Ecrittératures

28 juin 2013

l’arménie des petits riens ( appel à témoin )

Filed under: L'ARMENIE des PETITS RIENS — denisdonikian @ 2:01

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Chers amis,

Ecrire de courts textes sur tout ce qui fait le charme de l’Arménie ou le « génie  » des Arméniens, voilà un beau sujet de livre que m’a suggéré mon  éditeur Varoujan Sirapian (SIGEST).

Mais je voudrais que ce recueil soit aussi le vôtre.

Voici ce que je vous suggère.

Décrivez-moi dans la partie commentaire, au fur et à mesure de votre inspiration, des petits faits qui vous auront marqué en Arménie, agréablement surpris, étonné. Pensez aux saveurs,aux couleurs, aux parfums, aux fruits, aux gens. Evitez l’Ararat. Trop d’Ararat tue l’Ararat. Et puis celui-là, je me le réserve. Droit d’auteur. ( Mais je suis prêt à faire des concessions…)

De mon côté je les mettrai en forme comme si c’était moi qui avais vécu ces moments. Ou bien à la troisième personne avec votre prénom.

Ainsi nous aurons un petit ouvrage qui sera fait de nos sensations. En avertissement, je signalerai le procédé et je mentionnerai les prénoms des contributeurs.

Merci à vous.

Et à vos plumes i

Denis Donikian

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l’arménie des petits riens (1)

Filed under: ECRIT EN COURS,L'ARMENIE des PETITS RIENS — denisdonikian @ 7:37

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1 – Curieux pays que l’Arménie. Petit, piteux, poussif et pourtant si puissant.  Qui y passe ou qui y retourne en sait quelque chose. Mais demandez-leur et ils ne sauront pas vous répondre.  C’est de l’ordre du mystère, de la magie, de l’ensorcellement. Et cependant, me direz-vous, on la quitte et pour des pays moins nobles, atrocement réels. C’est justement pour cela. L’Arménie est une image d’histoire et de nature. Or une image forte comme celle-là peut vous aider à vivre ou bien vous tue à petit feu.

26 juin 2013

Sommes-nous des « Turcs justes » ?

Filed under: ARTICLES — denisdonikian @ 12:37

Gunaysu-Ayse

par Ayşe Günaysu

www.keghart.com

Je découvre ici et là que d’aucuns nous appellent, nous qui demandons la reconnaissance du génocide des Arméniens, des Assyriens et des Grecs, ces peuples chrétiens de ce qui constitue maintenant la Turquie, des « Turcs justes ». Je ne me qualifierais pas, ni mes amis, de « juste », car pour moi un « juste » est quelqu’un qui protège des victimes et risque sa vie dans ce but. En Turquie, près d’un siècle a été nécessaire avant que nous, un petit nombre de gens, ne réalisions que nous faisions tous partie des mensonges ambiants.

Le négationnisme ne consiste pas seulement à nier ce qui est arrivé. Il s’agit d’un climat global que chaque individu respire, fait sien, en s’assurant que son organisme tout entier s’y conforme et se comporte en conséquence. Il s’agit d’un style de vie, d’une manière d’être, propre non seulement à des individus, mais à la société en tant qu’être collectif.

Je ne blâme pas seulement une poignée d’élites dirigeantes. Le mal n’est pas seulement l’affaire de quelques gouvernants ; il est absorbé par les masses qui sont sujettes à ce pouvoir. Autrement dit, la version de la vérité propre au dirigeant est littéralement intériorisée par le dirigé, car il est confortable et sans danger de savoir ce que chacun est censé savoir et de voir ce que chacun est censé voir. Il s’agit là d’un instinct de survie.

Jusqu’au milieu des années 1990, nous, à savoir une poignée de gens que l’on nomme maintenant les « Turcs justes, » participions de ce mal – le négationnisme. Ce que quelques-uns (Yelda, la première personne qui appela publiquement l’extermination des Arméniens un « génocide » sur une chaîne de télévision en 1996, et Neşe Ozan qui fut la cheville ouvrière d’un comité au sein de la section stambouliote de l’Association Turque des Droits de l’Homme (I.H.D.), chargé de recenser les violations des droits des minorités) déclaraient à cette époque pour mettre en question l’histoire officielle, ne put alors être entendu, jusqu’au début des années 2000, lorsque le processus d’intégration dans l’Union Européenne démarra et que les « droits des minorités » devinrent un sujet sensible, des fonds de l’Union Européenne étant attribués à des projets liés aux « minorités ».

