Ecrittératures

28 juin 2019

L’intelligence naturelle de l’intestin.

Filed under: ARTICLES — denisdonikian @ 9:00

 

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Chacun sait combien son corps est intelligent et combien ce même corps regrette que son intelligence soit ignorée. En effet, cette intelligence du corps est à ce point sophistiquée qu’elle oblige souvent l’intelligence intellectuelle à baisser les bras devant tant d’énigmes pour en donner une explication. Dès lors, les pionniers de la recherche dans leur démarche à vouloir comprendre les mécanismes physiologiques se perdent en conjectures. Certains en sont réduits à se prendre eux-mêmes pour cobayes pour examiner les effets d’une cause. Si j’ingurgite du gluten, qu’est-ce qui va se passer dans mon corps ? Si je m’enfile des frites et des hamburgers, genre Mac Do, quelles vont être les modifications de mon microbiote, celui-ci étant compris comme l’ensemble des microbes qui peuplent les intestins et qui favorisent la transformation des aliments en nutriments pour les fonctions du corps.

C’est ce genre d’expérience que propose le docteur Michael Mosley. Après une première partie théorique, il suggère dans une seconde partie des recettes qui vont aider à l’intestin à produire les bonnes bactéries. En ce sens, il s’agit d’un livre pratique mais aussi et surtout d’un livre qui vous fait comprendre comment ces bactéries peuvent renforcer le système immunitaire ou comment on peut l’affaiblir en laissant les ennemis prendre le contrôle de l’intestin au point qu’ils traverseront un jour les parois intestinales pour contaminer tout le corps.

Ainsi donc, le Dr Michael Mosley vous dira combien l’huile d’olive fait partie des bonnes graisses et comment éviter les contrefaçons, quels poissons gras privilégier sachant que certains ont des taux de mercure élevés. De même, le docteur Mosley est-il conduit à passer en revue la viande rouge, le chocolat, les œufs, le vin riche en polyphénols, les fruits et légumes etc.

Il vous dira quels aliments sont à éviter comme le sucre, les édulcorants de synthèse, les aliments transformés, et les effets néfastes des antibiotiques.

Bref un livre passionnant qui vous incitera certainement à faire analyser votre caca par un institut comme Luxia-scientific pour connaître l’état de votre microbiote.

Oui, mais chercher c’est cher.

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Dr Michael Mosley : L’intelligence naturelle de l’intestin (chez Pocket, 7,50 euros)

Sauver la vie et autres choses (59)

Filed under: APHORISMES,SAUVER LA VIE ET AUTRES CHOSES — denisdonikian @ 8:20

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Heureux qui a des airs d’imbécile

pour n’avoir traversé

les déserts de la maladie.

20 juin 2019

MISSION du Père Bernard Kinvi

Filed under: APPEL à DIFFUSER — denisdonikian @ 4:59

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MISSION du Père Bernard Kinvi, avec Tigrane Yegavian ( Éditions du Cerf)

