Ecrittératures

8 juin 2021

Aphorisme du jour (129)

Filed under: APHORISMES — denisdonikian @ 3:33

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Que le con ne donne pas son corps à la science ne suffit pas à rendre la connerie générale plus assainie.

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(Oeuvre de D. Donikian, copyright)

Aphorisme du jour (128)

Filed under: APHORISMES — denisdonikian @ 8:18

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(dessin de Michel Giraud)

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Le moindre de tes mensonges participe au chaos généralisé du monde.

7 juin 2021

Gandzassar

Filed under: ARTICLES — denisdonikian @ 7:53

Par Jean-Varoujean Guréghian

Le monastère de Gandzassar est situé près du village de Vank, dans la région de Martakert, sur la rive gauche du Khatchen, dans le Haut-Karabagh. Cette région est historiquement rattachée à la province d’Artsakh en Grande Arménie.

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GandzassarDer

L’église Saint-Jean-Baptiste et son gavit, vue du nord-est. Dessin de Jean V. Guréghian

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Les premières informations écrites proviennent du Catholicos Anania Mokatsi (946 – 968). Gandzassar veut dire en arménien « montagnes aux trésors ». Ce nom proviendrait du fait qu’on exploitait autrefois, sur cette colline, des mines d’argent, de cuivre et d’autres métaux.

Gandzassar qui était, à l’origine, le mausolée des princes Djalalides (Djalalian), devint grâce à eux un centre religieux, d’écritures et d’enseignement majeur. Des manuscrits de grandes valeurs ont été élaborés en ce lieu. Et, à partir de 1400, Gandzassar deviendra le siège du catholicossat d’Aghouanie (d’Albanie).

D’après certaines sources, nombre de reliques se trouveraient à Gandzassar, dont la tête de saint Jean-Baptiste, le sang de Zacharie, père de Jean-Baptiste, des reliques de Grégoire l’Illuminateur, de son petit-fils Grigoris et celles de différents martyrs.

Le seigneur Vakhtang Tangik, avant de mourir, aurait demandé à son fils, Hassan Djalal, de construire une église en ce lieu. Surnommé « le Grand Seigneur », Hassan Djalal fit construire, entre 1216 et 1238, l’église Saint-Jean-Baptiste. Elle fut consacrée en 1240, durant la fête du « Vartavar » (de la Transfiguration), en présence du catholicos Nerses d’Aghouanie, des chefs religieux, des seigneurs, des évêques et de 700 prêtres.

En 1261, Hassan, prisonnier et déporté par les envahisseurs iraniens, refuse de se convertir à l’islam. En conséquence, il est assassiné et découpé en morceaux par ses bourreaux. Atabek-Ivané, le fils de Hassan, va en Iran récupérer les restes de son père, qui avaient été conservés par un sage Iranien, et les ramène en Arménie. L’épouse de Hassan, Mamkan, fait alors construire le gavit adjacent à l’église où elle fait déposer le corps (en morceaux) de son époux. Son tombeau existe encore à ce jour.

Durant une longue période, jusqu’en 1813, date de l’annexion du Karabagh par la Russie, Gandzassar fut le siège de la résistance armée des Arméniens contre les envahisseurs tantôt Turcs, tantôts Perses. Israël Ori (1658 – 1711), figure historique du mouvement national de libération, y organisa des réunions mémorables.

En 1815, le catholicossat d’Aghouanie fut supprimé par les Russes.

En septembre 2014, le président du Karabagh Bako Sahakian et l’archevêque Parkev ont fêté, à Gandzassar, le 25eanniversaire du retour du diocèse au Karabagh.

L’église Saint-Jean-Baptiste est considérée comme l’une des plus belles d’Arménie (historique). C’est une église à croix inscrite avec quatre pièces d’angle à deux niveaux (comme à Dadivank, Sanahin ou Haritjavank). Les murs sont richement décorés à l’intérieur comme à l’extérieur.

À l’intérieur, de nombreux hauts-reliefs représentent des têtes d’animaux et des formes géométriques. Sur le fronton ouest, il y a une sculpture de Jésus, ce qui est rare dans l’architecture arménienne. À l’extérieur, des croix, des fines arcatures, des colonnes aveugles et des niches arméniennes décorent les façades. Les fenêtres sont entourées de fines sculptures. La coupole richement décorée est à seize faces, séparées par des triples colonnes, sous une coiffe en ombrelles.

