Ecrittératures

7 mars 2021

Aphorisme du jour : 79

Filed under: APHORISMES — denisdonikian @ 2:34

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« Nous sommes en guerre » (Emmanuel Macron)

Hier des casques contre un virus à moustache.

Des masques aujourd’hui contre un despote à couronne.

Poème du jour : Armig de Yéghishé Tcharents

Filed under: PROSE POESIE — denisdonikian @ 4:36

Yéghishé Tcharents (1897-1937) 

Traduction Denis Donikian

Ces textes ont été traduits à partir de la version arménienne parue dans le numéro 8 de la Revue Bnagir sous le titre d’Inédits.
La reproduction de cette traduction est strictement interdite sans le consentement de l’auteur.

*

1
Armig, Armig,
Ton corps est celui d’un garçon, 
Corps fin,
Corps feu –
Pareil au roseau du printemps…
Comme je voudrais que tu me viennes –
Ton corps fin tu me le donnes,
Je te caresse et je frémisse
Et que dans mes bras tu tressailles
Ainsi qu’un beau garçon…
Armig, Armig,
Tes lèvres rouges,
Épaisses lèvres enflammées de passion,
Soleil d’été, chaleur et feu…
Le rouge incendie de tes lèvres.

+++
2
Viens, Armig, je veux
Que tu te déshabilles –
Que tu t’assoies nue sur mon corps –
Tu t’enhardisses
Superbe ainsi serais-tu
D’être nue. –
Comme un petit enfant
Mûr pour la moisson.
Armig, je voudrais être 
Seul avec toi,
Et te la mettre ensuite…
Embrasser ton corps nu
Pour qu’à mon dard
Se frottent tes hanches rondes.

3
Armig, comme tu ressembles
À un beau garçon !
Ah dévêts-toi, docile !
Joue avec mon roseau…
Je te veux tellement, 
Tellement, tellement…
Que ta langue me brûle
Qu’elle me saigne à blanc…
Dresse mon dard nu,
Et ivre de passion,
Je frotte sur ton cul et sur ta chatte
Mon sexe humide…
Je voudrais moi aussi 
Me mettre à nu,
Prendre ton corps embrasé
T’enculer…

Dzargadzor 12/07/1936 

4
Tu t’endors nue et d’or
Sur une peau de tigre…
Aussi brûlante que le soleil,
Aussi rougissante qu’un feu …
M’approcher de toi en douce
Te caresser par le haut
Et voici que tu te donnes 
Dans un soupir :  » Meurs ! « 

5
Sur tes hanches d’enfant
Le soleil se pose.
Tu as chaud, midi à chevelure de feu,
Ma flamme enfant…
Soleil tu es, henné tu es, orientale.
Sous le jet de mes chants,
Offre-moi l’orient de ton corps
Que je te façonne par la passion et le poème.

6
De nouveau devant moi ton image
De nouveau je te veux,
De nouveau mes pensées se tournent
Vers ton corps embrasé.
De nouveau j’enfonce en pensée
Ma lance de feu en toi,-
Et tu t’évanouis dans ton demi-sommeil,
Avec l’épuisement de tes caresses.

7
Tes seins dans mes paumes
Grenades mûres
Laisse-moi embrasser de tes hanches
Le saint haschisch…
Tes seins dans mes paumes
Grenades chaudes
Serre-moi de tes hanches brûlantes
Corbeille en feu…
Que je me noie dans tes hanches
Source ardente
Tes seins dans mes paumes
Grenades chaudes !

8
J’aurais voulu te voir
Pure et nue,
Sous les rayons de lune,
Et comme un chant
Étreindre tes hanches rondes,
Sucer inassouvi
Tes caresses de feu
Pur et bleu.

9
J’aurais voulu que tu te dresses
Corde tendue
Et caresses tes hanches
Comme en les effleurant
Sans regarder derrière
De ton regard fougueux
Et que te brûle comme une flèche
Ma lance drue

10
Ô reine en habit
De cow-boy !
Donne-moi tes lèvres,
Donne la coupe de l’amour…
Suce avec voracité 
Ma lance ardente et pure !
Et donne-moi ton cul 
Que je t’envoie en l’air…

11
Vêtue comme un cow-boy
Te voici mauvaise fille.
Je voudrais faire comme si
Je capturais tes hanches….
Assieds-toi sur mes jambes assoiffées
Pose tes hanches
Approche-toi de mon feu
Délicieux !

12
Donne-moi tes seins,
Donne tes hanches ardentes,
Que je m’enivre de ta flamme
Éternellle.
Ah, si j’étais Haffiz comme
Je voudrais la mettre
Dans l’étroit sentier
De tes hanches en feu.

13
Comme un prince d’Iran
Dans mon bassin d’eau pure
Combien de fois, combien
T’aurais-je prise, sœur !
Je lècherais la coupe
Brûlante de tes hanches –
Je prendrais feu par ton feu
Sans fin, sans fin…

Les poèmes 3 à 12 ont été tirés des archives Kévork Émine et remis à la Revue Bnagir par Ardachès Émine. 


(Avril 2004)

6 mars 2021

Coïtus benedictus (17)

Filed under: COITUS BENEDICTUS — denisdonikian @ 4:32

 

*

L’éclair au corps 1
Étrange est ton jouir qui me laisse étranger
À tes seins, à ton œil par tes mains démangés… 

 

L’éclair au corps 2
Bateau ivre et perdu en des mers démontées
Est ton corps chahuté aux lèvres tourmentées…

1 mars 2021

ORTHOGRAPHE DE L’ARMÉNIEN ORIENTAL

Filed under: ARTICLES — denisdonikian @ 9:52

 

par Jean V. Guréghian

Depuis l’indépendance de l’Arménie en 1991 (30 ans déjà !), certains en diaspora attendent encore qu’on rétablisse là-bas l’orthographe classique, c’est-à-dire celle utilisée en arménien occidental dans la diaspora et en arménien classique. Ses défenseurs affirment qu’elle est plus riche et plus fidèle à la langue étymologiquement et historiquement que celle actuellement utilisée en Arménie. Toutefois ce retour aux sources n’est pas simple à réaliser et ne fait pas l’unanimité, loin de là, notamment chez les Arméniens d’Arménie qui sont les principaux intéressés, car ils sont dorénavant habitués et attachés à leur nouvelle orthographe.

L’orthographe avait changé en Arménie suite à la réforme de 1922 (révisée en 1940). Elle avait pour but de simplifier l’écriture en la rendant phonétiquement plus proche de la langue (elle s’appelle d’ailleurs « orthographe phonétique »). Il est vrai que cette réforme s’était faite à l’époque sans tenir compte de l’avis de la diaspora, mais le fait est que depuis 1922 toutes les générations de l’Arménie utilisent cette orthographe et des millions de livres ont été édités depuis. De plus, les très nombreux Arméniens vivant en Russie ou dans les autres républiques de l’ex-URSS et aussi les très nombreux Arméniens récemment installés aux États-Unis et en Europe (venus d’Arménie) la pratiquent également. Il faut reconnaître que cette réforme a bien marché dans son ensemble malgré quelques petits défauts, comme le problème des homonymes. Il faut dire aussi que l’arménien oriental a connu depuis 1918, grâce à l’environnement normal d’un Etat, un essor sans précédent. Ce n’est plus aujourd’hui la langue de Hovannès Toumanian ou de Ghazaros Aghayan du début du siècle.

Rappelons que l’orthographe russe a subi aussi un sérieux remaniement après la révolution et personne ne parle aujourd’hui en Russie de retour en arrière.

Les rumeurs d’un changement de l’orthographe ne m’avaient jamais préoccupé outre mesure, d’ailleurs, comme tout Arménien occidental et ex « akhpar » (rapatrié de la diaspora), j’étais plutôt favorable, jusqu’au jour (en début 1996) lorsqu’on m’a demandé de concevoir, avec mon épouse, « L’arménien sans peine » (arménien oriental) pour la méthode Assimil. Nous avons alors demandé à des personnes compétentes en Arménie leur opinion à ce sujet. À notre grande surprise, tous ont répondu être contre ce retour. Nous avons constaté que contrairement à la diaspora, les partisans du retour ne représentent, en Arménie, qu’une infime minorité. On estime là-bas que l’orthographe actuelle a fait ses preuves et que tout retour en arrière serait une régression. Sans compter qu’elle ferait retourner trop de monde… à l’école ! De ce fait, nous n’avions pas d’autre choix, pour notre livre, que d’utiliser l’orthographe en vigueur, dans la loi comme dans les faits, en Arménie.

En théorie, si changement devait se faire, il aurait dû se faire durant la présidence du premier président de la Rép. d’Arménie, Levon Ter-Petrossian (1991-1998). D’abord parce qu’il est originaire de la diaspora et que contrairement à ses successeurs, qui sont russophones, il a fait ses études en arménien et possède de bonnes connaissances linguistiques. Il a été chercheur au Matenadaran. « Un akhpar Président de l’Arménie, c’est inimaginable », m’avait dit à l’époque son frère Telman. Effectivement, durant le règne soviétique un « akhpar » n’avait même pas le droit de diriger une boulangerie.

Mais au fait… à quand le rétablissement en diaspora des vraies valeurs phonétiques de l’alphabet classique (après tout, c’est peut-être aussi important que l’orthographe), comme en Rép. d’Arménie aujourd’hui et comme au cœur de l’Arménie historique avant 1915 (comme c’était le cas à Van, Chatakh, Bitlis, Mouch, Sassoun, etc.). En rétablissant le triple système d’opposition des consonnes et en remettant à leur place les consonnes sourdes et sonores (quinze au total : b, p et celle avec une valeur intermédiaire entre les deux, d, t et celle avec… etc…) pour arrêter enfin de dire Apraham (au lieu de Abraham), Kakig (au lieu de Gaguik), Atam (au lieu de Adam), Kapriel (au lieu de Gabriel), Taniel (au lieu de Daniel), etc… Alors tous à l’école ?… Cela ne serait sûrement pas raisonnable.

En effet, l’arménien occidental actuel, dont la syntaxe, l’intonation, l’accent et la prononciation proviennent de l’arménien de Constantinople (avec inversion des consonnes sourdes et sonores, disparition des consonnes intermédiaires, etc.), a évolué au cours des siècles. Cependant sa syntaxe est restée proche de l’arménien classique (grabar). De ce fait, il est normal que l’orthographe classique lui soit mieux adaptée. Le fait que la branche occidentale utilise à elle seule l’orthographe classique n’est pas un handicap pour elle. Cette autonomie est peut-être même un avantage et un garant de longévité. N’oublions pas que, depuis le génocide, l’avenir de l’arménien occidental paraît incertain. D’ailleurs pour remédier à sa fragilité, plutôt que harceler les gens d’Arménie, comme le font certains, ne serait-il pas plus judicieux d’obtenir des autorités arméniennes qu’elles rendent obligatoire dans les écoles l’enseignement de l’arménien occidental, ce qui en même temps les réconcilierait progressivement avec l’orthographe classique, d’autant qu’il existe en Arménie de véritables défenseurs de l’arménien occidental.