Spécialiste du Moyen-Orient en qualité de journaliste écrivant pour le compte de plusieurs revues, Tigrane Yegavian vient de faire paraître aux éditions du Cerf, tenue par Jean-François Colosimo, Mission, un témoignage du père Bernard Kinvi, sur une période trouble de la Centrafrique. Il faut savoir qu’à cette époque le Père Kinvi qui appartient à l’ordre des Camilliens, à savoir une ordre catholique essentiellement voué à s’occuper des malades et des blessés, est confronté dans la mission de Bossemptélé, où travaillent avec lui des sœurs carmélites et surtout le père Brice Patrick Nainangue, aux exactions des anti-balaka, sorte de milice sans foi ni loi, qui s’en prend à tous les musulmans. Le Père Kinvi déploie des efforts surhumains pour soigner, sauver et même enterrer les musulmans et dans la mesure du possible pour convoyer les rescapés vers le Cameroun voisin. Toute sa philosophe se résume à opposer un excès d’amour dans un monde traversé par un excès de violence. C’est que l’homme a mis le cœur au centre de son action sacerdotale. Ce qui signifie qu’au lieu de s’en tenir à une sorte de clanisme religieux qui consisterait à ne défendre et soigner que ceux de sa confession, le Père Kinvi va appliquer les paroles du Christ à la lettre en élargissant son amour au-delà des frontières de sa propre idéologie. C’est ce travail sur soi et sur l’ensemble des composantes de la Centrafrique qui vaudra au Père Kinvi d’être reconnu dans le monde, de recevoir le prix Alison Des Forges en novembre 2014 à Londres, puis d’être nominé pour le Prix Aurora d’Arménie en 2015. Son séjour en Arménie avec le père Brice est l’occasion d’un voyage émouvant au milieu d’un peuple dont il ne connaissait rien, ni même sur le génocide de 1915. Il résume ainsi le prix : «  Aurora est comme un arbre avec de multiples branches qui font le bien dans le monde. Je le vois comme un signe de la victoire du bien sur le mal ». Effectivement, ce prix qui récompense les justes dans le monde actuel renvoie aux justes turcs qui durant le génocide ont sauvé des Arméniens, comme Mustapha Aziz Oghlou, le maire de Malatia. Un livre passionnant et un homme, le père Kinvi qui à lui seul sauve l’Afrique.

Denis Donikian

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Quelles sont les raisons qui poussent un journaliste œuvrant généralement dans le domaine arménien à s’intéresser aux faits et gestes d’un prêtre de Centrafrique ?

Si je travaille depuis des années sur des problématiques arméniennes, je suis un contributeur régulier de plusieurs revues françaises de géopolitique (Conflits, Diplomatie, Politique Internationale…). La crise centrafricaine ne m’était pas étrangère.

Toujours est-il que  « la vie est l’art d’une rencontre même s’il existe tant de désaccords dans la vie » comme disait le grand poète et diplomate brésilien Vinicius de Moraes, le blanc le plus noir du Brésil. Dans mon cas, celle avec le père Kinvi a eu lieu en terre arménienne puisque c’est en avril 2016, qu’il s’y était rendu pour la première fois, en sa qualité de nominé dans la liste finale des candidats au Prix Aurora. Cette récompense internationale créée par trois philanthropes de la diaspora, qui entend rendre hommage aux justes d’aujourd’hui en témoignage de reconnaissance à ceux d’hier qui sauvèrent tant de vies humaines au cours du génocide des Arméniens. En 2016 j’étais responsable éditorial de la version en langue française du site Aurora Prize. Lorsque le Père Kinvi est devenu un des Humanitaires Aurora 2016, j’avais préparé un portrait de lui qu’il avait particulièrement apprécié. J’ai eu la chance ensuite de l’accompagner quand il est venu en Arménie pour participer à la cérémonie inaugurale du Prix Aurora. Ensemble nous avons visité, avec son ami le père Brice, le Saint Siège d’Etchmiadzine et le centre-ville d’Erevan. Nous nous sommes revus par la suite à Berlin en décembre 2017. Je me souviens qu’il parlait très peu. Il me fallait apprendre à décrypter ses silences, lire entre les lignes de son regard doux et bienveillant.

Le Père Kinvi était animé par une folle envie de témoigner de ce qu’il avait vécu. Comme si ce qui comptait à ses yeux n’était pas tant de raconter son vécu, mais aussi de nous dire qu’il avait reçu un cadeau de la Providence : cette foi qui fait déplacer les montagnes et l’a conduit à réaliser ces actes de bravoure qui lui ont valu d’être nominé pour le Prix Aurora.

Au fil de ma lecture, je n’ai pu m’empêcher d’établir un lien avec les Arméniens, me demandant si nous avions en Arménie un prêtre, un seul, de la dimension spirituelle du père Kinvi.