L’assassinat de Hrant Dink intensifia le processus et accrut le nombre d’initiatives d’O.N.G. et de la société civile, engagées dans la soi-disant « question » arménienne. Dix autres années durent s’écouler pour que des initiatives « pro-arméniennes » de grande ampleur commencent à utiliser le mot « G ». Un intervalle de 17 ans sépare l’usage public de ce mot par Yelda et celui de l’initiative DurDe (Dire non au racisme et au nationalisme) qui l’a utilisé pour la première fois lors de sa commémoration du 24 avril 2013 à Taksim. Entre temps, l’Association Turque des Droits de l’Homme (I.H.D.) avait commencé à commémorer publiquement le génocide en 2005, en utilisant le mot génocide. Mais sa parole resta inaudible, comme s’il existait un consensus tacite pour négliger ses efforts.

Or, reprocher à certains la marginalisation initiale de Yelda et de l’I.H.D. par leurs propres homologues, et la longue période de silence qui s’ensuivit parmi les groupes gauchistes et autres contestataires, a-t-il un sens ? Car c’est la dynamique culturelle, psychologique, sociale, etc. de l’environnement négationniste de la Turquie de l’après-génocide qui a régi ce processus – et qui perdure.

Beaucoup se demandent si ce petit nombre de gens est capable de changer les choses en Turquie.

Tout dépend de ce que nous entendons par le mot « changer ». Si nous parlons d’un changement dans la politique négationniste officielle de la Turquie et la mentalité du peuple turc en général, la réponse est non. Ces petits groupes ne peuvent et ne pourront pas susciter, même à long terme, un changement. Mais si nous entendons un changement dans les cœurs et les esprits, la réponse est oui. Chaque jour, leurs actions amènent un changement.

D’autres se demandent encore si ces gens, les soi-disant « Turcs justes », ne seraient pas utilisés par l’Etat turc comme des feuilles de vigne pour cacher la honte. La réponse est à la fois oui et non. Non, parce que la remise en cause de la thèse officielle du négationnisme est un phénomène à part entière, qui se développe en toute indépendance. Oui, en même temps, car cela aide la Turquie, qui a un besoin vital de se présenter comme une démocratie au regard de la communauté internationale, non seulement en termes de réputation, mais aussi en termes d’intérêts économiques et financiers. Or, les autorités turques ne peuvent manquer d’observer que la communauté internationale n’est pas naïve au point de pardonner la Turquie, au vu des actions et des déclarations d’une poignée de gens… Un pour mille, au sein des masses écrasantes qui composent la société turque, parallèlement à ces gouvernements autocratiques, antidémocratiques et nationalistes successifs, qui ont dirigé la Turquie depuis 1915.

Telle est la dialectique de la vie. Chaque chose évolue en quelque chose de neuf, durant une période donnée, et un même phénomène peut servir les objectifs de forces contraires. Néanmoins, en dépit de cette dialectique, je pense que l’Etat sera victorieux à chaque étape, tant que le gros du peuple turc continuera d’être ce qu’il est. Je pense que rien de bon ne sortira de la Turquie, compte tenu de son héritage historique génocidaire et sa perpétuation en cours, ininterrompue depuis lors, les mentalités ayant été, de génération en génération, formatées et conditionnées grâce à une mécanique négationniste bien orchestrée. Un crime qui reste impuni et un refus de se repentir constitueront toujours un obstacle à un progrès social et à un processus conduisant à une véritable justice.

