Ecrittératures

1 mai 2020

Beauté des Orientales

Filed under: PROSE POESIE — denisdonikian @ 6:45

1

Oeuvre de Shadi Ghadirian

*

Tes seins sont du raisin dans mes paumes

Ta peau est un velours vibrant de confusion

Ton front un tabernacle de grâce

Ton rire une délivrance

Et tes silences le manteau immaculé des choses

J’ouvre tes cuisses comme un livre du cantique

Où vit sous son Buisson ardent

L’eau qui a soif d’être bue

Ma langue y quête

Le suc qui doit ressusciter

L’homme en son agonie

30 avril 2020

ZIZI TOP

Filed under: PROSE POESIE — denisdonikian @ 7:13

 

*

Quand je regarde mon zizi

Quand le regarde par mégarde

Quand le regarde je lui dis

As-tu donc vu la grande vie

 

Quand je regarde mon kiki

Quand le regarde par mégarde

La tête en bas que je lui dis

Où donc têtu fourré mon vit

 

Quand je regarde mon ami

Quand le regarde par mégarde

Il me répond je suis fini

Car j’ai perdu l’heur des envies

 

Quand je regarde mon grigri

Quand le regarde par mégarde

Il me dit je n’ai de souci

Que de répandre mon pipi.

 

Quand je regarde mon épi

Quand le regarde par mégarde

Il me regarde et il me dit

J’ai visité tellement de nids

 

Quand je regarde mon flapi

Quand le regarde par mégarde

Je lui demande où il s’est mis

Dans quel tunnel il s’est enfoui

 

Il me répond que c’est la vie

De confiner à la hussarde

Dans la plus chaude des patries

Pour l’homme amoureux d’utopie

 

Il me répond mon assoupi

Qui a baissé depuis la garde

Qu’il a vu de si beaux pays

Qu’il a pleuré dans l’inouï

 

Il me répond qu’il est minuit

Pour sa jouisseuse hallebarde

Lui qui pointait dans le beau fruit

Juteux à point à petits prix

 

Il me répond mon amoindri

Qu’il n’est plus temps pour sa pétarde

De s’ébahir dans un grand lit

A savourer le brocoli.

 

Il me répond que l’ont occis

Les médecins du gaz moutarde

Pour le soigner ils ont réduit

Sa canne à pécher le biscuit

 

Il me répond qu’à son crédit

De quête inquiète et soiffarde

Il aura vu la belle asie

Et le bonheur en poésie

 

 

Il me répond qu’au cœur du fruit

Où la langue danse et se darde

Il vit tant d’éclairs au pertuis

Qui frisent Dieu en pleine nuit

 

Ah mon zizi que je lui dis

Quels va-et-vient ton avant-garde

Aura chantés et accomplis

Dans la merveille d’un beau pli

 

Ah je lui dis à mon gourbi

Nous n’irons plus jouer au barde

Nous n’irons plus au bois joli

Boire à la source de la vie

 

Le ciel est gris sur Parisis

Il va pleuvoir des hallebardes

Et je lui dis à mon zizi

Que l’amour est hara-kiri

 

Ne reste que la nostalgie

Des chants d’oiseaux qu’il faut qu’on garde

Qu’il faut s’attendre à l’autre vie

Où l’heur d’amour est infini

 

Gary Estrella More, traduction dénis donikian

26 janvier 2020

Chant de mines

Filed under: PROSE POESIE — denisdonikian @ 5:17

36

*

Dans la salle blanche
La sale salle blanche
De l hopital
Sous un plafond
De lumière rance
Le poisson malade
Nage dans les poisons
Des maladies
Il attend qu’on lui chante
L’histoire de son sang
Des histoires d infection
Des histoires d’injection
Des histoires de coeur
De peur, de lourdeurs, de fureurs
Dans la salle des urgences
Le silence pue la mort
Au nez des impatients
Le silence d’avant le silence
Le haut silence franc
Si beau qui fut souffrant
D’avant le bilan du sang
Le bilan qui balance
Son chant de mines vertes
Tantôt dans la vie
Tantôt dans la perte

