Ecrittératures

14 avril 2015

Tribunal permanent des peuples. Les thèses turques (1)

Filed under: Uncategorized — denisdonikian @ 10:57

Behistoun

1 – La Turquie n’ayant pas répondu à l’invitation du TPP, celui-ci a présenté les neuf réponses données par l’Institut de Politique étrangère d’Ankara (1982) à neuf questions relatives aux thèses arméniennes et retranscrites dans Le crime du silence (op.cit.). Tout d’abord, aucune preuve ne viendrait corroborer l’origine ourartienne des Arméniens. La mention de la défaite des Arméniens par Darius, inscrite à Behistan en 521 av. J.C., ne suffirait pas à leur accorder le statut de Caucasiens du Sud. En d’autres termes, l’origine anatolienne des Arméniens ne serait pas suffisamment fondée pour faire croire qu’ils auraient été chassés de leur patrie. De fait, le territoire où ils ont vécu n’a jamais été gouverné par eux comme un État indépendant et souverain.

2 – « Le manque d’unité et de force des Arméniens, leur incapacité à créer un véritable État, leur faiblesse vis-à-vis de leur voisins » les rendirent sujets à de multiples déportations par rapport au territoire originel. Loin d’être lié à l’occupation turque, le royaume de Cilicie résulta de la destruction des principautés de l’Anatolie orientale et fut annexée à l’Empire ottoman aux dépens des Mamelouks. Par ailleurs, l’histoire prouve que les Arméniens ont toujours bénéficié de la protection des Seldjoukides, que ce soit leur Église ou leur communauté. Le statut de zhimmi garantissait le respect de leurs droits et de leurs traditions moyennant un impôt. L’instauration de l’Empire ottoman permit même leur développement, au point d’attirer à Istanbul une forte immigration arménienne.

3 – Pendant des siècles, Arméniens, Turcs et autres vécurent «  dans la paix et la confiance ». Les discordes et les querelles religieuses internes aux Arméniens requirent même parfois l’arbitrage du gouvernement ottoman. Le « problème arménien » de la seconde moitié du XIXe siècle est lié aux volontés expansionnistes des Russes qui encouragèrent les ambitions nationalistes des populations chrétiennes dans le but d’ébranler l’Empire ottoman. Par l’article 16 du traité de San Stefano, les Russes avalisèrent la proposition arménienne de créer un État arménien en Anatolie orientale. Mais les craintes des Britanniques brisèrent ces velléités d’occupation au traité de Berlin. De fait, les Arméniens allaient devenir les pions des ambitions impérialistes des Russes et des Britanniques.

4 – Les comités hintchak et dachnak créés à l’étranger, respectivement à Genève en 1887 et à Tiflis en 1890, n’avaient d’autre ambition que de libérer l’Anatolie orientale et les Arméniens du joug ottoman en fomentant l’insurrection générale et en utilisant la terreur. Suivirent le soulèvement d’Erzurum en 1890, d’autres émeutes de 1892 jusqu’à la prise de la Banque ottomane à Istanbul en 1896, puis les révoltes au Sassoun de 1903 et d’Adana en 1909, ainsi que la tentative d’assassinat du sultan Abdülhamid II en 1905. Nombre de représentants diplomatiques et consulaires ont rapporté honnêtement ces faits.

5 – Ces révoltes eurent trois causes principales : l’évolution politique des Arméniens, la diffusion des idées de libération, l’appui des gouvernements occidentaux. Loin d’avoir pour causes la pauvreté, l’oppression ou le désir de réformes, les émeutes résultaient de la volonté conjointe des comités révolutionnaires et de l’Église arménienne de créer une situation favorable au démembrement de l’Empire ottoman avec l’aide des occidentaux. Le rétablissement de l’ordre par les troupes fut à tort interprété comme des massacres de chrétiens. Il reste que « les Arméniens ne constituaient qu’une infime minorité de la population des territoires revendiqués en leur nom ».

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UN CERCLE D’HISTOIRES (8)

Filed under: UN CERCLE D'HISTOIRES — denisdonikian @ 10:10

08

8
pour lequel les hommes se sont écrabouillé la gueule. On a même vu des religions qui n’hésitaient pas à putréfier le grand air que respiraient les naïfs, les sauvages, les nus, pour les phagocyter avec je ne sais quel écrit torturant. Des livres de grand amour, brandis comme des armes à feu et devenus des instruments strangulateurs. Ainsi partaient les Croisés pour délivrer Jérusalem. Lieux saints, quels crimes en votre nom ! Évangile contre Coran. À Malte, les chevaliers cassaient du Turc solimaniote. Ils avaient de l’armure sur leur foi. Sacré Nom de Dieu à défendre, mais qui avait dû battre en retraite d’une île à l’autre en Méditerranée. Pendant ce temps, les rats faisaient leur vie du noir profond des cachots. Ils font toujours leurs courses partout où nous agonisons. La terre avait un éclat de cristal et le temps n’était qu’une vague au milieu des vagues. À présent, il s’agit de savoir comment les hommes vont traiter avec les hommes. Les horloges nous engluent dans le criant de nos machines. Les affairés de l’histoire ferraillent avec les pernicieux qui font les parfaits dans une aérienne stagnation de leur esprit. C’est la lutte roseau contre tempête. À qui saura rendre lumineux l’opaque impersonnel qui nous emboîte dedans et dehors. On croit la science meilleure que les puissances intimes. On croit les puissances intimes meilleures que la science. Ce jour-là nous étions quarante à rouler

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Précision :
Pour ceux qui ne l’auraient pas compris, la fin de chaque texte est le début de celui qui suit. De sorte qu’il s’agit d’un livre non linéaire, mais circulaire. Le texte numéroté 1 ( par convention), est en fait dans la continuité de celui qui sera le (faux ) dernier, à savoir le 16. C’est pourquoi le titre est Un cercle d’histoires. Dans ce cas précis, les sculptures ont été faites avant, selon l’impulsion du moment. En les rangeant sur la très longue table de mon atelier, en forme de cercle, j’ai pensé que je pouvais écrire une et des histoires à partir des sculptures. Donc, dans un cessons temps,  le texte a été déterminé par les sculptures. Mais le travail achevé, il s’est avéré que l’écrit et les formes se complétaient. L’écrit déchiffrant l’énigme des formes sans pour autant les épuiser. Cette interaction permet de dire des choses et d’aller vers des inconnus.
(Je tiens à préciser que tout cela n’a rien à voir avec les Arméniens, même s’il m’arrive de faire appel à mes propres cauchemars).

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