Ecrittératures

31 août 2018

Aphorismes pour Alain (3)

Filed under: Uncategorized — denisdonikian @ 9:15

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( de Donatella Marraoni)

Le propre du fou est de vous rendre fou.

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19 août 2018

Kotcharian a-t-il jamais aimé l’amour ?

Filed under: ARTICLES,CHRONIQUES à CONTRE-CHANT — denisdonikian @ 3:35

 

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Contrairement à ce que pensent les politiques, la politique est une affaire de cœur pas de cerveau. C’est le cœur qui doit dicter au cerveau les lois de la république. Pas ce cœur qui n’aime que la nation à laquelle on appartient, mais le cœur qui aime l’autre quel qu’il soit. Et on a tort de solliciter le cœur sous le seul prétexte de vouloir humaniser les règles de la démocratie. C’est que, quoi qu’ils le disent, les présidents manquent de cœur et ne font parler que leur cérébralité. Pour exemple, on reproche à Macron d’être trop loin des gens, à Poutine, monstre froid, de rester inflexible à l’idée que son opposant Oleg Sentsov est en train de mourir d’une grève de la faim, à Donald Trump de séparer une mère de son enfant, à la Birmanie de chasser les Rohingyas et au Bengladesh de vouloir les confiner sur une île inondable. L’action des humanitaires est la preuve flagrante que les politiques manquent d’humanité, à savoir de cœur. Ils n’aiment pas l’amour qui les conduirait à brader les intérêts de leur nation alors qu’il est le garant de sa prospérité. Ainsi donc, le patriotisme n’est qu’un amour de soi, qui se gère avec le cerveau.

 

A propos de l’emprisonnement de l’ex-président Kotcharian, certains ont cherché à démontrer que la nouvelle Arménie, dans sa volonté d’apurer les comptes d’une période puant le marigot et pour ainsi dire de permettre au peuple arménien de faire son deuil de ces hommes politiques qui l’ont forcé à l’humiliation des urnes et à une précarité croissante, pourrait manquer de cœur, sinon de justesse dans l’appréhension globale d’un fait de justice aussi complexe. Pour autant, ils se gardent à juste raison d’exempter Kotcharian des multiples abus de pouvoir, manifestes ou secrets, évidents ou cachés, même si, quoi qu’il ait fait ou défait, un président tel que lui serait en droit d’être respecté dans la mesure où durant plusieurs années il aura défendu avec cérébralité et pugnacité les intérêts du Karabagh et de l’Arménie. L’emprisonnement serait d’autant plus injustifié que la procédure est encore au niveau de l’enquête, sachant, comme le prétend le procureur, que les preuves sont plus que suffisantes, et que l’homme s’est présenté spontanément à la convocation qui lui avait été envoyée, sans chercher à fuir ses responsabilités.

 

Il est vrai que cet emprisonnement qui donnait l’impression d’être précipité pouvait être considéré comme l’effet d’une rancune éprouvée par un peuple contre un responsable politique qui n’a pas su l’aimer. Mais si elle est légitime dans ce genre d’affaire, l’émotion ne saurait s’exprimer au détriment du seul recours au droit. On voit bien que cet empressement à mettre sous les verrous un président dont le mandat fut non seulement controversé mais aussi largement négatif pour avoir installé dans son pays une sorte de jungle favorable aux esprits prédateurs, relève d’une volonté qui n’est pas très éloignée d’une riposte enfin devenue possible, sinon d’une vengeance. Or, on oublie que la meilleure façon de rendre à Kotcharian la monnaie de sa pièce, c’est d’agir en se gardant bien de suivre son modèle de pouvoir arbitraire, mais de se comporter avec humanité et conformément au droit contre lui qui manquait de l’une et qui se moquait bien de l’autre.