*

Hopital d’Evry urgences 25 janvier 2020 22h 55

21 janvier 2020

Շռելու վերագտած երանությունը

Filed under: PROSE POESIE — denisdonikian @ 6:56

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1

Ծովն է հեռվից ալիք-ալիք

Շռում վրաս խունջիկ աղջիկ

Քամին զգալ ջրիմուռի բույրը ըմպել

Մեզն արձակել բերկրանք է մեծ

*

Ես շռում եմ շռում շռում

Տարիների զրկանքից ետ

Օ ինչ հաճույք օ ինչ հրճվանք

Երբ հոսում է ոնց եմ բերկրում

*

Ով տեսնում է ծովն ինչպես կա

Շեռի հաճույքն ինչ իմանա

Ծովը միշտ է վերսկսում

Տիեզերքի երգը շռում

*

Ես շռում եմ շռում շռում

Տարիների զրկանքից ետ

Օ ինչ հաճույք օ ինչ հրճվանք

Երբ հոսում է ոնց եմ բերկրում

*

Գիշեր ու զօր շռել շռել

Երկնից ոսկե մեզ է թափում

Երբ ըմպում է ծովն ակունքից

Երիկամիս ոսկին է արդ իմ մեջ երգում

*

Ես շռում եմ շռում շռում

Տարիների զրկանքից ետ

Օ ինչ հաճույք օ ինչ հրճվանք

Երբ հոսում է ոնց եմ բերկրում

*

Շնորհակալ եմ մարդ-աստծուց

Պարգևելու հաճախ շռել

Փոքրիկ-չնչին երիկամով նահատակիս

Վերադարձրեց բերկրանքը իմ

*

Ես շռում եմ շռում շռում

Տարիների զրկանքից ետ

Օ ինչ հաճույք օ ինչ հրճվանք

Երբ հոսում է ոնց եմ բերկրում

*

Ով գինիով սիրով է լի

Ակամա է իրեն պարպում

Չգիտի որ տարփոտ ոսկին

Կալիբրիստիից է իմ հոսում

*

Ես շռում եմ շռում շռում

Տարիների զրկանքից ետ

Օ ինչ հաճույք օ ինչ հրճվանք

Երբ հոսում է ոնց եմ բերկրում

*

Շնորհակալ եմ օ Հանգուցյալ քո հրաշքից

Հավերժ նինջդ շարունակումն է իմ կյանքի

Երբ շռել եմ ես ցանկանում

Արևիցդ եմ մի քիչ շռում

*

Ես շռում եմ շռում շռում

Տարիների զրկանքից ետ

Օ ինչ հաճույք օ ինչ հրճվանք

Երբ հոսում է ոնց եմ բերկրում

*

Նեքեր հիվնիդանոց, հունվար, 2020

2

Մի՞թե անհրաժեշտ է բացահայտել այս բանաստեղծության տեքստը՝ գրված Փարիզի Նեքեր հիվանդանոցում։ Երեք տարվա դիալիզից հետո, երեք տարի, որոնց ընթացքում միզելու սովորական գործողությունը արգելվեց նրան, երիկամների անբավարարության պատճառով հեղինակը պատվաստում ունեցավ և այդ պատվաստման հետ միասին շռելու հաճույքը։

Ընթերցող ջան, դու որ ուզածիդ չափ շռում ես, չես հասկանա, թե ինչ հաճույք է դա։

Այս բանաստեղծությունը հեղինակը ձոնում է Հայաստանի բոլոր դիալիզ ստացողներին, որոնց միակ ապագան շաբաթը երեք անգամ կախում ունենալն է մեքենայից, ամեն անգամ չորս ժամ, առանց խոսելու այն բարդությունների մասին, որոնց ենթարկում է արյան մաքրումը։

Այս բանաստեղծությունը կոչ է փոխելու այն մտայնությունը, որ վերաբերում է օրգանների նվիրատվությանը։ Ինչու՞ Հայաստանը օրենք չի հրապարակում, որով բոլոր մահացածներից կարելի լինի վերցնել օրգանները, որ հնարավորություն կտան ծառայել փոխպատվաստումներ կատարել և կյանք փրկել, բացառությամբ այն դեպքի, եթե իր կենդանության օրոք կանխավ գրավոր հրաժարվել են։

