Ecrittératures

7 avril 2017

Radio Naphtaline, la radio qui conserve les mythes.

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S’il y a une radio que les Naphtaliniens vénèrent, c’est Radio Naphtaline. Car Radio Naphtaline préserve les mythes naphtaliniens en asphyxiant les miteux.

Vous me direz que ceux qui gèrent cette radio sont probablement de vieilles ganaches. Des têtes archaïques, des crânes d’œuf pourri. Que nenni ! Radio Naphtaline, quand on l’écoute, sonne frais car ses voix proviennent de cordes vocales assez élastiques pour penser de leurs propriétaires qu’ils sont relativement jeunes. Mais ce qui trompe, c’est que ces cordes vocales juvéniles sans être joviales se gargarisent avec du cadavre. Car à force de rabâcher ou d’écouter l’esprit des momies, on se momifie soi-même. C’est alchimique.

En effet, Radio Naphtaline n’en finit pas de se repaître du passé. Car oui, Radio Naphtaline est une radio du passé, c’est-à-dire une radio du passif. Tous les Naphtaliniens qui l’écoutent s’y baisent à qui mieux mieux in mortibus. C’est qu’ils en ont des morts à se partager. D’autant que pour donner de la voix à ce passé, Radio Naphtaline fait toujours appel aux mêmes vestales, gardiennes des temps révolus, qui baignent dans la fosse des faits historiques comme des truies se roulent dans la fange. Les Naphtaliniens sucent la vieillerie autant que des porcelets les tétines de leur mère. C’est physiologique. Dès lors, on ne voit pas pourquoi Radio Naphtaline les priverait de spécialistes capables de les nourrir au lait fabriqué par le sang de l’histoire.

Car du sang, l’histoire en a produit chez les Naphtaliniens, plus que chez aucun autre peuple. Par tombereaux entiers. Et comme ce sang perdu, les Naphtaliniens comptent bien le rattraper, ils écoutent Radio Naphtaline, la radio qui dit comment faire. Non seulement elle indique la méthode mais aussi comment se brosser les dents avec du jus de cadavre. Les historiens sont en ce sens de magnifiques faiseurs de dentifrices et du meilleur conseil qui soit. Mais pas n’importe quel historien. Ceux que Radio Naphtaline a choisis pour dire au minimum 1,5. C’est le moins qu’elle puisse accepter. 1,5 ? Mais qu’est-ce ? 1,5 million de cadavres. Les minimalistes peuvent aller se faire ostraciser chez les zombies. En fait, en prenant toujours les mêmes historiens, Radio Naphtaline garantit à ses écoutants sa pérennité parmi les Naphtaliniens qui ne veulent entendre que ça, les cris du sang qui braille dans leurs veines. C’est que le temps chez les Naphtaliniens n’a qu’une dimension. Il n’est ni présent, ni futur. Il n’est que passé. C’est du temps arrêté. Du sang mis en boîte. C’est pourquoi ce qui est à venir chez les Naphtaliniens ne vient jamais puisque c’est leur passé qui est tout. Leur âme est rétrospective, vu que l’immortalité n’est autre que leur éternité dans leur histoire. 3 000 ans.

Tenez, parmi les fanatiques du passé, si l’on choisit au hasard, il y a ce plumitif qui n’en démord pas. Il a fait du 1,5 sa philosophie, sa morale, son dentifrice et son papier hygiénique qu’il macule de ses écrits. Il est tourné vers l’arrière comme une girouette qui serait définitivement coincé côté Est.  Chaque fois qu’il se met à écrire, il ne peut  s’empêcher de plonger dans son bain d’orgasme funéraire. Oui, oui, car pour lui rien n’est plus jouissif que le passif. Et comme il ne cultive que sa mémoire, elle s’est dilatée dans son cerveau au point d’écraser son imaginaire. C’est professoral, étant donné qu’un professeur, plutôt qu’un inventeur de vie,  est avant tout un serviteur de ce qui a été et qui n’est plus, un adorateur de la chose morte, un chercheur du fait effacé dont les effaceurs continuent encore d’effacer l’effacement même. N’est pas romancier qui veut, surtout quand on a le sexe tiré droit devant et la tête dans le cul, quand la vie vous demande d’être présent au présent et que votre cervelle a les yeux plantés dans votre occiput.  Mais heureusement les Naphtaliniens l’adorent, à telle enseigne qu’ils se voient dans ses nostalgies comme dans un miroir. En vérité, ce sont des vivants minés par de la mort. Si minés que la paralysie a fini par gagner leur cerveau et leur langage. Ils perroquètent à longueur de temps. Avec un profane, les Naphtaliniens n’ont d’autre but que de le rouler dans leur propre naphtaline. Moi-même, il m’arrive de me laisser aller. Ça me colle à la langue comme une glu et je profère des propos naphtaliniens sans m’en rendre compte. Heureusement, je peux me secouer et revenir à moi. Alors, je rougis de honte pour avoir décapité ma vie de son présent. J’ai honte d’écrire rétro au lieu de délirer dans mes imaginaires. J’ai honte de profaner ma vie en me barbouillant la gueule avec de la mêlasse à vous tuer une race en voie de disparition. Oui, j’ai honte. Car dans le fond ceux qui nous ont arrêtés à 1,5, arrêté le temps jusqu’à atteindre ce chiffre je veux dire, non seulement ont tué les morts mais aussi dégénéré les  générations posthumes. Ils ont tué chez les survivants non seulement les autres temps de la vie, le présent et le futur, comme je l’ai précisé. Je veux dire  qu’ils ont tué en chaque Naphtalinien la liberté de pleinement être. C’est-à-dire non miné par le goût amer d’une indignité qui vous marque à jamais.