 

Pourtant, on se demande si un président qui a fait fi des impératifs du droit durant son mandat et qui sous son régime s’est bien gardé de juguler la corruption ou d’interrompe l’émigration des Arméniens, devrait encore bénéficier des règles qu’il a bafouées. Les Roumains n’ont pas été embarrassés ni par des lois ni par des scrupules humanitaires lorsqu’il a fallu juger le couple Ceausescu, lequel par sa mégalomanie et ses instincts prédateurs a directement et indirectement exercé sur le peuple roumain une violence morale et matérielle sans précédent.

De fait, la première chose que le droit requiert en matière d’inculpation est la présomption d’innocence. Tant que l’enquête n’a pas été menée jusqu’au bout, que les torts n’ont pas été indubitables, les abus suffisamment dénoncés et documentés, Kotcharian devrait être à l’abri de toute incarcération. On oublie en effet dans cette affaire ce principe fort de la présomption d’innocence qui reste la clé de voûte d’une démocratie fondée sur les droits des individus. D’autant qu’un président dans un moment de crise aiguë peut être amené à jouer avec le feu. Pris entre plusieurs issues, il choisit de sacrifier quelque chose au nom du bien général. Dès lors que dire si le pays passe la crise à la faveur de certaines transgressions ? Certes, tout le monde ne voit pas le problème de cette façon – à commencer par nous-même. Dans le fond, ce qui a toujours manqué à l’Arménie durant les décennies de son indépendance, c’est la pratique pleine et entière de la démocratie. De celle qui tente de se faire entendre aujourd’hui. Et aujourd’hui, ces bombes à retardement éclatent au nez des personnes qui les ont fabriquées.

Retenons aussi que l’Arménie n’est pas dans une situation normale ; elle reste un pays en guerre. Or, un pays en guerre est un pays fragile, un pays où le stress sévit aussi bien aux frontières qu’à l’intérieur. Un pays où les décisions sont des décisions prises dans l’urgence. Ces forces contradictoires – démocratie et sécurité – n’ont certainement pas été faciles à gérer. C’est pourquoi, la constitution, sur l’impulsion du président, s’était dotée d’un article qui avait pour vocation de prévenir toute condamnation du dit président et de garantir son immunité. Dès lors, l’emprisonnement de Kotcharian devenait forcément anticonstitutionnel. Certes… Mais ce tour de passe-passe, inventé par le président lui-même pour échapper à toute poursuite, devait-il pour autant faire de lui un monarque de droit divin, à savoir un homme qui n’aurait de compte à rendre qu’à Dieu ? Il est certain que les fraudes électorales ont mis en place des députés que les suffrages réels des Arméniens ne pouvaient avoir mandatés pour les représenter. Cela veut dire que la constitution, quelle qu’elle soit, n’est qu’une mascarade. On ne voit pas comment ce peuple arménien qui descendait massivement dans les rues, qui manifestait de meeting en meeting contre le pouvoir aurait été à même d’approuver une loi mettant le président à l’abri de tout procès.

 

*

 

Mais si l’homme de pouvoir peut se tromper dans la précipitation, il reste que son devoir l’oblige à faire des choix justes dans le long terme pour assurer le bien-être moral et physique des individus. Or, les choix justes sur le long terme sont des choix qui reposent sur l’amour plutôt que sur des lois qui appauvrissent le peuple et les libertés. Malheureusement, les choix justes d’un homme comme Kotcharian auront bénéficié prioritairement à sa propre personne et à ses affidés au détriment du reste de la population. Pour le moins, il est difficile, concernant un si petit pays aux si grandes difficultés économiques, d’admettre que son dirigeant vive dans un certain luxe quand les citoyens doivent trimer pour assurer le pain quotidien. Inadmissible que ce luxe se soit constitué durant son mandat tandis que la population plongeait de jour en jour dans le marasme.

