Ecrittératures

14 octobre 2019

Dieu est Grand…

Filed under: ARTICLES — denisdonikian @ 4:06

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Quand on meurt, c’est définitif. Ne cherchez plus à revenir. Je vous dis que c’est over, terminé, sans espoir de retour. Seuls, et c’est déjà arrivé, ceux qui ont bénéficié d’une grâce christique ont pu retrouver leur pantoufles et manger encore des frites. Mais pour les autres, rien. Ils sont au-delà de tout et c’est pour toujours. Au-delà de leurs pantoufles et au-delà de leurs frites. Ils ne pourront ni mettre les unes, ni manger les autres. Sauf qu’il ne faut pas voir les choses comme ça. Quand on y est, on y est bien. On a mieux que des pantoufles et mieux à faire que de manger des frites. Bien, je vous dis. Si bien qu’on n’a plus envie de revenir.

Vous me direz, mais comment vont faire ceux qui n’y ont jamais cru ? Comme le catholicos K2 et mon amie arménienne Hayganouch. Mon amie Hayganouch est tellement athée que ses cheveux en rougissent. Athée comme le catholicos K2, qui dans son extrême bonté, ne la tient pas pour arménienne. Alors qu’ils le sont tous les deux athées. Oui mais pour le catholicos, c’est très compliqué : comme son athéisme est de dissimulation, sa religiosité est de théâtre. Alors que l’athéisme de Hayganouche est un athéisme religieux. Et donc, le catholicos se sent autorisé à la mettre au ban des Arméniens orthodoxes, avec les Arméniens musulmans et les Arméniens pédophiles. Et pourtant, Dieu sait que des pédophiles chez les curés ça court les rues comme des lapins.

Ceux qui n’y ont jamais cru qu’au-delà il y a mieux que leur Arménie vont pousser une AH ! d’étonnement, pour ne pas dire d’éblouissement. Ils vont être bluffés comme on dit. Tous ceux qui croient que l’Arménie est un paradis vont tomber sur le cul. Mais en fait, devant l’évidence mystique du vrai amour, tout leur sera pardonné. Pourquoi  me demanderez-vous ? Parce que l’amour n’est pas un tribunal. L’amour aime. Même Erdogan sera aimé, c’est dire ! De l’autre côté, là où tout est irréversible, les lois qui y règnent ne sont pas les lois d’ici. Les Arméniens vont voir ce qu’ils vont voir, à savoir que leur culte de l’histoire arménienne, c’est de la gnognotte auprès de ce qui les attend. Bien sûr, ils pourront encore revendiquer pour la reconnaissance du génocide. Mais ça ne servira plus à rien car ils ne seront plus dans l’Histoire. Reste à savoir s’ils vont pouvoir parler avec Erdogan. Possible. Car en effet, tout est possible pour Dieu. Même l’impensable. Car Dieu joue avec les hommes comme avec des dés qui ne doivent rien au hasard, mais tout à sa seule volonté. C’est Dieu, que voulez-vous. Or Dieu est Grand, comme l’a proclamé en titre d’un de ses livres Denis Donikian. Si grand que les petits Arméniens qui ont l’habitude de lever les yeux sur leur Ararat, cette fois vont devoir regarder plus haut jusqu’à avoir un torticolis. Tous les Arméniens vont devoir faire ça, se pencher en arrière au risque de tomber pour regarder Dieu qui se situe toujours nettement plus haut que les plus hautes montagnes du monde. Ça va en faire des torticolis, je vous dis pas. La catholicos K2 va devoir aussi se pencher en arrière, tellement que son chapeau en forme de cône va se renverser. C’est comme ça que Dieu se moque des petitesses des hommes. Car Dieu est grand, c’est sûr. Et je suis son prophète, c’est sûr aussi…

11 octobre 2019

TSAVET DANEM ( Je prends ton mal) ( (2)

Filed under: CHRONIQUES à CONTRE-CHANT,Denis Donikian m'agace — denisdonikian @ 4:46

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Deuxième partie – Le Hayastan selon saint Nigol

Après son indépendance politique, l’Arménie a mis près de trente ans avant de conquérir sa démocratie, à savoir une démocratie réelle contre une démocratie de la fraude et de la misère qui l’a clouée sur place dans la stagnation ou déchirée sous les effets de l’émigration forcée par la désespérance économique ou l’humiliation politique. En effet, comme elles ont eu à affronter dès le début des catastrophes qui auraient pu  terrasser le pays (séisme, guerre au Karabagh, fermeture des frontières à l’est et à l’ouest),  les instances politiques dépassées par les événements ont dû parer au plus pressé. Nul ne saurait les incriminer dès lors que les résolutions prises dans la précipitation, les improvisations du moment, la nécessité de formuler les normes d’une nouvelle société s’accompagnaient d’un certain chaos dont les Arméniens  les plus forts et les plus rusés ont largement profité. Malheureusement les Arméniens attendaient le droit, la justice et la paix sociale, ils n’ont reçu  que la gangrène. Comme si elle couvait durant les années soviétiques et attendait le jour où l’Arménie deviendrait une république pour se propager. De fait, l’indépendance de l’Arménie n’a donné lieu qu’à un état de dépendance dans le sens où la seule dynamique économique qui l’a maintenue en vie se nourrissait de népotisme, de corruption, d’aghperoutyoun et de système D, tandis que le travail à l’étranger des Arméniens valides, sciemment entretenu, constituait une manne substantielle par la rentrée des devises, dispensant l’État de créer des emplois sur place alors qu’il profitait de cette situation de déliquescence pour régner sur une population abrutie par la pauvreté ou la quête de survie.

Cette immédiate indépendance nous l’avons vue et éprouvée pour l’avoir largement décrite ici ou là. Ce qui nous avait le plus frappé alors, c’était un état d’abandon généralisé, à savoir des hommes et des femmes n’ayant plus aucun soutien ni moral, ni familial, ni économique, tandis qu’en même temps se développaient des formes d’enrichissement qui juraient avec la misère ambiante. Comme l’Arménie profonde  s’enfonçait dans une pitoyable dépression tandis que dans la capitale s’étalaient des luxes d’insouciance totalement artificiels, sans parler du caractère  de plus en plus ostentatoire de certaines richesses, on se demandait si au delà d’une démocratie de façade ne survivait pas une forme de régression vers un féodalisme fondé sur le système des agha comme en Turquie ottomane et ailleurs. Ces maîtres de la vie sociale, qui mesuraient la vie des Arméniens à l’aune de leurs seuls intérêts, avaient pour noms ceux des oligarques comme le fameux Dodi Gago dont le sobriquet résonne comme un gag  tellement cette figure emblématique du parvenu illustre bien une structure politique où les députés avaient tendance à voter en faveur de leur business plutôt que pour l’amélioration du bien général. De ce fait, il était difficile de définir cette Arménie hybride où se mêlaient inextricablement le droit et l’absence de droit. C’est cet embrouillamini qui  nous a conduit un jour à définir l’Arménie comme une  république démomerdique. Néologisme parmi les moindres, advenus sous notre plume, pour désigner ce pays politiquement indistinct et où les citoyens étaient devenus comme les déchets d’une corruption généralisée.

La première chose à laquelle s’est à juste titre attaqué le gouvernement actuel était de rendre la démocratie au peuple par la réhabilitation du droit. Aucune réforme ne pouvait être entreprise, aucun progrès, aucune volonté de changement dans quelque domaine que ce soit sans consolider le socle juridique sur lequel devait reposer la nouvelle Arménie. Sans le droit le pays irait à vau-l’eau comme sous les régimes précédents. En ce sens, nous pouvons mettre à l’actif du Premier ministre qu’il s’est donné pour objectif d’éradiquer la corruption dans la vie sociale. On aurait du mal à penser qu’un tel acharnement contre toutes les formes de corruption où qu’elles se développent soit le fait d’un homme capable de dérive autoritaire. En s’engageant dans cette voie, c’est lui-même qu’il expose devant un peuple peu enclin à tolérer les abus d’autorité. Et pourtant, la chasse aux Républicains dont l’influence toxique menace constamment les avancées sociales crée un climat délétère miné par le soupçon. Nous avons déjà exprimé le caractère intolérable des ingérences, supposées ou réelles, du Premier ministre, au sein de l’appareil judiciaire. Très certainement ses obsessions anti-Parti républicain ne peuvent que le conduire à jouer avec le feu.

Heureusement, l’autre obsession de Pachinian, c’est de rendre son intelligence à la jeunesse arménienne en élevant le niveau d’éducation. Il faut dire que le potentiel, dans ce domaine, est immense et que loin de l’exploiter, les régimes précédents l’ont au contraire maintenu à un grave degré de médiocrité. Ce n’est pas en introduisant le jeu d’échecs dans les écoles qu’on peut produire un avenir et développer un pays. Encore moins d’instruire les enfants dans la religion nationale. Le pari de Pachinian qui consiste à orienter l’éducation vers les technologies de l’information n’est pas vain. Il repose à juste titre sur ces scientifiques d’origine arménienne qui ont démontré que le génie arménien ou sa faculté d’accéder aux plus hautes marches, permettait de parier sur l’excellence des aptitudes et du potentiel qui anime la jeunesse du pays. « L’innovation et l’esprit d’initiative ont toujours été au cœur de l’identité arménienne. Tout au long de l’histoire, le peuple arménien a mis au monde des scientifiques, des ingénieurs et des inventeurs qui ont apporté une contribution inestimable au développement de l’humanité et à l’amélioration du niveau de vie », dit-il dans son discours inaugural pour saluer l’ouverture en Arménie du Congrès mondial sur les technologies de l’information. Le Premier ministre part d’un constat, que chaque membre de la diaspora a pu remarquer lui-même, à savoir que tout jeune Arménien qui se trouve dans un milieu intellectuellement stimulant est capable du meilleur. Ce qui n’a pas été le cas en Arménie durant les trente premières années de l’Indépendance. Pachinian souhaite pour l’Arménie ce qui se fait à l’étranger. Par ailleurs, il faut comprendre que les techniques de l’information, dès lors qu’elles pénètrent dans le tissu social et national, induiront des soins plus performants dans les hôpitaux, une défense plus efficace aux frontières, une panoplie d’emplois plus large. Déjà, ces opportunités font accourir de la diaspora des entreprises soucieuses d’investir dans le pays et d’ouvrir des startups dans tous les domaines possibles. Mais les étudiants arméniens n’auront pas attendu le Congrès pour commencer leurs travaux, ils y auront présenté des engins volants sans pilote, des robots et même une prothèse myoélectrique de bras.

Cependant, il n’est pas interdit de souhaiter que la nouvelle confiance qui règne en Arménie depuis l’émergence de la révolution de velours engendre une nouvelle conscience. Investir dans le matériel ne permettra pas au peuple arménien de vivre selon sa culture. Il risque au contraire de s’en éloigner. L’homme a besoin de trouver des repères culturels au gré d’une tradition collective qui, au cours de son histoire, lui a évité de sombrer dans la dépression par la résilience et le religieux. Tous les peuples investissent dans leur culture pour que la conscience de leur origine alimente leur élan vital vers un avenir plus brillant. L’homme a besoin de se situer s’il ne veut pas s’abîmer dans la névrose qu’alimentent l’inconnu de sa naissance et l’inconnu de sa mort. Se situer dans le temps par la réactivation des mythes et se situer par rapport à ses semblables par la pratique d’une fraternité de combat. Or, depuis des décennies en Arménie, le sauve-qui-peut et la corruption, le triomphe de l’argent au détriment d’une société plus égalitaire ont dominé les esprits. Il serait temps de revenir aux fondamentaux et de placer l’humanisme et la fraternité au centre du social. Sans une éthique de l’empathie, l’Arménie s’écroulera. Il faut penser l’autre, apprendre à penser à l’autre et à se mettre à la place de l’autre. En d’autres termes, mettre le fameux tsavet danem’ (je prends ton mal) au cœur d’une société qui a trop longtemps pâti d’un abandon généralisé. Non seulement, ce principe permettrait de revenir aux sources de la religion chrétienne pour que les Arméniens se maintiennent dans une sorte de verticalité mystique, mais il permettrait une véritable révolution des mentalités. Nous ne dirons pas que l’Arménien n’a pas ici ou là montré de la solidarité envers l’autre. Mais les manques sont nettement plus flagrants que les pratiques. Cette solidarité devrait d’ailleurs aussi jouer entre l’Arménie et la diaspora, laquelle depuis l’avènement de la République et la catastrophe du séisme de 1988 n’a jamais manqué d’établir des ponts avec le pays pour le sortir du naufrage. Même si le donateur n’a pas toujours été respecté correctement par le receveur.

Un peuple solide, c’est un peuple solidaire. Et la foi dans le « nous »,  c’est le « menk » du « menk enk sarere »( nous sommes nos montagnes). Un «nous»  au sein duquel interagissent les responsabilité des uns par rapport aux autres comme le sang spirituel qui donne vie à ce « nous».

Denis Donikian, octobre 2019

10 octobre 2019

TSAVET DANEM’ (Je prends ton mal) (1)

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Première partie – Il était une fois la révolution…

 

Qu’ajouter à l’article critique de Philippe Raffi Kalfayan du 1er octobre dernier sur le site des Nouvelles d’Arménie Magazine dès lors que nous aurions du mal à ne pas partager certains parmi les arguments qui y sont exposés ? Le raisonnement est documenté et porte sur des faits qui ne sont malheureusement pas à mettre au crédit du Premier Ministre d’Arménie. N’étant pas juriste, nous n’entrerons pas dans les arcanes du Droit tel qu’il est débattu et malmené actuellement en Arménie. Pour autant, les impairs, sinon les imperfections constatés ici ou là ne nous conduisent pas à condamner le nouveau régime, dans la mesure où le cas arménien mérite d’être considéré de manière plus holistique que strictement juridique, à savoir en tenant compte du contexte politique du pays, de ses impératifs économiques, des mentalités qui y règnent, des trois décennies de souffrances et d’humiliations subies par une population avide de justice et de bonheur, sans parler des 70 années de soviétisme ou du fait que l’Arménie demeure un petit pays par le nombre d’habitants, en guerre larvée sur le flanc est depuis plus de 30 ans, et quasiment enclavé, avec un ennemi héréditaire sur le flanc ouest. Ces composantes complexes et étroitement imbriquées devrait les prendre en compte quiconque chercherait à passer au crible les décisions, les avancées et les fautes du Premier ministre d’Arménie.

(Certes, préserver le Droit pour un pays démocratique constitue le socle sur lequel il peut bâtir une société juste et prospère. Et monsieur Kalfayan aurait raison de penser l’Arménie actuelle selon cette seule optique juridique si les responsables de la politique, à commencer par le Premier ministre, n’étaient quant à eux contraints de tenir compte d’un bien plus large spectre d’obligations. Le cas de la mine d’or d’Amulsar suffirait à le démontrer dans la mesure où elle concentre un grand nombre d’intérêts contradictoires qui paralysent toute décision. Les écologistes n’en veulent pas ainsi que les villageois proches qui bloquent les routes depuis le 23 juin. Quant à la société Lydian, elle maintient qu’elle utilisera une technologie propre à respecter l’écosystème local. Sans parler de la Fédération Internationale des droits de l’homme qui a enquêté sur place et défend les opposants à la mine. Que dire des 1 400 personnes employées par l’entreprise qui n’ont pas pu aller travailler depuis le 23 juin ? Quant au gouvernement, il a hérité de cette patate chaude signée dans des conditions douteuses sous l’ancien régime. Pachinian, qui a promis du travail aux Arméniens, devrait-il au contraire se parjurer en supprimant des emplois ? Sachant qu’il ne peut se permettre le luxe d’un procès intenté par la société Lydian, ni celui de prendre contre elle une décision arbitraire qui rendrait peu crédible l’Arménie auprès des investisseurs étrangers. Toujours est-il qu’on ne peut lui reprocher une quelconque dérobade puisqu’il est venu à la rencontre de tous les opposants pour clarifier la situation. On est loin des pratiques précédentes où les décisions se prenaient à huis clos.)

Tout de même, étant donné que le passage entre l’ancien et le nouveau régime s’est opéré sans effusion de sang, il nous paraît incongru d’en faire coup d’État ? En effet, il n’y a pas eu, que nous sachions, renversement du pouvoir Sarkissian ni de façon illégale, ni de façon brutale. De même, la révolution, si révolution il y a, ne s’est pas faite par la force. Par conséquent, n’en déplaise à Monsieur Kalfayan, ces deux modes de transition ne sauraient selon nous s’appliquer à l’Arménie. J’ajoute que cette « révolution » n’est pas sortie du chaos, mais a mûri au cours de trente années de protestations continues de la part du peuple arménien, émaillées de plusieurs amorces de guerre civile, dont celle du 1er mars, et qu’une volonté de changement général a été entérinée par un vote reconnu comme transparent et incontestable, le premier depuis l’avènement de la république.

Dans ce contexte, il faut reconnaître à Serge Sarkissian, comme nous l’avons déjà fait, le mérite d’avoir affirmé que c’était Pachinian qui avait raison et qui voyait juste. Il faut saluer son courage pour avoir mis un terme à son mandat par un acte digne d’un homme d’État ayant le souci de la nation plutôt que celui tant de ses intérêts que de sa classe politique. On n’ose pas se demander ce qui serait arrivé si ce geste humiliant pour lui n’avait pas été accordé à ses opposants, à savoir à la majorité de la population arménienne. D’ailleurs, aurait-il pu faire autrement tant la pression de la rue était massive et unanime ?

Cependant, force est de constater que celui qui a orchestré cette « révolution » et qui prenait Nelson Mandela pour modèle, s’en est écarté à partir du moment où, au lieu de jouer sur la réconciliation et l’unité, comme le souligne à juste titre Monsieur Kalfayan, il a exacerbé les divisions entre son parti qui prétend représenter le peuple et celui des Républicains. Reste à savoir si les membres du parti républicain étaient solubles dans un régime de réconciliation nationale. On peut en douter, et le premier à en douter ce fut le Premier ministre qui a connu la prison de la part de ces mêmes Républicains. Toujours est-il que la politique d’apartheid, à savoir de développement séparé des populations blanches et noires, était autrement plus cruelle et injuste que l’ostracisation aveugle de la population arménienne par les Républicains. Et pourtant, Mandela, après vingt-sept ans d’emprisonnement, osera bâtir l’avenir de son pays contre sa propre rancune et contre l’esprit de revanche des Noirs, sachant que cet avenir ne pouvait être viable si devaient se perpétuer les antagonismes raciaux et politiques qui ont déchiré les populations.

Je reconnais, avec Monsieur Kalfayan, qu’une politique transitionnelle, fondée sur une constitution intérimaire, était nécessaire. Même si me choque une Constitution voulue sur mesure par un président et formulée à l’aune de ses intérêts, de manière à se mettre à l’abri de toute poursuite judiciaire, me choque aussi le fait que son auteur, Robert Kotcharian soit jeté en prison comme un chien alors même que son procès est en cours. Aucun représentant de l’autorité n’est censé ignorer que, dans une démocratie normale ou en voie de normalisation, tout prévenu est innocent tant que sa culpabilité n’a pas été démontrée par un jugement. A ce jour, la place de Kotcharian n’est pas derrière les barreaux. Il doit jouir pleinement de sa liberté de citoyen durant toute la durée de son procès sans pour autant être autorisé à quitter le pays. Et quoi, l’Arménie n’aurait-elle rien à envier au Japon qui jeta Carlos Ghosn en prison avant même qu’il n’ait eu le temps de savoir de quoi on l’accusait ? Rien à envier non plus à la Turquie qui garde en prison Osman Kavala alors même qu’aucune preuve tangible de sa culpabilité n’a été présentée. D’ailleurs, la déclaration du mécène au tribunal du 8 octobre dernier sonne comme un rappel au respect du droit : «  Le fait que je sois maintenu en détention depuis si longtemps sans que le tribunal ait pu avancer des preuves de ma culpabilité est une violation supplémentaire du droit. Il s’agit d’une pratique illégale et discriminatoire, assimilable à une punition. J’exige que le tribunal mette fin à cette pratique illégale, discriminatoire ». Cette vindicte n’est pas à l’honneur de la nouvelle démocratie à laquelle aspire l’Arménie.

Le fait de se réclamer du peuple, comme le fait Pachinian, ici ou là, suscite obligatoirement le doute en raison du raccourci dont il s’accommode au détriment de la réalité. 70 % d’une population ne font pas un peuple, mais produisent une discrimination à l’égard des 30% qui ont le droit de penser autrement. Pachinian confond le peuple avec la foule des meetings où les présents buvaient ses paroles.

Par ailleurs, les Arméniens, peuple à sang chaud s’il en est, sont prompts à sanctifier un leader autant qu’à diaboliser son adversaire. Combien de fois n’a-t-on pas devant nous stigmatisé Kotcharian en le traitant de Turc ? Tandis qu’aujourd’hui, Pachinian est devenu une figure de saint laïc dont l’effigie se trouve partout ad nauseam. Il faut savoir que les Arméniens sont capables de retournements à 180° avec une brutalité qui étonnerait un observateur étranger. Ceux qui criaient « Levon ! Levon ! » (à savoir Levon Ter Petrossian) durant et après le charjoum, comme s’il était leur sauveur, ont réussi à le détester avec la même ardeur à la suite des élections probablement truquées de 1996 aux dépens de Vazken Manoukian, jusqu’à le pousser à la démission le 3 février 1998. Ils y ont gagné Kotcharian. Cela dit, cette sanctification aveugle de Pachinian atténue forcément les sens critique et civique du citoyen et donne à l’intéressé des ailes, sinon des mains pour se croire autorisé à fesser quiconque le contredit. Autrement dit, Pachinian jouit d’une telle notoriété qu’il pourrait être enclin à abuser de son autorité. Dans cette perspective, la démocratie pourrait virer à l’autoritarisme.