Cela s’entend quand on écoute Radio Naphtaline. Les voix de Radio Naphtaline ne rient jamais. Elles font dans le grave 24 heures sur 24.  Voilà une autre composante humaine que les Naphtaliniens ont atrophiée : l’humour. Ce sont des agelastes, comme disait Rabelais. Des gens plombés à l’image du plumitif évoqué plus haut. Les agelastes sont des volatiles qui ne volent pas. Trop balourds. Trop gras. Trop tristes. Car pour voler, il faut avoir le sens de l’air, le goût du ciel, l’envie de la hauteur. Les Naphtaliniens sont des gens de placards et de cercueils.

En effet, Radio Naphtaline n’a pas pour mission d’informer, mais de propager le deuil comme revendication politique. Car le deuil des Naphtaliniens est d’autant politique qu’il fut le résultat d’une politique d’anéantissement. Donc les Naphtaliniens se doivent d’être in-formés toujours et partout sur la nécessité de la revanche. C’est la seule façon qu’ils auront de vaincre leur deuil, d’enterrer leurs morts. Mais en attendant, la culture des Naphtaliniens pue la mort à plein nez. Et le rôle de Radio Naphtaline est celui d’un diffuseur d’huile essentielle dans laquelle l’encens se mélange au sang. C’est vital de devoir se vautrer dans la fange des morts. 1,5 en vérité. Ca en fait du cadavre, tellement que ça pénètre dans la vie. Deux Naphtalieniens qui font l’amour font aussi de la mort sans s’en rendre compte.

Ainsi donc Radio Naphtaline entretient ce fardeau. Elle en rajoute même en ne convoquant pas à sa table ceux qui parlent des maladies du présent. Du syndrome de la naphtaline, en somme. Ce serait une trahison de le faire. Radio Naphtaline ne veut pas dire radiographie.  Si le pays est malade de diarrhée démographique, elle le dit pour le dire et passe à autre chose, à savoir son programme naphtalinien. Peu importe qu’il soit exsangue  ce pays, c’est le sang d’hier qui l’intéresse. Ce sang qui la démange et la submerge. Que ce pays soit dans la mort, qu’importe aussi. Tant que son cœur palpite, Radio Naphtaline fait croire qu’il sera toujours vivant et passe outre. Oui dans la mort, ce pays. La mort hygiénique ; la mort politique ; la mort démocratique ; la mort pédagogique ; la mort hystérique ; la mort militaire ; la mort sexuelle ; j’en passe. Car parler de ces morts-là, c’est dire que nous sommes incapables de nous tenir droit dans la vie. Que nous avons le don d’être au bord du gouffre. Hier nos bourreaux nous y précipitaient. Aujourd’hui nous autres survivants y sommes acculés, devenus les victimes de nous-mêmes. Dire cela, c’est jeter bien bas le haut nom du pays. Alors on le tait. C’est pourquoi Radio Naphtaline ne laisse pas entrer dans ses locaux les miteux briseurs de mythe et qui veulent jouer les Cassandre, les casse-couilles et les casseurs !

Telle est Radio Naphtaline. Je le sais car le miteux de service, c’est moi.

1 avril 2017

Le visible et l’invisible

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Les élections législatives du 2 avril, soit demain à l’heure où nous écrivons, on peut déjà le dire, c’est du jamais vu. Du jamais vu dans le quantitatif. 650 observateurs internationaux et 28 000 issus des partis politiques arméniens. Après ça, on ne dira pas que Serge Sarkissian ne fait pas dans l’européen.

On va voir ce qu’on va voir et les observateurs vont ouvrir grand leurs yeux pour ne rater aucune anomalie.

Or, en vérité je vous le dis, il n’y aura pas d’accroc, rien qui accrochera le regard en pointe d’Atom Egoyan et de Serge Tankian, puisqu’ils en seront. Au passage, je note le réveil tardif de ces activistes improvisés. Que n’ont-ils fait plus tôt, avec Kotcharian et le premier Sarkissian ?

