Ecrittératures

27 mai 2020

Aphorisme du jour (4)

Filed under: APHORISMES,Uncategorized — denisdonikian @ 5:34

La médecine peut faire des prouesses, les labos doivent faire des bénéfices.

18 mai 2020

Ah La Femme arménienne ! Ah !

Filed under: Uncategorized — denisdonikian @ 3:33

Aphorisme du jour

Filed under: APHORISMES,Uncategorized — denisdonikian @ 6:31

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La femme, c’est comme une table à repasser : tu ne la chauffes que si tu la repasses longuement. Sinon tu repasseras.

9 mai 2020

Autoportrait d’un chat confiné

Filed under: Aux confins du confinement,Uncategorized — denisdonikian @ 3:07

(Sur une idée de Jean Yanne)

*

Je m’appelle Émile Miller

Je suis né en 1970 à Quimper.

J’ai une femme et deux enfants.  Raymond et Anémone.

Nous vivons en banlieue. On y jardine, on pavillone.

Ma femme cultive les roses et moi les pommes de terre.

Au printemps mon jardin tourne au vert.

Je travaille à Paris dans une compagnie d’assurance.

L’air de Paris est rance.

Je possède une voiture de marque Renault.

Et comme toujours, je paye mes impôts.

J’aime casser la croûte quand j’ai biné tout le matin.

De fromage et de pain français avec un verre de vin.

Notre cuisine est en formica comme celle de tout le monde

Nous avons un grille-pain, une cafetière, un micro-onde.

Le matin, je déjeune d’un café sans sucre et d’une tartine.

A midi j’accompagne mes collègues à la cantine.

Le soir, je mange ma soupe avec ma femme

Et la télévision et ses réclames.

Nous dormons dans le même lit acheté chez IKEA

Le matelas aussi d’ailleurs, la couette et les draps.

Notre salle de bain est équipée d’une baignoire.

Il y a un meuble avec  miroir

Pour me peigner, me raser ou me regarder,

Mais jamais sans trop m’attarder.

J’ai du ventre

Et ça se voit même quand je le rentre.

Des poils sur la poitrine

Et autour de la pine.

Je me rase électrique avec un Braun.  Allemand, je sais.

Je possède une assurance-vie, car on ne sait jamais.

Pour aller au travail, je prends ma voiture, le RER et le métro.

Pour le retour, le métro, le RER et la voiture. Toujours au trot.

Nous avons une télévision avec toutes les chaînes.

Je regarde TF1, France 2, France 3. Non Arte. Ces Allemands, j’ai la haine.

J’aime bien Michel Drucker que je regarde chaque dimanche.

Et quand c’est fini j’attends l’autre dimanche.

Je suis catholique sans aller à la messe.

Avec ma femme, quand ça me presse

C’est plusieurs fois par jour.

Sinon, une dans le mois pour la bourrée d’amour.

Je m’habille aux galeries Lafayette.

Des pieds jusqu’à la tête.

Maintenant que tout est confiné

Je vis collé à la télé.

Et depuis je fais tout ce qu’elle dit

Comme je l’ai fait toute ma vie

ET JE M’EMMERDE…

26 avril 2020

L’amour au temps du confinement (1)

Filed under: Uncategorized — denisdonikian @ 5:33

 

 

 

Elle : Ne me touche pas ! S’il te plaît ! Ne me touche pas !

Lui : Mais comment faire sans se toucher ?

Elle : Débrouille-toi ! C’est toi l’homme, non ?

Lui : Oui, mais la femme quand elle veut, elle peut !

Elle : Sauf qu’aujourd’hui, l’invisible guette.

Lui : C’est vrai, l’invisible guette. Et si on mettait des masques, peut-être bien qu’il ne nous reconnaîtrait pas ?

Elle : Et comment s’embrasser ? Avec des masques ! Sans parler du reste.

Lui : Et si on faisait l’amour en habit de scaphandrier ? Pas bête ça, non ? Et puis, ça donnerait du piment à la chose, vu qu’on n’a jamais fait ça.

Elle : C’est vrai qu’on n’a jamais fait ça.

Lui : Et mieux encore … Je te propose qu’on le fasse dans la piscine. Ah, ça aurait de la gueule, non ? On évoluerait comme des poissons.

Elle : Et moi je serais comme une pieuvre avec beaucoup de bras. Ah des suçons tu en auras jusqu’à plus soif mon cochon.

