Ecrittératures

12 novembre 2018

Ahmet Atlan condamné à perpétuité

Filed under: Uncategorized — denisdonikian @ 4:51

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Par Jean-Paul Mari de grands Reporters.com , jeudi 22 février 2018

Accusé d’avoir participé au putsch manqué du 15 juillet 2016, Ahmet Altan était incarcéré depuis septembre 2016 à la prison de Silivri (à 70 kms d’Istanbul). Vendredi 16 février 2018, il a été reconnu coupable ainsi que cinq autres personnes dont son frère, le journaliste Mehmet Altan, d’avoir tenté de « renverser l’ordre prévu par la Constitution de la République de Turquie ou de le remplacer par un autre ordre ou d’avoir entravé son fonctionnement pratique au moyen de la force et de la violence ».

Il est condamné à la réclusion à perpétuité.

« Après le coup d’état manqué de juillet 2016, nous sommes les deux premiers écrivains à avoir été arrêtés sur des chefs d’accusation kafkaïens. La prison à vie a été requise contre nous et nous avons cru d’abord que c’était une blague.

Nous avons cru qu’ils nous libéreraient après avoir eu la satisfaction de nous avoir maltraités. Ils m’ont relâchée, mais lui, ils l’ont condamné à perpétuité. Sans preuve, sans faits avérés, c’est purement atroce !

J’appelle tous les écrivains, les éditeurs, les journalistes à être solidaires d’Ahmet Altan et de tous les écrivains, journalistes, jetés en prison ou persécutés. »

asli erdogan, le 19 février 2018

Ahmet Altan, né en 1950, est un des journalistes les plus renommés de Turquie, son œuvre de romancier a par ailleurs connu un grand succès, traduite en de nombreuses langues (anglais, allemand, italien, grec…). Deux de ses romans sont parus en français, chez Actes Sud : Comme une blessure de sabre (2000) et L’Amour au temps des révoltes (2008).

Son père, le journaliste Çetin Altan, fait partie des 17 députés socialistes qui entrent au Parlement turc en 1967. Pour ses articles, il sera condamné à près de 2 000 ans de prison. En 1974, dans le contexte de « L’Opération de maintien de la paix » (invasion de la partie nord de Chypre par les forces militaires turques), Ahmet Altan s’engage dans le journalisme : très vite, il commence à être connu pour ses articles en faveur de la démocratie.

Il publie en 1982 son premier roman (vendu à 20 000 exemplaires) puis devient, en 1985, le rédacteur en chef du journal Günes. Il publie son deuxième roman qui est condamné pour atteinte aux bonnes mœurs et fait l’objet d’un autodafé.

1990 : Devenu journaliste à la télévision, il condamne la guerre et les deux camps, en dénonçant les crimes du PKK et de l’armée turque.

1995 : Il devient rédacteur en chef du journal Milliyet (l’un des plus importants du pays). Sous la pression de l’état-major, le journal le licencie. À la suite d’un article satirique, il est condamné à 20 mois de prison avec sursis. Il est accusé de soutenir la création d’un Kurdistan indépendant.

1996 : Son quatrième roman est un vrai phénomène de librairie, il y aborde les assassinats sans suite judiciaire.

1999 : Avec Orhan Pamuk et Yachar Kemal, il rédige une déclaration pour les droits de l’homme (et des droits culturels des Kurdes) et de la démocratie en Turquie, elle sera signée par Elie Wiesel, Günter Grass, Umberto Eco…

2007 : Il crée le journal d’opposition Taraf, dont il est rédacteur en chef jusqu’à sa démission en 2012.

2008 : Il publie un article, « Oh, Mon Frère » dédié aux victimes du Génocide arménien et se voit inculpé d’insulte à la Nation turque.

2011 : Il reçoit le prix Hrant Dink de la Paix (Hrant Dink est un journaliste arménien assassiné en 2007).

Esprit critique et très en prise avec la société turque, il est arrêté le 10 septembre 2016 ainsi que son frère Mehmet Altan, également journaliste, accusés d’avoir participé au putsch manqué du 15 juillet 2016.

Douze jours plus tard, il est mis en liberté provisoire, mais vingt-quatre heures plus tard, il est de nouveau incarcéré et reste en prison, inculpé « d’appartenance à une organisation terroriste » et de « tentative de renversement de la République de Turquie ».

Il a été condamné à la réclusion criminelle à perpétuité, le vendredi 16 février 2018, par le 26e tribunal pénal d’Istanbul.

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10 novembre 2018

Quand la France serre la main à Erdogan

Filed under: Uncategorized — denisdonikian @ 5:21

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Nous on lui tend le doigt

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Les autres lui pissent dessus

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PS. Au même  Erdogan qui qualifie le meurtre de Jamal Khashoggi de cruel ou très sauvage, nous autres Arméniens disons qu’en 1915 des meurtres cruels et très sauvages, il y en eut 1 500 000 et plus perpétrés par des Turcs.

4 novembre 2018

36 vues du Mont Tarara (22)

Filed under: Uncategorized — denisdonikian @ 3:30

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Dilemme

C’est ainsi que je me trouvai, un jour à Erevan, brutalement. Toute la nuit, la neige avait tapissé les terres arméniennes, et la terre au-delà des terres, de la plaine aux cimes du Tarara.

Et voici qu’au matin, je marche au plus haut de l’avenue Sebastia, me retourne, et tout à coup c’est devant moi l’immense traîne blanche qui plonge, s’étire, se répand, laisse libre cours à sa puissance pour finir sa course de vague géante sur les flancs de la montagne.

Je suis, le temps d’un éclair, littéralement sidéré. Et je reste un moment comme ça, à macérer dans ma sidération, tandis que les voitures, tant à droite qu’à gauche, s’acharnent à grimper et dévaler l’avenue.

Or, ce matin-là, la lumière prêtait à la montagne une aura de révélation. Quoi ? me dis-je. Je me sens brusquement dépouillé de mon histoire. Dépouillé de toute histoire. Comme nu devant ce diamant du paysage qui m’offre alors une variation de son éternité.

De pareils moments dans votre vie vous invitent à vous réveiller. Et je me demandai s’il n’y avait pas aussi cette façon de voir le Tarara. Une façon naturelle en quelque sorte. Une façon de regard vierge. Tandis que l’autre, l’habituelle, affublait mon regard d’un mensonge aussi vieux que les hommes.

En réalité, nous autres Arméniens, nous le rêvons ce Tarara. Il est devenu ce que nous sommes, à son corps défendant. Du moins nous l’avons fait tel que nous a faits l’histoire. Nous le désirons avec nos tripes et notre sang. Et comme il porte l’image de nos angoisses et de nos espoirs, nous l’avons aliéné de nos propres aliénations. C’est comme s’il fermentait dans notre esprit, travaillant à nous fabriquer une réalité surfaite mais nécessaire à notre survie. Faux Tarara qui nous habite avec une telle permanente intensité que nous l’habillons de croyances qui n’ont rien à voir avec ce qu’il est, rien à voir avec l’épisode mouvementé de la géologie terrestre qui a configuré ce lieu où devaient un jour advenir les Arméniens.

Rêve donc, autant que cauchemar. Car ceux des Arméniens qui voient le Tarara par la force de leur présence au sein de ce paysage en retirent de la puissance pour vivre autant qu’ils se rongent les sangs du fait qu’il se trouve prisonnier de leurs ennemis. Quant aux autres qui habitent à l’étranger, ceux pour qui la nation compte plus que leur personne, ils vivent en sourdine dans le désir chaque fois avorté de mourir au pied du Tarara, conscients jusqu’à la douleur que le destin ne saurait les exaucer.

Très vite, ce moment de sidération passé, la fausse montagne aura repris sa domination sur mon esprit. Car jamais je n’allais retrouver la beauté primitive de cet éclair où l’homme est réduit à sa solitude, fût-ce écrasé par la présence d’une montagne qu’aucun nom ne vient encore enfermer. De fait, aussitôt après que seront revenues les illusions, ce nom de Tarara m’aura de nouveau enfermé dans le mythe qui le définit, si fort que l’éclair de lucidité m’aura paru comme l’étrange parenthèse d’une réalité improbable au regard de la routinière image dans laquelle je me complaisais.

Ainsi fait, pour peu qu’il inscrit son destin dans une histoire commune, tout Arménien, à commencer par moi-même, souffre d’un mélange de désir et de délire. Et le Tarara, qu’il regarde réellement ou mentalement, l’y emploie. Il le tire vers le haut autant qu’il illumine son âme par l’intensité de son mystère. Mais sitôt que l’histoire s’en mêle, la conscience que le Tarara lui est interdit en raison d’une frontière qui l’empêche de l’aborder, c’est la blessure qui lui revient au visage. Au juste, la Tarara revêt l’image double d’une rédemption par la survie après le massacre et d’une punition par le vol des massacreurs. La vie, la vie profonde, la vie secrète de tout Arménien réside dans ce balancement entre la satisfaction de posséder une terre et la frustration d’être dépossédé de sa montagne. Impossible aux habitants d’Erevan d’échapper aux rages et aux arrangements de la résignation.

Pour moi, la quête souterraine qui m’aura conduit dans ma vie aura été de fuir les mensonges de mon éducation, sinon de ma naissance, quitte à me laisser par faiblesse aspirer par les confortables aspirations du mythe en alternance avec les réveils brutaux dans la réalité primitive d’une existence dépouillée de toute émotion collective.

Où est ma vérité ?

Le mythe me fait vivre, mais c’est un mensonge. Et mon humanité nue m’expose au vide. Alors quoi ? Faut-il consentir au mensonge au détriment d’une certaine authenticité ou apprendre à se désaliéner des forces collectives afin d’avancer dans la lumière de son propre destin ?

La peur me jette dans les hallucinations qui habitent mes frères plutôt qu’à me perdre dans l’amour de la vie.

Il n’y a pas de délivrance sans reniement.

1 novembre 2018

Cuisine d’Arménie

Filed under: CUISINE ARMENIENNE — denisdonikian @ 4:34

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Nous étions un soir à Erevan, plusieurs amis autour d’une table à goûter des plats arméniens. L’invité d’honneur était Ahmed Insel, professeur, essayiste, éditeur turc, coauteur de la Lettre de pardon adressée aux Arméniens. Les plats étant posés sur la table, Ahmed Insel se mit à les énumérer en leur donnant leurs noms turcs, au grand étonnement des naïfs qui croyaient dur comme fer qu’il s’agissait de recettes typiquement arméniennes. Et pour en rajouter une couche, notre invité eut la mauvaise idée de nommer d’autres plats qui ne figuraient pas au menu ce soir-là.

Dites à présent qu’il existe une cuisine arménienne. Il s’agit ni plus ni moins d’un raccourci dont s’emparent les petits frustrés arméniens qui croient que les plats de leur mère ou grand-mère qui ont éduqué leur palais sont des mets strictement nationaux. Cette manière de voir n’est rien d’autre qu’une manière d’ignorer l’histoire et surtout les lois de l’anthropologie. En effet, les Arméniens et les Turcs, mais aussi les Grecs, les Kurdes et autres, ayant vécu durant des siècles en situation de proximité, de partage et même de mélange, n’avaient d’autre issue que celui des échanges à commencer par les échanges culinaires. Car le bien manger implique d’échapper à une routine en essayant une nouveauté et à faire d’un essai réussi une adoption.

Cédant aux sirènes de la publicité, mais surtout à l’envie de revisiter les recettes de ma mère chérie ( laquelle affirmait, dans une sorte de racisme culinaire exempt de toute méchanceté : «  Seuls les Malatiatsi savent faire la cuisine. Les Kharpetsi et les autres, non. » On aura compris que ma mère était une cuisinière de premier plan – comme toutes les mères arméniennes d’ailleurs – et qu’elle était native de Malatia), j’ai acheté le livre : Cuisine d’Arménie, de Corinne Zarzavatdjian et Richard Zarzavatdjian ( éditions SOLAR, 28 euros). Inutile de vous dire que ce livre fait un tabac, surtout quand on sait que Richard travaille pour la télé.

Tant mieux, dans le fond, si les Arméniens arrivent à parler de leur histoire tragique en aidant tout profane à préparer un dolma ou un sou-beureg. Corinne et Richard n’ont d’ailleurs pas manqué de le faire dans leur introduction.

Il reste que ce livre m’a profondément gêné, à commencer par cette obstination à vouloir arméniser des plats qui appartiennent plus à une région qu’à un seul peuple. D’autant que les dénominations de ces plats sont loin d’être arméniennes comme dolma, sou-beureg, tchi keufté, imam bayeldi, kavourma, lahmadjoun, etc.

On peut regretter de n’avoir pas trouvé les keufté aux lentilles dont je raffole, ni les feuilles de vigne à la viande. Et qu’à propos des feuilles de vigne, on ait négligé de dire qu’elles doivent être cueillies au printemps parmi les dernières sorties, car elles sont plus tendres, les autres étant plus sombres et plus dures. On peut aussi regretter que le manti représenté ( en forme de bateau) soit uniquement celui qu’on met au four, alors qu’il en existe un autre où la pâte recouvre entièrement la farce. ( Le meilleur manti que j’ai mangé m’a été servi par le restaurant turc Hasir, dans le Kreuzberg, à Berlin).

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Par ailleurs, ce livre, qui voudrait ressusciter les traditions, fait tellement dans le modernisme qu’il en vient à utiliser des ingrédients que nos mères auraient rejetés. C’est le cas des beureg et du sou-beureg utilisant la pâte filo ou des feuilles yufka. Or, nulle part n’est donnée la raison pour laquelle on appelle ce dernier plat : sou-beureg. Et pour cause, le mot sou est un mot turc qui veut dire eau. En vérité, la préparation du sou-beureg, autant que j’ai pu le constater en voyant faire ma mère, consiste à tremper les galettes de pâte dans de l’eau chaude, puis à les passer sous l’eau froide avant de les étaler dans le tepsi. Ce qui demande beaucoup de travail. Mais la bonne cuisine, c’est beaucoup de travail et ça fait travailler les muscles et les méninges. (Pour preuve ma mère a vécu jusqu’à l’âge de 92 ans). Un vrai sou-beureg, c’est de plus en plus rare. Par exemple, à Saint-Chamond, à ma connaissance, seule ma sœur Simone sait encore le faire. A telle enseigne que ses amis qui n’ont ni la patience, ni la compétence pour le faire lui en demandeNt.

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Ma soeur Simone faisant un sou-beureg

A Paris, au restaurant de la Rue Bleue, il m’arrive de commander un sou-beureg qui a la désobligeance de ne pas ressembler à celui de ma mère puisque pour aller vite on utilise de la pâte filo. Une aberration. Ou ce que j’appelle un « oudourmasion » ( un arrangement avec la réalité) comme savent le faire les Arméniens. Comme de dire, dans la préface de ce livre, que depuis Diarbékir on peut voir la cime de l’Ararat. Autant que je peux voir mon cul, oui !

Bon, je vais quand même essayer le midia dolma.

Denis Donikian

 

 

 

29 octobre 2018

Trente-six vues du mont Tarara (21)

Filed under: ARTICLES — denisdonikian @ 9:00

 

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Description des Tarariens

Les Tarariens habitent autour du Mont Tarara depuis des siècles. Ce qui leur donnerait le droit de penser que la montagne leur appartient. Le Tarara figure sur leur drapeau, leurs timbres, leurs billets de banque, mais aussi dans leur hymne national. D’ailleurs, leurs enfants naissent avec une tache bleutée sur les fesses, ayant la forme d’un V renversé. Un signe ! Quand un Tararien lève la tête, ses yeux se heurtent obligatoirement au Tarara ; il vit avec cette grandiose obsession du paysage. Et comme les Grecs qui tournent leur maison vers la mer, les Tarariens habitent leur terre en regardant le Tarara. Ils en sont toqués. C’est leur Mecque, leur Saint Sépulcre, leur Mur des Lamentations, leur Jérusalem céleste.

 

( Si on leur reproche une telle idolâtrie, les Tarariens répliquent que certains peuples ont inscrit la lune sur leur propre drapeau alors même qu’elle ne leur appartient pas. Pourquoi donc n’auraient-ils pas, eux, un droit exclusif de propriété sur leur montagne ?)

 

Mais voilà. Aujourd’hui les Tarariens ne sont pas heureux : on les a dépossédés de leur chère montagne. Une visible tragédie de leur histoire. Massacrés, dépouillés de leurs terres, et le Mont Tarara resté chez leurs bourreaux ( l’ingrat ! ). Et quand les survivants aperçoivent le Tarara, l’autre côté de la frontière, ils voient rouge. Leurs nuits se passent en cauchemars, leurs journées en discussions politiques. Et les générations s’éteignent, laissant aux autres le soin de perpétuer leur mal, sinon de le résoudre. Un enfant tararien a reçu de son père le prénom de Vengeance. Tout un programme.

 

Les Tarariens aiment les Tarariens dans la mesure, la seule, où chacun reconnaît en l’autre son double, son image idéologique. Deux Tarariens qui se parlent utilisent les éléments d’un code fondé sur l’adoration perpétuelle et indiscutable de la Tararie. On teste chez l’autre sa capacité à produire et à reproduire de la tararité. Les Tarariens s’alcoolisent l’esprit avec de la mémoire tararienne. C’est un peuple qui vit dans le mimétisme et la répétition. Je ressemble, donc je suis. Panurgisme culturel. D’ailleurs, la suprême jouissance des Tarariens, c’est de se trouver en très grand nombre dans une rue ou sur une place publique en train de manifester pour la défense ou l’illustration de la Tararie. Alors ils existent. La Tararie constitue un critère de reconnaissance ou d’exclusion. On en est ou on n’en est pas. On mesure l’autre à l’aune d’un tararisme correct. Tout le reste est égarement inadmissible de l’esprit.

 

Mais l’inverse est également vrai. Dans le fond, les Tarariens détestent les Tarariens. Ils se jalousent , ils se fuient, ils s’entretuent.

 

Tous les Tarariens ne vivent pas en Tararie. Certains, après la Grande Catastrophe, ont déserté ces terres maudites (ce qui réjouit leurs bourreaux une seconde fois). Aujourd’hui, des Tarariens ont fait leur trou dans tous les pays du monde. On se surprend parfois à en trouver là où l’on s’y attendrait le moins. Pour en avoir le cœur net, un jour, traversant le désert de Gobi, j’ai soulevé une pierre au hasard et je suis tombé nez à nez avec un Tararien qui s’abritait de la chaleur. ( Tassé au fond de son trou, il ressemblait à une crotte écrasée et presque sèche. Je le pris d’abord pour un yogi dans la posture du fœtus. En fait , sous son béret tricoté en trois couleurs ( bleu, rouge, orange comme sur un drapeau ), si large qu’il devait lui servir d’ombrelle, je reconnus Fyda Perrane, peintre tararo-lattriste, c’est-à-dire tararien, latrinien, lettriste et triste ). Ainsi, quand un Tararien voyage à l’étranger, il peut être assuré de se sentir un peu chez lui en retrouvant des frères. Ces Tarariens hors-les-murs appartiennent à ce qu’on appelle communément la Diastararie, ou Tarariens de la dispersion, ceux qui, tombés de leur montagne à l’automne, jonchent le sol du monde. Mais c’est toujours l’automne en Tararie : beaucoup s’exilent, poussés par le vent, pour hurler à la mort, dans la nuit, loin du Tarara.

 

Aujourd’hui encore, des Tarariens quittent définitivement la Tararie. Leur nombre croît de mois en mois. Voilà bien des années, ils avaient abandonné leur pays d’adoption pour vivre en Tararie avec des Tarariens. Mais les Tarariens de souche n’ont cessé de les humilier, ces « frères ». Si tu n’es pas content, retourne où tu étais ! De sorte qu’aujourd’hui, la coupe étant pleine, les « frères » se séparent de ces Tarariens qui aspirent bêtement à vivre et à s’aimer entre eux. Or, tous les Tarariens en veulent à ces déserteurs. Les premiers à s’en plaindre sont généralement ceux qui ont déjà quitté le navire ou qui n’ont jamais donné un seul coup de rame puisqu’ils ont toujours vécu hors Tararie.

