Ecrittératures

19 avril 2015

UN CERCLE D’HISTOIRES (12)

Filed under: UN CERCLE D'HISTOIRES — denisdonikian @ 5:47

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puisque je me sentis pénétré de grognements extravagants, si grotesques que j’avais du mal à me les représenter. Ils étaient sourds, plaintifs, primitifs, avec des accents de mère douloureusement contrariée. Mon cerveau d’animal captait des signes, mais s’énervait de ne pouvoir dessiner autour d’eux une silhouette familière. J’étais couché sur le dos, les membres écartés, la tête renversée, les yeux figés dans l’attitude arrêtée d’un mort. Est-ce que j’étais mort ? Est-ce que c’était encore moi ? Allez savoir. Mes ailes couvraient la machine qui m’avait sans doute liquéfié le cerveau. Une machine avec des fils dans tous les sens, mais des sens ordonnés par une intelligence monstrueuse. Et voici que l’hier le plus lointain rencontrait des possibles imaginaires comme si un illuminé d’écriture avait brutalement réuni dans ses mots des extrêmes incompatibles dans la réalité, dinosaures et ordinateur par exemple. Dans ma tête se mariaient un passé d’avant l’homme et une chose qu’il aurait conçue de toutes pièces. Autant d’alliances déraisonnables, propices à me faire quitter le cours ordinaire de la vie. Un cheval

*

Précision :
Pour ceux qui ne l’auraient pas compris, la fin de chaque texte est le début de celui qui suit. De sorte qu’il s’agit d’un livre non linéaire, mais circulaire. Le texte numéroté 1 ( par convention), est en fait dans la continuité de celui qui sera le (faux ) dernier, à savoir le 16. C’est pourquoi le titre est Un cercle d’histoires. Dans ce cas précis, les sculptures ont été faites avant, selon l’impulsion du moment. En les rangeant sur la très longue table de mon atelier, en forme de cercle, j’ai pensé que je pouvais écrire une et des histoires à partir des sculptures. Donc, dans un cessons temps,  le texte a été déterminé par les sculptures. Mais le travail achevé, il s’est avéré que l’écrit et les formes se complétaient. L’écrit déchiffrant l’énigme des formes sans pour autant les épuiser. Cette interaction permet de dire des choses et d’aller vers des inconnus.
(Je tiens à préciser que tout cela n’a rien à voir avec les Arméniens, même s’il m’arrive de faire appel à mes propres cauchemars)

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