En effet, cette position éminente dans l’opinion est malsaine, même si elle est compréhensible. Pachinian devient de la sorte la main armée de la hargne qui anime une grande partie de la population humiliée par des années de frustration. J’ai toujours pensé que les applaudissements dont il bénéficiait lors des meetings étaient mâtinés de haine à l’égard des Républicains. Or, cette haine entre tenants de l’ancien régime et partisans du nouveau échauffe les esprits et circule partout dans le pays au point de menacer la sérénité dont il a besoin pour se normaliser. Au lieu de se battre ensemble sur les moyens à mettre en œuvre pour faire avancer le pays et le défendre, les Arméniens sont embourbés dans des querelles de procédures qui sont autant de perte d’énergie, alors que la population trépigne d’impatience dans l’attente des réformes promises.

Or, dans cette course aux réformes, nombreux sont les obstacles qui ralentissent l’action du Premier ministre.

Par exemple, la révolution dont celui-ci se réclame ne saurait être effective sans le remplacement des collaborateurs de l’ancien régime par des élites éduquées et neuves. Pour rappel, l’Arménie, pays jeune, n’a pas un corps de fonctionnaires capables de transcender les aléas des urnes et de travailler avec dévouement et abnégation uniquement pour la pérennisation de l’État et le bien public. En d’autres termes, manque à l’État arménien une institution qui formerait des fonctionnaires responsables de sa haute administration. Cette carence oblige le nouveau régime à composer avec des élites qui ont largement forniqué avec les gouvernances précédentes et qui y ont acquis des automatismes fondés sur l’égoïsme des intérêts propres plutôt que sur un comportement soucieux du bien général. Ce qui a pu avoir comme effet la formation d’un État profond, où ces élites ont pu prendre des décisions conformes à la défense de leur pré carré et non au profit du pays. (D’ailleurs, en Arménie comme ailleurs et même en France, les hommes étant ce qu’ils sont et les Arméniens bien davantage que des hommes, la création d’une élite de fonctionnaires pourrait constituer un État dans l’État propre à contrecarrer les décisions de l’exécutif.)

Cet état de fait constitue une sérieuse entrave à l’action du gouvernement. Dès lors comment ne pas comprendre Pachinian qui doit être obligé de nettoyer les écuries d’Augias s’il veut faire place nette et avancer. On se trouve ainsi dans le cul-de-sac d’une cruelle aporie : faire la révolution par le changement des élites alors que manquent les élites nouvelles.

De la même manière, le passage du soviétisme à la république n’a été qu’une vaste mascarade. Comme l’Arménie manquait de fonctionnaires aptes à assumer la nouvelle constitution, elle a dû reconduire ceux de la dictature précédente au risque d’y perdre dans le changement. En fait, au début de la république, les automatismes d’hier ont été simplement reproduites faute de formation pour faire vivre la pensée de l’Indépendance et en raison du chaos dominant provoqué par le conflit du Karabagh. Ce chaos, les voyous en ont largement profité pour accroitre leur business tandis que les héros se jetaient à corps perdu dans la bataille au risque de sacrifier leur vie. L’économie de l’urgence a tôt fait de détruire le travail par la vente précipitée des usines et des biens nationaux. Au chaos a succédé l’abîme. Et on aurait du mal à affirmer que les présidents qui vinrent après Levon Ter-Petrossian furent aptes à relever le défi à la fois de la défense nationale et de la reconstruction.

Que monsieur Kalfayan assimile Pachinian à un Erdogan poursuivant les gülenistes me paraît d’autant moins pertinent que Pachinian, plutôt que de s’acoquiner avec les Républicains comme Erdogan le fit avec Gülen, les a inlassablement combattus. Pour quelle raison me direz-vous ? Pour une raison de tempérament politique. Pachinian a mis sa vie au service du peuple arménien alors que les Républicains étaient au service de leurs sales affaires. Quant à lui donner des intentions et même des comportements de dictateur, aussi indiscutables et tranchés quand il s’agit d’Erdogan, cela n’est ni crédible ni supportable, même si des erreurs et des naïvetés ont été commises.

On se demande quels poux va chercher Monsieur Kalfayan dans la chevelure d’Anna Hagopian, l’épouse du Première ministre, quand il dénonce l’origine de l’argent devant servir à la Fondation Mon Pas dans les domaines culturels, éducatifs et de santé, principalement au profit des enfants gravement malades d’Arménie, alors que cet argent est majoritairement recueilli auprès de la diaspora ? Si les épouses Kotcharian et Sarkissian avaient pour mission de piloter une fondation semblable qui était de leur responsabilité, on ne peut pas dire que leur activisme ait été très visible ou très opérant.( mystepfoundation.am)

« Faut-il rappeler que la justice est rendue par des hommes, et ceux-ci ont droit à l’erreur ? » écrit à juste titre Monsieur Kalfayan. Faut-il aussi lui rappeler que la politique est également rendue par des hommes et qu’ils ont droit à l’erreur surtout dans un contexte d’urgence et de renouvellement en vue de remettre le pays sur pieds ? Il reste que ce pays doit s’inventer un avenir de prospérité par le travail et remettre les comportements sur les rails d’une éthique conforme à ses fondamentaux culturels, sans quoi la révolution entamée, loin de rouler sur du velours, pourrait engendrer un tapis de ronces, d’épines et de barbelés.

 

Denis Donikian

 

Demain deuxième partie : L’évangile  selon saint Nigol

6 octobre 2019

Hello! Here is Barone Viravorakan ( en arménien)

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Hello! Here is Barone Viravorakan

Երևանում մի երեկո, բոլորս հավաքվել էինք ճոխ ուտելիքներով լցված սեղանի շուրջը․ շախմատ աաղացողներ, դուդուկ նվագողներ, բառերի, գաղափարների, գույների հետ խաղացողներ : Բախտի բերմամբ, կողքիս նստել էր Մարինե Պետրոսյանը՝ նախընտրածս բանաստեղծուհին, ում գործերը թարգմանել եմ ֆրանսերեն։

-Բանաստեղծուհի լինելը շատ լավ է, ասացի նրան, բայց հայկական գետտոյից դուրս գալու համար ավելի նպատակահարմար է վեպ գրել, ինչպես հաճախ Ֆրանսիայում ինձ են առաջարկում հրատարակիչները, որոնց մտահոգությունն է Հայաստանը բացահայտել։

– Վեպ գրե՜լ,- պատասխանեց նա,- չեմ կարծում, թե նման բան կարող ես մտքովդ անցկացնել։ Ի դեպ, խիստ վիրավորական առաջարկություն է։

Խիստ վիրավորակա՞ն։ Դե, գնա ու հասկացիր։

Վերջերս, «Ես ատում եմ Փաշինյանին» հոդվածս մեղադրանքի արժանացավ Վիոլետ Գրիգորյանի կողմից, ով նախընտրածս բանաստեղծուհին է և ում գործերը թարգմանել եմ ֆրանսերեն` « վիրավորական» տեսքով հանդես գալու համար, իբր թե Հայաստանի հայերին արհամարհանքով եմ վերաբերվում, և իբր թե, որպես սփյուռքում ապրող գրող, խորին միտումներ եմ ունեցել նրանց դաս տալ, դուրս բերելու համար «խավարամիտ ուսուցումից», մի բան, որ ֆրանսիացիների հանդեպ ինձ թույլ չէի տա անել, սակայն իրենց հետ թույլ եմ տալիս:

Երկու անգամ, երկու նախընտրածս բանաստեղծուհիների կողմից «վիրավորական» գրողի շարքերին դասվելով, պիտի ընդունեմ, որ այս զավեշտական մականունը, որով պճնազարդել են ինձ, ազնվական տիտղոսի արժեք ունի։ «Պարոն Վիրավորականը» խիստ հայերեն է հնչում, ինչպես ասենք՝ «հայկականը», «արմենականը», «թաքլամականը », ինչպես նաև՝ «քաքլամականը»։

Այնինչ, չենք ասի, որ «վիրավորական» լինելու փաստը Վիոլետ Գրիգորյանի աչքին, իրավունք կվերապահի ինձ պատասխանել «վիրավորական» ձևով իր մեղադրանքներին՝ լինելով «վիրավորական» գրող սփյուռքում։ Այնուամենայնիվ, ես իրավունք ունեի հենց այդպես էլ վարվել՝ բավարար հիմքեր ունենալով, որ Վիոլետ Գրիգորյանը ֆրանսերենին չտիրապետելով` չի կարող իր դատողությունը հիմնել սկսած այն բազմաթիվ հոդվածների վրա, որ գրել եմ իմ ECRITTERATURES բլոգում և ամփոփել գրքերի մեջ։ Պետք է նա նկատած լիներ, որ եթե դիմում եմ որքան Հայաստանի, այնքան էլ սփյուռքի հայերին, այն պարզ պատճառով եմ անում, որ գրիզլիների մեջ մի ոմն գրիզլի չեմ, այլ մի հայ եմ, ով ծնվել է հայերի մեջ։ Եվ առաջին գրքիցս սկսած՝ ԸՆԴՀԱՆՈՒՐ ՎԱՅՐ գործից, մինչև վերջինը՝ ԼԱՈ, իմ ստեղծագործության կարևորությունը կայանում է նրանում, որ դրանք վերաբերում են հայերին, որոնք համարվում են ամբողջական իմաստով գրական կերպար։ Ինչի՞ համար,- կհարցնեք ինձ։ Որովհետև հայերը միավորում են անհուն տառապանքի և անսահման տոկունության բաղադրիչները ավելի շատ, քան մի այլ ժողովուրդ : (Այս առումով նրանք արժանի են հետազոտվել որպես խոր ուսումնասիրության նյութ)։ Բայց նաև այն պատճառով, որ հայը աշխարհում միակ ժողովուրդն է, ում հետ կիսում եմ նույն պատմությունը։ Այս փաստումով ինձ իրավասու եմ համարում կիսել նրա հետ նույն ներկան և նույն ապագան։

Այնուամենայնիվ, կեղծ կլիներ մտածել, թե չեմ հետաքրքրվում ֆրանսիացիներով, ինչպես ասենք նաև՝ թուրքերով, Ամերիկայի սևամորթերով և ինքս ինձնով, որպես իմ առաջնահերթ թիրախ : Այդ ժամանակվանից, սխալված չեմ լինի, եթե ասեմ, որ իմ գրքերը քիչ թե շատ ընթերցվում են, ոչ ոք մինչև հիմա չի զբաղվել դրանց թեմաների բազմազանության մեկնաբանությամբ, իսկ Վիոլետը, չտիրապետելով ֆրանսերենին, ավելի ներելի է համարվում, քան, որ Ֆրանսիայում արդեն քիչ են կարդում իմ գրքերը։ Նույնիսկ, եթե զգալի ջանք եմ գործադրում գոնե մատչելի դարձնել գրքերս հայերին։ Զուր ջանք է այնքանով, որ Հայստանի գրողները, ապացույցը այն բանի, որ հիվանդագին անհետաքրքրասիրություն են ցուցաբերում սփյուռքի այն գրողի հանդեպ, որը չի անհանգստանում ուրիշների իրավունքների մասին մտածել։

Վիոլետ Գրիգորյանի ոչ այնքան սիրալիր ու բարի մտքերը՝ մեղադրելով ինձ Հայաստանի հայերին անկիրթ, անտաշ համարելու մեջ, մեծ ցավ է պատճառում ինձ։ Ավելի քան «վիրավորական» լինելով, այս երեխայական դատողությունը կարող է զրպարտության հասցնել։ Ողջ կյանքիս ընթացքում առաջնորդվել եմ իմ գրություններով և պատվել եմ իմ ձայնով որքան ողջ մնացած, այնքան էլ նահատակված հայ ժողովրդին։ Անցյալիս գրքերը (ԷԹՆՈՍը ապացույց է սփյուռքի երիտասարդ գրողի ստեղծագործության՝ խորհրդային Հայաստանի մասին) և գալիք գրքերս (« Հայերի ցեղասպանության թեմատիկ հանրագիտարանը) վկայում են դրա մասին։

Արհամարհանքն իմ աչքին երբեք գրական արժեք չի ներկայացրել, ճիշտ հակառակն է, որ հասկացնում է իմ անձի վերաբերյալ Վիոլետի անբարյացակամ վերաբերմունքը։ Այլ նաև խոր հումորով և լեզվի վրա գործադրած ջանադիր աշխատանքի շնորհիվ է, որ կարող ենք հասնել ամբաստանելու հասարակության ծիծաղաշարժ կողմերը։ Իմ կողմից, ավելի քան մնացած անձնավորությունները, որպես թիրախ միշտ ընտրել եմ դատողության դեմ հանդես եկող անհեթեթությունները, արդարությունն և ճշմարտությունն եմ ընտրել, որտեղից էլ, որ սերվել են։ Իսկ Վիոլետի դատապարտումներն ընդդեմ ինձ, ոչինչ չեն փոխի։ Խորքում, գրողը անհեթեթություններ բացահայտող է։ Ինչ վերաբերում է Հայաստանին, այն անհեթեթությունները, որ տառապանք են պատճառում հայերին, չափազանց շատ են։

Բայց վատից վատթարը կա։ Վիոլետ Գրիգորյանը մերժելու՞ է, որպես սփյուռքի գրող, Հայաստանի հայերի մասին գրելու իրավունքը։ Սա նման է տհաճ հնացած հոտի, որը հայտնվում է նորից ներքին ռասիզմի ձևով՝ աղբարների հանդեպ։ Ի միջի այլոց, նա կարո՞ղ է ստիպել որևէ հայ գրողի, որ գաղթել է Կանադա, միայն գրիզլիներից հարցազրույց վերցնել։ Այդ ժամանակից սկսած, նշենք ամենաճշգրիտը, այս իրավունքն վերցնում եմ վասն ազատության արտահայտության և կիրառում եմ այն բնագավառում, որտեղ ուզում եմ։ «Հայության» գրքիս մեջշատ եմ գրել սփյուռքի հայության թերությունների մասին։ Բայց Հայաստանում, ինչպես նաև սփյուռքում քննադատական նյութերս ինձ կայուն թշնամանքներ պարգևեցին։ Ուստի, ազգամոլ ապուշների կամ մասնագետների հիմարությունը խթանում է գրիչս։ Ի՞նչ անել այս դեպքում։

Փաստորեն, Վիոլետի հանդիմանությունները մոտենում են որոշ պոպուլիզմի այն չափով, որ թվում է, թե նրա համար հայ ժողովուրդը պետք է դուրս գտնվի քննադատությունից։ Սրբազան՝ այո, Վիոլետ, անձեռնմխելի՝ ոչ։ Սրբազան այն իմաստով, որ ինչը նրան է վերաբերում, իր նախապահպանմանը, իր արժանապատվությանը և իր իրավունքին, որքանով մեր մտքերը և մեր գործողություններն են հասանելի։ Բայց անձեռնմխելի՝ ոչ։ Քանզի հայ ժողովուրդը, ինչպես յուրաքանչյուր ժողովուրդ, իր հերոսներն ու խուլիգաններն ունի։ Եվ հայ գրողի գրիչը պետք է պայթեցնի պալարներն ամենուր, որտեղ գոյություն ունեն արժանապատվության անբավարարություններ։ Հիշենք 2012 թիվը, Հովհաննես Իշխանյանի վիճաբանությունները իր «Օր զորացրման» նովելների ժողովածուի կապակցությամբ։

Ի դեպ, ո՞վ չգիտի, որ հայերին որպես անարժեք մարդկանց առաջին հերթին Հայաստանի հայերն են անդրադարձել, սկսած հանրապետության երեք նախագահներից, անտեսելով օլիգարխներին։ Պետք է նրանց դատապարտե՞լ, թե՞ պետք է խնայել զերծ մնալ ամեն տեսակի քննադատությունից՝ պատճառաբանելով, թե հայ ժողովրդին չպետք է ձեռք տալ։

Այս առումով Վիոլետ Գրիգորյանին նկատել կտամ, որ այն ինչ եմ ասել հայերի մասին Ֆրանսիայում, էսսեիստներն ու լրագրողները հարյուրապատիկ ավելի են խոսում ֆրանսիացիների մասին։ Ժողովրդավարությունն է դա պահանջում։ Խորքում ինչու՞ դատապարտել ինձ՝ քննադատ լինելու համար, երբ յուրաքանչյուր քաղաքացի, յուրաքանչյուր լրագրող, ով ժողովրդավարության կողմնակից է, անում է դա ամենայն ազատությամբ։ Պե՞տք է նշել, որ Վիոլետ Գրիգորյանի «վիրավորական» բառը հարում է ժողովրդավարության մերժմանը և պարտադրում է յուրաքանչյուրին զսպել իրեն այն պատճառաբանությամբ, որ հայ ժողովուրդը նվիրական է։ Ֆրանսիայում և այլուր քննադատական լրագրությունը ժողովրդավարության գլխավոր բաղադրիչն է։

Ավելացնեմ, որ հեռու լինելով որևէ մեկին դաս տալուց, համաձայնել եմ որպես պարտականություն, գրիչս ներդնել հանրությանը ծառայելու գործին և նպատակներին, որի միջով անցնում է հայ ժողովուրդը։ Իմ աչքին, գրել Հայաստանի մասին, նախ և առաջ դա որպես քաղաքացի իրականացնելն է։ Պնդում եմ քաղաքացի բառի վրա։ Քանի որ, եթե պատահականությունը հայերի մի մասին նետել է իր օրինական տարածքներից հեռու, սփյուռք ստեղծելու համար, վերջինս շեղված լինելով ղեկավարման սև տարիների ընթացքում, երբեք չի դադարել, հեռվից կամ մոտից նյութապես սատար կանգնել երկրին, չնայած տեղական կաշառակերությանը, որ մոլեգնում էր այնտեղ և օգտվում էր անցումային շրջանի ժամանակ։ Այդ ժամանակից սկսած, այս փաստը ինձ ստիպում է մտածել, որ ես Հայաստանի տնտեսական քաղաքացի եմ, որովհետև շարունակ օգնել եմ բարեկամներիս, ինչպես նաև՝ թարգմանիչների, մի հրատարակչի, տպագրիչների, բոլորին վճարելով իմ գրպանից։ Բայց Վիոլետ Գրիգորյանը պետք է նաև տեղեկացած լիներ Վահան Իշխանյանից՝ իմ նախընտրած լրագրողից, այն հայ ընտանիքին ցուցաբերածս օգնության մասին, որը լքված էր բոլորի կողմից և հանդիպում էր միայն աչքերի ճարպակալման հիվանդությանը: Ըստ իս, շատ «վիրավորական» է, որ այդ հայերը ոչ մի ուշադրություն չեն դարձնում այդ հանգամանքին, ո՛չ հայ ժողովուրդը, ո՛չ ղեկավարությունը։

Առնվազն երեք տասնամյակի ընթացքում հայ հանրությունը խայտառակ հանրություն էր։ Քոչարյանի ու Սարգսյանի օրոք հայերը կարող էին սպանվել որևէ ոստիկանական բաժանմունքում (Ղուլյանի գործը), նույնիսկ որևէ ռեստորանում (Պողոս Պողոսյանի գործը)։ Երևանի աղբանողը, ինչպես նկարագրում եմ իմ «Աղբաստան» վեպում, անարգանք է ծորացնում։ Նա, ով կկարդա, կտեսնի, որ հայ քրջահաւաքներին անտաշ մարդկանց տեղ չեմ դնում։ Փաստորեն, գրականության մեջ իսկական ամոթանքը կուրորեն նայելն է անամոթներին։ Ինչպես մեր մտավորական բանախոսները, կորած անցյալի մասին խոսողները, ովքեր երբեք ամենաչնչին ուշադրությանը չեն արժանացրել հայերին, որոնք տառապում էին անարդարությունից և քմահաճ իշխանությունից։

Ի վերջո, գիտակցաբար եմ այստեղ որպես թիրախ ընտրում Վիոլետ Գրիգորյանին՝ իմ նախընտրած բանաստեղծուհուն։ Քանի որ ցանկանալով ինձ դաս տալ և ինձ կասկածելի հայի տեղ դնել, ով ապրում է սփյուռքում, նա զավեշտ է ավելացնում իր «վիրավորական» արտահայտությանը։ Բայց քանի որ հիմա բոլորս «վիրավորական» մարդկանց վիճակում ենք մեր ծիծաղաշարժությամբ ու թերություններով, նշանակում է բոլորս քույր ու եղբայր ենք, պատկանելով նույն ժողովրդին, որն իրականության, ճշմարտության և երջանկության որոնման մեջ է։

Բոլոր հայերը միևնույն նավի մեջ են, որ լողում է դեպի միևնույն արժանապատվությանը :

Դընի Դոնիկյան

 

( Traduction : Yvette Vartanian)

3 octobre 2019

Cette vaste pollution dont on ne parle jamais

Filed under: APPEL à DIFFUSER — denisdonikian @ 12:23

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Cher(e) ami(e) de la Santé,

Chaque année, les Français achètent plus de 3 milliards de boîtes de médicaments…

…ce qui représente près de 200 000 tonnes de médicaments ! 

Et savez-vous qui « trinque » le plus ?

Bien sûr, il y a les patients :

Des millions de Français avalent des médicaments anti-cholestérol (statines) tous les jours

…alors qu’il n’a jamais été prouvé qu’ils sauvent des vies1.

Des millions de Français prennent tous les jours des médicaments anti-dépresseurs…

…alors que les études scientifiques récentes montrent qu’ils sont globalement inefficaces2.

Des millions de Français utilisent tous les jours des médicaments anti-acides (IPP) contre les brûlures d’estomac…

…alors que ces pilules sont soupçonnées de provoquer des crises cardiaques3, des maladies d’Alzheimer4 ainsi que des problèmes rénaux graves5.

Clairement, c’est le patient la première victime des excès du « tout médicament chimique ».

Mais il y a un autre scandale, dont on ne parle jamais.

C’est que le « tout médicament chimique » frappe aussi ceux qui ne prennent aucun médicament !!

Dans l’eau de notre planète : antibiotiques, anti-inflammatoires, pilule, etc.

Car savez-vous où finissent les milliers de tonnes de médicaments ?

Dans les eaux naturelles de notre planète !

