Ecrittératures

16 janvier 2015

L’Union Générale Arménienne de Bienfaisance. Les débuts.

Filed under: GENOCIDE ARMENIEN — denisdonikian @ 8:38

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Assemblée constitutive de l’Union le 15 avril 1906 d’après une caricature d’Alexandre Saroukhan

( Archives de l’UGAB, Le Caire, in « Un siècle d’histoire de l’Union Générale Arménienne de Bienfaisance », op.cit.)

*

1 – Souhaitant marquer ses cent années d’existence, l’U.G.A.B a confié à Raymond H. Kévorkian et Vahé Tachjian l’élaboration d’un premier volume consacré à son activité depuis sa création en 1906 à l’année 1940, sous le titre : « Un siècle d’histoire de l’Union Générale Arménienne de Bienfaisance ». En effet, l’histoire de l’U.G.A.B. se confond avec l’histoire moderne des Arméniens et de leurs persécutions. Tandis que les massacres hamidiens avaient déjà sensibilisé nombre de missionnaires pour recueillir des fonds et créer orphelinats, hôpitaux et établissements scolaires de qualité, l’ampleur des évènements de 1915 sur l’opinion publique occidentale permit à la partie épargnée de la nation arménienne d’aider les plus touchés de ses membres à se reconstruire.

2 – L’Union Générale Arménienne prendra naissance au Caire parmi les exilés du régime ottoman, que préoccupait la misère morale et économique des vilayet orientaux soumis au bon vouloir et aux injustices de la Sublime Porte. L’idée en reviendra à Yervant Agathon (1860-1935) qui en fera part à Boghos Nubar dès 1905. Ainsi, le 15 avril 1906, se réuniront autour d’eux les intellectuels et patriotes éclairés Yakub Artin, Garabèd Chériddjian, le Dr Nazareth Daghavarian, Mgrditch Marcossof, Krikor Yéghiayan, Mgrditch Antranikian, Hovhannès Hagopian et Arakel Nubar, fils de Boghos. Affichant leur neutralité politique au profit des seules questions humanitaires, les fondateurs de l’U.G.A.B souhaitaient développer un vaste réseau tant au sein de l’Empire ottoman que transnational afin d’intégrer les Arméniens d’Europe, d’Asie et d’Amérique.

3 – De fait, la vocation de l’Union étant de « gérer l’urgence », elle adressa, dès le mois de mai 1906 une aide financière au Comité de secours aux sinistrés du Caucase. Par ailleurs, pour internationaliser le mouvement et ne pas être arrêtée par les barrières religieuses, l’Union adopta le concept de laïcité. Enfin, cherchant à s’établir dans la durée, elle constitua un « compte capital inaliénable » intégrant des « donations destinées à un objet précis, auxquelles [s’ajoutait] un sixième du montant des cotisations et autres recettes nettes ».

4 – Le soutien aux provinces arméniennes durant le régime hamidien était acheminé par des filières diplomatiques ou consulaires, les chèques étant adressés aux chefs spirituels locaux. C’est ainsi que l’Union portera secours aux victimes de la famine à Van et à Agn. Cependant, la révolution des Jeunes-Turcs de juillet 1908 et la libéralisation du régime ottoman allaient lui ouvrir de réelles perspectives de développement. Mais ces mutations sociales n’empêchèrent pas le tribalisme de persécuter le paysan arménien. Dès lors, l’Union dut poursuivre son aide d’assistance grâce à l’augmentation du nombre de ses membres (696) et à ses quatre comités locaux : au Caire, à Alexandrie, à Manchester et à Boston.

5 – Durant les évènements de 1909 en Cilicie, l’Union prouva son efficacité en secourant les victimes arméniennes de Dörtyol par l’entremise du vice-consul italien d’Alexandrette, M. Cartoni. C’est d’ailleurs en 1909 que vont se multiplier les comités locaux aussi bien en Asie Mineure qu’aux États-Unis. Toutefois, l’exercice de 1910 montre que l’Union, sans cesser de secourir en aides matérielles des Arméniens touchés soit par la famine soit par les persécutions, va s’orienter vers l’action éducative et la création de nouveaux modes de développement en subventionnant ou même créant des établissements scolaires. Le 3 mars 1910, validant les statuts de l’Union, le gouvernement ottoman permettra de légaliser son action en Turquie. Pour autant, certaines organisations politiques prendront ombrage de cette influence grandissante.

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Un commentaire »

  1. Cette organisation a le grand mérite d’exister et représente une pièce importante du réseau d’entraide des arméniens orphelins.
    A Grenoble, nous sommes en train de préparer une exposition sur ce sujet intitulé « Nous sommes l’avenir » en avril et mai. Elle montrera les photos des enfants recueillis par divers organismes dont l’UGAB.
    La nation arménienne s’est reconstituée en diaspora,en partie par l’accompagnement des orphelins.

    Commentaire par antranik21a — 16 janvier 2015 @ 9:27 | Réponse


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