Ecrittératures

3 octobre 2016

Articles de Tigrane Yegavian sur France-Arménie

Filed under: LIVRES — denisdonikian @ 5:50

 

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En arménien sur arteria.am

VIDURES, UN ROMAN EN QUESTIONS (bilingue arménien-français)

 

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EDITIONS ACTUAL ART – EREVAN – 270P. – 15€ PORT COMPRIS –

disponible uniquement chez l’auteur : denisdonikian@gmail.com

Dans le paysage de la littérature arménienne de la Diaspora, Denis Donikian occupe une place particulièrement à part. Écrivain, poète, plasticien, traducteur, s’étant donné à tous les genres, l’engagement fait figure de fil conducteur chez lui. Naguère grand voyageur, ce Viennois d’origine pratique l’Arménie depuis la fin des années 1960. Si ce pays l’habite de tous les pores de sa peau, c’est dans une belle langue de Molière créolisée qu’il a imposé ses marques.

Ecrit avec une plume corrosive et iconoclaste bien à lui, Vidures, néologisme rimant avec ordures, est son premier roman paru chez Actes Sud en 2011. Cette plongée en apnée dans l’univers des bas-fonds de la société arménienne avait donné sans doute pour la première fois la voix aux « sans dents » d’un pays au bord du précipice. De quoi défrayer la chronique dans les milieux communautaires. Boycotté et mis au ban par de nombreuses structures arméniennes choquées, le roman fut par contre salué par la critique française pour sa maestria littéraire, allant jusqu’à le sélectionner pour le festival de Chambéry en 2013 parmi les 15 meilleurs premiers romans français de l’année précédente. Les choses se com-pliquent lorsque la traduction arménienne voit le jour sous les presses de l’excellente maison d’édition Actual Art sous le titre suggestif d’Aghpastan. Jeté aux orties par le petit microcosme avant-gardiste du centre-ville d’Erevan, le livre est passé quasiment inaperçu en Arménie. Il n’en constitue pas moins un document précieux pour les historiens du futur qui chroniqueront des années maudites de l’après -indépendance. C’est pour renouer le dialogue avec ses lecteurs que l’écrivain a voulu faire preuve de clarification en se prêtant au jeu des questions et des réponses. Pour ce faire, il s’est entouré d’un groupe d’amis d’horizons et de pays divers. Loin d’être un enjeu narcissique, ce dialogue vif et stimulant nous invite à mieux décrypter les défis sociaux mais aussi culturels auxquels fait face l’Arménie actuelle.

Tigrane Yégavian

 

L’ARMÉNIE À CŒUR ET À CRI

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EDITIONS ACTUAL ART, COLLECTION ZOOM – EREVAN – 2016 – 296 P. – 15 € PORT COMPRIS – disponible uniquement chez l’auteur : denisdonikian@gmail.com

 

Paru en Arménie chez l’excellente maison d’édition Actual Art, le présent ouvrage est un recueil de textes parus en ligne sur le blog de Denis Donikian, ÉCRITTÉRATURES. Classées selon des thématiques d’actualité (essentiellement arménienne), ces chroniques portent un regard acéré sur notre réalité, reflétant la constance d’une même indignation. Dans la ligne droite de ce que nous avions pris l’habitude de lire depuis le regretté site Yevrobatsi, le ton souvent insolent de ces courtes réflexions oscille entre humour corrosif et noir désespoir. Reflet d’un écorché vif en mal d’Arménie, ces écrits que l’on soit en désaccord ou non, nous donnent à réfléchir sur la bêtise humaine et ses funestes conséquences. De fait, l’auteur n’a pas de mots assez durs pour hurler son indignation contre le mépris ahurissant des dirigeants arméniens contre l’intérêt général et le silence complice de la Diaspora. Chronique d’un observateur engagé qui, en se battant avec les mots, n’a jamais renoncé à scruter l’humanité, porteur d’une expression rebelle à toute forme d’allégeance.

