Ecrittératures

31 décembre 2017

Grandeur et misère des intellectuels arméniens (2)

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Depuis plusieurs années, une pincée d’intellectuels de la diaspora arménienne, diplômés au plus haut degré, fait la navette entre la France et l’Arménie, pour prêcher la bonne parole universitaire auprès de leurs frères autochtones. Qu’on ne s’y méprenne pas. Leur activité n’a rien d’officiel. Si elle ne s’exerce que parcimonieusement au sein de l’université arménienne, au gré d’amitiés respectueuses de leur savoir ou autres, c’est principalement dans des lieux « underground » que viennent les écouter les générations les plus vives du pays, titillées par la nouveauté, une certaine mode ou le bouche-à-oreille.

De fait, c’est un pur produit de la pensée universitaire occidentale qui vient percer la carapace de 70 années de soviétisme dur. En ce sens, l’effort est louable pour autant que les autochtones consentent à se faire violer par l’étrangeté des leçons que leur fournit tel ou tel membre avancé de la diaspora, avec l’illusion probable de rattraper à bon compte un retard intellectuel inexorablement perdu. Et sincèrement, sont dignes d’être salués les efforts pédagogiques de ces conférenciers tout entiers dédiés à ces Arméniens qui n’en finissent pas de souffrir des pathologies de l’enfermement culturel, prisonniers des affres qui accompagnent l’accouchement d’une démocratie minée par les tics et les tocs de l’amour incestueux que les Arméniens se portent à eux-mêmes.

En effet, cette période transitionnelle d’une république soviétique à une république arménienne, allant du même au même, n’aura produit aucune révolution impliquant le passage d’un monde fini à un monde vivant. De fait, si la désoviétisation s’est inscrite dans les surfaces du système, les mentalités ne pouvaient pas changer aussi profondément que l’aurait fait une révolution radicale dans la mesure où la mutation s’est opérée sans douleur, sans chambardement, les acteurs institutionnels de l’ère nouvelle demeurant les purs produits des temps anciens.

C’est que ces acteurs n’ayant pas les outils conceptuels pour reformuler un appareil d’État « soviétisé » ou un système culturel autocentré et narcissique se sont contentés d’adapter le référentiel désuet des années de plomb aux temps qui, pour être nouveaux, sont loin d’être aussi légers qu’une plume. Pour exemple, les professeurs d’université furent reconduits d’une république à l’autre sans opérer de changement tant en matière de pédagogie que de contenu. Si des individus ayant fait des études à l’étranger pouvaient souffler un vent neuf sur le système d’éducation, ils se sont vite heurtés à la léthargie du corps enseignant. Nous pouvons témoigner de cette apathie pour avoir proposé, sans succès, d’introduire les ateliers d’écriture à l’institut Brussov. Autre image d’un changement sans changement, celui des campagnes arméniennes affectées d’une indigence crasse qui diffère plutôt en mal de celle qui sévissait avant l’avènement de la république. Mais le pire se voit à cette sorte de désertification, doublée d’une désertion des mâles partis travailler en Russie ou ailleurs.

De plus, on peut s’étonner que nos amateurs d’idées nouvelles soient mis en demeure d’assimiler en une soirée des concepts qui ont mûri des années durant avant d’entrer dans les universités occidentales, alors qu’au cours de ces mêmes années ils subissaient, eux, le matraquage du marxisme et du léninisme. Pour exemple, Hélène Piralian a dû renoncer à faire traduire ses livres dans la langue du pays tant l’équivalence de ses mots et concepts vers la langue cible faisait défaut.

Dès lors, il peut paraître frustrant à nos conférenciers d’avoir à se censurer dans leur analyse faute de trouver un auditoire qui soit à même de saisir des concepts opérants dans le monde universitaire occidental, mais quasiment inconnus en Arménie. Ce n’est pas que ce public soit inapte aux subtilités d’un discours s’appuyant sur les piliers de l’exégèse occidentale : s’ils n’en possèdent pas les clés c’est avant tout pour la raison qu’ils sont imprégnés par d’autres modes d’intelligibilité du réel.

On mesure ici la vertu de nos conférenciers qui, devant une tâche aussi démentielle peuvent à bon droit démissionner sur des sujets contemporains au point de se cantonner à des thématiques « arméniennes » qui n’ont pour d’autre résultat que celui d’entretenir une forme d’ethnocentrisme tribal. Même des auteurs du milieu arménien les plus « anti-tabou » n’échappent pas au ronron ambiant, lequel est alimenté par le devoir de soumettre leur plume aux impératifs d’une guerre qui mine les esprits à leur insu et expose quotidiennement leurs défenseurs. L’exaltation nationaliste ne favorise guère la pensée, laquelle demeure le luxe des démocraties prospères, aux frontières stabilisées et aux esprits faisant de la connaissance un chemin d’aventure et de découverte.

Pour dire le poids de la guerre sur la culture, il suffit de retenir le débat houleux que le livre de Hovhannès Iskhanian « Jour de démobilisation » a provoqué lors de sa parution en 2012 ( voir ICI). De fait, la société arménienne la plus avant-gardiste est déchirée entre les impératifs de la guerre et les impératifs de la culture, les tenants de la guerre et les tenants de la culture ayant les uns des objectifs de concentration et les autres des objectifs d’ouverture. Cependant, dans un contexte de survie, les poètes n’ont qu’une marge réduite d’expression. C’est peut-être pour cette raison que ni les intellectuels d’Arménie, ni ceux de la diaspora n’osent bousculer les lignes.

Pour autant, nous n’aurons rien lu d’un auteur d’Arménie ni d’un intellectuel de la diaspora qui ressemblerait à l’aveu de Ronit Matalon, romancière israélienne, récemment disparue : «  Ce qui m’inquiète le plus, c’est le fait que ces deux dernières années j’ai commencé à avoir peur d’exprimer mes idées. Ce qui se passe à l’intérieur de la société israélienne me fait plus peur que les couteaux. Plus que des coups de couteau, j’ai peur que l’on ne perde notre démocratie. Et je ne suis pas la seule. Nous commençons à nous méfier les uns des autres. »

Cette peur qui prend sa source à l’intérieur du pays, nos intellectuels conférenciers ne pouvaient l’éluder. Elle constitue la limite en deçà de laquelle ils sont autorisés à parler à leur guise, tandis qu’ils risqueraient gros si leur indignation devant l’état déplorable du pays osait franchir le champ politique qui leur est tacitement imparti. Ce fait, je le comprends. Mais dans ce cas, que reste-t-il à faire sinon à parler pour ne rien dire ou à se taire en guise de protestation. Toujours est-il que nous serions horrifié si l’un de ces intellectuels conférenciers venait à accepter une récompense quelconque pour service rendu à la nation. Un intellectuel, dans ce cas, ça refuse. Sinon, ça collabore.

En 2013, un écrivain de l’intérieur, Lévon Khétchoyan, aujourd’hui disparu, n’avait pas, lui, hésité à franchir les limites de la peur. Voici ce que nous écrivions en mai 2013 à son propos sur notre blog : « Tout arrive, même en Arménie. Il faut se réjouir qu’un écrivain aussi important que Lévon Khétchoyan refuse une récompense offerte par Serge Sarkissian pour protester contre la déplorable situation sociale des Arméniens. Voilà quelqu’un qui en a… Voilà quelqu’un qui ne se contente pas de décrire l’état des campagnes. La pauvreté qu’il côtoie chaque jour l’étouffe. Certes, qui ne la voit cette pauvreté ? Qui ne la déplore ? Ce refus d’une récompense est un acte de courage. Dire non et le montrer, c’est refuser de participer au fléau, d’être de son côté en tout cas. Voilà un acte de compassion active qui va déplaire à plus d’un collabo qu’il soit d’Arménie ou de la diaspora. Car c’est aussi aux optimistes et aux idéalistes de la diaspora que ce refus s’adresse. Que faites-vous pour enrayer cette pauvreté qui fait honte à tout le peuple arménien ? » Ce jour-là les Arméniens semblaient avoir une conscience. Conscience non du moi collectif, mais de l’Autre.

