Ecrittératures

26 novembre 2019

Radio Naphtaline, la radio qui conserve les mythes.

Filed under: CHRONIQUES à CONTRE-CHANT — denisdonikian @ 6:01

S’il y a une radio que les Naphtaliniens vénèrent, c’est Radio Naphtaline. Car Radio Naphtaline préserve les mythes naphtaliniens en asphyxiant les miteux.

Vous me direz que ceux qui gèrent cette radio sont probablement de vieilles ganaches. Des têtes archaïques, des crânes d’œuf pourri. Que nenni ! Radio Naphtaline, quand on l’écoute, sonne frais car ses voix proviennent de cordes vocales assez élastiques pour penser de leurs propriétaires qu’ils sont relativement jeunes. Mais ce qui trompe, c’est que ces cordes vocales juvéniles sans être joviales se gargarisent avec du cadavre. Car à force de rabâcher ou d’écouter l’esprit des momies, on se momifie soi-même. C’est alchimique.

En effet, Radio Naphtaline n’en finit pas de se repaître du passé. Car oui, Radio Naphtaline est une radio du passé, c’est-à-dire une radio du passif. Tous les Naphtaliniens qui l’écoutent s’y baisent à qui mieux mieux in mortibus. C’est qu’ils en ont des morts à se partager. D’autant que pour donner de la voix à ce passé, Radio Naphtaline fait toujours appel aux mêmes vestales, gardiennes des temps révolus, qui baignent dans la fosse des faits historiques comme des truies se roulent dans la fange. Les Naphtaliniens sucent la vieillerie autant que des porcelets les tétines de leur mère. C’est physiologique. Dès lors, on ne voit pas pourquoi Radio Naphtaline les priverait de spécialistes capables de les nourrir au lait fabriqué par le sang de l’histoire.

Car du sang, l’histoire en a produit chez les Naphtaliniens, plus que chez aucun autre peuple. Par tombereaux entiers. Et comme ce sang perdu, les Naphtaliniens comptent bien le rattraper, ils écoutent Radio Naphtaline, la radio qui dit comment faire. Non seulement elle indique la méthode mais aussi comment se brosser les dents avec du jus de cadavre. Les historiens sont en ce sens de magnifiques faiseurs de dentifrices et du meilleur conseil qui soit. Mais pas n’importe quel historien. Ceux que Radio Naphtaline a choisis pour dire au minimum 1,5. C’est le moins qu’elle puisse accepter. 1,5 ? Mais qu’est-ce ? 1,5 million de cadavres. Les minimalistes peuvent aller se faire ostraciser chez les zombies. En fait, en prenant toujours les mêmes historiens, Radio Naphtaline garantit à ses écoutants sa pérennité parmi les Naphtaliniens qui ne veulent entendre que ça, les cris du sang qui braille dans leurs veines. C’est que le temps chez les Naphtaliniens n’a qu’une dimension. Il n’est ni présent, ni futur. Il n’est que passé. C’est du temps arrêté. Du sang mis en boîte. C’est pourquoi ce qui est à venir chez les Naphtaliniens ne vient jamais puisque c’est leur passé qui est tout. Leur âme est rétrospective, vu que l’immortalité n’est autre que leur éternité dans leur histoire. 3 000 ans.

Tenez, parmi les fanatiques du passé, si l’on choisit au hasard, il y a ce plumitif qui n’en démord pas. Il a fait du 1,5 sa philosophie, sa morale, son dentifrice et son papier hygiénique qu’il macule de ses écrits. Il est tourné vers l’arrière comme une girouette qui serait définitivement coincé côté Est.  Chaque fois qu’il se met à écrire, il ne peut  s’empêcher de plonger dans son bain d’orgasme funéraire. Oui, oui, car pour lui rien n’est plus jouissif que le passif. Et comme il ne cultive que sa mémoire, elle s’est dilatée dans son cerveau au point d’écraser son imaginaire. C’est professoral, étant donné qu’un professeur, plutôt qu’un inventeur de vie,  est avant tout un serviteur de ce qui a été et qui n’est plus, un adorateur de la chose morte, un chercheur du fait effacé dont les effaceurs continuent encore d’effacer l’effacement même. N’est pas romancier qui veut, surtout quand on a le sexe tiré droit devant et la tête dans le cul, quand la vie vous demande d’être présent au présent et que votre cervelle a les yeux plantés dans votre occiput.  Mais heureusement les Naphtaliniens l’adorent, à telle enseigne qu’ils se voient dans ses nostalgies comme dans un miroir. En vérité, ce sont des vivants minés par de la mort. Si minés que la paralysie a fini par gagner leur cerveau et leur langage. Ils perroquètent à longueur de temps. Avec un profane, les Naphtaliniens n’ont d’autre but que de le rouler dans leur propre naphtaline. Moi-même, il m’arrive de me laisser aller. Ça me colle à la langue comme une glu et je profère des propos naphtaliniens sans m’en rendre compte. Heureusement, je peux me secouer et revenir à moi. Alors, je rougis de honte pour avoir décapité ma vie de son présent. J’ai honte d’écrire rétro au lieu de délirer dans mes imaginaires. J’ai honte de profaner ma vie en me barbouillant la gueule avec de la mêlasse à vous tuer une race en voie de disparition. Oui, j’ai honte. Car dans le fond ceux qui nous ont arrêtés à 1,5, arrêté le temps jusqu’à atteindre ce chiffre je veux dire, non seulement ont tué les morts mais aussi dégénéré les  générations posthumes. Ils ont tué chez les survivants non seulement les autres temps de la vie, le présent et le futur, comme je l’ai précisé. Je veux dire  qu’ils ont tué en chaque Naphtalinien la liberté de pleinement être. C’est-à-dire non miné par le goût amer d’une indignité qui vous marque à jamais.

Cela s’entend quand on écoute Radio Naphtaline. Les voix de Radio Naphtaline ne rient jamais. Elles font dans le grave 24 heures sur 24.  Voilà une autre composante humaine que les Naphtaliniens ont atrophiée : l’humour. Ce sont des agelastes, comme disait Rabelais. Des gens plombés à l’image du plumitif évoqué plus haut. Les agelastes sont des volatiles qui ne volent pas. Trop balourds. Trop gras. Trop tristes. Car pour voler, il faut avoir le sens de l’air, le goût du ciel, l’envie de la hauteur. Les Naphtaliniens sont des gens de placards et de cercueils.

Ainsi donc Radio Naphtaline entretient ce fardeau. Elle en rajoute même en ne convoquant pas à sa table ceux qui parlent des maladies du présent. Du syndrome de la naphtaline, en somme. Ce serait une trahison de le faire. Radio Naphtaline ne veut pas dire radiographie.  Si le pays est malade de diarrhée démographique, elle le dit pour le dire et passe à autre chose, à savoir son programme naphtalinien. Peu importe qu’il soit exsangue  ce pays, c’est le sang d’hier qui l’intéresse. Ce sang qui la démange et la submerge. Que ce pays soit dans la mort, qu’importe aussi. Tant que son cœur palpite, Radio Naphtaline fait croire qu’il sera toujours vivant et passe outre. Oui dans la mort, ce pays. La mort hygiénique ; la mort politique ; la mort démocratique ; la mort pédagogique ; la mort hystérique ; la mort militaire ; la mort sexuelle ; j’en passe. Car parler de ces morts-là, c’est dire que nous sommes incapables de nous tenir droit dans la vie. Que nous avons le don d’être au bord du gouffre. Hier nos bourreaux nous y précipitaient. Aujourd’hui nous autres survivants y sommes acculés, devenus les victimes de nous-mêmes. Dire cela, c’est jeter bien bas le haut nom du pays. Alors on le tait. C’est pourquoi Radio Naphtaline ne laisse pas entrer dans ses locaux les miteux briseurs de mythe et qui veulent jouer les Cassandre, les casse-couilles et les casseurs !

