Ecrittératures

21 juillet 2018

Los Caballos Paradjanov ( Les chevaux Paradjanov)

Filed under: ARTICLES,LIVRES,Uncategorized — denisdonikian @ 5:25
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A l’occasion  de sa traduction  par Ana Arzoumanian et Cristina Bourette publiée en Argentine.

 

 

Los caballos Paradjanov

 

J’ai écrit ce livre, Les Chevaux Paradjanov, parmi les premiers de mes livres, à un âge où je me sentais de plus en plus heurté par le monde des hommes forts. Juste avant, mes textes avaient été écrits sur le génocide des Arméniens puis sur mon expérience soviétique puisque j’avais vécu deux ans sous ce régime comme étudiant. Mon écriture est née de la conjonction de ces deux prises de conscience, le monde génocidaire et le monde totalitaire. Paradjanov est venu juste après comme un homme à sauver. Je suis encore fier d’avoir contribué à sauver Paradjanov en militant, en écrivant et en le rencontrant. Contribuer dans sa vie ne fût-ce qu’une fois à sauver un homme des griffes des hommes forts, ce n’est pas rien.

Les Chevaux Paradjanov est l’expression d’une colère inutile. D’une colère qui se sent inutile contre les hommes qui sont plus forts qu’elle. En ce sens, c’est une colère poétique. C’est de la poésie au service d’une colère. Et oui, Les chevaux Paradjanov est un livre inutile. Mais que serait un pays où tous les livres publiés seraient utiles ? Ce serait un pays invivable car tout y serait codifié. Un pays amputé de son imaginaire. Un pays où ne se publieraient que des recettes, même des recettes pour faire de la poésie. De la poésie sans colère, de la poésie aseptisée.

Qu’un pays comme l’Argentine publie Les chevaux Paradjanov est le signe que la colère y est vivace et l’imaginaire toujours d’actualité. C’est le signe qu’une poésie inutile y a encore son utilité, celle de défendre la générosité naturelle du monde contre ceux qui veulent la remplacer par la force, la force de la raison, la force de la destruction, la force de la raison destructrice telle qu’elle s’exprime à travers un régime génocidaire ou un régime totalitaire.

Il faut sauver Paradjanov !

Denis Donikian

 

Collage sin título (1)

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26 juin 2012

Sauver la vie (29)

Filed under: APHORISMES,SAUVER LA VIE — denisdonikian @ 2:03
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Si l’homme n’était qu’un appareil digestif commençant par une bouche et finissant par un anus, il n’aurait jamais inventé la  cuisine.

22 septembre 2010

Vanité

Filed under: APHORISMES — denisdonikian @ 7:29
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Le quêteur de notoriété, en art comme en politique, n’a pas d’amis, sinon des amis marchepieds.

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L’esprit prédateur, soucieux de célébrité, n’a d’autre hâte que de vampiriser ses amis. Ne sachant pas écrire, il utilise comme nègres ses amis écrivains pour les mettre au service de son ambition, comme il le fait de ses amis peintres, pour n’avoir aucun talent pour la peinture, ou de ses amis musiciens, n’ayant aucune aptitude à la musique.

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Que vaut un prix littéraire, artistique ou autre, s’il vous fait gagner en vanité ce que vous perdez en humanité ?

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La recherche de célébrité en art est déjà la preuve d’un art médiocre.

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On peut faire un film en manipulant des nègres de la même manière qu’on peut éditer un livre sans l’avoir écrit.

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Qu’au cours d’un tête à tête, un ami interroge l’autre sur ce qu’il fait et que cet autre n’interroge pas son ami sur ce qu’il fait lui-même, et l’on peut en déduire que l’un est un fou d’amitié et l’autre un fou de soi.

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L’homme est ainsi fait qu’il peut être généreux par intérêt, ami par calcul et  fraternel par égocentrisme.

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Les petits veulent se voir grands dans le regard des petits : c’est leur bonheur. Et gare au petit qui s’avise de leur renvoyer l’image de leur petitesse, il s’attirera de leur part une haine éternelle.

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Il arrive que le mérite d’une récompense  s’effondre sous la vanité qu’elle engendre.

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Quoi qu’il fasse, un ami trompera toujours l’amitié d’un vaniteux.

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La passion de la notoriété suppose un parcours sans faute qui s’obtient sans en dévier d’un seul centimètre, fût-ce pour donner une preuve d’amitié à un ami qui devra prouver la sienne en œuvrant pour cette passion, dût-il dévier de sa propre passion de plusieurs jours.

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Il existe un terrorisme de l’amitié.

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© Photo :  Denis Donikian

 

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