Ecrittératures

31 janvier 2014

DIASPORA, CULOTTES et DRAPEAU

 

ErikJohansson_10 Erik Johansson

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La vérité, quelle qu’elle soit, est moins terrible que l’ignorance.

Anton Pavlovitch Tchekhov

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Récemment, des membres d’Education sans Frontières, scandalisés par le traitement que subissent les migrants arméniens de la part du gouvernement français, me demandent de les éclairer sur la situation socio-politique de l’Arménie. Jusque-là, je croyais blanchir nos culottes en famille. Et voilà que d’autres, mais animés d’humanisme, me prenant au mot, viennent me dire que c’est justement le genre de lessive qui les intéresse. Le lecteur peut imaginer mon embarras. Comment faire, me suis-je demandé, pour qu’on évite de prendre mes justes colères pour du dénigrement,  mon esprit critique pour de la trahison, et fustiger le caca arménien sans souiller notre culture ?  Exercice d’autant plus périlleux qu’il me fallait honteusement confesser que des Arméniens, professant une idée de l’Arménie plus éthérée que terre à terre, se demandaient aujourd’hui comment aider les autorités françaises dans leur tâche contre ces migrants qui osent bobarder sur leur pays rien que pour sauver leur peau. C’est que chez nous, héritiers d’un génocide, la haine des autres a muté, dans certains cerveaux racornis, en haine des nôtres. Difficile d’en faire l’aveu. En bref, j’avais à parler de l’Arménie mais sans l’humilier. Et je tenais à affirmer, droits de l’homme obligent, que si des Arméniens cherchaient, comme tout un chacun, à échapper au goulet d’étranglement patriotique, c’est que leur marâtre culture du cynisme ne leur offrait plus d’autre choix. Mais comment éviter la gêne à devoir étaler au grand jour les aberrations politiques du génial peuple arménien, les cruautés aveugles d’un arbitraire à visage démocratique, la complicité par le silence de notre diaspora ? Des problèmes de santé m’auront épargné ces exercices d’acrobatie sans pour autant me mettre à l’abri des questions qui pèsent sur la responsabilité des Arméniens d’ici concernant  le sort des Arméniens de là-bas.

Cependant, et je le sais, ces mots que je dis ne pèseront d’aucun poids sur les vrais décideurs du destin arménien, lesquels n’en feront qu’à leur tête. Faibles mots au regard de ceux qui rusent, qui abusent les gogos et qui minent par l’indifférence toute position contraire à la « doxa armeniaca ». Faibles paroles au regard de la Parole patriotarde, laquelle exige du sang et des larmes au nom de la radieuse Arménie. Mais si mes mots ne font pas mur contre la bêtise, au moins ils ne contribueront pas à salir nos linges de famille.

A l’heure où j’écris ces lignes, la soi-disant diaspora arménienne ( à vrai dire, une poignée de météorologues auto-proclamés du temps arménien, qui vous font acheter du parapluie pour couvrir les plus démunis et vous vendent du ciel radieux quand c’est la tempête) semble animée d’un sursaut critique. Ici ou là, la panique prend forme. L’UGAB et autre fondation multiplient les alarmes sur la dépopulation gravissime de l’Arménie en programmant des réunions dans plusieurs villes du monde ( Beyrouth le 30 janvier, Paris le 3 février, Toronto le 5, NewYork le 6, Los Angeles le 11). Quand je disais que mes mots étaient faibles. Mes alertes lancées il y a plus de dix ans viennent seulement de parvenir aux oreilles de ces messieurs forcés d’exhiber aujourd’hui leur culotte salie après dix années de constipation.

Parallèlement se tiennent à Lyon et à Paris deux tables rondes ( voir ci-dessous) destinées à faire parler des réprésentants de la société civile arménienne. Premier sujet à vous faire bondir un éléphant jusqu’au plafond :  l’Arménie et la diaspora, perspective d’une résistance commune. Il en est donc encore qui y croient ! A quoi ? me demanderez-vous. Mais à la diaspora résistante. (Cette diaspora francisée par amour m’a toujours fait penser, concernant son soutien à la désobéissance civile arménienne, au mot d’Arletty germanisée par la passion boche : « Pas très résistante, Monsieur le juge. ») Mais c’est quoi, la diaspora ? Combien de divisions, la diaspora ? En fait, beaucoup. Faute de divisions militaires, nous avons au moins des divisions communautaires. ( La division communautaire consiste à mettre en commun nos sales culottes pour pratiquer leur déchirement en réunion). Qui donc y croit à cette diaspora ? Et qui n’y croit plus ? Qui la fait et à qui ne la fait-on plus ? Qui la représente et qui subit les manques, les excès, les erreurs de ses représentants ?  C’est toute la question.