Այսօր Հայաստանում երիկամների անբավարարություն ունեցողները ցմահ դատապարտված են դիալիզների իշխանության տակ գտնվել, որ ի վերջո ազդում է սրտի և ամբողջ օրգանիզմի վրա։ Չխոսելով նույնիսկ կաշառքի մասին, որ ծավալվում է խիստ շահութաբեր գործունեության շուրջ (ինչպես նախկին Խորհրդային Միության երկրներից մեկին այն մեքենաների վերավաճառքը, որ Հայաստանը որպես նվեր էր ստացել)։ Շատերը ստիպված են վաճառել իրենց ունեցվածքը, փորձելու համար փոխպատվաստում կատարել արտասահմանում։ Սա ստորացուցիչ վիճակ է հայաստանցիների ու Հայաստանի համար։

ՊԵՏՔ Է, ՈՐ ՕՐԳԱՆԻ ՆՎԻՐԱՏՎՈՒԹՅՈՒՆԸ ՀԱՍԱՅՍՏԱՆՈՒՄ ԸՆԴՀԱՆՐԱՆԱՆԱ

ԴԸՆԻ ԴՈՆԻԿՅԱՆ

*

Թարգմանությունը՝ Ն․ Վարդանյանի

17 janvier 2020

MON CORPS A NU

Filed under: PROSE POESIE — denisdonikian @ 8:53

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Le martyre de San Sebastian par Montegna

*

Mon corps à nu sous la mitraille

Des injections et perfusions

Tant il a bu de ces poisons

Qu’un jour qui sait s’il ne déraille

*

Mon corps aimé que j’ai noirci

Mes bras tâchés aux hématomes

Troué partout et sans merci

Vivre est finir comme un fantôme

*

Mon corps perdu dans les dédales

Du vent mauvais quoi qu’il en coûte

Poussé vers la mort abyssale

Tenu de rester sur la route

*

Mon corps qu’avons-nous fait de toi

Si beau qui marchais sur les eaux

Choyé d’amours à contre lois

L’esprit en fleur ivre bateau

*

Mon corps trahi corps oublié

Soumis aux feux du mal chimique

Nous qui pourtant étions liés

Pour ne mourir que héroïques

*

Sous le grand ciel du haut pays

Nous allions le cœur en cascade

Dans un bain de luxe infini

La vie sucrée est limonade

*

Tout ce grand Bien qui m’a conçu

Ma vie emplit l’immensité

Dieu par moments entr’aperçu

Dansait en moi sa densité

*

Et tant mon corps t’ont caressé

Mains qui choyaient l’or des rivières

Que s’effaçaient tes cris blessés

Que montaient en moi des lumières

*

Mon corps aimait ses jouissances

Jouir d’aimer jusqu’à l’amer

La mer mêlée à mes souffrances

Si haut était le dieu d’hier.

*

Où irons-nous après ce monde

A temps perdu tout oublier

Autant mes amours vagabondes

Que mon vieux corps humilié

 

15 janvier 2020

LE JOUIR DU PIPI RETROUVÉ 

Filed under: PROSE POESIE — denisdonikian @ 3:25

 

*

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D’au loin la mer vague sur vague
Pisse sur moi fille coquine
Vivre le vent humer les algues
Jouir de lâcher ses urines

Je pisse je pisse je pisse
Après des années d’interdit
Oh le bonheur Oh le délice 
Tant que ça passe j’en jouis 

Qui voit la mer comme la mer
Ne sait le jouir de pisser
La mer toujours recommencée
Pisse les chants de l’univers

Je pisse je pisse je pisse
Après des années d’interdit
Oh le bonheur Oh le délice 
Tant que ça passe j’en jouis

Pisser pisser soir et matin
Tombe du ciel l’or des urines
Quand la mer boit son origine
Me fait chanter mon or du rein

Je pisse je pisse je pisse
Après des années d’interdit
Oh le bonheur Oh le délice 
Tant que ça passe j’en jouis 

Et grand merci aux dieux humains
Qui m’ont permis ces tours de pisse
Moi le martyr d’un rein de rien
Me voici rendu aux délices

Je pisse je pisse je pisse
Après des années d’interdit
Oh le bonheur Oh le délice 
Tant que ça passe j’en jouis

Qui d’amour et de vin s’emplit
Vide son corps c’est mécanique
Mais ne sait quel or érotique
S’écoule en mon calibristi

Je pisse je pisse je pisse
Après des années d’interdit
Oh le bonheur Oh le délice 
Tant que ça passe j’en jouis 

O Mort merci pour ta merveille
Ton sommeil est notre survie
Quand me vient de pisser l’envie
Je pisse un peu de ton soleil

Je pisse je pisse je pisse
Après des années d’interdit
Oh le bonheur Oh le délice 
Tant que ça passe j’en jouis 

 

*

Hôpital Necker janvier 2020

*

Est-il nécessaire de révéler le contexte de ce poème écrit à l’hôpital Necker à Paris ? Après trois années de dialyse, trois années durant lesquelles le simple fait d’uriner lui fut interdit à cause d’une déficience de ses reins, l’auteur a reçu un greffon et avec le greffon le plaisir de pisser.