21 avril 2020

De kuruş en courroux, ou les maladies de Pecer Tayyip Ganerdo

Filed under: Uncategorized — denisdonikian @ 1:49

L’histoire serait probablement  authentique. Toujours est-il qu’elle m’a été racontée par mon père Iskander, qui la tenait du sien. Mais mon père Iskander aimait beaucoup plaisanter.

Elle se passe à Istanbul. On est en 1922.

Garabed Garabédian, dont le père était garagiste près de la gare ferroviaire de Haydarpaşa garı, est un jeune interne de l’École Civile de Médecine d’Istanbul. Il décide d’ouvrir un cabinet médical pour soigner le tout-venant grec, turc, kurde, car il a juré qu’il ne ferait aucune discrimination dans les soins à apporter. Comme assistante, il a embauché sa jeune épouse Gariné, laquelle était fière de s’appeler désormais Gariné Garabédian.

Pour attirer les clients, Garabed fait poser à côté de sa plaque le texte suivant :

«  Pour 500 kuruş je vous promets de vous guérir de votre maladie. Si j’échoue, vous recevrez 1000 kuruş ! »

Pecer Tayyip Ganerdo voyant l’affiche se dit que voilà bien une occasion en or ottoman pour gagner 1000 kuruş.

Pecer Tayyip Ganerdo rend alors une petite visite au jeune interne de l’École Civile de Médecine d’Istanbul, Garabed Garabédian, qui venait d’ouvrir son cabinet et lui dit : « J’ai perdu mon sens du goût! Même le café turc avec beaucoup de sucre, je ne le sens pas.»

« Gariné, lance Garabed, apporte, s’il te plaît, le médicament du cas 1915 et administre 3 gouttes au patient ».

Gariné exécute les ordres de son mari Garabed, jeune interne de l’École Civile de Médecine d’Istanbul.

« Beurk ! Mais c’est de l’essence ! », fait Pecer Tayyip Ganerdo.

« Félicitations ! dit Garabed. Vous avez retrouvé votre sens du goût. Cela fera 500 kuruş s’il vous plaît. »

Humilié par ce Garabed Garabédian, Pecer Tayyip Ganerdo paye l’honoraire de 500 kuruş et sort du cabinet médical.

Quelques jours plus tard, Pecer Tayyip Ganerdo revient voir Garabed.

« Cette fois, dit-il au jeune interne de l’École Civile de Médecine d’Istanbul, j’ai perdu la mémoire, je ne me rappelle de rien. Je ne sais même plus ce qui s’est passé sept ans plus tôt alors que j’étais soldat.»

« Gariné, lance Garabed, apporte s’il te plaît le médicament du cas 1915 et administre 3 gouttes au patient ».

Gariné exécute les ordres de son mari Garabed, jeune interne de l’École Civile de Médecine d’Istanbul, plein d’avenir.

«  Le médicament 1915, fait Pecer Tayyip Ganerdo, mais c’est de l’essence ! »

« Félicitations ! Vous avez retrouvé la mémoire  de l’époque où vous étiez soldat ! Cela fera 500 kuruş s’il vous plaît », dit Garabed.

Furieux, Pecer Tayyip Ganerdo paye et quitte une fois de plus le cabinet médical. Mais quelques jours plus tard, Pecer Tayyip Ganerdo revient voir le jeune interne de l’École Civile de Médecine d’Istanbul,

« Cette fois, dit-il, j’ai l’impression de devenir aveugle. Je perds la vue. Parfois je vois rouge et la nuit je ne vois plus le croissant de lune ».

« Malheureusement, je n’ai pas de médicament contre l’aveuglement, lui dit Garabed. Alors voici vos 1000 kuruş. »

Et il lui donne deux pièces de 5 kuruş.

« Mais vous ne m’avez donné que 10 kuruş ! » s’étonne Pecer Tayyip Ganerdo.