Certes, le haut clergé arménien ne brille pas forcément par son interprétation littérale des Evangiles ni par son courage à dénoncer les injustices criantes qui subsistent, mais comparaison n’est pas raison. Ce que nous apprend l’expérience du père Kinvi est qu’il existe en Centrafrique, pays d’évangélisation récente et encore très marqué par l’animisme, et que l’extrême barbarie cohabite avec des poches d’amour et d’humanité dont nous ne pouvons avoir conscience tant cette force nous dépasse. En Arménie comme en diaspora, nous avons eu des hommes d’Eglise et de foi exceptionnels qui nous ont montré un chemin et fait croire en la force de l’espérance. Je veux parler ici de Mgr Zareh Aznavorian d’heureuse mémoire (1947-2004) du catholicossat de la Grande Maison de Cilicie ; un homme qui a dédié toute sa vie à enseigner le message de l’Evangile à ses fidèles et qui avait bien compris que si l’Eglise arménienne faisait le choix du nationalisme, elle serait condamnée à dessécher. Grâce à quelques-uns de ses amis, ses écrits commencent à refaire surface et sont une véritable source de spiritualité. Ce qui manque à mon sens en diaspora comme en Arménie est une théologie contextuelle digne de ce nom. Un discours de foi adapté aux problématiques et aux défis qui se posent au peuple arménien dans sa globalité (réponse théologique au génocide, traitement de la question des Arméniens islamisés, des problématiques d’intégration en Occident, pastorale adaptée aux jeunes d’Occident, dialogue islamo chrétien, accompagner les évolutions de la société etc.). Force est de constater que nous en sommes encore bien loin… C’est bien beau de se gargariser d’être la première nation chrétienne mais quel est l’intérêt de se contenter de folklore ? L’Eglise arménienne ne serait être qu’une institution nationale multiséculaire et sécularisée gardienne d’une tradition formolisée. Elle doit être bien plus que cela !

Autre parallèle avec les Arméniens.  On se dit, qu’appartenant à l’ordre des Camilliens, dévoués aux malades, le père Bernard Kinvi fait exactement l’inverse de ce qui se passe en Arménie où le malade est un objet d’enrichissement. Je connais une Arménienne qui rentrée à l’hôpital pour une allergie en est sortie avec une insuffisance rénale terminale. Quant on sait ce que doit débourser un simple citoyen pour se faire dialyser, on se pose des questions

Il est difficile de généraliser quand on parle de l’expérience des hôpitaux arméniens. Il est vrai qu’avec les privatisations massives des années 1990, la santé est devenue un business en Arménie. Mais ce n’est plus le cas en Artsakh où les autorités font preuve d’une réelle volonté de faire de la santé un service public au service du bien-être de la population. En témoignent les investissements conséquents qui sont à l’œuvre depuis quelques années à Stepanakert et dans les provinces. La notion de service public n’est pas un vain mot pour avoir suivi ce dossier et rendu compte du travail remarquable mené par les professionnels artsakhiotes de la santé aidés par l’ONG HAY MED dirigée de France par le docteur Jean Michel Ekherian, on peut observer l’émergence d’un véritable modèle qui je l’espère fera des émules en Arménie.

N’oublions pas que ce domaine est d’une importance stratégique puisque l’absence de prise en charge de patients souffrant de pathologies chroniques ou de tous types de cancers constituait jusque-là un facteur majeur accélérant l’émigration.

18 juin 2019

L’esprit du corps féminin

Filed under: APHORISMES,Uncategorized — denisdonikian @ 4:24

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Comme Rachel s’est fait un pubis à papillotes, quand Moshé lui fait l’amour, il se fait l’amour à lui-même.

15 juin 2019

Sauver la vie et autres choses (58)

Filed under: APHORISMES,SAUVER LA VIE ET AUTRES CHOSES,Uncategorized — denisdonikian @ 7:20

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Toute femme est à barbe, comme tout épi de maïs.