Tigrane Yégavian

FRANCE ARMÉNIE / OCTOBRE 2016            55

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4 commentaires »

  1. Je suis un de ceux qui ont eu la chance de lire ces ouvrages dont la teneur est d’une grande qualité, celle de la sincérité.
    Il ne faut pas fermer les yeux sur ce qui se passe là-bas, un pays dont le devenir tient (presque) à un fil.
    J’ai pour ma part, une idée peu positive sur cette république “indépendante” qui dépend encore et surtout du bon vouloir du grand frère russe.
    Soixante-dix ans de soviétisation ne s’effacent pas aisément, même après une génération d’émancipation.
    Les dirigeants en sont l’héritage visible qu’il falloir trainer encore longtemps. Ce n’est qu’un aspect parmi d’autres tels que le situation démographique, géographique, politique et sociale.
    La caste dirigeante se comporte de manière plus vile encore, que nos politiciens en Europe. Le peuple est en lutte désespérée pour un avenir qui s’avère aléatoire, lorsqu’on voit l’évolution des rapports dans les états voisins.
    Le roman “Vidures” dénonce un désespoir ancré dans un pays à la merci du bon vouloir en interne comme en externe.
    Quant au recueil “L’Arménie à coeur et à cri” on baigne dans une synthèse de visions acérées, sans faiblesse, de tous les sujets qui font la trame d’un état où chacun dispute son existence, par tous les moyens, même les plus répréhensibles.

    Cher Denis, permets-moi de te dire que ta plume devient une arme contre l’hypocrisie et le dévoiement d’hommes de peu de conscience.
    Merci pour cela et je souhaite que beaucoup se fassent une opinion en te lisant.

    Commentaire par antranik — 3 octobre 2016 @ 8:23 | Réponse

  2. J’ai du mal à accepter l’idée que nombre d’Arméniens se mettent la tête dans le sable, pour tenter d’ignorer le mal profond dont souffre leur pays.
    Pour beaucoup, le cocon de leur vie diasporique leur ôte toute lucidité quant à la situation désespérée de l’Arménie. Mais les miracles
    n’existent pas, Et que feront-ils, tous autant qu’ils sont, quand ils auront tué la poule aux oeufs d’or ?

    Commentaire par Dzovinar — 5 octobre 2016 @ 5:41 | Réponse

  3. Je voudrais ajouter au texte de Tigrane sur « Vidures, un roman en questions » qu’il s’agit d’entretiens qui m’ont aidé à expliciter certains passages que j’ai moi-même écrits sans toujours bien comprendre pourquoi. C’est la raison pour laquelle je remercie les donneurs de questions, car ils m’ont vraiment aidé y voir plus clair et finalement à montrer combien tout dans ce roman s’est écrit en fonction d’une même cohérence. Ce livre s’adresse donc à ceux qui veulent approfondir le sens du roman, mais aussi occasionnellement comprendre certains problèmes relatifs à notre culture et à l’état du livre et de la lecture en diaspora et en Arménie.

    Commentaire par denisdonikian — 6 octobre 2016 @ 2:56 | Réponse

  4. Ont participé à l’entretien :

    Ana Arzoumanian. Membre de l’International association of Genocide scholars. Ses travaux académiques portent sur la transmission de la mémoire traumatique dans le cas du Génocide arménien et de la Shoah, elle dirige actuellement un séminaire sur les écritures créatrices et la communication à la FLASCO (Facultad latino-american de ciencias sociales). Elle est l’auteur de recueils de poèmes (dont Labios (1993), El ahogadera (2002), Kaukasos (2001)), de proses (dont La mujer de ellos (2011), Mer Negro (2012)) d’essais divers. Son dernier roman Del vodka hecho con moras (Vodka aux mûres) vient de paraître à Buenos Aires.

    Annick Asso. Professeur agrégée de lettres modernes, enseigne à l’Université de Montpellier III. Est l’auteur de Le Cantique des larmes (Éditions de la table ronde, 2005), Sur les chemins de Deir-Zor (Éditions de l’Amandier, 2008). Sa thèse : Le Théâtre du génocide. Shoah et génocides arménien, rwandais et bosniaque a été publiée aux éditions Honoré Champion.

    Anahit Avetisyan. Après un DEA en études européennes (Institut Européen de l’Université de Genève, 2003) et un Master en traduction français-anglais-russe (Université de Genève. École de traduction et d’interprétation, 2013), travaille à Erevan (Arménie) comme interprète et traductrice indépendante, tenant également le rôle de responsable éditoriale auprès de la maison d’édition Actual Art. A publié une dizaine de traductions dont La langue maternelle de Vassilis Alexakis (Éditions Apollon, Erevan, 1999), Fable de Robert Pinget (Éditions Actual Art, Erevan, 2008), Dialogue sur le tabou arménien de Michel Marian et Ahmet Insel (Éditions Actual Art, 2009), Préface à une vie d’écrivain et Jalousie d’Alain Robbe-Grillet (Éditions Actual Art, 2014). Dernière traduction en collaboration avec Anna Charbatian, Parce qu’ils sont arméniens de Pinar Selek, (Éditions Actual Art, 2015).