Le gavit est à doubles voûtes croisées sans piliers centraux, et ressemble, par sa conception originale, aux gavits de Haghbat et de Mechkavank. Ces trois gavits auraient probablement été conçus par le même architecte. Les accès du gavit sont particulièrement bien décorés.

Il y a aussi, au sein du monastère, un réfectoire (datant de 1689), et un bâtiment d’école sur deux niveaux, construite en 1898 par l’évêque Anton, avec des cellules pour les prêtres. Depuis le XVII siècle, l’ensemble est entouré d’une haute muraille.

 J’ai été témoin, à l’époque soviétique, d’une histoire rocambolesque. Un projet de restauration du monastère avait été élaboré par des confrères architectes d’Azerbaïdjan. Ce projet prévoyait d’introduire artificiellement des formes d’architecture musulmane. Notamment certaines arcades en formes ovales devaient remplacer les demi-cercles existant précédemment, etc. Heureusement, après une plainte déposée auprès des hautes autorités… le projet de restauration fut annulé.

L’église Saint-Jean-Baptiste, fermée depuis 1923, fut rouverte en 1988 sous Gorbatchev. Elle fut, en partie endommagée par les soldats azéris en 1992.

La restauration a été réalisée de 1993 à 1997, après l’indépendance.

Jean V. Guréghian

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Autres ouvrages sur l’architecture arménienne de Jean-Varoujean Guréghian

Le patrimoine historique arménien, notamment architectural, présent en Turquie est important. Plus de 300 illustrations, dont la moitié de l’auteur font la richesse de ce livre. Elles représentent des édifices construits entre le IVe (début du christianisme) et le XXe siècle. Nombre de ceux-ci ont été démolis après le Génocide de 1915, à travers toute la Turquie, notamment dans les anciens territoires de l’Arménie historique. On peut retrouver et situer nombre de ces monuments dans les cartes figurées en fin du livre.

9782343207513r

  • Date de publication : 29 octobre 2020

  • Broché – format : 13,5 x 21,5 cm • 238 pages

  • ISBN : 978-2-343-20751-3

  • EAN13 : 9782343207513

  • EAN PDF : 9782140162077

  • EAN ePUB : 9782336912820

  • (Imprimé en France)

  • Prix : 28,5 euros

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ARCITECTURES ARMENIENNES

Arménie

Présentation de l’architecture arménienne à travers l’étude des principaux monuments de son histoire jusqu’au XVIIIe siècle : forteresses, monastères, églises. Les spécificités liées aux matériaux (tuf, basalte, granit et marbre), la variété des styles et la maîtrise technique sont détaillés. Avec la liste des architectes, sculpteurs et tailleurs de pierre qui ont marqué cette histoire.

Paru le : 17/02/2016

Thématique : Patrimoine rural et Architecture vernaculaire

Auteur(s) : Auteur : Jean-Varoujean Guréghian

Éditeur(s) : Geuthner

ISBN : 2-7053-3934-5

EAN13 : 9782705339340

Format : Non précisé.

Reliure : Broché

Pages : 330

Hauteur : 24 cm / Largeur : 16 cm 

Épaisseur : 2,1 cm 

Prix : 43 euros

6 juin 2021

Impressions de lecture : “La Malédiction”, Diyarbakır 1915

Filed under: GENOCIDE ARMENIEN — denisdonikian @ 3:04

9782343229065r

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Par Antranik Toufektsian

Article paru sur KEDISTAN

Dans sa préface, Etienne Copeaux estime que ces écrits, parus en turc sous le titre “Diyarbakır 1915” devraient être mieux connus par leur traduction.

Il y mentionne sa découverte d’un terme : “Ah” le “malheur” que personnellement, j’avais entendu dans la bouche de mes grands-parents. Ils disaient même “Ah enan, vah enan” pour “le malheur et peine.”

Dans la préface des auteurs, on évoque l’acharnement de l’État turc à effacer toute trace du génocide alors que dans la société kurde, c’est un sujet ouvert. Certains témoignages rapportent aussi les actions de certains autres qui ont apporté assistance aux Arméniens.