Tout d’abord, oui, la diaspora est une entité historique à causes multiples, dont les deux principales tiennent au génocide et  à la débâcle économique de l’Arménie dite indépendante. Or ces deux causes constituent à l’heure actuelle son ferment autour de la reconnaissance et son problème quant au chaos économique.

De fait, force est de reconnaître que l’énergie déployée depuis cinquante ans autour du génocide par la communauté arménienne de France a été phénoménale dans tous les domaines. Pour un témoin comme moi de ces cinquante années, l’activisme des Arméniens de la diaspora destiné à faire connaître le génocide a connu une courbe exponentielle.  Il a donné lieu à de multiples livres ( scientifiques, thèses, romans, mémoires, BD et autres), manifestations, commémorations, érections de stèles, vocations, engagements, etc.

C’est dire qu’il y a un esprit diasporique orienté essentiellement vers la réparation de la perte. Mais cette conscience du national est en rivalité constante avec les exigences d’une conscience dominante incarnée par le pays d’accueil. C’est dans ce pays que chaque élément de la diaspora a dû apprendre à se refaire et à mobiliser son énergie pour se constituer en tant qu’individu et citoyen. Le combat  est si rude que beaucoup finissent par céder à la culture d’accueil en accordant aux racines juste ce qu’il faut pour ne pas se renier totalement. Ce principe de réalité aura obligé le plus grand nombre à confier à plus conscients que soi le soin de gérer cette réparation de la perte engendrée par le génocide. Et donc tacitement, le soin de nous représenter. En conséquence, la diaspora comprise comme force politique et culturelle n’est devenue l’affaire que de quelques-uns, les plus actifs ou les plus en vue, qui prennent la parole au nom d’une famille historiquement soudée mais minée pas sa dilution. Ainsi quand cette parole dérive ou délire, la collectivité doit la subir. Comme Aznavour disant qu’il se foutait du mot génocide. Concernant la diaspora arménienne de France, dans le fond, elle assume ses tiraillements entre une assimilation à marche forcée et une nostalgie malheureuse, entre un climat général européaniste et un communautarisme identitaire, un mode de vie mimétique et des représentants quasi nationalistes.

Or, ces acteurs de la diaspora, grâce leur soit rendue, ont réussi à faire vivre, contre vents négationnistes et marées antimémorielles, la vérité  du génocide. Ils savent aujourd’hui comment sensibiliser les responsables politiques. Ils alertent sans dissocier le génocide arménien des autres génocides du XXème siècle. Ils soutiennent à bout de bras une langue qui s’asphyxie faute d’usage pour la vivifier . Ils rebondissement à la moindre humiliation. Ils font un travail de fourmi pour que le passé douloureux des Arméniens ne soit pas englouti dans les sables de l’histoire… Certes la perfection n’étant pas arménienne, on assiste ici ou là à des ratés. C’est dire qu’on oublie trop souvent que les résistants les plus engagés contre l’engourdissement de la cause arménienne doivent aussi assumer leur subsistance et que le militantisme à taux plein n’est guère réalisable. Nous resterons toujours des amateurs, mais des amateurs qui en veulent, qui ont la rage de vaincre. (Nous verrons d’ailleurs comment en 2015 chaque Arménien voudra à sa mesure contribuer à faire avancer les revendications arméniennes). N’oublions pas non plus que la nation arménienne est une nation ravagée et qu’elle se bat malgré le poids délirant de cette blessure qui pleure en permanence dans son âme. Et si nos représentants sont sujets à quelques défaillances, c’est qu’elles sont le reflet de notre situation ambiguë comme communauté au sein d’une société française qui a ses exigences propres, à commencer par le devoir d’assimilation et l’impératif économique. Chacun serait mal venu de reprocher à ces représentants d’avoir été élus par des groupuscules plutôt que par l’ensemble de la diaspora pour la bonne raison qu’il ne suffit pas de souhaiter des élections pour réussir à les mettre en place. Dans nos critiques, nous oublions trop facilement que la diaspora est un groupe humain dispersé dans un autre plus grand, plus fort et plus vivant, auquel nous appartenons sans qu’il soit nôtre tout à fait. Et  tandis que l’histoire avance, faute de mieux, la diaspora se doit d’avoir des interlocuteurs capables de défendre dans l’urgence les intérêts des Arméniens. Sans ces individus qui se sont battus, démenés et même sacrifiés, ni Mitterand, ni Chirac, ni Sarkozy et ni Hollande n’auraient pris fait et cause pour nous. Personne n’a le droit de les conspuer même si chacun estime à juste titre que le peuple arménien doit être reconnu dans son humanité pleine et entière et qu’il puisse prospérer sur les terres qui sont actuellement les siennes.