Lecteur, toi qui pisses autant que tu veux, tu ignores ce plaisir.

Ce poème, l’auteur le dédie à tous les dialysés d’Arménie qui n’ont pas d’autre avenir que de dépendre d’une machine trois fois par semaine et à raison de quatre heures chaque fois, sans parler des complications que ce lessivage du sang entraine.

Ce poème est un appel à changer les mentalités quant au don d’organes. Pourquoi l’Arménie ne promulgue-t-elle pas une loi par laquelle sur tout décédé peuvent être prélevés les organes qui pourraient servir de greffons et sauver une vie, sauf refus préalablement écrit de son vivant.

Aujourd’hui les insuffisants rénaux en Arménie sont condamnés à vie à subir des dialyses qui à la longue affectent le cœur et tout l’organisme. Sans parler de la corruption qui se greffe autour d’une activité très lucrative (Comme la revente à un pays de l’ex-Union soviétique des machines que l’Arménie avait reçues en cadeau).Certains sont obligés de vendre leurs biens pour essayer d’être greffés à l’étranger. C’est une situation humiliante pour les Arméniens et pour l’Arménie.

IL FAUT QUE LE DON D’ORGANE EN ARMÉNIE SOIT GÉNÉRALISÉ.

Denis Donikian

27 mai 2019

ODE GRACIEUSE POUR ANGES MAUVES, SŒURS COLLATIONNISTES et MACHINES DIALYTIQUES

Filed under: PROSE POESIE — denisdonikian @ 4:24

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Heureux le dialysé du centre de Draveil,

Servi d’anges gardiens vêtus couleur de vin

Qu’on les dirait portés sur la dive bouteille

Tant de les voir ainsi l’œil maladif se teint

Entre le rouge sang et le rose vermeil,

Oui, bénis d’être vifs au cœur de nos détresses,

Ils offrent leur patience aux patients impatients

Et leur piquent le bras ainsi qu’une caresse

Pour leur donner à vivre encore un bout de temps.

Béni soit leur sourire au cœur de nos calvaires,

Adoucissant le mal qui nous ronge le fion,

Béni leur dévouement, béni le camembert,

Qui manquera toujours à notre collation.

*

Dehors les arbres grands veillent sur nous couchés

Et nos sangs soutirés sont rendus lessivés.

*

Heureux le dialysé qui aura vu Estelle

Au sortir d’une nuit en habit de donzelle,

Échancré de partout, la jambe en bas résille

Et le dos large ouvert en furieux sex-appeal.

Heureux le malheureux cloué à sa machine,

Qui aura vu Estelle à jouer les ondines,

Dans son corps endormi cherchant l’hémoglobine

Et lui palper le bras avec des gants stériles.

*

Dehors les arbres grands veillent sur nous couchés

Et nos sangs soutirés sont rendus lessivés.

*

Béni l’ange Chloé, Vénus des Amériques,

Qui porte sur les bras des mots énigmatiques,

Slogan de bel amour ou bien dazibao,

Toujours prenant le bas pour le mettre plus haut,

Toujours calmant les peurs de celui qui panique.

Madone des noyés, des salis et salauds,

Au sourire apaisant et qui de son œil bleu

Apporte à nos hivers la chaleur de son feu.

*

Dehors les arbres grands veillent sur nous couchés

Et nos sangs soutirés sont rendus lessivés.

*

Heureux qui se confie aux mains de Fatima.

Celui qui rentre lourd devient miraculé,

Car son sang déréglé par des hauts et des bas,

Passé à la machine en ressort nettoyé

Et se met à chanter des salve regina.

Mère à tous et de qui se gratouille et qui tousse,

Et si fort de café qu’en boire un sur le pouce

Vous fait danser le cœur comme en un gymkhana.