Suivent 15 chapitres, où sont décrits les récits auprès des témoins, plus ou moins apparentés aux exécuteurs, dans des actions d’une violence quelquefois inouïe.

Le premier chapitre tourne autour d’une personnalité marquante dans cette mise en œuvre néfaste, le préfet de Diyarbakır, le docteur Mehmet Reşit. Arrivé le 28 mars 1915, il met rapidement en place l’organisation de la déportation des Arméniens. On comprend vite que c’est le synonyme d’élimination.

Le second chapitre parle des relations entre Arméniens et Kurdes avant 1915. Pour ma part, je découvre une coutume, le “kirvelik” méthode d’institution de liens entre familles pour établir un équilibre identitaire. Une sorte de charte du “vivre-ensemble” en somme…

Les autres chapitres sont une suite de témoignages prouvant que la mémoire perdure malgré le temps. Bien souvent, il est dit que c’est l’État qui a poussé les Kurdes à éliminer les Arméniens en faisant la promesse qu’ils profiteraient de leurs biens. On cite même des cas où ils étaient payés par tête de chaque victime. Ce sont des récits où l’horreur et la barbarie sont déployées dans des tueries de tout arménien quel que soit son âge ou son sexe. Les hommes valides ne sont déjà plus là car enrôlés dans l’armée, sans armes, dès 1914, puis massacrés.

Il y a au début du chapitre 6, “Quand la mémoire prévaut sur l’histoire”, la référence à l’histoire “officielle” de la Turquie actuelle. Cette histoire révisée et bâtie sur un passé remanié, épuré, de tous les événements portant préjudice à sa narration. Cette révision du passé est un pilier de la structuration d’un État exempt de tout reproche, mais ne sera pas accepté par une partie importante de sa population, les Kurdes, et même aujourd’hui par des Turcs conscients du passé. Car leur mémoire est marquée par le drame qu’ont vécu les Arméniens, leurs voisins, amis proches auxquels a été infligée une extermination organisée par le pouvoir central, suivie par les responsables locaux et perpétrée par une partie de la population kurde.

Je note ici personnellement que le mot “génocide”, tel qu’il a été défini par Raphael Lemkim en 1948, existait déjà dans la langue arménienne dès 1930, sous  le terme deՑեղազպանութիըն/ Tséghazbanoutioun” qui se traduit littéralement par “extermination d’une race”.

Le mot kurde “firxûn” est mentionné plusieurs fois pour désigner le génocide, preuve de la prise de conscience des habitants de cette contrée.

A tel point que la malédiction suivante, même si elle n’est pas vérifiable, les a marqués pour la postérité.

Les Arméniens persécutés, torturés, assassinés ont dit aux Kurdes (en kurde) : “Em sîv in, hûn pasîv in” exprimant à peu près : “Nous sommes le hors-d’œuvre, vous serez le plat de résistance”.

Un passage analyse l’aspect religieux montrant la stigmatisation des Arméniens, incitant les musulmans à tuer les “ennemis de l’intérieur”. Cette méthode contre les Kurdes a été utilisée en 1990 et aussi de nos jours par Al-Qaïda et Al Nostra.

Plus loin, page 131, le témoignage de Baran, 82 ans, démontre que le mécanisme faisant dresser les Kurdes contre les Arméniens en 1915, se reproduit maintenant entre les sunnites et les autres croyances non majoritaires comme les alévis ou les chiites.

Dans le chapitre 11 qui pose la question : “que sont devenus les biens arméniens ?” il est spécifié que les archives de l ‘époque ne sont pas accessibles, on devine pourquoi…

Profitant du contexte, ce sont les aghas et les beys qui ont fait main basse sur les terres et les richesses “abandonnées” par les Arméniens.

Au chapitre 12, récits des rescapés rapportés par leurs descendants où la notion de “sauvetage” s’imbrique avec celle de rapt. Il est incontestable que du sang arménien coule dans les veines de nombreux kurdes. Des milliers de jeunes filles ou femmes ont été converties. La mémoire est ainsi transmise par le sang…

Voici un témoignage de notre famille, le récit de mon beau-père natif dans la région de Sivas.

“Cela devait se passer en 1916 au plus fort des déportations et massacres, mon beau-père devait avoir douze ans environ.

