Ecrittératures

7 décembre 2014

« Mordre aux Turcs ! »

Filed under: CHRONIQUES à CONTRE-CHANT — denisdonikian @ 5:22

 

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En chaque Arménien, il y a un Turc qui sommeille. Les hommes ont leur ange gardien, les Arméniens ont un Turc qui les ronge. Parfois des batailles éclatent entre l’Arménien réel et son Turc imaginaire. L’Arménien peut devenir boutonneux ou constipé sous l’effet d’une indigestion turcophobique. Certains Arméniens prennent même plaisir à planter leurs dents dans la chair de leur Turc intérieur. Et s’ils le laissent vivre, c’est pour se ménager le plaisir de pouvoir le mordre une autre fois. J’en ai même connu un qui criait « Mordre aux Turcs ! » durant une manifestation organisée par des bouchers. Qu’y faisait-il ? me demanderez-vous, alors qu’il n’était que dentiste, spécialisé dans l’affûtage des canines. Allez savoir.

 

 

 

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5 commentaires »

  1. Once upon a Time in Anatolia…

    Commentaire par Alain BARSAMIAN — 7 décembre 2014 @ 8:24 | Réponse

  2. L’arménien n’éprouverait-il pas un sentiment d’importance pour avoir survécu au traitement prédateur du turc ?
    Il me semble que rien ne pourra jeter l’un dans les bras de l’autre, il y a (encore) trop de risque d’étouffement…

    Commentaire par antranik21a — 7 décembre 2014 @ 8:58 | Réponse

  3. Tu es bien le seul à réussir cette chose impossible pour un arménien : rire de ce qui l’oppresse sans cesse ! Et c’est heureux !

    Commentaire par Dzovinar — 7 décembre 2014 @ 2:39 | Réponse

    • Non chère Dzovinar, il m’est impossible de rire, ni de me lamenter, seul un constat amer.
      A ce propos, j’avais écrit un poème il y a quelque années que je publie ici en première.

      Mon père disait :
      « Le turc restera turc
      Le désert restera désert. »
      Un sang noirci par le soleil
      Maculera à jamais son âme sordide.
      Les cadavres mutilés d’enfants
      Donneront à leur eau, un goût d’amertume infini.
      Le turc restera le loup au regard gris
      Sa terre sera gorgée du sel des larmes
      Et l’ombre de nos innocents disparus
      Planera sous l’aile des corbeaux charognards.
      Face à ton destin, toi le turc
      Cherches la vérité dans ta conscience
      Mais dis-toi que le pardon de ton dieu
      Ne pourra t’apaiser autant que celui de nos aïeux.
      Et moi, qui me demande où était notre dieu
      Je sais ce qu’il en coûte d’être arménien.
      Je voudrais pouvoir dire à mes enfants
      Le turc sait pourquoi il est turc
      Le désert sait pourquoi il est désert
      L’arménien sait pourquoi il est fier d’exister.

      Voila, j’espère que tu l’apprécieras, toi qui en as tant d’autres sur ton blog.

      Commentaire par antranik21a — 9 décembre 2014 @ 4:42 | Réponse

  4. Ces morsures de l’autre en soi me rappellent un poème du Grand Charles (Baudelaire, celui qui est mort trop jeune, pas celui qui consent à ne pas dire le mot qui fâche le bourreau), dont voici la fin:

    L’héautontimorouménos

    (…)

    Je suis la plaie et le couteau !
    Je suis le soufflet et la joue !
    Je suis les membres et la roue,
    Et la victime et le bourreau !

    Je suis de mon coeur le vampire,
    – Un de ces grands abandonnés
    Au rire éternel condamnés,
    Et qui ne peuvent plus sourire !

    Commentaire par Rui — 7 décembre 2014 @ 8:26 | Réponse


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