Comme nous l’avons dénoncé ad nauseam dans nos chroniques, il est insupportable que la population arménienne ait eu à souffrir de la corruption endémique qui a sévi durant les décennies de l’indépendance, à commencer par les années Kotcharian. Grâce cette indépendance retrouvée, l’Arménie appartenait enfin aux Arméniens et l’occasion leur était donnée d’en faire un pays juste, fondé sur la confiance démocratique. Mais non, cette corruption est devenue à ce point omnipotente que les Arméniens devaient au quotidien composer avec elle sans en avoir souvent les moyens, étant donné que le travail manquait et que l’argent lui-même faisait défaut qui devait servir à alimenter la machine machiavélique tournant à plein régime.

Un Arménien de la diaspora, habitué à vivre dans un pays policé et relativement construit autour de l’épanouissement de l’individu, ne pourra jamais imaginer quelle entrave à la vie constitue cette corruption dont tout le monde parle mais que personne n’a jamais vue ni éprouvée. La corruption n’est pas seulement liée aux monopoles dont jouissent les oligarques, permettant ainsi l’enrichissement des plus riches. Ce n’est pas seulement l’impunité de ceux qui se croient tout permis sous prétexte qu’ils gravitent autour du pouvoir. Dans le fond, ces modes de corruption ne toucheraient pas directement la population et resteraient quasiment invisibles s’ils n’engendraient des dommages collatéraux et s’ils ne s’égrenaient dans les sphères plus basses de la société au point de la gangrener tout entière.

Lors de mes randonnées dans le pays profond, plus précisément à quelques kilomètres de Tatev, au village d’Aghvani, je me suis retrouvé dans une famille arménienne qui m’avait invité à prendre le café. Sont venus se joindre à nous en voisins une mamie et un jeune homme. Au fil de la discussion, il s’est avéré que les reins de ce jeune homme semblaient s’épuiser. J’ai essayé de lui indiquer quels étaient les critères d’un dysfonctionnement rénal. Mais comment lui faire comprendre que l’un des marqueurs du rein était le taux de créatinine dans le sang ? Toujours est-il que ce jeune homme semblait enfermé dans sa maladie ( et moi dans mon impuissance) et qu’il n’avait aucune perspective pour résoudre son problème.

Il faut préciser que les centres de dialyse en Arménie se trouvent essentiellement dans la capitale et qu’un dialysé doit impérativement « passer à l’essorage» trois fois par semaine. Par ailleurs, toute dialyse implique au préalable la pose d’un cathéter et d’une fistule. Celle-ci, quand elle devient fonctionnelle, prend le relai du cathéter qui peut alors être enlevé. On peut supposer à quels problèmes financiers allait être confronté ce jeune homme pauvre si son dysfonctionnement rénal devait atteindre le stade terminal. En principe, en Arménie les soins sont gratuits. Mais comme on l’imagine, la corruption change toutes les données du système de santé. Par ailleurs, dans ce pays qui se croit européen, les mentalités n’admettent pas le don d’organe, sauf à la rigueur au sein d’une même famille. Ce qui veut dire qu’un insuffisant rénal en Arménie a de grandes « chances » d’être dialysé à vie s’il ne meurt pas avant faute d’argent.

Prenons un cas concret, celui de Mariné (le nom a été changé), Arménienne d’Arménie qui, après maints déboires dans son pays, a la chance d’avoir été admise en France pour y être dialysée. Mariné enseignait comme assistante à l’université. Son salaire mensuel était de 62 000 drams, soit environ 102 euros. Son mari travaillait 6 mois dans l’année en Russie. Leur fils était employé dans une entreprise étrangère. (Précisons qu’un retraité reçoit 16 000 drams mensuels, soit environ 30 euros. Seuls sont gratuits les soins d’un retraité handicapé). Le jour où elle a appris que ses reins ne fonctionnaient plus fut pour Mariné et sa famille un jour de catastrophe. A commencer par les problèmes économiques que cela a occasionné dans le foyer. En effet, pour la pose d’un cathéter et d’une fistule, Mariné a dû sortir de sa poche 230 000 drams (soit 411 euros) qui passèrent directement dans celle du chirurgien. Mais pour être admise en dialyse, elle a dû verser au centre 600 000 drams (soit 1 074 euros). Pour cela, la famille a dû vendre sa voiture. Les médicaments restent à la charge du patient, en espérant qu’ils soient de qualité. Un Arménien de la diaspora qui se fait dialyser en Arménie doit débourser 100 euros par séance.