Mais que vaudra l’observation de ces observateurs-là s’ils ne passent par la rubrique briefing ? A savoir un lavage du regard en règle. Du genre : Messieurs les Européens, n’oubliez pas qu’ici vous êtes chez des orientaux. Ah l’Orient ! Les parfums enivrants des magiciennes qui vous font prendre un crapaud pour une fée, une crapule pour une libellule, une élection à l’orientale pour une élection à l’européenne.

Les Arméniens d’Arménie sont des magiciens en diable. Ce sont des frères qui vous buteraient à la première contrariété. C’est dur d’entendre dire ça. Que les Arméniens sont des orientaux. Très dur. Mais c’est le fonds culturel qui nous colle au QI. L’Europe n’est jamais qu’un vernis sage. Dans les arrière-cours et les arrière-cuisines se fomentent des messes basses qui feront toujours partie de la part invisible des élections en Arménie. Sauf changement radical de mentalité. D’accord. Soyons optimistes. Je veux bien. Mais dans le fond, n’est-ce pas leur charme aux Arméniens, d’être des Européens orientaux ou des Orientaux en mal d’Europe ?

En vérité, je vous le dis encore. Je fus observateur en Arménie d’élections présidentielles. Et qu’ai-je vu ? Rien, aucun accroc. Il aura fallu qu’un autochtone me mette au parfum et me montre le ballet des voitures noires qui défilaient dans la cour de l’école. Elles allaient chercher les personnes âgées pour qu’elles viennent voter. Oui, cela est bien. Sauf qu’en échange on leur demandait de voter pour le parti républicain. Sinon… Et la peur faisait le reste. Sarkissian passait devant tout le monde les doigts dans le nez.

Aujourd’hui, on le sait. Ce qu’on appelle les ressources administratives sont à l’œuvre. On pourrait dire que le travail a été accompli en amont, dans cette part invisible des élections en Arménie.

L’Arménien, pays pauvre, maintenu dans la pauvreté, est une Arménie qui a peur. Elle a peur de ne pas pouvoir manger demain. De perdre son emploi. Son logement. Jouer sur cette peur de la part d’une administration acquise au parti au pouvoir par nature est de bonne guerre. Tous les administrés, mais aussi les autres, beaucoup d’autres, inféodés à l’État arménien, n’ont guère envie de perdre leur place ou leur pain. Et donc, ils feront ce que loyalement ils devront faire. Ce qu’aucun observateur ne verra, c’est le travail obscur d’influence qui s’est déjà joué avant le jour J.

Car on voit mal comment en Arménie, ceux qui détiennent le pouvoir, jouissant d’une situation confortable, mettraient leurs privilèges en jeu.

On le voit mal.

C’est pourquoi, les couillonnés d’hier prendront encore aujourd’hui une belle couillonnade.

Foi d’Européen !

Denis Donikian

18 septembre 2016

Notre culture

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Hasmik Pogosyan, ministre de la culture d’Arménie

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17 mars 2016

Adhésion de l’Europe à la Turquie ?

Filed under: ARTICLES,CHRONIQUES à CONTRE-CHANT — denisdonikian @ 7:30

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Faut-il haïr l’Europe ? Faut-il haïr la démocratie européenne quand elle se prostitue ?

Le spectacle affligeant des Européens déroulant le tapis rouge devant une Turquie dictatoriale, une Turquie qui tue et qui bafoue les libertés publiques a dû dérouter plus d’un Arménien. Dérouter est un euphémisme quand il faudrait dire dégoûter, écœurer, effrayer même. Tous les Arméniens auront compris qu’une année de commémoration liée au centenaire du génocide de 1915, avec tout le cortège des leçons que leur histoire aura voulu donner au monde par des colloques, des cérémonies et des publications n’aura servi à rien. A l’heure où nous écrivons, les députés européens oseront-ils passer outre en jouant leur jeu malsain d’un marché qui leur fera perdre leur âme sinon aujourd’hui, mais sûrement demain. Le double jeu dans lequel la Turquie est passée maître, dont les Arméniens furent hier les témoins autant que les victimes, et qui s’exerce à l’heure présente contre le peuple kurde, n’aura donc pas suffi pour que l’Europe traite le cynisme de ce pays par la fermeté qui lui convient. Car les Européens ont une faiblesse : ils tiennent avec des non-Européens dans l’âme un langage qui convient seulement à des Européens. Et ces mêmes non-Européens qui accusent les Européens de constituer une sorte de club chrétien oublient sciemment que l’Europe est d’abord un club démocratique, où en principe tout se discute, tout se met sur la table et se décide en commun. Sauf aujourd’hui, sous l’effet du pragmatisme politique, où les uns prennent en coulisses leurs décisions pour des décisions européennes obligeant les autres à vouloir claquer la porte.

Pour être juste, si tous les Arméniens déplorent ce piège dans lequel est tombée l’Europe, tous les Turcs ne s’en réjouissent pas non plus. Je pense à ces démocrates turcs qui rêvent d’Europe et qui regrettent sincèrement que cette Europe-là s’acoquine aujourd’hui avec un État qui se joue des Européens au gré de ses seuls intérêts et de son idéologie jeune-turque.