Mais ce déficit démocratique inéluctable en diaspora, dès lors qu’il n’est compensé par aucun mécanisme minimum qui permette la consultation, la contestation ou la discussion franche crée obligatoirement des frustrations, des défiances ou mêmes des indifférences à l’égard de la chose arménienne.  En d’autres termes, il n’est pas abusif d’exiger des comptes de ces représentants, alors qu’aujourd’hui il semblerait que les garde-fous soient totalement absents et que nos chefs s’inventent une conduite patriotique au gré de conciliabules sélectifs pour pondre du communiqué, monter de la commémoration, ou lancer de l’anathème. C’est que nos pitbulls ont de la revanche à revendre et savent montrer les dents au moindre manquement démocratique constaté par l’Etat turc. Il arrive même qu’ils pètent les plombs quand on touche à leur génocide ( voir les hystéries devant Sarkissian sous la statue de Komitas au temps des protocoles en octobre 2009). Mais jamais on ne les a entendus grogner, la bave aux lèvres, jamais ils ne se sont fendus d’un communiqué pour dénoncer les abus du pouvoir arménien et prendre faits et causes pour la société civile. Réclamer à cor et à cri la démocratie chez les autres, mais surtout éviter de l’exiger chez nous. De cette philosophie de l’enfumage il ressort qu’on prend bien garde de ne pas toucher à l’intouchable caca arménien. Ah ça non ! Ça jamais ! Au drapeau les chefs ! Larme à l’œil et main sur le cœur ! Alors que déborde la contestation en Arménie même, qu’elle génére des dégâts irréversibles en termes de démographie, nos assis jouent la prudence, la grande histoire, l’éternelle Arménie et obtiennent… une pauvreté qui s’appauvrit, une république poutinisée, un population qui s’exile par le corps et en esprit. Ce silence de rigueur a permis à l’Etat arménien d’avoir les coudées franches dans les décisions cruciales intéressant la diaspora au premier chef, comme celles relatives aux protocoles arméno-turcs.  Nos chefs croyaient respecter le gouvernement Sarkissian en faisant les autruches sur ses dérives autoritaires, et Sarkissian les a remerciés en ne les consultant pas. C’était dire à la diaspora que la diaspora n’existait pas comme entité politique, seulement comme manne financière.  Ainsi donc, aujourd’hui, le bilan est lourd. La soumission par le mutisme de nos représentants aux dirigeants du pays affiche un bilan de catastrophe national. Et faute de mieux, ce sont ces personnes qui seront une fois de plus reconduites pour perpétuer le désert de confiance qui gagne l’Arménie et même la diaspora.

L’ambiguïté qui caractérise le statut de nos « chefs » peut en étonner plus d’un. A y regarder de près, chacun d’eux est animé par un conflit d’intérêts. Quand parler au nom de la diaspora vient en concurrence avec un intérêt de parti, un intérêt d’affaires ou un intérêt de carrière, c’est toujours le langage de la vérité qui passe à la trappe. Aujourd’hui, le peuple diasporique arménien voit bien que dans son juste combat pour la reconnaissance on lui a fait oublier le combat pour la survie démocratique de l’Arménie. Or, si ses dirigeants ne les ont pas suffisamment alertés, c’est bien qu’ils avaient un intérêt de parti, d’affaires ou de carrière à ménager ceux qui ont fourvoyé le pays dans cette impasse. Et comme les intérêts sont tenaces, nos chefs continueront à nous aveugler de génocide par-ci, de loi antinégationniste par-là pendant que les Arméniens d’Arménie vivront impuissants le délitement de leur âme et de leur pays.