« Félicitations ! dit Garabed. Vous venez de retrouver la vue ! Cela fera 500 kuruş s’il vous plaît ! »

18 avril 2020

Au nom de tous les miens, pardon Monsieur Erdogan ! (1)

Filed under: ARTICLES,GENOCIDE ARMENIEN,Uncategorized — denisdonikian @ 9:58

Piqûre de rappel

Affiché sur Yevrobatis.org le 15 avril 2005

 » Il appartient aux Arméniens de faire 
des excuses à la Turquie suite à leurs allégations erronées 
de génocide pendant la première guerre mondiale.  » 
a déclaré lundi 11 avril 2005, M. Recep Tayyip Erdogan, au cours de sa visite officielle en Norvège.
*
Ces enfants arméniens qu’on enterra vivants pas centaines remuent encore sous la terre autour de Diarbékir pour vous demander pardon. Ces déportés torturés par la soif que vos gendarmes attachaient face aux rivières ou promenaient le long des fleuves en leur défendant d’approcher ne sauraient faire moins eux aussi que d’implorer votre grâce. Au nom de ceux qui se sont jetés dans les flots pour s’y noyer en apaisant leur soif ou de ceux qu’on fit boire aux rivières souillées par des cadavres arméniens, je vous demande pardon.  » Pardon !  » auraient dit ces enfants arméniens, sans père ni mère, qu’on vendait pour deux médjidiés, soit 1,20 euro, sur les marchés d’Istanbul, capitale ottomane. Ces filles qu’on passait aux soldats vous demandent elles aussi pardon d’avoir été violées ou d’avoir peuplé les harems de vos pères. On aurait pu aussi exiger de Madame Terzibachian d’Erzeroum de vous demander pardon pour avoir témoigné au procès Tehlirian en racontant comment à Malatia les femmes virent leurs époux tués à coups de hache avant d’être poussés dans l’eau et comment leurs bourreaux vinrent choisir les plus belles, transperçant de leur baïonnette celles qui s’y refusaient. Mais Madame Terzibachian n’étant probablement plus de ce monde, je vous demande pardon à sa place d’avoir porté l’accusation contre le soldat qui trancha la tête de son propre frère sous les yeux de sa mère aussitôt foudroyée, et qui jeta son enfant pour la seule raison qu’elle le repoussait. Pardon de vous avoir offensé au nom des Arméniennes de Mardin dont on déshonora les cadavres encore frais. Les Arméniens qu’on jeta par centaines dans les gorges du lac de Goeljuk, non loin de Kharpout, selon ce que le consul américain nous en a rapporté, s’excusent par ma bouche d’avoir porté atteinte à votre honneur que leur mort accuse les Turcs de les avoir acculés dans une nasse avant de les égorger. Je vous fais grâce de ces restes humains qu’on dépouilla de tout, de leurs maisons, de leurs biens, de leurs vêtements, de leurs enfants, et ces enfants de leurs propres parents, de leur innocence, de leur virginité, de leur religion, de l’eau qu’on boit quand on a soif, du pain quand on a faim, de leur vie autant que de leur mort, de leur paysage familier et de la terre de leurs ancêtres… De tous ces gens me voici le porte-parole, ils parlent en moi, je les entends agoniser dans mon propre corps, pour vous demander pardon d’avoir existé, pardon d’avoir été trompés, turcisés, torturés, ferrés comme des chevaux, violés, égorgés, éviscérés, démembrés, dépecés, brûlés vifs, noyés en pleine mer, asphyxiés, pour tout dire déshumanisés… Car vous n’êtes en rien responsable des malheurs absolus que vos frères inhumains firent subir aux nôtres, frères humains trahis dans leur humanité. Non, l’histoire de vos pères n’est pas votre histoire. L’histoire de la Turquie ne naît pas sur ces champs de cadavres arméniens. Et pourquoi donc supporteriez-vous les péchés de vos pères ? Qui oserait vous faire croire que ces maisons désertées par les Arméniens ont été aussitôt habitées par les vôtres ? Que des villages entiers, vidés de leurs habitants naturels, ont été occupés par les vôtres, au nom d’une légitimité illégitime ? Que la ville de Bursa comptait 77 000 Arméniens durant la période ottomane, plus que deux au premier recensement ? Que les richesses de ces Arméniens pourchassés, déportés, anéantis aient nourri ces prédateurs qui furent d’une génération dont vous ne fûtes nullement engendré, Monsieur Erdogan. Il faut que les Arméniens s’excusent d’avoir été là où vous n’étiez pas encore. Qu’ils s’excusent d’avoir proclamé depuis 90 ans, d’une manière ou d’une autre, par des livres ou de vive voix, par leur mort sur les chemins du désert ou leur vie dispersée aux quatre coins du monde, que le génocide arménien est et sera toujours le fond noir de l’identité turque.

avril 2005

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Aux confins du confinement (18)

Filed under: APHORISMES,Aux confins du confinement,Uncategorized — denisdonikian @ 6:19

ou le couronnement du roi Covid XIX

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Au débordement physique des hommes hors du vivant, la pandémie répond par la nécessité d’une écologie métaphysique.