Tout récemment, des chercheurs français ont découvert un anti-inflammatoire très répandu, le Diclofénac… dans la chair des poissons du littoral, près de la ville de Cannes6 !

Pire : les mêmes chercheurs se sont intéressés à l’eau qui sort des stations d’épuration, censées « purifier l’eau » que nous buvons au robinet.

Ils ont cherché quatre médicaments précis… et ils ont trouvé les quatre… 4 sur 4 !

    • Deux anti-inflammatoires (Ibuprophène et Diclofénac)

    • Un antibiotique (Sulfaméthoxazole)

  • Et un anti-convulsant (Carbamazépine)

A l’échelle de la planète, c’est encore plus terrifiant.

Selon les chercheurs de l’équipe de Francesco Bergoli :

« Plus de 10 000 km de rivières, dans le monde entier, contiennent des concentrations supérieures à 100 nanogrammes par litre de Diclofénac, soit au-delà du seuil d’alerte de l’Union Européenne.

2 400 tonnes de diclofenac sont consommées chaque année, il en reste des centaines de tonnes dans les déchets produits par l’homme. 7 % d’entre elles sont filtrées par les plantes des stations, 20 % par les écosystèmes… le reste part à l’océan. »7

Et il n’y a pas que le Diclofénac.

Des chercheurs britanniques ont analysé 711 cours d’eau dans 72 pays différents.

Ils ont cherché 14 antibiotiques, et savez-vous ce qu’ils ont découvert ?

Dans 100 % des cours d’eau, ils ont trouvé au moins un de ces 14 antibiotiques… à des niveaux supérieurs au seuils « acceptables »8 !!

Il faut regarder cette vidéo, qui montre que 70 à 80 % des résidus de médicaments se retrouvent dans les eaux naturelles, avec des conséquences catastrophiques pour les poissons !

La truite, par exemple, change de sexe en grandissant, à cause des pilules contraceptives répandues dans l’eau !

On trouve aussi des crevettes sous Prozac qui changent drastiquement de comportement9.

Et il n’y a pas que l’eau, hélas.

Il y a l’air, aussi, via les usines de Big Pharma :

Big Pharma participe gravement au réchauffement climatique !

L’année dernière, le site Médiapart révélait qu’une des usines de Sanofi rejetait des substances ultra-toxiques dans l’atmosphère !

L’association France Nature Environnement (FNE) avait dénoncé des rejets de « matières dangereuses à des taux astronomiques » sur le site où est produit l’antiépileptique Dépakine10 !

Mais c’est le cas de toutes les usines pharmaceutiques partout dans le monde !

On n’en parle jamais, ou presque…

Mais l’industrie pharmaceutique est un agent majeur du réchauffement climatique11 !

Au total, « les émissions mondiales totales du secteur pharmaceutique s’élèvent à environ 52 mégatonnes de CO2 en 2015, soit plus que les 46,4 mégatonnes de CO2 produites par le secteur automobile la même année »12

Vous avez bien lu : la fabrication de médicaments pollue plus que la fabrication de voitures !!

Voilà une raison de plus de privilégier les alternatives naturelles aux médicaments !

Bien sûr, il y a quelques médicaments indispensables, qu’il faut continuer à fabriquer, coûte que coûte.

Mais il y a aussi énormément de médicaments qui ne servent à rien (80 %, selon le Pr Even13)…

…et beaucoup qui peuvent être remplacés avantageusement par des remèdes naturels !

Voilà une bonne raison de PLUS pour sortir du « tout médicament chimique », c’est urgent !

Votre dévoué,

Guillaume Chopin

Voir les sources. 

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2 octobre 2019

Please, n’interrompez pas celui qui pisse !

Filed under: CHRONIQUES à CONTRE-CHANT,Denis Donikian m'agace — denisdonikian @ 5:32

vidures-2

Ça commence comme ça, juste après une citation de Mao Tsé Toung, un beau jet de pipi sur une fourmilière. Celui de Rod Steiger dans «  Il était une fois la révolution ».

Ceux qui ont lu « Vidures » doivent se souvenir qu’au tout début mon personnage pisse lui aussi sur une fourmilière, mais en dirigeant son jet sur Erevan, au loin, en contrebas.

Il se trouve que j’avais vu le film avant d’écrire mon livre.

Mais cette idée de pipi sur une fourmilière est née dans mon inconscient. Probablement, j’ai dû faire ça dans ma jeunesse, associant le bonheur à la source d’un soulagement à la cruauté finale d’un déluge d’urine.

Or, cette métaphore agit comme un introït essentiel dans l’histoire du film et de mon roman. A savoir que si les malheureuses fourmis subissent une violence tombée du ciel, c’est pour signifier que toute révolution est forcément violence, comme le dit la citation liminaire de Mao Tsé Toung. Dans mon livre, les fourmis qui subissent la violence d’une société détraquée, ce sont les chiffonniers qui travaillent en permanence sur la décharge, dans un déluge d’ordures.

Qui n’a pas « lu » cette métaphore ne peut rien comprendre au livre. Il ne peut pas comprendre les violences que les chiffonniers vont subir à la fin du roman et qui rappellent celles du 1er mars.

Or, il se trouve que « Vidures » a été présenté à l’époque par notre radio Naphtaline nationale, à savoir radio AYP, dans une émission dite « littéraire » intitulée «  Au fil des pages », et présentée par deux jeunes femmes, l’une comme critique, l’autre comme liseuse. Par charité, je tairai ici leurs noms afin de n’avoir à prendre personne pour cible. Et d’ailleurs, je n’ai jamais refusé à quiconque le droit de ne pas aimer mon livre, faute de ne pas pouvoir le comprendre.

Non, ça non !

En revanche, j’attends de mon lecteur qu’il respecte mes droits d’écrivain, ceux de pouvoir dire et écrire ce qu’il veut et comme il le veut. Le premier de ces droits étant le respect de mon texte.

Or, après une approche initiale du roman par la présentatrice, la « liseuse » se met à lire les premières lignes du texte sur le pipi. A peine a–t-elle entamé sa lecture qu’elle s’arrête. On se dit qu’elle va boire une gorgée d’eau, que ça lui racle dans la gorge. Quoi de plus naturel que d’avoir soudain soif ou des gratouillis dans le gosier ! Mais, l’interruption n’est pas d’ordre naturel, c’est une interruption culturelle. La liseuse, alors qu’elle n’a que le droit de se taire et seulement celui de lire ce qui est, s’interrompt pour dire : «  Vous savez ! Ce n’est pas moi qui parle, c’est l’auteur ! » Comme si on ignorait que c’était Denis Donikian qui avait écrit ces lignes. Mais le dire signifiait que cette cochonnerie urinaire qui vient sous la plume de son auteur, merci au lecteur de ne pas  m’en rendre  responsable. Le cochon, c’est lui, l’auteur. Pas moi.

Il se trouve que ce même passage aura été lu par Tania de Montaigne dans une émission sur France-Inter d’Alexandre Héraud, intitulée «  Ouvert la nuit ». Et Tania de Montaigne l’a lu sans interruption, et même en faisant des efforts pour le lire bien. C’est-à-dire pour respecter un texte vivant.

Cette anecdote en dit long sur la mentalité des Arméniens. Là où les Français lisent, les Arméniens interrompent. Là où les Français respectent, les Arméniens crachent dessus.

C’est dire que notre culture est malade. C’est dire aussi, comme je l’ai toujours proclamé, que les Arméniens n’ont aucun respect pour leurs auteurs, sauf s’ils parlent de génocide ou de cuisine. C’est qu’ils ne salivent que sur les morts et sur la bouffe. De là à dire que l’Arménie est une civilisation du livre, mon cul !

Laissez-moi ajouter que jusqu’à aujourd’hui, cette interruption intempestive dans mon texte continue de me blesser. Et croyez-moi, celle qui a fait ce gros caca n’est pas près de  s’en excuser.

Denis Donikian

21 septembre 2019

Barone VIRAVORAKAN’

Filed under: CHRONIQUES à CONTRE-CHANT — denisdonikian @ 7:01

 

Violette-Grigorian-02

(photo Max Sivaslian)

*

Hello ! Here is Barone Viravorakan’

Un soir à Erevan, nous étions tous assis autour d’une table bien garnie, joueurs d’échecs, de duduk, de mots, d’idées, de couleurs… Par chance, j’avais pour voisine Mariné Pétrossian, ma poétesse préférée que j’avais traduite en français. « Poétesse, c’est très bien, dis-je,  mais pour sortir du ghetto arménien, mieux vaut écrire des romans comme me le demandent souvent les éditeurs en France, soucieux de faire découvrir l’Arménie. – Écrire des romans, répondit-elle. Mais tu n’y penses pas ! C’est d’ailleurs une demande très viravorakan’. »

Très blessante ? Allez savoir !

Récemment, mon article, « Je hais Pachinian », m’a valu de la part de Violette Krikorian, ma poétesse préférée que j’ai traduite en français, l’accusation d’être viravorakan’, pour la raison que je traitais les Arméniens d’Arménie avec condescendance et que j’avais trop tendance, comme écrivain de la diaspora, à vouloir leur faire la leçon pour les sortir de l’obscurantisme, sachant que je ne ferais jamais avec les Français ce que je fais avec eux.

Adoubé par deux fois par mes deux poétesses préférées comme écrivain viravorakan’, je dois reconnaître que le sobriquet dont elles m’ont affublé vaut titre de noblesse.  Barone Viravorakan’, ça sonne très  arménien, comme haykakan’, Armenakan’,Taklamakan’ et autres  Kaklamakan’.

Cependant, il ne sera pas dit que le fait d’avoir été viravorakan’ aux yeux de Violette Krikorian m’autorise à répondre  d’une manière viravorakan’ à ses accusations d’être un écrivain de la diaspora viravorakan’. Et pourtant, je serais en droit de le faire pour la bonne raison que Violette Krikorian ne connaissant pas le français ne peut pas avoir fondé son jugement à partir des nombreux articles que j’ai écrits sur mon blog ÉCRITTÉRATURES et réunis en livres. Elle aurait constaté que si je m’adresse aux Arméniens tant d’Arménie que de la diaspora, c’est pour la bonne raison que je ne suis pas un grizzli né parmi les grizzlis, mais un Arménien né parmi les Arméniens. Et que depuis mon premier livre, LE LIEU COMMUN, jusqu’au dernier, le roman LAO, l’essentiel de mon œuvre porte sur les Arméniens considérés comme sujet littéraire à part entière. Pourquoi, me direz-vous ? Parce que les Arméniens réunissent plus que tout autre peuple les ingrédients d’une souffrance infinie et d’une résilience infinie. (A ce titre, ils méritaient d’être appréhendés comme une étude de cas). Mais aussi, parce que c’est le seul peuple au monde avec lequel je partage la même histoire. De ce fait, je me sens autorisé à partager avec lui le même présent et le même avenir.

Pour autant, il est fallacieux de penser que je ne me suis pas intéressé aux Français, sans parler des Turcs, des Noirs d’Amérique et de moi-même, ma cible privilégiée. Dès lors, je peux dire sans me tromper que mes livres sont peu ou mal lus, que personne ne s’est jamais jusqu’à présent penché sur la diversité de leurs thèmes et que Violette, ne connaissant pas le français, est d’autant plus excusable qu’on me lit déjà peu en France. Même si je fais un effort considérable pour rendre au moins mes livres accessibles aux Arméniens. Effort d’autant plus vain que les écrivains d’Arménie font preuve d’une incuriosité maladive à l’égard de cet écrivain de la diaspora qui vient marcher sur leurs plates-bandes.

Les propos peu amènes de Violette Krikorian m’accusant de prendre les Arméniens d’Arménie pour des ploucs me font très mal. Plus que viravorakan’, ce jugement puéril pourrait relever de la diffamation. Toute ma vie, j’ai accompagné de mes écrits et honoré par ma voix les vivants aussi bien que les morts du peuple arménien. Mes livres passés (« ETHNOS », témoignage d’un  jeune écrivain de la diaspora sur l’Arménie soviétique) et à venir  (« Encyclopédie thématique du génocide des Arméniens ») en font foi.

Le mépris n’a jamais été une valeur littéraire à mes yeux, contrairement ce que laisse entendre le coup de griffe de Violette sur ma personne. Mais c’est avec force humour et un travail acharné sur la langue qu’on peut arriver à dénoncer les ridicules d’une société. Pour moi, plus que des personnes, j’ai toujours pris pour cibles les absurdités contre la raison, la justice et la vérité, d’où qu’elles viennent. Et les condamnations de Violette à mon encontre n’y changeront rien. Dans le fond, un écrivain est un révélateur d’absurdités. Et pour ce qui concerne l’Arménie, les absurdités qui font souffrir les Arméniens sont légion.

Mais il y a plus grave. Violette Krikorian me dénierait-elle, en tant qu’écrivain de la diaspora, le droit d’écrire sur les Arméniens d’Arménie ?  Cela sent le vieux relent qui resurgit sous sa plume d’une forme de racisme interne à l’égard des aghpars. Et d’ailleurs, obligerait-elle un auteur d’Arménie ayant émigré au Canada à n’interviewer que les grizzlis ? Dès lors, disons le tout net, ce droit je le prends au nom de la liberté d’expression et je l’exerce dans quelque domaine que ce soit. Avec « Hayoutyoun », j’ai beaucoup écrit sur les travers des Arméniens de la diaspora. Mais en Arménie comme en diaspora, mes textes critiques m’ont valu de solides inimitiés. Or, la bêtise des imbéciles patriotards ou professionnels stimule ma plume. Qu’y faire ?

De fait, les reproches de Violette frisent un certain populisme dans la mesure où il semblerait que pour elle le peuple arménien soit intouchable. Sacré oui, Violette, intouchable non. Sacré dans le sens où c’est à lui, à sa préservation, à sa dignité et à son droit au bonheur que vont nos pensées et nos actes. Mais intouchable, non. Car le peuple arménien comme tous les peuples a ses héros et ses voyous. Et la plume de l’écrivain arménien se doit de crever les abcès partout où se logent des manquements à la dignité. Qu’on se rappelle, en 2012, les démêlés de Hovhannès Ishkhanian avec son recueil de nouvelles : «  Jour de démobilisation ».

D’ailleurs, qui ne sait que les premiers à prendre les Arméniens pour des moins que rien sont avant tout des Arméniens d’Arménie, à commencer par ces trois présidents de la république en passant par les oligarques ? Faut-il les dénoncer ou faut-il les préserver en s’abstenant de toute critique sous prétexte qu’on ne touche pas au peuple arménien.

Je ferais d’autre part remarquer à Violette Krikorian, que ce que je dis sur les Arméniens, en France, les essayistes et journalistes le disent au centuple sur les Français. Démocratie oblige. Dans le fond, pourquoi me reprocher d’être critique quand tout citoyen, tout journaliste, tout écrivain qui se sent partie prenante d’une démocratie le fait en toute liberté ? Est-ce à dire que les propos viravorakan’ de Violette Krikorian frisent le déni de démocratie et obligent tout un chacun à se retenir sous prétexte que le peuple arménien, c’est sacré ? En France et ailleurs le journalisme critique est un composante essentielle de la démocratie.

J’ajoute que, loin de donner des leçons à quiconque, je me suis accordé comme devoir de mettre ma plume au service du débat public et des enjeux que traverse le peuple arménien. À mes yeux, écrire sur l’Arménie, c’est d’abord le faire en tant que citoyen. Je dis bien citoyen. Car si le hasard a jeté une grande partie des Arméniens hors de leur territoire naturel pour former une diaspora, celle-ci, par son aide durant les années noires d’une gouvernance dévoyée, n’a jamais cessé, de près ou de loin, de soutenir financièrement le pays, malgré la corruption endémique qui y sévissait et qui se servait au passage. Dès lors, cet état de fait me laisse penser que je suis un citoyen économique de l’Arménie, étant donné que j’ai aidé ma famille sans relâche, mais aussi des traducteurs, un éditeur, des imprimeurs, tous payés de ma poche. Mais Violette Krikorian devrait aussi s’informer auprès de Vahan Ishkhanian, mon journaliste préféré, sur l’aide que j’ai apportée à une famille d’Arméniens, abandonnée de tous et frappée par une maladie de dégénérescence oculaire. Il était selon moi très viravorakan’ que ces Arméniens-là ne fassent l’objet d’aucune attention ni de la part du peuple arménien, ni de la part du gouvernement.

Durant au moins trois décennies, la société arménienne était une société scandaleuse. Sous Kotcharian et Sarkissian les Arméniens pouvaient mourir assassinés dans un commissariat ( affaire Goulian) ou même dans un restaurant (affaire Poghos Poghossian). La décharge de Erevan, telle que je la décris dans mon roman « Vidures », suintait le scandale. Et celui qui le lira verra que je ne prends pas les chiffonniers arméniens pour des ploucs. De fait, le vrai scandale en littérature, c’est de rester aveugle au scandaleux. Comme nos intellectuels conférenciers, parleurs de passé perdu, qui n’ont jamais accordé la moindre attention aux Arméniens  qui souffraient d’injustice et de pouvoir arbitraire.

Enfin, c’est à bon escient que je prends ici pour cible Violette Krikorian , ma poétesse préférée. Car en voulant me faire la leçon et en me prenant pour un  Arménien douteux vivant en diaspora, elle ajoute du ridicule à ses propos viravorakan’. Mais comme maintenant nous sommes tous viravorakan’, avec nos ridicules et nos travers, nous sommes donc tous frères et sœurs appartenant à un même peuple en quête de vérité, de justice et de bonheur.

Tous des Arméniens dans le même bateau voguant pour la même dignité.

Denis Donikian

18 août 2019

ADIEU DIKRAN

Filed under: ARTICLES — denisdonikian @ 3:14

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Il était l’ami d’Armand Sammelian. Un ami combatif, intelligent, généreux.

Oui, quand quelqu’un vient de mourir nous lui trouvons tout à coup toutes sortes de qualités.

Mais les qualités de Dikran Timourdjian qui nous a quittés    cette nuit, étaient bien réelles.

J’en ai eu la preuve quand il commentait longuement mes articles. Ça l’inspirait. Car nous avions pour l’essentiel les mêmes irritations, les mêmes valeurs.

Il se trouve que je ne l’ai connu que par ce qu’il écrivait sur mon blog et parfois par sa voix à travers le téléphone.

Mais jamais nous ne nous étions rencontrés. Et pourtant nous étions devenus des amis, surtout depuis le jour où il m’avait sollicité pour défendre son église, celle de Sainte-Marie à Nice construite par les rescapés du génocide. Oui, il la défendait et il m’a éclairé pour me montrer à quel point sa colère le portait hors des limites d’un patriotisme de complaisance.

Justement la meilleure façon d’aimer son peuple est celle-là qui consiste à s’attaquer aux mensonges, aux intérêts malsains même s’ils viennent de l’institution la plus sacrée, à savoir l’Église apostolique arménienne, avec son chef qui représente tout ce qui il y a de plus douteux en matière de religion.

Bien sûr, mon sang n’a fait qu’un tour et je n’ai pas hésité à mettre ma plume au service de ceux qu’on voulait humilier, dépouiller, bouter hors de leur légitime droit à prier comme ils le souhaitaient et là où ils l’avaient toujours fait.

Adieu cher Dikran !

Depuis plusieurs mois, mes messages de soutiens n’obtenant que le silence, j’ai pensé au pire tout en espérant que tu t’en sortirais.

Et voilà qu’Armand m’a annoncé la triste nouvelle.

Au delà des contrariétés que la communauté provoquait chez nous, nous avions un foyer pour nous rejoindre et nous apprécier, celui où l’amitié se forge dans le combat pour la vérité.

Sache qu’elle triomphera.

Denis

Les obsèques de Dikran Timourdjian se dérouleront vendredi à 14h 30 à l’église Saint-Marie, Boulevard de la Madeleine, à Nice.