 

Au moment où, en Tararie, sévit le sauve-qui-peut, où s’exilent, chaque mois, deux mille Tarariens, où aucun Tararien extérieur ne songe à s’installer définitivement au pays, certains réclament des terres en criant le plus fort possible :  » I-an ! I-an ! I-an !  » La vie de tout Tararien qui se respecte consiste, dans le fond, à réclamer des terres qu’il a perdues. C’est l’unique credo, le tao qui se mord la queue. Reste à savoir si ces terres une fois reconquises pourraient de nouveau leur échapper. Il s’agirait alors de reprendre la lutte. Et ainsi jusqu’à la fin des temps… D’ailleurs l’histoire de la Tararie montre, à partir d’une certaine hauteur de vue, que ses frontières furent d’une effrayante mobilité. Durant des siècles, elles avaient même complètement disparu.

 

Que propose un philosophe tararien à un Tararien ? D’être et de rester tararien.

 

Que propose un poète tararien à un Tararien ? D’être et de rester tararien.

 

Que propose un religieux tararien à un Tararien ? D’être et de rester tararien.

 

C’est ce qu’a peut-être voulu dire Thoros par ces paroles :

« Nos philosophes font de la philosophie, mais ne sont pas philosophes.

Nos poètes font de la poésie, mais ne sont pas poètes.

Nos religieux pratiquent leur religion, mais sont dépourvus de sens mystique .

Les écrivains tarariens s’adressent à des Tarariens pour cultiver leur tararisme. Ils s’écartent rarement de ce programme. Chaque voix tararienne est une variation sur la Tararie ».

 

Les Tarariens ont peu d’écrivains scandaleux. Leurs écrivains eux-mêmes ont peur du scandale. Les premiers obligent tacitement les seconds à aboyer comme eux. Dans ces conditions, l’écrivain devient timoré, apathique ou démagogue. Et le peuple demeure immobile.

 

Pour comprendre les Tarariens, il faut connaître le chiffre deux. Aucun peuple au monde ne pratique à ce point la division, c’est-à-dire l’opposition de deux termes non dialectiques. A croire que c’est là son unique mode d’existence et de cohérence. ( J’ai dit plus haut que chaque Tararien recherchait en l’autre son propre double comme image du tararisme. C’est en fait au nom d’un tararisme passionné et pur qu’un Tararien, tenant de telle doctrine, rejettera un autre Tararien partisan d’une opinion différente ). Ainsi, comme on l’a déjà vu, il existe deux lieux sur terre où vivent les Tarariens : la Tararie et le reste du monde. En somme, deux patries. Cet état des choses en entraîne d’autres : les Tarariens parlent deux langues, ont une Eglise avec deux papes, deux partis politiques ( les pour et les contre ), deux façons de dire ah !, deux poches à leurs pantalons, deux oreilles ( l’une pour écouter, l’autre pour faire le sourd), deux équipes de football ( mais peut-être en ont-ils trois ! ), deux fleuves ( qui, en Tararie, ne se rencontrent jamais), deux voies à sens opposés sur leurs autoroutes, deux mains ( une pour dire bonjour, l’autre pour… ), deux entrées dans leurs autobus, qui sont également deux sorties, etc… Ah ! j’oubliais : deux hémisphères cérébraux ( ce qui pourrait tout expliquer). Le Mont Tarara étant une montagne à deux sommets, faut-il voir dans cette bicéphalie un modèle auquel se conforme tout Tararien ? Mais je n’irai pas jusque-là.

 

Quand un Tararien fait baptiser son enfant, il n’en fait pas un fils de Dieu. Il en fait un Tararien.

 

Les Tarariens ont un tel culte du passé qu’ils finissent par le reproduire.

 

Ils ont la lettre, et ils ont perdu l’esprit.

 

Les seuls Tarariens qui défendent la Tararie sont ceux qui l’attaquent. ( Mais ils sont vite neutralisés : lapidés, phagocytés, ou plus simplement excrémentés ).

 

Le Tarara est un bout du monde. Un sommet… Indicateur de l’infini certes, mais si petit devant l’infini.

 

Le Tarara n’est pas une montagne. C’est un gouffre, un piège, un idéal de grâce et de fatalité.

 

Les Tarariens imitent, s’imitent, se copient, reproduisent… Savent-ils inventer ?

 

Ils parlent de génocide. Pas de la mort. Les champions du « pathos nécro-culturel » (J.B.). La mort, dans le fond, ne les intéresse pas. Seul existe l’en-deçà. L’Histoire. Qui est l’avant et qui est l’après. Leur vie dans l’histoire, dans le cercueil de l’histoire. Leur vie est l’histoire de leurs frontières. Leur vie dans le cercueil de leurs frontières.

Les Tarariens ont un sentiment et ils croient penser. C’est d’ailleurs tout le drame de leurs intellectuels, de ceux qui pensent vraiment.

 

Sont-ils victimes de leur ignorance ? Enfermés dans l’image qu’ils ont d’eux-mêmes et qu’ils se donnent, les Tarariens se voient en incorrigibles martyrs.

 

Les Tarariens se rasent tous les deux ou trois jours. Porter la barbe est signe de deuil , mais aussi de reconnaissance. Les hommes y ajoutent le vêtement noir, quand ce n’est pas nécessaire. Des pleureuses. On pourrait les croire habités par ce qu’on appelle une foi de charbonnier. Un jour, pour en avoir le cœur net, j’interrogeai Jhanrou Mherdad sur ce genre de prédilection, vu que, représentant archétypique de ce genre d’uniforme, son extérieur laissait supposer des dessous identiques, et ainsi de suite. Il me déclara qu’il vivait en état de deuil permanent comme il existe un état révolutionnaire de même durée idéologique. A la vue des cheveux blancs qui commençaient à concurrencer sérieusement sa tignasse d’origine, je fus saisi d’inquiétude et lui en fis part. C’est très simple, me répondit-il, le jour où j’en aurai trop , je troquerai mes habits noirs pour des blancs. Et le tour sera joué. Il est vrai, après tout, que le blanc, dans certains pays d’Asie, reste la marque du deuil. Mais c’est fort salissant.

 

Depuis que le Tarara a rengainé son feu, depuis qu’il s’est cryogénisé ( en attendant de fondre un jour sur le vieux pays, par surprise, iconoclaste suicidaire de sa propre somptuosité ), les Tarariens, en dignes fils de leur montagne, se nourrissent de menus incendies pour alimenter leur culte : viandes épicées, eau-de-vie qu’ils boivent dans de grands verres comme leur eau culturelle, en grimaçant d’effort puis de soulagement , toutes sortes de légumes imprégnés de vinaigre, et j’en passe. Les Tarariens sont des mangeurs de viandes, autrement dit des tueurs. Tueurs transparents, bouchers qui opèrent sans hypocrisie puisqu’ils ne dissimulent pas aux yeux des hôtes la bête qu’ils feront mourir et qui servira au festin. D’ailleurs elle ne meurt pas, elle « crève ». Mourir est un privilège d’homme. C’est pourquoi jamais, depuis que le Tararien existe, n’est venue à sa conscience l’idée qu’un animal puisse souffrir. Jamais un Tararien n’atteindra cette conscience-là, le sens d’une vie autre. En Tararie, le grand massacre des moutons bat son plein avec l’arrivée des beaux jours, en Avril. Ainsi, aux abords des églises et des monastères, on a dû aménager des lieux consacrés à ce rite ; les pierres sont rougies par le sang et les mouches vertes s’affairent sur les poubelles, ventres de fer pour les abats. Vous parlez, quel festin sous le soleil, surtout quand, dans les jours les plus fastes, le Tarara se montre aussi blanc et acéré qu’une canine ! Le sacrifice fait partie de la religion tararienne. Peu importe le dieu du moment. Les Tarariens, ces ténébreux crépusculaires doués de mémoire trouble, aiment associer le sacré à la grande bâfre, l’adoration de l’Agneau à la dévoration du mouton. La bête est d’abord découpée en morceaux ayant la dimension d’une gloutonnante bouche humaine ; on laisse ensuite les fragments de chair s’infuser de poivre rouge et d’oignons ; le tout passe enfin à la flamme, une flamme nourrie aux sarments de vigne tararienne, comme il convient. Celui qui n’a pas vu un Tararien tirer de toutes ses dents et de tous ses doigts sur une viande rebelle, s’affairer avec la ténacité d’une ventouse, mâchonner, avec quelle délectation sauvage ! le feu des épices, puis transformer à la longue son œsophage en cheminée volcanique, n’a rien vu. Alors, le ventre dilaté par les bières successives, le toast-au-frère boursouflé de vapeurs et de comédie, la bouche crachant ensuite toutes sortes de laves et de scories verbales, le Tararien atteint son nirvâna flatulent. Il lui arrive même de danser des danses gélatineuses et de chanter des chansons flasques aux sons d’un blues nostalgique fait de tambourin grêle et de clarinette nasillarde, typiques du lieu. Le Tararien tient tellement à mordre dans sa viande qu’en période de restriction son regard se tourne vers le zoo, un regard si gourmand que son œil s’exorbite et que lui vient l’eau de l’appétit. On a même vu, une certaine année, des hommes aux airs de fauves rôder autour des cages. Fryda le chimpanzé et Rhoujan l’ours noir, deux exilés emblématiques de la Tararie, ont jusque-là été épargnés. Mais avec la fin du communisme et la montée des anarchies, les voilà qu’ils tremblent à faire trembler leurs barreaux. Je les imagine pourtant comme une belle brochette, épicés au poivre rouge, parfumés d’oignons frais, d’aromates locaux, grillant à petit feu, puis amoureusement broyés par une mâchoire tararienne. En vérité, quel apaisement ce serait ! Et quelles métamorphoses digestives connaîtraient nos deux spécimens d’exposition dans le ventre d’un frère humain affamé !

 

25 octobre 2018

Le Donikian nouveau est arrivé.

Filed under: Uncategorized — denisdonikian @ 2:41

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« Encore un ?

– Non, plusieurs, mais je vous épargne le reste.

– Quel reste ?

– Du théâtre et de la poésie.

– C’est-à-dire ?

– La nuit du prêtre chanteur et L’île de l’âme traduits en arménien, Les chevaux Paradjanov, traduit en espagnol.

– Rien en français ?

– Calmez-vous on y arrive…

– Quoi alors ?

– Rien qui intéresse les Arméniens.

– Dites toujours.

– Rien je vous dis.

– C’est justement ce rien qui peut être intéressant.

– Un livre pour ceux qui aiment marcher.

– Justement j’aime marcher.

– Pour aller chercher votre journal chez le buraliste du coin !

– Non, marcher même quand ça fait mal.

– Masochiste ?

– Mal aux jambes mais les yeux dans le ciel.

– Ah mais alors vous êtes mon homme !

– C’est-à-dire ?

– Un lecteur potentiel de mon livre.

– Encore un ? Et qu’il faudra payer ?

– Mais je ne peux pas vous le donner tout de même !

– Il y a des images ?

– Plein. Et même une carte pour indiquer des itinéraires.

– Où ça se passe votre livre de marche ?

– En Arménie.

– J’aime beaucoup marcher dans Erevan.

– Je vous parle de l’Arménie, pas de la capitale.

– L’Arménie ? Connais pas.

– Justement, mon livre vous la fera connaître.

– Combien il coûte ?

– Mais je ne peux pas vous le donner tout de même ?

– Donner non. Mais vous pourriez me le prêter.

– VA TE FAIRE E… CHEZ LES GRECS, BACHIBOUZOUK !

 


« Marcher en Arménie » comprend trois grandes randonnées dans différentes provinces : le Syounik, le Tavouch et le Zanguezour.

Le livre est en édition bilingue français/arménien. Il comprend de nombreuses photos et une carte.

Il comporte une postface de Seda Mavian, journaliste à Nouvelles d’Arménie Magazine.

Il appartient à la collection : Itinéraires arméniens de l’éditeur Actual Art (Erevan)

Il a été publié avec l’aide de l’Etat arménien, sauf les traductions dont les dépenses ont été assurées par l’auteur.

Le livre, frais de port compris, coûte 20 euros. Tout acheteur recevra un autre livre de l’auteur en cadeau.

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15 octobre 2018

Binali Yildirim appelle l’Arménie à ne plus parler du génocide de 1915

Filed under: GENOCIDE ARMENIEN — denisdonikian @ 8:42

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8 octobre 2018

Aznavour se rebiffe. Moi aussi

Filed under: Uncategorized — denisdonikian @ 4:54

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pour rappel : cliquer ICI

6 octobre 2018

Un récital

Filed under: Uncategorized — denisdonikian @ 4:17

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Nous avons le plaisir de vous annoncer qu’aura lieu à Paris un récital sur la littérature arménienne. au centre de Wallonie-Bruxelles le 8 octobre 2018  

Voici le texte de l’annonce concocté soit par l’un soit  par l’autre des récitants:

*

« Récits d’Arménie », par Serge Avédikian et Marianne Denicourt, dans le cadre du Festival Francophonie Métissée au Centre Wallonie-Bruxelles à Paris (46 rue Quincampoix – 75004) le 8 octobre à 20h.

Les deux comédiens proposent un parcours dans la littérature arménienne, depuis le Ve siècle jusqu’à nos jours. Les extraits seront lus en français et en arménien.

Seront d’abord lus les textes des religieux Krikor Naragatsi (Xe siècle), dont les prières sont minées par les défaillances de l’âme, et Nahapet Koutchak (XXe siècle), tiraillé par l’enchantement et par les exigences de sa vocation.

Et comme la littérature française à son La Fontaine, les lettres arméniennes ont Toumanian, qui puise dans la vie ordinaire du peuple arménien tout ce qu’il faut pour parler de l’homme même, lui qui a connu les deuils personnels et ceux de toute une nation en 1915.

Des auteurs de la République soviétique, on peut retenir Aksel Bakounts, dont l’écriture à une profondeur mystérieuse, et le flamboyant Yeriché Tcharents. Tous deux ont disparu lors des purges staliniennes de 1937. Cette même république se clôt avec les ultimes poèmes de Paraouïr Sevak, écrivant avec l’intuition qu’une révolution de la vérité est à faire ou à venir. L’indépendance politique de l’Arménie devait forcément conduire ces écrivains les plus grands à prendre le contre-pied des formes compassées ou passéistes des règles soviétiques, telle Violetta Krikorian, pour qui la poésie n’est pas à vendre ou Marine Petrossian, miniaturiste de l’intime infini des choses. En France, Marc Nichanian, philosophe et écrivain, conduit une réflexion continue depuis plusieurs décennies sur le génocide dans ses rapports à l’écriture.


Ce texte n’étant pas de nous, et pour cause, nous tenons à préciser :

Que les Quatrains  de Toumanian ont été traduits par…. Denis Donikian ( actual Art)

Que Trois contes de Toumanian  ont été traduits par Varoujan Gureghian et… Denis Donikian  ( Edipol)

Que le recueil de Parouir Sévak, Que la Lumière soit ! a été traduit par… Denis Donikian ( éditions Parenthèses)

Que l’expression  » la poésie n’est pas à vendre » est le titre d’un article de… Denis Donikian

Que l’expression  » miniaturiste de l’intime infini des choses » est le titre d’un article de… Denis Donikian

Que ces deux poétesses ont été traduites par… Denis Donikian

Que Denis Donikian est tout sauf un écrivain arménien de la diaspora s’exprimant non pas en français mais en wolof, qu’il n’a écrit aucune pièce de théâtre, aucun roman, aucun recueil d’aphorismes, aucun essai sur l’Arménie ni sur la diaspora, aucun poème, ni même une encyclopédie du génocide arménien. Ce qui ne saurait faire  de lui un auteur arménien digne d’être présenté durant un récital sur la littérature arménienne d’expression française. A peine un cul-terreux… et encore.

23 septembre 2018

Le vol des oligarques

Filed under: ARTICLES — denisdonikian @ 5:05

Prise de Bec

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*

Les oiseaux volent légers contrairement aux oligarques qui ne volent
que du lourd. C’est pourquoi selon la nature des choses, les oiseaux
n’entreront jamais dans le clan des oligarques, ni les oligarques dans
la catégorie des oiseaux. Ce sont deux mondes qui s’ignorent, quitte à
ce que le vol d’un oiseau puisse faire ici ou là l’admiration d’un
oligarque comme celui d’un pygargue en train d’emporter un agnelet pour
le dévorer. Mais qu’on ne s’y méprenne pas : on ne verra jamais un
pygargue s’en prendre à un coffre-fort. Le monde naturel est ainsi fait
que les oiseaux restent dans l’ordre des oiseaux. Alors que toute
oligarchie qui se respecte ne connaît pas d’autre ordre que celui du
désordre. L’oligarchie est une anarchie.

Un oiseau dans les airs vole comme sur du velours. Ca glisse et ça
lisse. L’oiseau se laisse porter par les airs ascendants et économise
ainsi son énergie. En revanche, l’oligarque adore les messes basses et
les basses besognes, quitte à descendre le moindre péquenot qui veut
faire obstacle à l’empire de sa graisse. Et pourtant, le pire que
devrait apprendre à redouter un oligarque, ce sont les réunions
sauvages de tous les péquenots qu’il a dégommés, mais pas assez pour
leur ôter l’envie de lui voler dans les plumes. Ainsi surgissent les
révolutions que l’oligarque n’a pas vu venir tellement elles avancent
en silence en jouant sur du velours. Tant qu’elles se produisaient sur
les places publiques pour divertir le peuple, ces furies faisaient
sourire les oligarques en train de compter leurs grosses voitures, de
nourrir leurs bêtes exotiques ou de baiser une pute pour se donner de
l’extase à vil prix.  Mais dès lors que le peuple trop longtemps violé
par les prédateurs de tout poil s’est mis en tête de bousculer le
désordre établi, les oligarques ont aussitôt appliqué leur plan B en
prenant le premier vol  pour une capitale du capitalisme. Ne vous y
trompez pas, ceux qui font profil bas dans les aéroports, ce sont des
oligarques (par exemple, les dasnaks ne font jamais ça vu qu’ils n’ont
aucune honte à s’exposer à poil de face ou de profil). Généralement,
ils se choisissent la meilleure place : près d’un hublot pour voir les
grands oiseaux voler un temps de concert avec leur avion en phase de
décollage jusqu’au moment où ils seront lâchés loin derrière. C’est
alors qu’ils se sentent soulagés et qu’ils peuvent commander un verre
de cognac à l’hotesse qu’ils se promettent de baiser dans les
toilettes, même si les oligarques de gro/as gabarit du genre Dodi Gago,
notre sumo bien-aimé, savent qu’à deux ils ne pourraient  pas s’en
tirer dans un espace aussi étroit. Ainsi quittent leur patrie les oligarques sachant qu’ils n’ont jamais eu d’autre patrie que l’argent. Alors que la seule patrie des
oiseaux, c’est l’air. L’air vaste et libre qui permet d’errer à sa
guise d’un pays à l’autre. Car les oiseaux, êtres marinés d’azur par
excellence, ne connaissent pas les frontières sinon pour les
transgresser. Une cigogne ne sera jamais arménienne ni turque, ni
africaine ni alsacienne. Ce sera toujours une cigogne sans autre
territoire que celui que lui accorde la transcendance du vol, à savoir
le grand espace ouvert jusqu’à l’horizon derrière l’horizon. Alors
qu’un oligarque qui ne peut plus voler ici, volera ailleurs,peu
importe le pays pourvu qu’il fasse son nid. C’est tout lard du cochon
que d’être constitutif de son amour du monde. Lui non plus ne connaît
pas de frontière. D’ailleurs, c’est le seul point qu’il partage avec
les oiseaux.