Quant à notre ouvrage, « L’arménien sans peine » (arménien oriental), aux éditions Assimil, 1999, réédité en 2001 et 2007, avec la préface de Charles Aznavour, les dessins de Hoviv et les corrections de Jean-Pierre Mahé (membre de l’Institut), nous étions heureux d’apprendre, à sa parution, qu’il avait été très apprécié par d’éminents spécialistes.

Alors comment expliquer que certains (dont un grand parti politique) l’aient boycotté dès sa première édition à cause de son orthographe, alors que cette orthographe a force de loi en République d’Arménie ? Et ce depuis… 99 ans !

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Le 5/02/2021

 

Jean V. Guréghian

 

 

27 février 2021

L’ARMÉNITÉ EST UN SPORT DE COMBAT

Filed under: "OU JE MEURS RENAIT LA PATRIE" — denisdonikian @ 5:26

(photo: D. Donikian, copyright)

Les Arméniens traversent une période de grande confusion qui agite les esprits en tous sens jusqu’au non sens. Ils voient des gouffres s’ouvrir autour d’eux chaque jour qui vient avec son lot de nouvelles navrantes ou alarmantes, propres à s’ajouter aux affres de ce qu’ils continuent de considérer comme une défaite. Dans ce contexte, remplacer « la mélancolie par le courage, le doute par la certitude, le désespoir par l’espoir, la méchanceté par le bien, les plaintes par le devoir, le scepticisme par la foi, les sophismes par la froideur du calme et l’orgueil par la modestie » comme le clame Lautréamont, relève de la gageure la plus insurmontable. Et pourtant,  les « défaites » ne les ont jamais aussi défaits, ces Arméniens, qu’ils n’aient pu se refaire encore et encore.

Rien ne les arrête et c’est toujours le même défi qu’ils ont réussi à vaincre puisqu’ils sont là. Là, obstinément là. Là, car ils sont l’obsession d’une terre qu’ils portent en eux comme en rêve leur vie et qui constitue en quelque sorte l’emprunte onirique de leur identité. Mais aujourd’hui plus que jamais, à la faveur de cette « défaite », ils ont conscience que l’arménité reste un sport de combat.

Mis à plat et vu sous d’autres angles que ceux habituellement explorés, l’état des lieux montre une situation à plusieurs têtes.

Le vrai vainqueur de cette guerre reste la Turquie dont les vues à long terme sont redoutables car elles impliquent le phagocytage de l’Azerbaïdjan et l’effacement de l’Arménie. Par ailleurs, ces vues vont immanquablement toucher l’Iran, en proie aux manipulations du grand manitou Erdogan. Même si Téhéran semble se tourner vers la Russie via l’Arménie. On serait donc en droit de penser que l’Arménie est appelée tôt ou tard à devoir affronter sur ses frontières un chaos tel que probablement le grignotage de ses terres pourrait continuer.

Cette guerre aura vu deux protagonistes majeurs aux prises avec l’Arménie et l’Artsakh. Les faits sont assez transparents pour qu’on s’autorise à affirmer que deux despotismes se sont attaqués à deux démocraties. Nous avons déjà souligné qu’on peut y voir comme une victoire du système autoritaire sur les régimes pluralistes.  Qui plus est, nos deux jeunes démocraties viennent de trouver refuge sous les ailes d’un anti démocrate notoire, à savoir Poutine. Dès lors, force est de constater que, dans le contexte particulier de cette guerre, en matière d’efficacité stratégique, les démocraties font profil bas et que les arguties byzantines des cours démocratiques montrent que dans les urgences les plus tendues mieux vaut combat que débat, mieux les actes que la parole, mieux l’unité que la fragmentation. En effet, pour qu’un peuple soit efficace dans sa lutte contre un ennemi, il semble préférable qu’il y aille groupé plutôt que dispersé. Devant la mort qui peut surgir à tout moment et de tous les côtés, il ne sied pas aux hommes de se mettre à couper les cheveux en quatre, à pinailler sur le sexe des anges ou à décliner sur tous les tons un « non » critique, fût-il démocratique et légitime. La diversité des opinions, pour recommandée qu’elle soit dans une république réelle et assagie, ne fait qu’ouvrir des portes aux menaces d’un adversaire dont le chef décide pour tous et qui oblige ses troupes à faire corps avec ses obsessions triomphalistes.

Or, à y regarder de près, en Arménie, la démocratie réelle n’a qu’environ  trois ans d’âge. À telle enseigne que la plupart des gens en ignorent encore les principes tout en éprouvant un besoin de participation politique plus juste et plus grande. En revanche, les plus éclairés se partagent en deux camps : d’une part ceux qui tiennent la volonté populaire comme intangible et d’autre part ceux qui contournent cette volonté au profit de leurs intérêts immédiats.

Les affrontements qui déchirent aujourd’hui les Arméniens sont de cet ordre. Tous se réclament de la démocratie, mais tous ne sont pas démocrates. Pire que cela : ces derniers n’ont rien compris à la révolution de velours par le fait que leurs intérêts relèvent du privé et ne touchent en rien la sphère publique. Certes, la « défaite » leur a donné un prétexte vertueux pour dissimuler des intentions qui n’ont rien à voir avec la vertu démocratique. Ils y ont vu une excellente opportunité pour renverser la marche de la révolution vers une démocratie transparente qui implique de solder les débordements du passé. En clair, la démission forcée de Pachinian remettrait les pendules à l’heure de la corruption en annulant les procès en cours. Nul doute que dans ce cas, Kotcharian, Sarkissian et consorts se frottent les mains pour les blanchir des sales manipulations dont ils ont toujours été coutumiers. Plus de Pachinian, plus de jugement. Plus de jugement, partant plus de transparence, et retour à l’opacité. Ce qui signifie qu’en réalité les opposants ne proposent rien d’autre qu’une manière de virginiser les « salauds » plutôt que l’espoir d’un renouveau. Il ne faudrait pas s’y tromper : avec ce « non », ce n’est pas la démocratie qui parle, mais toujours le même vice qui colle aux mentalités archaïques et qui a sévi durant plus de vingt ans.

Actuellement le spectacle d’une Arménie démocratique livrée au chaos navre le monde entier, faire rire les despotes carnassiers qui attendent aux portes du pays pour les défoncer sans résistance, et provoque la honte à toute la diaspora. Profitant sans vergogne de la tutelle russe, au lieu de se comporter avec sagesse et retenue, au lieu de se serrer les coudes à un moment où tout peut basculer, les Arméniens se déchirent sur une personne, sans égard pour la seule chose qui devrait les transcender, à savoir la Constitution. Mais les passions nationalistes, les obsessions revanchistes et les ambitions politiques n’ont que faire des lois destinées à les contenir et à mettre le peuple à l’abri des dangers intérieurs et extérieurs. Dès lors, si après avoir échappé au pire grâce à une défaite contenue par le maître russe du jeu caucasien, certains profitent des affres de l’humiliation et des blessures de guerre pour leur ajouter le danger d’un affrontement des Arméniens contre eux-mêmes, on peut se demander qui a intérêt à fragiliser le pays et pour quoi. Car remplacer Pachinian comme on le crie à hue et à dia est d’autant plus aléatoire qu’on ne voit aucun leader émerger qui puisse concentrer sur sa personne la confiance des Arméniens du pays et des Arméniens de la diaspora. Cette diaspora qui voit d’un si mauvais œil les cyniques, les mégalos et les vengeurs faire la loi qu’elle jure déjà qu’elle ne se saignerait s’ils devaient prendre le pouvoir. Le plus à craindre est que la confiance dont jouit amplement Pachinian au pays et auprès de la diaspora fasse place à un écœurement tel que le pays pourrait ne plus s’en relever. D’autant que les opposants par la parole qui n’ont aucune bille dans leur sac font des promesses utopiques, prennent des hypothèses pour vraies et lancent des anathèmes populistes dans le seul but de renverser à tout prix un exécutif légitimement élu.

De fait, toutes ces chamailleries de gamins, de coquins et de voyous aujourd’hui en Arménie se drapent de belles intentions ronflantes à commencer par celle du salut national. Ah ! Le salut national ! Combien de crimes commis et combien de bêtises proférées en son nom ! Comme nous l’avons fait remarquer plus haut, les temps ne sont pas à attiser le désordre, fût-il légitimé par les exigences de démocratie. Les Arméniens oublient qu’ils ont deux loups à leurs trousses et que tout affaiblissement moral provoqué par les tensions, les désaccords et les disputes sont dommageables pour l’existence même du pays. Dès lors, force est de penser que le vrai salut national actuellement est dans l’action et que pour mettre en branle cette action, le velouté de la révolution est malheureusement devenu anachronique. Une démocratie qui vit sous la menace de deux dictatures extérieures se doit de durcir le ton à l’intérieur.

Malheureusement aux divisions armées de ses ennemis immédiatement voisins, les Arméniens n’ont rien d’autre à opposer que leur légendaire propension à deviser sur des utopies et à diviser leurs forces. Divisez ! Divisez ! A la longue il n’en restera rien.

Denis Donikian

Coïtus benedictus (16)

Filed under: COITUS BENEDICTUS — denisdonikian @ 3:39

( de Michel Giraud)

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Lunes glabres et herbes tendres
Tes rondeurs irradiant mille grâces de lune
Les embrasse et les brasse et broute ma fortune…

Aphorisme du jour (78)

Filed under: APHORISMES — denisdonikian @ 3:35

(de Michel Giraud)

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Qui manque d’humour manque de vie. Et qui manque de vie manque d’amour.

26 février 2021

Aphorisme du jour (77)

Filed under: APHORISMES — denisdonikian @ 3:47

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Quand l’oiseau erre en vol, le mur adhère au sol.

25 février 2021

Aphorismes du jour (76)

Filed under: APHORISMES — denisdonikian @ 6:32

 

 

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Si la vie donne un goût de liberté, la mort rend fou par sa dictature.

L’homme vit librement sous la dictature de sa mort. Mais pour l’homme qui vit sous une dictature, c’est une double peine. Et pour la femme vivant sous la dictature d’un homme qui vit sous la dictature d’un autre, sa peine est triplée.  

Le jour où les hommes descendront dans la rue pour protester contre la dictature de la mort, la mort les fauchera tous un par un. 

Les femmes qui descendent dans la rue pour protester contre la dictature des hommes devraient plutôt les plaindre d’avoir à se retenir de descendre dans la rue pour protester contre la dictature de la mort. 

