Ecrittératures

9 mai 2019

TOUMANIAN : interview à radio Arménie, Lyon

Filed under: ARTICLES — denisdonikian @ 3:57

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RA : Quelles raisons donneriez vous à un Arménien de France d’acheter les quatrains de Toumanian nouvellement publiés en édition bilingue par Actual Art, l’éditeur Mkrtitch Matévossian à Erevan ?

 

DD : Il y a cinquante ans, je me trouvais à Erevan et on fêtait le 100ème anniversaire de la naissance de Toumanian par une publication en français de son œuvre en 4 volumes. J’en ai beaucoup acheté pour les offrir. Cette année est le 150ème anniversaire. Et j’ai pensé qu’il fallait marquer cet hommage à Toumanian en republiant ces quatrains. Toumanian, c’est notre La Fontaine, son écriture est simple mais savante, profonde mais populaire et ses textes ont forgé la mémoire et l’esprit des Arméniens. Il s’inspire de l’âme populaire et réussit à faire de ce microcosme quelque chose d’universel. Toumanian est un pur écrivain arménien en ce sens qu’il n’imite ni les Russes, ni les occidentaux comme d’autres auteurs. S’il le fait, il donne toujours la prééminence à la langue populaire. En ce sens, Toumanian peut constituer une excellente porte d’entrée de la littérature arménienne dans la littérature mondiale. L’impératif de la reconnaissance du génocide a étouffé nos autres valeurs à commencer par notre littérature. Il serait temps de montrer que les Arméniens valent plus que les commémorations. Leurs écrivains ont à dire des choses au monde. Alors je dis aux Arméniens, achetez nos livres et offrez-les. Et vous ferez de ce cadeau un acte militant.

 

RA : C’est en effet un très beau livre. Je dirais même un livre classieux. Avec des portraits de Toumanian en pleine page, une par année de production. Actual Art a encore fait un excellent travail.

 

DD : Je travaille depuis des années avec Mkrtitch Matévosian, qui en tant que faiseur de livres montre une inventivité et un perfectionnisme qui sont uniques en Arménie. Il m’étonne à chaque fois. Un livre comme Poteaubiographie a même obtenu un prix. Cette fois, les portraits de Toumanian sont dans une technique à base d’argent. Les effets sont superbes. Par ailleurs, j’ai demandé à mon ami, Christopher Atamian, poète et écrivain vivant à NewYork, lauréat du prix Toloyan de littérature en 2017, d’en écrire la préface.

 

RA : En deux mots parlez nous de ces quatrains.

 

DD : Ce sont des sortes de haïku japonais, très brefs, exprimant l’évanescence de choses. Dans le domaine du bref, il y avait avant Toumanian, Nahapet Koutchak lequel exprimait les bonheurs que lui inspirait le spectacle de la vie. Toumanian fait du japonisme mais en mettant l’accent sur la nostalgie, le temps qui passe. C’est pourquoi il nous parle. Et nous n’avons pas besoin d’être arménien pour ça. Ce qu’il disait hier peut être entendu encore aujourd’hui.

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