 

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Dikran au centre, commémoration d’avril 2013 ( photo Alain Barsamian, copyright)

15 août 2019

Ես ատում եմ Փաշինյանին

Filed under: ARTICLES,CHRONIQUES à CONTRE-CHANT,Denis Donikian m'agace — denisdonikian @ 2:55

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Traduit du français par Yvette Nvart Vartanian

Հայ ընթերցողներիցս նրանք, ովքեր ջանասիրաբար այցելում են այս բլոգը՝ հայտնաբերելու համար, ինչ նոր գրոհ կարող են ներշնչել ինձ Հայաստանը, հայերը, հայ իրականությունը և Գ․2 կաթողիկոսը, նկատած կլինեն, որ մեկ տարուց ի վեր առաջվա եռանդսայլևս չկա։Գրիչս անգործության է մատնվել, իսկ նրա ցայտքերը հազվադեպ են արտանետվում։Պետք է խոստովանեմ՝ գրական-ստեղծագործական դադարի մի ժամանակաշրջան եմ ապրում, դա առողջական վիճակիս վատ նախանշաններից է, իմանալով, որ սուր քննադատություններս միշտ եղել են մտավոր կարողության լավ զգացողության նշան, նույնիսկ այն ժամանակահատվածում, երբ մարմինն էր տառապում։

Այլևս ոչինչ չկա, որ ատամիս տակ գցեմ։

Սարգսյանի և հատկապես Քոչարյանի օրոք ես գոնե հային խժռելու մի հնարավորություն ունեի, ատամ ցույց տալով հայկական անհեթեթությունների հասարակական շեղումներին, որ լացացնելու աստիճան ծիծաղ էր առաջացնում․․․ Բայց Փաշինյանի հարցում՝ ոչինչ։

Ատում եմ Փաշինյանին, քանի որ ինչ նա է անում, այնքան հարթ է, ինչպես նորածնի մաշկը։ Իսկ ես չեմ կարող կծել աշխարհի պես գեղեցիկ և կյանքի պես կենսախինդ մանկանը։ Ո՛չ, անկարող եմ։

Ատում եմ Փաշինյանին, քանի որ ոչինչ չի ընձեռում ինձ, ո՛չ իր հայտարարություններով, ո՛չ գործողություններով, որ արթնացնեն պամֆլետագրիս բնազդները։ Սարգսյանի, Քոչարյանի դեպքում կարողանում էի։ Երբ նրանք ինչ-որ բան էին ձեռնարկում՝ հակադեմոկրատական էր։ Երբ ոչինչ չէին ձեռնարկում՝ նույնպես հակադեմոկրատական էր։ Օրինակ, մարտի 1-ը սարքեցին, իսկ ետերկրաշարժի անտուն մարդկանց համար ոչինչ չարեցին։ Ես ամենախեղճերի մասին չեմ խոսում, ովքեր տապալվեցին փոշու մեջ, մինչդեռ նրանք սլանում էին իրենց 4x4 -երի մեջ բազմած։

Այո, ատում եմ Փաշինյանին, որովհետև ինձ դանդաղ սպանում է՝ որքանով որ հեղափոխական մտքերը թեժացնում է։ Որպես գրող-գրաքննադատ ես հոգեվարքի մեջ եմ․․․

Իրականում, եթե իմ ընթերցողը բավականին լավ է ճանաչում գործերս, տեղյակ է․ դեռ 2011 թվից կանխազգացել եմ, որ Փաշինյանը մի օր երկրի իշխանության գլուխ է կանգնելու։ (Հիմա, երբ նա հասել է դրան, տեղն է ինձ)։ Նրանք, ովքեր միշտ ձեռք են առել ինձ, թե զրպարտում եմ Սարգսյանի կամ Քոչարյանի խայտառակ վարչակարգերը, իրականում իրենց նողկալիություններով նրանք հանցակիցներ էին, արժանին մատուցվեց նրանց։ Հիմա որձկում եմ հաճույքից, որովհետև կարող եմ վերևից նայել ու խոսել, ինչպես միշտ եմ արել, այնինչ նրանք ինձ անտաշ քննադատի տեղ էին դնում։ Ճիշտ է, որ երբեմն գրական ժանրի մեջ ես գուշակի դերում եմ հանդես գալիս։

Ամեն դեպքում ես ատում եմ այս Փաշինյանին, եթե նույնիսկ կանխատեսել եմ նրա գալը և շտապում էի՝ շտապեցնելով Սարգսյանի անկումը անդուդի խորքը։

Պետք է նշել, որ միշտ լավ դպրոց է անցել այդ Նիկոլը, որովհետև ոչ մի միտինգ, ոչ մի ցույց բաց չի թողել և զերծ չի մնացել ճաղերի ետևում հայտնվելուց (մի բան, որ մեր հայ մտավորականները լռության են մատնել այս հանգամանքն այն ժամանակ, երբ ես այս բլոգում արտահայտվում էի ի պաշտպանություն նրա

Ուրեմն, այո, Փաշինյանը ճիշտ ուղու վրա դրեց Հայաստանը։

Սկսել ժողովրդավարական վստահությունից։ Քոչարյանին, Սարգսյանին, ինչպես նաև Տեր-Պետրոսյանին հաջողվել էր հուսահատության մատնել հայերին, ովքեր ձգտում էին հասնել ժողովրդավարական երջանկության։ – Իսկ ի՞նչ է ժողովրդավարական երջանկությունը,- կհարցնեք ինձ։ Այս երջանկությունն սկսում է սեփական երկրի և իր ժողովրդի հետ ներդաշնակելու զգացումից։ Դա հզոր զգացում է, որ քաղում է իր ներշնչանքը կառավարական գործողությունների թափանցիկությունից և դինամիզմից։

Ինչ վերաբերում է Հայաստանին, շատ հաճախ մոռանում ենք, որ հեղափոխական վերածնունդը դեռ մեկ տարեկան է, որ երկրի մեջ սեպ էր խրված, որ մի կողմից մշտապես պատերազմի մեջ է, մյուս կողմից՝ թշնամական վիճակում հայտնված։

Ամենախորամանկ հայերի մեջ, որ կարծում են, ապացուցում են իրենց խելամտությունը՝ թափելով ատելության մաղձը Փաշինյանի կառավական որոշումների վրա, պետք է կարողանան նախ սովորել կողպեք դնել իրենց լեզուներին։ Քանի որ քաղաքացու ժողովրդավարական առաքինությունն է նաև ուղեկցել ընտրված կառավարությանը նորմալ ձևով, որը նույնպես չի խնայում ջանքերը մարդկանց երջանկությունը կերտելու համար։

Այո, հիրավի, Փաշինյանը քննադատելի է։ Միշտ առիթներ կան քննադատելու քաղաքական որոշումները, երբ պետք է շիտակ խոսել բազմության առջև և ընդհանուրի շահերից ելնել։ Բայց այս փուլում, և հաշվի առնելով Հայաստանի իրավիճակը, քննադատներն են քննադատելի, քանի որ քննադատությունները խարխլում են վստահությունը և խորտակում են տրամադրվածությունն այն պահին, երբ այդ վստահությունն ու տրամադրվածությունը պետք է նպատակներից վեր կանգնած լինեն։ Այն հայերը, ովքեր մասնագիտացել են պառակտման և ինքնաոչնչացման հարցում, պետք է կարողանան հետևել առաձգական շարժմանը, երբ այն ազգային ընդգրկում ունի, ինչպես դա կատարվում է այսօր Հայստանում։

Այն ժամանակից ի վեր, ինչ Հայաստանի հանրապետությունը գոյություն ունի, տաբուլա ռազայի ոչ մի քաղաքականություն չի իրագործվել նույնպիսի արմատականությամբ։ Իրականում յուրաքանչյուր հեղափոխություն պահանջում է վերադառնալ հիմքերին, այն ժամանակին, երբ իրականացել են խախտումներ, որոնք կապված են եղել կաշառակերության (կոռուպցիայի), խարդախության, հովանավորչության հետ, իսկ կարևորների կողքով անցնում եմ։

Այսպիսով, Փաշինյանը ժամացույցի սլաքները ճիշտ ժամերի վրա դրեց, հարձակում գործելով հիմնականում համար առաջին չարիքի վրա, նկատի ունենալով կաշառակերությունը։ Շատ հաճախ մոռանում ենք, որ մարդիկ կաշառակերության պատճառով են մահանում, մանավանդ, երբ այն թափանցում է հանրային առողջության ոլորտ կամ մինչև իսկ բանակի մեջ։ Հավաստիապես ճանաչելով հայերին, շատ լավ գիտենք, որ մանր խաբեբաները միշտ փորձելու են սողոսկել ցանցի անցքերի միջով։ Բայց մի վարչակարգի, որտեղ կաշառակերությունը օրենք էր դարձել և մի այլ վարչակարգի միջև, որ պայքար է մղում, պետք է գովաբանել այն մարդուն, ով գտնվում է պայքարի բարձունքին։

Բացի այդ, Փաշինյանը գիտի, որ հայ երիտասարդությանը պետք է դուրս բերել խավարամիտ ուսումից, արժևորել այդ երիտասարդի ունակության առավելությունները։ Կողմնորոշումը դեպի նոր տեխնոլոգիաները կարողանալու է հայերին ուղեկցել սահմանելու առաջին կարգի բևեռացում և աշխատատեղեր ստեղծել։ Այս երիտասարդությունը եռանդով է լեցուն և ընչաքաղց է նորագույն գիտելիքների հանդեպ։ Հայտանշական է հավաստել, որ անմիջապես, երբ խթանող միջավայրում է հայտնվում, հայ երիտասարդն ընդունակ է վեր խոյանալ լավագույնների միջից։ Ընդհանրապես արտասահմանում են հայ երիտասարդները ցուցաբերում իրենց ունակությունների ծավալումը։ Ճանաչել եմ հայ երեխաների, որ ֆրանսերեն գրել, կարդալ չիմանալով հանդերձ, մի քանի տարի հետո դարձել են իրենց դասարանի լաավագույն աշակերտները, հաղթահարել են այն խոչընդոտները, որ կանգնում են դեպի բարձրագույն դպրոցներ տանող ճանապարհներին։ Այժմվանից ինչու՞ չկերտել երկրի համար որակյալ այդպիսի միջավայր, նույնիսկ, որպեսզի երիտասարդները հանձնեն իրենց ողջ ունակությունները հօգուտ ազգի բարելավման։

Մինչդեռ սփյուռքը Քոչարյանի, Սարգսյանի աչքին կթան կով էր, իսկ Փաշինյանը այն պահում է Արցախի և Հայաստանի հետ միասին որպես հայոց ազգի երեք ճյուղեր։ Այդ ժամանակից ի վեր սփյուռքը հաշվի մեջ է և եթե պետք է նկատի առնել նրան, սփյուռքը պիտի իր դերը կատարի այս եռամաս նվագախմբի մեջ։ Դա անցնում է փոխանակումների միջոցով, փոխադարձ և հիմնավորված վստահությամբ ու միասնության կամքով երկրի ապագայի համար, նաև ցեղասպանության ճանաչման համար։

Այո, ես ատում եմ Փաշինյանին, որովհետև խանգարում է ինձ գրել։

Բայց շատ հայտնի փաստ է․ պատվավոր մարդը զուսպ է լինում։

Դընի Դոնիկյան

11 août 2019

Je hais Pachinian

Filed under: CHRONIQUES à CONTRE-CHANT,Denis Donikian m'agace — denisdonikian @ 3:51

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Ceux de mes lecteurs arméniens qui fréquentent assidument ce blog pour découvrir quelle saillie nouvelle m’auront inspiré l’Arménie, les Arméniens, l’arménité et le catholicos K2, auront remarqué que depuis un an ma verve n’est plus ce qu’elle était.

J’ai la plume en berne et ses érections se font rares.

Je dois avouer que je traverse une période de ménopause littéraire qui augure mal de ma santé, sachant que mes diatribes ont toujours été le signe que le mental se portait bien même en période où le corps se portait mal.

Plus rien à me mettre sous la dent.

Avec Sakissian et surtout Kotcharian, j’avais au moins de quoi bouffer de l’Arménien, de me faire les dents sur les absurdités arméniennes, sur les travers d’une société qui vous fait pleurer de rire… Mais avec Pachinian, rien.

Je hais Pachinian car ce qu’il fait est aussi lisse qu’une peau de bébé qui vient de naître. Et moi, je ne peux pas mordre un bébé beau comme le monde et joyeux comme la vie. Non je ne peux pas.

Je hais Pachinian car il ne m’offre rien ni dans ses déclarations ni dans ses actions qui puisse réveiller mes instincts pamphlétaires. Sarkissian, Kotcharian je pouvais. Quand ils faisaient quelque chose, c’était antidémocratique. Quand ils ne faisaient rien, c’était aussi antidémocratique. Par exemple ils ont fait le 1er mars et ils n’ont rien fait pour les sans-abris de l’après-séisme. Je ne parle pas des plus pauvres qu’ils ont roulés dans la poussière tandis qu’ils roulaient en 4×4.

Oui, je hais Pachinian parce qu’il me tue au fur et à mesure qu’il fait monter la sauce de sa révolution. Comme écrivain critique, j’agonise…

En fait, mon lecteur, s’il m’a bien lu, sait que dès 2011, j’avais prédit que Pachinian serait un jour à la tête du pays. ( Maintenant qu’il est là, c’est bien fait pour ma gueule) . Ceux qui se sont toujours moqués de moi parce que je bavais sur les régimes honnis de Sarkissian ou Kotcharian, et qui en réalité se sont montrés complices de leurs dégueulasseries, en ont pris pour leur grade. Maintenant j’éructe de plaisir car je peux parler de haut comme j’ai toujours fait tandis qu’ils me voyaient rouler dans le caniveau. Il est vrai que dans mon genre je prends parfois des allures de pythonisse.

En tout cas, je le hais ce Pachinian, même si je l’avais vu venir et que je me précipitais pour précipiter Sarkissian dans l’abîme.

Il faut dire qu’il a toujours été à bonne école ce Nigol, puisqu’il ne ratait aucun meeting, aucune manifestation, et qu’il n’a pas raté la case prison (chose que nos intellectuels arméniens ont passé sous silence quand moi je prenais sa défense sur ce blog).

Alors, oui, Pachinian a mis l’Arménie sur les bons rails.

A commencer par ceux de la confiance démocratique. Kotcharian et Sarkissian, mais aussi Ter Pétrossian, avaient réussi à désespérer les Arméniens qui aspiraient au bonheur démocratique. Qu’est-ce que le bonheur démocratique, me direz-vous ? Ce bonheur commence par le sentiment d’être en harmonie avec son pays et son peuple. C’est un sentiment puissant qui puise son inspiration dans la transparence et le dynamisme des actions gouvernementales.

Concernant l’Arménie, on oublie trop souvent que la renaissance révolutionnaire n’a qu’un an d’âge, que c’est un pays enclavé, qu’il est toujours en guerre d’un côté et en situation d’hostilité de l’autre.

Ces Arméniens parmi les plus malins qui croient faire preuve d’intelligence en bavant leur haine sur les décisions du gouvernement Pachinian devraient apprendre à tenir leur langue. Car la vertu démocratique du citoyen est aussi d’accompagner un gouvernement démocratique normalement élu et qui ne ménage pas ses efforts pour construire le bonheur des gens.

Oui, bien sûr, Pachinian est critiquable. Il y a toujours lieu de critiquer des décisions politiques qui doivent trancher dans le tas et dans l’intérêt général. Mais à ce stade et compte tenu de la situation de l’Arménie, ce sont les critiques qui sont critiquables, car les critiques sapent la confiance et démolissent le moral au moment ou cette confiance et ce moral doivent être à la hauteur des enjeux. Les Arméniens qui sont experts en matière de division et d’autodestruction doivent apprendre à suivre le mouvement de résilience quand il est d’ampleur nationale comme aujourd’hui en Arménie.

Depuis que la république arménienne existe aucune politique de la table rase n’avait été mise en œuvre d’une manière aussi radicale. En effet, toute révolution consiste à revenir aux fondamentaux dès lors qu’ils ont subi les perversions liées à la corruption, à la fraude, au népotisme, j’en passe et des meilleurs.

Or, Pachinian a remis les pendules à l’heure en s’attaquant principalement au fléau numéro 1, à savoir la corruption. On oublie trop souvent que des gens meurent des mains de la corruption quand elle s’insinue dans les mécanismes de la santé publique ou même de l’armée. Certes, connaissant les Arméniens, on sait bien que des petits escrocs essaieront toujours de passer entre les mailles du filet. Mais entre un régime où la corruption faisait loi et un autre où elle est combattue, il faut louer celui qui se tient à la hauteur du combat.

Par ailleurs, Pachinian sait qu’il faut sortir la jeunesse arménienne d’une pédagogie obscurantiste en valorisant les vertus de son intelligence. L’orientation vers les technologies nouvelles ou de l’information pourrait conduire les Arméniens à constituer un pôle de première importance et produire de l’emploi. Cette jeunesse est vive et avide de savoirs nouveaux. Il est symptomatique de constater que sitôt qu’il est mis dans un environnement stimulant, le jeune Arménien est capable de se hisser parmi les meilleurs. Généralement, c’est à l’étranger que ces jeunes révèlent l’ampleur de leurs capacités. J’ai connu des enfants arméniens ne sachant ni lire ni écrire le français devenir les meilleurs de leur classe au bout de quelques années et franchir les obstacles qui conduisent aux grandes écoles. Dès lors, pourquoi ne pas créer cet environnement de qualité au pays même pour que les jeunes donnent la pleine mesure de leurs capacités et ce au profit de la nation ?

Tandis que la diaspora n’était aux yeux des Kotcharian-Sarkissian qu’une vache à lait, voilà que Pachinian la tient avec l’Artsakh et l’Arménie comme l’une des trois branches de la nation arménienne. Désormais la diaspora compte et s’il faut qu’elle compte la diaspora doit jouer son rôle dans cette orchestration tripartite. Cela passe par des échanges, une confiance mutuelle et raisonnée et une volonté d’unité dans le combat pour l’avenir du pays et celui pour la reconnaissance du génocide.

Oui, je hais Pachinian parce qu’il m’empêche d’écrire.

Mais c’est bien connu, un homme honnête ça s’empêche.

Denis Donikian

9 août 2019

Snif ! Snif !

Filed under: CHRONIQUES à CONTRE-CHANT,Denis Donikian m'agace — denisdonikian @ 8:11

 

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Deux Réunionnais se sont unis dans le même amour d’Aznavour pour offrir au futur musée de Erevan consacré à l’artiste deux mouchoirs lui ayant appartenu.

Foi du Réunionnais arménien, ce sont des mouchoirs dont l’authenticité peut être vérifiée par l’ADN que l’artiste y aurait laissé.

Snif ! Snif !

Le futur musée les a acceptés de bon cœur.

Dès lors, nous lançons un appel.

Ceux qui possèdent par devers eux des vardigs d’Aznavaour, des fois qu’il aurait laissé trainer ça quelque part et qu’une femme de chambre les aurait ramassés en douce, peuvent les faire parvenir au musée à condition que l’ADN de l’artiste soit authentifié. Les petits malins qui voudraient faire un voyage à l’œil avec de faux vardigs dans leur valise peuvent aller se rhabiller. Ça ne passera pas.

Le musée cherche également des chaussettes, des chemises, des maillots de corps, des cotons tiges, des poils, des cheveux, des bouts d’ongle, etc.

Toutes ces reliques seront précieusement conservées de manière à ce qu’elles perpétuent la sainte image du fils vénéré de la nation arménienne.

Snif ! Snif !

En revanche, que personne ne s’avise à transmettre au dit musée un vardig ayant appartenu à Robert Kotcharian avec lequel ( pas le vardig, Kotcharian) Aznavour était en bons termes.

D’ailleurs, ils avaient même diné ensemble au fameux Paplavok où un sbire du président avait tellement tapé sur un type qui lui aurait manqué de respect que le malheureux en est mort. Aznavour avait d’ailleurs admis que tout le monde pouvait mourir  d’une crise cardiaque. Et comment ?

Snif ! Snif !

Denis Donikian

28 juillet 2019

La mauvaise foi flagrante qui voudrait que…

Filed under: APPEL à DIFFUSER,Uncategorized — denisdonikian @ 5:41

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Les pesticides ne seraient pas dangereux
pour la santé !

Dans sa lettre DIRECTE SANTE, Gabriel Combris décerne fort justement un diplôme de mauvaise foi au nouveau ministre de l’Agriculture, M. Didier Guillaume qui a déclaré sur RTL : « C’est aux scientifiques de faire la preuve qu’il y a des conséquences à l’usage des pesticides. Il y a peut-être des soupçons, mais il n’y a aucune preuve scientifique ».

En effet, ce responsable politique a fait la preuve soit qu’il est d’une ignorance crasse sur les sujets qu’il est censé légiférer, donc incompétent dans sa fonction publique, soit qu’il est un menteur professionnel rétribué pour entériner le feu vert aux lobbies empoisonneurs de l’humanité. Les preuves scientifiques qu’il réclame lui crèvent pourtant les yeux, montrant à quel point les pesticides représentent une gigantesque menace sanitaire.

Gabriel Combris ajoute qu’on est presque au niveau du célèbre lobbyiste de Monsanto, Patrick Moore, venu dire à la télévision qu’on pouvait parfaitement « boire du glyphosate » – l’herbicide contenu dans le Round-Up – avant de quitter le plateau, et que le journaliste lui en ait proposé un verre ! – sujet sur lequel je vais revenir plus loin.

Voici les principaux résultats officiels en question, tous de source vérifiable :

Cancer et retard mental chez les enfants

Des chercheurs de Louvain et de Toulouse ont passé en revue l’ensemble des études scientifiques sur le lien entre pesticides et cancer de l’enfant. Cette méta-analyse, présentée par l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) a conclu à « une augmentation statistiquement significative du risque de voir apparaître des tumeurs cérébrales de même que des leucémies chez les enfants exposés ».
Ce sont les expositions directes qui ont été analysées, pour un usage domestique intérieur : pesticides, traitements d’animaux de compagnie, traitements contre les puces et les tiques, mais aussi répulsifs anti-moustiques et produits anti-moustiques.

Il est à noter qu’une étude précédente avait montré, dans l’Etat de New-York, que dans des zones traitées avec des pyréthrinoïdes pour éliminer certains moustiques, on avait constaté une augmentation de 25 % du nombre d’enfants autistes ou souffrant d’un retard de développement mental.
Par ailleurs, une autre étude sur des enfants de 8 à 15 ans a montré que ceux dont les urines contiennent le plus de résidus de pesticides organophosphorés ont un risque accru de souffrir d’un déficit de l’attention et d’hyperactivité.

Cancers chez les adultes

Une étude menée sur des femmes vivant à New York a montré un lien entre l’exposition aux pesticides domestiques et le cancer du sein. Une autre étude menée sur des agriculteurs a montré une augmentation du cancer de la prostate de 40 % chez les hommes exposés au DDT et aux pesticides organochlorés.

Enfin, une étude épidémiologique française, publiée en octobre 2018 dans la revue JAMA Internal Medicine, indique que les consommateurs habituels d’alimentation issue de l’agriculture biologique (qui n’utilise pas de pesticides) ont un risque de cancer réduit de 25 %, par rapport à ceux qui consomment du standard chimiqué de la grande distribution.

Cette relation était particulièrement marquante pour les cancers du sein chez les femmes ménopausées (-34 % de risque) et les lymphomes (-76 % de risque).

Maladie de Parkinson

Les pesticides seraient en cause dans l’augmentation considérable de la fréquence de la maladie de Parkinson chez les agriculteurs (+ 70 % chez les agriculteurs nord-américains).

Gabriel Combris suggère aux conseillers du ministre de l’Agriculture de lui rappeler à l’occasion, qu’en France, les autorités reconnaissent le statut de maladie professionnelle pour les agriculteurs touchés par le Parkinson.
Les principaux pesticides soupçonnés de jouer un rôle dans le déclenchement de la maladie sont le paraquat, la roténone, ou encore le chlordécone, utilisé notamment dans les bananeraies en Martinique, et à l’origine de nombreux cancers de la prostate et de myélome (et qui pose encore problème 25 ans après son interdiction en 1993).