Si les Arméniens sont effrayés, c’est qu’ils voient venir à eux ceux qui les ont forcés à l’exil. Si les Turcs devaient désormais se promener dans l’espace Schengen sans visa, Dieu sait si demain ils ne demanderaient pas davantage sous l’effet du nombre et ne viendraient submerger de leurs voix les revendications arméniennes. Je n’ose pas imaginer ce que deviendraient les commémorations du 24 avril si les Turcs débarquaient brutalement dans l’espace public européen pour concurrencer par le nombre les voix des Arméniens. Cette entrée sans visa aujourd’hui, n’est-ce pas le début d’un entrisme dans d’autres instances demain ? Sans parler du fait que le vaste monde turcophone pourrait prendre la Turquie pour une porte d’entrée en Europe et imposer un jour aux Européens des règles qui empêcheraient la démocratie de respirer. On peut aussi se demander si les Arméniens qui ont toujours en mémoire le scénario du génocide de 1915 ne prendraient pas les devants en s’exilant une seconde fois pour se mettre à l’abri dans des pays moins naïfs et capables de défendre leur identité. Cet avenir sombre, que d’aucuns peuvent considérer comme impensable, ne relève de l’élucubration que pour les plus dormants des esprits. Qui aurait cru que la mémoire du génocide avait déserté l’esprit des dirigeants turcs d’aujourd’hui ? Qu’on songe aux paroles du parlementaire du parti Justice et Développement Metin Kulunk, le 29 décembre 2015 : «  Il y a cent ans, les bandes arméniennes incendiaient écoles et mosquées. Aujourd’hui, ce sont les bandes terroristes du PKK ». Rhétorique qu’utilise sans hésiter Davutoglu, le Premier ministre. C’est dire combien il était utopique de croire que lors du centenaire la Turquie allait faire un geste d’excuse profond et sincère. La Turquie ne s’excuse que dans les termes qu’elle choisit et que s’il est de son intérêt de le faire aujourd’hui comme elle peut se rétracter demain si cet intérêt change. Les excuses historiques de Recep Tayyip Erdogan en avril 2015 (« Nous souhaitons que les Arméniens qui ont perdu la vie dans les circonstances du début du XXe siècle reposent en paix et nous exprimons nos condoléances à leurs petits-enfants ») se sont mués en injures un an plus tard en «  bandes d’Arméniens » dans la bouche de son Premier ministre. Car ces mots qui ont conduit à l’élimination des Arméniens conduisent maintenant à l’éviction des Kurdes. C’est que la longue marche des Turcs consiste à créer un État à tendance monoethnique. Même si existent sur place des cultures ancestrales nombreuses et variées, l’important est de les submerger par le nombre. Car la force du Turc, c’est le nombre.

De fait, la chancelière allemande, Angela Merkel, prise de court par le tsunami migratoire syrien a marqué des points dans la première partie du jeu en acceptant massivement les réfugiés, quand ses partenaires européens limitaient leur accueil, pour les perdre dans la seconde en les « échangeant » contre… des Turcs. Car le marchandage auquel elle a dû se plier avec la Turquie n’est ni plus ni moins un échange fondé sur la rétention des réfugiés en territoire turc contre la libre circulation des Turcs dans l’espace Schengen. D’autant que les pourparlers secrets à l’ambassade de Turquie à Bruxelles de la chancelière et de Davutoglu, en présence du premier ministre néerlandais, Mark Rutte, qui assure la présidence de l’Union européenne, dans la nuit du 6 au 7 mars, ont humilié les Européens et les ont mis devant le fait accompli. Sur les photos, Davutoglu jubile. Et quand Davutoglu jubile, c’est que la Turquie a avancé ses pions vers cette Europe qui la boude depuis près d’un demi-siècle. Le plus grave, c’est que l’Europe est tombée à genoux devant la Turquie en reniant ses valeurs à cause de l’Allemagne, alliée traditionnelle des Turcs comme en 1915. Ne pas fâcher les Turcs aura au moins conduit à plusieurs choses. D’abord à ne pas mettre à l’ordre du jour du Bundestag une proposition de loi reconnaissant le génocide arménien en achetant le silence des Verts. Ensuite en fermant les yeux sur les atteintes à la liberté de la presse. Enfin, en reniant une des valeurs fondamentales de l’Europe, à savoir la prise en charge des demandeurs d’asile. Ainsi donc, conséquence imprévisible, si les Turcs n’entrent pas dans l’Europe, c’est qu’ils auront réussi à la punir en la faisant sinon éclater du moins se renier.