Ainsi donc, demander aux représentants de la diaspora de soutenir les mouvements civiques d’Arménie, c’est comme demander au président Sarkissian de leur ouvrir les portes de son cabinet secret.

 Mais on peut toujours essayer. « Il ne suffit pas de violer Euterpe, disait Stravinsky, encore faut-il lui faire un enfant. »

 

Denis Donikian

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Tables rondes entre de jeunes journalistes politologues d’Erévan et la diaspora arménienne de France.

Les tables rondes auront lieu :

  • à Lyon : à l’Université catholique (25 rue du Plat 69002 Lyon), jeudi 30 janvier de 19h00 à 23h00, dans l’amphi Buret,

  • à Paris : à l’INALCO, samedi 1er février de 15h00 à 19h00, dans l’amphi VI.

Il nous semblé nécessaire de donner la parole à ces jeunes qui représentent ce qu’on peut appeler la nouvelle société civile émergente arménienne. Ils font partie des mouvements des Droits de l’Homme et écologistes. Ils s’inscrivent dans une forme de résistance face au pouvoir oligarchique.

Au moment où toutes les diasporas sont mobilisées pour commémorer le Centenaire du génocide, la jeune République d’Arménie est arrivée à un tournant dangereux de son évolution.

Plusieurs phénomènes contribuent à cette situation :

l’émigration, voire la dépopulation des forces vives de la nation ;

  • le désengagement de la diaspora depuis 2008 ;

  • l’enclavement du pays ;

  • etc…

Ces jeunes ne comprennent pas notre désengagement. Ils veulent redéfinir une nouvelle dynamique partenariale sur la base de valeurs partagées.

Dans ce contexte, il semble urgent de rétablir une relation de confiance.

C’est le sens de cette initiative : donner la parole à ces jeunes et susciter un débat entre nous, aujourd’hui proche du point zéro.

Trois thématiques seront abordées :

1.       L’ARMENIE ET LA DIASPORA

Perspectives d’une résistance commune

2.       ARMENIE : RENVERSEMENT OU EFFONDREMENT

o   Les choix d’orientation et les perspectives de développement dans la région

o   Le bras de fer Union eurasienne/Union européenne

o   Faut-il ouvrir la frontière entre l’Arménie et la Turquie ?

3.       LA REPUBLIQUE DU HAUT-KARABAGH

Second Etat arménien / second souffle

Le groupe de réflexion d’Erévan sera représenté par

Nazénie Garibian, directrice de recherche au Madénataran ;

  • Olya Azatyan, politologue ;

  • Hakob Badalyan, journaliste politologue ;

  • Artur Avtandilyan, politologue ;

  • Modératrice : Zara Nazarian, fondatrice du site internet Le Courrier d’Erévan, responsable de la francophonie en Arménie et journaliste aux Nouvelles d’Arménie Magazine.

23 janvier 2014

Le Théâtre du génocide

Filed under: Uncategorized — denisdonikian @ 3:39
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Vient de paraître en édition universitaire un travail de longue haleine soutenu par Annick Asso sur la représentation théâtrale des génocides du XXème siècle.

Annick Asso avait présenté au Colloque de Cerisy les premiers aperçus de son travail  sur des pièces autour du génocide arménien.

( Voir : De l’abîme aux constructions d’identité )

Annick ASSO livre 1Annick ASSO livre 2

21 janvier 2014

Coup de feu sur l’Histoire.

Filed under: Uncategorized — denisdonikian @ 6:22
Tags: , , ,

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Les Editions SIGEST commencent la commémoration du centième anniversaire du génocide des Arméniens

par un coup de feu qui fut le coup d’une juste colère,

celle qui porte le nom de la déesse

Némésis

plus généralement désignée (selon les archives de l’Institut Zoryan et du parti FRA-Tachnagtsoutioun) par l’expression Hadoug Kordz.

Cette Mission Spéciale aura pour but de rendre justice au peuple arménien massacré en éliminant un par un ceux qui avaient orchestré  son anéantissement

à commencer par Talaat Pacha.

Cette histoire raconte la traque menée par Soghomon Tehlirian et son procès à Berlin, qui sera l’occasion de

montrer du doigt l’Europe qui a honteusement laissé faire.

Soghomon Tehlirian avouera son meurtre sans se reconnaître comme assassin.