Réduction des spermatozoïdes

Lors d’une étude sur la baisse de qualité du sperme en France, on a remarqué que les régions agricoles étaient les plus touchées par le phénomène. Pour valider l’hypothèse d’un lien avec l’exposition aux pesticides, d’autres chercheurs ont suivi 155 hommes venus consulter pour des problèmes de fertilité : ceux qui consommaient les fruits et légumes contenant le plus de résidus de pesticides avaient 49 % de spermatozoïdes en moins et un sperme de moins bonne qualité dans 32 % des cas.

Risque de diabète multiplié par deux

D’après une étude menée sur des agriculteurs, ceux qui répandent des insecticides organochlorés au moins 100 jours par an auraient entre 50 % et 100 % de risque en plus d’avoir du diabète selon le produit utilisé.

Retour sur le glyphosate

En fait, le lobbyiste de Monsanto, Patrick Moore, n’avait pas vraiment tort si l’on se rapporte à la déclaration de Monsanto : « LE ROUND UP est INOFFENSIF !… » Mais la supercherie de Monsanto a été prouvée par le Pr. Séralini.

Avec ses collègues, le Pr Séralini a fait des analyses par spectrométrie de masse pour savoir exactement ce qu’il y avait dans le Round Up, c’est-à-dire les composés tenus sous secret industriel par le brevet. Or Monsanto n’a déclaré que le glyphosate comme principe actif, les additifs étant donc considérés sans objet. Et pourtant, ce qui a étonné nos chercheurs, c’est que les rats testés aux effets du glyphosate seul n’avaient pas de problèmes importants, alors que ceux testés aux formules Round Up souffraient d’intoxications graves apparentées à celles provoquées par les dérivés du pétrole, comme les dioxines.

Des analyses ciblées ont justement aboutit à découvrir des dérivés du pétrole couplés et brûlés avec des graisses animales, ceci générant des composés extrêmement corrosifs du type polyéthylène-amine. Ces dangereux toxiques que l’on appelle des POEA avaient été interdits dans 130 compositions de glyphosates par Ségolène Royale… mais cette interdiction n’a pas  été suivie d’effet par le géant… qui se place au-dessus des lois !
En particulier on trouve dans tous les glyphosates de l’arsenic, dangereux poison bien connu qui a été utilisé comme herbicide jusqu’après la seconde guerre mondiale, puis interdit en 1974, ce que Monsanto savait parfaitement lorsqu’il a lancé le Round Up.

Par ailleurs – des essais ayant été effectués – ont montré que l’action herbicide du glyphosate seul ne marche pas, alors que les additifs cités appliqués seuls fonctionnent parfaitement bien – ceci signifie que le glyphosate n’est qu’un leurre pour détourner et capter l’attention des organismes de contrôles – ceci confondant ROUND UP et GLYPHOSATE.

En outre les essais de toxicité demandés à Monsanto ont toujours été négatifs puisqu’ils les effectuent toujours avec le glyphosate seul sans les poisons additifs cachés ! Et personne n’a jamais relevé cette supercherie. Monsanto devrait être lourdement condamné pour fraude grave de déclaration.

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23 juillet 2019

Hommage de Georges Festa à Martine Hovanessian

Filed under: APPEL à DIFFUSER — denisdonikian @ 2:01

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Je retiens son regard à la fois passionné et blessé,

ses ecrits tentant de reconstituer la trame rompue sans s’y enfermer,

et surtout ses dialogues avec d’autres diasporas dont les miennes –

Martine etait une passeuse d’espoir et de parole,

cette écharpe d’Iris qui sauve des tentations faciles de l’oubli et de la

manipulation

– aux enfers il y aura toujours un.e Orphee sauvant les mille et un.e

Eurydices que nous sommes.

Georges Festa

21 juillet 2019

Sauver la vie

Filed under: APPEL à DIFFUSER — denisdonikian @ 12:13

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Les mots de FRANÇOIS RUFFIN à l’Assemblée Nationale.

« Le permafrost du Pôle Nord fond 70 ans plus tôt que prévu, et c’est une catastrophe.
Voilà la nouvelle écologique, la nouvelle dramatique du jour.
Hier, dans la ville la plus au Nord du monde, à Alert, au Canada justement, un record de chaleur a été enregistré, +21°, à Alert, donc,
une ville qui porte bien son nom, car ça devrait nous alerter.
On va crever de chaud.
On va crever tout court.
On fabrique l’enfer sur Terre, avec les température de l’enfer.
Je suis sûr que, le soir, nus, entre vos draps, dans le silence de vos consciences, vous êtes comme inquiets, angoissés pour vos enfants. Je le suis pour les miens. L’envie de chialer, quand je songe au monde dévasté qui se dessine, qu’on leur laissera.

Cette inquiétude, cette angoisse, dans vos rangs, dans tous les rangs, dans notre commune humanité, nous la partageons. Mais le matin revient, le costume, le maquillage, la fonction.

Et alors, vous nous proposez quoi ?
Le Ceta.
Le Canada Europe Trade Agreement.
Un traité de libre échange, un de plus.
Qui comporte 96 fois le mot concurrence, mais zéro fois le mot réchauffement, zéro fois biodiversité.
Dont le « grand absent est le climat ».

Et c’est pas moi qui le dis, c’est le rapport Schubert, commandé par le Premier ministre lui-même. Des experts qui tranchent franchement : oui, l’Europe pourra bien importer de la viande bovine nourrie aux farines animales, dopée aux antibiotiques, avec 46 molécules en prime, l’Acéphate, l’Amitraz, l’Atrazine, 46 molécules, qui détruisent les rivières ou refilent le cancer, 46 molécules interdites en France, interdites à nos agriculteurs, et que nous allons pourtant importer dans nos assiettes.

Contre tout ça, le rapport l’affirme clairement: « Rien n’est prévu ». Les mêmes experts redoutent, je les cite, « une harmonisation par le bas ». Et ils concluent : « Le Ceta ne donne pas la priorité à la protection de l’environnement ou à la santé ».

Mais quelle est alors votre priorité ?
Le commerce.
Le commerce.
La planète brûle, mais pour vous c’est business as usual.

« Le libre-échange est à l’origine de toutes les problématiques écologiques. Ce n’est pas en installant trois éoliennes qu’on va y arriver. » C’est pas moi qui le dis, à nouveau. C’est Nicolas Hulot. Et il poursuit : « Mais, avant que nos élites l’intègrent, je pense qu’on sera tous calcinés. »
Voilà les élites que vous êtes.
Des élites inconscientes.
Des élites qui calcinent la planète.
Des élites qui portent la mort.

Mais pourquoi, bon sang ? Pourquoi vous, votre majorité, le président de la République, la Commission européenne, pourquoi vous allez ratifier cet accord ? Parce que vous n’êtes pas au service des Français, ni de l’Europe. Vous êtes au service des lobbies. Inconsciemment, sans doute, mais vous êtes au service des lobbies.
Oui, car ce traité n’est pas né des peuples qui se seraient dits, tiens, on va se tendre la main par-dessus l’océan, et pour ça, on va négocier
2 344 pages de réglementation et signer un Trade Agreement. Heureusement, l’amitié entre les Français et les Canadiens, les échanges de chansons, de littérature, d’idées, d’amour, de soldats aussi, n’ont pas attendu cette cochonnerie de Ceta pour ça.

Non, ce traité est né d’un lobbyiste.
Je peux le nommer.
Jason Langrish, avocat d’affaires, qui préside à Toronto « la table ronde de l’Energie », c’est-à-dire le lobby du pétrole.
Et derrière lui, il a rassemblé 17 lobbies.
Je peux les nommer, aussi.
Ce sont les Canadian Manufacturers, la fédération européenne des industries pharmaceutiques, l’association canadienne de l’industrie chimique, Business Europe. Et derrière ces lobbies, Arcelor, Monsanto, Alcan, Total, Lafarge, Rio-tinto, les pires firmes.

Les clients de M. Jason Langrish, les pétroliers, peuvent d’ores et déjà se frotter les mains. Depuis l’automne 2017, depuis deux ans à peine que le Ceta est « expérimenté », les exportations de pétrole canadien vers l’Europe ont bondi : +63 % ! Du pétrole issu, pour beaucoup, des sables bitumineux qui ravagent l’Alberta, mais qu’importe. Et qu’importe, également, que ce pétrole émette moitié plus de gaz à effet de serre que le conventionnel.

Consciemment ou inconsciemment, voilà quels intérêts vous privilégiez.

Toute la société française aujourd’hui est contre cet accord.
Toute la gauche, ici.
La droite, pour l’essentiel.
Les syndicats de travailleurs, tous les syndicats de travailleurs.
Les syndicats d’agriculteurs, tous les syndicats d’agriculteurs.
Les assos environnementales, toutes les assos environnementales.
Vous êtes seuls.
Vous êtes seuls avec le Medef.
Vous êtes seuls avec Jason Langrish et ses amis, ses amis des multinationales.
Vous êtes seuls.
Je n’en appelle pas à vous.
Je n’espère rien de vous.
J’en appelle aux citoyens.
Aux citoyens français.
Aux citoyens canadiens.
Pour coopérer ensemble, bien sûr, par-dessus l’Atlantique.

Pour remettre comme priorité, naturelle, normale, évidente, l’environnement et la santé, avec loin derrière le commerce, loin derrière la balance commerciale, loin derrière le taux de croissance, loin derrière ces obsessions d’experts comptables. Pour que Alert, chez vous, au Canada, ne concurrence pas notre Côte d’Azur.

Amis canadiens, amis picards, nous ne pouvons pas laisser tous les Jason Langrish, de chez vous ou de chez nous, tous leurs amis des firmes, tous leurs larbins parlementaires, nous conduire, nous et la planète, droit dans le mur écologique.

Nous devons changer de direction. Nous devons appuyer sur le frein. Nous devons leur reprendre le volant des mains »

20 juillet 2019

SAUVER LA VIE et autres choses (62)

Filed under: APHORISMES,SAUVER LA VIE ET AUTRES CHOSES — denisdonikian @ 1:38

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*

Chaque fois qu’il emprisonne,  le dictateur s’emprisonne.

*

ամեն անգամ, երբ նա բանտարկում է, բռնապետը բանտարկված է

*

في كل مرة يسجن فيها ، يتم سجن الديكتاتور

*

Ne zaman hapsedilirse, diktatör hapse atılır

*

Her caran dema girtiyan, dîktator di girtîgehê de ye

*

Jedes Mal, wenn er inhaftiert wird, wird der Diktator inhaftiert

*

every time he imprisons, the dictator is imprisoned

 

*

16 juillet 2019

SAUVER la VIE et autres choses (61)

Filed under: APHORISMES,SAUVER LA VIE ET AUTRES CHOSES — denisdonikian @ 2:42

Insect love.

*

Ligne de vie : expulser les amitiés toxiques,

cultiver les amitiés toniques.

14 juillet 2019

Nocebo, c’est pas beau

Filed under: QUESTIONS de SANTE — denisdonikian @ 4:08

Jean-Baptiste Talmont  rédigé le 01 juillet 2019 à 12h52

Article paru dans le journal nº 70 ALTERNATIVE SANTE

  • L'effet nocebo serait le côté obscur de la force du placebo.

  • L’effet nocebo serait le côté obscur de la force du placebo.

Nocebo

Après avoir consacré un dossier sur l’effet placebo (AS n° 68), nous avons planché ce mois-ci sur sa contrepartie : l’effet nocebo.

Le placebo, c’est la capacité du métabolisme à entreprendre son autoguérison. Comme personne n’y comprend rien, les autorités sanitaires préfèrent parler de « vulgaires » placebo pour désigner, par exemple, toutes molécules réputées inactives ou pour refuser de reconnaître telle ou telle thérapie. Personnellement, je serais du genre à m’émerveiller de cette capacité d’activer le processus d’autoguérison, et à plébisciter toute thérapie capable de cet exploit. Et je m’étonne du mépris affiché par les autorités médicales lorsqu’elles les balayent d’un revers de main.

Mais si elles se gaussent et raillent l’effet placebo, ces mêmes autorités se font beaucoup plus discrètes concernant l’effet nocebo. Et pour cause. L’effet nocebo serait comme le côté obscur de la Force du placebo. Une petite piqûre de rappel s’impose.

Effet nocebo : de 13 000 à 34 000 morts par an

Les effets de n’importe quelle thérapeutique administrée à un patient se divisent en deux catégories : les effets spécifiques liés au traitement (le principe actif d’une molécule, par exemple) et les effets non-spécifiques qui correspondent aux caractéristiques de l’intervention. Imaginez un médecin que vous rencontrez pour la première fois et qui, par une poignée de main franche, une écoute dédiée, un regard bienveillant, vous embarque dans une relation de confiance telle que vous en avez oublié les raisons du rendez-vous (si, si, ça existe !).

En deuxième rideau de l’effet nocebo fermente la problématique trop peu citée en rapport de la catastrophe qu’elle représente : les maladies iatrogènes. En clair, il s’agit ici de l’ensemble des effets délétères provoqués par un traitement médical. Lorsque la vie est en jeu, les autorités sanitaires parlent d’« accident iatrogène ». Notez ici que lorsqu’une prescription médicale aboutit à la mort du patient, on parle « d’accident », alors que lorsque par malheur, un médecin pratiquant les thérapies alternatives perd un patient, on parle de charlatanisme.

Et puisque nous parlons d’accident, retenez ceci : les accidents de la route occasionnent quelque 3 500 décès par an (3 684 en 2017), pour ce qui concerne les décès liés aux accidents médicamenteux, Michel Cymes lui-même, sur RTL évoquait 10 000 décès par an ! Sur le site de la sécu, on peut lire qu’ont été recensés 115 000 hospitalisations liées aux accidents iatrogènes et 7 457 décès… dans les hôpitaux. Quid de ceux qui décèdent chez eux ?

Les chiffres sont du coup très variables comme en conviennent les rédacteurs de l’étude Emir (Effets indésirables des médicaments : incidence et risque) statuant à 143 915 hospitalisations en 2007. Quant aux décès, les chiffres varient de 13 000 à 34 000 par an. Vous comprenez mieux pourquoi les autorités sanitaires ricanent moins dès lors que l’on parle d’effet nocebo ? Et peut-être que comme moi, vous voudriez interroger notre ministre de la Santé sur ses mesures pour limiter le nombre de tués par prise de médicaments, à l’instar du ministère des Transports dans sa lutte contre les décès sur la route.

Pour l’heure, et sans parler des « recommandations » inutiles et sans effet, je n’en ai recensé aucune.

En aucun cas les informations et conseils proposés sur le site Alternative Santé ne sont susceptibles de se substituer à une consultation ou un diagnostic formulé par un médecin ou un professionnel de santé, seuls en mesure d’évaluer adéquatement votre état de santé

 

12 juillet 2019

L’horreur alimentaire

Filed under: APPEL à DIFFUSER,ARTICLES,QUESTIONS de SANTE — denisdonikian @ 6:51

Lettre de NUTRI-SANTE

par Benoit Dauriac

 

Des cochons par millions… et du miel sans abeilles

… bienvenue dans l’Horreur Alimentaire !!

Très chers amis,

Que voyez-vous sur la photo ci-dessous :

  • Un hôtel de luxe dans la montagne ?

  • Une HLM dans la verdure ?

  • Un lycée construit en pleine forêt ?

Usine à cochon en Chine

Eh bien, vous êtes très loin du compte.

C’est l’élevage de porc de Guangxi Yangxiang Co Ltd en Chine.

De loin, ça a presque l’air un peu bucolique là-bas dans les montagnes du Yaji.

De près, c’est tout simplement L’HORREUR ALIMENTAIRE.

Les deux premiers bâtiments de 7 étages accueillent déjà des milliers de truies.

Quatre autres bâtiments, dont l’un fera 13 étages, accueilleront bientôt de nouveaux cochons.

Cette “usine à cochons” abritera à terme 30 000 truies… et produira jusqu’à 840 000 porcelets par an !!

En Chine, c’est la première “ferme” de cette dimension, mais elles vont éclore un peu partout pour nourrir la population.

Je suis sûr que ces usines produiront même des cochons “bio”, selon les normes locales.

Et demain peut-être, les petits porcelets finiront dans nos supermarchés…

Même si depuis le début de l’année, c’est tout l’inverse qui se produit.

Avec l’épidémie de peste porcine africaine (PPA) – non transmissible à l’homme – la Chine doit abattre des millions de porc et même importer des cochons.

Mais dès que l’agriculture chinoise aura surmonté cette crise sanitaire, on peut imaginer que des porte-containers entiers, chargés de cochons élevés dans ces usines… se déverseront dans le port du Havre ou à Rotterdam.

Et ça a déjà commencé avec des tas d’autres produits.

Si vous avez acheté du miel récemment, vous avez probablement touché du doigt, sans le savoir, “l’horreur alimentaire”.

Même si vous avez acheté du “miel de montagne” ou du « miel bio ».

Avec le jeu subtil des étiquetages, plus personne ne connaît aujourd’hui la véritable origine des aliments que l’on achète.

“Origine UE et Non UE” : cette escroquerie est légale et généralisée

Quand vous voyez un miel bio origine “Origine UE et non UE”, cela veut dire qu’il y a peut-être 10% de miel européen bas-de-gamme dans le pot, et le reste vient probablement de Chine.

Et encore, quand on parle de “miel chinois”, tous les industriels savent que c’est un affreux abus de langage.

“ Là-bas, chez nos fournisseurs, je n’ai jamais vu de ruches ! Juste des laboratoires qui fabriquaient des sucres liquides. En réalité, c’est un assemblage de sirop de glucose et de différents sucres, de colorants, arômes, pollens et diverses substances mystérieuses dont seuls les Chinois connaissent le secret !”

Celui qui révèle ce scandale, c’est Christophe Brusset.

Cet homme est un “repenti” de la mondialisation alimentaire.

Il a été “trader” dans l’agro-alimentaire pendant 25 ans.

Il a monté les pires escroqueries… acheté les produits les plus infâmes… trouvé les astuces les plus ignobles pour tromper le consommateur…

… avant de tout arrêter, écoeuré par ce qu’il a fait et vu pendant toutes ces années.

Vous vous demandez peut-être comment il est possible qu’en France, du miel vendu en supermarché puisse être du “faux miel”, fabriqué sans la moindre abeille…. dans une usine chinoise ?

C’est très simple.

Je vais vous expliquer.

Les industriels ont une imagination sans limite : ils envoient du mauvais miel chinois au Brésil, et il revient comme “Miel d’Amazonie”

Par exemple, pour réussir à importer du “faux miel” chinois aux Etats-Unis, voici la technique employée par un gros fournisseur allemand :

« Il exporte massivement du miel chinois dans des pays comme l’Argentine, le Vietnam ou l’Inde. Là-bas, il change les étiquettes, et le réexporte tel quel avec un faux certificat d’origine”.

On a la même chose dans les rayons des supermarché en France.

Si vous voyez “Miel d’Amérique latine”, méfiance.

Ces pays exportent leur vrai miel vers les Etats-Unis, pas en Europe : il y a beaucoup de chance pour que ce soit du miel chinois ré-étiqueté, et expédié depuis le Mexique.

Hélas, il n’y a pas que le miel qui est “traficoté”.

Il vous arrive peut-être de craquer pour une bonne tartine à la confiture de fraises.

Si vous la faites vous-même, très bien : elle sera sûrement moins gorgée de sucre, et puis les fraises seront… des fraises.

Mais si vous achetez un pot de confiture dans un supermarché, c’est une autre histoire.

Il y beaucoup de chances qu’au lieu de manger de la fraise, de la framboise, ou des cerises, vous mangiez du… sureau.

Même la confiture de fraise est truquée

Oui, c’est un des concentrés de fruits les plus vendus au monde : et bizarrement, personne n’en a jamais entendu parler.

Mais pourquoi diable mettraient-ils du sureau dans notre confiture de fraises ?

« La réponse est simple : le jus de sureau est le moins cher des jus de fruits rouges. Il est très coloré, son goût pas très marqué, il se mélange donc très bien, très discrètement avec les autres fruits rouges. Il est très fréquent que du jus de sureau remplace tout ou partie de fruits plus chers (comme les fraises, les framboises, les cerises ou les groseilles) dans les coulis, confitures et autres préparations aux fruits».

Même chose avec les délicieuses glaces à la vanille. Sur la liste des ingrédients, vous verrez sûrement “gousses de vanilles épuisées”.

Et personne ne se demande jamais ce que c’est. Eh bien, je vais vous le dire.

Ce n’est rien d’autre qu’un déchet.

C’est ce qui reste de la vanille, après l’extraction chimique des arômes (à l’hexane, une substance cancérigène).

“C’est une poudre noire sans saveur, comme du marc de café, qui ne sert que de « marqueur visuel », c’est-à-dire faire croire qu’on a mis de la vraie bonne vanille pour donner le goût”.

Je ne vais pas lister ici toutes les techniques perfides de l’industrie alimentaire : vous les retrouverez dans le dernier livre de Christophe Brusset : Et maintenant on mange quoi ?

Si je vous dis ça, c’est parce qu’il faut prendre conscience (je suis sûr que c’est déjà votre cas à vous) – qu’on est arrivé dans l’ère de l’horreur alimentaire.

Il me semble qu’il est de notre devoir à chacun d’informer le maximum de personnes de ce qu’il y a dans nos assiettes :

“L’Aile ou la Cuisse” ce n’est plus du cinéma : informez vos proches de ce qu’ils achètent

Vous qui vous intéressez déjà à la santé, vous êtes sûrement déjà conscient de tout ça.

Alors, parlez-en autour de vous, alertez vos enfants, petits-enfants, amis…

Il y a 10 ans encore, les gens souriaient poliment quand on tenait ce genre de propos.

Mais aujourd’hui, même les plus réfractaires à l’alimentation saine, commencent à ouvrir les yeux.

Et ils ont raison, car c’est “L’Aile ou la Cuisse” tous les jours au supermarché.

Vous vous souvenez de ce film de Claude Zidi, avec Louis de Funèset Coluche ?

Hélas, les usines Tricatel sont aujourd’hui partout.