    Georges Festa. Spécialiste de Sade et de la littérature de voyage au XVIIIe siècle, poète et traducteur (anglais, italien et espagnol), il tient un blog exceptionnel, Mes Arménies-Armeniantrends, dans lequel il fait paraître ses traductions de textes précieux et instructifs sur le génocide et la cause arménienne, repris régulièrement par le Collectif VAN et Armenews. Trois de ses traductions ont été publiées chez MētisPresses : Le chien noir du destin de Peter Balakian (2011), Le garçon qui rêvait le jour (2014) et Trois Pommes sont tombées du ciel (2015) de Micheline Aharonian Marcom. Il a codirigé deux colloques avec Jacques D’Hondt (Présences du matérialisme, Cerisy-la-Salle, 11-18 août 1990) et Denis Donikian (Arménie : de l’abîme aux constructions d’identité, Cerisy-La-Salle, 22-29 août 2007) dont les Actes ont paru aux éditions L’Harmattan.

    Tigrane Yegavian. Né à Paris, Journaliste, spécialiste du Moyen-Orient et de la diaspora arménienne, Tigrane Yégavian a grandi à Lisbonne au Portugal. Il est diplômé de Sciences Po Paris et des Langues’O. Rédacteur en chef de la version française du site 100 LIVES, il est un collaborateur régulier des magazines France Arménie, Conflits, Moyen Orient et Afrique Asie. Il a voyagé dans les deux Arménie(s), l’actuelle et l’historique. Auteur d’un recueil de poésie (Insolations), paru en 2011 aux éditions Le Cercle des écrits Caucasiens, son dernier livre, Arménie, à l’ombre de la montagne sacrée (Éditions Nevicata, 2015), aide à décrypter l’énigme de l’âme arménienne à l’aune du génocide et de la modernité.

    Christopher Atamian. Diplômé de l’Université de Harvard, écrit dans plusieurs revues dont le New York Times Book Review, The New Criterion, 100Lives.com. Il a traduit Le Bois de Vincennes de Nigoghos Sarafian et 50 ans de littérature arménienne en France de Krikor Beledian. Il l’auteur d’un roman Parler français. Ses courts-métrages ont été projetés dans le monde, y compris à la Biennale de Venise (2009) et il a obtenu un prix Obie en 2006 pour la pièce qu’il a produite Trouble in Paradise. Il a reçu plusieurs distinctions dont le Prix littéraire Tololyan en 2013 et la médaille d’honneur Ellis Island en 2015.

    Gérard Malkassian : Agrégé de philosophie, professeur en khagne au lycée Jean Jaurès de Reims, il est l’auteur d’une Introduction à la philosophie morale (Ellipses, 2002), Candide : un débat philosophique : La critique de Leibniz par Voltaire (Ellipses, 2005). Il dirige les Conférences du salon autour de la littérature arménienne contemporaine et participe par son engagement au dialogue arméno-turc.

    Rémy Prin : Ingénieur électronicien, homme aux multiples parcours, Rémy Prin, féru des technologie de l’information et du multimédia, est avant tout un poète de l’essentiel (L’Air Accessible, Visage Inépuisable, Traces, Réunir Lentement, Toute la terre à vif, qu’on voit) et un écrivain du patrimoine, qu’il soit celui de l’art roman (Aulnay d’ombre et de lumière) ou de l’Orient, en particulier arménien (Les pierres et l’âme). Animé d’une même passion avec son épouse Monique, il explore le langage textile dans ses rapports avec la peinture. Voyageur curieux des territoires et des cultures, notamment au long de la Route de la Soie entre Orient et Occident, il a publié sur les sites Yevrobatsi.com et Parole & Patrimoine, une chronique vivante et savante d’un voyage en Arménie intitulé : Arménie, ou le patrimoine de l’extrême.

    Marc Verhaverbeke tient depuis des années un blog intitulé Main Tenant. Directeur de plusieurs établissements culturels (Centre culturel, MJC) en Île-de-France, où il anime encore des ateliers d’écriture, son activité et ses intérêts gravitent autour de l’OULIPO (Ouvroir de Littérature Potentielle) et des poètes vivants et inconnus qu’il présente au cours de soirées mensuelles à Paris. Il a publié plusieurs volumes de poésie comme, entre autres, Initiales (1970), Ce n’est que vivre (1978), Un bleu adamantin (1987) et un texte écrit pour un solo de danse On t’appelle Vénus ( Les points sur les i, 2012) à propos de Sarah Baartman, surnommée la Vénus hottentote.

    Commentaire par denisdonikian — 6 octobre 2016 @ 3:00 | Réponse


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