 

 

 

 

 

 

 

Coïtus benedictus ( 15)

Filed under: COITUS BENEDICTUS — denisdonikian @ 8:03

 

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Dieu est amours
L ‘amante religieuse hors ses moments de fesses
Son con enfin en paix s’en allait à confesse…

Aphorisme du jour (75)

Filed under: APHORISMES — denisdonikian @ 7:55

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L’amour est fécond. La haine fait le con.

24 février 2021

Poème du jour : C’est mon pays / Սա իմ երկիրն է

Filed under: PROSE POESIE — denisdonikian @ 1:16

 

 

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de Hovhannes Grigoryan

traduit par Lilit Mnatsakanyan

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C’est mon pays,

Il est de telle taille 

Que je peux le prendre avec moi

Si je pars loin quelque part, 

Petit – comme une mère agée,

Petit – comme un fils bébé,

Et sur la carte 

Il n’est qu’une goutte de larme.

 

C’est mon pays,

Il est de telle taille

Que je l’ai placé

Dans mon coeur librement 

Pour ne jamais l’abîmer.

 

Hovhannes Grigoryan

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Սա իմ երկիրն է – չափսերով այնպիսին,

որ կարող եմ վերցնել հետս,

թե մի հեռու տեղ գնամ:

Փոքրիկ` ինչպես ծերացած մայր,

փոքրիկ` ինչպես նորածին զավակ,

իսկ քարտեզի վրա

ընդամենը արցունքի մի կաթիլ…

Սա իմ երկիրն է – չափսերով այնպիսին,

որ ազատորեն տեղավորել եմ սրտիս մեջ,

որ չկորցնեմ հանկարծ…

 

Հովհաննես Գրիգորյան

15 février 2021

Aphorisme du jour (74)

Filed under: APHORISMES — denisdonikian @ 4:12

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Méfiez-vous des petits qui se la jouent Napoléon. Ils compensent en culture fausse une nature basse.

Coïtus benedictus (14)

Filed under: COITUS BENEDICTUS — denisdonikian @ 4:04

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Les jeux de l’amour et du billard –  

Son trou sur le billard me titillait les boules,

Ma queue à chaque coup claquait sec dans sa moule…

 

 

 

10 février 2021

12 : « Où je meurs renaît la patrie » : PANSER LA TERRE, PENSER LA GUERRE …

Filed under: "OU JE MEURS RENAIT LA PATRIE" — denisdonikian @ 5:58

 

 (photo : Jean-Bernard Barsamian, copyright)

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Nous avons assez dit de la résilience, que les Arméniens érigent en principe de permanence historique, qu’elle avait ses limites et qu’au regard des urgences elle constituait une forme d’orgueil mal placé et de faiblesse masquée. Comme nous avons souligné que l’Arménie se trouvait aujourd’hui dans un état de fragilité extrême dû à trois causes convergentes : la défaite, la pandémie et les divisions internes. Il serait incongru de dire ici, même si c’est vrai, que les Arméniens en ont vu d’autres. A l’heure actuelle, leurs ennemis traditionnels se frottent les mains et fourbissent déjà leurs chars et leurs drones sachant que le moment de pousser le poing sur l’Arménie est on ne peut plus propice et qu’il ne s’en présentera pas un autre qui leur soit aussi favorable. La Russie a beau faire obstacle à leurs ambitions du moment, les prédateurs attitrés des Arméniens savent bien que la fin de règne agitée de Poutine pourrait défaire les forces de la paix russe en un éclair. Et que… Oui. La raison expansionniste exige de se tenir prêt pour s’introduire dans la moindre brèche pour y propulser sa gloutonnerie idéologique et territoriale.

 

Notons aussi que jamais le moral des Arméniens, quoi qu’ils fassent pour se doper à l’optimisme de la revanche, n’a jamais été aussi bas. L’humiliation due à la défaite, une fierté saisie de douche froide, la déréliction nationale provoquée par des appels au secours restés vains, la proximité d’une menace active aux frontières, un sentiment confus d’impuissance et de malaise, le spectacle des déchirements politiques, le traumatisme d’une génération perdue et vandalisée, la perversion et l’instabilité des valeurs démocratiques, la déprime devant un avenir bouché, et tant d’autres faits intimes qui troublent le sens commun et délite l’élan vital, tout cela contribue à écraser des hommes et des femmes qui se terrent dans la résignation et le fatalisme ou qui se projettent dans l’utopie. Ajoutez à cela une diaspora qui, pour cause de pandémie, ne peut plus charnellement donner du baume au cœur à une population abattue, sauf à lui porter secours à distance par le biais de biens matériels, et vous aurez de ce sombre tableau une idée du climat psychologique qui règne en Arménie. Et de fait, la voici confrontée à deux pestes qui répandent la terreur dans tous les esprits : le Covid et la peur du vide.

 

Mais le plus lourd à porter qui soit pour les Arméniens est que cette guerre n’ayant rien réglé en demande déjà une autre et que leur vie se tient désormais en suspens dans l’horreur d’une attente dont personne ne sait sur quelle histoire, forcément sombre, elle débouchera. Car on est en droit de se demander si les Arméniens n’ayant plus en mains les cartes ni les armes de leur avenir, ont encore droit à un avenir. Tout ce mal dont ils souffrent provient de cette impasse où viennent s’engouffrer les cauchemars de la dépendance nationale, du chaos social et de l’incertitude au plus intime de soi. Jamais l’Arménie n’aura été si proche de la démocratie, et jamais cette démocratie n’aura été si menacée tant par la voracité de voisins autocrates que par les mauvais génies de l’intérieur. De ce fait, on voit mal comment les bravaches de l’opposition pourraient changer le cours des choses étant donné qu’ils n’ont aucune autorité n’ayant aucune légitimité, ni aucune force, ni en armes ni en soldats, à mettre dans la balance pour faire valoir un quelconque point de vue devant l’hégémonie russe, l’arrogance d’Aliev et les gourmandises d’Erdogan.

 

Pendant une trentaine d’années, dans l’esprit des Arméniens, l’Artsakh avait symbolisé une manière de revanche sur le génocide. C’était comme si, ayant vécu dans l’abattement durant un siècle, ils s’étaient redressés et qu’ils avaient retrouvé leur humanité en tant que personnes et en tant que nation. Répercuté  dans toutes les consciences arméniennes, ce relèvement aura encouragé la diaspora à poursuivre ses frappes contre le négationnisme turc partout où c’était possible et selon ses moyens. Et il faut bien admettre que cet activisme mémoriel a obtenu de belles réussites (comme la reconnaissance du génocide par le Parlement français dont on vient de fêter le 20ème anniversaire) au grand dam de la Turquie soucieuse de virginité historique. A une diaspora victimaliste semblait faire place une diaspora maximaliste qui osait demander réparation à une Turquie foncièrement génocidaire. Mais dans le même temps, les coups portés contre l’orgueil turc abruti d’arrogance nationaliste ne pouvaient que réveiller des ires de riposte dans la tête d’Erdogan. C’est qu’il faut lire aussi cette « victoire » turque, copinée avec les Azéris, comme un coup de semonce adressé aux Arméniens pour toutes les reconnaissances du génocide par les États que leur diaspora aura suscitées et accompagnées. A ce propos sont sans ambiguïté des déclarations comme celle-ci  par Erdogan : «  Ce qui a été commencé hier, nous l’accomplirons aujourd’hui ».

 

Aujourd’hui nous avons les larmes, pas les armes, trop de larmes et pas assez d’armes. Mais durant cette attente, l’équilibre est en train de se rétablir. En ce sens que de jour en jour, les plaies se soignent, les corps se réparent et le temps fait son œuvre même si dans les âmes ne s’éteignent et ne s’éteindront probablement jamais les désastres que cette guerre éclair aura provoqués. Dans l’âme des Arméniens le kyste de l’injustice et de la douleur durcit de siècle en siècle sans pour autant dévorer leur joie de vivre ici et maintenant, dans l’Arménie de 2021. Leur joie d’être et de rester arménien que nul ne pourra leur voler.

 

Mais que peut valoir de survivre quand tout est menacé tout le temps ? L’épreuve de la guerre, si elle a beaucoup pris aux Arméniens en soldats, en civils, en blessés et en affligés, elle leur a aussi beaucoup donné, à commencer par la conscience d’eux-mêmes, de ce qu’ils sont et de ce qu’ils font pour être. Conscience des failles et conscience des dons. Une conscience lucide, pragmatique, agressive. Une conscience dure de la durée.

 

Les Arméniens n’aiment pas la guerre, mais ils aiment la justice. Et quoi qu’on puisse dire ou penser, que l’on soit pacifiste ou droitdel’hommiste, pour les Arméniens, l’heure est aux armes. Car rien ne tient sans elles. Sans elles, le pays fond, le peuple fuit, l’Arménie se perd. Un hôpital, une église, une école ne peuvent rien contre une bombe. Contre l’agressif, l’inerte est passif comme une passoire. Un champ, une rivière, une montagne peuvent du jour au lendemain passer une frontière. Les Arméniens, champions des résiliences humanitaires ou de bienfaisance, ont-ils un autre choix qu’une résilience armée. Le dire ne suffira pas. Se mettre aujourd’hui à l’appliquer est le quart de la moitié du commencement d’un salut. Aujourd’hui, pour les Arméniens, panser la terre demande également à penser la guerre. A savoir, s’y préparer ici et maintenant. Ici en Arménie et en diaspora. Et maintenant, à savoir que le temps presse.

 

Les idées ne manquent pas. La mise en place d’une armée de métier, comprenant des unités spécialisées, la mobilisation de tous les Arméniens valides par une formation au combat à tous les âges et à tous les stades, la responsabilisation et l’engagement des citoyens économiques que représentent les membres de la diaspora, la conversion des usines de biens en usines d’armements spécifiques, l’orientation de l’intelligence technologique vers des technologies de guerre, la mise en place d’une cyber-unité de combat, soit pour recueillir tout renseignement sur nos ennemis, soit pour utiliser l’information comme une arme à part entière. J’en passe et des meilleures que plus avisé que moi inventera sûrement.

 

Cela étant dit tout en sachant que le gouvernement arménien ne nous a pas attendu pour se mettre en marche. Mais un gouvernement souffre d’être empêché par des contraintes économiques et des priorités de tous ordres. Même si la présence russe lui laisse encore du temps, ce temps doit aussi être utilisé pour penser le pire et s’y préparer.