Or, les efforts des uns et des autres pour dire la vérité aux Turcs, aux Kurdes et aux autres peuples musulmans sunnites sur ce qui s’est réellement passé en 1915 et ensuite, ont un sens. Libérer ne fût-ce qu’une seule personne des mensonges de la thèse officielle sur les Arméniens et autres peuples autochtones chrétiens d’Asie Mineure représente une victoire au niveau microcosmique contre le négationnisme, car chaque individu est un agent potentiel de changement, quelque portée que ce changement puisse revêtir.

 *

[Ecrivaine, journaliste et militante des droits de l’homme, Ayşe Günaysu vit à Istanbul. Depuis des années, elle lutte pour faire connaître la véracité du génocide des Arméniens auprès de l’opinion turque et kurde. Elle a écrit cet article spécialement pour Keghart.com. Rappelons que son nom, dans les médias arméniens, apparaît pour la première fois sur le site Yevrobatsi.org auquel participaient Georges Festa et moi-même.]

Source : http://www.keghart.com/G%C3%BCnaysu-Denial

Traduction : © Georges Festa pour Denis Donikian – 06.2013

20 juin 2013

Nouveau livre : théâtre

Filed under: THEÂTRE — denisdonikian @ 1:54

lettre d'information Theatre

15 juin 2013

Faut bien manger, non ?

Filed under: APPEL à DIFFUSER — denisdonikian @ 1:14

Cliquer sur le signe avant vimeo pour agrandir.

11 juin 2013

Construire un Avenir Alternatif

Filed under: APPEL à DIFFUSER — denisdonikian @ 2:12

BBQ Flyer_16-1.06.2013

Le BAF communique :

Chers Amis, Chères Amies,

Nous sommes ravis de vous annoncer la naissance à Genève de l’association BAF qui aura pour mission de promouvoir le développement durable et l’importance vitale de la préservation de l’environnement. L’idée est née d’un mouvement écologiste de la société civile arménienne qui se bat contre les dégâts irréparables causés à l’environnement par les activités économiques entreprises par les humains.

Nom:

BAF est l’abréviation de Building an Alternative Future (Construire un Avenir Alternatif). Nous voulons être constructifs dans notre approche à la réalisation de nos futurs projets et sommes donc prêts à travailler et collaborer avec tous les groupes sociétales pour œuvrer sur les buts communs. Nous croyons que la réalité telle que nous voulons l’avoir n’est pas acquise, ni même préexistante. Elle ne nous n’attend pas toute prête quelque part, mais elle est à construire par nos propres mains.

Principes:

Dans cette réalité alternative, les droits fondamentaux de l’homme seront la première priorité de toute société, la croissance économique ne prédominera pas sur l’équilibre entre la nature et l’homme, principe de base du développement durable. Répondre aux besoins des générations actuelles sans compromettre la capacité des générations à venir de répondre à leurs propres besoins (WCED). Les décisions économiques et politiques que nous prenons aujourdhui, auront décidé la qualité de vie de génération à venir.

Contexte: 

Les conséquences actuelles observées en Arménie de l’industrie minière non-régulée sont: la déforestation massive; la création et l’abandon dans la nature à ciel ouvert des réservoirs artificiels de plusieurs milliers mètres carrés contenant des déchets industriels en forme liquide et solide (actuellement, selon des données officielles, il y a 16 réservoirs liquides couvrant une surface de 5 millions 169 milles mètres carrés ) contenant des millions de tonnes de déchets chimiques utilisés pour l’extraction et le traitement des minerais, dont plusieurs métaux lourds et autres composés chimiques comme l’arsenic, le rhénium, le plomb, le soufre, le zinc, le molybdène ainsi que le cyanure (selon nos analyses); le déversement de ces derniers dans les rivières et les ruisseaux; la contamination de l’air à cause des déchets solides levés par le vent, et des nappes phréatiques comme résultats des déchets liquides entrant en contacte avec les eaux de surface et de pluie; le déplacement des populations rurales; la destruction des terres cultivables, de la flore et la faune.

Les autres conséquences sont les inégalités socio-économiques qui se creusent de plus en plus. La richesse produite n’est pas réinvestie dans le développement d’autres secteurs économiques à l’échelle nationale ou locale bloquant ainsi la diversification de l’économie et rendant la population dépendante d’une seule industrie.

