Ecrittératures

15 avril 2015

Tribunal permanent des peuples. Les thèses turques (2)

Filed under: GENOCIDE ARMENIEN — denisdonikian @ 8:43
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1 – Les Russes ont d’autant plus utilisé les Arméniens à des fins propres qu’à peine eurent-ils occupé le Caucase qu’ils limitèrent les activités du Catholicos d’Etchmiadzine et procédèrent à une russification des populations, conformément au slogan fameux d’ « Une Arménie sans Arméniens ». Les Arméniens profitèrent de l’entrée en guerre des Turcs aux côtés des Allemands contre l’Entente pour déclencher la rébellion, conformément aux instructions des comités dachnak et hintchak. Alors que le premier avait promis d’être loyal envers l’armée ottomane, il tint une réunion secrète à Erzurum en juin 1914 pour décider le soulèvement général.

2 – Des Arméniens d’origine russe ou ottomane, volontaires ou déserteurs de l’armée turque, servirent de guides aux troupes russes ou se regroupèrent en unités de guérilla, n’hésitant pas à mener des attaques sauvages contre les populations. Aux victimes turques et musulmanes s’ajoutèrent des Grecs et des Juifs comme à Trébizonde et dans la région d’Hakkari. D’anciens députés du Parlement ottoman commandaient des unités arméniennes comme Karékine Pasdermadjian, Hampartsoum Boyadjian dit « Mourad », ou Papazian. Pour faciliter le mouvement des forces russes vers Van, les troupes arméniennes ravagèrent les régions de Bitlis et Muş et Van en y massacrant les Turcs en avril 1915. Dès lors la décision ottomane de déporter les Arméniens devint nécessaire.

3 – Le 24 avril 1915, 235 chefs révolutionnaires arméniens furent arrêtés « pour menées dirigées contre l’État ». En réalité, « il n’y eut pas de massacre, ni à cette date, ni à toute autre date pendant la guerre », «  on veilla très soigneusement à ce que les Arméniens fussent traités avec attention et humanité lors de leur transportement ». Divers décrets du Conseil des ministres furent promulgués pour assurer la nourriture et l’installation des émigrants. L’insécurité générale, les pénuries liées à l’état de guerre et les activités de guérilla firent beaucoup de victimes arméniennes et rendent mensongère la formule de « premier génocide du XXe siècle » lancée par les propagandistes arméniens.

4 – Une étude des télégrammes attribués à Talaat Pacha, censés avoir été trouvés par les troupes du général Allenby, montre qu’ils ont été fabriqués. Lors des procès de personnalités politiques et militaires, les archives britannique et américaine ne révélèrent aucune pièce à conviction pouvant servir de base à une inculpation. Par ailleurs, les faits permettent de soutenir que les Arméniens qui étaient au nombre d’un million trois cent mille avant la guerre ont eu trois cent mille victimes, «  ce qui par rapport à leur population totale représente la même proportion que les trois millions de Turcs qui moururent dans la même période ».

5 – Le retour au traité de Sèvres est d’autant plus impossible qu’il fut remplacé par celui de Lausanne et suivi par celui de Batoum du 4 juin 1918, dénonçant toute revendication territoriale. De fait, la plupart des Turcs désavouaient le gouvernement d’Istanbul signataire du traité de Sèvres et ne reconnaissaient que celui d’Ankara dirigé par Mustafa Kemal. Il faut rappeler que le traité de Moscou, puis l’accord de Kars du 13 octobre 1921, signé par la République d’Arménie soviétique entérinaient le tracé des nouvelles frontières. Enfin, loin d’être persécutés, aujourd’hui les Arméniens de Turquie, « libres de mener une vie florissante et prospère » et «  fiers d’être des citoyens turcs » s’irritent des mensonges répandus en leur nom par les nationalistes arméniens de l’étranger.

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UN CERCLE D’HISTOIRES (9)

Filed under: UN CERCLE D'HISTOIRES — denisdonikian @ 6:31

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notre pierre sur le mont de cote 881. La pente nous brisait les jambes, on nous tirait dessus de tous côtés. Les blessés voyaient leur sang faire les délices de la boue ; on ne savait plus si on marchait sur terre ou dans la viande ; des tripes, des bras, des pieds, des foies, des yeux, des cervelles couvraient les pierres, la ferraille et d’autres tripes, d’autres bras, d’autres pieds, etc. Speederman bondissait devant nous comme un invincible, Spacemouse glissait entre les morts, Canonball serrait les dents avec férocité (pas une couronne). Ces trois-là faisaient les mousquetaires royaux, entraînant les traînards à leur suite. Toute la colline débordait d’une souffrance de chien à cœur ouvert, maculée de tragédies sanglantes comme une peau de léopard dont chaque tache aurait été une plaie en état d’explosion. Des bouches lançaient des cris, ou poussaient des râles, appelaient maman, appelaient des femmes inconnues de tous les papillons qui agitaient leur éventail juste au-dessus des fleurs. «Je jure que si j’atteins le sommet de la colline… » Le gars était tombé brutalement comme un poids lourd. À peine s’il avait pris conscience que ce qui lui arrivait n’était qu’une fraction de seconde contenant l’infini. Celui-là s’appelait Rock et il avait 19 ans. J’ai écouté son cœur. Plat sans résistance. Je suis reparti en hurlant : « Je vais tous les tuer ! » Au fur et à mesure qu’on s’élevait, les coups de feu ennemis suffoquaient sous les nôtres. Les obus tirés par les navires avaient mis fin à l’hégémonie des chacals. J’ai regardé derrière moi. Les rescapés étaient couchés dans les plis du terrain et canardaient les coins suspects. Nous n’étions plus que quatre à jouer aux guignols avec nos surnoms américains tirés de B.D. pour gosses. Speederman avait gagné les autres de vitesse. La coutume voulait que les vainqueurs soient pris en photo avec un drapeau US. On a trouvé un tube qui faisait bien six mètres, on y a accroché notre bannière. Speeder a vu un mort, ou presque mort, pas tout à fait nu, et couché sur le dos. Il lui a fiché le tube dans la poitrine et on a tous poussé derrière, si bien qu’il a traversé le corps pour aller s’enfoncer dans la glaise avec un bruit d’arme blanche en train de pénétrer dans une viande vivante en pleine stupéfaction. Le type avait gardé le sourire, un sourire de transit pour l’au-delà. Et Joe nous a pris en photo, au moment où je cherchais le mât pour appuyer avec les autres de tout notre poids d’Américains sur ce corps qui ouvrait grand les bras au ciel. Je me souviens qu’après

 

*

Précision :

Pour ceux qui ne l’auraient pas compris, la fin de chaque texte est le début de celui qui suit. De sorte qu’il s’agit d’un livre non linéaire, mais circulaire. Le texte numéroté 1 ( par convention), est en fait dans la continuité de celui qui sera le (faux ) dernier, à savoir le 16. C’est pourquoi le titre est Un cercle d’histoires. Dans ce cas précis, les sculptures ont été faites avant, selon l’impulsion du moment. En les rangeant sur la très longue table de mon atelier, en forme de cercle, j’ai pensé que je pouvais écrire une et des histoires à partir des sculptures. Donc, dans un cessons temps,  le texte a été déterminé par les sculptures. Mais le travail achevé, il s’est avéré que l’écrit et les formes se complétaient. L’écrit déchiffrant l’énigme des formes sans pour autant les épuiser. Cette interaction permet de dire des choses et d’aller vers des inconnus.

(Je tiens à préciser que tout cela n’a rien à voir avec les Arméniens, même s’il m’arrive de faire appel à mes propres cauchemars

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