 

Comme les Juifs, les Arméniens sont les enfants d’un génocide. Et si tant est que l’histoire des uns et l’histoire des nôtres ne sont pas les mêmes, force est de constater qu’en ce jour Israël se défend mieux (et même au-delà du normal) que les Arméniens défendent leur territoire. Même si les drones israéliens ont touché à mort les Arméniens, il reste qu’ils ont beaucoup à apprendre du peuple juif dans la sauvegarde de leur existence.

 

Aujourd’hui doit être un autre jour pour les Arméniens, sinon l’hier reviendra et de grignotage en grignotage l’Arménie finira.

Aujourd’hui, nous autres Arméniens, nous savons enfin que nous sommes mortels.

 

Denis Donikian

 

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10/B LES ARMÉNIENS et le GÉNIE du GÉNOCIDE

10/C LES ARMÉNIENS et le GÉNIE du GÉNOCIDE

10/D LES ARMÉNIENS et le GÉNIE du GÉNOCIDE

10/E LES ARMÉNIENS et le GÉNIE du GÉNOCIDE

10/F LES ARMÉNIENS et le GÉNIE du GÉNOCIDE

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11 ARMÉNIE : ÎLE aux REQUINS et aux COQUINS

9 février 2021

Aphorisme du jour (73)

Filed under: APHORISMES — denisdonikian @ 5:31


*

Pitié pour les hommes de pouvoir ! Car ils se font toujours avoir. Comment ? Pourquoi ? Quand ou par qui ? Par les hommes, par des femmes ou par la maladie. Qui dieu sur terre finit maudit.

8 février 2021

Aphorisme du jour (72)

Filed under: APHORISMES — denisdonikian @ 8:51

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Quand le hasard te rencontre, c’est pour te dire qui tu es.

7 février 2021

Aphorisme du jour (71)

Filed under: APHORISMES — denisdonikian @ 4:32

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Marche dans ta douleur, sinon elle te clouera.

6 février 2021

Aphorisme du jour (70)

Filed under: APHORISMES — denisdonikian @ 6:16

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Les dictatures sont immobiles, les démocraties sont en mouvement.

հարցազրույց / entretien

Filed under: ARTICLES — denisdonikian @ 9:01

 

 

Graphe d’Alain Barsamian

* * *

 

հարցազրույցը վարեց Թագուհի Հակոբյան (Երեւան) / par Taguhi Hagopian (Erevan)

***

1 – Թագուհի Հակոբյան : Որպես գրող՝ ի՞նչ ապրումներ, մտորումներ ունեցաք արցախյան երկրորդ պատերազմի ընթացքում: Ինչո՞ւ հնարավոր չեղավ կանխել այն:

1 – Taguhi Hagopian : En tant qu’écrivain par quelles émotions êtes-vous passé durant cette seconde guerre ? Pourquoi fut-il impossible de l’arrêter ?

Բոլորն սպասման մեջ էին, թե օրերից մի օր պայթելու է պատերազմը։ Բայց հայերը խորքում անհոգությունից կամ բանականության անգործության պատճառով վստահում էին իրենց կառավարությանը և Մինսկի խմբին։ Ինչ վերաբերում է Ալիևին, զայրացած բանանակցությունների անբերրիությունից, չկարողանալով հեռու պահել իրեն պասիվ մնալու մտքից, ծայրաստիճան զինվում էր, սպասելով հարմար պահի հարձակվելու համար։ Թուրքիայից ստացած ռազմական օգնությունը, համաճարակի գործած ավերածությունները և Հայաստանում գոյություն ունեցող ժողովրդավարական քաոսը նրա դիմաց ճեղք բացեցին, որտեղից հարմար ձևով կարողացավ մխրճվել։

Թուրք-ադրբեջանական հարձակումը ցնցեց հայ ժողովրդին։ Սփյուռքում մենք գիտեինք, որ հայ զինվորը ոչ մի թիզ հող չի զիջի։ Սակայն հայտնվել էինք երկընտրանքի մեջ՝ յուրաքանչյուր արձակված լավատեսական հաղորդագրությունների, հայկական գլխավոր շտաբի և թշնամու առաջացած խուճապահարության միջև, որ լրագրողները նշում էին հողատարածքից։ Նոյեմբերի 9-10-ի համաձայնությունները սառը ցնցուղ եղան, եթե չասենք, իսկական տրավմա, միաժամանակ՝ թեթևացում։ Աշխարհի հայերն զգացին, որ կառավարության կողմից կեղծիքի են ենթարկված՝ մարտերի մասին հակատեղեկություններ ստանալով։ «Մյուսների» կողմից տարած հաղթանակի ստորացմանն ավելացավ յուրայիններից խաբված լինելու նվաստացման հանգամանքը։

Ոչ ոք չէր կարող կանգնեցնել այս պատերազմը, բացի Ռուսաստանից, որ Հարավային Կովկասի այդ մասի տարածաշրջանը իրենն էր համարում։ Այս իմաստով, որպես Մինսկի խմբի անդամ Ֆրանսիան ոչ մի իրավունք չուներ ռազմական առումով միջամտելու հայերին օգնելու համար։ Փաշինյանի սխալն այն էր, որ հավատաց, թե եվրոպական ժողովրդավարությունները օգնության ձեռք կմեկնեն երիտասարդ հայկական ժողովրդավարությանը։ Պետք է նշել, որ այս հաղթանակը բռնապետությունների հաղթանակն է։ Այն, ինչ արեց Էրդողանը՝ միավորվելով Ալիևի հետ, Եվրոպան չէր կարող դեմ առ դեմ նույնն անել Հայաստանի հետ։ Ինչ վերաբերում է Ռուսաստանին, արեց այն, ինչ կամենում էր և ինչպես կամենում էր։ Ճիշտ այնպես, ինչպես Ստալինը 1921 թվին։

Բացի այդ, առաջին պատերազմից հետո կրած նվաստացումը Ալիևին անհամբերության մեջ գցեց երեսուն տարուց ի վեր։ Կուտակված ատելությունը միանգամից բաց թողեց սանձերը և այլևս անկարող էր կանգ առնել։ Ամեն ինչ նպաստավոր էր այս պատերազմը բարեհաջող ավարտի հասցնելու համար․ ամենախեղաթյուրված զենքեր, արգելված զինատեսակներ, բարբարոս գործունեություններ, տեղեկատվության նենգափոխում, ընդհուպ՝ խաբկանք և ահաբեկում, ջիհադիստների գործողություններ, դաշնակցություն Թուրքիայի հետ, որը գերիշխող մասը դարձավ հակամարտության մեջ, այնինչ,ադրբեջանական սպաները մի կողմ էին քաշվել։ Ինչ վերաբերում է հայ զինվորներին, ոչ միայն խաբվել էին յուրայիններից իրենց զենքերի արդյունավետության հարցում, այլև ուզում էին շահել այս կեղտոտ պատերազմը մաքուր մնալու գնով։ Նրանք իրավացի էին, բայց մյուսները նրանց դիմադրելու առավելությունն ունեին։

Ինչ վերաբերում է հայ զինվորներին, նրանք առաջին հերթին զոհ գնացին Հայաստանում տիրող կաշառակերությանը, որ նրանց մատակարարեց ոչ արդյունավետ ու հնացած զենքեր։ Այնուհետև, նրանք պետք է դիմագրավեին իսկական պրոֆեսիոնալ բանակի, որին միացան ջիհադիստները և ադրբեջանցի զինվորները վարելով մի կեղտոտ պատերազմ, չհարգելով միջազգային իրավունքը։

 

D.D. : Tout le monde s’attendait qu’un jour ou l’autre cette guerre éclate. Mais dans le fond, les Arméniens, par insouciance ou par paresse, faisaient confiance à leur gouvernement et au groupe de Minsk. Quant à Aliev, exaspéré par la stérilité des pourparlers, loin de rester passif, il s’armait à outrance en attendant le moment propice pour attaquer. L’aide militaire de la Turquie, les désastres de la pandémie et le chaos démocratique en Arménie lui ont ouvert une brèche dans laquelle il su opportunément s’engouffrer. L’agression turco-azérie a secoué le monde arménien. En diaspora, nous savions que le soldat arménien ne cèderait aucun pouce de territoire. Mais nous étions ballotés entre les communiqués optimistes distillés quotidiennement par l’état-major arménien et les avancées alarmistes de l’ennemi que les journalistes notaient sur le terrain. Les accords du 9-10 novembre ont été une douche froide, pour ne pas dire un véritable traumatisme en même temps qu’un soulagement. Les Arméniens du monde entier se sont sentis manipulés par le gouvernement pour avoir été désinformés sur la réalité des combats. A l’humiliation d’une victoire remportée par les « autres » s’est ajoutée l’humiliation d’avoir été trompés par les nôtres. Nul ne pouvait arrêter cette guerre sinon la Russie qui considérait cette région du Sud- Caucase comme son pré carré. En ce sens, membre du groupe de Minsk, la France n’avait aucun droit d’intervention pour aider militairement les Arméniens. L’erreur de Pachinian a été de croire que les démocraties européennes viendraient au secours de la jeune démocratie arménienne. Il faut noter que cette victoire est celle des dictatures. Ce qu’Erdogan a fait en se liant à Aliev, l’Europe ne le pouvait pas vis-à-vis de l’Arménie. Quant à la Russie, elle a fait ce qu’elle voulait et comme elle le voulait.

Par ailleurs, humiliée par la défaite de la première guerre, Aliev a rongé son frein pendant trente ans. La haine accumulée s’est brusquement libérée et ne pouvait plus s’arrêter. Tout était bon pour mener à bien cette guerre : les armes les plus sophistiquées, les armements interdits, les pratiques barbares, la manipulation de l’information à des fins de tromperie et d’intimidation, l’instrumentalisation des djihadistes, l’alliance avec la Turquie qui joua une part prépondérante dans le conflit tandis que les officiers azéris étaient mis sur la touche.

Quand aux soldats arméniens, ils ont d’abord été victimes de la corruption en Arménie qui leur a donné des armes inefficaces et obsolètes. Ensuite, ils ont dû affronter une véritable armée demétier à laquelle se sont ajoutés des djihadistes et des soldats azéris menant une guerre sale en ne respectant pas le droit international.

 

2 – Թագուհի Հակոբյան :Հայաստանը 90-ականների հաղթանակից հետո ճաշակում է պարտության դառնությունը: Ինչպե՞ս կարող է մեր հասարակությունը հաղթահարել այդ շոկը եւ հայացքը հառել դեպի ապագա:

2 – L’Arménie,après la victoire des années 90 éprouve aujourd’hui le gout amer de la défaite. Comment la société peut-elle surmonter ce choc et envisager encore avoir un avenir ?