Une autre problématique actuelle est la propagation à grande échelle de manière non-régulée des stations hydrauliques produisant de l’énergie à partir des cours d’eau. A ces fins, des rivières entières de différentes tailles, sont enfermées dans des tuyaux métalliques privant la faune de l’eau essentielle à son existance; provoquant la disparition des poissons en raison du non-respect des normes d’acheminement et d’utilisation des eaux. Souvent, il y a plusieurs stations construites à seulement quelques kilomètres de distance, ce qui entraîne l’affaiblissement des fleuves, affectant par la suite les besoins vitaux des populations locales. Nous croyons qu’il existe des alternatives à cette activité  insoutenable comme la capture de l’énergie générée par le soleil et le vent étant donné les conditions géographiques et naturelles favorables à leur exploitation.

Solution: 

Bien que l’association prévoie de commencer ses activités en Arménie, elle se répandra ailleurs partout dans le monde où elle pourra être utile. Les problèmes environnementaux sont globaux et ne connaissent ni de nationalité ni de frontière.

Les objectifs principaux sont :

  • D’éveiller les consciences sur le développement durable à travers des activités éducatives.

  • De concevoir, planifier et réaliser des projets qui permettront de créer des emplois décents répondant aux principes du développement durable, notamment l’éco agriculture, libérant ainsi les populations locales de la dépendance d’une seule industrie.

  • De collaborer avec l’Etat, les ONGs, de la société civile, les experts technologiques, les acteurs du secteur économique et les autres entités internationales et nationales afin de:

◦                                  diminuer l’importance attribuée à l’industrie minière considérée comme locomotive du développement économique en Arménie et mettre le point d’exclamation en avant les secteurs qui assureraient un développement durable et du commerce équitable.

◦                                  créer des emplois pour la population rurale et assurer l’autosuffisance nationale et locale dans la production de la nourriture saine.

◦                                  à travers des lobbies politiques, inciter les autorités à adopter des lois pour protéger l’environnement et mettre en place un système qui contrôlerait efficacement l’application des lois nationales et internationales par les industriels.

Notre but ultime est de concevoir et mettre en place un nouveau système économique innovant en forme d’entité coopérative. Le principe de base de ces entités sera la justice sociale et des conditions de travail saines. Nous avons déjà accompli quelques expériences éducatives et économiques dans la région de Lori, Teghut où nous avons aidé des habitants locaux à démarrer leur propre production de confiture et de miel ainsi qu’à vendre leurs produits sur le marché national.

Afin de célébrer la création de BAF et vous donner de plus amples informations, nous organisons une rencontre qui aura lieu le 16 Juin 2012 à 13 heure au Centre Arménien de Genève.

Nous accueillons très volontiers en tant que membres de notre association toutes celles et tous ceux qui seront sensibles à sa mission et qui partagent ses valeurs et principes. Au cas où vous souhaiteriez nous soutenir soit en adhérant ou en faisant un don, vous trouverez les informations nécessaires dans le formulaire d’adhésion ci-joint. Vous pouvez soit le remplir et nous le retourner au info@alternativefuture.ch ou simplement nous donner vos coordonnés par repondant à cet e-mail.

Pour des raisons organisationnelles, nous vous saurions gré de nous informer de votre présence. Les détails de l’évennement sont dans le flyer attaché à ce mail.

En espérant vous y retrouver nombreux, l’équipe de BAF vous remercie de l’attention que vous porterez à notre démarche et vous transmet ses meilleures pensées.

Au nom de l’équipe

Artush Yeghiazyan

Formulaire d’adhésion

4 juin 2013

Printemps turc (2)

Filed under: ARTICLES — denisdonikian @ 5:17

Un printemps turc ?

 

1 juin 2013

Par Elise Massicard http://ovipot.hypotheses.org/8880

Ces images inattendues et impressionnantes ont fait le tour de la planète : rues bondées de manifestants, affrontements violents, foules traversant le pont du Bosphore à pied au petit matin… Mais que se passe-t-il donc dans ce pays qui a pourtant vu ces dernières années un miracle économique que beaucoup lui envient ; dont le parti au pouvoir, l’AKP, est parvenu à se faire reconduire avec pratiquement 50% des voix ; qui est acclamé dans les forums internationaux ; et qui semblait en passe de régler le plus épineux dossier politique, la question kurde ?