Et le pire, c’est qu’elles prétendent proposer des produits sains : “sans gluten”, “végétarien”, “bio”, etc.

Alors qu’elles produisent des produits de plus en plus transformés et pollués.

Alors que faire ?

Réflexe de survie n°1 : se « désaccoutumer » du supermarché

La meilleure chose à faire pour sa santé aujourd’hui, c’est de se tenir à l’écart de son supermarché.

Au premier abord, cela parait compliqué, parce qu’on a l’habitude d’y aller, c’est une sorte de rendez-vous hebdomadaire.

Certains apprécient ce tour des rayons qui débordent d’emballages aguicheurs… d’autres détestent, mais tout le monde y va !

Mais en fait, si on recentre son alimentation autour des seuls produits bruts, vous allez voir que c’est beaucoup plus simple de se passer de son supermarché.

L’ennemi, ce sont les produits transformés, cuisinés à votre place.

Si vous achetez des produits simples, les risques sont déjà beaucoup plus limités.

    • Pour les fruits et les légumes, il y a le marché (étals bio), le magasin bio, ou les circuits courts type “Amap” ;

    • Pour la viande ou le poisson, c’est encore possible de trouver des bons artisans qui s’approvisionnent auprès des meilleurs éleveurs ou pêcheurs ;

    • Pour les produits laitiers, si vous avez la chance d’avoir accès à des producteurs, n’hésitez pas ; prenez du bio au supermarché ou au magasin bio ;

    • Vous pouvez acheter des oeufs bio assez facilement aujourd’hui, même au supermarché ;

    • Pour les céréales, légumineuses, mais aussi les épices, herbes, condiments ou encore les huiles végétales vierges, allez plutôt au magasin “bio” ;

  • Pareil pour les produits d’épicerie comme le chocolat noir, le thé ou le café, le sucre et le café.

Tout le reste, ce sont des produits qui ne sont pas nécessaires :

Faites-les vous même ! (et chassez ces cochonneries de vos placards)

C’est une habitude très récente que d’acheter autant de produits tout faits.

Il y a 30 ans à peine, vous aviez moitié moins de produits industriels dans les placards de votre cuisine.

Un des premiers « intrus » à faire son entrée de façon massive dans les foyers, c’était la sauce tomate en pot, à la fin des années 80.

Bien sûr, il faut accepter de passer quelques minutes à couper et faire cuire vos tomates, à les faire revenir à feux doux avec un peu d’ail, des oignons et de l’huile d’olive.

Cela demande 15 minutes de préparation, et vous aurez une délicieuse sauce tomate, plutôt que d’acheter un pot de sauce tomate, truffé de conservateurs, de sucres, d’arômes… ou de tomates concentrées venues de Chine, bourrées d’additifs chimiques et de pesticides.

Pour les biscuits, même chose : en 20 minutes seulement, vous aurez de délicieux cookies au chocolat maison qui régaleront vos enfants ou petits-enfants.

Et c’est incomparablement meilleur que toutes les cochonneries que vous trouverez dans les rayons des supermarchés : Pepito, Granola, Choco BN, et autres…

Bien sûr, tout ça demande plus de temps et c’est parfois un peu plus cher.

Mais croyez-moi, c’est un des gestes les plus importants que vous pouvez faire pour votre santé.

Et ce geste  fait aussi du bien à la planète (pensez aux usines et aux emballages qui produisent toutes ces denrées)… ;  et aux animaux (pensez une seconde au petit million de porcelets entassés dans les 13 étages de l’usine à cochons chinoise).

Et surtout, en abandonnant tous les produits transformés, vous verrez des effets spectaculaires très vite sur votre santé, même en quelques semaines.

Ça pourrait être votre défi de l’année ==> “Objectif : zéro produits transformés”.

Bon appétit et à très vite !

Benoit Dauriac

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10 juillet 2019

Génocides des abeilles, ça continue !

Filed under: APPEL à DIFFUSER — denisdonikian @ 4:50
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MESSAGE de POLLINIS

Chère amie, cher ami,

C’est une bataille au coude à coude contre les lobbys de l’agrochimie qui est en train de se jouer à Bruxelles, et POLLINIS a besoin de vous aujourd’hui, de votre engagement et de votre soutien financier pour arriver au bout de ce combat pour sauver les abeilles, la nature et le monde que nous laisserons demain à nos enfants…

… Il y a urgence.

Le 16 juillet prochain, un vote décisif aura lieu à Bruxelles, qui décidera ni plus ni moins de la survie des pollinisateurs en Europe.

Ce vote, c’est celui des « tests abeilles » (1) pour lesquels nous nous battons sans relâche depuis des années…

Ces nouvelles procédures d’évaluation des pesticides, élaborées par des scientifiques inquiets du déclin des pollinisateurs en Europe, et validées par les autorités sanitaires françaises (ANSES) et européennes (EFSA), permettraient – enfin ! – de connaître la toxicité réelle des pesticides sur les abeilles.

… avant qu’ils soient autorisés sur le marché et déversés en quantité astronomique dans nos champs…

Très concrètement : ces « tests abeilles » sont aujourd’hui notre SEULE chance d’en finir avec les pesticides tueurs d’abeilles, notre unique espoir de stopper le massacre dramatique des pollinisateurs et du vivant…

… Mais l’industrie de l’agrochimie en a décidé autrement…

Déterminés à continuer de vendre massivement leurs produits, les puissants lobbys de Bayer-Monsanto, BASF, Syngenta-ChemChina et des autres multinationales de l’agrochimie, infiltrés partout à Bruxelles, exercent en ce moment même des pressions énormes sur les responsables politiques pour faire enterrer ces procédures d’évaluations – malgré les enjeux colossaux pour les abeilles, l’environnement et la santé de toute la population.

Et voici pourquoi :

Si ces nouveaux « tests abeilles » sont votés et adoptés en Europe, 77% des pesticides actuellement commercialisés et utilisés sur nos terres seraient définitivement interdits, au vu des risques sérieux qu’ils représentent pour les abeilles et l’ensemble des pollinisateurs ! (2)

On ne parle pas d’un ou de deux pesticides… mais bel et bien de 7 pesticides sur 10 qui ne passeraient pas les nouveaux tests !!!

Une bonne nouvelle pour les abeilles et tous les pollinisateurs sauvages qui meurent par milliards chaque année… mais un véritable coup de massue pour l’agrochimie qui risquerait de voir ses millions d’euros de bénéfices fondre comme neige au soleil !

Alors pour s’assurer que ces tests ne soient jamais appliqués et que personne ne découvre les réels effets délétères de leurs pesticides sur les abeilles, les autres pollinisateurs et tous les organismes vivants, les lobbys de l’agrochimie ont sorti l’artillerie lourde :

Ils multiplient les moyens de pression sur la Commission européenne, font du chantage à la délocalisation, promettent à tort des menaces bio-invasives et un retour à une agriculture moyenâgeuse, dépensent des millions pour produire des études biaisées et blanchir leurs produits, décrédibilisant ainsi le travail de scientifiques indépendants, s’infiltrent à la Commission européenne et participent aux prises de décisions concernant leurs produits…

… les mêmes techniques bien rodées qui ont autrefois servi à couvrir les plus gros scandales sanitaires comme l’amiante, le Médiator, les pesticides néonicotinoïdes…

Et malheureusement, leurs manœuvres aussi insupportables que scandaleuses fonctionnent toujours :

  • Pour gagner du temps et continuer à vendre leurs pesticides toxiques, les lobbys de l’agrochimie sont parvenus à repousser 27 fois le vote des « tests abeilles » depuis 2013…

  • Pire encore : leur dernier coup de maître leur a permis d’obtenir avec la bénédiction de la Commission européenne – et contre l’avis des scientifiques de l’EFSA, l’autorité sanitaire européenne – une révision des procédures d’évaluation afin que soient supprimés de la liste, TOUS les tests qui compromettraient la présence de leurs pesticides sur le marché…

… balayant ainsi d’un revers de main des années de recherches scientifiques pour construire des tests de toxicité fiables qui protègent réellement les abeilles ; piétinant des années de combats d’ONG comme la nôtre et de mobilisation citoyenne, pour voir ces procédures appliquées…

Nous ne pouvons pas laisser les lobbys saboter notre seul espoir d’enrayer le déclin catastrophique des pollinisateurs et de protéger notre environnement, et la santé de toute la population !

S’il vous plaît, faites dès maintenant un don à POLLINIS pour nous aider à organiser la résistance sans tarder, et forcer la Commission européenne à adopter les « tests abeilles » dans leur totalité.

Et il n’y a pas une minute à perdre :

Il ne se passe pas une semaine sans qu’une nouvelle étude scientifique confirme ce que nous dénonçons depuis des années, et légitime le combat que nous menons ensemble…

La dernière en date est une étude australienne, dont les conclusions font froid dans le dos : plus de 40% des insectes du monde entier sont en déclin, dont près de 80% des insectes volants en Europe ! A ce rythme-là, une grande partie des pollinisateurs pourraient avoir totalement disparu dans quelques décennies… (3)

… et les conséquences seraient tragiques, comme le rappelle le dernier rapport de l’IPBES : « plus de 75% des principales cultures mondiales destinées à l’alimentation dépendent d’une manière ou d’une autre de la pollinisation animale » – et plus de 80% des plantes à fleurs, des buissons et des arbres de notre continent …

Il y a urgence à agir pour stopper cette catastrophe…

Aujourd’hui, plus que jamais, notre temps est compté : il ne nous reste que quelques jours pour affûter nos armes avant le vote crucial des « tests abeilles » qui aura lieu à Bruxelles le 16 juillet.

Pour organiser une riposte citoyenne efficace et avoir une chance contre les puissants lobbys de l’agrochimie, qui sacrifieraient sans vergogne l’environnement, l’ensemble de la biodiversité et même la santé de la population pour protéger leurs millions…

nous ne pouvons pas espérer rivaliser sans un minimum de moyens.

C’est pourquoi aujourd’hui je fais appel à vous et à votre engagement de toute urgence pour nous aider à bannir une fois pour toutes les pesticides tueurs d’abeilles de notre territoire avant qu’il ne soit trop tard…

► JE FAIS UN DON

Grâce à la générosité de nos précieux donateurs, et au soutien de citoyens déterminés comme vous à sauver les pollinisateurs, notre travail a déjà porté ses fruits :

  • Nous avons enquêté sur le scandale des  « tests abeilles » bloqués depuis 2013, et publié un rapport complet diffusé partout en Europe auprès des élus et des autres organisations ;

  • Nous avons mis en lumière la stratégie des lobbys de l’agrochimie et dénoncé publiquement les pressions colossales exercées sur les institutions européennes pour faire enterrer les  « tests abeilles » ;

  • Nous avons multiplié les conférences de presse, les articles et les tribunes, et nos enquêtes ont été largement reprises par les médias ;

  • Nous avons été auditionnés par la Commission du Parlement européen chargée de plancher sur la réforme du système d’homologation des pesticides (Commission PEST) et fait adopter par tout le Parlement un article exigeant l’adoption rapide des « tests abeilles » au niveau européen ;

  • Nous avons saisi la Médiatrice européenne pour dénoncer l’opacité inadmissible du processus décisionnel européen et obtenir des documents tenus secrets ; la Médiatrice nous a donné raison, attaquant la Commission pour “mauvaise administration”, et publiant un avis qui pourrait faire condamner à l’avenir l’opacité des comités européens ;

  • Nous avons déjà alerté et mobilisé près de 250 000 citoyens avec la pétition pour l’adoption des tests abeilles lancée en France et en Europe ;

  • Nous avons mis la pression au nom des citoyens sur les députés européens, et les responsables politiques, en France et en Europe… interpellé la Commission européenne et rencontré son Président, Jean-Claude Juncker… croisé le fer plusieurs fois avec l’ANSES, l’autorité sanitaire française, qui a fini par prendre position en faveur des  « tests abeilles »… participé à Bruxelles au groupe de travail de la Commission sur les pesticides pour y faire entendre la voix des citoyens et défendre les tests face à l’industrie des pesticides…

Aujourd’hui, nous devons mettre les bouchées doubles avant le vote du 16 juillet pour faire face aux lobbys et les empêcher de saboter la mise en place des tests abeilles, proposés par les autorités sanitaires…

Et nous ne pouvons compter que sur vous pour poursuivre ce travail de titan :

>> Étendre nos campagnes d’alerte et de mobilisation à travers l’Europe, pour que tout le monde soit au courant de ce qui est en train de se jouer à Bruxelles au dépend des abeilles, de l’ensemble des pollinisateurs, et de toute la biodiversité de notre continent…

>> Agir au plus près des institutions européennes, et rallier les scientifiques, les politiques, les médias, les apiculteurs derrière notre combat…

>> Combattre pied à pied les arguments fallacieux de l’industrie, avec NOS études, NOS experts scientifiques, NOS juristes !

>> Dénoncer publiquement les manœuvres des lobbys et les tuer dans l’œuf – avant qu’elles ne mettent en péril l’alimentation et la santé de toute la population !

Mais pour tout cela, il nous faut rémunérer ces juristes et ces avocats spécialisés, ces ingénieurs et ces chercheurs capables de faire ce travail indispensable pour contrer le plan macabre des lobbys….

Nous pouvons réussir si chaque personne qui se soucie des abeilles et de tous les pollinisateurs, ou plus généralement de l’environnement et des pesticides que nous retrouvons dans notre alimentation, l’eau que nous buvons ou l’air que nous respirons, participe à hauteur de ses moyens.

Aussi, je me permets de vous demander : pouvez-vous, s’il vous plaît, contribuer dès aujourd’hui, par votre don, à organiser cette contre-offensive aux lobbys, en France et en Europe ?

La bataille qui s’annonce dans les jours qui viennent promet d’être rude, mais une chose est sûre : notre petite équipe est prête ! Nous ne lâcherons rien tant que les pesticides ne seront pas correctement testés et que les tueurs d’abeilles continueront d’être autorisés !

Nous avons déjà remporté une grande victoire face aux lobbys l’année dernière, en obtenant de haute lutte l’interdiction des pesticides néonicotinoïdes

Nous pouvons donc, par notre nombre et notre détermination sans faille, contrer à nouveau le plan des lobbys et obtenir le vote essentiel des  « tests abeilles » qui aura lieu dans quelques jours !

Alors s’il vous plaît, ne perdez pas un instant et aidez-nous dès maintenant à agir !

Si nous ne nous dressons pas d’urgence, tous ensemble, face à l’industrie agrochimique et son armée de lobbyistes, si nous les laissons faire la loi impunément à Paris et à Bruxelles, la voie restera libre our qu’ils puissent faire passer n’importe quelle nouvelle substance dévastatrice pour les pollinisateurs, la nature et la santé humaine !

Rien ne pourra plus arrêter le déclin vertigineux des abeilles, des pollinisateurs sauvages et de l’ensemble de la biodiversité qui en dépend… avec des conséquences terribles sur notre système alimentaire, pour nous aujourd’hui, et pour les générations à venir.

Arrêtons le massacre, dès maintenant.

Je compte sur vous, et vous remercie par avance pour votre engagement et votre soutien dans ce combat crucial pour empêcher les firmes agrochimiques de sacrifier les abeilles, l’environnement et l’ensemble de la chaîne alimentaire, pour satisfaire leurs profits à court terme.

Nicolas Laarman

Délégué général

► JE FAIS UN DON

Pour faire un don à POLLINIS, cliquez ici

Références :

(1) Guidance document (Gd) on the risk Assessment of plant protection products on bees (Apis mellifera, Bombus spp. and solitary bees) EFSA Journal 2013;11(7):3295

(2) Bee Guidance Document and Practical Approach, ECPA 2017 « En pratique, cela voudrait dire que même en ne prenant en compte que les abeilles à miel, 77% de toutes les substances ne passeraient pas les tests du tier 1 et nécessiteraient des études des tiers supérieurs, qui demandent beaucoup de ressources »

(3) Worldwide decline of the entomofauna: A review of its drivers, Francisco Sánchez-Bayo, Kris A.G.Wyckhuys, Biological Conservation Volume 232, April 2019, Pages 8-27

9 juillet 2019

Sauver la vie et autres choses (60)

Filed under: APHORISMES,SAUVER LA VIE ET AUTRES CHOSES — denisdonikian @ 2:05

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Pleurez, mes yeux, sur la beauté des choses.

Pleurez, mes yeux, sur leur destruction.

28 juin 2019

L’intelligence naturelle de l’intestin.

Filed under: ARTICLES — denisdonikian @ 9:00

 

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Chacun sait combien son corps est intelligent et combien ce même corps regrette que son intelligence soit ignorée. En effet, cette intelligence du corps est à ce point sophistiquée qu’elle oblige souvent l’intelligence intellectuelle à baisser les bras devant tant d’énigmes pour en donner une explication. Dès lors, les pionniers de la recherche dans leur démarche à vouloir comprendre les mécanismes physiologiques se perdent en conjectures. Certains en sont réduits à se prendre eux-mêmes pour cobayes pour examiner les effets d’une cause. Si j’ingurgite du gluten, qu’est-ce qui va se passer dans mon corps ? Si je m’enfile des frites et des hamburgers, genre Mac Do, quelles vont être les modifications de mon microbiote, celui-ci étant compris comme l’ensemble des microbes qui peuplent les intestins et qui favorisent la transformation des aliments en nutriments pour les fonctions du corps.

C’est ce genre d’expérience que propose le docteur Michael Mosley. Après une première partie théorique, il suggère dans une seconde partie des recettes qui vont aider à l’intestin à produire les bonnes bactéries. En ce sens, il s’agit d’un livre pratique mais aussi et surtout d’un livre qui vous fait comprendre comment ces bactéries peuvent renforcer le système immunitaire ou comment on peut l’affaiblir en laissant les ennemis prendre le contrôle de l’intestin au point qu’ils traverseront un jour les parois intestinales pour contaminer tout le corps.

Ainsi donc, le Dr Michael Mosley vous dira combien l’huile d’olive fait partie des bonnes graisses et comment éviter les contrefaçons, quels poissons gras privilégier sachant que certains ont des taux de mercure élevés. De même, le docteur Mosley est-il conduit à passer en revue la viande rouge, le chocolat, les œufs, le vin riche en polyphénols, les fruits et légumes etc.

Il vous dira quels aliments sont à éviter comme le sucre, les édulcorants de synthèse, les aliments transformés, et les effets néfastes des antibiotiques.

Bref un livre passionnant qui vous incitera certainement à faire analyser votre caca par un institut comme Luxia-scientific pour connaître l’état de votre microbiote.

Oui, mais chercher c’est cher.

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Dr Michael Mosley : L’intelligence naturelle de l’intestin (chez Pocket, 7,50 euros)

Sauver la vie et autres choses (59)

Filed under: APHORISMES,SAUVER LA VIE ET AUTRES CHOSES — denisdonikian @ 8:20

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Heureux qui a des airs d’imbécile

pour n’avoir traversé

les déserts de la maladie.

20 juin 2019

MISSION du Père Bernard Kinvi

Filed under: APPEL à DIFFUSER — denisdonikian @ 4:59

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MISSION du Père Bernard Kinvi, avec Tigrane Yegavian ( Éditions du Cerf)

Spécialiste du Moyen-Orient en qualité de journaliste écrivant pour le compte de plusieurs revues, Tigrane Yegavian vient de faire paraître aux éditions du Cerf, tenue par Jean-François Colosimo, Mission, un témoignage du père Bernard Kinvi, sur une période trouble de la Centrafrique. Il faut savoir qu’à cette époque le Père Kinvi qui appartient à l’ordre des Camilliens, à savoir une ordre catholique essentiellement voué à s’occuper des malades et des blessés, est confronté dans la mission de Bossemptélé, où travaillent avec lui des sœurs carmélites et surtout le père Brice Patrick Nainangue, aux exactions des anti-balaka, sorte de milice sans foi ni loi, qui s’en prend à tous les musulmans. Le Père Kinvi déploie des efforts surhumains pour soigner, sauver et même enterrer les musulmans et dans la mesure du possible pour convoyer les rescapés vers le Cameroun voisin. Toute sa philosophe se résume à opposer un excès d’amour dans un monde traversé par un excès de violence. C’est que l’homme a mis le cœur au centre de son action sacerdotale. Ce qui signifie qu’au lieu de s’en tenir à une sorte de clanisme religieux qui consisterait à ne défendre et soigner que ceux de sa confession, le Père Kinvi va appliquer les paroles du Christ à la lettre en élargissant son amour au-delà des frontières de sa propre idéologie. C’est ce travail sur soi et sur l’ensemble des composantes de la Centrafrique qui vaudra au Père Kinvi d’être reconnu dans le monde, de recevoir le prix Alison Des Forges en novembre 2014 à Londres, puis d’être nominé pour le Prix Aurora d’Arménie en 2015. Son séjour en Arménie avec le père Brice est l’occasion d’un voyage émouvant au milieu d’un peuple dont il ne connaissait rien, ni même sur le génocide de 1915. Il résume ainsi le prix : «  Aurora est comme un arbre avec de multiples branches qui font le bien dans le monde. Je le vois comme un signe de la victoire du bien sur le mal ». Effectivement, ce prix qui récompense les justes dans le monde actuel renvoie aux justes turcs qui durant le génocide ont sauvé des Arméniens, comme Mustapha Aziz Oghlou, le maire de Malatia. Un livre passionnant et un homme, le père Kinvi qui à lui seul sauve l’Afrique.

Denis Donikian

*

Quelles sont les raisons qui poussent un journaliste œuvrant généralement dans le domaine arménien à s’intéresser aux faits et gestes d’un prêtre de Centrafrique ?

Si je travaille depuis des années sur des problématiques arméniennes, je suis un contributeur régulier de plusieurs revues françaises de géopolitique (Conflits, Diplomatie, Politique Internationale…). La crise centrafricaine ne m’était pas étrangère.

