets de vous le faire apprécier.

    Quel est ton nom ?
    Celui du fondateur d’une ville inconnue
    Celui d’une espèce d’oiseau tout à fait disparue
    Celui d’une langue oubliée
    Celui d’un beau navire, perdu corps et biens

    Quel âge as-tu ?
    L’âge qu’avait le père de mon père lorsque j’ai vu le jour
    L’âge qu’avait mon père, lorsque j’ai levé l’ancre
    L’âge qu’aura mon fils, lorsque je n’aurais plus rien à perdre
    D’où viens-tu ?
    De l’épicentre des hauts-plateaux
    De la zone occupée
    De la gare, de la morgue, de nulle part.

    Où vas-tu ?
    Vers la seule source, vers l’embouchure, vers le toit du monde
    Au fond de l’abîme dans la nuit,
    Dans la nuit de mon crâne
    Dans le soleil de mes entrailles

    Qui es-tu ?
    Le neveu du vent, l’amant de la cendre
    Le disciple du feu, l’héritier du vide.

    Mais encore ?
    Un éternel rôdeur, un déserteur, ou mieux, un pilleur de désert
    Un briseur de débris
    Un voyageur immobile
    Un voyeur borgne
    Un chasseur d’ombres
    Une ombre…

    Commentaire par antranik21a — 26 février 2013 @ 3:06 | Réponse

  16. Année de l’Arménie : 2007 cher antranik ! Mais surtout : magnifique poème.

    Commentaire par Dzovinar Melkonian — 19 janvier 2014 @ 2:03 | Réponse


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