Pléneuf Val André, le 18 septembre 2018

11 septembre 2018

Rapport ACCABLANT sur notre système de santé

Filed under: Uncategorized — denisdonikian @ 2:33

 

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Dernière minute : rapport ACCABLANT sur notre système de santé

Chers amis du Naturel,

Le 6 septembre dernier, un rapport officiel sidérant a été rendu à la ministre Agnès Buzyn.
Son titre est purement technique :
Rapport sur l’amélioration de l’information des usagers et des professionnels de santé sur le médicament. [1]
Mais son contenu est incendiaire sur les failles de notre système de santé.
Cela commence comme ceci :
« Les années récentes ont été jalonnées de plusieurs crises, de gravité variable, impliquant des médicaments (vaccination H1N1, Mediator, Dépakine et le valproate de sodium, Lévothyrox, pilules de 3e génération, docétaxel, etc.). »
Et tout de suite, cette affirmation claire et nette : nos autorités ne sont pas assez prudentes vis à vis du danger potentiel des médicaments !
« Au-delà du dispositif de pharmacovigilance, lui-même perfectible, le suivi en vie réelle des médicaments reste très insuffisant malgré les risques que présentent nombre d’entre eux »
« Suivi en vie réelle » est un jargon de technocrate.
Mais ce que cela veut dire, c’est que personne ne s’intéresse au jour le jour à la dangerosité des médicaments.
Et le pire, c’est que les médecins eux-mêmes sont désinformés par Big Pharma !
« Hormis l’exception notable et souvent citée de La revue Prescrire, les professionnels se documentent fréquemment dans des publications financées par des industriels plutôt que par leurs abonnés. 
Ils sont dès lors nombreux à se documenter via l’information délivrée par les industriels, qui emprunte traditionnellement plusieurs canaux (visite médicale, presse spécialisée, congrès). »
Donc, on vous l’avoue noir sur blanc :
C’est bien Big Pharma qui informe les médecins de l’actualité des médicaments !
C’est un scandale inouï, qui explique toutes les crises sanitaires que nous connaissons !
Car au final, c’est bien vous et moi qui sommes désinformés… et maltraités :
 « Le temps limité dont disposent les médecins lors de chaque consultation ou visite et la difficulté pour un médecin généraliste de se tenir informé en permanence de toutes les actualités médicales et réglementaires sont souvent pointés du doigt comme autant d’obstacles à une bonne information du patient »
Et le pire, le pire…
c’est qu’on ne peut même pas compter sur les associations de patients !!!
Pourquoi ?
Parce qu’elles sont largement financées par Big Pharma !
Là encore, ce n’est pas moi qui le dit mais le rapport officiel :
« S’agissant des associations d’usagers, le fait qu’elles sont trop dépendantes de l’industrie pour leur financement et que cela nuit à leur crédibilité a souvent été avancé »
« le financement des associations d’usagers par les industriels, dans des proportions parfois très élevées, fait naître des soupçons de clientélisme souvent exprimés lors des auditions conduites par la mission »
Et toujours selon ce rapport officiel, il ne faut pas non plus compter sur les pharmaciens pour vous dire la vérité sur les médicaments :
« Le mode de rémunération des pharmaciens est historiquement lié à leur volume de vente, et donc peu incitatif s’agissant de la délivrance d’une information claire, complète et adaptée au patient. »
Bref, notre système est MALADE.
Et c’est pour cela qu’il y a d’énormes scandales comme le LEVOTHYROX :
« En analysant l’épisode du Lévothyrox, la mission a constaté qu’alors que divers signaux permettaient a minima dès juillet de déceler une situation anormale, ce n’est qu’à partir du 16 août 2017 et de la publication d’un article dans Le Parisien, qui a conduit à multiplier dès le lendemain par 80 les signalements d’effets indésirables, que les autorités sanitaires ont paru prendre véritablement acte de l’existence d’un problème »
Évidemment, la mission d’information conclut qu’il « n’est pas acceptable d’en rester à la situation actuelle où seule la reprise d’informations par les médias traditionnels pousse les pouvoirs publics à réagir ».
Et pourtant, c’est bien ce qui se passe AUJOURD’HUI ENCORE !
Et c’est pourquoi je vous demande de vous mobiliser avec moi, maintenant.
Car le scandale du Levothyrox est loin d’être terminé !
En ce moment, les malades de la thyroïde ont encore le choix entre 2 formules du Levothyrox :
    • « L’ancienne formule », qui a fait les preuves de son efficacité pendant plus de 20 ans ;
  • La « nouvelle formule », qui a fait scandale en provoquant des effets secondaires alarmants.
Mais dans 18 semaines, l’ancienne formule du Levothyrox sera définitivement introuvable.
Au 31 décembre 2018, le laboratoire pharmaceutique Merck arrêtera sa production, pour des raisons de « rentabilité financière ».
Environ 100 000 malades seront obligés de changer de médicament, avec le risque de revivre leur CALVAIRE !
Il nous reste que TRES PEU DE TEMPS pour empêcher ça, et c’est pourquoi je vous demande de signer notre grande pétition nationale MAINTENANT.
Je signe la pétition
CANCERS, ACCIDENTS DE VOITURE, CHUTES : PIRE QUE LE MEDIATOR

Selon le Dr Catherine Noël, médecin angiologue à Rennes, et elle-même victime du Levothyrox, la nouvelle formule est « un scandale sanitaire pire que celui du Médiator ». [2]

Des milliers de plaintes pénales ont été déposées en Justice, pour « mise en danger de la vie d’autrui ».

Des manifestations ont été organisées dans tout le pays. Des personnalités sont montées au créneau, comme l’actrice Annie Duperey, qui a déclaré sur RMC avoir été empoisonnée par la nouvelle formule.

Et ce qu’on ne dit pas assez, c’est que cette nouvelle formule a aussi fait des MORTS.

Des personnes âgées ont succombé à de « mauvaise chutes ». Des patients sont devenus handicapés ou ont disparu dans des accidents de voiture.

J’ai moi-même reçu des témoignages de « survivants »:

Victime de la nouvelle formule , j’ai eu un accident de voiture le 18 avril 2017. Insomnie, maux de tête la nuit, palpitations, crampes, poids qui change sans raisons. Bref grande fatigue, je me suis endormie au volant à 13h à 1 km de chez moi…..

Ma Mère, 90 ans, a pris du levothyrox pendant 20 ans sans aucun problème. En 1 an ma Mère est méconnaissable. tellement fatiguée et épuisée, qu’en faisant ses courses, elle a fait une chute et s’est cassée une vertèbre…Il y un an elle marchait 5 kms par jour et faisait 6 heures de danse par semaine. Aujourd’hui, elle se remet lentement de ses divers malaises mais reste très faible.

Encore pire, peut-être, la nouvelle formule a même provoqué des cancers.

C’est ce qu’a déclaré officiellement l’Association française des malades de la thyroïde (AFMT) :

« Des patients cancéreux se trouvent sous-dosés en hormones thyroïdiennes, nous avons observé de façon conséquente des réveils de cancers endormis depuis des années ». [3]

Et dans 18 semaines exactement, c’est le retour de ce cauchemar si vous et moi ne faisons rien.

Je vous rappelle que des dizaines de milliers de malades ont retrouvé la vie et la santé lorsqu’ils ont pu enfin revenir à l’ancienne formule du Levothyrox.

Mais cette formule qui les a sauvés ne sera plus produite en France 31 décembre 2018.

Dans 18 semaines, on ne la trouvera plus nulle part en France.

Alerte : l’ancienne formule sera même INTROUVABLE à l’étranger !

Et il y a pire.

Dans un communiqué HALLUCINANT [4], publié le 26 juillet dernier, le laboratoire pharmaceutique Merck a annoncé qu’il lançait la nouvelle formule du Levothyrox dans 21 pays d’Europe en 2019.

Cela signifie la FIN DÉFINITIVE DE L’ANCIENNE FORMULE, PARTOUT EN EUROPE.

C’est une affreuse nouvelle pour les malades, car des milliers de Français se procurent déjà l’ancienne formule à l’étranger :

Bonjour, depuis cette histoire scandaleuse, j’achète le lévothyrox en Espagne, mais cela devient difficile de s’en procurer, les stocks diminuent ! J’ai un traitement à vie suite à une thyroïdectomie totale il y a 28 ans, Je n’ai donc pas le choix que de prendre mon traitement ! Nous sommes pris en OTAGE, c’est inacceptable !!!

Bonjour, ayant fait partie des cobayes involontaires, je rame toujours pour me procurer l’ancienne formule à l’étranger. Les pharmaciens ne reçoivent qu’au compte goutte une boite par dosage. Geneviève Basquine

Je me procure l’ancienne formule en Espagne mais j’ai déjà très  peur pour 2019 !!!! Tenez moi au courant. De toutes mes forces avec vous.

Mais dans quelques semaines, ce sera fini.

En 2019, le laboratoire Merck arrêtera totalement l’ancienne formule en Espagne, comme dans toute l’Europe.

Il ne sera donc plus possible de trouver cette formule, ni en France, ni à l’étranger !!!

L’invraisemblable « GIFLE » infligée aux victimes par le laboratoire MERCK 

Le laboratoire Merck l’a confirmé au Moniteur des Pharmacies :

« Une des conséquences est l’arrêt, à terme, de la commercialisation de l’ancienne formule dans ces 21 pays, celle-ci étant remplacée par la nouvelle formule ». [5]

La raison est bassement financière : le laboratoire Merck gagnera moins d’argent si l’ancienne formule reste en circulation, car son brevet tombe en 2019.

Pour Beate Bartès, la Présidente de l’association de patients Vivre sans Thyroïde, « ce communiqué triomphant de Merck nous a vraiment fait l’effet d’une gifle. On voit bien que les patients comptent pour rien. »

Une fois de plus, les profits financiers passent AVANT la vie et la santé des patients !

C’est un scandale inouï, inimaginable.

Pourtant notre Ministre de la Santé Agnès Buzyn n’a toujours pas réagi !

Silence total du gouvernement !

Alors que cela veut dire le retour de l’ENFER pour des centaines de milliers de patients, dans à peine 18 semaines !

Voilà pourquoi je vous demande de signer immédiatement notre grande pétition nationale. Nous l’adresserons en personne au Président de la République.

Il est en son pouvoir d’arrêter ce compte à rebours dramatique.

Il est en son pouvoir d’exiger du laboratoire Merck la poursuite de la production de l’ancienne formule.

Mais pour cela, il faut que nous soyons des centaines de milliers, si possible des MILLIONS à nous mobiliser auprès de lui !

Clairement, le gouvernement n’a pas compris la gravité de cette affaire. « Il n’y a pas de scandale », a même osé affirmer la ministre Agnès Buzyn sur RTL. [6]

Vous voyez à quel point notre Ministre est déconnectée de la réalité !

Voilà pourquoi nous devons interpeller directement le Président de la République.

D’après les chiffres officiels, 500 000 personnes ont arrêté la nouvelle formule du Levothyrox.

Mais selon les associations, il sont deux fois plus nombreux, 1 million, en comptant ceux qui se fournissent à l’étranger.

Une chose est sûre : les centaines de milliers de malades revenus à l’ancienne formule seront bientôt LAISSES SUR LE CARREAU :

Mais nous avons encore 18 semaines pour réagir et inverser le cour des choses !

Interpellez maintenant le Président Macron, c’est urgentissime !

Si nous sommes des millions à signer notre grande pétition, M. Macron forcera Merck à continuer sa production.

D’après l’avocat des victimes, Me Lèguevaques, l’usine française de Bourgoin-Jallieu pourrait facilement « augmenter sa production de l’ancienne formule, pour les 200 à 500 000 Français qui ne supportent pas ou ne souhaitent pas changer de formule ».[7]

Et le gouvernement a tout pouvoir pour obliger cette production, de gré ou de force !

La preuve : Roselyne Bachelot avait pris ce type de mesure au moment de l’épidémie de grippe H1N1 !

C’est donc uniquement une question de volonté politique ! Et c’est pourquoi votre signature est capitale pour convaincre le Président Macron !

Je vous en prie : c’est une question de vie ou de morts.

Si vous n’êtes pas concerné vous-même, pensez aux milliers de victimes du Levothyrox.

Pensez à ce qu’elles ont déjà vécu, dans leur chair.

Pensez à leur angoisse, pendant les 18 prochaines semaines.

Il est IMPERATIF d’agir vite pour empêcher le retour de leur CALVAIRE au 31 décembre.

C’est sans doute l’appel le plus important que j’ai lancé depuis la création de notre association.

Faites passer ce message PARTOUT et transférez le maintenant à tous vos proches.

Il n’y a pas une minute à perdre.

Alors signez maintenant cette grande pétition et transférez-la d’urgence autour de vous.

Je signe la pétition
Au nom de toutes les victimes du Levothyrox, je compte sur vous.

Votre dévoué,

Guillaume Chopin
Secrétaire général de l’AISNSH

PS : En ce moment même, le laboratoire Merck s’organise pour arrêter définitivement de produire de l’ancienne formule du Levothyrox.

Lorsque cette multinationale aura fermé ses usines, il sera trop tard pour agir.

Pour les malades, cela veut dire le retour de leurs terribles souffrances.

Alors n’attendez pas une seconde : signez maintenant notre pétition et transférez là partout autour de vous !


Sources

[1] https://solidarites-sante.gouv.fr/IMG/pdf/180903_-_mim_rapport.pdf

[2] https://www.ouest-france.fr/bretagne/rennes-35000/video-le-levothyrox-est-un-scandale-sanitaire-pire-que-le-mediator-5890509

[3] https://www.francetvinfo.fr/sante/levothyrox/info-franceinfo-molecule-sous-dosee-ou-non-vendue-en-france-la-nouvelle-formule-du-levothyrox-mise-en-cause-par-une-analyse_2801211.html

[4] http://www.leparisien.fr/societe/sante/levothyrox-la-nouvelle-formule-va-etre-lancee-dans-21-pays-europeens-27-07-2018-7835226.php

[5] https://www.lemoniteurdespharmacies.fr/actu/actualites/actus-medicaments/introduction-de-la-nouvelle-formule-de-levothyrox-en-europe-la-fin-d-euthyrox.html

[6] https://www.rtl.fr/actu/debats-societe/levothyrox-il-n-y-a-pas-de-scandale-repond-agnes-buzyn-a-anny-duperey-7790100255

[7] https://www.marieclaire.fr/levothyrox-justice-action-collective-christophe-leguevaques,1268287.asp

10 septembre 2018

Shadi Ghadirian, ou l’éloge de l’oxymore

Filed under: ARTICLES — denisdonikian @ 7:55

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Une chose est sûre, la femme est l’avenir de la femme. Partout dans le monde, mais surtout en Iran où elle n’a d’autre avenir que celui d’être défigurée par des voiles de croyances et des préjugés d’homme. Et c’est la femme qui peut seule sauver la femme des clôtures dans lesquelles son destin a été scellé dès sa naissance et à jamais. Surtout si cette femme est une artiste de la dimension de Shadi Ghadirian dont l’œil corrosif de photographe pointe les anomalies d’une culture de l’aliénation, de la défiguration et pour tout dire de la dépersonnalisation. Car si la femme souffre du regard de l’homme, elle seule connaît la profondeur de sa perdition identitaire et elle seule possède les clefs qui la sortiront de son enfermement.

 

L’une des techniques photographiques de Shadi Ghadirian pour casser les codes infertiles de la tradition repose sur l’oxymore, c’est-à-dire la rencontre des contraires. Là où l’œil est habitué à voir des images de normalité, Shadi Ghadirian impose une vision qui contrarie les règles généralement admises. Ce mariage des contraires produit chez le spectateur un inconfort psychologique d’une brutalité telle qu’il pénètre dans son esprit au point de provoquer une véritable piqûre de conscience.

 

Ainsi ses portraits de femmes voilées, entièrement recouvertes, tandis que leur figure reste masquée par un ustensile du quotidien : fer à repasser, théière, gant de nettoyage, râpe, etc. C’est montrer, de la sorte, que la femme est réduite à sa fonction domestique au détriment de son identité.

 

Autres portraits oxymoriques, ceux de femmes prenant la pose affublées du hijab traditionnel mais accompagnées d’objets qui leur sont interdits car ce sont des objets d’homme : guitare, journal, vélo… De fait, Shadi Ghadirian joue de manière ironique sur le mariage de la tradition avec la modernité, sachant que ce mariage est impossible dans une société où la modernité est la propriété exclusive des hommes. En d’autres termes, le photographe montre la cruauté de la situation : les hommes ayant toute liberté pour jouir des nouveautés technologiques ou des loisirs élémentaires tandis que la femme est forcée de croupir dans l’inchangé et le dogme d’une mentalité sclérosée.

 

Dans « Nil, Nil » ( 2008), l’oxymore est encore plus flagrant quand il dénonce le crime, la guerre, ou la bêtise. Ainsi ce porte-cigarettes dans lequel Shadi Ghadirian fait se côtoyer des cigarettes avec une balle. Ou bien elle introduit des balles dans un sac de femme. Ou encore une gourde de soldat dans un réfrigérateur. Certes, on est dans le procédé. Mais ce procédé est constamment opérant. Il déconcerte l’esprit et traduit une présence explosive par le fait que les objets quittent leurs lieux habituels pour en habiter d’autres en intrus. Ainsi le mélange des lieux et des objets qui leur sont attachés produit des images mentales inédites venues d’une réalité plus vraie que celles offertes par la culture dominante.

 

L’ironie de Shadi Ghadirian éclate quand elle affuble des objets de soldats (casque, ceinturon, gourde, caisse à munitions) d’un ruban rouge soigneusement noué comme pour un cadeau. Là encore, l’oxymore fait son jeu et bat son plein.

 

On voit qu’avec ses photographies, Shadi Ghadirian jouit de son art comme d’un instrument de protestation politique. L’artiste est politique quand il se mêle de dénoncer les méfaits des préjugés engendrés par les rites figés de la tradition. En ce sens, l’artiste, si tant est qu’il respecte sa fonction, est toujours dans une opposition à l’imbécillité ambiante sinon aux formes de dénaturation sociale.

 

Or, si la femme dénaturée est son sujet de prédilection, le thème qui la hante, le souci qui l’anime, Shadi Ghadirian sait jouer sur les variations pour éviter l’ennui du répétitif. Ce qui frappe chez elle, c’est sa capacité à renouveler le concept, à épuiser son idée jusqu’à la corde. Ainsi fait-elle avec son exposition « Be colorful » de 2002 où elle introduit la couleur et produit avec subtilité des déchirements de hijab propres à symboliser les déchirures faites à l’âme de la femme, comme si, dans le fond, cette femme était condamnée à croupir derrière une vitre. On se demande même si dans ce cas ce n’est pas la vertu obligée, enchaînée, aliénée qui se tient derrière une vitrine ainsi exposée, à l’instar des prostituées de certains pays qui se produisent pour appâter le client.

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Dans « Miss Betterfly » (2011), la femme est mise en scène avec d’immense toiles d’araignée. Mais des toiles qu’elle semble tisser elle-même. Or, quand on sait que la toile tissée par l’araignée est un piège à papillons (entre autres), on se demande si Shadi Ghadirian n’a pas voulu dire que la femme posait elle-même les conditions de sa propre aliénation. Comme si elle était une victime consentante, une victime propre à se perpétuer pour maintenir la tradition, fût-elle une tradition aberrante.

 

Photographe universelle car elle introduit le débat au cœur des sociétés qui humilient, manipulent et qui piègent le vivant au nom d’intérêts contre nature, Shadi Ghadirian résume son époque en prenant la femme comme le parangon des pires offenses faites à la vie, à la joie de vivre, à la beauté d’un monde qui n’a d’autre vocation pour être que d’échapper aux entraves et aux oppressions.

 

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3 septembre 2018

Aphorismes pour Alain (5)

Filed under: Uncategorized — denisdonikian @ 2:39

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Si imbue d’elle-même

qu’elle prend ses petits pets pour des bombes

dont l’explosion serait capiteuse et capitale.

2 septembre 2018

Aphorismes pour Alain (4)

Filed under: Uncategorized — denisdonikian @ 4:09

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La vieille fille a la folie des fleurs. Tiens, pourquoi ?

31 août 2018

Aphorismes pour Alain (3)

Filed under: Uncategorized — denisdonikian @ 9:15

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( de Donatella Marraoni)

Le propre du fou est de vous rendre fou.

19 août 2018

Kotcharian a-t-il jamais aimé l’amour ?

Filed under: ARTICLES,CHRONIQUES à CONTRE-CHANT — denisdonikian @ 3:35

 

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Contrairement à ce que pensent les politiques, la politique est une affaire de cœur pas de cerveau. C’est le cœur qui doit dicter au cerveau les lois de la république. Pas ce cœur qui n’aime que la nation à laquelle on appartient, mais le cœur qui aime l’autre quel qu’il soit. Et on a tort de solliciter le cœur sous le seul prétexte de vouloir humaniser les règles de la démocratie. C’est que, quoi qu’ils le disent, les présidents manquent de cœur et ne font parler que leur cérébralité. Pour exemple, on reproche à Macron d’être trop loin des gens, à Poutine, monstre froid, de rester inflexible à l’idée que son opposant Oleg Sentsov est en train de mourir d’une grève de la faim, à Donald Trump de séparer une mère de son enfant, à la Birmanie de chasser les Rohingyas et au Bengladesh de vouloir les confiner sur une île inondable. L’action des humanitaires est la preuve flagrante que les politiques manquent d’humanité, à savoir de cœur. Ils n’aiment pas l’amour qui les conduirait à brader les intérêts de leur nation alors qu’il est le garant de sa prospérité. Ainsi donc, le patriotisme n’est qu’un amour de soi, qui se gère avec le cerveau.