14 juin 2019

NOTES SUR L’EXIL

Filed under: ARTICLES — denisdonikian @ 5:45

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( Texte datant probablement d’avant 2003)

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1 – Arménien d’origine, né en France, je me situe dans cet entre-deux culturel. D’un point de vue biographique, j’ai fait constamment des va et  vient entre mes deux cultures, par mes études et mes voyages. Sans jamais réussir à faire le pas pour être pleinement dans l’une ou totalement dans  l’autre. En tant qu’artiste, cela ne m’a pas toujours aidé. En France, pays cartésien, on n’aime guère le genre hybride. Or, c’est ce que j’affectionne le plus en littérature, mais aussi dans l’art des autres, le genre hybride. Ni tout à fait récit, ni tout à fait poésie, ni tout à fait journal, ni tout à fait livre d’art, etc. Je crois que nous allons de plus en plus vers un art ouvertement métissé, (ce que j’appelle un bris-collage, dans une sens noble de ce néologisme).

Mais quel est mon rapport à l’exil ? En tant que personne, c’est une histoire assez loufoque. Mes parents étaient directement issus du génocide de 1915. Et  pour ma part, je suis né en France. Vivant en France, comment me sentir exilé, me direz-vous ? Or, justement. Je reste un  enfant du génocide dans la mesure où mes parents m’ont élevé sans le vouloir, c’est-à-dire avec leurs mots, leur mémoire, leur difficulté à s’adapter à un étrange pays, etc. dans le sentiment de l’exil. C’est donc ça, j’ai un sentiment d’exil sans pour autant être exilé puisque je sais que je ne me sentirais ailleurs jamais aussi bien que je le suis en France et qu’en France je rêve d’un autre pays, d’un pays qui soit nôtre, à nous, une Arménie pour Arméniens. Je vis donc constamment avec comme fond de ma conscience ce que le poète Vahé Godel appelle un arrière-pays. Et beaucoup de jeunes compatriotes, plus jeunes que  moi, vivent ainsi. En France, mais préoccupé par un pays où ils ne vivront  probablement jamais, l’Arménie. (Et mon histoire est d’autant plus compliquée que le pays de mes parents n’a rien à voir avec l’Arménie actuelle, située bien plus à l’Est et dont ils n’avaient pas idée). Mon impression d’exil est donc d’éducation. La seule réalité de cet exil, c’est qu’il s’agit d’un exil  hérité.

2 – Être exilé, c’est être ex-quelqu’un, venu de quelque part à la suite d’une violence. C’est être sorti de son île pour devenir un il quelconque, jamais  plus soi-même, c’est-à-dire plus jamais un être accordé à une terre.

L’arrachement fait l’exilé. L’exilé sera désormais un ex-ceci, un ex-cela.
Qu’il le veuille ou non, l’exilé affiche son origine, c’est-à-dire une façon d’être ici et ailleurs. Pour moi, il m’est impossible de me présenter comme Français à part entière, car ce serait mal dire la chose, ni Arménien pour les  mêmes raisons. Mais Français d’origine arménienne. En d’autres termes, je suis  toujours d’origine, condamné à être d’origine. Ainsi, l’exilé est la preuve  vivante que le monde va mal, qu’il est injuste. Il nous fait lire l’état du  monde tel qu’il est. C’est-à-dire la condition même de l’homme. Il rappelle à  l’autochtone que l’exil menace son propre confort. Mais aussi qu’on peut être  un exilé de l’intérieur par rapport à une norme, un consensus, une opinion  commune, l’idéologie dominante, l’ethnie dominatrice. Le chômeur, le handicapé physique ou mental, l’opprimé, l’opposant politique sont autant d’exilés.

Pour en revenir au génocide subi par les Arméniens, le sentiment d’exil se décline aussi bien côté bourreau que côté victime. Le négationnisme est une forme de perpétuation de l’exilé par un exilant.