*

Dehors les arbres grands veillent sur nous couchés

Et nos sangs soutirés sont rendus lessivés.

*

Voyageuse Kama qui fait chez nous escale

Pour nous donner à vivre un peu de ses voyages,

Nous les cloués du pal, condamnés aux aiguilles,

Nous avons dans nos yeux tant de beaux lieux qui brillent,

Pays hors de portée autant que des étoiles,

Nous les encalminés sur les bords du naufrage,

Dont la vie serait fade, assise en un coma,

Si ange du secours n’était notre Kama.

*

Dehors les arbres grands veillent sur nous couchés

Et nos sangs soutirés sont rendus lessivés.

Béni soit-il aussi l’ange musculator,

Samuel aux gros bras habitué des masses,

Tatoué comme un zèbre en la moindre surface,

Qui vous pique le gras en finesse et douceur.

Bénis également ces anges de passage,

Stéphanie avec nous pour son apprentissage,

Attentive à bien faire et à nous dorloter

Pour nous garder au monde en meilleure santé.

Béni l’ange Rénathe, amoureuse du rose,

Dentelles sur ébène à nous mettre en émoi,

Furtive apparition qui ne pèse ou qui pose,

Et son rire éclatant à vous donner des joies.

Et je n’oublierai pas la DS Anissa

Qui vient quand on l’appelle apporter son sourire

Aux dialysés flapis vivant couci-couça

Qui sortent requinqués d’avoir frôlé le pire.

*

Dehors les arbres grands veillent sur nous couchés

Et nos sangs soutirés sont rendus lessivés.

Heureux le dialysé qui sort de son sommeil

Et trouve devant lui des biscuits et de l’eau.

Tant de petits bonheurs et de petits cadeaux,

Qui lui tombent du ciel ainsi que des merveilles.

Car tantôt Fatima ou tantôt Saadia

Anges des petits soins et de grande attention

Aux patients dont la vie est à hue et à dia,

Apportent chaque jour l’heureuse collation,

Et sont vues pour cela comme des cendrillons.

*

Dehors les arbres grands veillent sur nous couchés

Et nos sangs soutirés sont rendus lessivés.

*

Merci à l’inventeur des robots dialytiques,

Grâce à lui notre temps de vie est prolongé,

Même si nous avons des airs mélancoliques

De savoir que demain tout peut être changé.

Et merci au grand parc ouvert comme un écran

Où les arbres géants jouent les quatre saisons

Sous nos yeux attentifs à leur haute leçon

Qui est d’être debout quand le corps nous descend.

*

Dehors les arbres grands veillent sur nous couchés

Et nos sangs soutirés sont rendus lessivés.

 

Et qui donc dans tout ça veille à bleuir nos ciels,

Si présent par l’absence et dieu à temps partiel,

Le seigneur du néphron, soigneur des souffreteux,

Apportant l’évangile au cours de ses passages,

A chaque déglingué enfermé dans sa cage,

Dont chaque apparition touche au miraculeux,

Et qui transforme en miel le malheur dialytique

Pour remettre debout nos corps paralytiques ?

*

Dehors les arbres grands veillent sur nous couchés

Et nos sangs soutirés sont rendus lessivés.

*

20 janvier 2019

La Pomponette

Filed under: PROSE POESIE — denisdonikian @ 7:13
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Té, elle est revenue la Pomponette, dis !

Elle avait le feu au derrière, bien sûr.

C’est naturel.

Ca fait oublier les amis, le feu au derrière.

Surtout quand les amis ont besoin de leurs amis,

Quand leurs amis frôlent la mort,

Une fois, deux fois, trois fois…

Et jamais la Pomponette pour s’en inquiéter,

Là où elle était.

Il est vrai que quand on est à l’autre bout du monde,

Internet ça ne marche pas toujours. Et même jamais.

Et puis quand on a le feu au derrière,

On n’a pas le temps de penser à ceux qui meurent à petit feu.

C’est comme ça.

C’est la vie.

Mais heureusement, il y a des retours de flamme.

Alors la Pomponette se dit : Tiens ! Tiens !

Mais ça alors, il existe toujours, le bougre ?

On me l’a dit hier.

Il existe encore puisque je n’ai pas assisté à son enterrement.

Donc il a survécu, cet ami.