Telle est Radio Naphtaline. Je le sais car le miteux de service, c’est moi.

Denis Donikian

 

( Texte paru le 27 janvier 2013)

25 novembre 2019

La bêtise ne change jamais de camp

Filed under: CHRONIQUES à CONTRE-CHANT — denisdonikian @ 8:33

 

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Les anniversaires de mort ou de naissance d’écrivains disparus, les Arméniens en raffolent. Un écrivain mort est un écrivain qui ne dérange personne, d’autant qu’on peut lui faire dire tout et son contraire, de préférence le contraire de ce qu’il a toujours dit.

Les salons du livre arménien ont déversé du Toumanian par-ci et du Komitas par-là. Et c’était justifié.

Les morts arméniens font recette. La mort arménienne est commerciale, pour ne pas dire culturelle.

Or de quoi meurt un peuple, sinon de sa culture de mort. Une culture que la vie ne parvient pas à renouveler. Les écrivains vivants peuvent aller se rhabiller !

Pour preuve, quand j’ai proposé, parmi d’autres de mes livres, de céder à un prix avantageux à tel salon du livre ma réédition des magnifiques Quatrains de Toumanian en édition bilingue, on m’a répondu textuellement :

 » qu’on n’en avait pas besoin ».

Je laisse à mes lecteurs le soin de commenter cette réaction.

La bêtise ne change jamais de camp.

De quoi meurt notre diaspora, me demanderez-vous ?

Elle meurt de sa propre inculture.

 

Denis Donikian

24 novembre 2019

COMMENT J’AI RENCONTRÉ le FALSTAFF de TIFLIS

Filed under: ARTICLES — denisdonikian @ 4:39

Photo Jean-Luc Schloeder copyright

 

( Introduction à une réédition des Chevaux Paradjanov, à paraître en édition bilingue, en 2020, chez Actual Art)

Avant ma rencontre

La première fois que le nom de Paradjanov est parvenu à mes oreilles, c’était en 1969. J’étais alors étudiant à Erevan en année préparatoire, ou nakhapatrastakan, dans une classe réservée aux étudiants arméniens de l’étranger. L’Arménie accordait alors des bourses pour tous ces jeunes de la diaspora qui désiraient faire des études au pays. De sorte que je fus le premier étudiant venu de France où j’avais terminé un premier cycle d’études universitaires. Je revois encore notre professeure de russe entrer en classe, dans un état d’excitation inhabituelle. Incapable de retenir son prurit mental, elle se lâche : la veille, elle a vu en avant-première le film d’un génie. Ce film, c’était « Nran Gouyne ». Peu de temps après, ce fut mon tour de le visionner dans une salle de la capitale, probablement dans sa version originale, celle que Youtkevitch allait modifier. J’étais avec mon cousin. Nous avons alors assisté à une véritable contagion : les spectateurs décrochaient un par un et quittaient la salle. A telle enseigne qu’on se sentait un peu idiot de rester. C’était tellement nouveau, que nous n’étions pas mûrs pour une telle œuvre.

Par la suite, à Kiev, où j’étais enseignant en 1972 et 1973, une coopérante française, travaillant à l’université, nous annonça que Paradjanov serait présent à une soirée à laquelle nous étions invités. Malheureusement, cette soirée n’a pas eu lieu. Mais un soir, une collègue française de l’Institut pédagogique nous conduisit dans une salle périphérique de Kiev pour voir Les Chevaux de feu. Par la suite, il se trouva que cette collègue, mariée à un Ukrainien, devait fournir des mouchoirs et du papier à dessin à Paradjanov par l’intermédiaire de son beau-frère qui était dans la même prison que lui. (Paradjanov y avait été arrêté le 17 décembre 1973 tandis que son procès aura lieu le 25 avril 1974). C’est l’un de ces mouchoirs, dessinés de la main même de Paradjanov que nous présentons dans ce livre.


                                                                                         Paradjanov roi, de D. Donikian

Le déclenchement de la campagne en France en faveur de Paradjanov vint avec une note du « Nouvel Observateur » le 12 juillet 1975. Cette campagne s’est amplifiée lors du Festival de Cannes en 1976 par un appel urgent aux cinéastes du monde entier pour demander la libération de Paradjanov. Le soutien de la communauté arménienne de France se concrétisa aussitôt par la création du Collectif Paradjanov qui avait son siège à Marseille, plus précisément dans les bureaux des éditions Parenthèses dont le directeur était Varoujan Arzoumanian. En rapport direct avec Varoujan, je mène campagne dans ma région. J’eus alors l’occasion d’alerter par téléphone Yves Montand qui me conseilla de m’adresser à Jack Lang. C’est dans ce climat que je commence à écrire Les Chevaux Paradjanov. A ce moment-là, plusieurs interventions de haut niveau, dont celles de Jean-Louis Bory, Louis Aragon et Lili Brik, permirent à Paradjanov d’être libéré, soit le 30 décembre 1977.

De mon côté, la part poétique des Chevaux Paradjanov étant terminée, je commençai à songer à une publication à compte d’auteur. Varoujan Arzoumanian me propose une couverture que je trouve magnifique. Or, à ce moment-là, en janvier 1980 paraît dans le Monde Dimanche le compte-rendu d’une rencontre de Paradjanov avec deux jeunes Arméniens de France. Paradjanov y fait part de son activité de peintre tandis qu’il est interdit de travail comme cinéaste. Brusquement me vient l’idée de rencontrer Paradjanov à Tbilissi, chez lui, malgré le risque d’être repéré par tous ceux qui avaient en charge de le surveiller. En avril, je pars pour Erevan comme accompagnateur au profit de l’agence Sevan Voyage. A Erevan, je fais une demande de visa de deux jours pour Tbilissi, sous prétexte que mon agence de tourisme m’avait chargé de faire un travail exploratoire. On me donne ce visa et je me trouve, le 12 avril, à Tbilissi, rue Koté Meskhi où vit Paradjanov.

Au fond d’une ruelle montante, se dressait une maison typique des lieux, avec un escalier de bois et un balcon qui courait le long du premier étage. Dans la cour du rez-de-chaussée, se trouve un bassin aux faïences fatiguées, avec une vasque d’où devait jaillir une eau également fatiguée.  Juste derrière, se trouve un cagibi très étroit. J’apprendrai plus tard que c’était là que dormait Paradjanov, comme un lapin.

 

Pendant la rencontre

Le cinéaste m’apparaît pour la première fois en compagnie de deux militantes françaises, l’une membre d’Amnesty International et l’autre du Comité des mathématiciens pour la libération de Leonid Pliouchtch. Puis il disparaît avec les deux jeunes femmes dans les ruelles du vieux Tbilissi, me laissant seul avec son neveu. Pour moi, comme la première fois à Kiev, la rencontre commence par une non-rencontre. Même si Paradjanov m’assure qu’il sera bientôt de retour. Au lieu de perdre mon temps, j’en profite pour filmer l’intérieur de l’appartement de sa sœur qu’il a transformée en musée Paradjanov avant la lettre. On trouve sur les murs des collages, des lettres dont celle de Fellini, des photos de ses parents… Une sorte de bric-à-brac qui montre la lutte du cinéaste contre le désœuvrement où les autorités l’ont plongé après sa sortie de prison. Sachant que Paradjanov ne reviendrait pas de sitôt, son neveu quitte les lieux. De retour, Paradjanov, étonné par ma patience, me retrouve chez lui sur son balcon. Nous commencerons un bout de conversation avant que je prenne la décision de revenir le lendemain.