 

A propos de l’emprisonnement de l’ex-président Kotcharian, certains ont cherché à démontrer que la nouvelle Arménie, dans sa volonté d’apurer les comptes d’une période puant le marigot et pour ainsi dire de permettre au peuple arménien de faire son deuil de ces hommes politiques qui l’ont forcé à l’humiliation des urnes et à une précarité croissante, pourrait manquer de cœur, sinon de justesse dans l’appréhension globale d’un fait de justice aussi complexe. Pour autant, ils se gardent à juste raison d’exempter Kotcharian des multiples abus de pouvoir, manifestes ou secrets, évidents ou cachés, même si, quoi qu’il ait fait ou défait, un président tel que lui serait en droit d’être respecté dans la mesure où durant plusieurs années il aura défendu avec cérébralité et pugnacité les intérêts du Karabagh et de l’Arménie. L’emprisonnement serait d’autant plus injustifié que la procédure est encore au niveau de l’enquête, sachant, comme le prétend le procureur, que les preuves sont plus que suffisantes, et que l’homme s’est présenté spontanément à la convocation qui lui avait été envoyée, sans chercher à fuir ses responsabilités.

 

Il est vrai que cet emprisonnement qui donnait l’impression d’être précipité pouvait être considéré comme l’effet d’une rancune éprouvée par un peuple contre un responsable politique qui n’a pas su l’aimer. Mais si elle est légitime dans ce genre d’affaire, l’émotion ne saurait s’exprimer au détriment du seul recours au droit. On voit bien que cet empressement à mettre sous les verrous un président dont le mandat fut non seulement controversé mais aussi largement négatif pour avoir installé dans son pays une sorte de jungle favorable aux esprits prédateurs, relève d’une volonté qui n’est pas très éloignée d’une riposte enfin devenue possible, sinon d’une vengeance. Or, on oublie que la meilleure façon de rendre à Kotcharian la monnaie de sa pièce, c’est d’agir en se gardant bien de suivre son modèle de pouvoir arbitraire, mais de se comporter avec humanité et conformément au droit contre lui qui manquait de l’une et qui se moquait bien de l’autre.

 

Pourtant, on se demande si un président qui a fait fi des impératifs du droit durant son mandat et qui sous son régime s’est bien gardé de juguler la corruption ou d’interrompe l’émigration des Arméniens, devrait encore bénéficier des règles qu’il a bafouées. Les Roumains n’ont pas été embarrassés ni par des lois ni par des scrupules humanitaires lorsqu’il a fallu juger le couple Ceausescu, lequel par sa mégalomanie et ses instincts prédateurs a directement et indirectement exercé sur le peuple roumain une violence morale et matérielle sans précédent.

De fait, la première chose que le droit requiert en matière d’inculpation est la présomption d’innocence. Tant que l’enquête n’a pas été menée jusqu’au bout, que les torts n’ont pas été indubitables, les abus suffisamment dénoncés et documentés, Kotcharian devrait être à l’abri de toute incarcération. On oublie en effet dans cette affaire ce principe fort de la présomption d’innocence qui reste la clé de voûte d’une démocratie fondée sur les droits des individus. D’autant qu’un président dans un moment de crise aiguë peut être amené à jouer avec le feu. Pris entre plusieurs issues, il choisit de sacrifier quelque chose au nom du bien général. Dès lors que dire si le pays passe la crise à la faveur de certaines transgressions ? Certes, tout le monde ne voit pas le problème de cette façon – à commencer par nous-même. Dans le fond, ce qui a toujours manqué à l’Arménie durant les décennies de son indépendance, c’est la pratique pleine et entière de la démocratie. De celle qui tente de se faire entendre aujourd’hui. Et aujourd’hui, ces bombes à retardement éclatent au nez des personnes qui les ont fabriquées.

Retenons aussi que l’Arménie n’est pas dans une situation normale ; elle reste un pays en guerre. Or, un pays en guerre est un pays fragile, un pays où le stress sévit aussi bien aux frontières qu’à l’intérieur. Un pays où les décisions sont des décisions prises dans l’urgence. Ces forces contradictoires – démocratie et sécurité – n’ont certainement pas été faciles à gérer. C’est pourquoi, la constitution, sur l’impulsion du président, s’était dotée d’un article qui avait pour vocation de prévenir toute condamnation du dit président et de garantir son immunité. Dès lors, l’emprisonnement de Kotcharian devenait forcément anticonstitutionnel. Certes… Mais ce tour de passe-passe, inventé par le président lui-même pour échapper à toute poursuite, devait-il pour autant faire de lui un monarque de droit divin, à savoir un homme qui n’aurait de compte à rendre qu’à Dieu ? Il est certain que les fraudes électorales ont mis en place des députés que les suffrages réels des Arméniens ne pouvaient avoir mandatés pour les représenter. Cela veut dire que la constitution, quelle qu’elle soit, n’est qu’une mascarade. On ne voit pas comment ce peuple arménien qui descendait massivement dans les rues, qui manifestait de meeting en meeting contre le pouvoir aurait été à même d’approuver une loi mettant le président à l’abri de tout procès.

 

*

 

Mais si l’homme de pouvoir peut se tromper dans la précipitation, il reste que son devoir l’oblige à faire des choix justes dans le long terme pour assurer le bien-être moral et physique des individus. Or, les choix justes sur le long terme sont des choix qui reposent sur l’amour plutôt que sur des lois qui appauvrissent le peuple et les libertés. Malheureusement, les choix justes d’un homme comme Kotcharian auront bénéficié prioritairement à sa propre personne et à ses affidés au détriment du reste de la population. Pour le moins, il est difficile, concernant un si petit pays aux si grandes difficultés économiques, d’admettre que son dirigeant vive dans un certain luxe quand les citoyens doivent trimer pour assurer le pain quotidien. Inadmissible que ce luxe se soit constitué durant son mandat tandis que la population plongeait de jour en jour dans le marasme.

Comme nous l’avons dénoncé ad nauseam dans nos chroniques, il est insupportable que la population arménienne ait eu à souffrir de la corruption endémique qui a sévi durant les décennies de l’indépendance, à commencer par les années Kotcharian. Grâce cette indépendance retrouvée, l’Arménie appartenait enfin aux Arméniens et l’occasion leur était donnée d’en faire un pays juste, fondé sur la confiance démocratique. Mais non, cette corruption est devenue à ce point omnipotente que les Arméniens devaient au quotidien composer avec elle sans en avoir souvent les moyens, étant donné que le travail manquait et que l’argent lui-même faisait défaut qui devait servir à alimenter la machine machiavélique tournant à plein régime.

Un Arménien de la diaspora, habitué à vivre dans un pays policé et relativement construit autour de l’épanouissement de l’individu, ne pourra jamais imaginer quelle entrave à la vie constitue cette corruption dont tout le monde parle mais que personne n’a jamais vue ni éprouvée. La corruption n’est pas seulement liée aux monopoles dont jouissent les oligarques, permettant ainsi l’enrichissement des plus riches. Ce n’est pas seulement l’impunité de ceux qui se croient tout permis sous prétexte qu’ils gravitent autour du pouvoir. Dans le fond, ces modes de corruption ne toucheraient pas directement la population et resteraient quasiment invisibles s’ils n’engendraient des dommages collatéraux et s’ils ne s’égrenaient dans les sphères plus basses de la société au point de la gangrener tout entière.

Lors de mes randonnées dans le pays profond, plus précisément à quelques kilomètres de Tatev, au village d’Aghvani, je me suis retrouvé dans une famille arménienne qui m’avait invité à prendre le café. Sont venus se joindre à nous en voisins une mamie et un jeune homme. Au fil de la discussion, il s’est avéré que les reins de ce jeune homme semblaient s’épuiser. J’ai essayé de lui indiquer quels étaient les critères d’un dysfonctionnement rénal. Mais comment lui faire comprendre que l’un des marqueurs du rein était le taux de créatinine dans le sang ? Toujours est-il que ce jeune homme semblait enfermé dans sa maladie ( et moi dans mon impuissance) et qu’il n’avait aucune perspective pour résoudre son problème.

Il faut préciser que les centres de dialyse en Arménie se trouvent essentiellement dans la capitale et qu’un dialysé doit impérativement « passer à l’essorage» trois fois par semaine. Par ailleurs, toute dialyse implique au préalable la pose d’un cathéter et d’une fistule. Celle-ci, quand elle devient fonctionnelle, prend le relai du cathéter qui peut alors être enlevé. On peut supposer à quels problèmes financiers allait être confronté ce jeune homme pauvre si son dysfonctionnement rénal devait atteindre le stade terminal. En principe, en Arménie les soins sont gratuits. Mais comme on l’imagine, la corruption change toutes les données du système de santé. Par ailleurs, dans ce pays qui se croit européen, les mentalités n’admettent pas le don d’organe, sauf à la rigueur au sein d’une même famille. Ce qui veut dire qu’un insuffisant rénal en Arménie a de grandes « chances » d’être dialysé à vie s’il ne meurt pas avant faute d’argent.

Prenons un cas concret, celui de Mariné (le nom a été changé), Arménienne d’Arménie qui, après maints déboires dans son pays, a la chance d’avoir été admise en France pour y être dialysée. Mariné enseignait comme assistante à l’université. Son salaire mensuel était de 62 000 drams, soit environ 102 euros. Son mari travaillait 6 mois dans l’année en Russie. Leur fils était employé dans une entreprise étrangère. (Précisons qu’un retraité reçoit 16 000 drams mensuels, soit environ 30 euros. Seuls sont gratuits les soins d’un retraité handicapé). Le jour où elle a appris que ses reins ne fonctionnaient plus fut pour Mariné et sa famille un jour de catastrophe. A commencer par les problèmes économiques que cela a occasionné dans le foyer. En effet, pour la pose d’un cathéter et d’une fistule, Mariné a dû sortir de sa poche 230 000 drams (soit 411 euros) qui passèrent directement dans celle du chirurgien. Mais pour être admise en dialyse, elle a dû verser au centre 600 000 drams (soit 1 074 euros). Pour cela, la famille a dû vendre sa voiture. Les médicaments restent à la charge du patient, en espérant qu’ils soient de qualité. Un Arménien de la diaspora qui se fait dialyser en Arménie doit débourser 100 euros par séance.

On voit que la mentalité du business gangrène aussi les services de santé. Il n’est pas bon en Arménie de tomber gravement malade. Mais le lecteur aura remarqué que ce système corrompu établit une discrimination par l’argent. Ceux qui peuvent sont relativement sauvés, ceux qui ne peuvent pas peuvent crever. Sans oublier que les hôpitaux ne sont pas des biens publics, ils appartiennent souvent à des gens gravitant autour du pouvoir, comme celui de Massiv qui est la propriété du gendre de Serge Sarkissian… L’hôpital est donc devenu un tiroir-caisse et les Arméniens des cobayes et des vaches à lait.

C’est cela aussi la corruption, un système économique pervers où s’expriment seuls les instincts des plus forts, lesquels n’ont d’amour pour le peuple arménien que celui de leurs intérêts propres. En ce sens, on n’est pas loin de penser que les Arméniens les plus à même de faire prospérer l’Arménie sont à l’image de Kotcharian. Dans leur course à la grande bâfrerie de la vie, ce n’est plus le cœur qui parle….

 

Denis Donikian

17 août 2018

Vers la fin du règne de Monsanto ?

Filed under: APPEL à DIFFUSER — denisdonikian @ 4:36

Par Gabriel Combris, de PURE SANTE

Chère lectrice, cher lecteur,

C’est à la une de tous les journaux depuis le début de la semaine : la firme multinationale de chimie Monsanto est pour la première fois reconnue coupable et condamnée à verser 289 millions de dollars à un jardinier américain.

Rappel des faits :

Dewayne Johnson, jardinier américain âgé de 46 ans et père de deux enfants, utilise dans le cadre de son travail un herbicide (Le Roundup) que produit la firme Monsanto.

Quand il travaille, Dewayne Johnson remarque que son état de santé se détériore. Il attribue ce constat aux expositions répétées avec l’herbicide Roundup.

Finalement, le verdict tombe : Dewayne Johnson est diagnostiqué d’un cancer du système lymphatique, en phase terminale. [1]

Aujourd’hui, Dewayne vit ses derniers jours au côté de sa femme et de ses enfants.

Mais Dewayne est un homme courageux. Avant que son cancer ne l’emporte, il décide de mener un ultime combat, celui de traîner Monsanto en justice pour lui avoir volé sa vie.

Je vous l’ai dit au début de cette lettre, Monsanto a été finalement reconnu coupable et condamnée à hauteur de 289 millions de dollars pour ne pas avoir informé de la dangerosité de son herbicide Roundup.

Dewayne a osé faire le premier pas

A nous maintenant d’être des milliers à le rejoindre dans ce combat !!

Si vous suivez la lettre PureSanté depuis quelques temps, vous savez que je vous informe régulièrement des dangers du Roundup et des pesticides dangereux pour la santé. Il y a quelques mois, j’ai aussi lancé une grande pétition pour interdire le glyphosate dans l’agriculture française.

A l’heure où j’écris ces lignes, cette pétition a déjà recueilli 318’183 signatures !

Aux côtés de Dewayne, nous pouvons changer le cours de l’histoire. Il faut faire EXPLOSER les compteurs de la pétition contre la folie Monsanto ! ET DIRE NON AU GLYPHOSATE !

Santé !

Gabriel Combris

P.S : une fois que vous l’aurez signée, il faut la partager un maximum autour de vous ! Vous avez la possibilité de relayer la pétition à vos amis sur Facebook ci-dessous. Un grand merci d’avance !

14 août 2018

Histoire et dissidence intellectuelle en Turquie

Filed under: GENOCIDE ARMENIEN — denisdonikian @ 4:39
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1- Historien et sociologue, Directeur d’études à l’École des hautes études en sciences sociales ( EHESS), Hamit Bozarslan travaille sur la violence au Proche-Orient et la construction des États dans la région. Dans un entretien au journal Le Monde (du 11 Aout 2018) avec Gaïdz Minassian, il revient sur les différents usages que la Turquie officielle fait de son passé. En effet, il importe selon lui de distinguer l’histoire comme discipline du « récit officiel » qui partage le passé de la nation en trois périodes : celle de l’innocence, celle de la trahison par les minorités et celle de la délivrance par la Turquie moderne.

2- Pour autant, Recep Tayyip Erdogan, actuel président turc, croit encore à une « possible agression occidentale et à l’aliénation de ses propres élites », tandis que l’histoire, comprise comme discipline, interroge « la fondation même de la Turquie par un processus génocidaire ». Invariablement, la version officielle de l’histoire turque appréhende la Turquie comme agressée par des ennemis extérieurs et trahie par des minorités à l’intérieur, de sorte qu’en se voyant en victime elle réclame justice et se comporte en bourreau pour se venger.

3 – Souhaitant protéger la « turcité », le code pénal émit en 2005 l’article 301 visant à punir toute insulte envers la nation turque et son État, tandis que le Parlement vient de modifier son règlement intérieur, jugeant comme « dangereux » les mots « génocide » et « Kurdistan ». Pourtant depuis 2005, date du premier colloque à Istanbul où fut prononcé le « G-Word » (génocide), l’historiographie dissidente s’est sérieusement développée, tandis que depuis l’été 2015, les universitaires engagés furent qualifiés de terroristes et de traîtres au point d’être licenciés. Dès lors, soumise à la destruction, les facultés cognitives ont du mal à poursuivre quelque recherche que ce soit.

4 – De fait, il n’y a pas d’autre manière de contrer le négationnisme sinon par le développement de la recherche et l’effort pédagogique. C’est ainsi qu’à la négation de la Shoah ont répondu des « matériaux empiriques d’une grande finesse », tandis que des analyses très approfondies ont été faites sur les dimensions temporelles et spatiales du génocide.

5 – Concernant le génocide des Arméniens, l’historien Taner Akçam a porté un grand coup contre le négationnisme turc selon lequel les télégrammes de Talaat Pacha ordonnant l’extermination des Arméniens étaient des faux puisqu’ils ne respectaient pas le système de cryptage ottoman et que le haut fonctionnaire Naim Efendi qui les aurait reproduits dans ses Mémoires n’avait aucune existence réelle. Or, Taner Akçam, à la suite d’une enquête minutieuse, réussit à démontrer que Naim Efendi avait bel et bien existé, que ses Mémoires étaient authentiques et que les télégrammes étaient tout à fait conformes au système ottoman de l’époque. C’est dire combien le travail rigoureux de l’historien est la meilleure riposte au négationnisme.

13 août 2018

Monsanto « COUPABLE » ! Incroyable victoire contre le Roundup 

Filed under: APPEL à DIFFUSER — denisdonikian @ 6:18
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Par Guillaume Chopin

Chers amis du Naturel,
Le 10 août 2018 est peut-être la date historique qu’on attendait tous !

Oui, je m’emballe un peu, mais il est possible que ce soit LE GRAND TOURNANT :

Vers la fin de l’agriculture ultra-intensive, ultra-chimique, ultra-OGM… et ultra-dangereuse pour l’environnement et notre santé…

Vers le grand retour des citoyens et de la vérité contre les multinationales qui trafiquent la science, manipulent les médias et empoisonnent la planète…

Et vers une nouvelle ère, favorable à une agriculture sans pesticide, raisonnée, durable et bonne pour notre santé !

Le 10 août 2018, c’est le jour de la condamnation historique de MONSANTO, le géant de l’agro-chimie.

Oui, Monsanto a été condamné par la Justice américaine pour avoir volontairement caché que son désherbant « Roundup » cause le cancer.

Je vais vous dire dans une seconde pourquoi ce jugement pourrait causer la faillite de Monsanto (désormais avalé par Bayer) et changer en profondeur nos pratiques agricoles.

Mais d’abord, je voudrais vous résumer les révélations hallucinantes que le procès a mis au grand jour :

Il asperge du Roundup dans les cours d’école… et attrape le cancer

L’homme qui a osé attaquer Monsanto est un simple jardinier, nommé Dewayne Johnson.

C’est un professionnel sérieux et appliqué, qui « aimait beaucoup son travail ».

Vingt à trente fois par an, il aspergeait les jardins d’écoles de Californie avec des centaines de litres du « Roundup », le fameux désherbant créé par Monsanto.

À au moins deux reprises, hélas, son appareil devient incontrôlable et il reçoit lui-même du Roundup directement sur la peau.

Bientôt, son corps entier est couvert de lésions graves :

En 2014, le diagnostic tombe : il est atteint d’un lymphome non hodgkinien.

C’est un cancer incurable.

Ses médecins lui donnent quelques années à vivre au maximum.

Mais plutôt que de se résigner, M. Johnson se décide à se battre.

Il veut se battre pour ses deux garçons de 10 et 13 ans. Il veut se battre pour que d’autres ne vivent pas le même malheur que lui.

Car il sait que sa maladie a été causée par le Roundup de Monsanto.

Et ce qu’il n’accepte pas, c’est que Monsanto a toujours nié les dangers de son produit.

« Je n’aurais jamais aspergé ce produit dans des cours d’école si j’avais su que cela pouvait faire du mal, a-t-il déclaré. C’est immoral, c’est mal. Les gens ne méritent pas ça ».

Alors il attaque Monsanto en Justice.

C’est David contre Goliath… un simple citoyen, en phase presque terminale, contre une firme qui fait des milliards de profits chaque année.

Mais comme dans le récit biblique, c’est David qui a gagné :

Les terribles méthodes de Monsanto pour étouffer la vérité

Le procès a duré plus d’un mois. Une véritable épreuve pour M. Johnson, mais cela en valait la peine.

Car ce procès a mis au jour les terrifiantes tactiques de Monsanto pour cacher au grand public les dangers du Roundup. [1]

En 2003, par exemple, une toxicologue de Monsanto écrit à une de ses collègues : « Vous ne pouvez pas dire que le Roundup n’est pas cancérigène… Nous n’avons pas fait les tests nécessaires sur la formule pour faire cette affirmation. » Mais bien sûr, cela n’empêchera pas Monsanto d’affirmer, année après année, que son Roundup est inoffensif.

En 2008, on peut lire dans un document interne ces deux phrases clé :

« Le Roundup de Monsanto utilisé avec des OGM est associé à des problèmes de grossesse et de reproduction et de perturbation endocrinienne »

« Le Roundup de Monsanto agit sur une étape clé de la division cellulaire, ce qui peut potentiellement mener à des cancers sur le long terme »

Monsanto savait… mais Monsanto a préféré cacher la vérité.