On voit que la mentalité du business gangrène aussi les services de santé. Il n’est pas bon en Arménie de tomber gravement malade. Mais le lecteur aura remarqué que ce système corrompu établit une discrimination par l’argent. Ceux qui peuvent sont relativement sauvés, ceux qui ne peuvent pas peuvent crever. Sans oublier que les hôpitaux ne sont pas des biens publics, ils appartiennent souvent à des gens gravitant autour du pouvoir, comme celui de Massiv qui est la propriété du gendre de Serge Sarkissian… L’hôpital est donc devenu un tiroir-caisse et les Arméniens des cobayes et des vaches à lait.

C’est cela aussi la corruption, un système économique pervers où s’expriment seuls les instincts des plus forts, lesquels n’ont d’amour pour le peuple arménien que celui de leurs intérêts propres. En ce sens, on n’est pas loin de penser que les Arméniens les plus à même de faire prospérer l’Arménie sont à l’image de Kotcharian. Dans leur course à la grande bâfrerie de la vie, ce n’est plus le cœur qui parle….

 

Denis Donikian

17 août 2018

Vers la fin du règne de Monsanto ?

Filed under: APPEL à DIFFUSER — denisdonikian @ 4:36

Par Gabriel Combris, de PURE SANTE

Chère lectrice, cher lecteur,

C’est à la une de tous les journaux depuis le début de la semaine : la firme multinationale de chimie Monsanto est pour la première fois reconnue coupable et condamnée à verser 289 millions de dollars à un jardinier américain.

Rappel des faits :

Dewayne Johnson, jardinier américain âgé de 46 ans et père de deux enfants, utilise dans le cadre de son travail un herbicide (Le Roundup) que produit la firme Monsanto.

Quand il travaille, Dewayne Johnson remarque que son état de santé se détériore. Il attribue ce constat aux expositions répétées avec l’herbicide Roundup.

Finalement, le verdict tombe : Dewayne Johnson est diagnostiqué d’un cancer du système lymphatique, en phase terminale. [1]

Aujourd’hui, Dewayne vit ses derniers jours au côté de sa femme et de ses enfants.

Mais Dewayne est un homme courageux. Avant que son cancer ne l’emporte, il décide de mener un ultime combat, celui de traîner Monsanto en justice pour lui avoir volé sa vie.

Je vous l’ai dit au début de cette lettre, Monsanto a été finalement reconnu coupable et condamnée à hauteur de 289 millions de dollars pour ne pas avoir informé de la dangerosité de son herbicide Roundup.

Dewayne a osé faire le premier pas

A nous maintenant d’être des milliers à le rejoindre dans ce combat !!

Si vous suivez la lettre PureSanté depuis quelques temps, vous savez que je vous informe régulièrement des dangers du Roundup et des pesticides dangereux pour la santé. Il y a quelques mois, j’ai aussi lancé une grande pétition pour interdire le glyphosate dans l’agriculture française.

A l’heure où j’écris ces lignes, cette pétition a déjà recueilli 318’183 signatures !

Aux côtés de Dewayne, nous pouvons changer le cours de l’histoire. Il faut faire EXPLOSER les compteurs de la pétition contre la folie Monsanto ! ET DIRE NON AU GLYPHOSATE !

Santé !

Gabriel Combris

P.S : une fois que vous l’aurez signée, il faut la partager un maximum autour de vous ! Vous avez la possibilité de relayer la pétition à vos amis sur Facebook ci-dessous. Un grand merci d’avance !