Cette fois Paradjanov est disponible. Notre conversation se déroule en arménien. Contrairement à ses habitudes Paradjanov parlait avec aisance en arménien oriental, auquel, moi qui venais de l’arménien occidental, je m’étais familiarisé après mon année et demie d’études à Erevan. S’est joint à nous Jean-Luc Schloeder venu seul mais avec la protection d’Amnesty International. Jean-Luc sera resté quatre jours auprès de Paradjanov, soit deux jours de plus que moi. Et il en profite pour prendre des photos de nous, dont une sur le balcon avec pour fond la composition d’un couple du Zanguézour. Et puis, Paradjanov s’empare de ma caméra et commence à filmer son lieu de vie. Il sait qu’il n’y a pas mieux qu’un film pour écrire un destin. Il m’offre ensuite de le filmer et fait le fou dans l’escalier de bois en manipulant un parapluie. Ce qui frappe, c’est la vivacité esthétique de son esprit, sa boulimie créatrice, son incessante envie de créer des choses. Ainsi, à peine a-t-il reçu une carte postale de l’étranger qu’il commence à la brûler sur les côtés pour en faire un objet Paradjanov. Pour Jean-Luc, il ouvre les tiroirs de sa commode, prêt à lui offrir une de ces vieilleries d’église qu’il a toujours collectionnées. Mais c’est comme s’il négociait un service, celui de faire passer un film à l’occident. Jean-Luc, visiblement mal à l’aise, va protester, estimant que ce serait dangereux tant pour lui que pour le film.

L’heure étant venue de déjeuner, nous faisons un détour sur la tombe de Sayat Nova avant de rejoindre le centre-ville. Un moment émouvant, surtout pour lui, qui voue un culte esthétique au passé arménien.

Dans la stolovaïa où nous déjeunons, Paradjanov fait encore preuve de boulimie. On dirait qu’il tient à rattraper ses années de privation où tout avait un goût de mort et de désespoir. Ce jour-là, si mes souvenirs sont bons, il nous révélera qu’il était diabétique. Mais l’homme n’en aura cure et je sais que j’ai éprouvé une sorte de désolation à le voir malmener son corps sans retenue.

Déambulant dans les rues du centre-ville, il cherchera à nous surprendre en nous conduisant sous les fenêtres de Gaïané Khachaturian, femme-peintre. Derrière une fenêtre grande ouverte pour travailler en pleine lumière, Gaïané est tournée vers sa toile quand Paradjanov l’interpelle depuis le trottoir d’en face. Une conversation joyeuse se déroule entre les deux artistes. Jean-Luc en profite pour prendre une photo, regrettant qu’il n’ait plus de pellicule couleur.

Dans la ville, Paradjanov fait le pitre. Il avise un vieil homme, cherchant à vendre des chaussures. Paradjanov s’en empare et se pointe dans l’entrée d’un supermarché pour le proposer aux clients. Riant et généreux comme ce Falstaff dont Orson Welles dira : « Pour moi, c’est l’un des seuls personnages de toute la littérature dramatique qui soit fondamentalement bon. Sa bonté est essentielle, comme le pain, comme le vin. Il resplendit d’amour et il demande si peu qu’en fin de compte il ne reçoit rien du tout. » Paradjanov joue comme si pour lui tout était cinéma, transformant le réel en images de film sous l’œil omniprésent d’une caméra fantôme.

Ensuite, il m’a fallu reprendre l’avion. De retour à Erevan, mon cousin m’attendait dans l’angoisse, sachant que j’avais pris de gros risques. Pour moi, j’avais accompli ma mission. J’avais mon interview, des photos et un film.

 

Après la rencontre

De retour en France, je m’attelle à reproduire l’entretien qui paraîtra dans le Journal  Quotidien Rhône-Alpes (numéro 1025 du mercredi 21 mai 1980 sous la signature de R.D.). Comme prévu, cet entretien figurera à la fin du poème Les Chevaux Paradjanov. Un graphiste de l’institut où je travaille fabrique le livre à mes frais, à 100 exemplaires. Livre de ferveur, bouée de sauvetage au bénéfice d’un grand artiste menacé d’extinction, Les Chevaux Paradjanov  aura  probablement été évoqué ici ou là dans des cercles fermés et même acheté par des curieux pour qui importait que le cinéaste continue d’exercer son métier. Aujourd’hui encore, si j’en tire une satisfaction personnelle, c’est d’avoir transpiré pendant deux ans pour l’écrire et d’avoir risqué gros pendant deux jours à Tbilissi pour rencontrer le personnage qui devait tant me servir comme modèle par la suite. Souvent, il m’arrive encore de me dire que ma petite vie aura contribué à sauver une autre vie, celle d’un homme qu’il fallait tirer de l’enfer pour le rendre à l’humanité.

Toujours est-il que le prolifique Paradjanov aura sur le moment fécondé mon esprit, puisque ma rencontre suscitera un film, des nouvelles, des poèmes, des dessins…

Paradjanov s’éteindra 10 ans plus tard à Erevan, terrassé par un cancer. Une dernière fois, il sera passé par la France pour se soigner. Un passage de la dernière chance. Les Arméniens vont lui réserver des funérailles populaires comme s’ils découvraient qu’ils avaient mis au monde un enfant de génie. Un musée à Erevan, tenu par Zaven Sargsyan, lui sera consacré qui concentre tout ce qu’on avait de lui et sur lui.  Je devais m’y rendre après sa mort et montrer au directeur la photo d’un mouchoir dessiné par le maître et qui restera dans un cadre accroché au-dessus de mon bureau, comme si je comptais ainsi travailler sous son ombre tutélaire et la bénédiction de son énergie créatrice.

Pourtant, la figure de Paradjanov va rester en sommeil dans mon esprit durant de longues années, celles que me prendront mes occupations ordinaires. Mais l’esprit de Tbilissi va resurgir un jour, sans crier gare, sur la presqu’île de Giens, face à la mer, non loin de la pierre tombale de Saint-John Perse. Ce jour-là, j’ai vu monter comme une germination, celle de l’empreinte laissée en moi par le Paradjanov d’avril 1980. Pour la première fois, j’ose, mes craintes me quittent, la veine plasticienne de mon adolescence reprend brusquement du service, je dessine… Homme sans école, je bricole, je colle, je m’en remets aux couleurs pour me lancer dans une nouvelle voie. Sans chercher à faire de l’art, mais dans le seul but de chercher et de faire. Comme le fit Paradjanov avec sa carte postale. Et je m’émerveille en toute naïveté d’avoir franchi un cap. Probablement je devais à Paradjanov de m’être aventuré dans le collage (que j’appellerai bris-collage), la peinture sans pinceau, la sculpture à colle,  en utilisant des matériaux inédits et que lui ne connaissait pas. Jusqu’au jour où mes œuvres vont occuper la moitié de notre salon et où se fera sentir la nécessité de trouver un lieu pour donner libre cours aux eaux souterraines qui dormaient en moi. Ce lieu, une fois trouvé, un atelier de 140 m2, mes délires ne vont plus arrêter. Mais je me devais de très vite quitter les rives du maître pour pénétrer sur de nouveaux sentiers en associant écriture et arts plastiques dans une même œuvre. Ainsi sont nés : Sismographies, Fragments de figures apatrides, Un Nôtre Pays, Poteaubiographie, Un cercle d’histoire. Sans compter les installations à L’INSA de Lyon et à Morsang-sur-Orge où je mêlais musique, écriture et arts plastiques.

 

Les Chevaux Paradjanov

Coup sur coup, mes Chevaux vont sortir de leurs limbes sous la forme de deux traductions, l’une, en 2018, en espagnol par Ana Arzoumanian et Cristina Bourette (Ed. Leviatan, Buenos Aires), l’autre, en arménien, par Lilit Mnasatkanyan, prévu, au moment où j’écris, pour une parution à Erevan, chez Actual Art en 2020.