 Այս պարտության հարցում մեղավորներ փնտրելը, տանում է դեպի պառակտում, այն դեպքում, երբ հարկավոր էր վերանորոգել նվիրական միավորման մի ձև։ Դժբախտաբար, Փաշինյանի դեմ ռևանշ վերցնելով, երեկվա այլասերվածները սխալվում են թշնամու հարցում։ Հարցն այն, որ պետք է իմանալ ով է ներկայումս Հայաստանի համար առաջին թշնամին։ Փաշինյանը չէ։ Իհարկե, Քոչարյանի, Սարգսյանի դատական պրոցեսները նորմալ կհամարվեին, եթե խաղաղ պայմաններում լինեինք։ Սակայն հրատապությունը պահանջում է առաջնահերթությունը տալ միավորմանը՝ ընդդեմ թուրքա-ադրբեջանական թշնամու։ Այսպիսով, փոխադարձ հիշաչարությունները այնպիսին են Հայաստանում, որ այդ անհրաժեշտ ու ժամանակավոր միությունը անժխտելի է, եթե չասենք՝ ուտոպիական։ Փաստորեն, հայերն ունեն երկու տեսակի դասական թշնամի․ թուրք-ադրբեջանական միավորումը և՝ հենց․․․ իրենք։ Ի վերջո ձեր հարցին պատասխանելու համար ասեմ․ եթե հայերն ուզում են զերծ լինել արցունքոտ ապագայից, այլ միջոցներ չունեն, քան ուժեղ ժողովրդավարություն ստեղծել և կատարելապես զինվել։ Դրա համար կան շատ հաղթաթղթեր․ տեխնոլոգիական անհերքելի կարողություն, վերապրելու կամք և այնպիսի սփյուռք, որը միայն կանաչ լույսի վառվելուն է սպասում, նրանց օգնելու համար։

 

D.D. : La recherche des coupables de cette défaite conduit à la division alors qu’il faudrait restaurer une forme d’unité sacrée. Malheureusement, en voulant prendre leur revanche sur Pachinian les corrompus d’hier se trompent d’ennemi. La question est de savoir qui est l’ennemi numéro 1 de l’Arménie actuellement. Ce n’est pas Pachinian. Bien sûr, l’instruction des procès de Kotcharian et Sarkissian aurait été normale si l’on était en temps de paix. Mais l’urgence exigeait de mettre en avant l’unité sacrée face à l’ennemi turco-azéri. Or, les rancœurs mutuelles sont telles en Arménie que cette union nécessaire et temporaire est impensable sinon utopique. De fait, les Arméniens ont deux types d’ennemis traditionnels : l’alliance turco-azérie et… eux–mêmes. Les mauvais génies des Arméniens se trouvent aussi bien à l’extérieur qu’à l’intérieur. Enfin pour répondre à votre question, si les Arméniens veulent échapper à un avenir de larmes, ils n’ont pas d’autres moyens qu’une démocratie forte et un armement sophistiqué. Pour cela ils ont plusieurs atouts : une intelligence technologique indéniable, une volonté de survivre quoi qu’il en coûte et une diaspora qui n’attend que le feu vert pour les aider.

*

3. Թագուհի Հակոբյան : Ի՞նչ դասեր պետք է քաղել այդ պարտությունից:

3 – Quelles leçons faut-il tirer de cette défaite ?

Երևույթների ներկայիս հրատապության պայմաններում Հայաստանը պետք է զինվի։ ՈՒՐԻՇ ՈՉԻՆՉ։ Եվ հույսը դնի միայն իր վրա։ Մտածել, որ Արևմտյան երկրները կգան նրանց օգնելու՝ ուտոպիա է։ Մտածել, որ ներկայիս հակառակորդները ավելի լավ արդյունքի կհասնեին, քան Փաշինյանը, խաբկանք է։ Մտածել, որ Պուտինից հետո կգա մեկ ուրիշ Պուտին, վտանավոր է։ Այն պահից, որ հայերը քննության կենդարկեն ամենավատ տեսակի սցենարները, կզգան, որ պարտավոր են զինվել։

Հայաստանը նոր է հասկանում, որ տառապում է մի տեսակ գաղափարական կղզիացումից։ Նա շրջապատված է շնաձկնելով ու խարդախներով։ Ուրեմն, նա Իսրայելի նման պետք է վարվի։ Ոչ միայն զինվի, այլև ստեղծի սեփական սպառազինությունները։ Ոչ միայն ստեղծի, այլ ավելի բարձրարտադրողական դարձնի, քան թշնամիների սպառազինությունները։ Այնքան բարձրարտադրողական, որ կարողանա դրանք վաճառել այլ երկրների։ Ստեղծի այնպիսի բանակ, որ հարմարվի Հայաստանի շրջակա տարածքներին։ Մի խոսքով, այս կամ այն ձևով այնպես անի, որ բոլոր հայերը, գտնվեն Հայաստանում, թե սփյուռքում, հանդես գա տարբեր աստիճանների վրա, այն օբյեկտիվ նկատառումով, որ կարողանա պաշտպանվել իր վրա հարձակվող դասական թշնամիներից։

 

D.D. : Dans l’urgence actuelle des choses, l’Arménie doit s’armer. RIEN D’AUTRE. Et ne compter que sur elle-même. Croire que les Occidentaux viendront les aider est une utopie. Croire que les opposants actuels auraient mieux fait que Pachinian est une tromperie. L’Arménie vient de comprendre qu’elle souffre d’une sorte d’insularité idéologique. Elle est entourée de requins et de coquins. Et donc, elle doit faire comme Israël. Non seulement s’armer, mais fabriquer ses propres armes. Non seulement les fabriquer, mais les rendre plus performantes que celle de leurs ennemis, si performantes qu’elle soit capable de les vendre à d’autres pays. Créer une armée de métier adaptée au terrain propre à l’Arménie et à ses environs. Enfin, d’une manière ou d’une autre, faire en sorte que tous les Arméniens, qu’ils soient d’Arménie ou de la diaspora, soient engagés à des degrés divers dans l’objectif de se défendre contre leurs agresseurs traditionnels.

*

4Թագուհի Հակոբյան : Դուք ապրում եք Ֆրանսիայում, որը պատերազմի օրերին աջակցում էր Հայաստանին: Ի՞նչ տրամադրություններ են տիրում այսօր Ֆրանսիայում:

4 – Vous vivez en France, un pays qui pendant la guerre a aidé les Arméniens. Dans quel état se trouve-t-on en France aujourd’hui ?

Անշուշտ, Ֆրանսիայում ապրող հայերը շատ ծանր տարան պարտությունը։ Իսկական ցնցում էր։ Ինչպես ասացի, իսկական տրավմա։ Այնուամենայնիվ, սփյուռքը մնում է ակտիվ վիճակում հօգուտ Հայաստանի։ Եվ այդպես էլ կլինի այնքան ժամանակ, որքան որ Հայաստանը օժտված կլինի ունենալ ժողովրդավարական ղեկավարություն, որ կարողանա խստագույնս ձևով վստահություն ներշնչել։ Վերադարձը քաղաքական հին գործունեություններին, վստահաբար այնպիսի հետևանք կունենա, որ կարգելակի այդ մեծահոգի խթանիչ ուժը հանդեպ հայ բնակչության։ Սակայն հետևանքի այլ ուղիով, որ Հայաստանը խոցելի կդարձնի։

 

D.D. : Bien sûr, les Arméniens de France ont très mal vécu la défaite. C’est un véritable traumatisme. Malgré cela, la diaspora reste mobilisée en faveur de l’Arménie. Et elle le sera d’autant plus que l’Arménie sera dotée d’un gouvernement démocratique fort capable d’inspirer la confiance. Un retour aux vieilles pratiques politiques aura très certainement pour conséquence de freiner cet élan€ de générosité vers la population arménienne. Mais par voie de conséquence de rendre l’Arménie plus vulnérable.

*

5 – Թագուհի Հակոբյան : Որպես գրող՝ ի՞նչ ուղերձ կհղեիք հայ որդեկորույս ծնողներին:

 5 -En tant qu’écrivain, que diriez-vous à des parents qui viennent de perdre leur fils ?

Մոտ 15 հոդված եմ գրել այս պատերազմի վերաբերյալ, վերնագրած՝ «Այնտեղ ուր մեռնում եմ, վերածնվում է Հայրենիքը», ինչպես նաև մի բանաստեղծություն, որ վերնագրել եմ՝ «Մենք 302 էինք»։ Սակայն ի՞նչ կարելի է պատասխանել այսքան ցավալի մի հարցի։ Դա այնպիսի հարց է, որ կարող է ձեզ համրացնել։

D.D. : J’ai écrit une quinzaine d’articles sur la guerre avec pour titre général : « Où je meurs renaît la patrie « , mais aussi un poème sur le soldat arménien : « Nous étions 302 « . Cependant comment répondre à une telle question qui vous rend muet.

 

Դընի Դոնիկյան

Denis Donikian

 

 

5 février 2021

Aphorisme du jour ( 69)

Filed under: APHORISMES — denisdonikian @ 4:30

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L’avenir appartient à ceux qui l’aiment chaud.

2 février 2021

Coïtus benedictus (13)

Filed under: COITUS BENEDICTUS — denisdonikian @ 1:14

*

*

Achtung ! –

Debout soldat ! Branle haut ta Bertha ! Ta belle

Canonner tu devras tant sa croupe est rebelle…

*

PS: Le lecteur qui trouvera les allusions ou le second degré ou les jeux de mots de ces deux vers sera récompensé par un livre de l’auteur. Lequel a tellement ri, tellement ri, seul à son bureau à 5 heures de ce matin, qu’il en pleure encore.

Ah, que la langue française est belle !

29 janvier 2021

Le temps nous est compté (par Mooshegh Abrahamian)

Filed under: ARTICLES — denisdonikian @ 2:42

 

Dans 3 mois le 24 avril…..Certains, comme si rien ne s’était passé pendant 45 jours, préparent la rituelle commémo, peaufinent leur éternel discours célébrant devant quelques élus d’astreinte l’amitié des peuples arménien et français, appelant à la « vigilance » contre les ambitions d’Erdogan ou contre quelques loups gris qui menacent les « vâleurs » de la république.

Comme si rien ne s’était passé, certains nous invitent même à nous souvenir du 18 janvier 2001, date de la reconnaissance du génocide du bout des lèvres par l’assemblée nationale. Pourquoi pas une commémo de plus ?

Ceux qui fondaient l’espoir que nous serions secourus par l’Occident ou par la Russie doivent se rendre à l’évidence : nous n’avons aucune monnaie d’échange pour les nombreux Etats qui préfèrent courtiser ceux qui veulent nous anéantir. Le Royaume-Uni, constant dans sa politique anti-russe bi-séculaire, a ouvertement encouragé Erdogan à la guerre en lui envoyant Richard Moore, chef du MI6.