Et le pire, c’est que Monsanto ne s’est pas contenté d’étouffer ce qu’il savait.

D’après les « Monsanto papers » révélés au cours du procès, la firme a aussi pesé de tout son poids  pour manipuler la recherche scientifique !

La firme a rédigé elle-même des dizaines d’études « scientifiques » en faveur du Roundup, qu’il a fait signer par des professeurs d’université… ni vu, ni connu !

(Cela s’appelle le « ghostwriting », et c’est une méthode très employée par Big Pharma, pour promouvoir l’intérêt de ses médicaments et masquer leurs effets secondaires.)

Monsanto a aussi tout fait pour étouffer les études défavorables au Roundup.

Souvenez-vous de celle du Pr Seralini en France, qui avait révélé les énormes tumeurs sur des rats causées par le maïs OGM Monsanto couvert de Roundup…

..Eh bien Monsanto avait réussi à obtenir le retrait de cet article… et a tout fait pour détruire la réputation du Pr Seralini !

Un des moments cocasses du procès, c’est lorsque Monsanto a fait venir à la barre une « experte » de la prestigieuse Université de Harvard, la Pr Lorelei Mucci.

Cette « spécialiste » a déclaré que le glyphosate (ingrédient du Roundup) ne cause pas le cancer…

…mais lorsqu’elle a été « cuisinée » par l’avocat de M. Johnson, cette spécialiste a avoué que Monsanto l’avait payé 100 000 dollars pour faire cette déclaration !

Monsanto reconnu coupable de tromperie et malveillance !

Au final, le jury américain ne s’y est pas trompé.

Leur décision est accablante pour Monsanto.

À l’unanimité, les jurés ont considéré que le Roundup était « un facteur substantiel » dans l’apparition du cancer de M. Johnson.

Mais surtout, les jurés ont déclaré que le danger des produits du type Roundup « était connu ou pouvait être connu à la lumière des connaissances généralement admises par la communauté scientifique au moment de leur fabrication, de leur distribution et de leur vente ».

Monsanto aurait donc dû en informer ses clients… ce qu’il a toujours refusé de faire.

D’après la Justice, Monsanto a agi avec « malveillance » (malice, en anglais).

« Nous avons enfin pu présenter au jury les documents internes tenus secrets par Monsanto prouvant que la société savait depuis des décennies que le glyphosate, et en particulier le Roundup, pouvait être une cause de cancer », a déclaré Bret Wisner, l’un des avocats de M. Johnson.

Et ce qui est capital, c’est que cette décision pourrait faire boule de neige !

Car des centaines de gens sont dans le même cas que M. Johnson : atteints d’un cancer vraisemblablement causé par le Roundup.

Si jamais ils gagnent tous leur procès, Monsanto pourrait finir par devoir payer des dizaines de milliards de dollars… et faire faillite !

Attention : ce n’est pas encore certain, d’autant que Monsanto a fait appel – il faudra aussi gagner ce procès-là.

Mais quoi qu’il arrive, ce procès est un choc psychologique qui change la donne, y compris en France :

La France est un des plus gros utilisateurs de Roundup au monde !

Je rappelle que la France déverse chaque année près de 10 000 tonnes de Roundup sur ses terres.

Les plus grands utilisateurs sont les agriculteurs, loin devant les jardiniers.

Mais ce qui est formidable, c’est que les agriculteurs eux-mêmes commencent à réaliser qu’ils se mettent en danger eux-mêmes avec ces produits !

« Ce jugement, c’est une nouvelle fois la preuve que les pesticides sont dangereux pour la santé, des utilisateurs en premier lieu – et donc des paysans et des paysannes-, et puis par ricochet aussi de ceux qui consomment les produits », a déclaré Laurent Pinatel, porte-parole de la Confédération paysanne ».
Évidemment, cela implique une énorme remise en question des méthodes agricoles !

Mais il est tout à fait possible de faire sans Roundup… et le plus tôt sera le mieux !

Ce n’est pas encore fait, car d’énormes lobbys essaient encore d’éviter ça.

Alors restons mobilisés…

…mais saluons ce jugement à sa juste valeur !

Votre dévoué,
Guillaume Chopin
Association Santé Naturelle

Sources

[1] http://www.liberation.fr/planete/2018/08/07/les-documents-internes-qui-accablent-monsanto_1671428

Aphorismes pour Alain (2)

Filed under: Uncategorized — denisdonikian @ 1:41

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Nous sommes arrivés à un âge où le billard joue avec nos boules.

12 août 2018

Aphorismes pour Alain (1)

Filed under: Uncategorized — denisdonikian @ 12:22

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Je suis peut-être un poisson en cage, mais je suis un poisson éclairé.

31 juillet 2018

Libérez Zehra Doğan

Filed under: Uncategorized — denisdonikian @ 12:01

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Lu sur Kedistan

Un appel est lancé aux artistes plasticiens, pour une solidarité active. Zehra Doğan a aussi besoin du soutien d’artistes, pour accompagner sa résistance, et exiger sa libération.

AmiEs artistes,

L’association La Minoterie / À Pleine Voix et Kedistan organisent en septembre & octobre prochain, la première édition du Festival des Autres Mondes.

Pour aborder l’écologie sociale, le journalisme, la liberté des peuples, le féminisme, par le prisme de l’art et des artistes, il propose des rencontres et débats avec des cinéastes, auteurs, poètes, artistes, journalistes, photographes et sociologues, un mois durant, à Morlaix et ses environs.

Il est une artiste emblématique qui rassemble et fait se rencontrer toutes les thématiques que nous nous proposons d’aborder : elle s’appelle Zehra Doğan, elle est kurde, journaliste, peintre, femme, révoltée, emprisonnée.

Arrêtée en 2016, puis en 2017, pour “propagande terroriste”, elle continue de résister en prison, en créant, malgré l’interdiction de son matériel de peinture et la confiscation et destruction de certaines de ses œuvres par les autorités pénitentiaires. Vous pouvez retrouver un dossier spécial sur son parcours, son art, ses œuvres et l’actualité qui la concerne sur le site d’infos Kedistan.

Ses œuvres évadées seront exposées lors du Festival des Autres Mondes, dont vous pouvez aussi arpenter le programme ICI.

C’est pour elle, et en solidarité avec les familles de détenuEs et des populations d’Afrin, ville kurde massacrée par l’État turc cet hiver, que ce festival est organisé afin, également, de lever des fonds pour subvenir aux besoins les plus urgents des personnes qui subissent de plein fouet la politique désastreuse d’Erdoğan.

Nous lançons aujourd’hui un appel à tous et toutes les artistes qui souhaitent soutenir une de leur consœur en prison :
• Réalisez une œuvre pour Zehra, mettez-y tout ce que sa résistance inspire à votre art, ce que son art nourrit de votre résistance …
• Créez pour elle et pour ses codétenues, pour tous et toutes les prisonnierEs politiques emprisonnéEs en Turquie, pour les populations déplacées, pour multiplier les formes de soutien et les actes de résistance artistiques, à l’image de Bansky ou d’Ai Wei Wei

Vos œuvres seront vendues aux enchères et les bénéfices seront reversées aux associations de soutien des populations kurdes, en toute transparence.

Zehra Doğan, avec qui nous sommes en contact épistolaire (et surveillé), est au courant de cette initiative, et n’ayez doute que vos créations seront autant de petits espoirs qui permettront aux femmes de la prison de Diyarbakır de vivre en détention la tête haute. Vous pouvez d’ailleurs vous aussi, leur écrire.

Nous attendons avec impatience de pouvoir lui communiquer votre large participation à ce projet.

Vous avez des amiEs artistes ? Prévenez-les !
Vous êtes artiste et partantE ? Contactez-nous sans attendre !
festivalautresmondes@gmail.com

 

22 juillet 2018

Mémorial du 24 avril

Filed under: GENOCIDE ARMENIEN — denisdonikian @ 8:35

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1 – Œuvre de Téotig, le Mémorial du 24 avril, paru aux Éditions Parenthèses en 2016 et traduit en français par Alice Der Vartanian et Houri Varjabédian, se réfère à l’édition originale de 1919, Houchartsane abril dasnemegi, publié à Istanbul. Ce livre avait pour ambition de recenser quelque 700 notices biographiques non seulement des personnalités arméniennes victimes de la rafle du 24 avril 1915 à Istanbul mais aussi des personnes exécutées les jours suivants dans les provinces orientales. Suivent les textes de Puzant Bozadjian, Vers Ayache, et Mikael Chamdandjian, Souvenirs de Tchanguere.

 

2 – Né Theodoros Labjindjian, le 5 mars 1873 à Istanbul, Téotig, diminutif choisi comme nom de plume, restera un autodidacte amoureux des lettres. C’est en 1907, avec la collaboration de son épouse Archagouhi Djezvedjian qu’il publie son premier almanach sur la communauté arménienne d’Istanbul, riche d’informations et de photographies. En 1915, l’emprisonnement comme imprimeur durant un an lui vaudra de ne pas connaître le sort des intellectuels. Arrêté en août 1916, puis enlevé par un groupe de résistants arméniens, il ne rentrera à Istanbul qu’en 1918 pour travailler à un almanach consacré aux victimes du Grand Crime. Après la mort de sa femme, en 1922, il prépare le monumental Golgotha du clergé arménien et de ses fidèles, avant de rejoindre Paris où il s’éteindra le 24 mai 1928.

 

3 – Consacrée aux biographies des déportés d’Istanbul, la première partie du livre est partagée entre les intellectuels, militants, enseignants et autres, les commerçant, les morts en déportation et les morts par pendaison. La seconde partie recense les personnalités disparues originaires des provinces orientales, puis les médecins et les membres des clergés arménien et catholique. Sans prétendre être exhaustif, cet inventaire mémoriel des personnes arbitrairement déportées ou assassinées révèle non seulement l’ampleur de l’entreprise génocidaire mais également une volonté très nettement marquée d’éliminer l’élite des Arméniens afin de les affaiblir pour pouvoir achever tranquillement le reste.

 

4 – Dans Vers Ayache, Souvenirs d’hier et d’aujourd’hui, Puzant Bozadjian raconte les circonstances de son arrestation, sachant que la presse russe avait la première évoqué le projet de déportation destiné à assurer le plan allemand d’occupation des provinces arméniennes d’Anatolie. Conduits à la gare de Haydar Pacha, les déportés sont acheminés par le train jusqu’à la prison d’Enguri où des assassins fraichement libérés devenus Tchétés allaient contribuer à détruire les Arméniens. A Ayache, les prisonniers s’organisent pour la cuisine, les soins médicaux, l’eau et les rares sorties en plein air. Ils apprennent par les journaux le plan de déportation des Arméniens. Détenu durant deux mois, Puzant Bozadjian sera libéré avec quatre autres prisonniers, tandis que ses compagnons seront voués à la mort.

 

5 – Même si pour lui, «  survivre n’est pas toujours une chance », Mikaël Chamdandjian, auteur des Souvenirs de Tchanguere, fera partie des quinze personnes sur cent vingt à pouvoir finalement retourner à Istanbul. Proche de Roupen Sevag, il sera témoin de son refus de se convertir à la religion musulmane en échange d’une vie sauve. Désignés pour être transférés à Ayache, Sevag et Varoujan furent éliminés. Quant à Diran Kélékian, soutenu par l’ambassadeur d’Allemagne Wangenheim jusqu’à sa mort soudaine, il devait périr sur la route de Tchorum.

 

21 juillet 2018

FORTUNATOS « le retors »

Filed under: APPEL à DIFFUSER — denisdonikian @ 5:38

armand-sammelian

La barque étant pleine, la révolution est en passe de la faire chavirer dans un parfum d’encens !

Le dernier frêle cordage qui la tenait est sur le point de rompre ses amarres et le colosse à la tête d’argile KARÉKINE « le retors » se noyer, emportant ses péchés, lui qui nageait dans la mélasse comme un poisson dans l’eau.

C’est qu’Il aura terni le joyau le plus sublime de notre nation, notre Sainte Église née avec le Christ, pour le Christ, par le Christ.

Il laissera une Église Apostolique Arménienne dévastée dans les mains de petits soldats démoniaques qu’il avait patiemment promus pour le servir, à défaut de prêtres expérimentés qu’il avait méthodiquement éliminés, un par un et qu’il faudra bien réintégrer.

Il faut dire que l’élection biaisée de ce petit épicier avide de fortune, avait mis en exergue sa médiocrité, raison pour laquelle il avait dégagé les caciques religieux et civils susceptibles de la dénoncer.

En vingt années, FORTUNATOS aura fait plus de mal à notre Sainte Église que durant les 70 années d’athéisme bolchévique, s’employant à saborder tout ce qu’elle comportait de subtilités, de raffinements et de lumières spirituelles afin de s’accaparer la totalité du pouvoir théocratique et faire son piètre business.

À grands coups de gueules, de ruses, d’expulsions, d’enjambements de règles séculaires et de canons camouflés en décrets de la Providence pour niveler le Bien et le Mal, le premier Serviteur de tous les Arméniens apostoliques avait fait taire les voix discordantes et bien sûr, brouillé le message biblique des portes de l’invisible.

Il avait inoculé un poison insidieux à la diaspora pour l’affaiblir, la cloisonner et la contrôler par le biais de chefaillons qu’il avait lui-même portés sur les fonts baptismaux et qui s’arrogeaient le droit de dicter leurs quatre volontés statutaires à des paroisses dont ils n’avaient cure, sous la bienveillance de l’État arménien.

Nous le remercions pour le mal qu’il ne fera bientôt plus d’autant que ce qui était insupportable au-delà des faits, c’était les auteurs des méfaits : le chef suprême, ses prêtres et leurs équipes de courtisans vendus au plus offrant, le vice vêtu de vertu dans une fausse charité !

En s’écroulant, le château de cartes a cloué le bec de tous ces corbeaux agenouillés en rang d’oignons dans sa salle d’attente, tous ces cireurs de pompes au fil à la patte, qui posaient un couvercle sur la sainte marmite pourvu qu’ils en tirent un bénéfice personnel !

Il n’en manquait pas, dans le clergé comme chez les laïcs, sans oublier les diacres qui ne trouvaient rien à redire de cette proximité avec des voyous balayant tout sur leur passage !

Épreuve dans l’épreuve, on attendait plus et mieux de notre élite PLM(*), tous ces bien-pensants qui s’étaient tu ou terré sauf à louer la grandeur de cet usurpateur inculte, incompétent, concupiscent et cupide et des gueules de travers voraces qui l’entouraient.

Mais maintenant que le mensonge cède sa place à la vérité, il ne leur reste plus qu’à patauger dans leurs concrétions en cherchant notre estime à travers le mépris qu’ils nous manifestaient !

Ainsi donc les langues se délient de tous ceux, stratèges borgnes de la déconstruction prônée le crucifix dans une main et un marteau dans l’autre, tartuffes et laquais qui nous imposaient, hier encore, le silence et l’obéissance en nous bourrant le crâne, prêts à nous le démolir si nécessaire…

Il reste que les Arméniens de velours, la foi intacte, ont mal à leur Église et ne craignent pas le grand déballage dénonçant le coffre-fort qu’était devenue SAINTE-ETCHMIADZINE avec ses apprentis-matons.

D’autant que le problème n’a jamais été leur Sainte Église mais ceux sensés la représenter, de la base à son sommet, pour donner un ordre au chaos et une promesse à la vie, au plan spirituel et pastoral.

Ce problème, qui est une interrogation, se jouait entre le corps et l’esprit, l’humain et le divin, entre ceux qui avaient perdu l’âme pour la matière en utilisant notre Sainte Église pour s’infiltrer dans tous les interstices de la société profane, tous ceux dont la foi s’était réduite à exécuter aveuglément les commandements de FORTUNATOS en échange de quelques hochets et de quelques billets.

Cette monétisation du Sacré a profané et souillé notre Sainte Église et sa messe dominicale, ce tête-à-tête et ce cœur-à-cœur que constitue la rencontre avec Dieu, transformée en distributeur de billets.

J’ai mal pour tous ces coucous qui fermaient les yeux sur ses agissements indignes, interdits à sa fonction de Guide Suprême, force trafics, malversations et strapontins et regarde amusé la volte-face de ces zozos, hier encore zélés, ces barons diocésains et leurs brigades ensoutanées ayant miraculeusement recouvré la mémoire, qu’il s’agisse du bannissement d’une cohorte de prêtres capés, de l’ordination de centaines de jeunes commandos, du train de vie de certains hiérarques et leur proximité avec les oligarques arméniens et de certains milieux mafieux, de la mise à l’écart des laïcs…

Les mêmes brillaient par leur défaut à s’émouvoir sur la société arménienne laissée pour compte par ses dirigeants depuis 25 ans.

Je plains tous ceux qui lui avaient déroulé le tapis rouge et passé la brosse à reluire, notamment les groupies de la rue JEAN-GOUJON et du PRADO pendant qu’il démolissait notre Bien commun indivis le plus sacré pour lequel nos Anciens ont été décimés par centaines de milliers.

L’histoire n’étant pas celle qu’ils voudraient qu’elle soit, il est bon de la remettre à l’endroit pour en finir avec cette parenthèse désenchantée qui a fait vomir de dégoût les paroissiens niçois ensevelis sous des paquets d’ordures et qui voient aujourd’hui venir à eux les thuriféraires du grand guignol FORTUNATOS, tous ceux qui le flattaient, le badaient et le célébraient de la voix et de la plume, les plus aliénés, les plus entravés et les plus couchés, bref les plus atteints et les plus enflés qui n’en peuvent plus de rétropédaler !

Les paroissiens niçois, longtemps pris en tenailles entre Église et État arméniens, ne se tairont pas plus qu’ils n’oublieront un sort balisé de bassesses, d’intimidations et d’intrigues diocésaines monomaniaques à visée spoliatrice, procès judiciaires à l’appui…

Écartés d’un revers de manche de la vie du Diocèse de France qu’ils avaient pourtant contribué à fonder, ils s’enorgueillissent d’avoir mis en échec ces fossoyeurs de notre identité spirituelle, à la conscience télescopique et à la bouche cousue, dont l’abaissement les empêchait de regarder la vérité en face.

Ils savent dans leur chair que rien n’est plus facile que de décréter la désacralisation d’une église selon son bon vouloir mais que rien n’est plus difficile que de faire descendre l’Esprit Saint dans une autre étrangère, tout simplement parce que l’âme de la communauté apostolique arménienne de la Côte d’Azur est ancrée à SAINTE MARIE au 281 boulevard de la Madeleine depuis 90 ans que nos rescapés l’ont bâtie et que nous la chérissons !

Mais l’arbre survit en coupant ses branches comme le peuple en se révoltant pour ouvrir le cerveau des chapeaux pointus !

Maintenant que la Malédiction a bientôt fini de courir et de sévir, un immense effort de reconstruction, de réconciliation et de communion nous attend pour surmonter les dégâts causés et passer du registre de la terreur à celui de l’amour et du pardon.

La tribu bientôt rassemblée autour de son Église en toute bonne foi, il nous restera à définir ce que nous voulons devenir et partager ensemble, Arméniens de la diaspora et frères d’Arménie, dans le cadre, à la fois, du renouveau de la Mystique apostolique arménienne et de l’éthique de la Nation.

L’âme brune de FORTUNATOS démasquée, le « retors » devra restituer intégralement son immense magot et l’ensemble de ses parts sociales à la fondation HAYASTAN avant de disparaitre définitivement et retourner, nu dans sa grotte, à la méditation toute chrétienne de la vanité des biens matériels de ce bas-monde.

Un petit tour et puis exit son impérium de carton-pâte !

Le Catholicos de Cilicie ARAM 1er « le Grand » saurait rendre sa dignité perdue à cette fonction et rassembler ce qui est épars en unifiant notre Église dans le prolongement de KARÉKINE 1er « le Magnifique ».

Ainsi soit-il !

Amen…

Armand SAMMELIAN

Le 18 juillet 2018

(*) Paris-Lyon-Marseille

Los Caballos Paradjanov ( Les chevaux Paradjanov)

Filed under: ARTICLES,LIVRES,Uncategorized — denisdonikian @ 5:25
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A l’occasion  de sa traduction  par Ana Arzoumanian et Cristina Bourette publiée en Argentine.