Dans ce cas, comment comprendre l’Arménie ? Entité abstraite et idéologique ou pays où tentent de vivre des hommes de chair et de sang ?

 

(à suivre)

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30 décembre 2017

Grandeur et misère des intellectuels arméniens (1)

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Qu’allait-il faire dans cette galère, le romancier Émile Zola, en publiant le fameux « J’accuse », à la une du journal L’Aurore le 13 janvier 1898 ?

Il défendait un homme.

Le capitaine Alfred Dreyfus, injustement accusé de trahison.

Zola le défendra comme d’autres plus tard auront défendu d’autres victimes au détriment de leur confort intellectuel et matériel. Certains, dans les moments les plus noirs de la répression soviétique, chercheront à sauver Sergeï Paradjanov comme d’autres aujourd’hui, dans ces moments les plus noirs de la répression turque, restent solidaires d’Osman Kavala.

En son temps, Maurice Barrès traitera les anti-dreyfusards d’ « intellectuels », avec tout le mépris que suppose l’attitude d’un auteur mettant momentanément sa plume au service d’une chose qui ne le regarde pas.

De fait, au service d’un homme dépouillé de sa vérité et affublé des oripeaux de la trahison.

Or, de péjoratif qu’il était, le mot « intellectuel » va acquérir, au fil du temps et des injustices, ses lettres de noblesse.«  Spectateur engagé » pour Raymond Aron, l’intellectuel sera aux yeux de Jean-Paul Sartre justement « quelqu’un qui se mêle de ce qui ne le regarde pas ». C’est que l’intellectuel peut rester un temps spectateur des injustices, mais il ne peut le faire tout le temps sans trahir sa conscience. Vient le jour où il doit quitter sa tour d’ivoire et pénétrer dans l’arène de la rue, crotter ses bottes, souiller sa plume et donner de la voix.

Vient le jour où l’intellectuel penché sur le passé pour en semer les leçons sur un monde « tel qu’il ne va pas mais devrait aller » éprouve le besoin d’ouvrir ses fenêtres pour entendre la rue, ouvrir sa porte et ajouter sa voix à celle des autres. Les autres ? Ceux qui souffrent d’être ignorés ou qu’on maintient dans l’ignorance de leur malheur.

Ce qui veut dire, qu’on ne s’y méprenne pas, qu’un intellectuel, s’il est honnête homme, aura pour tâche de rendre par ses textes le présent intelligible. Et à ce titre, il utilise les grilles du passé pour les appliquer au monde contemporain afin d’aider les profanes à mieux voir ce qu’ils sont et où ils vont. En d’autres termes, l’intellectuel permet à la conscience politique de chacun de s’éveiller et de grandir. Le monde n’avancerait donc que si l’intelligence du monde mute en conscience politique.

Seulement voilà : si l’intellectuel s’aime, il s’enferme dans sa recherche. Mais si l’intellectuel sème, il devient producteur de conscience. Dans le premier cas, son exercice consiste à rendre le monde actuel plus transparent en s’appuyant sur celui d’hier. Dans le second, il met sa parole au service des actes destinés à libérer la société.

Mais comme dit Camus, il faut savoir de quel côté du fléau on doit se trouver.

De fait, il y a deux catégories d’intellectuels : l’intellectuel de l’intelligibilité et l’intellectuel de la compassion. Sartre aussi bien que Camus réussirent à pratiquer les deux, sachant que Sartre était beaucoup plus un intellectuel de l’intelligibilité au risque d’une certaine radicalité, tandis que Camus était un intellectuel de la compassion au risque des frustrations et contradictions que cela suppose. Mais au moins l’un et l’autre étaient « engagés » dans le monde pour autant qu’ils pouvaient l’être.

( Précisons que l’intellectuel n’est pas forcément un homme qui s’occupe des choses de l’esprit. Dès lors que nous nous exprimons en citoyen responsable, que nous nous mêlons de ce qui ne nous regarde pas, que nous ajoutons du sens à la conscience des autres, nous agissons en intellectuel. Le cas le plus emblématique est celui d’Yves Montant qui ne s’interdira pas d’interpeller les dirigeants soviétiques sur l’invasion de la Tchécoslovaquie et qui, en rupture avec le communisme naïf de ses origines, seul ou avec des intellectuels de profession, soutiendra les réfugiés du Chili ou militera pour les droits de l’homme en s’engageant en faveur du syndicat Solidarnosc de Lech Walesa)

 

( à suivre) 

28 décembre 2017

Attention : un chat peut en cacher un autre

Filed under: ARTICLES — denisdonikian @ 6:51
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Le film «  Kedi – des chats et des hommes » de Ceyda Torun serait magnifique s’il ne cachait un sous-entendu.

Ce qui est entendu, c’est que les chats sont magnifiques par nature. Ce sont de grands acteurs impassibles, menant leur vie de chat plutôt que la jouant, et indifférents à la caméra qui les suit ou les harcèle. En fait, ici ce sont des acteurs qui ont pour mission, selon le réalisateur, de montrer comme les Turcs d’Istanbul les aiment et s’en inspirent. Dans ce film, on n’aura jamais autant parlé du mystère des chats, de leur fonction thérapeutique, de leurs ondes positives, et surtout de la tolérance qu’ils enseignent aux hommes.

L’autre acteur de ce film, c’est Istanbul. Les chats et les Stambouliotes vivent en osmose. C’est une sorte d’entente sanitaire qui s’est établi entre eux. Mais plus qu’une entente, un partenariat. Les chats apportent aux Stambouliotes une sorte de sérénité, je dirais même d’humanité, et les Stambouliotes apportent aux chats de la nourriture.

En fait, les chats servent de faire-valoir aux Turcs. Le cinéaste réussit habilement à affubler les chats d’une sorte de mission sacrée, celle de valoriser les Turcs, surtout dans un moment de l’histoire où les Turcs ne brillent pas dans le monde par leur générosité démocratique. Qu’à cela ne tienne, je pense que les Turcs qui «  jouent » dans ce film avec les chats ne sont pas des acteurs jouant la comédie du bonheur, mais des personnes vivantes et sincères.

Et pourtant ce qui gène, c’est le côté propagandiste du film qui a tendance à prendre les spectateurs avertis pour des gogos.

Personnellement, j’ai du mal à oublier comment en 1910, les chiens de Constantinople furent abandonnés sans eau ni nourriture sur l’îlot d’Oxia, «la Pointue» (que les Turcs surnomment «l’île qui porte malheur»), pour qu’ils s’entredévorent. Certains voient dans ce nettoyage canin la préfiguration du génocide de 1915. En effet, un Arménien a du mal à croire que la tolérance dont les Turcs seraient animés dans ce film, (qui ose même dire « l’amour des autres » ) aurait eu ses limites, hier en massacrant les Arméniens, aujourd’hui en poussant les Kurdes vers la sortie par la peur et par le sang.

En ce sens, ce film sonne faux si tant est qu’on se réfère à l’histoire. Sans parler des Turcs eux-mêmes qui ont subi par milliers les purges récentes.

Les chats seraient-ils plus chanceux que les hommes ? Il est vrai qu’ils ne se laissent pas faire. Ils griffent, ils savent se cacher et ils sont agiles. Et pourtant ils ne parlent pas. Les Turcs aiment ceux qui ne parlent pas. Sinon ils leur arrachent la langue avant de leur arracher la vie.

 

22 décembre 2017

Du Prozac dans le saumon

Filed under: ARTICLES — denisdonikian @ 2:34

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Elevage de saumon

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Chère lectrice, cher lecteur,

Faut-il croire que le saumon est un poisson triste, déprimé, qui traîne ses idées noires dans des bassins d’élevage surpeuplés ?