Plus insupportable, le double langage des autorités françaises. Macron affirme que les Turcs ont franchi la «  ligne rouge » en envoyant des djihadistes syriens en Artsakh. En même temps des avions Mirage 2000 sont envoyés ….. vers les côtes russes de la Mer Noire pour chatouiller la moustache de Poutine, sans doute au nom de l’Otan. En même temps, le ministre Le Drian affirme que la France doit rester neutre puisque co-présidant le groupe de Minsk!!! Cerise sur le gâteau amer : la France envoie une aide médicale identique à l’Arménie et à l’Azerbaïdjan !!

Que dire alors des médias français ? Ils ont presque tous choisi les thèses de l’agresseur. La toponymie : Karabagh et non Artsakh, Choucha et non Chouchi, Kelbadjar et non Karvadjar…. Le qualificatif pour nommer les combattants de la liberté: séparatistes. Le « Droit » : référence sans aucun scrupule au découpage stalinien.

Posons-nous la question : de quel poids a pesé la diaspora dans ce combat pour la survie du peuple arménien ? Plus précisément, quelle pression a-t-elle exercé sur le pouvoir et les médias pour faire bouger les lignes ? Oui René Dzagoyan, nous sommes SEULS. Les appels à la solidarité compassionnelle, humaniste ou civilisationnelle sont des attrape-nigauds.

Il est temps de rompre avec la pensée unique.  Il est temps de dépasser ce foisonnement d’associations réduit à l’impuissance quand il s’agit de rien moins que de la survie de la mère-patrie. Il convient de remettre sur le métier l’excellent projet du CFA. Créer, enfin, un organe représentatif unique et démocratique.

Pourquoi ne pas commencer, via un forum unique, par exemple organisé par les NAM, à répondre à la question essentielle : comment la diaspora doit-elle s’organiser pour mobiliser les talents et les énergies au profit de la mère-patrie ?  Nos héros de la diaspora nous ont montré le chemin : ceux qui sont allés combattre ou soigner, ceux qui ont crié drapeau en main Artsakhe mern é.

Sans la diaspora, l’Arménie n’a pas d’espoir et la guerre qui vient sera peut-être la dernière. Déjà l’ennemi organise des manœuvres militaires azéro-turques à Kars.

Oui Monseigneur Norvan Zakarian, apprendre la langue sera indispensable pour s’identifier pleinement à nos frères du Caucase.

Oui René, à deux – diaspora et mère-patrie- nous sommes déjà moins seuls !

Un travail de longue haleine nous attend pour que demain, nos jeunes puissent aller «  planter des arbres fruitiers », créer des pôles d’excellence, et «  fabriquer des drones pour protéger le tout » comme tu dis.

Nous sommes seuls et le temps nous est compté.

 

Mooshegh Abrahamian le 27/01/2021

28 janvier 2021

Haï Q (11)

Filed under: HAï Q — denisdonikian @ 3:42

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Souris à cette nuit

D’avant le jour

Déjà lourd de travail

Coïtus benedictus (12)

Filed under: COITUS BENEDICTUS — denisdonikian @ 3:38

 

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Amours dangereuses –

La rouée (ah la gueuse !), après tant de papouilles 

Trouée à la perceuse, a mis ma mèche en chtouille…

 

 

27 janvier 2021

HaïQ (10)

Filed under: HAï Q — denisdonikian @ 2:02

 

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Mourir cent nuits

Monter vers l’aube

Aile sur nos ennuis

Coitus benedictus (11)

Filed under: COITUS BENEDICTUS — denisdonikian @ 1:57

 

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Palpassion –

Que ma paume lascive enlace ton priape,

Et pierre devenu je le happe et kidnappe…

 

26 janvier 2021

Haï Q (9)

Filed under: HAï Q — denisdonikian @ 9:08

 

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Après les rêves

Toucher du souffle

La juste nuit

Coïtus benedictus (10)

Filed under: COITUS BENEDICTUS — denisdonikian @ 9:04

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Locatif – Beau hiatus où je fonds et m’exile

Au bout d’un coïtus qui me rend imbécile.

 

25 janvier 2021

11 : « Où je meurs renaît la patrie » : ARMÉNIE : ÎLE aux REQUINS et aux COQUINS

Filed under: "OU JE MEURS RENAIT LA PATRIE" — denisdonikian @ 6:47

(Photographie : Jean-Bernard Barsamian, copyright)

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Aujourd’hui, la configuration géopolitique du Sud Caucase fait émerger plus que jamais des lignes nouvelles de fracture et de tension selon le jeu des alliances, l’intérêt des puissances et la voracité des loups. Pour le moins, cette guerre aura permis à l’Arménie de mesurer à quelle hauteur et à quelles bassesses s’est située l’amitié de son voisinage géographique et de son cousinage idéologique, la haine qui vous saute aux yeux et à la gorge étant forcément plus facile à reconnaître. S’il est clair que la Turquie et l’Azerbaïdjan font front commun contre l’Arménie dans le but de la dévorer, il s’est avéré que des pays qu’on n’attendait pas ont néanmoins révélé leur véritable visage, à commencer par Israël. (A force de négocier avec le diable on finit toujours par devenir diabolique, sachant que, pour tester ses nouvelles armes et les utiliser le cas échéant pour se défendre, tout n’est pas permis, à commencer par le fait de contribuer au massacre de ses « frères en génocide »). Sans parler de ces démocraties qui, en sous-mains, sinon en sourdine, n’ont pas hésité à coucher avec le monstre Aliev au nom de leurs intérêts économiques ou stratégiques. Comme François Hollande, juste après ses visites en Arménie, en mai 2014 et avril 2015, vendant à Aliev des satellites à usage militaire. (A force de commercer avec le monstre, on finit toujours par devenir monstrueux). Pour l’Iran, on pourrait admettre qu’il avait ses raisons pour ne pas reconnaître sciemment le droit du Haut-Karabagh à l’autodétermination, craignant d’enflammer sa minorité azérie. Quant à la Géorgie, en laissant passer l’armement turc sur son territoire, elle a bel et bien montré que le racisme anti arménien qui se décline en injures dans sa société n’était pas un vain mot même dans son gouvernement. Pour ce qui est de l’Europe, elle s’en est tenue à respecter envers l’Arménie le «  minimum syndical » auquel elle se croyait obligée en envoyant du secours humanitaire aux Arméniens – mais aussi, comme la France, à l’Azerbaïdjan pour faire acte de neutralité – lourdement éprouvés par le Covid 19 et la guerre. (Comme nous l’avons rappelé, demander à la France d’intervenir militairement en marchant sur les pieds de la Russie poutinienne relève de l’impensable, sinon du ridicule). Dès lors, ne restait à l’Arménie pour respirer que de consentir à se faire prendre dans les filets du frère russe plutôt que de se faire pendre par leurs bourreaux de toujours.

Cela dit, ces jeux d’échange et de cache-cache vont avoir de graves conséquences sur l’avenir de cette région. On jurerait que le grand méchant loup turc va devoir un jour ou l’autre faire payer son aide à l’Azerbaïdjan au prix fort, à savoir par une soumission planifiée et par une invasion rampante. Au début, tout commence avec des mots de fraternité, lesquels se concrétisent en une aide militaire, avant de se diluer dans une mise sous tutelle sournoise puis déclarée. Certes, on peut admettre qu’Aliev sorte de cette pseudo victoire renforcé auprès d’une population fanatique et servile. Mais on est en droit de douter que les élites, en leur for intérieur, attribuent ce triomphe aux seuls Azéris. Les officiers de l’armée azerbaïdjanaise ont dû être passablement humiliés d’avoir été mis sur la touche au profit des instructeurs turcs. Certains n’en voulaient pas qui craignaient un jour d’avoir à donner leurs femmes après avoir cédé sur leurs galons. Or, rien n’est plus insupportable que l’humiliation, laquelle finit souvent en rébellion.

Pour l’heure, l’entente entre les deux ogres de barbarie est d’autant plus cordiale qu’elle répond à un même objectif, celui de serrer en étau une Arménie qui fait obstacle au déroulement du tapis rouge qu’on voudrait voir courir des rives Bosphore jusqu’aux confins de la Chine. Prévues en février 2021, les prochaines manœuvres des deux pays dans la région de Kars semblent rejouer le scénario gagnant de septembre-octobre 2020 qui a permis des avancées considérables dans leur ambition de comprimer le territoire arménien. A telle enseigne, qu’en Arménie, la population vit dans la hantise d’une nouvelle guerre, sans trop savoir de quel côté elle va surgir. En tout cas, ces exercices ont pour fonction de produire chez les Arméniens le sentiment d’un pays ouvert à tous les vents de l’envahissement et de leur inspirer ce délire obsidional qui les ramène aux plus brûlantes réalités de leur vie.

Or, notons que l’Arménie n’ayant pas agressé la Turquie et restant ouverte au dialogue avec l’Azerbaïdjan, cette guerre, plutôt que d’être défensive, a eu tous les aspects d’une attaque de type ethnique. On en voudra toujours aux Arméniens, non pas pour ce qu’ils font (quitte à propager des mensonges les plus noirs), mais pour ce qu’ils sont. Le comportement des soldats azéris envers les vivants et les morts arméniens, contraire au droit international et au respect humain, témoigne de motivations purement racistes. Les Arméniens ont donc à affronter non des hommes mais des Orques venus tout droit du « Seigneur des Anneaux ». Car loin de répondre aux critères les plus classiques, cette guerre n’avait d’autre but que l’effacement de l’autre et aurait été menée à son terme par nos deux crocodiles experts en extermination si la Russie n’était intervenue à temps pour préserver ses intérêts.

Et donc, à considérer ses quatre frontières, il ne serait pas exagéré d’affirmer que le beau pays arménien étant ce qui reste de l’épée ottomane ne s’apparente à rien d’autre qu’à une île coincée par deux requins à l’est et à l’ouest, et par deux coquins au nord et au sud. Les Russes jouant le rôle de pacificateur colonisateur, les Arméniens, s’ils ont encore une voix, chanteront leur passé dans leur langue quelque temps encore en espérant la sauvegarder contre les caresses hégémoniques d’une autre, aussi gloutonnes que les ventouseries d’une pieuvre.