De manière discrète, mais continue, les tensions s’accumulaient pourtant depuis quelques temps. Les nouvelles restrictions à la vente d’alcool votées cette semaine s’ajoutent à une liste déjà fournie et font grincer quelques dents. Pas plus tard que la semaine passée, s’est déroulée à Ankara une mobilisation originale : des couples sont venues protester contre des lieux publics de plus en plus moralement restrictifs, en s’embrassant en public. Mais ce n’est pas un hasard si la protestation actuelle est partie du parc de Gezi (la « promenade »), voué à disparaître dans un projet d’aménagement urbain du centre « moderne » d’Istanbul, adopté sans concertation. En effet, ce quartier de Beyoglu a été une cible privilégié des politiques de l’AKP : pour ne citer que les initiatives les plus récentes, interdiction des terrasses des cafés et restaurants en 2011 ; construction d’un immense centre commercial sur l’avenue Istiklal, dont un étage était pourtant illégal ; destruction, il y a quelques jours à peine, du cinéma historique Emek malgré de larges protestations ; et, depuis le 1er mai, interdiction des manifestations sur la place centrale de Taksim (adjacente au parc Gezi) et sur l’avenue Istiklal (voir notre édition du 28 mai 2013). Beyoğlu, et notamment de quartier d’Istiklal, symbolise cette Turquie occidentalisée, cosmopolite et branchée dans laquelle ne se reconnait pas l’AKP et que d’aucuns le soupçonnent de vouloir étouffer. Si les habitants et usagers de Beyoğlu s’estiment victimes de desseins ombrageux du pouvoir, c’est aussi car le premier ministre Erdoğan, ancien maire d’Istanbul, garde un œil attentif sur tout ce qui concerne la mégapole de Turquie. Celle-ci occupe, dans sa vision du futur, la place de choix de mégapole mondiale, pour laquelle il nourrit de grandes ambitions : troisième aéroport se voulant le plus important du monde, troisième pont sur le Bosphore dont la première pierre vient d’être posée, herculéen canal parallèle au Bosphore… Autant de grands projets qui ont suscité beaucoup d’opposition, que le pouvoir a su jusqu’à présent contourner, ignorer ou faire taire.

Finalement, la mobilisation autour du parc de Gezi n’aura été qu’une étincelle, celle de trop. En fait, plus que le parc lui-même – certes l’un des seuls espaces verts de cette partie de la ville, mais qui n’était ni très fréquenté, ni très bien entretenu, ni particulièrement valorisé par qui que ce soit, bref qui avait assez peu en commun avec Central Park – c’est l’attitude des forces de sécurité, et plus largement du pouvoir, qui a véritablement mis le feu aux poudres et suscité l’élargissement de la mobilisation, y compris les soutiens au niveau international. La répression tout d’abord, que beaucoup jugent disproportionnée : le 1er mai, alors que les manifestations à Taksim avaient été interdites officiellement en raison des travaux, la zone entière a été bouclée, les transports publics arrêtés à grande échelle, les véhicules interdits, les ponts sur la Corne d’Or levés ; les altercations ont conduit à l’utilisation massive de gaz lacrymogènes, au point d’affecter de très nombreux riverains, y compris à plusieurs centaines de mètres des lieux d’affrontement. Cet usage s’est répété à plusieurs occasions depuis, jusqu’à inquiéter un certain nombre de touristes qui passaient par là.

Mais plus généralement, certains observateurs ont reproché au pouvoir AKP, en particulier depuis sa dernière législature entamée en 2011, son arrogance et ses dérives autoritaires, qui se sont manifestées en particulier par des pressions sur les médias. Ici encore, les annonces de la préfecture d’Istanbul reprises par les grands médias jusqu’à samedi 1er juin dans la matinée, assurant que le nombre de blessés s’élevait à douze, suscitaient déjà l’incrédulité et le malaise. Mais depuis l’annonce de la Chambre des médecins quelques heures plus tard, annonçant plusieurs centaines de blessés, c’est la colère qui domine.

