Ecrittératures

26 avril 2015

UN CERCLE D’HISTOIRES (14)

Filed under: UN CERCLE D'HISTOIRES — denisdonikian @ 5:56

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cinq avions couchés les uns près des autres devant une statue de bouddha en état de méditation. Il ne s’agissait pas d’un cimetière pour vieux coucous mis au rancart. C’étaient de grands voyageurs endormis. Ils avaient connu des pays, traversé des espaces, accompagné des nuages, réuni des hommes. Et voilà qu’ils étaient fatigués. Ils avaient quitté leur lieu d’attache pour rejoindre cet îlot hors du temps. Ici, ils oubliaient toute frénésie liée aux envols, aux horaires, aux escales. Ils étaient comme des fidèles recueillis, soumis à la dévotion du bouddha. Ils n’entendaient plus les bruits lourds des moteurs, ni les sifflements de l’air quand leurs ailes coupaient le vent, ils n’éprouvaient plus ni vertige, ni solitude, ni ce froid qui règne dans l’espace. L’homme dieu les réconciliait avec le vide qu’ils fréquentaient quotidiennement. Leur métal ne hurlait plus. Il s’humanisait par le silence. Je me régalais de cette limpidité. Elle m’éclairait intérieurement. J’étais une souris dans la Jouvence… Mais voilà. J’ai glissé de ma boule blanche et j’ai basculé dans un autre univers. Un air glacial me brûlait la plante des pieds. J’étais debout sur une sorte de passerelle réduite à un fil, c’est dire combien était précaire ma position. Je devais me maintenir en équilibre pour éviter de tomber. Tomber où ? Allez savoir. Un sol rouge, jonché

*
Précision :
Pour ceux qui ne l’auraient pas compris, la fin de chaque texte est le début de celui qui suit. De sorte qu’il s’agit d’un livre non linéaire, mais circulaire. Le texte numéroté 1 ( par convention), est en fait dans la continuité de celui qui sera le (faux ) dernier, à savoir le 16. C’est pourquoi le titre est Un cercle d’histoires. Dans ce cas précis, les sculptures ont été faites avant, selon l’impulsion du moment. En les rangeant sur la très longue table de mon atelier, en forme de cercle, j’ai pensé que je pouvais écrire une et des histoires à partir des sculptures. Donc, dans un cessons temps,  le texte a été déterminé par les sculptures. Mais le travail achevé, il s’est avéré que l’écrit et les formes se complétaient. L’écrit déchiffrant l’énigme des formes sans pour autant les épuiser. Cette interaction permet de dire des choses et d’aller vers des inconnus.
(Je tiens à préciser que tout cela n’a rien à voir avec les Arméniens, même s’il m’arrive de faire appel à mes propres cauchemars)
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