Étrange chose que la lecture de ce texte, quarante ans plus tard. Au fur et à mesure, m’accompagne le sentiment qu’il aurait été écrit par un autre. D’autant qu’aujourd’hui ma tendance est d’aller vers l’aphorisme minimaliste, le texte court, la retenue… Les chevaux Paradjanov est dans un style qui m’est devenu étranger et inaccessible.

Mais  je pense savoir pourquoi.

Au moment où j’écris Les chevaux Paradjanov, je suis imprégné par deux influences majeures : celle de Saint-John Perse et celle de Soljenitsyne. Mais aussi, plus sournoise, celle des tableaux mobiles-immobiles de Couleur de la Grenade (Nran Gouyne). Saint-John Perse pour ses fulgurances amples et précieuses. Soljenitsyne pour son combat contre le mensonge soviétique. Ainsi se dessine la figure de mon Paradjanov, un homme dont la fertilité artistique  souffre d’être encagée par l’idéologie délétère de son temps. Nul doute que Paradjanov n’ait éprouvé de ces bouffées d’une conscience aliénée telles que j’ai essayé de les formuler dans mon poème. Mon Paradjanov devient le porte-parole d’une humanité décérébrée, prise dans les fers de l’orthodoxie communiste. Sa parole sombre, issue des enfers de l’aliénation mentale et physique, vibre sous les poussées de son esprit.

Pour autant, le vrai Paradjanov ne saurait s’être constitué sous les tribulations d’une quelconque dissidence. Paradjanov l’a toujours déclaré. Tout en paraissant éloigné de la dissidence, Paradjanov se présente  seulement un artiste interdit de création, en l’occurrence un cinéaste en manque de caméra. C’est cette terrible frustration qui transparait de notre conversation dans le sens où les projets qui se bousculaient dans sa tête se heurtaient tous à l’impossibilité de les réaliser. Cette contrariété allait jusqu’à provoquer chez lui une impression de mort permanente, même si, comme pis aller, il donnait vie à sa créativité  par les collages et les dessins. Mais ni les collage ni les dessins ne pouvaient combler son  besoin de caméra. Et Dieu sait si cet empêchement qui le rendait malheureux et dans lequel l’avaient plongé ses bourreaux ne fut pas à l’origine de son cancer.

Il reste que mes Chevaux vont devoir affronter les paradoxes que rencontre toute lecture d’un texte fiévreusement poétique. Le mien ne s’interdisant aucun dérèglement, aucune dérive, aucune limite, sauf à se soumettre aux impératifs du langage et de sa grammaire. De fait, lire les délires de ce poème, comme n’importe quelle poésie qui jouerait sur la subversion des clichés et des images, conduit à l’attaquer de deux manières possibles, si antagonistes que le lecteur soit en sortira perturbé en raison des associations de mots qui échappent aux logiques ordinaires, soit il opérera une entrée coextensive aux métaphores qui débordent de tous côtés. En effet, l’esprit rationaliste sera forcément rebuté par les audaces qui émaillent le texte de part en part. Or, qu’est-ce que la poésie sinon une pratique audacieuse du langage ? Dès lors, il importe de pénétrer dans la chair du texte jusqu’à s’en pénétrer. « Enivrez-vous ! » disait Baudelaire. Enivrez-vous de la fougue sauvage qui traverse la langue ! Poussez jusqu’à vous fondre dans l’innocence et la virginité d’une imagination en état de bouillonnement ! Mais tant que le lecteur restera confiné à l’intérieur de son orthodoxie cartésienne, tant que s’établira entre lui et les mots une distance, une crainte, une méfiance, il aura du mal à apprécier un poème qui vise à être une fête de l’esprit par une défaite de la raison. C’est que la poésie se situe au-delà de toute poésie. Elle n’est pas dans les mots seuls, mais dans les espaces entre eux qui constituent autant d’échappées vers des vérités inconnues.

Curieusement, chaque fragment des Chevaux me donne l’impression d’avoir été construit comme les tableaux filmiques de Paradjanov où une image figée se déconstruit et se reconstruit elle-même par l’introduction du mouvement. Mais le mouvement chez Paradjanov relève du frémissement des lignes. Rien à voir avec le scénario classique qui mime l’activité humaine. Les scènes à la Paradjanov sont des morceaux de vie épurés, sinon esthétisés à l’extrême. Au point qu’on peut se demander si Paradjanov savait écrire un scénario tant il s’en éloigne pour explorer une voie qui n’aura jamais été osée dans toute l’histoire du cinéma. On peut dès lors se demander si la censure n’a pas joué le même rôle que joue la contrainte voulue et recherchée comme chez les tenants de l’OuLiPo. D’ailleurs, qu’est-ce qu’une contrainte, sinon une censure qu’on décide de s’appliquer ? Paradjanov, en rusé petit Arménien, a su faire de la censure soviétique qu’on lui imposait un avantage. Nous dirons même qu’il a élevé la censure au rang d’art à part entière.

Quelle contrainte l’auteur des Chevaux Paradjanov s’est-il imposée, me demanderez-vous ? En toute apparence, le vers libre avance tandis que l’auteur place ses mots sur la portée en respectant cette petite musique intérieure qui le guide. Durant deux années, j’aurai vécu dans la démesure que m’inspirait mon sujet. Mais la démesure ici est contenue par la conscience d’une tonalité à restituer. C’est cette tonalité, empreinte de solennité et d’extravagance, qui m’a tenu en haleine pendant mon travail.

Je me réjouis qu’une traductrice comme Lilit Mnatsatkanyan soit entrée dans le texte avec autant d’aptitude et d’empathie. La version arménienne des Chevaux Paradjanov produit en moi une résonance particulière qui semble donner voix à Paradjanov, que ce soit le vrai Paradjanov ou le Paradjanov fictif. Toujours est-il que tous ces travaux autour de lui restent l’objet d’une ferveur qui contribue à le rendre vivant.

Denis Donikian, Novembre 2019.

Photo de Jean-Luc Schloeder, copyright

20 novembre 2019

Soutenance de thèse sur l’aménité

Filed under: APPEL à DIFFUSER — denisdonikian @ 1:04
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SORBONNE UNIVERSITÉ

ÉCOLE DOCTORALE 3 – Littératures Françaises et Comparée

Laboratoire de recherche CELLF

T H È S E

pour obtenir le grade de

DOCTEUR DE L’UNIVERSITÉ SORBONNE UNIVERSITÉ

Discipline : Littérature Française

Présentée et soutenue par :

Charikleia Magdalini KEFALIDOU

Mythe, symbole et identité à l’épreuve de l’entre-deux   L’écriture de l’arménité en France et aux États-Unis du début du XXe siècle à nos jours  

le : 3 Décembre 2019 , à 14h 30, Amphithéâtre Roussy au campus des Cordeliers, 15 rue de l’Ecole de médecine

Sous la direction de :

Mme Sophie BASCH – Professeur, Sorbonne Université 

Membres du jury :

M. Maxime DECOUT – Professeur, Aix-Marseille Université

M. Jean-Louis JEANNELLE – Professeur, Sorbonne Université

M. Raymond KEVORKIAN– Professeur émérite, Université Paris VIII

Mme Claire MOURADIAN– Directeur de Recherche, CNRS – EHESS

POSITION DE THÈSE

La présente thèse vise à examiner les modalités d’articulation de l’arménité dans la littérature produite par des écrivains d’origine arménienne ayant grandi dans la diaspora et écrivant dans la langue du pays d’accueil, donc en s’étant déjà affranchis d’un des aspects constituants traditionnels de l’arménité dans leur œuvre.