Certes, nul ne saurait reprocher à Madame Merkel d’avoir cherché à convaincre les responsables politiques hostiles – et généralement chrétiens – à l’accueil des réfugiés. Madame Merkel en acceptant les réfugiés a probablement voulu relever l’honneur de l’Allemagne et la laver de son racisme « historique ». Elle aura cherché à réparer une histoire de meurtres et de destructions par des actes d’ouverture et d’humanité. Mais la société allemande n’était pas tout entière prête à pareil bouleversement de mentalité. Ni les réfugiés eux-mêmes capables eux non plus de bouleverser leurs habitudes. Les incidents de Cologne ont fait voler en éclats la belle générosité dont ils avaient bénéficié. C’est dire que l’accueil implique, au sens profond du terme, les deux parties. Il exige autant d’adaptation de la part de la puissance invitante que de l’invité lui-même. Les réfugiés qui obtiennent un secours matériel de la part d’un peuple dont les modes de vie se situent aux antipodes des leurs ne doivent-ils de leur côté payer d’une manière ou d’une autre, à commencer par une soumission aux règles du pays d’accueil ? Nul n’aurait le mauvais goût de leur demander pour autant de nier leur culture. Mais, qu’ils le veuillent ou non, le prix à payer pour pouvoir vivre sans la menace d’être tué par des bombes ou torturé par un régime dictatorial, c’est de vivre désormais partagé entre deux cultures. La vie d’un réfugié, c’est la paix par le déchirement.

Les Arméniens de France en savent quelque chose. Certes, la France, après la Première Guerre mondiale, qui avait éliminé beaucoup d’hommes, recherchait une main-d’œuvre maniable et corvéable à merci. Et que valait l’aliénation par le travail pour l’Arménien de Kharpet ou de Malatia qui venait d’échapper à un génocide ? Il a fallu une génération, sinon plus, avant que les Arméniens comprennent qu’ils étaient désormais dans un autre monde avec de nouvelles habitudes. Les exilés arméniens savaient ce qu’ils avaient gagné en perdant leur patrie et ce qu’ils avaient perdu en sauvant leur peau. Tant bien que mal, ils ont dû aller dans la vie en claudiquant comme des somnambules tantôt prenant appui sur leur jambe arménienne, tantôt sur leur jambe française. Jusqu’au jour où leurs enfants ont fini par marcher normalement. Ou presque, et certains pas encore. En tout cas, ils se sont adaptés, intégrés et même assimilés. Mais au moins, ils ont survécu au pire grâce aux Angela Merkel de l’époque. Il faut dire que les Arméniens n’avaient que de la reconnaissance et qu’ils étaient de culture chrétienne. Ce qui permet d’entrer plus facilement dans la civilisation occidentale. Sans parler de l’immense sympathie dont ils bénéficiaient à l’époque où les agissements sournois de Jeunes-Turcs mettaient en effervescence les intellectuels français, mis à part les Pierre Loti, Pierre Benoît et consorts. Et même si, par la suite, durant plus de vingt ans, ils sont restés de « sales Arméniens ».

Depuis un an, et durant l’année de commémoration du centenaire, les Arméniens voient défiler, en désordre et sous des formes certes différentes, les images de la haine en action dont leurs grands-parents avaient été victimes et parfois sur les lieux mêmes où elle s’était déroulée, sinon avec les mêmes acteurs, en tout cas des bourreaux animés d’une idéologie proche. Dyarbakir, Rakka, Alep, Deir-Ez-Zor… Comme hier la Première Guerre mondiale servit de couverture pour exterminer les Arméniens, aujourd’hui le conflit syrien sert aux Turcs pour se débarrasser des Kurdes. Comme hier, les villes détruites au canon. Comme hier, les viols et les ventes de filles et de femmes. Comme hier la profanation et la destruction des églises. Comme hier, les exodes, la faim et la soif. Comme hier le mépris de l’humain. Et comme hier le génocide.

 

16 décembre 2015

L’Arménie entre deux maux…

Filed under: CHRONIQUES à CONTRE-CHANT — denisdonikian @ 3:45

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S’il fallait encore des preuves pour convaincre les petits soldats de l’arménité que leur Arménie n’est pas un pays normal, les fraudes patentes qui ont entaché le référendum constitutionnel du 6 décembre dernier devraient y suffire. Depuis l’Indépendance, chaque scrutin électoral s’est apparenté à un viol du peuple arménien. Mais ce 6 décembre dernier, l’annonce des résultats au profit du Parti Républicain fut à ce point comique qu’elle donnait après-coup un goût de tragédie. Les Arméniens qui furent dans la tragédie génocidaire sont aujourd’hui victimes d’une tragédie politique dont les bourreaux se trouvent être des leurs. Mais pire que ça, ces mêmes bourreaux républicains pratiquent un négationnisme qui en rappelle un autre et qui se résume à cette question : « Prouvez-le ! – Prouver quoi ? – Prouvez que nous avons massivement fraudé ».

 

Cette tragédie, c’est la stérilisation des consciences, l’étouffement des voix citoyennes, le mépris dont souffrent les hommes et les femmes de ce pays depuis trop longtemps. Une forme de clochardisation des esprits rendus amorphes, impuissants, résignés, voués à subir encore et toujours la loi des plus cyniques. En effet, ce qui est le plus redoutable en Arménie, c’est la mort civique dans laquelle est entretenue une population qui s’insurge avec la régularité d’un métronome et rengaine sa protestation aussi vite qu’elle est montée, vaincue par la fatigue et le désarroi que lui inspire un pouvoir habile à instrumentaliser la démocratie au profit de sa propre pérennité.