Les médias classiques sont montrés particulièrement discrets, pour ne pas dire absents. Ils ont d’ailleurs fait l’objet de vives critiques. Vendredi soir, les grandes chaînes mentionnaient à peine les événements. Seules quelques chaînes marginales, pour la plupart de gauche, ont relayé les événements, et ont atteint un audimat record. Dans ce contexte, comme dans plusieurs « printemps arabes », les réseaux sociaux ont joué un rôle crucial, à la fois de relai d’information et de canal de mobilisation. Ce support est propice aussi à la propagation de rumeurs et de légendes urbaines. Il y aurait des morts ; les hôpitaux militaires soutiendraient les manifestants ; des policiers et plusieurs préfets auraient démissionné… Il reste difficile de démêler le vrai du faux dans ce contexte de guerre de l’information.

Mais qui est derrière ce mouvement ? Et que veulent-ils ? On ne distingue pas d’organisation principale. Ce ne sont certes pas les organisations de défense du parc ou même écologistes qui auraient pu mobiliser avec une telle ampleur. Plusieurs partis d’opposition et plusieurs clubs de football ont appelé, hier, à se rassembler. De rares bannières sont brandies ici et là : ici un groupe révolutionnaire musulman, là un parti… Mais c’est un phénomène minoritaire. Beaucoup de gens trouvent là simplement l’occasion de manifester un agacement et leur opposition, bien au-delà de la question de Gezi, et cela pour des motifs qui peuvent s’avérer très différents. Les manifestants scandent « Erdogan démission » ou disent s’opposer au « fascisme ». Ils s’opposent à un pouvoir tellement hégémonique qu’il croit pouvoir se permettre d’être parfaitement indifférent à l’opposition et de la prendre pour quantité négligeable. S’exprime de manière assez large un « ras-le-bol » qui est loin de se limiter aux kémalistes farouchement laïcistes, ni aux groupes de gauche radicale, ni encore à tous ceux ayant envie d’en découdre.

Au moins autant que la diversité des manifestants, c’est le nombre et les modalités des soutiens qui étonne : tel restaurant nourrit les manifestants gratuitement ; tel hôtel les accueille ; sur l’avenue Istiklal en état de guerre, des commerçants applaudissent les manifestants ; face au brouillage des lignes de téléphone portable par les forces de sécurité sur les zones d’affrontement, les cafés et restaurants environnants fournissent leurs codes de wifi par réseaux sociaux… Des riverains affichent sur les bâtiments que les manifestants peuvent venir se réfugier chez eux. Dans plusieurs quartiers, au milieu de la nuit encore, de nombreux habitants manifestaient leur soutien en allumant et éteignant les lumières et en descendant dans les rues avec casseroles et poêles. Nombreux sont ceux qui aux fenêtres applaudissent ou acclament les manifestants, comme ceux qui klaxonnent pour les encourager.

Finalement, les gouvernements Erdoğan ont eu à affronter des oppositions, mais principalement portées par des partis eux-mêmes affaiblis. La Turquie a vu peu de manifestations d’ampleur depuis les grands meetings républicains de 2007. Le pouvoir saura-t-il y faire face ? Lorsqu’Erdoğan a finalement pris la parole samedi à midi – dans une réunion sur le commerce extérieur où il vantait la réussite économique du pays- , c’est encore une fois pour défendre le projet de réaménagement de la place Taksim, mais aussi pour attribuer les événements à une coalition entre partis d’opposition et groupes illégaux, bref pour lui nier toute portée et légitimité. Selon lui, qui n’agit pas dans le cadre de la loi ne peut se prétendre défenseur de la démocratie. Justement, on s’est souvent interrogé sur le potentiel de démocratisation de l’AKP ; la gestion des rassemblements actuels pourraient constituer un véritable test. En attendant, des groupes continuent à affluer vers Taksim, des manifestations de soutien à s’organiser dans différentes villes de Turquie et d’ailleurs.