L’exilé ne peut entrer dans la communauté des hommes tant qu’il sera rejeté par une partie de cette  communauté, une communauté étant de fait la mise en commun de valeurs humanistes. Mais l’exilant, le bourreau, lui aussi s’exile de cette communauté dans la mesure où il récuse le pacte de respect mutuel. Aujourd’hui, les Turcs et les Arméniens, les bourreaux et les innocents, se trouvent inclus dans cette dialectique infernale. L’enjeu, ce sera justement l’entrée de la Turquie dans l’Europe. Laquelle Turquie ne veut pas faire le pas d’une reconnaissance de sa mémoire comme l’a fait l’Allemagne.

3 – Par ailleurs être exilé, n’est pas un état, c’est un acte qui n’en finit pas. L’exilé est toujours en situation d’exil, c’est-à-dire en suspens entre deux mondes : le monde qui a été (familier) et le monde qui est en train de devenir (familier). C’est d’autant plus vrai que la langue de l’exilé est aussi bien une langue perdue, qui est derrière, qu’une langue qui reste à acquérir et qui est devant. Encore cet entre-deux. En fait, l’exilé est désintégré en permanence, et quoi qu’il fasse. Il cherche à recoller les morceaux de sa mémoire pour en faire un avenir. Là où il est, il n’est jamais totalement. Il est parti d’un pays qui l’a refusé (le pays natal) pour ne jamais être en adéquation absolue avec le pays qui l’a accueilli (le pays fatal).

4 – Au passage, le poète, quant à lui, est exilé dans et par la langue. La vraie poésie est au-delà de la poésie (Bataille). C’est la langue qui le lui dit. Il est dans la nostalgie de la langue et chemine vers une perfection de la langue, c’est-à-dire une adéquation parfaite de la langue avec les choses. (Tout le mal de la poésie, ou le malheur du poète, réside dans cette perte, en ce sens qu’elle définit la poésie même. Sans la perte, la poésie n’aurait pas lieu d’être). Plus précisément, la langue est son chemin entre ce que la langue dit de l’éden perdu et d’une adéquation parfaite de soi avec elle. Il est donc exilé, c’est-à-dire en suspens, mais un suspens actif et désespéré.

De fait, toute écriture se situe dans un entre-deux comme l’exilé entre deux langues et deux pays. La métaphore, en ce sens, désigne à celui qui l’invente un autre monde où il n’est pas. Les expériences symbolistes ou surréalistes ont eu l’intuition de ce quelque chose qui est en avant de la langue. Dans la métaphore, on s’étonne de ce que la langue utilise une voie/voix rationnellement fausse pour nous faire atteindre quelque chose à quoi nous adhérons comme vraie. Le poète, c’est un exilé de l’avenir.

La poésie comme absolu du langage invite au dépouillement total, elle invite au dépouillement de sa part d’histoire pour qu’il retrouve son temps intérieur profond. Et ce n’est jamais gagné.

5 – Mais l’exil peut être une chance pour l’humanisation des cultures. Une chance pour la culture d’accueil autant que pour la culture de l’exilé.

D’abord, elle oblige cette culture au dépassement d’elle-même en donnant du sens à sa propre humanité. Que vaudrait une culture qui ne serait pas « humaine » ? Ensuite, la porosité des cultures va créer des passerelles, des expériences de mariages, qui sont des épreuves de vie. Les cultures comme les hommes sont voués au métissage. (« L’avenir est au métissage » disait Léopold  Sédar Sengor). Les plus égocentrées des cultures ne pourront nier longtemps les apports culturels de l’histoire. Les plus ethnocentrés des hommes baignent déjà dans l’évidence de l’interaction des cultures. Quoi qu’ils disent et aujourd’hui plus que jamais. En art, c’est tout autant un fait qu’un mode d’évolution. Que vaudrait Picasso sans l’art nègre ? Van Gogh ou Monet sans les estampes japonaises ? Mais au sein même d’un art, c’est le métissage des techniques qui permet le renouvellement de notre vision du monde. L’art ne cherche qu’à pousser ses tentacules dans toutes les directions. Mieux, nous dirons que tout genre littéraire, par exemple, qui joue avec le métissage permet d’échapper à l’uniformité. On a beau dire de La recherche du temps perdu que c’est un roman, on sait bien que dans ce « roman », il y a du mémorialiste puisque Proust était un lecteur assidu de Saint-Simon, mais également un essayiste à la manière de Montaigne, sans oublier qu’il sut  exploiter à merveille l’intuition de Chateaubriand sur la mémoire. On a donc affaire à un art hybride, mais équilibré et dominé par la facture romanesque.