Il disait qu’une bande de « tchétés » (cavaliers irréguliers armés par le régime jeune turc) avait envahi le village mettant le feu aux maisons et tuant tous les gens sans distinction. Sa famille avait été décimée rapidement et lui n’avait dû son salut qu’en faisant le mort sous les autres cadavres.

Au matin, il s’est retrouvé seul dans un endroit complètement dévasté et désert. Il est parti seul, sans savoir où il allait et je ne sais combien de temps il a erré ainsi avant d’être « recueilli » par des paysans kurdes. Ils l’ont gardé pour en faire un valet de ferme mais au bout de quelques temps, il s’est échappé, errant à nouveau sur les chemins mais avec un objectif : aller vers le sud.

De nouveau, des paysans kurdes l’ont intégré chez eux pour le faire travailler. Et encore une fois, il s’est échappé mais à ce stade son récit ne me revient plus en mémoire.

Il faut préciser que je l’ai entendu il y a plus de 60 ans et ne l’ai noté que bien plus tard.

Ce qui semble probable est qu’il fut recueilli par une mission humanitaire et a été conduit dans un orphelinat vers Alep”.

Nombreux furent les Arméniens islamisés, la plupart des enfants et des jeunes filles ou garçons. Certains sont restés dans leur nouvelle croyance mais d’autres l’ont refusée pour revenir au christianisme.

Un passage rapporte les derniers moments de mourants qui refusent de faire la chahada. 1

Ce que raconte Cemal 55 ans de Dicle, témoin de ce refus et dont la conclusion mérite d’être méditée.

“Dans le monde, aucun peuple n’a pu être éradiqué. En les tuant, en les massacrant, en les déportant, en les anéantissant même, on ne peut pas faire disparaître les Arméniens, on ne peut pas assécher leur source”.

Les derniers chapitres montrent les difficultés de l’après génocide pour les rescapés islamisés qui ne seront jamais considérés comme tel. De nos jours, il y a encore la “chasse au trésor des Arméniens”. Destruction, profanation et fouilles pirates ont des adeptes.

Depuis des années la communauté kurde subit à son tour une oppression, comme une malédiction…

On pourrait trouver une similitude dans les tragiques événements de 1990 et 1938 où tant de destructions et d’assassinats ont été commis par l’État.

Le régime, comme les précédents, impose une unicité turque par tous les moyens, même les plus violents.

S’il existe un univers orwellien, on pourrait le situer dans l’Anatolie où la stigmatisation de l ‘Autre fera encore beaucoup de victimes.

Cet ouvrage apporte la preuve que la mémoire ne peut s’effacer et qu’il est important de la préserver.

 

“La Malédiction”

Le génocide des Arméniens, dans la mémoire des Kurdes de Diyarbekir.

Adnan Çelik & Namık Kemal Dinç,

Traduit du turc par Ali Terzioğlu et Jocelyne Burkmann

Préface, notes et révision d’Etienne Copeaux

l’Harmattan
(333 pages) Avril 2021

En suivant ce lien, vous pouvez lire un extrait, acheter la version papier (32€) ou électronique (24,99€) sur le site de l’éditeur.

5 juin 2021

Proverbes (9)

Filed under: proverbes — denisdonikian @ 1:20

Pour le voleur aux bras longs, toute chemise est trop courte.

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Numérisation_20210530 (9)

(Dessin de Michel Giraud)

4 juin 2021

Proverbes (8)

Filed under: proverbes — denisdonikian @ 7:54

Quand les chiens se chamaillent, le chat chasse.

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20180917_082300

(photo D. Donikian, copyright)

3 juin 2021

Aphorisme du jour (127)

Filed under: APHORISMES — denisdonikian @ 6:37

Pauvre cherche idéal.

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Numérisation_20210530 (13)

dessin de Michel Giraud

2 juin 2021

Proverbes (7)

Filed under: proverbes — denisdonikian @ 4:31

L’or dure, l’ordure non.

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« Sur la route de Salinas », Collage de D. Donikian 1994, 29,5×21 cm

Proverbes (6)

Filed under: proverbes — denisdonikian @ 3:18

 

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On ne jette pas la pierre à un arbre.

1 juin 2021

Proverbes (5)

Filed under: proverbes — denisdonikian @ 7:06

En Afrique, les zèbres n’empruntent pas les passages piétons de crainte d’être repérés.

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