Ecrittératures

21 août 2015

Démocrates turcs et génocide arménien (3) : le Colloque d’Ankara

Filed under: Uncategorized — denisdonikian @ 5:24
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1 – Rendant compte du colloque d’Ankara du 24 avril 2010, dont il fut un intervenant, Khatchig Mouradian intitule son article : Au-delà du génocide, la question des réparations (The Armenian Weekly, 28 avril 2010). Organisé pour deux jours au Princess Hotel par le collectif « Initiative d’Ankara pour la Liberté de Pensée », ce colloque se tint sous haute surveillance, avec fouilles, chiens et détecteurs de métaux. Aucune contre-manifestation ne fut autorisée. Parmi les deux cents participants, figuraient des personnalités turques, toutes soutenant la reconnaissance du crime de 1915, comme İsmail Beşikçi, Baskin Oran, Sevan Nişanyan, Ragip Zarakolu, Temel Demirer et Sait Çetinoğlu.

2 – Une table ronde comprenant Nişanyan, Zarakolu et Demirer se transforma en débat sur les réparations au titre du génocide arménien. Pour Mouradian, il était nécessaire de traiter la question du génocide arménien non seulement sous l’angle de la démocratie et de la liberté, mais aussi dans sa dimension juridique, incluant excuses et restitution. Selon Henry C. Theriault, les réparations impliquent que la restitution des terres et des richesses, comprenant les biens de l’Église arménienne, soit accompagnée compensations financières pour tous les dommages subis (travail forcé, souffrances des victimes et des survivants, perte des institutions).

3 – Ces demandes furent rejetées par Sevan Nişanyan, estimant qu’elles étaient injustes et qu’elles ouvraient la porte à de nouveaux conflits. Demirer et Williams plaidèrent contre Nişanyan en faveur des réparations. D’autres tables rondes suscitèrent de nombreux débats. Celle sur les biens arméniens « abandonnés » comprenait les chercheurs et écrivains Asli Çomu, Nevzat Onaran, Mehmet Polatel (dont la thèse porte sur le processus de dépossession pendant le génocide arménien) et Cemil Ertem (économiste, journaliste et auteur). La table ronde sur « La négation et l’extirpation idéologique officielle, du Comité Union et Progrès au kémalisme » réunissait les chercheurs Osman Özarslan et Tuma Çelik ainsi que Çetinoglu et Beşikçi. La table ronde sur le génocide arménien d’un point de vue historique comprenait Adil Okay, Mahir Sayin et Baskin Oran. Gaunt devait s’y exprimer, mais ne put être présent.

4 – De fait, pour la première fois, force est de reconnaître qu’un colloque sur le génocide arménien se tint à Ankara, ne comptant aucun négationniste. Par ailleurs, non content d’aborder l’aspect historique de 1915, ce colloque permit, pour la première fois en Turquie, de consacrer une part importante des débats à des sujets aussi difficiles tels que que les biens arméniens confisqués, les réparations, sans oublier la volonté d’aller de l’avant tout en affrontant le passé.

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