 

 

Los caballos Paradjanov

 

J’ai écrit ce livre, Les Chevaux Paradjanov, parmi les premiers de mes livres, à un âge où je me sentais de plus en plus heurté par le monde des hommes forts. Juste avant, mes textes avaient été écrits sur le génocide des Arméniens puis sur mon expérience soviétique puisque j’avais vécu deux ans sous ce régime comme étudiant. Mon écriture est née de la conjonction de ces deux prises de conscience, le monde génocidaire et le monde totalitaire. Paradjanov est venu juste après comme un homme à sauver. Je suis encore fier d’avoir contribué à sauver Paradjanov en militant, en écrivant et en le rencontrant. Contribuer dans sa vie ne fût-ce qu’une fois à sauver un homme des griffes des hommes forts, ce n’est pas rien.

Les Chevaux Paradjanov est l’expression d’une colère inutile. D’une colère qui se sent inutile contre les hommes qui sont plus forts qu’elle. En ce sens, c’est une colère poétique. C’est de la poésie au service d’une colère. Et oui, Les chevaux Paradjanov est un livre inutile. Mais que serait un pays où tous les livres publiés seraient utiles ? Ce serait un pays invivable car tout y serait codifié. Un pays amputé de son imaginaire. Un pays où ne se publieraient que des recettes, même des recettes pour faire de la poésie. De la poésie sans colère, de la poésie aseptisée.

Qu’un pays comme l’Argentine publie Les chevaux Paradjanov est le signe que la colère y est vivace et l’imaginaire toujours d’actualité. C’est le signe qu’une poésie inutile y a encore son utilité, celle de défendre la générosité naturelle du monde contre ceux qui veulent la remplacer par la force, la force de la raison, la force de la destruction, la force de la raison destructrice telle qu’elle s’exprime à travers un régime génocidaire ou un régime totalitaire.

Il faut sauver Paradjanov !

Denis Donikian

 

Collage sin título (1)

19 juillet 2018

Y a le feu aux soutanes !

Filed under: ARTICLES,CHRONIQUES à CONTRE-CHANT,E VIVA ARMENIA ! — denisdonikian @ 3:48

chimp-rire

 

Avec une chaleur estimée à 45° en ce mois de juillet dans la plaine de l’Ararat, les esprits gonflent et les soutanes brûlent par le bas. Oui, par le bas, car tout le monde sait que l’homme destiné aux enfers commence à brûler ici-bas, pour se consumer progressivement par la tête dans l’au-delà.

Voici quelques jours, chauffés à blanc par une colère trop longtemps rentrée, des opposants au PDG d’Etchmiadzine s’en sont pris directement à sa personne en bloquant sa voiture. L’homme a dû prendre son bâton de pèlerin pour finir les quelques mètres qui lui restaient sous les huées. Du jamais vu.

Il faut dire, et nous l’avons dit à maintes reprises contrairement à ceux qu’inhibe le tabou de l’Apostolique Église Arménienne, que le PDG d’Etchmiadzine aura tout fait pour exaspérer les esprits. A commencer par ce qu’il n’a pas fait pour soulager la misère des pauvres en se situant du bon côté du fléau Sarkissian.

Et pourtant ce n’est pas qu’il lui manquait des moyens. Il avait su mettre de côté plus d’un million de dollars dans une banque suisse en prévision des malchances qui devaient mettre à la misère des Arméniens. Or, les Arméniens victimes de malchance en Arménie sont légion. Il est vrai que ce million caché dans la banque suisse HSBC n’y suffirait pas. Mais certains pensent qu’en l’utilisant à bon escient et en bon Nersissian,  il y aurait possibilité de soulager quelques âmes nécessiteuses. Toujours est-il que ce million enfle d’année en année en faisant des petits au lieu de diminuer en volume pour soutenir les floués de l’Arménienne Église Apostolique, soit en leur offrant le gîte, soit en leur offrant le couvert. Bien sûr, en attendant que le catholicos se bouge le cul, la diaspora alimente dans l’urgence des restaurants du cœur destinés aux infortunés de la vertu patriotique pendant que l’autre braille des psaumes en pensant à sa fortune.

De fait, se conduisant comme un chef d’entreprise faute d’avoir assez d’étoffe pour se conduire en chef spirituel des Arméniens, Karékine II sent de plus en plus gronder le vent des frondes qui a su déloger en un tour de main le président et Premier Ministre Serge Sarkissian, et Taron Markarian, maire de Erevan, au retour de cette même main.

Cette tempête à coup sûr devrait  gonfler sa soutane et l’emporter dans les airs même si le bougre s’accroche aux accoudoirs de son siège et commence à avoir la nostalgie des honneurs rendus à son rang et des petits déjeuners composés invariablement d’un œuf dur pondu de frais par les poules mouillées de la diaspora et de confitures d’abricot offertes par les  ouailles confites du pays arménien.

Tout cela n’est pas réjouissant ni pour le saint homme ni pour les fervents de l’Église Arménienne Apostolique, incapables de voir d’un mauvais œil les turbulences qui secouent le Siège vu qu’ils ont toujours préféré l’aveuglement à la lucidité même quand on cherchait à leur ouvrir les yeux.

Il est vrai qu’on peut être triste au spectacle du monastère de Tatev converti en Tour Eiffel en vue d’augmenter le business de nos patriotes les plus haut placés. Triste que les couvents autrefois habités par la ferveur et le chant religieux soient depuis tant d’années livrés à la végétation sauvage et au vide actif.

Ce qui manque à l’Arménie et aux Arméniens, c’est l’Esprit. Et ce n’est pas un catholicos oligarchique qui fera changer la tendance au matérialisme dans laquelle se complait un peuple qui se targue d’être la première nation chrétienne.

L’Esprit commence par la compassion. Et ce catholicos là en manque sévèrement.

L’Esprit, c’est la compassion gratuite mais aussi la ferveur gratuite, celles qui se donnent sans compter.

Or, en Arménie tout se compte. Même les comptes à rebours pour ceux qui ont fait de l’égoïsme financier un conte personnel et un sport national.

 

Denis Donikian

18 juillet 2018

Du rotavirus à Jérôme Cahuzac

Filed under: APPEL à DIFFUSER,ARTICLES,La SANTE en QUESTIONS — denisdonikian @ 7:51

Rotavirus : le vaccin qui TUE des bébés

 

SANTE CORPS ESPRIT par Hervé Bazin

Cher(e) ami(e) de la Santé,

Imaginez que votre enfant décède simplement parce que vous avez accepté de le vacciner contre la banale « gastro-entérite ».

Vous aviez fait confiance à votre pédiatre, qui vous a prescrit le vaccin. Vous aviez fait confiance au Haut Conseil de la Santé Publique, qui avait officiellement recommandé ce vaccin pour tous les nourrissons[1].

Mais quelques jours après avoir vacciné votre nourrisson, c’est le drame : votre bébé pleure sans s’arrêter, il vomit, il a de la fièvre… et vous retrouvez du sang dans sa couche.

Vous l’emmenez en urgence à l’hôpital, où les meilleurs médecins s’activent pour le soigner.

Mais bientôt, on vous annonce la mort de votre bébé.

Ce cauchemar, il a réellement été vécu par deux familles entre 2012 et 2014.

Les graves effets indésirables du vaccin contre la gastro

C’est la très officielle Agence Nationale du Médicament (ANSM) qui l’a révélé dans un rapport publié en février 2015[2].

Après avoir analysé tous les « accidents » survenus à la suite des vaccins Rotateq et Rotarix contre le rotavirus (qui cause la gastro), elle conclut :

    • Pour le Rotarix : 161 évènements « graves », dont 35 cas d’invaginations intestinales aiguës, trois d’entre elles étant particulièrement graves : « 2 hospitalisations en réanimation et 1 décès » ;
  • Pour le Rotateq : 40 évènements graves ont été rapportés, avec 12 cas d’invaginations intestinales aiguës, « dont un ayant évolué vers le décès ».

Devant cet aveu « officiel », les titres de presse furent sans ambiguïté :

« Deux bébés sont morts après avoir été vaccinés contre la gastro-entérite » (Le Monde, 1er avril 2015)

« Des vaccins contre la gastro-entérite ont bien causé la mort de deux bébés » (Le Figaro, avec AFP, 31 mars 2015)

(Je les cite pour ceux qui croient encore que les vaccins n’ont jamais d’effet indésirable grave).

Devant le scandale, les autorités ont alors été bien obligées de faire marche arrière.

Le Pr Daniel Floret, président du Comité technique français des vaccinations a déclaré sur TF1 que « avec ces effets adverses tout à fait inquiétants, nous sommes en train de réévaluer la balance entre le bénéfice et le risque »[3].

Puis, le Haut Conseil de la Santé Publique (HCSP) a fait un virage à 180 degrés :

« Du fait de l’évolution défavorable de certains cas rapportés d’invagination intestinale aiguë (décès, résections) et ne pouvant exclure que de telles situations se reproduisent, le HCSP suspend la recommandation de vaccination des nourrissons contre les infections à rotavirus en population générale »[4].

Tant mieux.

Mais cela ne fera pas revenir à la vie les nourrissons victimes de ce vaccin pourtant recommandé en 2013.

Cette affaire est particulièrement grave, car ces morts auraient dû être évitées.

Mais avant d’entrer dans les détails (terrifiants) de ce dossier, j’aimerais vous poser une question.

À la lumière de cette affaire, faites-vous une confiance aveugle à nos autorités, quand elles nous assurent aujourd’hui que les 11 vaccins obligatoires sont sans danger pour nos enfants ?

Qu’est-ce qui nous prouve qu’elles ne « changeront » pas d’avis, dans quelques années, quand d’autres scandales éclateront ?

Ce risque est d’autant plus grand que le cas du rotavirus est la preuve que quelque chose ne tourne pas rond dans le monde des vaccins.

Si vous en doutez, je vous décris en détail cette terrible affaire ci-dessous (mais si vous êtes pressé, je vous invite à passer directement à la dernière section et mon anecdote « croustillante » sur Cahuzac et Big Pharma).

On savait déjà que ce vaccin pouvait tuer !

Déjà, il faut bien comprendre que la gastro-entérite, elle, ne tue pas les nourrissons.

C’est uniquement la déshydratation causée par la gastro qui peut causer des complications.

Mais pour éviter cette déshydratation, il existe une solution très simple et peu coûteuse : il s’agit de « solutés de réhydratation orale » (SRO), vendues 6,2 euros en pharmacie !

Comme le dit bien la pédiatre, le Dr Claudina MichaTeitelbaum :

« Il ne semble pas très difficile de prescrire du SRO à tout nourrisson sortant de la maternité de la même manière qu’on lui prescrit de la vitamine D ».

Et pourtant, cela n’a jamais été recommandé, ni même envisagé !

Est-ce parce que les vaccins Rotarix et Rotateq coûtent 131 et 150 euros, donc sont beaucoup plus rentables pour les labos ?

On peut se poser la question, quand on sait que les effets secondaires graves du vaccin étaient connus depuis longtemps !

Le tout premier vaccin contre le rotavirus, le Rotashield, a été commercialisé au début des années 2 000 aux États-Unis… et a été très vite retiré du marché suite à des cas d’invaginations intestinales et du décès d’un nourrisson[5].

Exactement ce qui s’est passé en France récemment, avec les vaccins de seconde génération !

Mais on n’a voulu tirer aucune leçon de cette première expérience désastreuse.

Personne ne s’est demandé pourquoi les « essais cliniques » n’avaient pas décelé ce risque de décès de nourrissons.

La raison est pourtant simple… et vaut pour tous les vaccins : pour déceler un risque rare, il faut faire des études sur des centaines de milliers d’enfants !

Pour avoir une chance de détecter cet effet indésirable grave avant la mise sur le marché, il aurait fallu tester le vaccin sur 250 000 enfants ![6]

Or les études qui permettent de mettre un vaccin sur le marché ne sont généralement réalisées que sur 5 000 enfants maximum !

Dans ces conditions, il est impossible de déceler des décès rares causés par les vaccins (quels qu’ils soient) !

Avec un échantillon de 5 000 patients, si un bébé meurt dans le groupe qui a reçu le « vaccin », et aucun dans le groupe « placebo », les statisticiens diront forcément que cette mort est due « au hasard ».

Il a donc fallu attendre la généralisation du vaccin dans toute la population pour qu’on se rende compte qu’il pouvait tuer des bébés !

Et encore, il a fallu pour cela un « concours de circonstances » très favorable :

Ces morts qu’on ne veut pas voir

Comprenez bien une chose : si les autorités ont reconnu la responsabilité du vaccin rotavirus dans la mort des nourrissons, c’est uniquement parce qu’il ne fait aucun doute médical que ce vaccin peut causer des invaginations intestinales.

Le lien de cause à effet entre le vaccin et les invaginations est évident pour tout le monde.

Mais il existe quantité d’effets secondaires moins évidents à « relier » aux vaccins.

Par exemple, si vous lisez le rapport de l’ANSM, vous vous rendez compte que ce sont peut-être trois bébés (et non pas deux) qui sont morts des suites du vaccin anti-rotavirus :

Un cas marquant d’entérocolite nécrosante d’évolution fatale chez un enfant vacciné par Rotateq® a été discuté lors du comité technique. Un total de huit cas d’entérocolite chez les patients vaccinés par Rotateq® est enregistré dans la base de données Eudravigilance.

Conclusion des auteurs : « même si le lien entre Rotateq® et l’entérocolite ne peut être affirmé, il ne peut être exclu dans la mesure où des entérocolites sont rapportées avec le rotavirus sauvage ».

Traduction : le Rotateq est peut-être responsable de ces 8 cas d’entérocolite, dont l’un a causé la mort du bébé.

Ici, on est dans une situation intermédiaire : il y a de bonnes raisons de penser que le vaccin peut causer des entérocolites, mais on n’en est pas sûr.

Mais il y a aussi les cas où les vaccins peuvent causer des dégâts totalement inattendus – et dans ce cas, vous pouvez être sûr que personne ne s’en rendra compte !

C’est le cas par exemple du lien entre la pneumonie et le Rotarix.

Dans les études cliniques réalisées sur le Rotarix, on s’est aperçu que les bébés vaccinés avaient deux fois plus de pneumonies que les autres.

Mais comme l’échantillon était modeste, et qu’on ne connaît pas de lien biologique évident de cause à effet entre le vaccin et la pneumonie, on a « laissé couler ».

L’agence américaine du médicament, la FDA, s’est contentée d’une ligne dans un rapport, observant que, d’après une étude réalisée dans 6 pays européens :

« Les décès de nourrissons liés à une pneumonie étaient significativement plus élevés pour le groupe qui a reçu le Rotarix par rapport à celui qui a reçu le placebo »[7].

Pour une personne normalement constituée, ces résultats sont TRES inquiétants.

Mais pas pour nos « autorités », qui s’abritent derrière l’absence de lien biologique évident entre rotavirus et pneumonie.

Pourtant, ce lien n’a absolument rien d’invraisemblable, quand on sait à quel point les virus, comme les bactéries, « s’équilibrent » entre elles.

Il est tout à fait possible que les bébés infectés naturellement au rotavirus puissent bénéficier d’une protection accrue contre les infections respiratoires !

Mais comme on ne peut pas le prouver, on s’empresse de cacher ces résultats sous le tapis !

Quant à la « pharmacovigilance », c’est-à-dire aux accidents rapportés « après coup », on peut être sûr qu’elle ne fera jamais le lien !

Aucun pédiatre n’imaginera jamais que la mort d’un nourrisson par pneumonie a été causée indirectement par le vaccin contre la gastro-entérite !

Ce genre d’effets « ricochet » du vaccin ne peut être décelé que dans des études cliniques (contre placebo)… mais comme vous l’avez compris, ces études ne comportent jamais assez d’enfants pour déceler avec certitude la totalité des effets graves !

Conclusion : les effets indésirables graves des vaccins sont TOUJOURS sous-estimés !

Voilà pourquoi le principe de précaution doit être appliqué aux vaccins, qu’il ne faut utiliser qu’en cas de menace grave et évidente pour la santé publique

…ce qui n’est absolument pas le cas de la gastro du nourrisson !!

C’est du simple bon sens.

Mais hélas, le bon sens est désormais noyé sous le lobbying intense de Big Pharma !!

Et dans le cas du vaccin contre le rotavirus, on connaît au moins un des hommes qui a joué un rôle non négligeable dans son approbation :

Quand Jérôme Cahuzac s’active pour généraliser le vaccin anti-rotavirus

Si quelqu’un est « mouillé » avec l’industrie pharmaceutique, c’est bien Jérôme Cahuzac.

Pas seulement parce qu’il a été officiellement consultant du laboratoire Pfizer de 1993 à 1995.

Grâce à l’enquête des juges sur son « compte en Suisse », on en a appris de belles sur son compte !

Lorsque les juges lui ont demandé d’où venaient les millions de francs déposés sur son compte secret en Suisse, il a dit et répété que ces sommes lui avaient été virées… par des laboratoires pharmaceutiques !

D’après les juges qui l’ont interrogé :

« Il pense que les deux entrées de 817 500 francs le 4 janvier 1993 et de 504 000 francs le 7 mai 1993 proviennent de Pfizer. Mais en dehors de ces deux virements (qui représentent 1,3 million de francs sur un total de 3,2 millions de francs), Jérôme Cahuzac n’a fourni aucune explication sur l’origine des autres virements, si ce n’est qu’il a indiqué avoir travaillé pour d’autres laboratoires, tels Pierre Fabre, Roche, Sandoz, UPSA »[8].

Lors de son procès en septembre 2016, il a même lâché une petite « bombe ».

Il a déclaré que cet argent lui avait été viré par les laboratoires pharmaceutiques pour financer l’éventuelle campagne présidentielle de Michel Rocard en 1995 !

« À l’époque, c’était banal. Tout le monde l’a fait », a déclaré Cahuzac lors de son procès. « L’industrie pharmaceutique a financé tous les partis politiques »[9] !

Vous voyez le contexte ?

Maintenant, pensez-vous que ce soit un hasard si le même Cahuzac a interpellé officiellement la Ministre de la Santé en 2009 en ces termes :

M. Jérôme Cahuzac attire l’attention de Mme la ministre de la santé et des sports sur la vaccination contre le rotavirus. En effet, le Comité technique des vaccinations a émis un avis en 2006 ne recommandant pas la vaccination contre le rotavirus généralisée (…) Les vaccins sont disponibles, efficaces et sûrs. Il demande donc à la ministre de veiller à ce que le Comité technique des vaccinations étudie à nouveau la question de la vaccination anti-rotavirus et de rendre son avis dans des délais rapides »[10].

Est-ce un hasard complet si le Haut Conseil à la santé publique va finalement lui donner raison en 2013, quelques mois après son passage dans le gouvernement de François Hollande ?

Peut-être, peut-être pas.

Mais ce qui est sûr, c’est que Jérôme Cahuzac n’est qu’un relais parmi des milliers d’autres du puissant réseau d’influence des géants de la pharmacie.

Et voilà comment on a autorisé et même conseillé de donner à des nourrissons un vaccin dangereux pour les protéger contre une maladie qui ne l’est pas !

Bonne santé,

Xavier Bazin

PS : je ne voulais pas être trop long, mais pour être parfaitement complet sur ces fameux vaccins rotavirus, sachez que :

    • 40 % seulement des gastro-entérites des nourrissons sont dues au rotavirus – les autres peuvent être causées par des bactéries ou d’autres virus ;
    • Il existe de nombreuses souches du rotavirus, mais le vaccin ne protège que contre un quart d’entre elles : il faut donc s’attendre à ce que les autres souches prennent la place des quatre visées par le vaccin, comme cela s’est produit dans d’autres cas ;
  • Et en 2010, on a appris que les vaccins anti-rotavirus avaient été contaminés par de l’ADN et des particules virales de circovirus porcin(bien entendu, les autorités se sont empressées de déclarer que ce n’était pas bien grave).


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13 juillet 2018

« Quand l’autre disparaît… »

Filed under: GENOCIDE ARMENIEN — denisdonikian @ 4:48
Tags:

 

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1 -Paru sous le titre Quand l’âme disparaît…  dans le numéro 6-7 de la revue L’Intranquille (Paris, 2001), l’article de Hélène Piralian, auteur de Génocide et transmission (Paris, L’Harmattan, 1994), traite du concept d’effacement « dans le registre de l’Histoire » à travers le processus génocidaire, à savoir ce qui fait disparaître « à la fois le projet de disparition, le sens de ce projet et la communauté qui en fait l’objet ». Convoquant différents textes pour étayer sa démonstration, l’auteur va chercher à les lier pour comprendre les mécanismes de destruction.

