Ecrittératures

3 avril 2015

Barsegh Chahbaz

Filed under: GENOCIDE ARMENIEN — denisdonikian @ 9:32
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2015-04-03 11:29:20 1 – Sous-titré Le pays d’Ararat le sait, l’ouvrage consacré au militant arménien Barsegh Chahbaz, centré autour d’une lettre écrite à son épouse et à sa sœur durant sa déportation à Aïntab, le 6 juillet 1915, comprend une biographie par Minas Khatchatourian et un récit intitulé La prison d’Ayaş d’Avétis Nakashian, présentés, traduits et annotés par Léon Ketcheyan. Cette monographie exploite les archives familiales d’Iris Basmadjian, déposées au Centre du patrimoine arménien de Valence, réalisateur du projet. De fait, le livre est conçu comme une étude de cas du fait génocidaire à travers la personnalité d’un intellectuel arménien fauché avant même d’avoir donné la pleine mesure de ses capacités. 2 – Né en juin 1883 à Boyaciköy, Barsegh Chahbaz, après son passage dans différentes institutions religieuses de Constantinople, poursuivra ses études à Venise jusqu’à l’obtention d’un diplôme. Sa rencontre avec Avétis Aharonian le conduira à adhérer à  la Fédération révolutionnaire arménienne. De retour à Constantinople, il publie le périodique Tsaghik  (La Fleur) avant de fuir en Égypte où il collaborera à plusieurs feuilles (Le Feu, La cravache, Aboiements…) Après avoir sillonné l’empire sitôt le régime constitutionnel rétabli en 1908, il se marie en 1912 et vient à Paris faire des études de droit. Il rentre à Constantinople à la veille de la Grande Guerre et sera emporté dans la rafle du 24 avril 1915. 3 – Dans sa dernière lettre, Barsegh Chahbaz, « masse affaiblie qui n’a plus la force de se tenir debout », montre qu’il ignore tout des intentions de ses bourreaux. Il insiste pour que sa sœur et son épouse interviennent auprès du directeur de la police, Bédri Bey, faisant valoir qu’il n’a joué aucun rôle depuis cinq ans en tant que militant dachnakiste. Il précise : « En prison, je vais mourir et cela n’est pas juste car je suis absolument innocent ». « Sûr de la justice du gouvernement », Barsegh Chahbaz oublie que sa seule faute reste d’être né arménien. 4 – Minas Khatchatourian publie la biographie de son camarade de parti dans le numéro de mars-avril 1952 du mensuel Hayrenik de Boston. Doté d’un « tempérament rebelle de révolutionnaire », excellent orateur, Chahbaz, reconnu comme le « coupable idéal », dut assumer une « condition de fugitif », s’exilant en Égypte, à Genève ou à Paris, nourrissant ainsi « son militantisme social ». Entretenant une correspondance tant avec Minas qu’avec d’autres amis, il ne cessera d’écrire ses articles et de se préoccuper de la Question arménienne. Ses études de droit, minées par le manque d’argent et les soucis de famille, vont ralentir son écriture, mais non son travail au sein de la FRA. 5 – Publié la première fois à New York en 1925, La prison d’Ayaş du docteur Avétis Nakashian commence avec les arrestations à Constantinople, le 24 avril 1915, « jour de la plus vile machination ». Avétis Nakashian décrit par le menu les conditions matérielles inconfortables des détenus tant en prison que durant leur voyage. Conscient de son sort, Barsegh Chahbaz « ne montrait pas le moindre signe de faiblesse ». Ses amis apprendront plus tard qu’on lui aura fait traverser toute l’Anatolie et qu’il était dans un état pitoyable au moment où, « du côté de Malatya, […] on l’avait tué après lui avoir infligé d’atroces souffrances ».

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14, rue Louis Gallet – 26000 – Valence.
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