Remarquez, quand on voit l’environnement des fermes d’élevage, il y a de quoi avoir le blues :

Voilà une « hypothèse » qui expliquerait pourquoi des chercheurs ont trouvé récemment… des traces d’antidépresseur (Prozac) en faisant des prélèvements sur des saumons du Pacifique, au nord-ouest des Etats-Unis [1].

Des saumons élevés au Prozac ??? Tout va très bien, madame la Marquise…

Effrayant cercle vicieux

En réalité, les chercheurs n’ont pas juste relevé des traces de Prozac dans les tissus de ces poissons.

Ils ont trouvé 40 différents produits chimiques parmi lesquels la Metformine, un antidiabète, ou encore un biocide comme le Triclosan, largement utilisé dans les produits de soin (savons, déodorants, dentifrice etc.), le tout à des niveaux qui pourraient « altérer le développement, la reproduction et le comportement » des saumons.

Mais comment est-ce possible ?

Il s’agit en fait de médicaments consommés par l’homme, qui sont rejetés dans les eaux usées et qui finissent par se retrouver dans la mer, l’écosystème des saumons [2].

Des études passées ont déjà montré que des résidus de médicaments dans les eaux usées ingérées par les poissons (notamment des anxiolytiques), entraînent chez eux de profonds bouleversements du comportement comme une activité accrue, une sociabilité réduite et une plus grande voracité [3].

Pour résumer, la déprime de l’être humain entraîne celle du poisson, poisson qui se retrouve finalement dans notre assiette où sa consommation accentue encore un peu son effet déprimant sur notre santé…

La boucle est bouclée. Et les conséquences, d’après les chercheurs, peuvent être « graves et durables ».
Choses désagréables à savoir sur le poisson

À tel point que dans certaines régions particulièrement polluées, les autorités conseillent ouvertement de ne pas manger trop de poisson pêché localement.

C’est le cas notamment dans le Kentucky, aux Etats-Unis, où la Direction de la santé publique a mis en garde récemment contre la consommation de poissons pêchés dans les lacs et rivières de l’Etat.

En cause ici, la pollution au mercure provenant des centrales électriques qui se déplace à travers l’air et se dépose dans l’eau.

Résultat : les scientifiques ont comptabilisé que plus d’un quart des poissons y contenaient du mercure à des niveaux dépassant le critère de dangerosité pour la santé humaine.

À des doses de mercure supérieures à la moyenne (plus de 5 µg/L), les fonctions cérébrales telles que le temps de réaction, le jugement et la parole peuvent être altérées. À des expositions très élevées (supérieures à 15 µg/L), le mercure peut affecter votre capacité à marcher, à parler, à penser et voir clairement.

Les risques sont encore plus forts chez les enfants et les femmes enceintes, avec plus de fausses couches si elles mangent des fruits de mer contaminés au mercure. Manger des aliments contaminés au mercure peut même modifier les chromosomes.

La situation, évidemment, n’est pas limitée aux rivières et mers des Etats-Unis.

D’autres chercheurs ont fait le même constat dans de nombreux endroits du monde. La liste des poissons à éviter en raison de leur teneur en polluants n’en finit plus de s’allonger ; avec le saumon d’élevage, on trouve aussi :
requins, lamproies, espadons, baudroies ou lottes, loup de l’Atlantique, bonite, anguille et civelle, empereur, hoplostète orange ou hoplostète de Méditerranée, grenadier, flétan de l’Atlantique, cardine, mulet, brochet, palomète, capelan de Méditerranée, pailona commun, raies, grande sébaste, voilier de l’Atlantique, sabre argent et sabre noir, dorade, pageot, escolier noir ou stromaté, rouvet, escolier serpent, esturgeon et thons [4].

  1. On mange quoi, alors ?

C’est tout ? Mais on mange quoi alors ?

D’abord, on peut commencer par ne pas jeter tous les saumons dans le même panier. Le saumon d’Alaska et le saumon rouge sauvage ne sont jamais issus d’élevage, et leur teneur en oméga-3 est excellente.

Le risque de contamination du saumon d’élevage est plus faible, en raison d’un cycle de vie plus court (environ 3 ans).

Vous pouvez aussi vous intéresser aux petits poissons gras, comme les sardinesmaquereaux, harengs ou anchois.

Souvent, les gens croient qu’ils n’aiment pas ça, mais c’est parce qu’ils ne connaissent pas les bonnes recettes ou parce qu’ils n’ont pas été habitués à en manger, surtout les plus jeunes.

Ces petits poissons sont pourtant très intéressants car ils sont les plus riches en acides gras oméga-3, qui offrent d’innombrables bienfaits pour la santé [5]. Ils contiennent aussi d’intéressants apports de vitamine D, de sélénium, de phosphore et de protéines de haute qualité.
Les petits poissons rendent intelligent

Les oméga-3 des petits poissons sont riches en DHA (acide docosahéxaéonique), indispensable au fonctionnement du cerveau : 97 % des 14 % d’oméga-3 contenus dans le cerveau sont du DHA. Il participe à la transmission de l’influx nerveux entre les neurones.

Ils permettent de ralentir le déclin cognitif avec l’âge. Le DHA a aussi des fonctions non spécifiques qui lui permettraient également de contribuer à un effet protecteur contre les maladies neurodégénératives, c’est-à-dire la maladie d’Alzheimer, le Parkinson, la sclérose en plaques et bien d’autres.

Mais ce n’est pas tout :

Les petits poissons améliorent la vue : un taux élevé de DHA limiterait de 68 % le risque de dégénérescence maculaire liée à l’âge. Dans la rétine, 93 % des oméga-3 sont du DHA [6].

Ils améliorent fortement le sommeil des enfants : une nouvelle étude de l’Université d’Oxford indique que des niveaux élevés de l’acide gras oméga-3 DHA sont associés à un meilleur sommeil chez l’enfant et qu’un supplément d’oméga-3 chez les enfants qui dorment mal favorise le sommeil.

Les enfants qui ont pris des oméga-3 ont dormi près d’une heure (58 minutes) de plus et ont eu 7 fois moins d’épisodes d’éveil par nuit que les enfants qui prenaient un placebo.

Enfin, des études montrent que les acides gras oméga-3 présents dans les poissons gras diminuent le risque d’infarctus. Il y a plus de 30 ans, on avait déjà remarqué que les Esquimaux et les Japonais (notamment les habitants de l’île d’Okinawa), gros consommateurs de poissons, avaient très peu d’infarctus du myocarde.
Les petits poissons aiment les femmes enceintes

Point particulier qui concerne les femmes enceintes.

Le DHA est un constituant essentiel des membranes des cellules nerveuses et il est nécessaire à la maturation du cerveau, du système nerveux et de la rétine du fœtus. Près de 70 % de la fabrication du cerveau a lieu durant les 3 derniers mois de grossesse et il faut particulièrement surveiller les apports durant cette période.

Mais les réserves maternelles d’acides gras avant la conception ont aussi leur importance, elles sont lentes à se constituer et seront transférées en majeure partie au bébé. Si elles ne sont pas suffisantes, la maman pourrait se trouver après l’accouchement avec un taux très bas, favorisant le risque de dépression post-partum [7]…

Lors de la grossesse, les végétariennes ou les femmes qui ne mangent pas de poisson doivent impérativement prendre un complément alimentaire d’oméga-3 (issus de poissons ou d’algues pour les végétariens), ces derniers étant tous filtrés pour éliminer 90 % des polluants.

Julien Venesson, rédacteur en chef d’Alternatif Bien-Être, le journal de référence sur la nutrition, conseille un apport minimal de 300 mg par jour de DHA, avec un apport idéal plutôt situé autour de 600 mg minimum.