 

2 – « Génocide parfait » qui « n’a jamais eu lieu », selon les termes de Jean-Marie Carzou (Arménie 1915, Flammarion, 1975), les « déportations-disparitions », rapportées par Leslie A. Davis dans son livre La Province de la mort (Éditions Complexe, 1994), provoquent cependant des réapparitions «  dans la vie des vivants, sous la forme dans laquelle [ces morts-là] ont été tués et déniés avoir été tués ». De fait, les hallucinations dont sera victime le héros de Nedim Gürsel, écrivain turc, dans Un long été à Istanbul, se produisent lorsque que les évènements liés à la mort n’étant pas reconnus, les morts reviennent « plus forts que les vivants ».

 

3 – Les Musulmans massacrés par les Serbes dans l’enclave de Srebrenica furent victimes de mesures « prises pour que rien ne puisse être repérable », afin ni de retrouver ni de reconnaître les cadavres. De la sorte seront soigneusement organisées « la non-existence passée », la non-inscription du mort dans la généalogie et l’impossibilité du deuil. Or, plus le disparu aura fait l’objet d’un effacement, plus ses proches entretiendront son omniprésence, au point de le rendre plus vivant que mort. En somme toute extermination sera d’autant plus absolue qu’elle fera des vivants et des morts « des morts-vivants et des vivants-morts ».

 

4 – L’absence voulue des familles croates ou musulmanes lors des exhumations de charniers dirigées par Haglung, anthropologue spécialisé en médecine légale, sur les sites des Balkans, aura eu pour effet de déshumaniser le processus, alors qu’en Amérique latine ou au Kurdistan les proches des disparus établissant des échanges avec les enquêteurs transformaient chaque exhumation en réappropriation, sorte de « restauration des morts en un espace à la fois privé et social ». Dès lors que le deuil devient réalisable, « les morts prennent alors leur place de morts dans le champ de l’Histoire ».

 

5 – Ainsi devient évidente la nécessité non seulement de réinstituer la loi, mais aussi de châtier les coupables et de reconnaître les disparus, sans quoi les pays désymbolisés seront livrés à la barbarie. En effet, « il existe une circulation des crimes contre l’humanité » telle que « l’impunité du génocide arménien a conforté Hitler en son mirage de pouvoir exterminer ».

12 juillet 2018

Viticulteurs expulsés : la mobilisation commence à payer !

Filed under: Uncategorized — denisdonikian @ 3:51

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Chers amis du Naturel,

Il y a quelques jours, je vous demandais de vous signer une pétition pour soutenir un jeune couple de vignerons japonais de Banyuls-sur-Mer.

Ces deux jeunes travailleurs sont en passe d’être expulséssimplement parce qu’ils font du vin « naturel », en biodynamie.

« Pas assez rentable », a déclaré la Préfecture, qui a signé leur arrêté d’expulsion le 3 avril dernier !

Mais je viens d’apprendre une nouvelle encourageante. Selon une dépêche AFP :

« Le préfet des Pyrénées-Orientales a indiqué jeudi 5 juillet, dans un communiqué, qu’il a décidé « de réexaminer la situation administrative de M. et Mme Shoji » en leur demandant de communiquer de nouveaux « éléments techniques et financiers » sur leur exploitation. »
Cela veut dire que les autorités nous on entendus !

Mais ATTENTION, RIEN N’EST ENCORE GAGNÉ.

« Réexaminer la situation », cela ne veut pas dire que nous avons gagné.

Il est possible que le Préfet essaie de gagner du temps… et décide d’expulser le couple au milieu du mois d’août, au moment où la mobilisation est retombée !

Alors s’il vous plaît, continuez à vous mobiliser, c’est ultra-urgent !

Si vous ne l’avez pas encore fait, signez vite la pétition de soutien ci-dessous.

Et transmettez-là vite à tous vos contacts, par email et sur Facebook !

C’est notre devoir de défendre le bio et la biodynamie contre tous les lobbys…

…et c’est aussi notre d’humanité à l’égard de ces deux jeunes gens qui valorisent notre patrimoine et font honneur à la France !

Je compte sur votre action.

Votre dévoué, Guillaume Chopin

_______________________________________________________________

 

9 juillet 2018

REVOLTANT !

Filed under: Uncategorized — denisdonikian @ 3:05

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Un coup de poignard du lobby CHIMIQUE ?

SCANDALE ! La préfecture des Pyrénées-Orientales veut expulser deux viticulteurs japonais qui produisent un vin bio 100% naturel

Urgent : plus que quelques jours pour empêcher cette injustice !

Chers amis du Naturel,

Ce message est capital et urgent.

La préfecture des Pyrénées Orientales a émis le 3 avril dernier un arrêté d’expulsion contre un couple de Japonais, Rié et Hirofumi Shoji.

Ce jeune couple admirable de viticulteurs Japonais
est menacé d’être expulsé 
Ce sont pourtant des jeunes gens EXEMPLAIRES :
    • Depuis leur arrivée en France en 2011, ils n’ont pas reçu un seul centime de l’Etat (ni de la CAF, des ASSEDIC, etc.) ;
    • Au contraire, ils ont toujours travaillé dur, d’abord comme ouvrier agricoles et employés de cave en Bourgogne et dans le Bordelais,
    • En 2017, ils ont investi toutes leurs économies (plusieurs dizaines de milliers d’euros) pour revivifier une vigne sur les hauteurs de Banyuls sur Mer ;
    • Ils n’ont demandé aucune aide, aucune subvention, ils valorisent le terroir français, ils sont à jour de cotisation ;
  • Et leur première cuvée 100 % bio, 100 % naturelle, faite à la main, en biodynamie est considérée comme un « vin d’exception » qui se vend déjà très bien…
…Mais la Préfecture des Pyrénées orientales a décidé de les expulser manu militari !!!!
Le jeune couple est sur le point de tout perdre : leurs économies, leur vigne, le fruit de leur travail acharné !
Et c’est pourquoi je vous demande de vous mobiliser EN URGENCE pour empêcher ce scandale !
Signez vite la pétition maintenant en cliquant sur le bouton ci-dessous :

Découvrez et SIGNEZ la Pétition

Car savez-vous ce qu’on leur reproche ?

Leur « crime » ? Produire du vin « NATUREL » !
Pour leur avocat, Me Jean Codognès, les choses sont clair.
Il s’agit ni plus ni moins d’une « stigmatisation des vins nature et de biodynamie ». [1] 
Car le jeune couple sont des grands partisans du zéro chimie, 100 % nature.
Leur vin admirable est :
    • Fabriqué sans le moindre intrant ;
    • En conversion « bio » ;
    • Sans sulfite ;
  • Élevé sous bois ;
Et tout est fait à la main !  Pas de mécanisation possible, c’est de l’artisanat de haut niveau, qui demande un travail acharné !
Le problème, c’est que la Préfecture voit ces vins « nature » d’un très mauvais œil !
Pour Alain Potié, auteur de la Bible des fins du Roussillon, cette affaire est « la caricature parfaite de la difficulté des jeunes vignerons qui s’installent pour faire des vins nature ».

Oui, on leur met des bâtons dans les roues, sous prétexte que ce n’est pas rentable !

Pas rentable ?! Le prétexte honteux de la préfecture !
Selon la Préfecture, ce type de vin « nature » serait difficilement « valorisable économiquement ». La Préfecture prétend que le couple ne pourra donc pas subvenir à ses propres besoins.
Mais c’est totalement absurde !
    • Il faut savoir qu’une banque a déjà prêté 50 000 euros à ce jeune couple pour lancer leur vin – et croyez-vous vraiment que des banques prêtent une somme d’argent facilement !
    • Dans le vin, comme dans la plupart des domaines, il faut d’abord investir avant de toucher les fruits de votre travail – comment la préfecture peut juger qu’ils ne sont pas rentables alors qu’ils viennent de se lancer ?!
  • Et surtout, c’est d’autant plus invraisemblable que leur vin se vend déjà comme des petits pains !
Leur vin, « Pedres Blanques » est même en rupture de stock sur le site « vinnouveau », qui en fait la « découverte de l’année » !

Alors s’il vous plaît, agissez avec moi pour empêcher l’expulsion de ce couple admirable !

Signez-maintenant notre grande pétition nationale adressé au Préfet !

Découvrez et SIGNEZ la Pétition

Pour moi, ce n’est pas une banale « négligence ».

C’est bien l’agriculture naturelle, en biodynamie, qui est visée !

C’est exactement comme le cas d‘Emmanuel Giboulot, poursuivi en Justice parce qu’il avait refusé d’épandre des pesticides sur sa vigne !

Souvenez-vous de ce viticulteur condamné parce qu’il refusait de polluer !

Emmanuel Giboulot, lui aussi, cultivait sa vigne en biodynamie, sans le moindre produit chimique.

Et lui aussi s’est fait traîner en Justice par la Préfecture !

Heureusement pour lui, il était français – il n’a donc pas été expulsé du territoire.

Mais il a été convoqué au Tribunal Correctionnel et condamné pénalement par le Tribunal de Dijon à en 2014 !

Heureusement pour lui, Emmanuel Giboulot a bénéficié d’une mobilisation populaire exceptionnelle : plusieurs centaines de milliers de personne ont signé une pétition pour le défendre.

Résultat : en 2015, il a été relaxé et blanchi en appel !

Aujourd’hui, il faut se mobiliser à nouveau !

C’est vraiment urgent.
Nous ne devons pas laisser l’Etat expulser ces jeunes Japonais :

Il font honneur à la France !

Ils valorisent notre patrimoine !

Et ils protègent notre planète !

Alors ne perdez pas une seconde, signez maintenant notre grande pétition et transférer la à tous vos contact, par email et sur Facebook !

Découvrez et SIGNEZ la Pétition

Je compte sur vous.

Votre dévoué,

Guillaume Chopin
Association Santé Naturelle


Sources

[1] http://www.terredevins.com/actualites/roussillon-un-couple-de-vignerons-japonais-menace-dexpulsion/

7 juillet 2018

keghart.com

Filed under: Uncategorized — denisdonikian @ 5:12

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Notre article De la passion patriotique sur keghart.com

 

30 juin 2018

A nos mères arméniennes, rescapées du génocide

Filed under: GENOCIDE ARMENIEN — denisdonikian @ 12:21

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Prise à l’entrée du fameux « Kemp » de Vienne (voir le livre de Jean Ayanian, Le Kemp, Editions Parenthèses), cette photo qui date de 1947 , rassemble les mères arméniennes vivant au Kemp ou dans les environs, à savoir le quartier d’Estressin, à l’occasion du départ pour l’Arménie soviétique de Chnorig Hovivian ( en haut première à droite). Elles ont connu l’exil après le génocide. Elles sont toutes originaires des différentes villes de l’Arménie anatolienne. De sorte qu’on peut dire qu’elles résument par leur destin l’Arménie perdue et l’Arménie qui continue de vivre. Je les ai pratiquement toutes connues. Elles font partie du paysage de mon enfance. Et maintenant qu’elles ne sont plus de ce monde, je leur dis merci d’avoir tenu bon et de nous avoir donné la vie malgré tout.

17 juin 2018

Հայրենասիրական մոլության մասին

Filed under: Uncategorized — denisdonikian @ 4:33

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Ֆրաներենից թարգմանեց Նվարդ Վարդանյանը

 

 

1

Տարօրինակ բան է հայրենասիրական մոլությունը։

 

Ամենաքիչ բանը, որ կարող ենք ասել, այն է, որ Հայաստանի արդի դեպքերը թույլ տվին զննել, թե որքան էին աշխարհի հայերը հակամարտության զգացմունքներովհամակված։ Երեք շաբաթվա ընթացքում ոչ միայն մասնակից եղանք իրավիճակի կտրուկ փոփոխության, այլ նաև շրջադարձերի հատու վերաբերմունքի, որքան այնտեղ, այնքան էլ սփյուռքում։ Այսպիսով, հակառակ Սարգսյանի իշխանության հանդեպ տածած նման պաշտամունքի, փոխվում է միանգամից հայկական հարցի հանդեպքննադատությունն այն աստիճան, որ նրա պահպանողական միտքը հնչում է ուժգին՝ երիտասարդության բերած հարվածից, որ Երևանում թնդաց։ Ինչ վերաբերում է այնառարկողներին՝ իրենց առաջնորդի հանդեպ ունեցած խելագար սիրո համար, տեսնում էին մեկ ակնթարթում, ինչպես է բարձրանում արգահատանքի մի շարժումպատգամավորների և օլիգարխ միապետների դեմ, ովքեր քսան տարուց ավելի խաբել էին նրանց։ Ասես նոր պաշտամունքը սահմանվել էր, սկսած հանդարտ ու վստահատելությունից։ Ասես քսան տարուց ավելի զգացած արհամարհանքին պատասխանում էին բնազդային և նախապես մշակված արհամարհանքով։ Ասես յուրաքանչյուրխանդավառ մարդու մեջ համատեղ ապրում էին երկրի սերն ու ատելությունը, որ հակասում էին նրանց սիրուն։ Այն մետաղադրամի պես, որ ճարպկորեն ցուցադրում են միակնթարթում, գիրն ու անմիջապես հետո ղուշը, այդպես էլ հայրենասիրական մոլությունը բավականին ճկուն է՝ համբուրելու ձեր այտը և հրամցնելու իր հետույքը, ըստ այնամենի դա հարգանք ներշնչում է ձեզ, թե ոչ։

 

(Այն ընթերցողը, որ այս պահին կարդում է հոդվածը և անձամբ մենք, որ գրում ենք, նույնքան անգիտակ ենք այդ մոլությանը, որ գոյություն ունի միայն մեր կողմից, այնդարձնելով մեզ կենդանի մի կապ հայ ազգի հետ։ Այդ ժամանակից ի վեր, եթե մենք այն մարդն ենք, որ կարդում կամ գրում ենք հայկական իրականությունների մասին, պետք էդիտենք նաև որպես այս մոլության միևնույն ենթական, որ տեսնում է և մասնակցում է)։

 

Հաճախ են ասել, որ ատելությունը կարող է լինել սիրո այլ տեսակի արտահայտում։ Փաստացիորեն, ատելությունը որոշիչ մոլության մի մասն է։ Հայկական հարցում, ինչպես նաևամենուր, ուր զարգանում է հայրենասիրական կիրքը, երևույթն այնպիսին է, որ կարող է տիրել նույն անձին, որ դարձել է այսպիսով պաթոլոգիայի զոհ, որը դիպչում էմիաժամանակ նրա մտածողությանն ու գործողություններին։ Հանուն իր ժողովրդի կամ երկրի, հայը կարող է թույլ տալ իրեն տանջել, խաբել կամ ոչնչացնել մի այլ հայի։ Տվյալդեպքում չարիք հասցնելու այս իրավունքը հատուկ է բոլոր նրանց, ովքեր ամեն կերպ պաշտպանում են իրենց հայրենիքը։ Հայերը զարմանում են, որ Էրդողանը խաբում էհայկական ցեղասպանության հարցում։ Բայց ինչու՞ Էրդողանը պիտի կեղտ լցներ այն գաղափարի վրա, որ ունի Թուրքիայի հանդեպ, ցեղասպանությամբ։ Իբր թե հայերը չէինխաբում պահպանելու համար այն պատկերը, որ ունեն հենց իրենց մասին։ Փաստորեն, նմանատիպ պատկերացման դեպքում ամեն ինչ դառնում է թույլատրելի, ավելի շուտ, դաբարոյազանցություն է, քան անբարոյականություն։ Այսպիսով, հայրենասիրական ամեն տեսակի բարոյականություն պարտավորություն էր ունենալու, եթե ոչ՝ իրավունք, ոտնահարելու տիեզերական բարոյականությունը, ապահովելու համար ազգությունը։

 

Հայոց պատմությունը նշանավորված է խոսքի վրա հիմնված թշնամանքներով, գաղտնի կամ բացահայտ մրցակցություններով, դավաճանություններով։ Հարցն այն է, որ հայրենիքի գերագույն շահն է, որ չպետք է տուժի, այնքան որ դա վերին աստիճանի նվիրական բան է։ Յուրաքանյուրն, ով փոխակերպված է զգում իրեն աչալրջության հայրենասիրական առաքելությամբ, թույլ է տալիս իրեն նզովել հանուն ազգային շահի կամ բացարձակ վկայակոչումների, որ հարկ է համարում մարմնավորել։ Պատճառն այն է, որ սերը հայրենիքի հանդեպ փոխարկվում է միանգամից ատելության նրանց կողմից, ովքեր շեղում են ճանապարհը։ Սակայն նրանք ովքեր շեղում են այն, իրենց հերթին հավատում են, որ իրենց չարախոսողը հենց ինքը ազգային ունեցվածքի թշնամին է։ Այսպիսով, միևնույն ցեղից սերող մարդիկ թացը չորին են խառնում, ոգևորված մեկը մյուսի հանդեպ ունեցած նույն թշնամանքից ելնելով, բայց արտահայտելով ազգության միակ միևնույն շահի հակամարտական տեսակետները։ Համայնքական ամեն տեսակի ֆորում տալիս է բուռն հակասությունների ներկայացում, որտեղ յուրաքանչյուրը մրցակցում է յուրաքանչյուրի հետ ազատության հետ կապ ունեցող լավ բառերով կամ գաղափարներով, որ ստեղծում են այնքան առաքելական ուղերձներ՝ արժանի հասարակական վայրերին։

 

Երբ այդ ձայները ոչ մեկին ոչ մի տեղ չեն ուղեկցում, ոչնչից զավեշտ, սնափառություն են ստեղծում։ Յուրաքանչյուր ոք իրեն խորհրդանշական կարևորություն է տալիս, որից զուրկ է իրական կյանքում։ Պատասխանատու լինելով իր հայրենասիրական առողջ բանականության հարցում, այն ցնցումը, որ ջանում է առաջացնել հայրենասերների հարաբերության մեջ, ովքեր տարբեր ձևով են մտածում, այսինքն՝ ոչ լավ, նրա աչքին բարձրացնում է իր ինքնասիրությունը, եթե անգամ հարկ լինի ծիծաղի պոռթկում առաջացնել այն հանդիսատեսի մոտ, որ մի կողմ է քաշված չնչին տիտանների այդ մրցախաղերից։

 

Իրականում յուրաքանչյուր ազգություն սնվում է այս անհրաժեշտ չարիքից՝ արժեքավորել տալու համար, ավելի շուտ, այդպիսի հետաքրքրությունները, քան նմանատիպ ուրիշները։ Այսպիսին պետք է տեսնել խորհրդարանային ակտիվությունը, որտեղ հակասական ձայներն արտահայտվում են հանուն հայրենիքի բարձրագույն շահի։ Բայց այստեղ բանավոր մարտնչումները, եթե ոչ՝ քաղաքակիրթ, այլ տեղում կարող են ահարկու ֆիզիկական դիմակայությունների առիթ տալ։ Չկա մի խորհրդարան, որտեղ բանավոր հռետորական մրցակցումը մեկ օրից մյուսը չվերածվի տուրուդմփոցի։ Հայաստանում խորհրդարանը նույնիսկ հաջողության է հասել խոսել տալ, իհարկե, արտաքին ուժերի ձեռքին գտնվող զենքերի մասին, սակայն որոնք հավանաբար ֆինանսավորված են քաղաքական պատասխանատու անձանց կողմից, ովքեր ցանկանում են ուժով ստանձնել դա։

 

Իրականում, ազգի համար յուրաքանչյուր պատասխանատու անդամ իրեն ընդունում է որպես վերապրողի պես մի դերակատար։ Հայրենասիրական անհատական մոլությունը չունի այլ նպատակ, քան այն, որ ապահովի ժողովրդի երկարատևությունը։ Այս իրավունքով ամեն ոք համաձայն է տալ որևէ բան իրենից, նպաստելու համար այդ առաքելության հաջողությանը։ Տվյալ առաքելությունը ինչ-որ ձևով դաջված է անհատների գեներում տարբեր չափանիշներով։ Որոշ անձանց մոտ դա կօժտի անհատի ամբողջականությունը։ Այլոց մոտ այն կարտահայտվի միայն հատվածաբար։ Բայց չմասնակցել իր գոյությամբ սեփական ժողովրդի հավերժությանը, հավասարազոր կլինի այդ ժողովրդի մասը չկազմելուն։ Այս դեպքում իր համայնքից կտրված մարդը վտանգում է իրեն վերածվելու անկայուն էակի, այսինքն, ամեն տեսակի կապվածությունից ազատագրված անդամի, որը սակայն մեկուսացած է յուրայինների տևողության մեջ գրանցվելու հնարավորությունից։ Համայնքի սրտում այս ներառվածությունը գոյությանը տալիս է կողմնորոշում՝ արդեն ոչ պատահական ծննդի և արդեն ոչ մահացու մահվան միջև։ Մի խոսքով, յուրաքանչյուր անհատ ընկալվում է որպես անմահ՝ անմահության փաստից ելնելով, ենթադրված ժողովրդի կողմից, որ սնել է այդ հավերժության գաղափարն իր մտայնություններից, իր գործողություներից, իր ագրեսիվությունից և իր սիրուց։