 

Ceux qui ont lu Vidures comme il fallait comprennent à présent que les chiffonniers de la décharge y symbolisaient les citoyens d’Arménie dans leur ensemble. Car les Arméniens y sont amputés de tout rêve politique, réduits à se contenter des déchets d’une politique qui vise à faire de la vie une survivance ou un sauve-qui-peut.

 

Cet état de fait, je le clame dans tous mes livres sur l’Arménie. Les sceptiques qui me riaient au nez, aujourd’hui sont dans la rue et se réveillent dans le grand merdier où ces élections truquées ont mis les Arméniens, tandis qu’elles font honte aux Arméniens de la diaspora.

 

Cela étant, on est en droit de s’interroger sur les raisons qui poussent le président Sarkissian à obscurcir les règles démocratiques à son avantage.

 

Ambition machiavélique ou intérêt national ?

 

Tous les opposants se rangent derrière l’idée que Sarkissian mène le jeu politique en Arménie par goût du pouvoir, pratiquant la fameuse théorie de Machiavel qui consiste à garder la main coûte que coûte, sans regarder aux souffrances, ni aux sacrifices, ni aux risques que cela entraine. En effet, dans ce cas de figure, le passif devient pour le pays extrêmement dangereux en ce que la perte de confiance peut conduire à l’exil les citoyens les plus utiles au pays, et par voie de conséquence à un grave déficit démographique, sans parler d’un retrait progressif des investisseurs. D’autant, que l’impératif premier de toute politique en Arménie est celui de la sauvegarde du Haut-Karabagh dont Sarkissian est natif.

 

Or, ceux qui s’opposent aux opposants à Sarkissian, qui n’ont pas moins d’intelligence politique qu’eux, penchent plutôt en faveur d’un président qui transcenderait les aléas politiques au profit d’une seule et même idée, à savoir assurer la pérennité historique des acquis de l’Indépendance, à commencer par la sauvegarde du Haut-Karabagh. C’est dans ce sens qu’il aura mis sur la touche d’abord Raffi Hovanessian après les élections controversées de février 2013, puis Gagik Tsarukyan qui commençait à lui faire de l’ombre. Probablement à ses yeux, le premier ne lui semblait pas suffisamment aguerri pour se mesurer à Aliev et le second trop populiste et trop le nez dans ses affaires pour avoir l’étoffe d’un homme d’État.

 

Encore une fois, un président est astreint à l’ordre des priorités. Si la part principale du budget doit profiter avant tout à la sauvegarde des Arméniens du Haut-Karabagh, c’est forcément en défaveur d’une politique sociale. Je me demande ce que penseraient les opposants à Sarkissian si la défense du pays était affaiblie pour assurer le bien-être intérieur des populations. Sarkissian, chef de guerre, rappelle à la nation arménienne qu’elle est en guerre et que le temps de se relâcher ou de l’oublier n’est pas de mise.

 

Par ailleurs, contrairement aux romantiques de l’Indépendance qui la considèrent comme un bien absolu, Sarkissian estime que la meilleure façon de la défendre pour l’Arménie face aux ogres turc et azéri est justement de la diluer dans des alliances capables de sauvegarder sa souveraineté. Ceux qui criaient à la trahison peuvent se féliciter d’une amitié opportuniste avec les Russes. On voit bien aujourd’hui où la Russie est en conflit avec la Turquie que la « soumission » de Sarkissian au jeu de Poutine était stratégiquement à l’avantage de l’Arménie dans son conflit avec l’Azerbaïdjan. L’expérience politique de Sarkissian et son attachement viscéral au Haut-Karabagh inspirent davantage confiance que n’importe quelle hypothétique figure d’opposition. Cela veut signifier, que dans le contexte géopolitique de la région, où l’Arménie se trouve coincée entre deux pays turcophones, ennemis séculaires des Arméniens, l’émergence d’une démocratie normalisée comporte le risque de l’aventurisme et de sacrifices humains bien plus importants que ceux de la désastreuse politique sociale actuelle. Faire bouger les dominos d’un pouce en Arménie au nom d’une morale démocratique pourrait provoquer une déstabilisation intérieure dont l’ennemi saurait profiter aux premiers signes de faiblesse.

 

Le paradoxe est donc le suivant : Sarkissian est le pire président qui soit. Mais Sarkissian est le meilleur rempart contre l’azerbaidjanisation des populations du Haut-Karabagh qu’aucun Arménien digne de ce nom ne pourrait accepter. C’est que la pensée politique est d’abord une pensée du réel, une pensée de l’ambiguïté et qui se donne le droit de se contredire.