Infos Produits 

OM3 9 mois (isodisnatura) : 01 56 62 41 92 – www.isodisnatura.fr
Omegabiane DHA (Pileje) : 02 40 83 86 37 – www.commander-pileje.fr
Oméga-3 végétal (Finndal) : 08 05 11 19 43 – www.flinndal.fr
Formule Oméga-3 (EPA + DHA + ALA) des laboratoires Cellinov www.cellinnov.com

Santé !

Gabriel Combris

14 décembre 2017

Evitez de passer le 25 décembre à l’hôpital 

Filed under: ARTICLES — denisdonikian @ 9:33

Par Xavier Bazin
Cher(e) ami(e) de la Santé,

Noël approche à grands pas, avec ses repas de fête copieux et bien arrosés.

Parfois, cela donne mal de crâne… et dans ce cas, le réflexe de la plupart des Français, c’est de soulager la douleur par un Doliprane (ou Dafalgan).

Et pourtant, ce simple geste peut vous envoyez à l’hôpital, si vous forcez sur la dose.

Si vous avez le malheur de combiner le paracétamol du Doliprane et l’alcool, les résultats peuvent être dramatiques.

Cela peut détruire totalement votre foie et vous obliger à en obtenir un nouveau !

Dans les services de transplantation du foie en Grande-Bretagne, les deux tiers des patients étaient là à cause d’un excès de paracétamol. La plupart du temps, ils avaient aussi abusé sur l’alcool. [1]

L’alcool et le Doliprane peut aussi malmener terriblement vos reins.

En cas de mélange, vous avez 120 % de risque en plus d’avoir de graves problèmes rénaux… même si la dose d’alcool est modérée ! [2]

Donc vous avez compris : évitez soigneusement le Doliprane pendant les fêtes.

Mais évitez-le aussi EN DEHORS de fêtes !

Car là où le paracetamol fait le plus de victimes, c’est chez ceux qui en prennent très régulièrement.

Si vous en prenez trop souvent, vous risquez tout simplement… la mort !

Une grande étude publiée dans le British Journal of Clinical Pharmacology l’a révélé de manière éclatante. [3]

Parmi des patients dont le foie était sévèrement endommagé, ceux qui avaient consommé chaque jour un peu trop de paracétamol avaient plus de risque de mourir que ceux qui avaient été hospitalisés pour un seul surdosage grave.

Ces pauvres malades voulaient calmer leurs douleurs chroniques… et à cause du Doliprane, ils se sont retrouvés dans un service de transplantation, à attendre la greffe d’un nouveau foie… qui arrive parfois trop tard.

Et si vous vous dites qu’il « suffit » de respecter les doses maximales autorisées pour être tranquille, détrompez-vous !

D’après une revue d’études publiée dans Annals of the Rheumatic Diseases, la prise de paracétamol aux doses conseillées augmente de 23 % le risque de mortalité ! [4]

Les mêmes chercheurs ont aussi découvert que les femmes qui prennent plus de 15 comprimés par semaine ont plus de crises cardiaques : leur risque est augmenté de 63 % !

Or 15 comprimés par semaine, c’est encore moitié moins que le maximum autorisé !

Bref, le Doliprane n’est clairement pas cette « pilule inoffensive » qu’on vous a longtemps présentée.

Et si vous avez encore le moindre doute, voici d’autres effets indésirables très inattendus, découverts tout récemment :

Saignements gastriques, asthme, surdité, fertilité… et insensibilité !

On a cru pendant longtemps que le Doliprane ne posait pas de souci à l’estomac. C’était d’ailleurs un gros avantage par rapport aux anti-inflammatoires classiques (aspirine, Ibuprofène…), dont on sait qu’ils peuvent provoquer des brûlures d’estomac et des saignements.

Eh bien figurez-vous que cet « avantage » du paracétamol n’est pas si clair que cela.

Dans une étude récente, des patients ont pris soit du paracétamol, soit de l’Ibuprofène pendant 13 semaines. Sans surprise, au bout de 13 semaines, une petite partie des patients sous Ibuprofène avait perdu l’équivalent d’une unité de sang, probablement à cause de saignements digestifs.

Mais la perte de sang était exactement la même chez ceux qui avaient pris du Doliprane, preuve qu’il cause des dégâts digestifs ! [5]

Et je n’ai toujours pas fini. Voici les autres risques du paracétamol découverts récemment :

  • Il peut rendre sourd ! Si vous êtes une femme, il suffit d’en prendre 2 fois par semaine pendant 6 ans pour augmenter votre risque de surdité de près de 10 % ! [6] (Même chose pour l’Ibuprofène, mais pas l’aspirine.) ;
  • Il peut rendre votre enfant asthmatique : s’il en prend régulièrement avant l’âge de 3 ans, son risque d’asthme augmente de 29 % ; [7]
  • Chez la femme enceinte, le paracétamol est à éviter fortement : non seulement il augmente le risque d’asthme de l’enfant, mais il accroît aussi son risque de troubles du comportement et d’hyperactivité[8], ainsi que d’infertilité et de cancer des testicules chez les garçons [9] ;

Et comme si cela ne suffisait pas, le paracétamol s’en prend aussi à votre cerveau :

Il suffit d’en prendre 1 000 mg pour que votre empathie baisse : vous devenez subitement moins sensible à la souffrance de ceux qui vous entourent ! [10]

Vous voyez qu’il faut vraiment l’éviter !

Si le paracétamol était une plante chinoise ou un remède naturel… il serait interdit et pourchassé depuis longtemps… les médias nous abreuveraient de messages pour dire à quel point sa consommation est dangereuse et déconseillée…

…et si un naturopathe avait le malheur de le prescrire à un malade, il serait immédiatement traîné en justice, accusé d’être un meurtrier en puissance.

Mais parce que c’est un médicament, il est autorisé en vente libre !!!

Heureusement, certains pays commencent à réagir :

Enfin, une prise de conscience en Amérique et en Suède !

Aux États-Unis, la FDA (l’équivalent de notre « agence du médicament ») l’a récemment avoué : près de 100 000 Américains sont victimes chaque année d’une intoxication au paracétamol… et 450 d’entre elles n’en réchappent pas. [11]

Les autorités canadiennes ont fait un pas de plus : en 2015, elles ont lancé une grande réflexion officielle sur la prescription du paracétamol. Voici ce que vous pouvez lire sur le site du ministère de la santé canadien :

« Le paracétamol (acétaminophène) est la principale cause de graves lésions du foie, y compris l’insuffisance hépatique aiguë, dans de nombreux pays, dont le Canada, les États-Unis, le Royaume-Uni et l’Australie. »

Malgré ce diagnostic sans appel, le Canada n’a toujours pas pris la moindre mesure.

Mais la Suède, elle, a commencé à prendre le sujet à bras le corps.

D’abord, les Suédois ont décidé de retirer le paracétamol des supermarchés, en novembre 2015. Il faut dire qu’entre 2006 et 2013, le nombre d’hospitalisations causées par ce médicament avait été multiplié par deux. [12]

Puis, en octobre 2016, les autorités suédoises ont interdit aux mineurs d’acheter plus d’une boîte à la fois. Quant aux adultes, ils recevront désormais un avertissement systématique, sous la forme de « conseils d’utilisation ».

Et en France ?

Rien…

Pas de miracle à attendre en France – alors agissez !

Il faut dire que le paracétamol est le NUMÉRO 1 des ventes en pharmacie.

On en trouve dans le Doliprane, bien sûr, mais aussi le Dafalgan et l’Efferalgan, ou encore ActifedHumexFervexProntalgine, etc…

En nombre de boîtes, c’est le médicament le plus vendu en France, de très loin, avec la bénédiction de notre système médical.

Au total, les multinationales pharmaceutiques gagnent plus de 6 milliards de dollars avec ce produit. [13]

Alors que faire ? Le boycott, bien sûr !