Mais comme le malheur arménien ne vient jamais seul, ce sont les Arméniens eux-mêmes qui, cette fois encore, prouvent qu’ils ont le génie d’en rajouter. Soucieuse d’affronter des ennemis extérieurs ouvertement offensifs ou sinistrement sournois, l’Arménie subit de plein fouet une contestation plus primaire que démocratique, faisant remonter des relents de racisme interne qui n’ont rien à envier à ses voisins, le mot « Turc » devenant une injure ici à l’instar du mot « Arménien » en Turquie (voir à ce propos l’excellent article de Sahag Sukiasyan sur le site Armenews du 24 janvier). Plus vindicatifs que préoccupés par le bien public, ces chantres de la revanche et du renouveau national faisant fi des réalités politiques contraignantes du moment haussent le ton et brandissent leur baguette magique en annonçant qu’ils vont diluer l’humiliation de la défaite par on ne sait au juste quels moyens, sinon un programme où l’utopie le dispute à la connerie… Oubliant que dans un moment aussi crucial, ils affaiblissent le pays non seulement en croyant retrouver une confiance populaire perdue par trente années de fraude et de mépris mais surtout en sapant le sacro saint principe d’une union sacrée devant un ennemi qui use de toutes les coalitions pour mener à bien ses ambitions d’annihilation de la nation arménienne. Mais pire encore, ils font de la basse politique à un moment où la population arménienne est plus vulnérable que jamais à cause de l’épidémie du Covid-19.

D’où l’on peut voir que, dans le contexte brûlant actuel, n’est pas si folle que ça la métaphore qui fait de l’Arménie une île menacée tant par ses propres voisins que par les plus salauds de ses citoyens, comme si elle avait le génie de nourrir en son sein de ces montres qui n’ont rien à envier aux requins et coquins qui l’entourent.

Ainsi donc, au moment où les optimistes obsessionnels parlent d’espoir, d’unité, de force, l’Arménie semble condamnée à une triple peine : la menace de deux dictatures génocidaires, la guerre sanitaire contre le Covid-19 et cette coalition d’opposants véreux qui instrumentalisent la démocratie au profit de leurs propres affaires.

Denis Donikian


à lire :

« OÙ JE MEURS RENAÎT LA PATRIE » ( Louis Aragon)

1 D’ABATTEMENT en RÉSILIENCE

2 DÉFAITE DU TRIOMPHALISME

3 QUAND LE PERDANT GAGNE CE QUE LE GAGNANT PERD

4 MORT OU EST TA VICTOIRE ?

5 L’HEAUTONTIMOROUMENOS

6 RESTES DE DRONES

7 LE MALHEUR DÉMOCRATIQUE ARMÉNIEN

8 GERARD J. LIBARIDIAN et le NAGORNO KARABAGH-ARTSAKH

9 NOUS ÉTIONS TROIS CENT DEUX

10/A LES ARMÉNIENS et le GÉNIE du GÉNOCIDE

10/B LES ARMÉNIENS et le GÉNIE du GÉNOCIDE

10/C LES ARMÉNIENS et le GÉNIE du GÉNOCIDE

10/D LES ARMÉNIENS et le GÉNIE du GÉNOCIDE

10/E LES ARMÉNIENS et le GÉNIE du GÉNOCIDE

10/F LES ARMÉNIENS et le GÉNIE du GÉNOCIDE

10/G LES ARMÉNIENS et le GÉNIE du GÉNOCIDE

10/H LES ARMÉNIENS et le GÉNIE du GÉNOCIDE

10/I LES ARMÉNIENS et le GÉNIE du GÉNOCIDE

10/J LES ARMÉNIENS et le GÉNIE du GÉNOCIDE

11 ARMÉNIE : ÎLE aux REQUINS et aux COQUINS

Haï Q (8)

Filed under: HAï Q — denisdonikian @ 4:58

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Au-delà des nuages

De la nuit et du froid

Voyage la lune en moi

 

Coïtus benedictus (9)

Filed under: COITUS BENEDICTUS — denisdonikian @ 4:54

 

 

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Dégustatif – À tant brouter ton herbe rose,

Me voici plus au cœur de la beauté des choses.

24 janvier 2021

Coïtus benedictus (8)

Filed under: COITUS BENEDICTUS — denisdonikian @ 5:02

 

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Pratique – Et puisque tout amour est imposture

Forniquons à la diable et gardons la posture.

Haï Q ( 7)

Filed under: HAï Q — denisdonikian @ 4:58

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Le ciel te dit d’aller

Voir les arbres ailés

Avant d’être envolés

23 janvier 2021

Coïtus benedictus (7)

Filed under: COITUS BENEDICTUS — denisdonikian @ 4:25

 

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Prophétique – Étranger rêve avec étrangère

Mâtiner à la dure et vivre à la légère…

 

Haï Q (6)

Filed under: HAï Q — denisdonikian @ 4:19

 

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Dos droit comme un arbre

Loin des combats

Du doute avec le juste

22 janvier 2021

Coïtus benedictus (6)

Filed under: COITUS BENEDICTUS — denisdonikian @ 5:49

 

 

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Incendiaire – Aube exaltée au fond de l’utérus…

Ah que ma vulve éclate et s’enfle mon tractus !

 

Haï Q (5)

Filed under: HAï Q — denisdonikian @ 5:44

 

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Moi en moi-même

Ici m’est étranger

Vu d’ailleurs

20 janvier 2021

Coïtus benedictus (5)

Filed under: COITUS BENEDICTUS — denisdonikian @ 4:54

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Mécanique – L’homme, à trop souffler du piston,

Qu’à la fin comme enfant s’endort sur le téton.

19 janvier 2021

TROIS PERSONNAGES en QUETE d’APOCALYPSE (par Antranik)

Filed under: Uncategorized — denisdonikian @ 3:12


Gago – hé les gars vous avez lu le dernier post de Denis ?

Sako – ouais, et j’en ai rougi comme un coquelicot 

Doddie – il s’est éclaté, défoncé avec ses « ah oui, ah oui, ah oui »

Gago – tu es sûr que c’est « ah oui » il me semble que j’ai lu « oh oui » 

Sako – faudra relire le post et ça nous permettra de revoir l’animation…

Doddie – et quelle animation ! À la limite de la licence 

Gago – oui, mais c’est de Denis pur et dur, enfin dur… j’exagère un peu 

Sako – moi, ce qui me plait ce sont les mots « ah oui » on dirait du haïku 

Doddie – tu fais un jeu de mots là… en citant une entrèe interdite, enfin pas toujours, y en a qui…

Gago – oh, les gars vous allez un peu loin avec cette histoire de ku 

Sako – tiens ça me fait penser à un passage de Rabelais dans je ne sais plus quelle œuvre qui disait « on ne voyait pas plus clair que dans le trou du cul d’un mulet »…

Doddie – on pourrait enjoliver le texte avec des « ah oui » en plusieurs langues par exemple en italien, ce serait « ah si » et là je vous laisse imaginer la scène 

Gago – ah ah si ! Pas mal ! Et en arménien « ayo, ayo, ayo » c’est comme du yoyo !

Sako – et en chinois ? 

Gago – On ne saura jamais, ils sont trop bridés, d’ailleurs on ne sait rien de ces gens là, ils sont secrets, fermés et serrés comme des huîtres 

Doddie – bon, on ne va passer en revue toutes les expressions planétaires, surtout qu’elle s’appliquent à une fonction profondément humaine, noble et créatrice

Sako – ouais, créatrice de huit milliards de je ne sais combien de cons et méchants qui nous empêchent d’y voir clair et même quelquefois de respirer 

Gago – surtout en ce moment avec cette histoire corona machin qui nous turlupine…

Doddie – eh, arrête de parler de l’arme du crime, le crime le plus beau et naturel qui nous soit encore permis 

Gago – c’est à tomber sur le cul, on est foutus, bien fait pour nos gueules 

Haï Q (4)

Filed under: HAï Q — denisdonikian @ 3:50

 

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Dans le nu de la nuit

La fraîche heure du silence

Et le souffle en conscience

18 janvier 2021

Coïtus benedictus (4)

Filed under: COITUS BENEDICTUS — denisdonikian @ 4:17

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Dialectique – Oui ! Ah ! Oui ! Ah ! Oui ! Ah ! Oui !

Tout jouir à deux temps au ciel s’épanouit.

17 janvier 2021

10/J : « Où je meurs renaît la patrie » : Les ARMÉNIENS et le GÉNIE du GÉNOCIDE.

Filed under: "OU JE MEURS RENAIT LA PATRIE" — denisdonikian @ 10:46

( Photographie : Jean-Bernard Barsamian, copyright)

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J

Le cas Pachinian est d’autant moins facile à examiner qu’une grande partie des informations restent cachées qui permettraient de comprendre les causes les plus chaudes de la défaite. Cependant, même si on pouvait adopter une approche plurielle qui consisterait à s’appuyer sur les données politiques, historiques et géographiques, d’autres feraient toujours défaut tant la complexité du sujet rend fou. Et comme la passion patriotique interfère à des titres divers dans ce genre d’analyse, l’exploration de ces causes ainsi exposées à l’aune des émotions nous laisserait encore sur notre faim. Bien sûr, les pages de notre tentative d’explication n’échappent pas à ce défaut.

De toute évidence, Nikol Pachinian nous semble décrié à tort si on le tient comme l’unique responsable de ces accords dommageables pour les Arméniens. Rappelons qu’il est l’homme à qui le peuple arménien a accordé sa confiance et qui a insufflé l’esprit du renouveau à toute la diaspora. En réalité, porté par une trentaine d’années d’humiliations, il vient au bout d’une longue chaîne de corruptions et de négligences qu’il a eues à charge de résoudre dans un moment critique pour la nation. Deux années de gouvernance sur plus d’une trentaine ne permettent pas de faire de lui « un cas pendable », même si parapher un document qui assombrit toute la nation est loin de constituer une peccadille et si Pachinian a dû se soumettre le couteau sur la gorge, tandis qu’il avait à choisir entre la peste et le choléra : continuer la guerre en perdant des vies humaines ou signer une défaite en perdant de l’indépendance.

Tout d’abord, retenons que les provinces rendues à l’Azerbaïdjan étaient considérées au départ comme une barrière de protection et une monnaie d’échange et qu’elles étaient destinées à renforcer le statut du Karabagh proprement dit. Or, ceux qui font un procès à Pachinian ne l’entendent pas de cette oreille. Pour eux, ces provinces constituaient un acquis territorial (voir à ce propos l’analyse de Libaridian). Le premier malentendu se trouve dans cette interprétation erronée, sachant que les accords de paix ont tout de même permis de sauver l’essentiel, même si cet essentiel est en équilibre instable aujourd’hui et le sera plus que jamais demain.

Comme nous l’avons déjà signalé, les contempteurs de Pachinian ont beau jeu de lui chercher des poux, on sait trop bien qu’ils auraient été aussi embarrassés que lui s’ils avaient été à sa place. Être aux responsabilités est une chose, donner des leçons sans avoir à en assumer les conséquences en est une autre.