14 août 2018

Histoire et dissidence intellectuelle en Turquie

Filed under: GENOCIDE ARMENIEN — denisdonikian @ 4:39
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1- Historien et sociologue, Directeur d’études à l’École des hautes études en sciences sociales ( EHESS), Hamit Bozarslan travaille sur la violence au Proche-Orient et la construction des États dans la région. Dans un entretien au journal Le Monde (du 11 Aout 2018) avec Gaïdz Minassian, il revient sur les différents usages que la Turquie officielle fait de son passé. En effet, il importe selon lui de distinguer l’histoire comme discipline du « récit officiel » qui partage le passé de la nation en trois périodes : celle de l’innocence, celle de la trahison par les minorités et celle de la délivrance par la Turquie moderne.

2- Pour autant, Recep Tayyip Erdogan, actuel président turc, croit encore à une « possible agression occidentale et à l’aliénation de ses propres élites », tandis que l’histoire, comprise comme discipline, interroge « la fondation même de la Turquie par un processus génocidaire ». Invariablement, la version officielle de l’histoire turque appréhende la Turquie comme agressée par des ennemis extérieurs et trahie par des minorités à l’intérieur, de sorte qu’en se voyant en victime elle réclame justice et se comporte en bourreau pour se venger.

3 – Souhaitant protéger la « turcité », le code pénal émit en 2005 l’article 301 visant à punir toute insulte envers la nation turque et son État, tandis que le Parlement vient de modifier son règlement intérieur, jugeant comme « dangereux » les mots « génocide » et « Kurdistan ». Pourtant depuis 2005, date du premier colloque à Istanbul où fut prononcé le « G-Word » (génocide), l’historiographie dissidente s’est sérieusement développée, tandis que depuis l’été 2015, les universitaires engagés furent qualifiés de terroristes et de traîtres au point d’être licenciés. Dès lors, soumise à la destruction, les facultés cognitives ont du mal à poursuivre quelque recherche que ce soit.

4 – De fait, il n’y a pas d’autre manière de contrer le négationnisme sinon par le développement de la recherche et l’effort pédagogique. C’est ainsi qu’à la négation de la Shoah ont répondu des « matériaux empiriques d’une grande finesse », tandis que des analyses très approfondies ont été faites sur les dimensions temporelles et spatiales du génocide.

5 – Concernant le génocide des Arméniens, l’historien Taner Akçam a porté un grand coup contre le négationnisme turc selon lequel les télégrammes de Talaat Pacha ordonnant l’extermination des Arméniens étaient des faux puisqu’ils ne respectaient pas le système de cryptage ottoman et que le haut fonctionnaire Naim Efendi qui les aurait reproduits dans ses Mémoires n’avait aucune existence réelle. Or, Taner Akçam, à la suite d’une enquête minutieuse, réussit à démontrer que Naim Efendi avait bel et bien existé, que ses Mémoires étaient authentiques et que les télégrammes étaient tout à fait conformes au système ottoman de l’époque. C’est dire combien le travail rigoureux de l’historien est la meilleure riposte au négationnisme.

13 août 2018

Monsanto « COUPABLE » ! Incroyable victoire contre le Roundup 

Filed under: APPEL à DIFFUSER — denisdonikian @ 6:18
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Par Guillaume Chopin

Chers amis du Naturel,
Le 10 août 2018 est peut-être la date historique qu’on attendait tous !

Oui, je m’emballe un peu, mais il est possible que ce soit LE GRAND TOURNANT :

Vers la fin de l’agriculture ultra-intensive, ultra-chimique, ultra-OGM… et ultra-dangereuse pour l’environnement et notre santé…

Vers le grand retour des citoyens et de la vérité contre les multinationales qui trafiquent la science, manipulent les médias et empoisonnent la planète…

Et vers une nouvelle ère, favorable à une agriculture sans pesticide, raisonnée, durable et bonne pour notre santé !

Le 10 août 2018, c’est le jour de la condamnation historique de MONSANTO, le géant de l’agro-chimie.