Toujours est-il que  « la vie est l’art d’une rencontre même s’il existe tant de désaccords dans la vie » comme disait le grand poète et diplomate brésilien Vinicius de Moraes, le blanc le plus noir du Brésil. Dans mon cas, celle avec le père Kinvi a eu lieu en terre arménienne puisque c’est en avril 2016, qu’il s’y était rendu pour la première fois, en sa qualité de nominé dans la liste finale des candidats au Prix Aurora. Cette récompense internationale créée par trois philanthropes de la diaspora, qui entend rendre hommage aux justes d’aujourd’hui en témoignage de reconnaissance à ceux d’hier qui sauvèrent tant de vies humaines au cours du génocide des Arméniens. En 2016 j’étais responsable éditorial de la version en langue française du site Aurora Prize. Lorsque le Père Kinvi est devenu un des Humanitaires Aurora 2016, j’avais préparé un portrait de lui qu’il avait particulièrement apprécié. J’ai eu la chance ensuite de l’accompagner quand il est venu en Arménie pour participer à la cérémonie inaugurale du Prix Aurora. Ensemble nous avons visité, avec son ami le père Brice, le Saint Siège d’Etchmiadzine et le centre-ville d’Erevan. Nous nous sommes revus par la suite à Berlin en décembre 2017. Je me souviens qu’il parlait très peu. Il me fallait apprendre à décrypter ses silences, lire entre les lignes de son regard doux et bienveillant.

Le Père Kinvi était animé par une folle envie de témoigner de ce qu’il avait vécu. Comme si ce qui comptait à ses yeux n’était pas tant de raconter son vécu, mais aussi de nous dire qu’il avait reçu un cadeau de la Providence : cette foi qui fait déplacer les montagnes et l’a conduit à réaliser ces actes de bravoure qui lui ont valu d’être nominé pour le Prix Aurora.

Au fil de ma lecture, je n’ai pu m’empêcher d’établir un lien avec les Arméniens, me demandant si nous avions en Arménie un prêtre, un seul, de la dimension spirituelle du père Kinvi.

Certes, le haut clergé arménien ne brille pas forcément par son interprétation littérale des Evangiles ni par son courage à dénoncer les injustices criantes qui subsistent, mais comparaison n’est pas raison. Ce que nous apprend l’expérience du père Kinvi est qu’il existe en Centrafrique, pays d’évangélisation récente et encore très marqué par l’animisme, et que l’extrême barbarie cohabite avec des poches d’amour et d’humanité dont nous ne pouvons avoir conscience tant cette force nous dépasse. En Arménie comme en diaspora, nous avons eu des hommes d’Eglise et de foi exceptionnels qui nous ont montré un chemin et fait croire en la force de l’espérance. Je veux parler ici de Mgr Zareh Aznavorian d’heureuse mémoire (1947-2004) du catholicossat de la Grande Maison de Cilicie ; un homme qui a dédié toute sa vie à enseigner le message de l’Evangile à ses fidèles et qui avait bien compris que si l’Eglise arménienne faisait le choix du nationalisme, elle serait condamnée à dessécher. Grâce à quelques-uns de ses amis, ses écrits commencent à refaire surface et sont une véritable source de spiritualité. Ce qui manque à mon sens en diaspora comme en Arménie est une théologie contextuelle digne de ce nom. Un discours de foi adapté aux problématiques et aux défis qui se posent au peuple arménien dans sa globalité (réponse théologique au génocide, traitement de la question des Arméniens islamisés, des problématiques d’intégration en Occident, pastorale adaptée aux jeunes d’Occident, dialogue islamo chrétien, accompagner les évolutions de la société etc.). Force est de constater que nous en sommes encore bien loin… C’est bien beau de se gargariser d’être la première nation chrétienne mais quel est l’intérêt de se contenter de folklore ? L’Eglise arménienne ne serait être qu’une institution nationale multiséculaire et sécularisée gardienne d’une tradition formolisée. Elle doit être bien plus que cela !

Autre parallèle avec les Arméniens.  On se dit, qu’appartenant à l’ordre des Camilliens, dévoués aux malades, le père Bernard Kinvi fait exactement l’inverse de ce qui se passe en Arménie où le malade est un objet d’enrichissement. Je connais une Arménienne qui rentrée à l’hôpital pour une allergie en est sortie avec une insuffisance rénale terminale. Quant on sait ce que doit débourser un simple citoyen pour se faire dialyser, on se pose des questions

Il est difficile de généraliser quand on parle de l’expérience des hôpitaux arméniens. Il est vrai qu’avec les privatisations massives des années 1990, la santé est devenue un business en Arménie. Mais ce n’est plus le cas en Artsakh où les autorités font preuve d’une réelle volonté de faire de la santé un service public au service du bien-être de la population. En témoignent les investissements conséquents qui sont à l’œuvre depuis quelques années à Stepanakert et dans les provinces. La notion de service public n’est pas un vain mot pour avoir suivi ce dossier et rendu compte du travail remarquable mené par les professionnels artsakhiotes de la santé aidés par l’ONG HAY MED dirigée de France par le docteur Jean Michel Ekherian, on peut observer l’émergence d’un véritable modèle qui je l’espère fera des émules en Arménie.

N’oublions pas que ce domaine est d’une importance stratégique puisque l’absence de prise en charge de patients souffrant de pathologies chroniques ou de tous types de cancers constituait jusque-là un facteur majeur accélérant l’émigration.

18 juin 2019

L’esprit du corps féminin

Filed under: APHORISMES,Uncategorized — denisdonikian @ 4:24

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Comme Rachel s’est fait un pubis à papillotes, quand Moshé lui fait l’amour, il se fait l’amour à lui-même.

15 juin 2019

Sauver la vie et autres choses (58)

Filed under: APHORISMES,SAUVER LA VIE ET AUTRES CHOSES,Uncategorized — denisdonikian @ 7:20

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Toute femme est à barbe, comme tout épi de maïs.

14 juin 2019

NOTES SUR L’EXIL

Filed under: ARTICLES — denisdonikian @ 5:45

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( Texte datant probablement d’avant 2003)

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1 – Arménien d’origine, né en France, je me situe dans cet entre-deux culturel. D’un point de vue biographique, j’ai fait constamment des va et  vient entre mes deux cultures, par mes études et mes voyages. Sans jamais réussir à faire le pas pour être pleinement dans l’une ou totalement dans  l’autre. En tant qu’artiste, cela ne m’a pas toujours aidé. En France, pays cartésien, on n’aime guère le genre hybride. Or, c’est ce que j’affectionne le plus en littérature, mais aussi dans l’art des autres, le genre hybride. Ni tout à fait récit, ni tout à fait poésie, ni tout à fait journal, ni tout à fait livre d’art, etc. Je crois que nous allons de plus en plus vers un art ouvertement métissé, (ce que j’appelle un bris-collage, dans une sens noble de ce néologisme).

Mais quel est mon rapport à l’exil ? En tant que personne, c’est une histoire assez loufoque. Mes parents étaient directement issus du génocide de 1915. Et  pour ma part, je suis né en France. Vivant en France, comment me sentir exilé, me direz-vous ? Or, justement. Je reste un  enfant du génocide dans la mesure où mes parents m’ont élevé sans le vouloir, c’est-à-dire avec leurs mots, leur mémoire, leur difficulté à s’adapter à un étrange pays, etc. dans le sentiment de l’exil. C’est donc ça, j’ai un sentiment d’exil sans pour autant être exilé puisque je sais que je ne me sentirais ailleurs jamais aussi bien que je le suis en France et qu’en France je rêve d’un autre pays, d’un pays qui soit nôtre, à nous, une Arménie pour Arméniens. Je vis donc constamment avec comme fond de ma conscience ce que le poète Vahé Godel appelle un arrière-pays. Et beaucoup de jeunes compatriotes, plus jeunes que  moi, vivent ainsi. En France, mais préoccupé par un pays où ils ne vivront  probablement jamais, l’Arménie. (Et mon histoire est d’autant plus compliquée que le pays de mes parents n’a rien à voir avec l’Arménie actuelle, située bien plus à l’Est et dont ils n’avaient pas idée). Mon impression d’exil est donc d’éducation. La seule réalité de cet exil, c’est qu’il s’agit d’un exil  hérité.

2 – Être exilé, c’est être ex-quelqu’un, venu de quelque part à la suite d’une violence. C’est être sorti de son île pour devenir un il quelconque, jamais  plus soi-même, c’est-à-dire plus jamais un être accordé à une terre.

L’arrachement fait l’exilé. L’exilé sera désormais un ex-ceci, un ex-cela.
Qu’il le veuille ou non, l’exilé affiche son origine, c’est-à-dire une façon d’être ici et ailleurs. Pour moi, il m’est impossible de me présenter comme Français à part entière, car ce serait mal dire la chose, ni Arménien pour les  mêmes raisons. Mais Français d’origine arménienne. En d’autres termes, je suis  toujours d’origine, condamné à être d’origine. Ainsi, l’exilé est la preuve  vivante que le monde va mal, qu’il est injuste. Il nous fait lire l’état du  monde tel qu’il est. C’est-à-dire la condition même de l’homme. Il rappelle à  l’autochtone que l’exil menace son propre confort. Mais aussi qu’on peut être  un exilé de l’intérieur par rapport à une norme, un consensus, une opinion  commune, l’idéologie dominante, l’ethnie dominatrice. Le chômeur, le handicapé physique ou mental, l’opprimé, l’opposant politique sont autant d’exilés.

Pour en revenir au génocide subi par les Arméniens, le sentiment d’exil se décline aussi bien côté bourreau que côté victime. Le négationnisme est une forme de perpétuation de l’exilé par un exilant.

L’exilé ne peut entrer dans la communauté des hommes tant qu’il sera rejeté par une partie de cette  communauté, une communauté étant de fait la mise en commun de valeurs humanistes. Mais l’exilant, le bourreau, lui aussi s’exile de cette communauté dans la mesure où il récuse le pacte de respect mutuel. Aujourd’hui, les Turcs et les Arméniens, les bourreaux et les innocents, se trouvent inclus dans cette dialectique infernale. L’enjeu, ce sera justement l’entrée de la Turquie dans l’Europe. Laquelle Turquie ne veut pas faire le pas d’une reconnaissance de sa mémoire comme l’a fait l’Allemagne.

3 – Par ailleurs être exilé, n’est pas un état, c’est un acte qui n’en finit pas. L’exilé est toujours en situation d’exil, c’est-à-dire en suspens entre deux mondes : le monde qui a été (familier) et le monde qui est en train de devenir (familier). C’est d’autant plus vrai que la langue de l’exilé est aussi bien une langue perdue, qui est derrière, qu’une langue qui reste à acquérir et qui est devant. Encore cet entre-deux. En fait, l’exilé est désintégré en permanence, et quoi qu’il fasse. Il cherche à recoller les morceaux de sa mémoire pour en faire un avenir. Là où il est, il n’est jamais totalement. Il est parti d’un pays qui l’a refusé (le pays natal) pour ne jamais être en adéquation absolue avec le pays qui l’a accueilli (le pays fatal).

4 – Au passage, le poète, quant à lui, est exilé dans et par la langue. La vraie poésie est au-delà de la poésie (Bataille). C’est la langue qui le lui dit. Il est dans la nostalgie de la langue et chemine vers une perfection de la langue, c’est-à-dire une adéquation parfaite de la langue avec les choses. (Tout le mal de la poésie, ou le malheur du poète, réside dans cette perte, en ce sens qu’elle définit la poésie même. Sans la perte, la poésie n’aurait pas lieu d’être). Plus précisément, la langue est son chemin entre ce que la langue dit de l’éden perdu et d’une adéquation parfaite de soi avec elle. Il est donc exilé, c’est-à-dire en suspens, mais un suspens actif et désespéré.

De fait, toute écriture se situe dans un entre-deux comme l’exilé entre deux langues et deux pays. La métaphore, en ce sens, désigne à celui qui l’invente un autre monde où il n’est pas. Les expériences symbolistes ou surréalistes ont eu l’intuition de ce quelque chose qui est en avant de la langue. Dans la métaphore, on s’étonne de ce que la langue utilise une voie/voix rationnellement fausse pour nous faire atteindre quelque chose à quoi nous adhérons comme vraie. Le poète, c’est un exilé de l’avenir.

La poésie comme absolu du langage invite au dépouillement total, elle invite au dépouillement de sa part d’histoire pour qu’il retrouve son temps intérieur profond. Et ce n’est jamais gagné.

5 – Mais l’exil peut être une chance pour l’humanisation des cultures. Une chance pour la culture d’accueil autant que pour la culture de l’exilé.

D’abord, elle oblige cette culture au dépassement d’elle-même en donnant du sens à sa propre humanité. Que vaudrait une culture qui ne serait pas « humaine » ? Ensuite, la porosité des cultures va créer des passerelles, des expériences de mariages, qui sont des épreuves de vie. Les cultures comme les hommes sont voués au métissage. (« L’avenir est au métissage » disait Léopold  Sédar Sengor). Les plus égocentrées des cultures ne pourront nier longtemps les apports culturels de l’histoire. Les plus ethnocentrés des hommes baignent déjà dans l’évidence de l’interaction des cultures. Quoi qu’ils disent et aujourd’hui plus que jamais. En art, c’est tout autant un fait qu’un mode d’évolution. Que vaudrait Picasso sans l’art nègre ? Van Gogh ou Monet sans les estampes japonaises ? Mais au sein même d’un art, c’est le métissage des techniques qui permet le renouvellement de notre vision du monde. L’art ne cherche qu’à pousser ses tentacules dans toutes les directions. Mieux, nous dirons que tout genre littéraire, par exemple, qui joue avec le métissage permet d’échapper à l’uniformité. On a beau dire de La recherche du temps perdu que c’est un roman, on sait bien que dans ce « roman », il y a du mémorialiste puisque Proust était un lecteur assidu de Saint-Simon, mais également un essayiste à la manière de Montaigne, sans oublier qu’il sut  exploiter à merveille l’intuition de Chateaubriand sur la mémoire. On a donc affaire à un art hybride, mais équilibré et dominé par la facture romanesque.

6 – « Aime, et fais ce que tu veux » disait Saint Augustin. Il faut aimer l’amour donc. La résolution des contraires est dans ce pacte avec le monde tel qu’il est. Je suis un être en suspens. Un être en attente. Or, l’attente est attention. Il n’y a pas mieux que l’exil, en attendant qu’il y ait mieux que l’exil.

Denis Donikian

13 juin 2019

PAYSAGES/VISAGES d’ARMÉNIE

Filed under: LIVRES — denisdonikian @ 4:40

Album inédit. Textes de Denis Donikian

Photographies d’Alain Barsamian

 

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Il est de ces pays qui imprègnent les hommes. Où les visages sont les enfants des paysages, comme si la géologie du territoire passait dans la morphologie de ses habitants. Telle est l’Arménie dans ses rapports avec les Arméniens. Et tels sont les Arméniens dans leur communion avec l’Arménie. L’âpre beauté des lieux se lit dans la dureté et le pétillant des regards baignant chaque jour dans les extravagances sublimes du sol et l’adversité du climat.

Mais ce n’est pas seulement la terre qui se lit sur les hommes. Il y a aussi le temps politique. Les voyages d’Alain Barsamian avec son fils Jean-Bernard, en mai 2011, se déroulent dans un pays en proie aux dérélictions provoquées par les régimes humiliants de Robert Kotcharian et Serge Sarkissian. Il faut penser ces visages et ces paysages que nous offrent leurs photographies à l’aune d’une époque marquée par le mépris démocratique. Quand la pauvreté, la guerre, la stagnation économique, l’exil et la corruption sévissaient comme des lois générales. Tout un système qui a fait mourir la terre et souffrir les hommes obligés à la résignation et à la mélancolie. Ce parcours photographique d’un père avec son fils a valeur de diagnostic visuel. Il restera comme un document tandis que la mutation initiée par la révolution de velours manière Pashinyan propulse aujourd’hui l’Arménie vers la volonté de conquérir les voies de la démocratie et du bonheur. Mais il fallait les dire ces scléroses d’une politique erronée pour que la nouvelle mentalité prenne avec elles ses distances doucement et résolument.

Denis Donikian

 

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Sauver la vie et autres choses (57)

Filed under: SAUVER LA VIE ET AUTRES CHOSES — denisdonikian @ 4:13

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Le jeûne rajeunit, la boulimie démolit.

7 juin 2019

Sauver la vie et autres choses (56)

Filed under: APHORISMES,SAUVER LA VIE ET AUTRES CHOSES — denisdonikian @ 6:16

Ron Mueck, Sans titre (Big man), 2000.

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Tu combattras un à un les symptômes de la vieillesse jusqu’au jour où ils finiront par te submerger

2 juin 2019

Sauver la vie et autres choses (55)

Filed under: APHORISMES,SAUVER LA VIE ET AUTRES CHOSES — denisdonikian @ 4:27

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Dans son immense orgueil, l’homme soutient qu’il a été créé à l’image de Dieu. C’est vrai qu’il y a du Dieu dans Hitler. Et même en Monsanto qui ne pense qu’à empoisonner son prochain pour emmagasiner plus de fric. Et même en moi qui serait prêt à tuer mon frère pour apaiser mes faims.

1 juin 2019

Intellectuels de mes deux…

Filed under: CHRONIQUES à CONTRE-CHANT — denisdonikian @ 6:53

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Honte aux intellectuels arméniens qui n’ont pas défendu quand il le fallait les voix humiliées de l’Arménie.

31 mai 2019

Sauver la vie et autres choses (54)

Filed under: APHORISMES,SAUVER LA VIE ET AUTRES CHOSES — denisdonikian @ 6:44

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Henri Cartier-Bresson

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Faire la queue, c’est la coller au cul d’un autre qui colle la sienne au cul d’un autre et ainsi de suite.

27 mai 2019

ODE GRACIEUSE POUR ANGES MAUVES, SŒURS COLLATIONNISTES et MACHINES DIALYTIQUES

Filed under: PROSE POESIE — denisdonikian @ 4:24

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Heureux le dialysé du centre de Draveil,

Servi d’anges gardiens vêtus couleur de vin

Qu’on les dirait portés sur la dive bouteille

Tant de les voir ainsi l’œil maladif se teint

Entre le rouge sang et le rose vermeil,

Oui, bénis d’être vifs au cœur de nos détresses,

Ils offrent leur patience aux patients impatients

Et leur piquent le bras ainsi qu’une caresse

Pour leur donner à vivre encore un bout de temps.

Béni soit leur sourire au cœur de nos calvaires,

Adoucissant le mal qui nous ronge le fion,

Béni leur dévouement, béni le camembert,

Qui manquera toujours à notre collation.

*

Dehors les arbres grands veillent sur nous couchés

Et nos sangs soutirés sont rendus lessivés.

*

Heureux le dialysé qui aura vu Estelle

Au sortir d’une nuit en habit de donzelle,

Échancré de partout, la jambe en bas résille

Et le dos large ouvert en furieux sex-appeal.

Heureux le malheureux cloué à sa machine,

Qui aura vu Estelle à jouer les ondines,

Dans son corps endormi cherchant l’hémoglobine

Et lui palper le bras avec des gants stériles.

*

Dehors les arbres grands veillent sur nous couchés

Et nos sangs soutirés sont rendus lessivés.

*

Béni l’ange Chloé, Vénus des Amériques,

Qui porte sur les bras des mots énigmatiques,

Slogan de bel amour ou bien dazibao,

Toujours prenant le bas pour le mettre plus haut,

Toujours calmant les peurs de celui qui panique.

Madone des noyés, des salis et salauds,

Au sourire apaisant et qui de son œil bleu

Apporte à nos hivers la chaleur de son feu.

*

Dehors les arbres grands veillent sur nous couchés

Et nos sangs soutirés sont rendus lessivés.

*

Heureux qui se confie aux mains de Fatima.

Celui qui rentre lourd devient miraculé,

Car son sang déréglé par des hauts et des bas,

Passé à la machine en ressort nettoyé

Et se met à chanter des salve regina.

Mère à tous et de qui se gratouille et qui tousse,

Et si fort de café qu’en boire un sur le pouce

Vous fait danser le cœur comme en un gymkhana.

*

Dehors les arbres grands veillent sur nous couchés

Et nos sangs soutirés sont rendus lessivés.

*

Voyageuse Kama qui fait chez nous escale

Pour nous donner à vivre un peu de ses voyages,

Nous les cloués du pal, condamnés aux aiguilles,

Nous avons dans nos yeux tant de beaux lieux qui brillent,

Pays hors de portée autant que des étoiles,

Nous les encalminés sur les bords du naufrage,

Dont la vie serait fade, assise en un coma,

Si ange du secours n’était notre Kama.

*

Dehors les arbres grands veillent sur nous couchés

Et nos sangs soutirés sont rendus lessivés.

Béni soit-il aussi l’ange musculator,

Samuel aux gros bras habitué des masses,

Tatoué comme un zèbre en la moindre surface,

Qui vous pique le gras en finesse et douceur.

Bénis également ces anges de passage,

Stéphanie avec nous pour son apprentissage,

Attentive à bien faire et à nous dorloter

Pour nous garder au monde en meilleure santé.

Béni l’ange Rénathe, amoureuse du rose,

Dentelles sur ébène à nous mettre en émoi,

Furtive apparition qui ne pèse ou qui pose,

Et son rire éclatant à vous donner des joies.

Et je n’oublierai pas la DS Anissa

Qui vient quand on l’appelle apporter son sourire

Aux dialysés flapis vivant couci-couça

Qui sortent requinqués d’avoir frôlé le pire.

*

Dehors les arbres grands veillent sur nous couchés

Et nos sangs soutirés sont rendus lessivés.

Heureux le dialysé qui sort de son sommeil

Et trouve devant lui des biscuits et de l’eau.

Tant de petits bonheurs et de petits cadeaux,

Qui lui tombent du ciel ainsi que des merveilles.

Car tantôt Fatima ou tantôt Saadia

Anges des petits soins et de grande attention

Aux patients dont la vie est à hue et à dia,

Apportent chaque jour l’heureuse collation,

Et sont vues pour cela comme des cendrillons.

*

Dehors les arbres grands veillent sur nous couchés

Et nos sangs soutirés sont rendus lessivés.