 À l’aune du génocide, certains écrivains de littérature, en passant d’abord par l’autotraduction ou encore en migrant vers la langue du pays d’accueil lorsqu’ils se sentirent prêts, ouvrirent une porte vers les habitants du pays où ils trouvèrent refuge après la Catastrophe, en embrassant de cette manière la réalité historique de leur installation et intégration dans le pays d’accueil et leur bilinguisme. Phénomène profondément bouleversant pour la communauté, car il touche à un des piliers de l’identité arménienne, à savoir la langue, suscitant une énorme polémique parmi les premiers écrivains installés aux États-Unis et en France, la question de la migration vers la langue du pays d’accueil aboutira, dans certains cas, à des reconfigurations de ce qui rend un texte « arménien ».  La langue, le contenu, la forme? Krikor  Beledian (2001 : 95-96)  évoque (et rétorque), dans son histoire de la littérature arménienne en France, le surgissement du thème de « l’esprit arménien » en diaspora, que Kostan Zarian, Nicolas Sarafian et Vahé Oshagan véhiculent et notamment Oshagan qui salue I Ask You Ladies and Gentlemen, de Léon Zaven Surmélian, en tant qu’ouvrage qui fait preuve de cet esprit, malgré le fait qu’il soit écrit en anglais. « Nous ne pouvons pas aller à contre courant des processus historiques. Tôt ou tard nous allons perdre notre langue, mais nous devons ne pas perdre notre esprit arménien » disait Surmélian dans sa correspondance avec Vahan Tekeyan à propos de son choix d’abandonner l’arménien en faveur de l’anglais. (Beledian :2001 : 46)

Nous souhaiterons cerner les enjeux politiques et sociaux de la poétique de cette littérature en focalisant sur la manière dont les écrivains du corpus articulent leur rapport avec leurs origines, l’arménité, le passé, la mémoire collective ainsi que la manière dont ils construisent leur image d’écrivain en analysant les modalités de représentation des mythes nationaux arméniens, du génocide en tant que mythe fondateur de la diaspora ainsi que des fondements de l’identité culturelle arménienne (religion, langue, alphabet, légendes) qui font partie de l’arsenal mythique, dans la littérature des quatre écrivains qui font partie de notre corpus.

L’ampleur de l’expérience de la Catastrophe, combinée au statut exilique durant les premières années de la création des colonies jadis provisoires, devenues diasporiques à partir de la fin de la Seconde Guerre Mondiale avec la dissipation du rêve de retour au yerguir (Ter Minassian, Vidal-Naquet : 1997: 27-28)  et la désillusion du « rapatriement » aboutirent au développement d’un vaste réseau d’institutions culturelles et politiques visant à maintenir vivants les liens de solidarité et d’échange entre les différentes communautés dans le monde mais aussi avec la République Socialiste Soviétique d’Arménie et ensuite la République Arménienne, ainsi qu’ à un essor littéraire et cinématographique visant à décrire l’exil, le deuil, la perte mais aussi les enjeux de la vie en diaspora, le contact avec l’Autre, les échanges culturelles ainsi qu’une multitude de travaux de recherche portant sur différents aspects de la culture et l’histoire arméniennes.

Cet essor littéraire, cinématographique et scientifique permit d’établir le dialogue au sein de chaque communauté mais aussi à travers les communautés, en mettant l’accent sur le lien qui réunit les différentes communautés entre elles à travers le monde : L’identité culturelle commune mais aussi la cause du déracinement : le traumatisme partagé qui mobilise l’activisme en faveur de la cause arménienne à partir du pays d’adoption et à l’aide des organisations arméniennes internationales. Mais de façon tout aussi considérable, cette démarche artistique et scientifique de la diaspora arménienne vise à relier le passé avec le présent, l’ici avec l’ailleurs et la communauté avec les peuples qui accueillirent les Arméniens : en France, en Italie, en Allemagne, aux États-Unis, en Grèce. 

Nous décidâmes d’entamer cette recherche en profitant de la diversité des communautés et des expériences diasporiques afin de déceler les modalités de réinterprétation des mythes, symboles et autres éléments constituant l’identité ethnique arménienne reterritorialisée dans un contexte social et ethnique diffèrent par rapport au pays d’origine, mais aussi avec comme objectif d’examiner l’évolution de ce bagage ethnique à travers le temps. Notre analyse comparative porte ainsi sur des écrivains d’origine arménienne d’expression anglaise et française, issus de deux grandes communautés diasporiques, la communauté des Arméniens en France et celle des États-Unis.

Le choix des deux communautés fut établi à la fois sur des critères démographiques, étant donné que la communauté arménienne-américaine est la deuxième plus grande communauté diasporique arménienne après celle de Russie, et la communauté française est la plus grande en Europe, et parmi les plus grandes au monde, mais aussi méthodologiques, puisque nous souhaiterions privilégier des textes originaux rédigés dans des langues maîtrisées par la rédactrice de la présente thèse et avoir recours à des traductions seulement dans les rares cas où les œuvres en langue originale seraient épuisées ou introuvables.

Tout en maintenant un point d’ancrage dans la littérature produite dans l’Hexagone, nous voudrions établir une comparaison avec la littérature produite par des écrivains d’origine arménienne dans un pays comme les États-Unis. L’étude de la représentation de l’identité arménienne de la diaspora et  de l’évolution des mythes et symboles dans les textes prend en considération les éléments sociaux et démographiques ainsi que les mouvements politiques et idéologiques qui influencèrent la perception des étrangers et de l’immigration dans les deux pays.

Notre travail de thèse concerne quatre écrivains ayant vécu ou vivant en France et aux États-Unis.  Le choix des quatre écrivains était déterminé par leur usage presque exclusif de la langue du pays d’accueil dans leurs œuvres, ainsi que leur appartenance à la première ou deuxième génération d’immigration après 1915. Souhaitant donner  davantage du relief à cette thèse comparatiste et ainsi vérifier le caractéristique de « point zéro » accordé par plusieurs chercheurs au sujet du génocide (Hovanessian : 1992 : 23), qui pourrait justifier le clivage crée entre les générations d’immigration qui précédèrent le grand éclatement de violence génocidaire, et celles qui furent le produit de cette violence de manière directe ou en tant qu’héritiers de la mémoire du génocide, nous choisîmes d’enrichir notre corpus avec les œuvres d’un écrivain dont la famille migra aux États-Unis dix ans avant les faits. La mise en perspective des représentations littéraires des mythes, des symboles et en particulier du génocide tirées des oeuvres des écrivains dont les familles avaient subi l’exode définitif de 1915 comme Victor Gardon, de son vrai nom Vahram Gakavian qui vit le jour à Van, dans l’ancien royaume de Vaspourakan désormais en Turquie et qui avait survécu du génocide avec sa famille, David Kherdian né en 1931 dans le Wisconsin de parents orphelins rescapés du génocide, et Denis Donikian, né en Isère de parents rescapés, avec celles de Saroyan, issu d’une famille protestante qui avait migré en 1905 à l’exhortation des missionnaires protestants, poussée par l’attente d’un avenir meilleur, nous permettrait de constater le décalage dans les modalités de représentation, dans leur intensité et leur persistance et dans l’effet de la prégnance de la mémoire communautaire dans la manière dont le génocide impacta différentes générations d’Arméniens  et leurs modalités d’écriture.

La démarche d’étude des écrivains s’exprimant dans la langue du pays d’accueil permet de constater la possible reconfiguration et réintégration des symboles et des mythes ethniques ainsi que leur apport dans la société du pays d’accueil lorsque les écrivains font appel à un plus grand lectorat et/ou un lectorat bilingue/non-arménophone. La décision d’écrire dans une langue autre que la langue arménienne, relève soit de l’impossibilité d’utiliser (parfaitement) l’arménien à des fins littéraires, soit de l’envie de ces écrivains de s’adresser à un lectorat en dehors de leur communauté.