Printemps turc (1)

Filed under: ARTICLES — denisdonikian @ 5:08

TEMOIGNAGE D’UN JEUNE CHERCHEUR EN DROIT

« Salut au peuple Français, et à l’humanité entière ;

Je suis un assistant de recherche à la faculté de droit d’une université publique à Istanbul. Jusqu’à la nuit du 31 Mai 2013, moi non plus, je ne croyais pas que la résistance de Gezi Parkı allait réussir, j’étais vraiment désespéré et ne pensais pas participer aux protestations.

Le 31 Mai, vendredi soir, je suis allé à Beylerbeyi qui se trouve sur la rive asiatique. Quand j’ai quitté le taxi, j’ai remarqué qu’il y avait l’influence du gaz lacrymogène (dont j’avais déjà eu l’expérience plusieurs fois lors des manifestations du 1er Mai et autres actions collectives), mes yeux et mon nez brûlaient. Imaginez que depuis la Place Taksim et Gezi Parkı qui se trouvent sur la rive européenne de la ville, on a utilisé tellement de gaz lacrimogène qu’on pouvait sentir ses effets sur la rive asiatique. Regardant l’autre rive du Bosphore, on pouvait clairement voir la fumée du gaz qui s’élevait de Taksim et de Beşiktaş.

Moi et mes amis avons decidé de participer aux protestations et sommes allés à Taksim. Vers 22h, nous y sommes arrivés et nous nous sommes dirigés au Barreau d’Istanbul sur l’avenue Istiklal. Le Barreau d’Istanbul orientait les avocats bénévoles aux commissariats et aux postes de police pour aider les personnes se trouvaient en garde en vue et demandaient de l’aide juridique ainsi que pour constater et dénoncer les cas de torture.

Après avoir visité quelques commissariats, nous qui étions dix avocats, sommes allés à la Préfecture de Police d’Istanbul, Avenue Vatan. Là-bas, il y avait 81 manifestants en garde à vue. Avant notre arrivée, ils avaient déjà fait leur déposition avec l’aide des avocats commis d’office et le procureur de la République avait décidé de les relaxer et les papiers étaient signés par les manifestants aussi. Cependant, ni le procureur de la République et ni les policiers n’ont donné aucun exemplaire de ces documents, ni aux manifestants, ni à leurs avocats. Enfin, le procureur de la République a déclaré que, compte renu des récents événements, il avait décidé de ne pas les relaxer. Les avocats ont demandé un exemplaire des papiers de déclaration et de la décision de relaxe, mais la police a insisté pour ne pas donner ces documents aux avocats.

On n’avait aucun moyen de prouver ce geste illégal. Les avocats commis d’office ont recueilli une déclaration sur cette décision de la police et du procureur, qui ne donnaient pas et ne montraient pas les documents aux concernés. Et les avocats bénévoles ont recueilli une autre déclaration sur la détention arbitraire des manifestants qui étaient déja relaxés selon la loi. Puisque la police ne fournissait pas les photocopies, les avocats ont rédigé chaque document au moins 3 fois à la main et ils ont présenté ces déclarations dans les dossiers du procureur et de la police. Les manifestants en garde à vue ont attendu dans les salles de garde à vue, et dans les bus (comme les salles étaient pleines, une partie des personnes étaient surveillées dans les bus) jusqu’au lendemain (samedi) après-midi, puisqu’ils n’ont pas pu plaider au tribunal de garde.

Pour le moment je ne vais pas vous raconter la répression et la violence policières dans les rues. Vous le voyez sur les réseaux sociaux qui sont qualifiés de « trouble à l’ordre public » par notre premier ministre. Mais imaginez ce que peut faire la police d’un pays dont le procureur de la République agit d’une manière si arbitraire. »

 

2 juin 2013

FRAUDES : MEME LE CATHOLICOS

Filed under: Uncategorized — denisdonikian @ 4:54

1 juin 2013

4O0 Arméniens de Dzovakiugh disent

Filed under: CHRONIQUES à CONTRE-CHANT — denisdonikian @ 6:42

arménie 2

à Serge Sarkissian,  à la diaspora et au collabo de service.

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