Evitez soigneusement le paracétamol en cas de mal de crâne – il y a bien mieux à essayer, sans effet secondaire.

Evitez-le aussi pour soigner des lombalgie ou des douleurs articulaires, c’est peu ou pas efficace. [14] [15]

Et évitez le en cas d’état grippal, car il est mauvais de faire tomber la fièvre – la fièvre est produite par votre corps pour tuer le germe qui a envahit votre organisme !

Evidemment, si vous ne prenez qu’un ou deux comprimés de Doliprane tous les 2 ou 3 mois, vous ne risquez pas grand-chose, bien sûr.

Des alternatives naturelles efficaces et sans danger

Mais même dans ce cas, il y a tout de même mieux à faire !

J’ai déjà beaucoup écrit sur le sujet, mais je vous rappelle que :

  • En cas de mal de tête, l’aspirine est nettement plus efficace que le paracétamol, mais il existe aussi des alternatives naturelles qui font moins de dégâts à l’estomac, comme l’huile essentiellede lavande vraie ou de menthe poivrée ;
  • La douleur est presque toujours liée à l’inflammation. Or le curcumaet le gingembre sont d’excellents anti-inflammatoires naturels, qui réduisent très efficacement la plupart des douleurs. [16] [17] [18] Commencez toujours par cela avant de prendre quelque chose de plus fort !
  • Contre l’arthrose, la glucosamine et chondroïtined’un côté, et l’harpagophytum réduisent aussi efficacement les douleurs que les médicaments anti-inflammatoires.
  • Des huiles essentiellescomme l’Eucalyptus citronné ou la Gaulthérie couchée font des merveilles pour lutter contre les douleurs générales dentaires, musculaires, règles douloureuses, état grippal… quelques gouttes suffisent pour vous soulager rapidement !

Voilà les bons remèdes pour éviter de passer un lendemain de Noël… à l’hôpital.

Avouez que cela gâche un peu la fête !

Bonne santé,

Xavier Bazin

PS : Si cette lettre vous a convaincu, transmettez-là autour de vous, et partagez-là un maximum sur Facebook !

Nous avons tous des proches qui prennent du paracétamol, et ils ont le droit de connaître la vérité !

 

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Sources 

[1] Darren G. N. Craig, Caroline M. Bates, Janice S. Davidson, Kirsty G. Martin, Peter C. Hayes & Kenneth J. Simpson Staggered overdose pattern and delay to hospital presentation are associated with adverse outcomes following paracetamol induced hepatotoxicity British Journal of Clinical Pharmacology Volume 73, Issue 2, Article first published online: 6 JAN 2012
[2] Relationship of acetaminophen and alcohol usage to renal dysfunction: An opportunity for health promotion/education in chiropratic. Think Global. Harrison T. Ndetan et all, Novembre 2013

[3] Craig DG, Bates CM, Davidson JS, Martin KG, Hayes PC, Simpson KJ. Staggered overdose pattern and delay to hospital presentation are associated with adverse outcomes following paracetamol-induced hepatotoxicity. Br J Clin Pharmacol. 2012 Feb;73(2):285-94. doi: 10.1111/j.1365-2125.2011.04067.

[4] Emmert Roberts, Vanessa Delgado Nunes, Sara Buckner, Susan Latchem, Margaret Constanti, Paul Miller, Michael Doherty, Weiya Zhang, Fraser Birrell, Mark Porcheret, Krysia Dziedzic, Ian Bernstein, Elspeth Wise, Philip G. Conaghan. Paracetamol: Not as Safe as We Thought? A Systematic Literature Review of Observational.Ann Rheum Dis doi:10.1136/annrheumdis-2014-206914.

[5] Michael Doherty, Chris Hawkey, Michael Goulder, Iain Gibb, Nicola Hill, Sue Aspley, Sandie Reader. A Randomised Controlled Trial of Ibuprofen, Paracetamol or a Combination Tablet of Ibuprofen/Paracetamol in Community-Derived People with Kneepain. Ann Rheum Dis 2011;70:1534-1541 doi:10.1136/ard.2011.154047.

[6] American Journal of Epidemiology December 14 2016 DOI: 10.1093/aje/kww154 Duration of Analgesic Use and Risk of Hearing Loss in Women

[7] Paracetamol use in pregnancy and infancy linked to child asthma

[8] Association of Acetaminophen Use During Pregnancy With Behavioral Problems in Childhood. Evidence Against Confounding. E. Stergiakouli et al. JAMA Pediatrics, août 2016. doi:10.1001/jamapediatrics.2016.1775

[9] S. van den Driesche, J. Macdonald, R. A. Anderson, and al. Prolonged exposure to acetaminophen reduces testosterone production by the human fetal testis in a xeno- graft model. Science Translational Medicine, 2015; 7 (288): 288ra80

[10] Mischkowski D., Crocker J., Way B.M. From Painkiller to Empathy Killer: Acetaminophen (Paracetamol) Reduces Empathy For Pain. Soc Cogn Affect Neurosci. 2016 May 5.

[11] Paracétamol hors officines : une expérience douloureuse en Suède. JIM. Octobre 2014

[12] Pourquoi la Suède retire le paracétamol des supermarchés. Léa Galanopoulo. Avril 2015 Allodocteurs.fr

[13] Top 20 generic molecules worldwide. By Eric Palmer FiercePharma

[14] Ahebkar A., Henrotin Y. Analgesic Efficacy and Safety of Curcuminoids in Clinical Practice: A Systematic Review and Meta-Analysis of Randomized Controlled Trials. Pain Med. 2016 Jun;17(6):1192-202.

[15] Khayat S., Fanaei H., Kheirkhah M., Moghadam Z.B., Kasaeian A., Javadimehr M. Curcumin Attenuates Severity of Premenstrual Syndrome Symptoms: A Randomized, Double-Blind, Placebo-Controlled Trial.

[16] Kuptniratsaikul V., Dajpratham P., Taechaarpornkul W., Buntragulpoontawee M., Lukkanapichonchut P., Chootip C., Saengsuwan J., Tantayakom K., Laongpech S. Efficacy and Safety of Curcuma Domestica
Extracts Compared with Ibuprofen in Patients with Knee Osteoarthritis: A Multicenter Study. Clin Interv Aging. 2014 Mar 20;9:451-8. doi: 10.2147/CIA.S58535. eCollection 2014. [22] C. Black, P. O’Connor. Short Term Effects of 2-Grams of Dietary Ginger on Muscle Pain, Inflammation and Disability Induced by Eccentric Exercise. The Journal of Pain, vol. 9, issue 4, p25.

[17] Efficacy and safety of paracetamol for spinal pain and osteoarthritis : systematic review and meta-analysis of randomised placebo controlled trials. BMJ 2015. Gustavo C Machado. Pas mieux qu’un placebo, donc… mais beaucoup plus dangereux. Les auteurs révèlent que les patients sous paracétamol ont été 4 fois plus nombreux à se retrouver avec des analyses sanguines inquiétantes pour leur foie…. alors même qu’ils avaient pris des doses « normales ». Par ailleurs, une autre étude contrôlée confirme l’inefficacité totale du paracétamol contre le mal de dos : http://www.thelancet.com/journals/lancet/article/PIIS0140-6736(14)60805-9/abstract.

[18] Effectiveness of non-steroidal anti-inflammatory drugs for the treatment of pain in knee and hip osteoarthritis : a network meta-analysis. Bruno R da Costa. The Lancet. Mars 2016

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11 décembre 2017

Entretien avec Samuel Totten, chercheur et militant anti-génocide

Filed under: ARTICLES,Uncategorized — denisdonikian @ 5:12

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© Routledge, 2012

« Une question de conscience » :

entretien avec Samuel Totten, chercheur et militant anti-génocide

par Aram Harumi

The Armenian Weekly, 18.08.2017

*

Avec l’aimable autorisation de Georges Festa pour la traduction.