Si cette décision pourrait signaler une assimilation linguistique, elle ne présuppose pas pour autant l’abandon des thématiques arméniennes, ou une acculturation totale et le déni des racines, mais investit plutôt un espace tiers d’échange entre l’écrivain et son lectorat, et aborde des perspectives interculturelles lorsque, par exemple, l’identité ethnique est scrutée à travers les valeurs de la culture dominante et vice versa, créant des configurations nouvelles qui enrichissent autant les lecteurs, arméniens ou français/américains que l’écrivain. Indépendamment de la cause qui motive le passage d’une langue à l’autre, la littérature produite par une minorité dans la langue majoritaire est une démarche interculturelle, car elle établit une rencontre féconde, un terrain d’échange qui affecte les relations entre le groupe minoritaire et le groupe majoritaire de manière réciproque.

  Vasquez, Clanet et Mbodj remettent en cause le concept d’acculturation comme étant d’une part linéaire, car basé sur un modèle de relations asymétriques entre le groupe dominant doté d’une culture dominante et le groupe dominé qui est censé accepter ou rejeter la culture dominante, d’autre part essentialiste car il néglige la contribution des minorités dans la recontextualisation de la culture dominante (Guerraoui : 2009). Clanet le remplace avec le concept d’interculturation qui reflète trois processus indicatifs de la dynamique et de la pluralité des relations sociales: l’assimilation,  la différenciation et la synthèse originale. Nous nous intéressons à l’échange reflétant le dynamisme culturel qui pourrait se manifester à travers les œuvres des écrivains : leurs contradictions mais aussi leurs changements de points de vue, ainsi qu’à la représentation de ces trois processus (assimilation, différentiation, synthèse) dans le corpus étudié.

Pour cela nous privilégiâmes une étude non seulement diachronique et spatiale entre trois générations d’écrivains et entre deux pays qui ont abrité de grandes communautés arméniennes, mais aussi une analyse diachronique englobant la quasi-totalité de l’œuvre des écrivains, écrite dans la langue du pays d’accueil qui nous permettait d’avoir un meilleur aperçu des prises de position et du possible recul des écrivains par rapport aux positions prises dans différents moments de leur vie (références à l’enfance, à l’adolescence, différents moments dans l’âge adulte), ainsi que du processus d’échange, de confrontation et de négociation avec les autres communautés avec lesquelles ils rentrèrent en relation tout au long de leurs vies.

Concernant en particulier les représentations du génocide en tant que « mythe fondateur de la diaspora » (Hovanessian), nous nous intéressons à la manière dont les écrivains l’évoquent dans le contexte de la mémoire culturelle, d’un point de vue comparatiste, alimenté par la coexistence de différentes mémoires collectives, minoritaires ou marginalisées, au sein d’une société plurielle mais aussi par la fonction naturelle du cerveau à produire du sens à partir des évènements à travers des analogies, des comparaisons et des croisements. À quel degré la mémoire collective arménienne fait-elle preuve d’une dynamique interculturelle au sein des oeuvres du corpus? Comment les différentes mémoires historiques pourraient dépasser la barrière spécifique de leur communauté et se mettre en relation avec d’autres mémoires historiques des communautés également présentes sur le territoire américain ou français ? Les nouvelles manières de créer des représentations du génocide à l’époque des sociétés multiculturelles et de la mondialisation permettent de scruter l’évènement sous un angle qui permet d’établir une mémoire culturelle plurielle et créer des réseaux de solidarité et des intersections. Cet aspect de la recherche fut motivé par les recherches de Michael Rothberg (2009) sur la mémoire multidirectionnelle dans  Multidirectional Memory, Remembering the Holocaust in the Age of  Decolonization  où il étudie l’intersectionalité des mémoires de la Shoah et de l’époque postcoloniale dans la littérature et les arts. 

Finalement nous souhaiterions s’attarder sur l’image de soi que ces écrivains véhiculèrent à travers leurs œuvres, à savoir dans leur façon de se présenter au monde et de s’imposer au champ littéraire, donc à la fois face à leur communauté, mais aussi face au reste de la société où ils vivent et où ils publient leurs oeuvres. Grâce au caractère souvent autobiographique ou puisant des expériences personnelles et familiales des œuvres étudiées dans le cadre de notre thèse, nous plongeons au cœur des processus thérapeutiques de l’écriture et de la tentative de synthèse entre l’identité ethnique héritée (en lien avec le lieu perdu), la conscience communautaire diasporique et les exigences et nouveaux défis de la vie dans un nouveau lieu investi. Par quels moyens l’écriture et le statut d’écrivain réussiraient-ils à minimiser ou à palier le tiraillement propre à la diaspora qui situe le sujet dans un perpétuel entre-deux, toujours en quête d’équilibre entre l’identité ethnique et l’identité nationale du pays d’adoption ? Denis Donikian considère la création comme un «espace» privilégié d’union et de fusion d’éléments opposés, à savoir le devoir de mémoire  d’un ailleurs et le fait de vivre ici et maintenant :

De fait, plus qu’à l’ambiguïté, je suis condamné au conflit, écartelé entre les injonctions de l’histoire dont je suis le fils et les appels de la vie ordinaire, entre le culte du temps communautaire et la présence du vivant.  Dès lors, l’unique synthèse, si synthèse il y a, se trouvera dans la nécessité de transformer la malaise en expression créatrice.  (1995 : 11)

Ce processus ne doit pas être exclu de la recherche sur la recontextualisation des mythes et des symboles car c’est précisément l’envie de se projeter par la symbolisation artistique, de témoigner d’une appartenance problématique ou tenter de la palier, de produire une synthèse entre ici et ailleurs, de déconstruire et reconstruire, d’assurer une certaine cohérence et continuité malgré la discontinuité vécue auparavant qui motive les écrivains.

16 novembre 2019

SCANDALE À LA ROYALE

Filed under: Uncategorized — denisdonikian @ 1:04

Ségolène Royal

le scandale de la reine des neiges continue

 FLASH INFO 

Une nouvelle enquête de Radio France révèle de nouveaux éléments scandaleux sur les activités de Mme Ségolène Royal. [1]

Cette dernière utilise son poste d’ambassadrice des pôles pour sa propre promotion politique et enchaine les dépenses somptueuses et inutiles au frais du contribuable.

Nous apprenons ainsi que :

  • Ses assistants (payés par le Quay d’Orsay pour l’ambassade des pôles) sont également utilisés pour des séances de dédicace de son livre, des visites d’usine ou encore des inaugurations de salon. 

  • Ses frais de mission sont passés d’environ 30 000 euros (sous l’ancien ambassadeur M. Michel Rocard) à plus de 100 000 euros. 

  • Elle dépense des montants importants et inutiles pour des trajets en VTC. 

Il devient urgent de destituer Mme Royal de sa fonction.

L’ambassade des pôles n’a pas pour objectif de servir de plateforme pour un ancien ministre et sa cour.

Signez et partagez cette pétition autour de vous !

    Je signe la pétition    

Sources :

[1] https://www.franceinter.fr/politique/enquete-sur-les-moyens-publics-du-quai-d-orsay-utilises-par-segolene-royal#xtor=EPR-5-[Meilleur15112019]

14 novembre 2019

Peut-on faire une overdose de vitamine D ?

Filed under: Uncategorized — denisdonikian @ 3:35

Chère amie, cher ami,

La question n’est pas de moi. Elle a été posée par un médecin américain dans une chronique récente (1), le Dr Marc Micozzi, dont je suis les chroniques régulières. 