Superbe bande dessinée du triumvirat :

Paolo Cossi, J.B Djian et Jan Varoujan,

reposant sur les minutes du procès pour reconstituer les gestes de Tehlirian,

ou sur des recherches minutieuses pour retrouver jusqu’au modèle de l’arme qui servira à tuer le monstre.

Une B.D. que l’on va s’offrir et offrir sans modération,

on peut en être sûr.

Et ça commence à faire ch… les chalvars.

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Pour une souscription à tarif préférentiel

Jusqu’au 14 mars 2014

Voir ICI

Historiens de l’Arménie en traduction française

Filed under: Uncategorized — denisdonikian @ 5:30
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Historiens de l’Arménie en traduction française sur le site de

L’antiquité grecque et latine

Du moyen âge

mamigonian

Mar Apas Catina   :   Histoire ancienne de l’Arménie

Agathange : Histoire du règne de Tiridate et de la prédication de Saint Grégoire l’Illuminateur

Faustus de Byzance : Bibliothèque historique

Zénob de Klag : Histoire de Dâron

Jean Mamigonien : Continuation de l’Histoire de Daron

Moïse de Khorène :  Histoire d’Arménie (livres Ι, ΙΙ et ΙΙΙ)

Elisée : Histoire de Vartan et de la guerre des Arméniens

Lazare de Pharbe : Histoire d’Arménie.

Léroubna d’Édesse : Histoire d’Agbar.

L’évêque Sébéos : Histoire d’Héraclius

Pseudo-Sébéos : Chronique

Arisdagues de Lasdiverd : Histoire d’Arménie

Etienne Açogh’ig de Daron :  Histoire universelle

Eznig (DOCTEUR) :  Réfutation des différentes sectes des païens.

Jean Catholicos : Histoire d’Arménie

16 janvier 2014

Enquête sur l’arménien occidental

Filed under: APPEL à DIFFUSER — denisdonikian @ 2:26

COMMUNIQUE

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Chers amis,

Merci de votre attention à cette annonce qui est d’une grande importance. 

Nous attendons au moins 2000 réponses à ce questionnaire pour qu’il soit exploitable, et votre collaboration est indispensable pour sa diffusion.

Merci de transmettre l’information au sein de toute structure concernée dans laquelle vous êtes impliqué (organes de presse, sites internet, associations, écoles, etc.). Pour atteindre nos objectifs une diffusion de type pyramidale est souhaitable.

Le projet est en ligne sur
http://sites.google.com/site/enquetearmoccidental/

Merci d’y contribuer, n’hésitez pas à nous contacter pour toute question sur oplarmocc@gmail.com.

Bien cordialement,
Anaïd Donabédian et l’équipe du projet

L’arménien occidental en France, dynamiques actuelles

GRANDE ENQUETE NATIONALE

ETAT DE LA PRATIQUE DE L’ARMENIEN OCCIDENTAL EN FRANCE

Dans le cadre d’une recherche conduite à l’Inalco par le laboratoire SeDyL,

soutenue par

l’Observatoire des Pratiques Linguistiques de la Délégation Générale à la Langue Française du Ministère de la Culture

et la Fondation Calouste Gulbenkian

L’arménien occidental, qui fait partie des langues de France reconnues par la Délégation Générale à la Langue Française et aux Langues de France du Ministère de la culture,  et aujourd’hui classé Langue en danger par l’Unesco , est un des éléments fondamentaux du patrimoine culturel de la diaspora arménienne, mais aussi, comme toute langue en danger, du patrimoine de l’humanité.

Les conditions dans lesquelles la langue se développe depuis la dispersion massive de ses locuteurs à la suite du génocide de 1915 en font une langue de diaspora, partout en situation de langue minorée, parlée par des locuteurs bi- ou multilingues pour lesquels elle n’est souvent pas la langue de communication la plus naturelle, et qui en ont de plus en plus souvent une maîtrise partielle. Le déclin de cette langue est aujourd’hui évoqué sans tabou. La société française, qui a une forte culture de monolinguisme, ne semble pas présenter des conditions particulièrement favorables à un maintien de la langue.

Malgré cela, on observe en France des facteurs qui vont dans le sens d’une revitalisation de la langue : la création de nouvelles écoles bilingues, l’augmentation globale du nombre des élèves inscrits dans ces écoles, le succès des cours hebdomadaires, la variété des initiatives culturelles et des ateliers pédagogiques destinées à transmettre la langue à différents types de publics, le rôle joué dans cette revitalisation par les familles venues du Proche-Orient , mais aussi du contact avec l’arménien oriental.