Par ailleurs, rappelons aussi que les contempteurs de Pachinian ne représentent qu’eux-mêmes, alors que lui est le seul qui ait été désigné aussi largement et aussi légalement par la confiance populaire. L’écœurement nous vient à entendre des personnalités morigéner le Premier ministre comme si les élections n’avaient pas eu lieu ou avaient été truquées pour le rendre illégitime. De fait, cet appel à la démission constitue un déni de démocratie par des gens dont les réflexes sont ceux d’une caste qui se place au-dessus du peuple et qui doivent leur place à des magouilles honteuses et anachroniques.

Cela dit, même si le bon sens et la retenue devraient nous abstenir de toute critique, disons-le tout net, de toute évidence Pachinian s’est trop tardivement préparé la guerre. Le pouvait-il d’ailleurs sachant qu’il avait un programme économique à mettre en place et une corruption à combattre, que les nababs de l’ancien régime ne se laissant pas défaire, une guerre sourde était lancée entre les tenants de leurs intérêts propres et les partisans d’une société plus transparente.

Tout d’abord, que je sache, Pachinian ne pouvait prendre de décisions d’ordre militaire sans s’appuyer sur l’avis des spécialistes. En ce sens, ces spécialistes auront certainement failli en faisant acheter à l’Arménie des avions de chasse qui sont restés cloués au sol pendant le conflit. Ces mêmes experts ont-ils ignoré le type d’armement dont s’était dotée l’Azerbaïdjan ? On le suppose puisque les drones ennemis ont créé la surprise et décimé les soldats arméniens. Dès lors, on peut s’interroger sur la qualité des services de renseignement en se demandant même s’ils ont jamais existé ou s’ils ont été d’une certaine efficacité.

Tout le monde savait qu’Aliev tablait sur l’achat d’armements modernes et que le budget militaire de son pays était décuplé pour mener sa revanche à son terme. L’objection selon laquelle l’Arménie n’a pas de pétrole ne doit pas faire oublier qu’elle a une diaspora puissante et des spécialistes dans tous les domaines. Si la priorité avait été donnée à la défense du pays, solliciter la diaspora eût été la moindre des choses. Mais Pachinian s’est embourbé dans les réformes démocratiques au point de mettre au second plan les menaces qui planaient sur le pays. Certes, tout le monde savait que « ça » finirait par arriver un jour, mais chacun avait les yeux tournés ailleurs. Dès lors, le système de défense, s’il répondait à quelque chose, c’était moins à des critères d’efficacité qu’à ceux d’un « minimum syndical », destiné à entretenir l’illusion d’une puissance défensive réelle.

De son côté, le dictateur Aliev, n’étant pas occupé à améliorer le bonheur de ses gens ni à leur permettre l’accès à une démocratie réelle, a mis toute sa haine anti arménienne au service d’un programme de reconquête. Et pour satisfaire cette obsession, il était prêt aux alliances les plus  compromettantes, aux violences les plus barbares et aux violations de toutes les règles. Voilà pourquoi quand une démocratie est en danger, les principes démocratiques doivent être tenus en retrait au profit de l’urgence sécuritaire. Mais le peuple arménien l’aurait-il compris qui a élu Pachinian pour des changements dans leur vie immédiate, oubliant l’épée de Damoclès qu’Aliev avait suspendue sur leur tête ? A quoi bon le bonheur quand le ciel est plombé par des bombes ?

L’autre erreur de Pachinian aura été, semble-t-il, de croire que les démocraties aident les démocraties, que l’Europe ou même la France étaient en mesure d’apporter un soutien logistique à l’Arménie sous prétexte que ce conflit était avant tout d’ordre civilisationnel. Outre le fait qu’il peut paraître humiliant, sinon honteux, de demander aux autres ce que l’on n’a pas su faire soi-même, on voit mal, en l’absence d’accord militaire, les pays d’Europe envoyer leurs hommes au casse-pipe dans une zone que la Russie considère comme son pré carré. Le plus qu’aura pu faire la France pour démontrer son amitié sera l’envoi de secours humanitaires, une fois que le mal aura été fait.

D’où l’on voit que, dans ces jeux d’alliances, c’est la Russie autoritaire qui se sera engagée à sauver la jeune démocratie arménienne d’un désastre complet, sachant que des accords existaient qui permirent à l’Arménie d’échapper aux menaces d’extension déclarées par ses ennemis de toujours. Par ailleurs, deux dictatures se seront alliées pour mener à bien cette guerre au mépris de toutes les retenues possibles, quitte à inviter des djihadistes au nez et à la barbe des nations policées qui n’ont fait qu’assister aux effets de leur impuissance et de leur neutralité.

Or, il fallait être plutôt réaliste qu’idéaliste pour comprendre les tenants et les aboutissants d’un tel conflit. Même si on ne peut accuser Pachinian d’être un imbécile, on doit admettre, aux résultats désastreux obtenus, qu’il aura finalement joué la mauvaise carte.

(à suivre)

Coïtus benedictus (3)

Filed under: COITUS BENEDICTUS — denisdonikian @ 3:46

 

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Mineur majeur – Creusez le noir de ce tunnel,

Un cri vous en viendra assoiffé d’éternel…

16 janvier 2021

Coïtus benedictus (2)

Filed under: COITUS BENEDICTUS — denisdonikian @ 4:58

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Balalaïkal – Sûr que ce rythme à la russe

Te vaudra de raidir les muscles du prépuce.

15 janvier 2021

TROIS PERSONNAGES en QUETE d’APOCALYPSE (par Antranik)

Filed under: Uncategorized — denisdonikian @ 4:54

( Avertissement : ce texte a été écrit par Antranik sur le modèle de ma pièce : Trois personnages en quête d’apocalypse. Ce qui me permet d’inviter chacun à prendre la relève. Il sera publié sur blog. Merci à Antranik)

Doddie – chienne de vie…

Gago – pourquoi tu dis ça ?

Sako – je sais ce qu’il va nous dire

Gago – comment ça ?

Doddie – chienne de vie je le dis et maintiens

Gago – explique un peu pour qu’on comprenne

Doddie – je n’en dors plus la nuit, je cauchemarde

Sako – mais encore ?

Doddie – nous sommes devenus des chiens…

Gago – ah bon ! Et pourquoi ?

Doddie – des chiens, tenus en laisse et muselés

Sako – et qui doivent sortir pour pisser entre des heures fixes !

Gago – vous exagérez un peu non ?

Doddie – mais ouvre donc un peu les yeux ! On nous écrase de mesures en démesures !

Sako – je crois qu’il a raison, une sorte de soviétisation, rentrer dans un même moule, arrêter de penser sinon…

Doddie – exactement, mais c’est aussi une bombe à retardement…

Gago – là tu y vas fort, je ne comprends pas explique

Doddie – c’est une préparation psychologique des générations futures, pensez à toute cette jeunesse qui est muselée et doit respirer avec un filtre…

Sako – tu as raison, un filtre aussi bien pour l’air que pour les idées

Gago – je me pose des questions mais ne vois pas le but de tout cela…

Doddie – c’est tout simplement une mutation appliquée à la société moderne et qui atteindra celles qui sont plus primaires en son temps

Sako – ouais, le papou de la Polynésie n’est pas encore sur la sellette mais ça viendra

Gago – tu parles pour le vaccin ?

Doddie – je le pense vraiment et le vaccin sera l’estampille de tous les quidams hors du cercle fermé de l’élite

Gago – là tu vas un peu loin non ?

Sako – il n’a pas tort sur le fond mais je vois mal l’application pratique

Doddie – n’empêche que vous y passerez et moi aussi malgré toute la résistance que j’oppose

Gago – alors on est cuits, grillés ,foutus ?

Sako – bien fait pour nos gueules !

Doddie – que vous ne pouvez plus ouvrir à cause de la muselière … logique non ?

Coïtus benedictus (1)

Filed under: COITUS BENEDICTUS — denisdonikian @ 5:31

 

Le bon coït est la chose au monde la mieux partagée ! Mais aussi le bon repas entre amis, me direz-vous. J’en doute. Qui veut entendre les saveurs décliner leur musique dans sa bouche devra ignorer le monde. Mastiquer son plaisir est un acte solitaire, même si la solitude touche à tout ce que l’homme fait pour satisfaire ses besoins. Or, tout baiser implique un minimum de solidarité humaine. Pas d’amour sans corps à corps. La confusion des consciences exige que fusionnent les sens. C’est en mêlant les natures que la confiture amoureuse s’éveille au sacre sucré de l’extase. Cela étant, même avec elle l’homme reste une île et la femme avec lui un exil. Et chaque amant entonnant sa petite musique mentale serait étonné à entendre celle de l’autre. Certes, quand le jouir s’enrage, chacun se plaît à ne plus penser. Mais des mots et des airs montent quand même pendant « Le rut des béhémots et les maelstroms épais » (Rimbaud). Et l’on peut dire sans biaiser des baiseries humaines qu’elles sont toutes identiques impliquant toujours l’instrument d’un corps physiologiquement de même acabit, comme on peut dire qu’elles sont toutes différentes. L’invariant fini offre des variantes à l’infini quand la bête humaine monte aux nues des béatitudes… Et comme son nez ithyphallique inspira Cyrano qui déclamait sa turgescence sur tous les tons, on pourrait de même s’amuser de mille cogitations sur le dieu coïtus pour le plaisir d’en rire en les lisant.

Ave Coïtus, ceux qui vont aimer te saluent !

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(Photographie : Alain Barsamian, copyright)

1

Monumentalement – Dit l’amante à l’amant :

Dieu que ta flèche est belle et que le corps me fend !

13 janvier 2021

Premier poème ( en arménien)

Filed under: PROSE POESIE — denisdonikian @ 6:01

Voici le premier poème écrit à 12 ou 13 ans au Collège Samuel Moorat, retrouvé par hasard.

Merci à Antranik pour la mise en forme en lettres arméniennes .

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ինչպես մորնամ զքեզ մայրիկ

ինչպես մորնամ խնամքներըդ 

որ կու տայիր  թեր ես մանկիկ

որպես շատնան   տարիներս 

*

ինչպես մորնամ զքեզ հայրիկ  

ինչպես մորնամ  խրատներըդ

որ  կու  տայիր  թեր ես  մանկիկ

որպես    շատնամ  ուսումներըս

* 

հիմա դպրոցը կը կարդամ

որպես սորվիմ եւ մարդ ըլլամ

բայց ցեր բարիքը մանկության

մ տքես չելլար մինչ  աւիտյան

                     

12 janvier 2021

Aphorisme du jour (68)

Filed under: APHORISMES — denisdonikian @ 5:37

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Les plages voudraient bien s’endormir mais la mer ne fait que vomir.

11 janvier 2021

Aphorisme du jour (67)

Filed under: APHORISMES — denisdonikian @ 5:58

 

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Il y a deux types de besoins naturels : les rentrants et les sortants.

Sauf celui qui ne peut faire sortir sans rentrer.

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