6 – « Aime, et fais ce que tu veux » disait Saint Augustin. Il faut aimer l’amour donc. La résolution des contraires est dans ce pacte avec le monde tel qu’il est. Je suis un être en suspens. Un être en attente. Or, l’attente est attention. Il n’y a pas mieux que l’exil, en attendant qu’il y ait mieux que l’exil.

Denis Donikian

13 juin 2019

PAYSAGES/VISAGES d’ARMÉNIE

Filed under: LIVRES — denisdonikian @ 4:40

Album inédit. Textes de Denis Donikian

Photographies d’Alain Barsamian

 

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Il est de ces pays qui imprègnent les hommes. Où les visages sont les enfants des paysages, comme si la géologie du territoire passait dans la morphologie de ses habitants. Telle est l’Arménie dans ses rapports avec les Arméniens. Et tels sont les Arméniens dans leur communion avec l’Arménie. L’âpre beauté des lieux se lit dans la dureté et le pétillant des regards baignant chaque jour dans les extravagances sublimes du sol et l’adversité du climat.

Mais ce n’est pas seulement la terre qui se lit sur les hommes. Il y a aussi le temps politique. Les voyages d’Alain Barsamian avec son fils Jean-Bernard, en mai 2011, se déroulent dans un pays en proie aux dérélictions provoquées par les régimes humiliants de Robert Kotcharian et Serge Sarkissian. Il faut penser ces visages et ces paysages que nous offrent leurs photographies à l’aune d’une époque marquée par le mépris démocratique. Quand la pauvreté, la guerre, la stagnation économique, l’exil et la corruption sévissaient comme des lois générales. Tout un système qui a fait mourir la terre et souffrir les hommes obligés à la résignation et à la mélancolie. Ce parcours photographique d’un père avec son fils a valeur de diagnostic visuel. Il restera comme un document tandis que la mutation initiée par la révolution de velours manière Pashinyan propulse aujourd’hui l’Arménie vers la volonté de conquérir les voies de la démocratie et du bonheur. Mais il fallait les dire ces scléroses d’une politique erronée pour que la nouvelle mentalité prenne avec elles ses distances doucement et résolument.

Denis Donikian

 

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Sauver la vie et autres choses (57)

Filed under: SAUVER LA VIE ET AUTRES CHOSES — denisdonikian @ 4:13

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Le jeûne rajeunit, la boulimie démolit.

7 juin 2019

Sauver la vie et autres choses (56)

Filed under: APHORISMES,SAUVER LA VIE ET AUTRES CHOSES — denisdonikian @ 6:16

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Tu combattras un à un les symptômes de la vieillesse jusqu’au jour où ils finiront par te submerger

2 juin 2019

Sauver la vie et autres choses (55)

Filed under: APHORISMES,SAUVER LA VIE ET AUTRES CHOSES — denisdonikian @ 4:27

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Dans son immense orgueil, l’homme soutient qu’il a été créé à l’image de Dieu. C’est vrai qu’il y a du Dieu dans Hitler. Et même en Monsanto qui ne pense qu’à empoisonner son prochain pour emmagasiner plus de fric. Et même en moi qui serait prêt à tuer mon frère pour apaiser mes faims.

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