Oui, Monsanto a été condamné par la Justice américaine pour avoir volontairement caché que son désherbant « Roundup » cause le cancer.

Je vais vous dire dans une seconde pourquoi ce jugement pourrait causer la faillite de Monsanto (désormais avalé par Bayer) et changer en profondeur nos pratiques agricoles.

Mais d’abord, je voudrais vous résumer les révélations hallucinantes que le procès a mis au grand jour :

Il asperge du Roundup dans les cours d’école… et attrape le cancer

L’homme qui a osé attaquer Monsanto est un simple jardinier, nommé Dewayne Johnson.

C’est un professionnel sérieux et appliqué, qui « aimait beaucoup son travail ».

Vingt à trente fois par an, il aspergeait les jardins d’écoles de Californie avec des centaines de litres du « Roundup », le fameux désherbant créé par Monsanto.

À au moins deux reprises, hélas, son appareil devient incontrôlable et il reçoit lui-même du Roundup directement sur la peau.

Bientôt, son corps entier est couvert de lésions graves :

En 2014, le diagnostic tombe : il est atteint d’un lymphome non hodgkinien.

C’est un cancer incurable.

Ses médecins lui donnent quelques années à vivre au maximum.

Mais plutôt que de se résigner, M. Johnson se décide à se battre.

Il veut se battre pour ses deux garçons de 10 et 13 ans. Il veut se battre pour que d’autres ne vivent pas le même malheur que lui.

Car il sait que sa maladie a été causée par le Roundup de Monsanto.

Et ce qu’il n’accepte pas, c’est que Monsanto a toujours nié les dangers de son produit.

« Je n’aurais jamais aspergé ce produit dans des cours d’école si j’avais su que cela pouvait faire du mal, a-t-il déclaré. C’est immoral, c’est mal. Les gens ne méritent pas ça ».

Alors il attaque Monsanto en Justice.

C’est David contre Goliath… un simple citoyen, en phase presque terminale, contre une firme qui fait des milliards de profits chaque année.

Mais comme dans le récit biblique, c’est David qui a gagné :

Les terribles méthodes de Monsanto pour étouffer la vérité

Le procès a duré plus d’un mois. Une véritable épreuve pour M. Johnson, mais cela en valait la peine.

Car ce procès a mis au jour les terrifiantes tactiques de Monsanto pour cacher au grand public les dangers du Roundup. [1]

En 2003, par exemple, une toxicologue de Monsanto écrit à une de ses collègues : « Vous ne pouvez pas dire que le Roundup n’est pas cancérigène… Nous n’avons pas fait les tests nécessaires sur la formule pour faire cette affirmation. » Mais bien sûr, cela n’empêchera pas Monsanto d’affirmer, année après année, que son Roundup est inoffensif.

En 2008, on peut lire dans un document interne ces deux phrases clé :

« Le Roundup de Monsanto utilisé avec des OGM est associé à des problèmes de grossesse et de reproduction et de perturbation endocrinienne »

« Le Roundup de Monsanto agit sur une étape clé de la division cellulaire, ce qui peut potentiellement mener à des cancers sur le long terme »

Monsanto savait… mais Monsanto a préféré cacher la vérité.

Et le pire, c’est que Monsanto ne s’est pas contenté d’étouffer ce qu’il savait.

D’après les « Monsanto papers » révélés au cours du procès, la firme a aussi pesé de tout son poids  pour manipuler la recherche scientifique !

La firme a rédigé elle-même des dizaines d’études « scientifiques » en faveur du Roundup, qu’il a fait signer par des professeurs d’université… ni vu, ni connu !

(Cela s’appelle le « ghostwriting », et c’est une méthode très employée par Big Pharma, pour promouvoir l’intérêt de ses médicaments et masquer leurs effets secondaires.)

Monsanto a aussi tout fait pour étouffer les études défavorables au Roundup.

