Ecrittératures

6 octobre 2015

La Question arménienne à la Conférence de Paris (1)

Filed under: GENOCIDE ARMENIEN — denisdonikian @ 3:08

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1 – Dans son essai en trois parties intitulé La questione armena alla Conferenza di Parigi (in Akhtamar on line, 15.05, 01.06, 15.06.10), Davide Figliola cherche à comprendre les raisons pour lesquelles les Arméniens échouèrent à obtenir ce qu’ils étaient en droit de réclamer. Avec la défaite des empires centraux (dont l’Empire ottoman) et la victoire des Puissances de l’Entente, en 1918, de nouvelles frontières furent tracées en Europe Centrale et au Moyen-Orient. Malgré la confusion relative à l’organisation, les représentants arméniens affichaient une certaine confiance grâce au soutien d’une grande partie des opinions et des intellectuels européens, du duc d’Argyll à Arnold Toynbee, de Clemenceau à Lansing, Wilson et Lloyd George.

2 – La presse italienne confirmait cet « appui initial total à la cause arménienne », de L’Avanti au Corriere della Sera qui titrait le 27 octobre : « On se tait trop sur le martyre des Arméniens ». Le 1er février 1919, ce même journal rappelait aux grandes puissances le bien-fondé aux revendications arméniennes. Mais aux premiers jours de la Conférence, tandis que les chancelleries européennes étaient à l’œuvre, les Arméniens se rendirent compte qu’ils étaient plus «un instrument de leurs politiques qu’un objectif de ces dernières ».

3 – En réalité, les grandes puissances, en mettant fin à la Première Guerre mondiale, vont échouer à sauver la démocratie dans le monde. Concernant la Grande-Bretagne, sa population avait donné tant de victimes et blessés à la guerre qu’elle n’aspirait à rien d’autre qu’à «une paix longue et durable ». Parallèlement sa politique s’ingénia à réduire les armements et à licencier de nombreux militaires. « Ce genre de choix conditionna inévitablement aussi les stratégies diplomatiques et la crédibilité internationale de la puissance britannique, dès les premières discussions à Paris. »

4 – Le désir de revanche et la haine de la France envers l’Allemagne étaient tels que ces sentiments devaient peser sur les tractations de paix et ne donnaient guère envie aux Britanniques comme aux Américains qu’elles se tinssent à Paris. Pour le président Wilson, conscient des responsabilités des États-Unis dans la réorganisation globale de l’après-guerre, l’idée de reconstruire l’ordre mondial se fondait sur la liberté du commerce et des mers, le contrôle des armements et le droit des peuples (dont les Arméniens) à disposer d’eux-mêmes. Mais Wilson perdit peu à peu l’appui du Sénat, puis celui de son propre parti et enfin celui des électeurs.

5 – Par ailleurs, le président américain souhaitait la création d’une « organisation internationale, laquelle, institutionnalisant les conflits entre nations, rendrait plus facile une solution pacifique ou possible une riposte collective ». Mais les politiques de puissance prirent rapidement le pas sur les volontés wilsoniennes. L’Italie se trouvait devant une inflation qui conduirait inévitablement à la crise économique. De plus, elle prenait appui sur son statut de puissance victorieuse pour que lui soient reconnues les annexions territoriales afférentes et satisfaire ainsi la droite nationaliste et les libéraux conservateurs. Sans faire partie à proprement parler des vainqueurs, la Grèce, entrée en guerre aux côtés de l’Entente, espérait elle aussi des compensations territoriales.

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3 commentaires »

  1. Il faut bien constater, et c’est pareil de nos jours, que les sentiments nobles de justice ne sont, et ne seront jamais, le fil conducteur de(s) politique(s) gouvernementales.
    Les Arméniens resteront toujours un (bon) pion sur l’échiquier mondial et caucasien en particulier.
    Aucun pays, même la sainte Russie, ne veille sur leur (sur)vie sans motif d’intérêt personnel.
    Et qui de nos jours se souvient encore ce que nos aïeux ont enduré…?
    Cela n’intéresse pas nos contemporains, car ils ont d’autres sujets d’inquiétude…

    Commentaire par antranik21a — 6 octobre 2015 @ 7:36 | Réponse

  2. Tous les pays sont au courant de notre drame, nus ne le cachons pas comme nos compatriotes d’Istanbul qui n’osent pas ouvrir la bouche.
    Mais en 1919, la France, l’Angleterre, et l’Allemagne, avaient perdu tant de leurs populations, qu’ils ne pensaient qu’à se repeupler.
    La France a même été chercher des rescapés arméniens en Turquie et les a fait venir en France (surtout à la campagne; pour les besoins
    des paysans qui avaient perdu tant de jeunes, j’ai vu des villages où il n’en restait plus…). Aujourd’hui tout a changé !

    Commentaire par Louise Kiffer — 6 octobre 2015 @ 1:23 | Réponse

  3. Attendez la suite, vous allez avoir une surprise.

    Commentaire par denisdonikian — 6 octobre 2015 @ 3:10 | Réponse


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