Voir ICI  l’article sur  le blog de Georges Festa : Armenian Trends

*

Samuel Totten, universitaire américain, est sans doute plus connu pour ses recherches sur le génocide. La plupart des gens ignorent cependant son action sur le terrain contre le génocide.

« Le génocide au Darfour a eu sur moi un impact à la fois proche et personnel, » nous précise Totten lors d’un récent entretien. Durant l’été 2004, Totten a fait partie des 24 enquêteurs du United States Atrocities Documentation Project [Programme de Documentation des Etats-Unis sur les Atrocités], qui avait pour but d’interviewer des survivants sur leur vécu lors des attaques perpétrées par les troupes du gouvernement soudanais et les janjawids (milices mercenaires) contre les populations africaines noires du Darfour.

Quatre ans plus tard, lors d’une brève étape à Nairobi, une rencontre fortuite l’a amené à se rendre dans les Monts Nouba pour la première fois. Il fait alors la connaissance de gens qui ont survécu au génocide dit « d’usure » des populations des Monts Nouba durant les années 1990.

Suite à cette première visite, Totten est revenu à plusieurs reprises dans la région afin d’interviewer des survivants. Puis, lorsque la guerre éclata entre le gouvernement du Soudan et les rebelles Nouba (Mouvement Populaire de Libération du Soudan – Nord) en juillet 2011, les missions de Totten dans les Monts Nouba prirent un tournant dramatique, passant de la conduite d’interviews à la mise en œuvre d’opérations humanitaires.

Les missions de Totten dans les Monts Nouba sont toujours en cours. « Ni les Nations Unies, ni leurs agences, ni les organisations non gouvernementales n’apportent quelque aide ou protection que ce soit, quasiment rien, » déclare-t-il. « Je ressens une obligation de maintenir le cap sur les Monts Nouba. Ne pas le faire serait abandonner le peuple Nouba à son sort. »

Aram Harumi a récemment rencontré Totten pour The Armenian Weekly afin d’en savoir plus sur son action dans les Monts Nouba. Ci-dessous leur entretien dans son intégralité.

***

– Aram Harumi : Tout d’abord, pourquoi cet intérêt pour les études sur le génocide ?

– Samuel Totten : C’est une très longue histoire, en fait, que j’ai présentée, du moins en partie, dans deux études différentes dans deux ouvrages différents : Pioneers of Genocide Studies, édité par Samuel Totten et Steven Jacobs (Transaction Publishers, 2002), et Advancing Genocide Studies (Transaction Publishers, 2015). Ces études s’intitulent « Une question de conscience » et « Une question de conscience : 2ème partie. »

En résumé, cet intérêt est né de mes recherches sur les prisonniers d’opinion avec Amnesty International (AI). L’élément déclencheur a été un article de Rose Styron, grande militante des droits de l’homme et épouse du romancier William Styron, décédé depuis (auteur d’œuvres de fiction comme Les confessions de Nat Turner1 et Le choix de Sophie2, parmi bien d’autres). Le texte de Rose Styron s’intitulait simplement « Torture in Chile » [La torture au Chili].3 Diplômé depuis peu de l’université, me considérant assez bien informé, j’étais a) abasourdi, stupéfait de voir que la torture qu’elle décrivait était une réalité dans de nombreuses parties du monde, et même omniprésente; b) horrifié par le côté atroce de la torture et le fait que certains gouvernements y soumettaient leurs propres citoyens et de soi-disant ennemis au nom de la sécurité nationale; et c) honteux d’admettre que j’ignorais à ce point ce qui se passait à travers le monde. C’est cet article, en fait, qui a décidé de mon engagement et de ma carrière dans le domaine des droits de l’homme et des études sur le génocide.

Après avoir exercé durant deux ans (1976-1978) des missions avec AI en Australie et plusieurs années avec des bénévoles d’AI au Népal, en Israël et aux Etats-Unis, j’ai eu la chance de me lier d’amitié avec le docteur Israël W. Charny, professeur de psychologie de l’université de Tel Aviv, reconnu maintenant comme l’un des doyens des études sur le génocide. A l’époque, j’enseignais l’anglais à la Walworth Barbour American International School en Israël. Son fils y était élève et un de ses professeurs avait parlé à Charny de mon engagement dans les droits de l’homme. Charny travaillait alors sur son premier ouvrage consacré au génocide et, durant le reste de mon année en Israël, nous avons commencé à parler du génocide.

A mon retour aux Etats-Unis, Charny m’a demandé de collaborer à un chapitre de ce qui allait devenir le premier volume de la collection Genocide: A Critical Bibliographic Review.4Ma contribution s’avéra si détaillée et si longue que Charny, au lieu de la rejeter comme tant d’éditeurs l’auraient fait – ou, du moins, auraient insisté pour que j’en enlève les trois-quarts – me conseilla de la revoir et ainsi d’en faire trois chapitres.

A ce moment-là, j’avais obtenu mon doctorat à l’université Columbia et je m’apprêtais à intégrer une fac. Parallèlement, je me disais : « Des milliers et des milliers de gens à travers le monde s’attaquent au problème des violations des droits de l’homme, mais, paradoxalement, seule une poignée s’attaque à la question du génocide. » En fait, c’est cette prise de conscience qui m’a conduit à écrire mon premier livre sur le génocide et, ce faisant, devenir un autodidacte concernant la théorie du génocide, l’histoire du génocide, les cas particuliers de génocide, les questions de la prévention et de l’intervention en cas de génocide, etc. C’était en 1987.

– Aram Harumi : En quoi le génocide du Darfour t’a-t-il influencé ?

– Samuel Totten : Le génocide du Darfour m’a touché de près et personnellement. Durant l’été 2004, j’ai fait partie des 24 enquêteurs du Projet de Documentation des Etats-Unis sur les Atrocités [United States’ Atrocities Documentation Project], chargé notamment d’interviewer des survivants sur leur vécu, victimes de la stratégie de la terre brûlée pratiquée par les troupes gouvernementales du Soudan et les janjawids (milices mercenaires) contre les populations africaines noires du Darfour.

Avec mon collègue, un avocat du Département de la Justice des Etats-Unis, j’ai interviewé 49 survivants. Chaque entretien durait de une heure et demie à deux heures, et ils entraient dans tous les détails, même les plus horribles, des attaques : les viols collectifs visant les jeunes filles (parfois âgées de 8 ans) et les femmes noires africaines; l’empalement et le meurtre de nourrissons noirs sous les yeux de leurs mères; l’immolation des Africains noirs âgés incapables de fuir leurs toukouls (cases circulaires), après avoir été enflammés; les fusillades, les coups et les tortures infligées aux Africains noirs qui tentaient de fuir l’attaque. Huit heures par jour, sept jours sur sept, nous avons mené ces entretiens. Souvent je devais me mordre les lèvres pour cacher mon émotion face à ces survivants, mes interlocuteurs. Ma colère était telle que j’avais envie de m’en prendre personnellement aux perpétrateurs.

Je me suis saisi de cette rage et je l’ai canalisée en travaillant sans cesse (en menant des enquêtes de terrain dans les camps de réfugiés le long de la frontière entre le Tchad et le Darfour, celle du Soudan et, plus récemment (depuis 2010), dans les Monts Nouba au Soudan; en écrivant et en publiant plus de 50 contributions pour des journaux à travers le monde; en écrivant et en publiant cinq livres, deux sur le Darfour et trois sur les Monts Nouba; en donnant des conférences aux Etats-Unis et en Europe sur le calvaire des populations du Darfour et des Monts Nouba; et, plus récemment (depuis 2012), en faisant parvenir de la nourriture à ces mêmes populations qui souffrent de malnutrition sévère et de famine dans les Monts Nouba).

– Aram Harumi : Plus précisément, qu’as-tu appris des Monts Nouba ?