*

Merci à l’inventeur des robots dialytiques,

Grâce à lui notre temps de vie est prolongé,

Même si nous avons des airs mélancoliques

De savoir que demain tout peut être changé.

Et merci au grand parc ouvert comme un écran

Où les arbres géants jouent les quatre saisons

Sous nos yeux attentifs à leur haute leçon

Qui est d’être debout quand le corps nous descend.

*

Dehors les arbres grands veillent sur nous couchés

Et nos sangs soutirés sont rendus lessivés.

 

Et qui donc dans tout ça veille à bleuir nos ciels,

Si présent par l’absence et dieu à temps partiel,

Le seigneur du néphron, soigneur des souffreteux,

Apportant l’évangile au cours de ses passages,

A chaque déglingué enfermé dans sa cage,

Dont chaque apparition touche au miraculeux,

Et qui transforme en miel le malheur dialytique

Pour remettre debout nos corps paralytiques ?

*

Dehors les arbres grands veillent sur nous couchés

Et nos sangs soutirés sont rendus lessivés.

*

26 mai 2019

Sauver la vie et autres choses (53)

Filed under: APHORISMES,SAUVER LA VIE ET AUTRES CHOSES — denisdonikian @ 12:44

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Guerre des hommes contre les hommes et guerre des hommes contre le monde vivant.

22 mai 2019

Sauver la vie et autres choses (52)

Filed under: APHORISMES,SAUVER LA VIE ET AUTRES CHOSES — denisdonikian @ 5:28

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L’homme est coup d’essai, la femme un coup de maître.

20 mai 2019

Pashinyan : un faux pas

Filed under: ARTICLES,CHRONIQUES à CONTRE-CHANT — denisdonikian @ 6:41

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Pour le moins, c’est la stupéfaction. Vus de l’étranger, les événements qui agitent l’Arménie ces dernières 24 heures constituent une vraie déception. Celui qui prônait une révolution en douceur en appelle à une certaine radicalisation par le peuple, c’est-à-dire en jetant la foule des affidés contre un système judiciaire qui tarde à adopter la nouvelle mentalité . Jusque-là nous avons cru que la séparation des pouvoirs serait respectée comme le veut toute bonne démocratie. Mais voilà que l’exécutif se mêle de ce qui ne le regarde pas.

Le déclenchement de cet acte anticonstitutionnel, disons plutôt anti démocratique, a été provoqué par la libération de Robert Kotcharian, qui bénéficie en l’occurrence des cautions des deux présidents de l’Artsakh, Bako Sahakian et Arkady Ghoukasian.

Ces faits obligent à nous interroger sur plusieurs points.

En quoi Robert Kotcharian, en tant que citoyen devrait-il être privé du droit au respect de sa personne tant que sa culpabilité n’est pas prouvée. On se demande pourquoi la présomption d’innocence ne lui a pas été accordée. L’Arménie s’est montrée aussi rétrograde que le Japon en la matière, qui a jeté en prison Carlos Ghosn avant même que les procès en accusation aient débuté. Quoi qu’il ait fait, Robert Kotcharian doit se soumettre à la justice dès lors que des griefs pèsent sur son mandat et sur sa personne. Si Pashinyan voulait donner la preuve qu’il est le garant d’une vraie démocratie, le cas Kotcharian est loin de le démontrer. En ce sens, Pashinyan avait à faire appliquer la justice avec le plus de retenue possible, dans le respect des règles, s’il voulait que cette justice fût efficace et non entachée d’actes douteux ou humiliants pour la victime.

Dès lors qu’on agit avec autant d’acharnement vis-à-vis de l’exprésident, celui-ci a tout à fait raison de brandir contre son accusateur le prétexte d’une vendetta politique. Ce qui fait de lui une victime qui attire forcément l’incompréhension et la compassion.

Cette accusation, Pashinyan vient de la renforcer en supportant mal qu’il ait été libéré sous caution. En appeler au peuple pour semoncer les juges d’avoir mal jugé relève de l’ingérence dans les cours de justice.

Par ailleurs, s’opposer à la caution des présidents Bako Sahakian et Arkady Ghoukasian équivaut à se mettre à dos la population du Karabagh, comme si les Arméniens avaient besoin d’une telle division.

De plus, la caution du peuple à laquelle fait appel Pashinyan, Premier ministre, jusqu’à lui demander de descendre dans la rue ou d’investir le palais de justice, rappelle à regret les propos d’Erdogan dans son acharnement à vouloir invalider les élections concernant la mairie d’Istanbul, sous prétexte que cette invalidation reflétait la volonté populaire. Cette volonté populaire qui a porté Pashinyan ne peut être invoquée à tout bout de champ. C’est au parlement et à la constitution de prendre le relai.

Ce qui pourrait excuser Pashinyan, c’est qu’il a forcément une connaissance des affaires arméniennes qui l’oblige à des réponses radicales, dans la mesure où il veut sauver la démocratie au prix de quelques entorses au système de droit. Nul plus que lui qui est au cœur des difficultés que traverse le pays sait quelles forces jouent contre sa personne au profit d’un retour à l’ancien régime. Nul plus que lui sait qui veut sa perte, et par conséquent la perte de la démocratie. La lutte contre la corruption n’est pas sans danger aussi bien pour celui qui la combat que pour le pays même. L’Arménie, à l’heure actuelle, marche sur un fil tendu. Et les nostalgiques du monde perdu, tant en Arménie qu’en Diaspora, se réjouissent des avatars de la nouvelle société. Or, on oublie que c’est la majorité des Arméniens qui a porté Pashinyan au pouvoir et que ce sont les Arméniens d’Arménie qui ont souffert le plus sous les régimes honnis de Kotcharian et Sarkissian. En conséquence, cette souffrance et ce besoin de changement, fussent-il problématiques, méritent d’être respectés. Honte à ceux qui en diaspora se délectent des échecs que rencontre l’Arménie nouvelle. Les échecs étaient inévitables. Les faux pas le sont aussi. Mais l’Arménie avance. En un an, elle a plus fait qu’en 20 ans sous les deux régimes précédents.

Denis Donikian

Je renvoie le lecteur à l’excellent article de Raffi Kalfayan dans les NAM

18 mai 2019

Sauver la vie et autres choses (51)

Filed under: APHORISMES,SAUVER LA VIE ET AUTRES CHOSES — denisdonikian @ 6:30

 

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Faire l’amour est un acte inégalitaire.

Sauver la vie et autres choses (50)

Filed under: APHORISMES,SAUVER LA VIE ET AUTRES CHOSES — denisdonikian @ 8:56

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Heureux les affamés ! La moindre bouchée est un plaisir et le jeûne un facteur de santé.

17 mai 2019

Sauver la vie et autres choses (49)

Filed under: APHORISMES,SAUVER LA VIE ET AUTRES CHOSES — denisdonikian @ 6:15

Afghanistan mai 2008

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Une médecine qui fonctionne à la peur est une médecine malade.

16 mai 2019

Sauver la vie et autres choses (48)

Filed under: APHORISMES,SAUVER LA VIE ET AUTRES CHOSES — denisdonikian @ 5:33

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Les hommes vont à leur perte pour avoir préféré

la prédation à la préservation.

11 mai 2019

Journal d’un militant

Filed under: ARTICLES,CHRONIQUES à CONTRE-CHANT — denisdonikian @ 5:11

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« Quand tout le monde vous ment en permanence, le résultat n’est pas que vous croyez ces mensonges mais que plus personne ne croit plus rien. Un peuple qui ne peut plus rien croire ne peut se faire une opinion. Il est privé non seulement de sa capacité d’agir mais aussi de sa capacité de penser et de juger. Et avec un tel peuple, vous pouvez faire ce que vous voulez. » (Hannah Arendt)

Nous publions sur notre blog l’article de Manoug Atamian pour plusieurs raisons. La première étant que cet article aura été refusé par tous les médias arméniens auxquels il a été proposé. Et pour cause ! C’est un article critique sur le livre d’un militant connu et qui fourmillerait d’informations fausses ou douteuses. En ce sens, Manoug Atamian, qui déteste qu’on lui fasse avaler des couleuvres, nous alerte dans la mesure où trop souvent les complaisances dont fait preuve une communauté arménienne pétrie de patriotisme ordinaire peut la conduire à gober tout ce qui se dit ou s’écrit. Si être militant d’une cause comme la nôtre est louable, et notre auteur l’est pour avoir joué un rôle probablement important,  il reste que le moi frise le haïssable quand il prend le pas sur le nous. L’article de Manoug Atamian nous ouvre les yeux et c’est tant mieux si tout auteur improvisé prend dans notre communauté le risque d’être contredit ou lu à la loupe. Cela dit, cet article de Manoug Atamian reste de sa seule responsabilité, la nôtre étant de lui donner à la parole.

Denis Donikian

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Dans son « Journal d’un militant » récemment publié et promu à coups de soirées de présentation et d’articles élogieux (avec sa photo en recto verso de la couverture et une troisième sur la tranche du livre !), à la page 179, Ara Krikorian nous apprend la disparition de Franz Werfel le 17 mai 1978 à l’âge de 90 ans. En 1978 ? On l’aurait donc connu de son vivant, l’auteur des « Quarante jours du Musa Dagh » ! Mais non, car dans la même annonce soi-disant rédigée à chaud ce jour-là, on lit à la fin de ce sujet qu’en fait, il est décédé à 54 ans en 1945… Franz Werfel est donc mort deux fois, à 33 ans d’intervalle. Comment peut-on écrire une pareille ineptie ?

Ce « Journal » manifestement remanié pour sa publication (ainsi, comme dans ce cas, à chaque fois qu’un personnage célèbre décède, au lieu d’exprimer les sentiments que lui inspire le disparu ou bien les souvenirs qu’il en a, Ara Krikorian nous sort une « nécro » toute prête, du genre : « il est né en telle année, il a fait ceci, il a écrit cela » etc.), « Journal » dans lequel il nous raconte sa vie, depuis son enfance difficile, puis à travers ses diverses responsabilités dans la F.R.A. ou comme président du CDCA (en évitant comme d’habitude d’évoquer le travail du Centre d’études arméniennes dans l’éveil des consciences durant les années qui précédèrent le cinquantenaire du Génocide). Ce qui lui permet de se donner le beau rôle, fustigeant les uns, de préférence déjà morts, flattant d’autres bien vivants avec force « mon ami » Untel, ou bien en parlant à plusieurs reprises, en tant qu’ancien élève du collège de Sèvres, de sa prétendue proximité avec les Pères mékhitaristes, alors qu’il n’y a passé qu’une année. (7 en ce qui me concerne).

Ara Krikorian poursuit ainsi son chemin dans la lignée de son « Dictionnaire de la Cause arménienne », digne du Guinness des Records en matière d’erreurs ou d’approximations de toutes sortes, dans lequel il compensait ses manques, parfois élémentaires, en matière d’Histoire, par son imagination fertile. Par exemple, en écrivant (page 33) que le fleuve Araxe est la « frontière naturelle de l’Arménie historique »(sic) ou à la page 26 que l’église d’Akhtamar date du VIIème siècle (on n’est plus à trois siècles près…). Il va jusqu’à confondre l’identité de portraits archiconnus, comme la photo de Daniel Varoujan sous laquelle il écrit Bedros Tourian (p.235), ou bien celle de Djemal Pacha sous-titrée Enver Pacha ! (p.95) Souvent, comme dans le cas de Franz Werfel, il donne un renseignement exact, puis il se contredit avec un fait ou une date inventée de toutes pièces. Par exemple, à l’article « NAZIM, Dr » (p.172), il écrit à juste titre que ce bourreau jeune-turc a fini par être exécuté en 1926 par les siens pour avoir comploté contre Kemal, tandis qu’à l’article « OPERATION NEMESIS » (p.179), on apprend qu’il aurait été abattu par Missak Torlakian, donc par un Arménien et plusieurs années auparavant !

Ara Krikorian va jusqu’à confondre sous la même rubrique : DJEMAL PACHA (AZMI), les deux personnages de Djemal Pacha déjà cité, l’un des trois acolytes du Triumvirat jeune-turc, avec Djemal Azmi, vali de Trébizonde, qui organisa l’extermination des Arméniens de sa province, souvent par noyade dans la mer Noire.(p.91) En revanche, ils se retrouvent séparés à l’heure de leur mort, en tombant sous les balles de vengeurs arméniens différents, pour Djemal Pacha en 1922 à Tiflis comme on peut le lire à la fin de cette rubrique, et en ce qui concerne Djemal Azmi à Berlin, en même temps que Behaeddine Chakir, le 17 avril 1922 (en page 69), et un an auparavant, « en avril 1921 », à la page 251.

Une rubrique concerne l’actualité de ce 24 avril : la « DECLARATION DU 24 MAI 1915 », document essentiel dont il a remanié les phrases à sa façon, avec pour résultat d’affadir sa signification, en substituant les termes de « nouveaux crimes de la Turquie contre l’humanité et la civilisation », dont les mots mis en caractères gras  furent utilisés ici pour la première fois dans un texte officiel, par celui de «  crime de lèse-humanité » sorti de son chapeau. Et c’est probablement en se fiant à son « Dictionnaire » que le rédacteur du discours du Premier ministre Edouard Philippe, lorsqu’il a évoqué cette Déclaration des Alliés, lui a fait prononcer, et à deux reprises, ce « lèse-humanité » inventé par le « militant » Ara Krikorian qui se prend pour un historien de la Question arménienne.

Or un « Journal », on peut le jeter par-dessus bord (ne vous inquiétez pas, on nous a annoncé qu’un deuxième tome était en préparation), mais un dictionnaire, y compris malheureusement celui-là, est destiné à demeurer dans les bibliothèques durant des décennies et de servir de « référence », c’est le mot qu’avait utilisé Arpik Missakian à son sujet, et je viens d’en montrer une conséquence fâcheuse.

Dans notre communauté hélas, entre le silence complice des uns et l’ignorance des autres, on peut écrire et publier n’importe quoi et jouer les vedettes, le ridicule ne tue pas.

Manoug Atamian

 

9 mai 2019

TOUMANIAN : interview à radio Arménie, Lyon

Filed under: ARTICLES — denisdonikian @ 3:57

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RA : Quelles raisons donneriez vous à un Arménien de France d’acheter les quatrains de Toumanian nouvellement publiés en édition bilingue par Actual Art, l’éditeur Mkrtitch Matévossian à Erevan ?

 

DD : Il y a cinquante ans, je me trouvais à Erevan et on fêtait le 100ème anniversaire de la naissance de Toumanian par une publication en français de son œuvre en 4 volumes. J’en ai beaucoup acheté pour les offrir. Cette année est le 150ème anniversaire. Et j’ai pensé qu’il fallait marquer cet hommage à Toumanian en republiant ces quatrains. Toumanian, c’est notre La Fontaine, son écriture est simple mais savante, profonde mais populaire et ses textes ont forgé la mémoire et l’esprit des Arméniens. Il s’inspire de l’âme populaire et réussit à faire de ce microcosme quelque chose d’universel. Toumanian est un pur écrivain arménien en ce sens qu’il n’imite ni les Russes, ni les occidentaux comme d’autres auteurs. S’il le fait, il donne toujours la prééminence à la langue populaire. En ce sens, Toumanian peut constituer une excellente porte d’entrée de la littérature arménienne dans la littérature mondiale. L’impératif de la reconnaissance du génocide a étouffé nos autres valeurs à commencer par notre littérature. Il serait temps de montrer que les Arméniens valent plus que les commémorations. Leurs écrivains ont à dire des choses au monde. Alors je dis aux Arméniens, achetez nos livres et offrez-les. Et vous ferez de ce cadeau un acte militant.

 

RA : C’est en effet un très beau livre. Je dirais même un livre classieux. Avec des portraits de Toumanian en pleine page, une par année de production. Actual Art a encore fait un excellent travail.

 

DD : Je travaille depuis des années avec Mkrtitch Matévosian, qui en tant que faiseur de livres montre une inventivité et un perfectionnisme qui sont uniques en Arménie. Il m’étonne à chaque fois. Un livre comme Poteaubiographie a même obtenu un prix. Cette fois, les portraits de Toumanian sont dans une technique à base d’argent. Les effets sont superbes. Par ailleurs, j’ai demandé à mon ami, Christopher Atamian, poète et écrivain vivant à NewYork, lauréat du prix Toloyan de littérature en 2017, d’en écrire la préface.

 

RA : En deux mots parlez nous de ces quatrains.

 

DD : Ce sont des sortes de haïku japonais, très brefs, exprimant l’évanescence de choses. Dans le domaine du bref, il y avait avant Toumanian, Nahapet Koutchak lequel exprimait les bonheurs que lui inspirait le spectacle de la vie. Toumanian fait du japonisme mais en mettant l’accent sur la nostalgie, le temps qui passe. C’est pourquoi il nous parle. Et nous n’avons pas besoin d’être arménien pour ça. Ce qu’il disait hier peut être entendu encore aujourd’hui.

2 mai 2019

Le Donikian nouveau est arrivé : TOUMANIAN

Filed under: ARTICLES,EVENEMENTS — denisdonikian @ 5:40

 

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« Quoi encore un ? Mais tu les sors Donikian comme tu pisses, tes livres !

  • Que faire ? Je suis comme ça.

  • Et tu crois qu’on va te les acheter tes livres ?

  • Mais ça vaut à peine le prix d’un khorovadz ?

  • Oui, mais le khorovadz, ça nourrit.

  • Toumanian aussi ça nourrit ! C’est de la culture arménienne non !

  • Tu as beau dire, ça ne se mange pas. Si au moins tu le vendais avec un khorovadz en accompagnement…

  • Je ne suis pas cuisinier, je suis écrivain. Et en l’occurrence traducteur.

  • Au moins si tu pouvais ajouter une danse du ventre ? Dans ce cas-là, je te jure j’achète ton livre.

  • Moi pas danseuse, mais pour mon livre qu’est-ce que je ne ferais pas ?

  • Alors c’est quoi ce Toumanian ?

  • Tout au long de sa vie, Toumanian a écrit des quatrains. Il commence en 1890 et il finit en 1922. Il fallait marquer le 150 ème anniversaire de sa naissance.

  • Pourquoi des quatrains ?

  • En fait, c’est le Japon des Haiku qui initie Toumanian au texte court. Mais avant lui, Koutchak avait déjà pratiqué ces sortes de brèves qui concentrent un maximum de sentiments, d’expression de la vie, de choses qui passent, de regrets, de nostalgies, de mélancolie.

  • Mais tout ça à la sauce Toumanian.

  • Toumanian est notre La Fontaine. Un écrivain d’une grande humanité quand les autres se contentent d’être écrivains sans parvenir à être humains.

  • Une traduction donc.

  • Et pour celui qui sait l’arménien, un livre en bilingue.

  • Traduction, j’ai dit.

  • Il fallait respecter le texte mais aussi la versification française. Un tour de force qui a demandé beaucoup de travail.

  • Préface ?

  • De Christopher Atmanian, écrivain arménien vivant à NewYork.

  • Editeur ?

  • Actual Art. Mkrtitch Matévossian n’est plus à présenter. Ici il a encore fait une merveille. Les quatrains sont répartis selon les années de leur production et chaque année est agrémentée d’un portrait de Toumanian reproduit à l’argent. Ce qui procure au livre un caractère esthétique inestimable.

  • Je lis. Vraiment une merveille. Les Arméniens auraient tort de passer à côté. Il faut avoir ce livre dans sa bibliothèque et le déguster goutte à goute.

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Pour se procurer le livre, s’adresser à Denis Donikian, 4 rue du 8 mai 1945, 91130 Ris-Orangis ou par mail : denisdonikian@gmail.com

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Prix : 20 euros port compris.

 

OFFRE :

Dieu est grand + Quatrains de Toumanian = 25 euros port compris

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Brèves de Plaisanterie + Quatrains de Toumanian = 25 euros port compris

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LAO, le roman du 1er mars + Quatrains de Toumanian = 25 euros port compris

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27 avril 2019

Sauver la vie et autres choses (47)

Filed under: APHORISMES,SAUVER LA VIE ET AUTRES CHOSES — denisdonikian @ 6:11

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*

Comme, en court-circuitant la conscience, l’entrée en matière promet des inondations de volupté, la tête, invitée à poursuivre sa course, se met en quête du suc suprême qui le fera fondre en larmes de bonheur.

26 avril 2019

Sauver la vie et autres choses (46)

Filed under: APHORISMES,SAUVER LA VIE ET AUTRES CHOSES — denisdonikian @ 5:45

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*

Qui veut te guérir d’un empoisonnement

propose de te sauver par l’empoisonnement.

25 avril 2019

Sauver la vie et autres choses (45)

Filed under: APHORISMES,SAUVER LA VIE ET AUTRES CHOSES — denisdonikian @ 1:34

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*

On mesure les défauts d’un homme d’État

aux malheurs que provoquent ses décisions sur le plus grand nombre.

24 avril 2019

Sauver la vie et autres choses (44)

Filed under: APHORISMES,SAUVER LA VIE ET AUTRES CHOSES — denisdonikian @ 7:39

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*

Quand un peuple en survie produit des intellectuels

trop désengagés pour le défendre ou le soutenir,

c’est le signe que ce peuple est malade, sinon moribond.

Sauver la vie et autres choses (43)

Filed under: APHORISMES,SAUVER LA VIE ET AUTRES CHOSES — denisdonikian @ 6:52

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Ceux qui commémorent leur génocide

se sentent vivants une fois par an

et meurent le reste du temps.

23 avril 2019

Sauver la vie et autres choses (42)

Filed under: APHORISMES,SAUVER LA VIE ET AUTRES CHOSES — denisdonikian @ 10:16

 

 

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Si on te donne 3 à manger, prends 2.

Si 2, prends 1.

Si 1, prends la moitié.

Si la moitié, jeûne.

Au bonheur des biens minuscules (2)

Filed under: APHORISMES,SAUVER LA VIE ET AUTRES CHOSES — denisdonikian @ 1:46

 

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*

Le pétillant sucré de la limonade qui explose dans la bouche de mon enfance.

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