1 juillet 2015

NOS GRANDS HOMMES

Filed under: Denis Donikian m'agace — denisdonikian @ 5:50

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Grégoire de Narek

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2 mars 2015

Merci à l’ami silencieux

Filed under: ARTICLES,CHRONIQUES à CONTRE-CHANT — denisdonikian @ 11:59

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Tu es venu parmi nous pour nous aider à mieux nous connaître et à mieux nous aimer car depuis cent ans personne ne voulait croire à notre malheur d’avoir été haïs et de l’être toujours. Et pourtant, même si tu n’es pas des nôtres, même si tu es un « odar », un étranger, tu es le meilleur d’entre nous. Celui qui nous ouvre des fenêtres sur notre propre culture. Inlassablement, sans rien demander à personne, consacrant tes nuits à chercher les textes les plus hauts écrits sur nous-mêmes pour les traduire et nous les transmettre.

Il faut dire que tu exerçais déjà ce « service » sur notre site. Grâce à ta curiosité, à ta générosité et à ton enthousiasme, ce site consacré aux Arméniens a duré deux ans de plus. Tu as permis de tenir sa continuité mais aussi de garder son niveau d’exigence. Peu à peu, tu es devenu un membre de notre famille. Cela étonnait. On se disait que tu devais avoir une grand-mère arménienne, que ce n’était pas possible autrement. Oui, car les Arméniens eux-mêmes, malgré nos appels incessants, n’ont jamais manifesté la même foi que toi, un « odar », qui as tout fait pour nous aider à nous découvrir.

Souvent je me suis demandé pourquoi un tel engouement pour ce petit peuple torturé que nous sommes. Peu à peu, à mesure de nos rencontres et de nos correspondances, j’ai su. J’ai su que toi aussi tu étais né dans la peur et le carnage. Que toi aussi tu avais connu le sang. Au point que tu avais du mal à retourner dans les lieux mêmes où était née ta douleur secrète. Qui sait si le deuil et l’étouffement des Arméniens ne te permettaient pas dans le fond d’exorciser ton propre deuil et ton propre étouffement ?

Tu n’es pas de ceux parmi les nôtres qui cherchent une forme d’autocélébration derrière leur dévouement à la cause arménienne. Pas de ceux qui se font médailler par des impurs. Qui affichent leur ego au grand jour. Qui multiplient leur nom à la moindre occasion. Et qui font de la cause arménienne une cause pour se pavaner. Non. Toi tu es un travailleur de la nuit. Souvent il m’est arrivé de recevoir un message de toi vers trois ou quatre heures du matin. Un cri de révolte. Un cri d’admiration. Ou un texte « intéressant ». Si souvent et à une heure si indue que je n’avais pas l’esprit pour te répondre. C’est que tu allais trop vite. Trop loin.

Certains des nôtres te trouvaient bizarre. Parfois, tu ne donnais plus de nouvelles. Tu étais injoignable. C’est que tu traversais tes nausées et tes gouffres, dans ton lit, dans ta solitude. Cette solitude qui me fait toujours craindre le pire pour toi. Tellement, qu’il m’arrive parfois de t’admirer. « Mais comment fait-il ? » Je ne veux pas ta souffrance et si je pouvais j’effacerai d’un geste ton malheur comme tu voudrais effacer le nôtre par la connaissance de nos propres gouffres.

Alors, en ce centenaire, modestement, en vertu des pouvoirs qui ne me sont pas conférés, et sachant que personne ne le fera, au nom de la nation arménienne qui a en ma personne un aussi piètre représentant, j’accroche sur ton vieux blouson la médaille toute symbolique de Krikor Narégatsi, docteur de l’Eglise. Je suis sûr que les chats de Van en miaulent de joie pour accompagner mon geste, cher Giorgio.

11 février 2015

1,1 million

Filed under: CHRONIQUES à CONTRE-CHANT — denisdonikian @ 9:15

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En vérité, en vérité je vous le dis