– Samuel Totten : Suite à mon action avec le Projet de Documentation sur les Atrocités, en juillet et en août 2004, j’avais très envie de partir au Darfour interviewer des survivants du génocide. Durant six ans, j’ai tout tenté pour obtenir l’autorisation d’entrer au Darfour, en vain. (A mon avis, c’était dû au fait que le gouvernement du Soudan était au courant de mes publications qui le critiquent pour ses agissements au Darfour.)

Bref, en 2008 je travaillais en tant que boursier Fulbright à l’université nationale du Rwanda et je devais prendre un avion pour donner une conférence sur le Darfour à l’université de Chicago. Durant une escale à Nairobi, deux types ont embarqué et se sont assis à côté de moi, ils travaillaient au Soudan et rentraient aux Etats-Unis pour un congé. Je leur ai parlé de mes difficultés pour entrer au Soudan. L’un d’eux m’apprit que des survivants du génocide du Darfour se trouvaient en fait dans un camp de déplacés non loin de là où il vivait dans les Monts Nouba, en me disant qu’il pensait pouvoir s’arranger pour me faire entrer là-bas sans que le gouvernement du Soudan le sache (et donc que je n’aurais pas besoin de demander un visa), et qui plus est, gratuitement, à bord d’un avion cargo que possédait son organisation.

Quelques mois plus tard, j’ai décollé de Nairobi pour Kauda dans les Monts Nouba pour interviewer les survivants dans ce camp de déplacés. Durant mon premier séjour, puis mon second séjour dans les Monts Nouba, j’ai commencé à rencontrer des gens qui avaient survécu au génocide dit « d’usure » des populations des Monts Nouba durant les années 1990. Réalisant que j’avais facilement accès à ces personnes, je suis revenu plusieurs fois dans la région pour les interviewer. Puis, quand la guerre a éclaté entre le gouvernement du Soudan et les rebelles Nouba (Mouvement Populaire de Libération du Soudan – Nord) en juillet 2011, j’ai commencé en 2012 à faire venir de la nourriture vers les civils Nouba dont les fermes étaient bombardées et qui cherchaient désespérément de la nourriture.

– Aram Harumi : Durant tes voyages, t’es-tu senti en danger ?

–  Samuel Totten : Pas durant mes deux premiers voyages dans les Monts Nouba en 2010 et 2011, mais plutôt durant les cinq derniers en 2012, 2013, 2014, 2015 et 2016, pendant que la guerre faisait rage entre les Nouba et le gouvernement soudanais.

Sans répit – que nous soyons chez les gens, dans des souks (marchés publics) ou en train de voyager – les bombardiers Antonov en mission de bombardement nous survolaient. Naturellement, personne ne savait exactement où les Antonov largueraient leurs bombes, donc chaque fois qu’un Antonov passait, tout le monde se ruait – soit vers un de ces trous de plus de deux mètres de profondeur que les gens ont creusé autour de leurs foyers et de leurs souks, ou vers le désert en quête d’une anfractuosité où se replier, d’un gros rocher ou d’un grand arbre où se cacher pour se protéger des shrapnels. Ces éclats d’obus sont de gros éléments de métal tordu qui volent et qui sont capables, littéralement, de réduire un corps en bouillie, comme de la viande hachée. Le shrapnel est aussi capable, là aussi littéralement, de cisailler une tête, un bras ou une jambe. J’ai vu des dizaines de gens dans les Monts Nouba qui ont perdu leurs jambes et leurs bras après avoir été frappés par un éclat d’obus.

Lors d’un voyage aux Monts Nouba en 2015, plusieurs Antonov nous ont survolés à cinq reprises durant une heure. A chaque fois, tout le monde dans le souk se précipitait pour trouver un abri, puis alors que nous étions dans notre véhicule, on a tous sauté et on a couru dans un sauve-qui-peut général. A chaque fois, un Antonov nous survolait, en tout cas c’était comme ça pour moi, personne ne savait si c’était son dernier jour à vivre.

Mon expérience la plus effrayante dans les Monts Nouba s’est passée aussi en 2015, mais durant un autre voyage. Mon équipe et moi (à savoir, mon chauffeur, mon interprète et moi) on venait juste d’arriver dans une petite ville appelée Heiban sur notre route à travers le désert. 15 à 20 minutes après notre passage, un avion de chasse Soukhoï a déboulé et a tiré un missile sur trois adolescents qui couraient vers un des trous dont je te parlais. Le missile a littéralement coupé en deux un des garçons. Le lendemain, son père a apporté les deux moitiés de son fils vers sa tombe et les a déposées pour qu’elles soient incinérées. Je suis sûr que si, avec notre Land Cruiser blanc, on avait traversé Heiban lors de l’attaque du Soukhoï, on aurait été pris pour cible – une cible idéale, vraiment – et que s’il avait atteint notre véhicule avec un missile, on aurait été réduits en cendres. Non seulement on avait un réservoir plein de pétrole, mais on transportait aussi des jerrycans de pétrole, car il n’y a pas de stations-service dans les Monts Nouba.

– Aram Harumi : C’est plus facile de collecter des fonds et de se contenter de filer de l’argent aux gens qui travaillent dans ces relais humanitaires. Qu’est-ce qui t’a poussé à prendre les choses en main, à te rendre dans la région et à distribuer de la nourriture ?

– Samuel Totten : C’est sûr, tu as raison, c’est bien plus facile de collecter de l’argent et de l’envoyer à telle ou telle organisation qui agit au nom des populations des Monts Nouba (même si, malheureusement, très peu le font).    

Dès le départ, mon intention quand je collectais des fonds, que j’achetais de la nourriture et que je l’acheminais par camion vers les Monts Nouba, était d’apporter de quoi manger aux populations les plus sinistrées des Monts Nouba – à ces gens qui, pour telle ou telle raison, n’avaient pas facilement accès à de la nourriture ou qui n’en recevaient pas des organisations humanitaires locales présentes dans les Monts Nouba. J’avais l’impression et je pensais que c’était comme ça que je pouvais contribuer à aider les Noubas. Résultat, chaque fois que je revenais dans les Monts Nouba, je tenais à parler aux gens informés (la Nuba Relief, Rehabilitation and Development Organisation (NRRDO), une organisation humanitaire locale, des dirigeants du Mouvement Populaire de Libération du Soudan – Nord, et des journalistes, entre autres), des groupes de population les plus nécessiteuses dans les Monts Nouba, à savoir là où j’allais distribuer de la nourriture.

En fin de compte, c’était bien, comme les titres des deux chapitres que j’ai rappelés au début de cet entretien, une question de conscience.

– Aram Harumi : As-tu été témoin de situations semblables dans d’autres régions du monde ?

–  Samuel Totten : Oui, mais jusqu’à présent je me suis concentré sur le calvaire des populations des Monts Nouba. Les trois autres endroits où je pense vraiment aller pour apporter de l’aide sont le Burundi, la République Centrafricaine et la Birmanie (Myanmar).

Si je suis resté focalisé sur les Nouba et si je ne suis pas allé ailleurs, c’est principalement pour trois raisons. Premièrement, comme ni les Nations Unies, ni une de leurs agences, ni aucune organisation non gouvernementale n’apporte une quelconque aide ou protection, en fait rien du tout, je me sens obligé de maintenir le cap sur les Monts Nouba. Ne pas le faire serait les abandonner à leur sort. Deuxièmement, il faut pas mal de temps pour réaliser quelle est la situation sur le terrain dans des pays différents, quel type d’assistance est nécessaire et quels sont les contacts nécessaires pour mener une mission de façon satisfaisante. Et puis, chacun des pays que je viens de mentionner pose des risques spécifiques aux étrangers, il faut en être informé et savoir comment les éviter le plus possible – ou, du moins, les gérer pour ne pas finir mutilé ou tué.