Souvenez-vous de celle du Pr Seralini en France, qui avait révélé les énormes tumeurs sur des rats causées par le maïs OGM Monsanto couvert de Roundup…

..Eh bien Monsanto avait réussi à obtenir le retrait de cet article… et a tout fait pour détruire la réputation du Pr Seralini !

Un des moments cocasses du procès, c’est lorsque Monsanto a fait venir à la barre une « experte » de la prestigieuse Université de Harvard, la Pr Lorelei Mucci.

Cette « spécialiste » a déclaré que le glyphosate (ingrédient du Roundup) ne cause pas le cancer…

…mais lorsqu’elle a été « cuisinée » par l’avocat de M. Johnson, cette spécialiste a avoué que Monsanto l’avait payé 100 000 dollars pour faire cette déclaration !

Monsanto reconnu coupable de tromperie et malveillance !

Au final, le jury américain ne s’y est pas trompé.

Leur décision est accablante pour Monsanto.

À l’unanimité, les jurés ont considéré que le Roundup était « un facteur substantiel » dans l’apparition du cancer de M. Johnson.

Mais surtout, les jurés ont déclaré que le danger des produits du type Roundup « était connu ou pouvait être connu à la lumière des connaissances généralement admises par la communauté scientifique au moment de leur fabrication, de leur distribution et de leur vente ».

Monsanto aurait donc dû en informer ses clients… ce qu’il a toujours refusé de faire.

D’après la Justice, Monsanto a agi avec « malveillance » (malice, en anglais).

« Nous avons enfin pu présenter au jury les documents internes tenus secrets par Monsanto prouvant que la société savait depuis des décennies que le glyphosate, et en particulier le Roundup, pouvait être une cause de cancer », a déclaré Bret Wisner, l’un des avocats de M. Johnson.

Et ce qui est capital, c’est que cette décision pourrait faire boule de neige !

Car des centaines de gens sont dans le même cas que M. Johnson : atteints d’un cancer vraisemblablement causé par le Roundup.

Si jamais ils gagnent tous leur procès, Monsanto pourrait finir par devoir payer des dizaines de milliards de dollars… et faire faillite !

Attention : ce n’est pas encore certain, d’autant que Monsanto a fait appel – il faudra aussi gagner ce procès-là.

Mais quoi qu’il arrive, ce procès est un choc psychologique qui change la donne, y compris en France :

La France est un des plus gros utilisateurs de Roundup au monde !

Je rappelle que la France déverse chaque année près de 10 000 tonnes de Roundup sur ses terres.

Les plus grands utilisateurs sont les agriculteurs, loin devant les jardiniers.

Mais ce qui est formidable, c’est que les agriculteurs eux-mêmes commencent à réaliser qu’ils se mettent en danger eux-mêmes avec ces produits !

« Ce jugement, c’est une nouvelle fois la preuve que les pesticides sont dangereux pour la santé, des utilisateurs en premier lieu – et donc des paysans et des paysannes-, et puis par ricochet aussi de ceux qui consomment les produits », a déclaré Laurent Pinatel, porte-parole de la Confédération paysanne ».
Évidemment, cela implique une énorme remise en question des méthodes agricoles !

Mais il est tout à fait possible de faire sans Roundup… et le plus tôt sera le mieux !

Ce n’est pas encore fait, car d’énormes lobbys essaient encore d’éviter ça.

Alors restons mobilisés…

…mais saluons ce jugement à sa juste valeur !

Votre dévoué,
Guillaume Chopin
Association Santé Naturelle

Sources

[1] http://www.liberation.fr/planete/2018/08/07/les-documents-internes-qui-accablent-monsanto_1671428

Aphorismes pour Alain (2)

Filed under: Uncategorized — denisdonikian @ 1:41

billard

 

Nous sommes arrivés à un âge où le billard joue avec nos boules.

12 août 2018

Aphorismes pour Alain (1)

Filed under: Uncategorized — denisdonikian @ 12:22

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Je suis peut-être un poisson en cage, mais je suis un poisson éclairé.

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