Le Christ n’avait  pas de compte à HSBC

 La Bouddha ? Pas de compte non plus à HSBC

Ni Socrate, il n’aurait pas ouvert de compte à HSBC

Krikor Loussavoritch non plus, pas de compte à HSBC

Sainte Hripsimé n’aurait même pas songé à avoir un  compte à HSBC

Quant à Grégoire de Narek, c’est sûr il n’en avait pas de compte à HSBC

Saint Vincent de Paul n’aurait pas même cherché à en avoir un  à HSBC

Hovannès Toumanian n’aurait même pas rêvé d’un compte à HSBC

 Komitas non plus n’avait  pas de compte à HSBC

Ni Mère Theresa,  pas de compte à HSBC

Ni l’abbé Pierre pas de compte non plus à HSBC

La Pape François, aucun compte à HSBC

Le Dalaï Lama lui non plus, pas de compte à HSBC

Et le pauvre Guiragos de Gumri n’a même  pas de quoi  ouvrir un compte à HSBC

Mais le catholicos Karékine II, lui, a un compte à HSBC

Et c’est pourquoi je suis fier d’être arménien

10 février 2015

Je suis 1,1 million de dollars

Filed under: CHRONIQUES à CONTRE-CHANT — denisdonikian @ 9:40

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Il y a des nuits comme des enfers. Les aubes des 9 et 10 février 2015 auront probablement été redoutables pour le locataire d’Etchmiadzine. Une fois de plus, le peuple arménien allait se réveiller dans la honte à cause de lui. La presse internationale venait d’accoler son effigie à 1,1 million de dollars caché dans la banque suisse HSBC sur un compte au nom de « Sa Sainteté Karékine II Nersis ». De la sorte, jamais le mot Sainteté n’aura sonné de manière aussi ironique. Brutalement les artificiers de l’Église Apostolique arménienne nous auront fait sauter au visage ses fastes désuets, ses liturgies creuses, sa politique matérialiste, ses dessous nauséabonds. En un mot,  le grand abîme qui la sépare du peuple arménien tandis qu’il a besoin aujourd’hui plus que jamais d’avoir foi en lui-même et en ses institutions. Après un président qui entretient la pauvreté en Arménie, un catholicos qui entretient sa richesse en Suisse.

Bien sûr, l’accusation est forte. Mais à accusation forte, justification forcément stupide. Ce 1,1 million de dollars au nom de Karékine II serait, selon ses dires, destiné aux œuvres de bienfaisance. Les Arméniens qui vivent dans la plus grande précarité, dans le froid, la saleté, la misère peuvent se réjouir de savoir que ce 1,1 million de dollars qui dort dans une banque douteuse suisse, bien au chaud sur un matelas confortable, travaille pour eux. Cela les rassure. La soupe aux pommes de terre devient tout à coup meilleure, le froid plus chaleureux, la boue moins collante. Après l’ironique sainteté, l’ironique bienfaisance. En réalité, ce 1,1 million de dollars au nom de Karékine II est un crime. Un crime de lèse-arménité, un crime moral doublé d’un crime spirituel. De ces crimes que les criminels ont du mal à reconnaître quand bien même les accuserait le flagrant délit. C’est que, comme nous le disions par ailleurs : « Les Arméniens réclament des Turcs qu’ils reconnaissent leur Grand Crime sans pour autant reconnaître les petits crimes commis entre eux ».

Certes, on nous objectera que l’Église Arménienne a tout à fait le droit de posséder une trésorerie pour assurer son fonctionnement. Mais tout Arménien est en devoir de s’interroger. Pourquoi ce compte au seul nom de Karékine II ? Est-ce que le terme de Sainteté aurait un contenu juridique qui impliquerait que Karékine II soit le représentant légal de l’Église arménienne ? A quelle personne physique ou morale a affaire le banquier dans ses transactions sur ce compte, à la Sainteté ou à la personne de Karékine II Nersis ? Si la tradition veut que les comptes de l’Église soient au nom du catholicos, que dirions-nous si le budget de la république d’Arménie était, par tradition, transmis de président en président, et au nom de l’actuel Serge Sarkissian ? Et pourquoi une banque suisse ? N’y-t-il pas aujourd’hui des banques en Arménie pour garantir les avoirs de l’Église arménienne ? Et pourquoi ce compte caché ? Est-ce à dire que Karékine II n’aurait aucun compte à rendre à la nation arménienne ? Et qu’il aurait quelque chose à cacher ? Pas au fisc arménien puisque l’Église de tous les Arméniens serait exemptée d’impôts. Dès lors à quoi servirait de l’accabler ? Sa générosité envers les plus démunis de ces Arméniens est tellement manifeste. Elle donne assez pour qu’on la mette à l’abri d’impôts supplémentaires que Serge Sarkissian pourrait destiner à la politique sociale du pays.

Maintenant le résultat est là. L’image de Karékine II côtoie celles de nombreux fraudeurs ou de personnages à l’argent sale. Il est vrai que cet affichage sur Internet ne fait pas honneur à la nation arménienne. Ni à l’Arménie. Laquelle arrive au 146ème des pays ayant des compte dissimulés dans la Banque suisse pour une somme globale de 15,4 millions de dollars. De ses 21 clients ayant ouvert un compte entre 1989 à 2006, le meilleur y aurait déposé la somme de 5,8 millions de dollars. Pendant ce temps, la diaspora joue au téléthon. Les Arméniens de la diaspora sont de généreux patriotes. Même les retraités donnent. Sans trop savoir pour qui ni pour quoi. Qui sait d’ailleurs si ce n’est pas soutenir la prospérité de HSBC ? Si la pauvreté prospère en Arménie, pendant que la Suisse s’enrichit, c’est bien grâce à la diaspora arménienne, non ?

Denis Donikian

9 février 2015

Karékine II = 1,1 million de dollars

Filed under: CHRONIQUES à CONTRE-CHANT — denisdonikian @ 3:05

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La preuve ICI ?

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