Il s’insurge de voir qu’une étude publiée dans un journal scientifique reconnu ait pu mettre en avant un lien entre insuffisance rénale et prise excessive de vitamine D.

Cette publication est le Canadian Medical Association Journal. 

Ce qui choque notre bon médecin, c’est que le titre de l’étude est trompeur. Et que le lecteur pressé, comme le sont souvent les médecins, pourrait en conclure qu’il existe de grands dangers liés à la vitamine D alors qu’en réalité, ils sont presque inexistants.

Evidemment, cette chronique s’inscrit dans un contexte particulier. Aux Etats-Unis comme en Europe, les administrations sont frileuses face à la consommation de compléments alimentaires.

Elles s’inquiètent beaucoup moins de la consommation massive de médicaments.

Pourtant, la prise de certains compléments alimentaires de qualité à des moments choisis de l’année pourrait être très bénéfique.


Pour ceux qui ne le connaissent pas : Marc Micozzi, un pionnier de la lutte contre le cancerMarc Micozzi est une figure publique aux USA, connu notamment pour ses recherches sur le cancer et ses prises de position contre le tout-médicament.  

Le Dr Micozzi a fait partie d’un petit groupe de médecins envoyés en Chine en 1987, alors que la Guerre Froide faisait rage… pour étudier des substances naturelles utilisées par la médecine traditionnelle chinoise contre le cancer – dans le plus grand secret, bien entendu. 

À la fin des années 2010, après 30 ans de recherche, Marc Micozzi a enfin achevé son protocole anti-cancer, commencé en 1987 sur les bords de la rivière Yangtze en Chine…>>> Cliquez ici pour en savoir plus sur le « protocole Micozzi » <<<

L’histoire du touriste canadien

Que nous dit Micozzi ?

D’abord que l’étude ne porte que sur qu’une seule personne. C’est peu pour faire une généralisation !

Ensuite, que l’histoire racontée est un peu biaisée.

Que s’est-il passé en réalité ? Nous avons un touriste canadien de 54 ans. Il revient de deux semaines de congés en Asie du Sud-est. Chaque jour, il s’est prélassé au soleil entre 6 et 8 heures, habitude agréable peut-être mais délétère pour sa santé ! Car à force de prendre le soleil, il s’est déshydraté. Et c’est l’un des facteurs de risques premier pour les problèmes de reins.

Par ailleurs, il a de la goutte, une tension élevée et prend des médicaments, dont des diurétiques, pour soulager ces maux. C’est là aussi un facteur de risque important pour les problèmes rénaux. 

Enfin, dans sa famille, l’insuffisance rénale est un mal connu. Deux de ses proches parents en souffrent et ont recours à des dialyses.  

A son retour, il ne sent pas très bien. Il consulte le médecin de famille. On fait les analyses sanguines de routine. Verdict : il a des niveaux élevés de créatinine dans le sang. 

Le médecin est catégorique : c’est un indicateur de dysfonctionnement des reins ! Le patient se voit prescrire d’autres médicaments. Mais il ne sent guère mieux. Il va voir un spécialiste. Ce dernier apprend que l’homme prend entre 8000 et 12000 IU de vitamine D par jour depuis plus de 2 ans.

On s’aperçoit qu’il a un niveau toxique de vitamine D dans le sang. On lui donne d’autres médicaments pour faire réduire cette vitamine D. On lui diagnostique une maladie rénale de moyenne gravité. 

Ce n’est donc pas une insuffisance rénale et aucune dialyse rénale n’est nécessaire. Le patient peut rentrer chez lui et vivre « normalement » pourvu qu’il adopte une vie saine et qu’il évite de se déshydrater.

La colère de Micozzi

Pourquoi cette histoire a-t-elle tant mis en rogne notre bon médecin ?

D’abord parce qu’elle est exagérée. Il n’y a qu’un simple problème au rein, pas d’insuffisance rénale, qui est une maladie grave qui fait peur à tous : médecins et patients.

Ensuite, il y a de nombreuses causes au problème de ce monsieur. Et la complémentation en vitamine D, retenue par le spécialiste comme cause principale, n’en n’est qu’une parmi d’autres. Selon Micozzi, l’exposition au soleil est beaucoup plus grave car, elle induit une augmentation considérable de vitamine D incomparable avec ce que l’on peut espérer obtenir avec une complémentation, fût-elle excessive.

Et surtout, c’est un message qui va à l’encontre de la santé publique.

Car pour un cas où la vitamine D n’était peut-être pas indiquée, en tout cas, pas dans les quantités prises par le patient, il existe des millions de cas où le vrai problème est inverse.

C’est parce que les personnes manquent de vitamine D qu’elles sont malades, fragiles ou qu’elles peinent à retrouver leur forme.

Et évidemment cette étude s’inscrit dans le cadre d’une controverse scientifique plus générale sur le rôle que pourrait avoir la vitamine D sur la santé.

Une étude à oublier !

Selon Micozzi, cette étude est à ignorer. Il estime qu’il s’agit d’un cas extrêmement spécifique qui ne s’applique pas à la plupart des gens.

Selon lui, vous pouvez donc continuer à prendre jusqu’à 10000 IU par jour. 

C’est évidemment beaucoup plus que ce que préconisent de nombreux experts qui se limitent à 2000 à 4000 IU par jour.

Pour ma part, vous me connaissez, je pense qu’il faut savoir être prudent et apprendre à se connaître. En cas de doute, échangez avec votre médecin, votre ostéo et/ou votre naturo !

Une chose est sûre, dans l’hémisphère nord, beaucoup de personnes manquent de vitamine D en hiver et une supplémentation peut être une solution pour renforcer votre santé.

Les bienfaits de la vitamine D

Pourquoi les débats sont-ils si passionnés autour de la vitamine D ? 

Parce que tous les jours des chercheurs mettent en évidence les nombreux bienfaits de la vitamine D, tandis que dans le même temps, les recommandations des administrations de santé ne changent pas ou peu.

Pour de nombreux praticiens, la vitamine D est un des éléments fondamentaux de votre santé.

Pourquoi ? 

Parce qu’elle est absolument nécessaire à de très nombreuses fonctions du corps.

Elle agit directement au niveau de l’ADN contenu dans vos cellules. Elle sert même de « clé de lecture » de cet ADN. La vitamine D permet l’expression ou non de certains gènes. Elle pourrait réguler jusqu’à 3000 gènes de votre corps sur les 30 000 dont vous disposez. C’est considérable (2).

Cette action au cœur de la cellule explique les nombreuses vertus dont on pare la vitamine D. Elle aurait des effets positifs sur (2) : 

  • L’hypertension 

  • Les maladies cardiovasculaires ; 

  • L’obésité 

  • L’arthrite rhumatoïde ; 

  • Le diabète de type 1 et 2 ; 

  • La sclérose en plaques ; 

  • La maladie de Chron ; 

  • Le rhume et la grippe ; 

  • L’inflammation de l’intestin ; 

  • La démence ; 

  • La tuberculose ; 

  • Les infections MRSA 

  • L’infertilité ; 

  • Les mélanomes ; 

  • La dépression ; 

  • La schizophrénie ; 

  • La maladie d’alzheimer ; 

  • L’ostéoporose. 

  • Le cancer 

Par ailleurs, la vitamine D serait également utile pour vous aider à détoxifier votre corps.

Que de vertus !

Attention, cela ne fait pas de la vitamine D une panacée.

Cela veut simplement dire qu’une carence en vitamine D est potentiellement dangereuse.

Si donc vous devez avoir une inquiétude, mieux vaut qu’elle soit sur le risque de manquer que celui de faire une overdose !

A méditer avant que l’hiver ne s’installe !