Nous ne disposons cependant que de peu de données permettant de mesurer l’ampleur de ces phénomènes ni de cerner les types de publics qu’ils concernent. En France, pour des raisons constitutionnelles, les recensements de la population ne permettent pas de collecter des données sur l’appartenance ethnique et les pratiques linguistiques qui y sont liées.

La présente enquête sur les pratiques linguistiques est soutenue par l’Observatoire des pratiques linguistiques du Ministère de la Culture (DGLFLF) et la Fondation Calouste Gulbenkian (plan de soutien à l’arménien occidental). Il s’agit de la première enquête extensive conduite sur la pratique de l’arménien occidental en France. Elle vise à réunir pour la première fois les éléments d’un diagnostic quantitatif et qualitatif, s’appuyant sur un échantillon de la population comprenant des individus représentatifs de tous les niveaux de la maîtrise et de la pratique de l’arménien occidental (jusqu’aux personnes ne le connaissant et/ou pratiquant pas du tout).

L’enquête, anonyme, recueille des informations sur l’itinéraire familial de la personne interrogée, son âge, sa cellule familiale, les personnes parlant arménien dans son entourage par génération, la manière dont elle évalue elle-même sa maîtrise de l’arménien, sa pratique de la langue (type d’interlocuteurs et de situations), les choix de scolarisation pour elle-même et ses enfants, les activités associatives impliquant l’arménien, etc.  ainsi que ses attitudes et représentations concernant la langue arménienne occidentale (prestige, utilité, etc.).

L’enquête est ouverte en ligne, la participation est libre et les personnes sondées seront donc des volontaires, élément qui sera pris en compte dans l’interprétation des résultats. Pour que l’enquête ait une valeur statistique suffisante, elle devra comporter au moins 1500 réponses, sachant que le formulaire en ligne permet de traiter un nombre de réponses bien supérieur à ce seuil.

Cette enquête extensive qui sera analyse statistiquement est un élément du travail que conduira jusqu’en juin 2014 l’équipe de ce projet de recherche (Inalco-SeDyL, soutenu par la DGLFLF et la Fondation Gulbenkian). Elle sera complétée par des enquêtes plus en profondeur chez un petit nombre de familles volontaires et représentatives des différents types de locuteurs révélés par l’analyse de l’enquête extensive.

A l’issue de ce travail, l’équipe scientifique remettra un rapport qui sera rendu public et diffusé par la DGLFLF, la Fondation Gulbenkian et SeDyL/Inalco. Il comprendra les résultats quantitatifs de l’enquête extensive, l’analyse des corrélations entre les différents paramètres renseignés et leur interprétation en termes de tendances, les résultats des enquêtes en observation, et des extraits de corpus de pratiques linguistiques observées dans la communauté.

Il fournira un outil de travail essentiel à tous ceux, acteurs du milieu culturel et éducatif, décideurs, parents, qui cherchent à agir sur la situation de l’arménien occidental aujourd’hui.

Afin que l’enquête atteigne ses objectifs quantitatifs et soit représentative, les associations, média, écoles, églises, et autres structures seront sollicitées pour relayer l’information auprès de leurs membres, participants, abonnés, élèves, auditeurs, fidèles, et les inciter à participer à l’enquête. Pour les personnes n’ayant pas accès à internet des moyens alternatifs (enquête par téléphone, formulaire écrit) seront offerts sur demande.

La contribution de tous compte, dans toutes les villes de France. Merci pour votre participation,

Informations utiles :

 

Accéder à l’enquête en ligne  :

https://sites.google.com/site/enquetearmoccidental/

 

Equipe scientifique :

Anaïd Donabédian (Docteur en sciences du langage, Professeur des universités, Inalco/SeDyL, responsable scientifique du programme)

Tork Dalalyan (Docteur en philologie, post-doctorant SeDyl-Fondation Gulbenkian)

Anke al-Bataineh (doctorante  SeDyl-Fondation Gulbenkian)

Avec la contribution de Vartouchka Samuelian et Sosse Manakian (diplômées de troisième cycle à l’Inalco), et des étudiants en master de l’Inalco.

Pour contacter l’équipe : Tork Dalalyan oparmocc@gmail.com

 

 


	

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