– Aram Harumi : Pourquoi ce scandale de la non-reconnaissance par le gouvernement du Soudan de la malnutrition des populations des Monts Nouba ?

– Samuel Totten : Bombarder des fermes, obliger les gens à en sortir, à quitter les villages et les éloigner de leurs sources de nourriture est le mode opératoire du gouvernement soudanais. J’imagine donc que ce gouvernement ne va pas perdre pas son temps à se soucier des souffrances et du sort des populations des Monts Nouba. En fait, je suis convaincu qu’en refusant aux Noubas un accès facile à la nourriture, le gouvernement soudanais espère les chasser des Monts Nouba et par delà la frontière vers un autre pays et/ou dans des camps de réfugiés. Autrement dit, il s’agit là d’un stratagème pour épurer la région des Nouba – un cas classique d’épuration ethnique.

– Aram Harumi : Est-ce que ces voyages t’ont profondément marqué ?

– Samuel Totten : Oui. Trois choses, en particulier. Premièrement, les moments où les bombardiers Antonov déboulaient. Deuxièmement, le jour où nous l’avons échappé belle quand le Soukhoï a attaqué Heiban. Troisièmement, je tombe un jour sur un gamin qui avait déclenché accidentellement l’élément d’un obus non explosé; je fonce à travers le désert pour tenter de l’emmener dans le seul hôpital présent dans toute la région, mais il finit par mourir. Non seulement ses jambes avaient été arrachées, les os sortant de la peau (une fracture ouverte), mais il avait une large et profonde blessure au bas de l’abdomen qui avait réduit en bouillie la plupart de ses organes. Aujourd’hui encore, j’ai beaucoup de mal à évoquer la mort de ce gamin qui, par ailleurs, avait marché plus de 16 kilomètres loin de chez ses parents pour trouver des mangues. Je suis plutôt un dur à cuire, mais chaque fois que je pense à ce pauvre gamin innocent, faut que je me force à pas pleurer. Et enfin, la dernière fois où j’étais dans les Monts Nouba, je croise un groupe de gens qui vivotaient dans un semblant de camp pour déplacés; là, je découvre de nombreux nourrissons si faibles qu’ils n’arrivaient littéralement pas à lever la tête; c’est à dire que leurs petites têtes pendaient de côté, comme des poupées de chiffon. Ça, ça te prend aux tripes.

– Aram Harumi : Aurais-tu un message à faire passer sur ton séjour dans les Monts Nouba ?

– Samuel Totten : Le fait que les populations civiles des Monts Nouba sont complètement isolées. Personne, je dis bien personne, mis à part des gens comme moi, n’essaie de les aider. Ni les Nations Unies. Ni le Programme Alimentaire Mondial. Ni Oxfam. Ni Médecins Sans Frontières. Aucune organisation humanitaire n’existe dans les Monts Nouba – de peur d’être attaquée et massacrée par le gouvernement soudanais.

En fait, le président du Soudan, Omar al-Béchir, a déclaré que quiconque franchit la frontière avec le Soudan sans y avoir été expressément autorisé par son gouvernement, aurait la gorge tranchée. Je m’imagine que ce n’est pas une menace en l’air, car lorsque la guerre a éclaté en juillet 2011, les soldats soudanais allaient de porte en porte dans les villes et les villages, frappaient aux portes et, si ceux qui répondaient était apparentés d’une façon ou d’une autre aux Noubas, ils étaient égorgés d’une oreille à l’autre, perdaient leur sang et mouraient là même où ils gisaient à terre.

– Aram Harumi : Comment les gens peuvent-ils t’aider à collecter de l’argent pour les populations des Monts Nouba ?

–  Samuel Totten : Oui, merci pour ta question. Les gens peuvent m’envoyer un chèque destiné à l’achat de nourriture et/ou de médicaments pour les populations Noubas. Mon adresse est 18967 Melanie Road, Springdale, Arkansas 72764. Pas un seul dollar ne servira à autre chose que de la nourriture – et pas à financer des voyages, ni à louer un véhicule et un chauffeur, ni à engager un interprète, etc.

Je tiens à préciser que chaque voyage pour amener de la nourriture dans les Monts Nouba coûte environ 8 000 dollars. Acheter de la nourriture pour les Noubas revient entre 3 000 et 4 000 dollars. Et puis je dois couvrir le coût aller-retour de mon billet d’avion pour Nairobi, au Kenya; un autre billet d’avion aller-retour pour Djouba au Soudan du Sud; et un troisième pour le camp de réfugiés de Yida, le long de la frontière entre le Soudan du Sud et le Soudan; la location d’un Land Cruiser et le salaire du chauffeur, d’un interprète, etc.      

NdT

  1. William Styron, Les confessions de Nat Turner, traduit de l’américain par Maurice-Edgar Coindreau, Paris : Gallimard, 1969
  2. William Styron, Le choix de Sophie, traduit de l’américain par Maurice Rambaud, Paris : 1981
  3. Rose Styron, « Torture in Chile, » The New Republic, March 20, 1976, p. 15-17
  4. Israel W. Charny, ed., Genocide: A Critical Bibliographic Review, Vol. 1, Mansell, 1988

____________

Source : https://armenianweekly.com/2017/08/18/a-matter-of-conscience/

Traduction : © Georges Festa – 12.201

7 décembre 2017

L’ACTU QUI TUE

Filed under: CHRONIQUES à CONTRE-CHANT,L'ACTU QUI TUE — denisdonikian @ 5:47

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Johnny Halliday est mort. Les industriels du tabac sont en deuil.

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Moi je n’ai rien de Johnny en moi. Suis je encore français?

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« Putain ! Si d’Ormesson et Johnny ont reçu tant d’hommages les miens vont être grandioses alors ? »

Charles Aznavour

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Selon son cuisinier personnel, Bachar El-Assad voudrait se suicider après qu’on lui a révélé les atrocités et les viols infligés à ses opposants par ses partisans.

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Trump veut faire de la Maison Blanche la capitale mondiale  de la connerie. Les Palestiniens ne sont pas d’accord.

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L’Europe a donné son feu vert à Monsanto pour qu’il remplace le sel de table par du glyphosate. Le sel, c’est mauvais pour la tension.

*

Il y aurait de l’aluminium dans les vaccins mais pas dans les dosettes de café.

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Nous autres civilisations nous savons que nous sommes hantées par la jungle. La preuve : les harcèlements sexuels font du mâle un prédateur. Mais on ne nous dit pas tout. Monsanto, les labos pharmaceutiques, les industries de l’alimentaire ou de la pêche, le système de la consommation sont des entreprises de prédation massive qui vous nourrissent ou qui vous soignent par empoisonnement. Tous harcelés, tous empoisonnés. La grande bouffe.

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Le rocker commence rocker et finit millionnaire. Si c’est pas un oxymore, qu’est-ce que c’est ?

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Macron en Algérie : Bouteflika va lui apprendre à sucrer les fraises sans se pisser dessus.

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Dans le cadre d’une politique d’accroissement démographique de l’Arménie voulue par le président Sarkissian,  La ministre de la diaspora, Hranouch Agopian m’a écrit comme au  » fer de lance de la diaspora de France » ( dixit) pour venir engrosser les filles du pays. J’ai répondu que je manquais de fer et que ma lance était trop molle pour besogner qui que ce soit. Elle m’a répliqué en colère qu’elle serait obligée dans ce cas de faire appel à des homosexuels. Mais mon ami Chouchou déteste faire ça avec une fille, même pour une cause nationale aussi urgente. Bref ! On n’est pas dans la merde !

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Poutine va se représenter aux prochaines élections sur le modèle des poupées russes. Vous retirez la plus grande et vous tombez sur une  autre chaque fois plus petite. Et c’est vrai, d’une élection à l’autre, Poutine est chaque fois plus petit mais ne disparaît pas.

 

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