Naturellement vôtre,

Augustin de Livois

Après l’homéopathie, l’herboristerie

Filed under: APPEL à DIFFUSER — denisdonikian @ 2:15

Herboristerie : le rapport qui fait PEUR
Chers amis du Naturel,

Le Sénat a lancé une « mission d’information » sur l’herboristerie !

Spontanément, mon petit doigt m’a dit « méfiance »……alors j’ai un peu enquêté…

…et ce que j’ai découvert a confirmé mes pires craintes.

Comme vous le savez peut-être, le diplôme d’herboriste a été supprimé par le régime de Vichy, en 1941.

Résultat : les herboristeries ont disparu, les unes après les autres.

Seules les pharmacies ont eu encore le droit de vendre des plantes médicinales…

… mais elles ont abandonné cette mission, pour se concentrer sur les médicaments !

Il faut dire qu’une boîte de médicament est plus facile à stocker que des plantes !

Et puis, la phytothérapie (médecine par les plantes) exige un grand savoir traditionnel.

Or ce savoir a été perdu, au fil des années.

À la faculté, les étudiants en pharmacie n’apprennent plus que les molécules chimiques… les plantes traditionnelles sont ignorées, dédaignées, voire méprisées.

Et cela vaut même pour les huiles essentielles : une enquête récente en Suisse a montré que la plupart des pharmaciens ne savent absolument pas comment s’en servir !!! [1] 

Au total, tout a été fait pour qu’il soit très difficile de se soigner naturellement, avec des plantes.

Et les rares herboristes qui résistent à l’oppression sont poursuivis comme des malfaiteurs !Persécutés parce qu’ils vendent des plantes médicinales !En France, la « police de la santé » a fait fermer les herboristeries, les unes après les autres.

Longtemps, l’herboristerie du Palais Royal, à Paris, a « résisté à l’envahisseur », grâce à la ténacité de Michel Pierre, un immense spécialiste des plantes et des tisanes.

Mais Michel Pierre a fini lui aussi par être traîné en correctionnelle, sur plainte de l’Ordre national des pharmaciens… et condamné pénalement à des amendes par la Cour d’appel.

Et pourtant, dans son réquisitoire, même le Procureur de la République a souligné l’absurdité de la situation :
« Formellement, vous serez déclaré coupable, mais j’ai totalement conscience des limites de cette loi puisque l’on est dans une impasse totale. On peut aussi déplorer que le savoir-faire des herboristes, qui existent depuis des siècles, voire depuis toujours, et qui sont les ancêtres des pharmaciens, se perde… J’espère que les législateurs trouveront les moyens de régulariser les choses »
Pour un autre herboriste parisien, Jean-Pierre Raveneau, la sanction a été encore plus sévère.

En 2016, il a été condamné à un an de prison avec sursis pour « exercice illégal de la pharmacie en récidive »… alors qu’il est lui-même docteur en pharmacie !

L’un de ses « crimes » était d’affirmer que 80 % des maladies pouvaient être combattues avec des plantes… ce qui est rigoureusement exact !

La vérité, c’est que Big Pharma n’aime pas la concurrence :On marche sur la tête !!!Pour l’industrie pharmaceutique, la situation actuelle est idéale : seuls les pharmaciens ont le droit de vendre des plantes médicinales… mais aucun, ou presque, n’utilise ce droit… ce qui empêche les patients de se soigner naturellement… et laisse libre cours au « tout médicament chimique » !

On atteint ainsi un sommet dans l’absurde.

Les herboristes, ceux qui détiennent le savoir traditionnel sur les plantes :N’ont pas le droit de vendre des plantes qui guérissent, en dehors des 148 plantes autorisées à la vente ;
Et sur ces 148 plantes autorisées, ils n’ont pas le droit de conseiller les gens sur la façon de les utiliser pour se soigner !Un herboriste peut être condamné simplement pour avoir dit qu’une tisane au thym ou au romarin soigne un rhume ou un mal de gorge !

Et pendant ce temps-là, les pharmaciens vendent massivement du Doliprane sans la moindre restriction, alors que ce médicament est la cause numéro 1 des hépatites fulminantes en Occident !

Écoutez Thiery Thévenin, auteur de « Plaidoyer pour l’herboristerie » :
« Les pharmacies devraient d’abord balayer devant leur porte avant de s’en prendre aux personnes qui s’intéressent aux plantes. À ma connaissance, l’herboristerie de la place de Clichy n’a intoxiqué personne. Il faut relativiser la dangerosité des plantes. En revanche, combien de gens ont-ils été envoyés à l’hôpital à cause des médicaments ? »
Voilà pourquoi Thierry Thévenin se bat, avec d’autres, pour recréer un diplôme d’herboriste, comme il en existe en Allemagne, en Belgique ou en Suisse.

Et figurez-vous que le Sénat en France a décidé de s’emparer du sujet !À quelle sauce allons-nous être mangés ?Le 18 avril 2018, le Sénat a lancé une « mission d’information le développement de l’herboristerie et des plantes médicinales, des filières et métiers d’avenir ».

En apparence, cette mission semble être un progrès. Enfin on parle de ce sujet !

Le sénateur chargé de préparer le « rapport », Joël Labbé est d’ailleurs un écologiste sincère, convaincu de l’intérêt de l’herboristerie.

Et pourtant, mon premier réflexe a été d’avoir peur.

Pourquoi ?

Tout simplement parce que le parti au pouvoir, « En Marche », est très proche de Big Pharma.

Pensez à la loi sur les 11 vaccins obligatoires… à l’offensive contre l’homéopathie… au déchaînement de la répression contre les thérapeutes « alternatifs ».

Croyez-moi : jamais Emmanuel Macron ni la ministre de la Santé Agnès Buzyn n’autoriseront la libération de l’herboristerie !

Et ma petite enquête a confirmé ma première intuition. Savez-vous qui est la présidente de cette mission d’information ?

Une pharmacienne !

Et pas n’importe laquelle : il s’agit de la sénatrice Corinne Imbert, une des plus ferventes défenseurs du lobby des pharmaciens ! [2]

Ces dernières années, elle s’est même élevée contre l’interdiction d’asperger les vignes avec des pesticides lorsqu’elles sont à côté de zones d’habitation ! [3] 

Dans une autre intervention, elle souhaite mettre fin au monopole de la vaccination par les médecins, demandant que d’autres professionnels de santé puissent vacciner massivement. [4]

Et même sur cette fameuse mission parlementaire, Corinne Imbert n’a pas fait mystère de ses intentions !!! Elle l’a dit dans la presse, très explicitement : [5]Il n’est pas question pour elle de reconnaître un diplôme d’herboriste ;
Ce qu’elle veut, en revanche, c’est un « encadrement » du secteur !
Et au cas où vous auriez un doute sur cet « encadrement », voici ce qu’elle explique :
« Il faut aussi faire attention. Il y a eu des travaux de fait sur des dérives sectaires, sur le danger que peut représenter, pour certains patients qui souffrent de pathologies lourdes, l’arrêt de traitement au bénéfice de médecines naturelles. Attention, il ne faut pas tomber dans le charlatanisme et dans des dérives sectaires, parce que ça existe, ça a existé et ça peut encore exister. Il faut avant tout préserver la sécurité sanitaire ».
Sa préoccupation, vous l’avez compris, n’est pas DU TOUT de permettre aux citoyens de se soigner naturellement, avec des plantes.

C’est tout le contraire ! Elle veut rendre le cadre actuel encore plus restrictifqu’avant !

Croyez-moi, je vais suivre ce dossier avec LA PLUS GRANDE ATTENTION.

Et comptez sur moi pour vous appeler à vous mobiliser s’il le faut !

Votre dévoué,

Guillaume Chopin
Association Santé Naturelle

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