Cet ami si lointain,

Celui qui revient au bout de l’oubli.

Celui qui pointe son bout du nez au bout de votre oubli.

Alors, comme il vous reste un bout de curiosité,

Je n’ai pas dit un bout d’amitié, non.

Ni un bout de chandelle, non.

Vous vous dites : comment faire pour me faire pardonner ?

Comment faire pour recoller les morceaux cassés ?

Mais est-ce que ça se recolle la déception ?

Est-ce que ça repousse les fleurs quand le désert est venu ?

Non, ça ne se recolle pas et ça ne repousse pas.

Comme tous vos amis d’hier qui ont disparu

Depuis que vous êtes considéré comme presque mort.

Ces amis qui vous collaient à la peau

Et qui ont préféré fumer leur vie

plutôt que d’avoir un mot, un mot gentil, un petit mot d’amitié

Envers celui qui en avait le plus besoin

Dans un moment où il était tout seul avec sa pauvre vie en train de mourir,

Où il attendait que ses amis lui donnent de l’énergie

Pour se maintenir dans l’existence,

Pour se battre contre la non existence,

Pour adoucir ses aliénations,

Trois fois par semaine cloué à son lit de misère durant quatre heures

Avec une machine collée à son bras à lui lessiver le sang…

Rien que pour survivre.

Mais survivre, ce n’est pas seulement avec une machine

Qu’on survit.

On survit avec de l’amitié.

Et quand l’amitié vous oublie,

Qu’est-ce qu’il vous reste pour survivre ?

Rien.

Sauf d’autres amis qui surgissent brusquement.

Des amis que vous ne soupçonniez pas.

Qui vous  tiennent la tête hors de l’eau,

Chaque jour, par des mots, des petits mots d’amitié,

Comme s’ils vous transmettaient leur énergie de personne en bonne santé

A vous qui en avez de moins en moins.

Ils sont là,

EUX.

Mais les amis, même les amis de votre enfance,

Ils n’ont pas assez d’amitié enfantine pour vous soutenir dans l’adversité.

Alors le vase brisé ne se recolle plus.

Et la Pomponette a beau pleurer et miauler qu’elle vous aime,

C’est trop tard.

L’amitié brisée ne se recolle plus.

21 mars 2018

L’attente

Filed under: PROSE POESIE — denisdonikian @ 2:00

http://www.metmuseum.org/art/collection/search/436004

La Femme à la vague  de Gustave Courbet

(1868,  65,4 × 54 cm) Metropolitan Museum of Art à New York

*

*

*

Je sèche tous les pleurs sur mes seins triomphants 

Tant j’ai l’âme enfermée au deuil des jours perdus 

J’entends en moi la voix de qui fut mon amant 

Et le temps n’est qu’attente  à  son temps suspendu

20 mars 2018

Je pense à toi Bruno

Filed under: PROSE POESIE — denisdonikian @ 1:14
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Je pense à toi Bruno parti hier
Et tout à toi aujourd’hui
Tant d’années que
Tant d’années
Parti en aveugle aux ténèbres
Trop tôt
Impréparé et maudit
Mais si calme sous les crocs de l’abîme
Tandis que le ravage
déjà
Infestait les champs verts de nos mondes
Parti
Docile à la soie du silence
A l’insu de tous
Avant nous qui trainons dans la faim
D’un dieu en nous inaccessible
Parti nu
Parti sans
Parti dans un corps
Qui trahit le chant des amours fous
Toi si librement aimant
Qui finis par mourir foudroyé
Tes joies étaient impassibles
Tant pesait sur tes désirs
Le mépris des imbéciles
Ces frères de sang que tu chérissais
Malgré le déshonneur de leurs lâchetés
Toi si désargenté que tu devais mesurer
Ton existence
Où es-tu maintenant
Dans quelle obscure lumière
Dans quelle révélation brutale
Qui sait
Dans quel amour
Que nul ne put te donner
Ni tes pairs ni tes mères ni moi
Alors que tu vivais
Loin des tiens parmi nous
Poisson volant au risque des poisons
Personne ne sut où tu finis en terre
Dans quel endroit anonyme tombé
Je te vois encore
Cherchant à tâtons sur ton lit
La lampe
Destinée à blanchir
La chute qui devait te pendre

**
11-13 /3/2018 hôpital de Corbeil

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