15 avril 2020

Mémoires arborescentes (7)

Filed under: Mémoires arborescentes,Uncategorized — denisdonikian @ 1:39

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Les platanes de ma vie

Mes premiers arbres ? Les platanes de mon enfance alignés sur la place d’Arpot à Vienne, le long de la nationale 7. Aujourd’hui, ne restent que trois survivants, témoins d’un quartier où se mêlaient des nationaux divers, échoués là pour échapper aux cataclysmes de l’histoire. Notre unique fenêtre qui donnait sur la place était au deuxième étage de l’immeuble où nous avions nos chambres. S’y mettre plaçait obligatoirement la vue au niveau des feuillages. Derrière eux, se profilait le château aux propriétaires discrets comme des fantômes. Parfois il m’arrivait d’apercevoir l’homme à tout faire, tantôt chauffeur, tantôt jardinier. Un individu droit comme un épi malgré son âge, jambes fines toujours en guêtres. Son logis était en retrait. Sa femme se montrait rarement. Mais sa fille parfois, comme si elle cherchait à s’émanciper, se penchait sur la balustrade de pierre et regardait la place où se jouaient d’autres vies, forcément plus basses. Elle avait devant les yeux la face des platanes qui m’était cachée. Dans les verts frissonnants de leur ramure nos yeux se noyaient. Et le soir une fraicheur tombait généreusement sur nous. Une ou deux fois dans l’année, une fête de quartier battait son plein.

S’accroche à ma mémoire un autre platane, rencontré à l’occasion d’un périple à travers la Turquie. Un vieux, très vieux platane, si vieux que son tronc s’ouvrait comme une caverne. Ainsi on pouvait se placer au centre de son corps. L’ouverture était assez large pour qu’un malin y installe une espèce de troquet avec de petites tables. Ainsi enfermés de tous cotés, les clients sirotaient leurs messes basses, tranquilles. Aujourd’hui, l’imposant platane s’exhibe en monument de la mémoire. C’est qu’il en a vu des choses ! Un platane témoin en quelque sorte. Qui garde en sa chair les crimes et les peurs, les rires et les joies d’une histoire perdue à jamais. C’est à Hidirbey qu’on peut le voir encore. Au plus du haut du Musa Dagh, non loin de Vakifli où je fus de passage dans les années 80.

Venu humer les prémices de l’aube, chaque jour sur mon balcon, je reçois en offrande un platane, toujours le même, toujours debout dans une cour d’école aujourd’hui désertée. Un platane aussi puissant que ceux de mon enfance. La même peau tachetée. La même érection drue. La même musculature durcie par l’âge. Ainsi chaque matin me voici rappelé à l’ordre. Hier l’enfance, aujourd’hui l’autre bout de la vie. Les enfants qui courent autour de lui sous sa figure de sentinelle ont l’âge que j’avais quand les platanes de la place d’Arpot s’exhibaient sous ma fenêtre. Mais avant de se retrouver dans ce décor de bitume et de vitre, « mon » platane d’école agrémentait avec un autre le parc d’une propriété bourgeoise. C’est dire que tous les deux ont largement dépassé le siècle. Mais si l’un se montre exubérant à chaque saison, le mien semble figé dans une forme de tristesse. Ses branches levées au ciel qui imploraient la lumière ont été sectionnées. Des moignons pitoyables couronnent sa cime et à l’heure où j’écris, tandis que le printemps donne de la voix, je me demande si des feuilles lui viendront, assez de feuilles pour me montrer qu’il est toujours vivant. C’est que, à ses pieds, la cour largement asphaltée empêcherait l’eau de parvenir à ses racines. Et à supposer que la nappe phréatique ne les atteigne que peu, on peut imaginer que ce platane, lui naguère si beau, semble étouffer d’un manque d’eau, même si lentement, très lentement.

Aux confins du confinement (12)

Filed under: APHORISMES,Aux confins du confinement,Uncategorized — denisdonikian @ 10:23

ou le couronnement du roi Covid XIX

Depuis que je mets une muselière pour sortir, mon chien se demande si c’est pour m’empêcher de mordre.

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