 

Արիություն պետք է ունենալ ընդունելու դատարկության մեջ կախված լինելու հարցը։ Արա Բալիոզյանի նման գրողը տարիներ շարունակ աշխատում է անսասան նվիրվածությամբ։ Մնում է իմանալ, արդյո՞ք տաբուլա ռազայի վերածելու այդ կամքը՝ ազատագրվելով հայ ժողովրդին պատկանող ճոռով դարձվածքների խորհրդանշանից, խորքում չէր լինելու մի այլ ձևի դրսևորմամբ, տեղի տալու իր արմատներին և պահպանելու դրանք։ Հիրավի, Արա Բալիոզյանի սուր քննադատություններն ուղղված հայ ժողովրդի դեմ սև հումորով ծածկված բառեր են, բայց, այնուհանդերձ, սիրո վրա հիմնված բառեր։ Կարծես թե լավագույն ձևը սիրելու համար իր ժողովրդին պետք է արյուն հանելու աստիճան մտրակվել, արնաշաղախ անելու աստիճան մտրակելով նրան։

 

Այս ասելուց հետո նշենք, որ հայ ազգը պրոբլեմատիկ ազգ է, որը ծնունդ է տալիս խնդիրներ ունեցող երեխաների։ Նա այն հազվագյուտ ժողովուրդներից է, որ ցեղասպանության պատճառով ջախջախված է մնում, այսինքն սգապատ, ում վերքը չի փակվում։ Բացի այդ, հայ ազգը տառապում է փշուր-փշուր լինելու պատճառով, որի կտորտանքները մշակույթի առումով, մեկը մյուսից այնքան են հեռացել, որ կարող են հույս փայփայել ունենալու իրական և կառուցողական մի միավորում։ Գոյություն ունի մի անդունդ Հայաստանի հայի և սփյուռքի որևէ հայի միջև։ Մեկի արժեքները չեն ծածկում մյուսների բոլոր արժեքները։ Եվ եթե ցեղասպանությունն ընդունել տալու պայքարը սփյուռքի համար առաջնահերթություն է, նույնը չի կարելի ասել Հայաստանի հայերի մասին։ Այսպես, եթե սփյուռքում հայականության գերազանցության չափանիշը ցեղասպանության ճանաչման պայքարն է, Հայսատանում մարդիկ պայքարում են իրենց երջանկության համար, նրանց միակ մտահոգությունը պահպանելն է ապահով կյանքը և իրենց հողատարածքները։

 

Հայերը բողոքելու տեղ կունենային, ծնված լինելով խելագարության հասցրած մասայական սպանդի ենթարկված մի աշխարհում և այդ կոտորածի ժխտողականության պատճառով խելագարության են հասցնում, եթե չհիմնվեին իրենց մարդկայնության վրա, փոխհատուցման արժեքների միջից, ինչպես ապրելու բերկրանքը, որ բացում է նրանց առջև մոռացության փակագծեր։ Այդքանի դիմաց նրանց վրա ծանրանում է պարտավորությունը՝ հիշեցնելու աշխարհին 1915 թվի իրենց մարդկության կորստի մասին ։ Յուրաքանչյուր հայ, ով աշխատում է մոտից կամ հեռվից ցեղասպանության ճանաչման հարցում, փաստորեն աշխատում է, որ ճանաչում ստանա իր սեփական անձը, միչդեռ ժխտողականության շարունակման մերժումը, որի հարցում ինքը և յուրայինները եղել և մինչև հիմա զոհ են։ Այս կատաղությունը, որ ուզում է ներգրավել մարդկանց աշխարհը, նրանց գժվեցնում է։ Հայկական հայրենասիրական մոլությունը միաժամանակ տառապանքի հարցն է, որին անարդարացի կերպով ենթարկվել է և՝ նվաճելու թողության հարցն է

 

2

 

Այսպիսին է հայրենասիրական մոլությունը, երկդիմայնությունը, ինչպես Յանուսի տարբեր կողմեր շրջված երկու դեմքերն են, նույնքան սեր, որքան ատելություն, միաժամանակ սեր, որքան ատելություն, ատելի սեր կամ սիրո ատելություն, ինչպես կամենաք։

 

Երևանում մայիսի մեկին ամբոխները պահանջում էին Փաշինյանին, ում ելույթները ուղիղ վերահեռարձակում էին ազգային ժողովի ամբիոնից։ Բայց երբ այդ նույն ամբոխները լսում էին Սարգսյանի ռեժիմին հարող մի պատգամավորի, որ փակում էր իրենց սիրեցյալի ճանապարհը, շրջում էին դեպի ներքև բթամատը որպես մահվան դատապարտելու նշան։ Դրանք նույն տղամարդիկ ու կանայք էին, որ մի ակնթարթում անցնում էին ուրախ հիստերիայից ատելության հիստերիայի։ Որպես թե հայ ժողովրդի սաստկացած սիրո զգացմունքը հենց իր համար կարող էր մեխանիկորեն մարտի մղել իր ատելության բաժինը, երբ անմիջապես հակառակվում էին նրան։ Յանուսը՝ մեն միակ ու նույն դեմքով։ ՍԵրը՝ սնվելով նույն մարմինն ունեցող ատելությունից, այսինքն՝ Հայաստանը։

 

Հայրենասիրական խանդավառությունը այսպիսով պարում է նախ մեկ մի ոտքի վրա, ապա՝ մյուսի, արտահայտելով մի հուզում, որը նրան հավաստիապես դարձնում է մեծարժեք և օրինակելի իր միջավայրի և աշխարհի աչքին, բայց խորքում նրան թույլ չի տա ցմահ շունչ քաշելու ոչ մի հնարավորություն, ոչ էլ հնարավորություն։ Հայրենասիրական մոլությունը այսպիսով լինելու է մի տեսակ նույնականության պաթոլոգիա այն չափով, որ բանականությանը խելագարության է հասցնում և արգելում է ողջախոհության բռնկումը։ Ուրեմն, մի մտքի համար, որ ավելի շուտ կուզենար ձգտել դեպի սերը, քան կցանկանար շրջվել ատաելության կողմը, այս քննադատական անկայունությունը պիտանի չէ։ Գանդին որոշել էր տվյալ հարցը բողոքի դեմ հացադուլ անելով կամ ոչ սաստիկ հակաճառություն ցուցաբերելով բռնությանը։ Հնդկաստանը, որ սիրում եմ, ինձ չի գցի այն մարդու հանդեպ ունեցածս ատելության գիրկը, ով խանգարում է ինձ այդ սերը։ Իսկ Մանդելան հասկացել էր, որ հաշտությունը թույլ էր տալիս ավելի լավ առաջ տանել քաղաքացիական խաղաղությունը, քան առճակատումը՝ խտրականություն կիրառող պատենդավորված մասնագետների հետ։ Դասեր, որ Փաշինյանը հաշվի առավ ծրագրավորելով՝ կողմորոշել կիբեռնետիկայով հագեցած մի սերնդի դեպի այն գաղափարը, որ պահպանի սերը հայ ժողովրդի սրտում, քան կառուցել իր երկիրը վրեժխնդրության անդունդի վրա։ Ավելի շուտ իրավունք առանց ատելության, քան ատելություն իրավունքի սրտում։

 

Փաստացիորեն, հայրենասիրական կիրքը ցուցադրում է անմաքրությունն այն ամենի, ինչ մարդկայինի հետ է առնչվում։ Եթե մեր զգացմունքները մաքուր չեն, նշանակում է շաղախված են ցեխով ու լույսով։ Մշակույթի ենթարկվածության տակ ընդգծվում է բնազդների գայթագղությունը։ Ուրեմն, առաջին բնազդը, որ քնած է հայրենասիրական մոլության տակ, դա պահպանողության բնազդն է։ Վայրկենական փոփոխությունը, իր հանդեպ ունեցած սիրո մյուսի ատելությամբ, ցանկանալով դիպչել այդ սրբազանությանը, որ ներկայացնում է հայրենիքի շիտակ պայքարը, ինքն է։

Պետք է ընդունել, որ հայրենիքի ֆաշիստական մոլության մեջ մյուսի ատելությունն արտահայտվում է իր սիրո հակումից այն կողմ։ Այնքանով որքանով, այդ կիրքը շարունակ զգում է իրեն հարձակման ենթարկված։ Ոչ միայն նա զգաստ վիճակում է պահում իրեն, այլ կարգի չի հրավիրվում այլևս հայրենիքի հանդեպ ունեցած առաջին սիրո կողմից։ Այն դեպքում, երբ նրանք, որ առաջնություն են տալիս այդ սիրուն, գիտեն, որ ամեն տեսակի ատելություն, որ ավելի ուժգին ձևով կարտահայտվի, քան ինքը կկարողանա հենց այդ հայրենիքը ավերել։ Դա է պատճառը, որ Փաշինյանի հեղափոխությունը, ընդհանուր առմամբ, հռչակվեց թավշյա հեղափոխություն։ Նախագահ Արմեն Սարգսյանը սխալմամբ այն կուղղեր՝ անվանելով հայկական հեղափոխություն, կարծելով թե այդ հեղափոխությունը իր ակունքը վերցնում է մեր մշակույթից։ Ի՜նչ արած, մոռանում են, թե այն սերունդը, որ Փաշինյանի հետ կառուցել է հիմնավոր փոփոխման աննախադեպ ձև, ուրիշներից է յուրացրել (Գանդի, Մանդելա, ոչ կոպիտ ձևով․․․) իրագործելու այս փոփոխությունը լիովին պահպանելով քաղաքացիական խաղաղությունը։ Իմանալով, որ այդ քաղաքացիական խաղաղությունը միայն կարող էր խուսափել սահմանները թուլացնելուց։ Որ այդ քաղաքացիական խաղաղությունը երաշխիքն էր մի տևական կայունության, անընդհատ սպառնալիքի տակ գտնվող սահմանների համար։

 

3

Այն ինչ հաջողվեց Անկախ Հայաստանի երեք նախագահներին, ատելություն կուտակելն էր հայ ժողովրդի սրտում, իրենց ունեցած լիազորությունների ընթացքում։ Այս ատելությունն հզոր ձևով բարձրացավ, այն աստիճան, որ չարաշահումները անամոթաբար էին արտահայտվում և տարածվում էին հասարակության մեջ հրապարակայնորեն, այն մարդկանց անպատժելիությամբ, ովքեր իշխանությունը պահում էին իրենց գրպանում։ Ինչպես բազում առիթների դեպքում ենք ասել, կարող են որոշ ժամանակ բռնանալ ժողովրդին, բայց ամեն անգամ չեն կարող։ Հասնում է պահը, երբ ոխակալության զանգվածայնությունը նողկանքի է փոխվում ու վերարտադրվում է։ Այս նախագահները չէին հասկացել, որ իշխանության վատթար թշնամին հարգանքի պակասն է, որից կարող են տառապել նրանք, ովքեր ընդունում են ծայրաստիճան գարշանքով ծառայողական դիրքի և անարդարությունների չարաշահումներ (դրամական միջոցների յուրացումների տեսքով), պաշտպանվելու ոչ մի հնարավորություն չունենալով։ Նույնիսկ, եթե հաջողվեր նրանց պաշտպանվել, առանց կարողանալու շրջել երևույթների ընթացքը։

 

Սփյուռքի հայերը բազմիցս, ճամփորդության ընթացքում ստիպված են եղել դեմ առ դեմ կանգնել այդ դառնությանը։ Ո՞վ չի լսել տեղացիներին՝ բողոքելիս մի իշխանության դեմ, որի միակ նպատակետը երկիրը կողոպտելն է եղել։ Դա դարձել էր ծեծված արտահայտություն, որ շատ բան էր ասում հայածված հայերի հոգեբանական վիճակի մասին, մշտապես ապրելու իրենց ղեկավարների անզոր հակակրանքի մեջ։

 

Ժամերով քայլելով Կիրանցի անտառում՝ մի եկեղեցի գտնելու հույսով, ահա մենք ընկնում ենք մեղվաբույծների վրա։ Մեզ հրավիրում են սուրճ խմելու։ Եվ ինչի՞ մասին են խոսում այս հրապուրիչ միջավայրում։ Իհարկե, ոչ իրենց հրաշալի մասնագիտության մասին, ոչ էլ բնության մեջ անցկացրած կյանքի մասին։ Ոչ, նրանք խոսում են այն մասին, որով Սարգսյանի կառավարությունը հանդես է գալիս հայ ժողովրդի կյանքը քայքայելու համար՝ գողանալով նրանից նրա երջանկությունն ու պատիվը։ Մի բառ է շարունակ հայտնվում մեղվապահի բերանում, ինչպես նաև՝ մյուսների․ «թալան», որ նշանակում է կողոպուտ։ Այս զբոսանքից վերադառնալիս, մեզ վերցրեց բերնեբերան բեռնավորված փայտ տեղափոխող ռուսական մի հին բեռնատար ավտոմեքենա։ «Փայտահատները» Սարիգյուղի հայ բնակիչներ են, վերջին գյուղը նախքան անտառ հասնելը։ Ծառերի բուները լիովին ապօրինի էին տեղափոխվում։ Բայց թշվառությունն է պարտադրում այդպես վարվել։ Իսկ եթե ոստիկանների հանդիպե՞ն։ Ինչ արած, բավական է նրանց բռան մեջ մի բան խցկել։ Քանի որ այդպես էր «գործում» փոքր ժողովուրդը Սարգսյանի օրոք, որ օրինակ էր վերցրել գողության մեջ ավելի փորձառու վարպետներից։ Շատ լավ իմանալով, որ աղքատ հայերը գողություն իրագործում էին վերապրելու համար, իսկ հարուստ հայերը՝ ճոխ ապրելու համար։ Զանգեզուրում՝ Տաթևում, օրը ցերեկով տեսանք քաջառողջ տղամարդկանց, որ խաղաքարտով էին զբաղված, գործ չունենալու պատճառով։ Ուրիշների էլ, որ նման էին թափառող ուրվականների, մինչդեռ որոշ մարդիկ էլ խելագարի պես դես ու դեն էին ընկնում «օրվա հաց» հայթայթելու համար։ Տաթևը, որ ճոպանուղի ունի, ապահովված չէ գազով, ստիպում է բնակիչներին թալանել շրջակա անտառները ձմռանը տաքանալու համար։ Նման մի այլ գյուղում՝ Որոտանում, ավելի հստակորեն ոմն մի անձնավորություն՝ սովետական շրջանում հարստացած լինելով ձկնաբուծությամբ զբաղվելով, այն աստիճան էր ընկճված, որ մտածում էր հավաքել ունեցած-չունեցածը, Ռուսաստան մեկնելու՝ ոտքի կանգնելու համար։ Ժողովրդի երրորդ մասն ապրում է աղքատության շեմին, մինչդեռ առողջ տղամարդիկ գնացել են շրջակա երկրներում աշխատելու։ Չխոսենք կանանց մասին, որ պոռնկությամբ են զբաղվում Թուրքիայում։ Ի՞նչ մտքեր կարող են սնել մի կնոջ, ում ամուսինը ապրում է Ռուսաստանում՝ ընտանիքը սնելու համար կամ այդ կինն ապրում է խարխուր մի դոմիկում, քանի որ բացակայում է շինարար ձեռքը և ապրում է այրու պես առանց այրի լինելու։ Սպիտակի երկրաշարժից հետո շատ տուժած զոհեր մինչև հիմա չեն կարողացել համեստ մի տուն ունենալ։ Ո՞վ է մտահոգվել դրա համար։ Այդ ընթացքում ազգային ժողովը ավելի հրատապ գործեր ուներ։ Պատգամավորները դիմացինի հանդեպ քրիստոնեական վերաբերմունք չէին ցուցաբերում՝ վերադարձնելու ամենաթշվառ վիճակում ապրողների արժանապատվությունը։ Մի անտարբերություն, որ Սարգսյանը թանկ գնով վճարեց։ Վաղ թե ուշ նա դատապարված էր ընկնել իր ծառից, ինչպես արևի տակ փտած միրգը։

 

Այս օրինակներն հատկանշական են այն հիմնավորումով, թե ինչպիսին եղավ հայ հասարակության ընդհանուր վիճակը անկախության առաջին տասնամյակների ընթացքում։ Կողմնային վնասների մեջ ի հայտ են գալիս քայքայման ենթարկված ընտանեկան պատմություններ։ Փաստորեն, Սարգսյանի հրաժարականին նախորդող օրերին, եթե ոչ՝ ամիսներին, հայ ժողովրդին բորբոքող ատելությունը հասել էր գագաթնակետին։ Այս խայտառակ իշխանության հանդեպ ունեցած ատելությունն էր հոշոտում սրտերը, գրեթե ընդհանուր ձևով։ Եթե Սարգսյանը իշխանությունը նորից ղեկավարեր, հայերի ահավոր վիճակը վտանգավոր կերպով վատթարանալու էր։ Որոշ մարդիկ, ովքեր կարողացել էին, արտասահման էին փախել։ Այլոք զանգվածաբար հետևելու էին նրանց։ Նրանք, ովքեր կարողացել էին, ինքնասպանություն էին գործել։ Մյուսները դեռ հետևելու էին սրանց։ Որոշ մարդիկ գնացել էին Ռուսաստան աշխատելու։ Մյուսները նույն ուղին էին ընտրելու։ Հայաստանը հասել էր այն կետին, որ հայերի համար դադարել էր հայրենիք լինելուց։ Մի խոսքով, խորթ հայրենիք էր դարձել։ Հիրավի, նախագահական երեք մանդատների ժամանակահատվածում հայերն զգացին, որ անելանելի դրության մեջ են հայտնվել, իրենց երկրի հանդեպ տածած սիրո պարտականության և իշանության հանդեպ ունեցած ատելության կուտակումների միջև։

 

Իր արդի պատմության մեջ հայ ժողովուրդը բազմաթիվ մոլությունների միջով է անցել (այս անգամ բառը կիրառվում է բուն իմաստով՝ տառապանքի, ինչպես Քրիտոսի Չարչարանքը)․ ցեղասպանություն, հանրության խորհրդայնացում և երեսնամյա տառապալից անկախություն։ Միայն խորհրդային վարչակարգի վերջում էր, որ հայերն սկսեցին գտնել թվացյալ կայունություն և լավ զգացողություն՝ դեմոկրատական ազատության համար իրենից համարյա ոչինչ չներկայացնող շատ մեծ գնով։ Այնուհետև մտան անկախության մեջ դժոխքի երեք դռներով․ երկրաշարժ, Ղարաբաղյան պատերազմ և խորհրդային վարչակարգի փլուզում։ Այս երեք աղետների անդրադարձումները չդադարեցին ծանրանալ հայերի վրա առ այսօր։ Իսկ երեք նախագահները, հեռու չլինելով օգուտ քաղել միջազգային օգնությունից կամ սփյուռքի օգնություններից՝ լուծելու համար հրեշավոր խնդիրներ, որոնց հետ առերեսվել էին, նրանց բարոյազրկեցին, մի քանիսի օգտին, ի վնաս հայ ժողովրդի։

 

Դա փոքրագույն մոլություն էր, որ վշտացրեց սփյուռքի հայերին այն չափով, որ նրանց ճակատագիրը հիմնականում առճակատվել էր բնական արտաքսման հետ, եթե նկատի առնենք ցեղասպանության առաջին սերնդի մասնակիցներին, այնուհետև՝ խորհրդանշական արտաքսում, հաշվի առնված այն փաստից, որ հաջորդ սերունդները ժառանգեցին իրենց ծնողներից առաջին վտարանդիության արդյունքները, այնքան էլ լավ չճանաչելով իրենց պատկանող հողատարածքը։ Այս իմաստով, արմատախիլ լինելու հանգամանքն է, այնուհետև անհրաժեշաբար տրվող հարմարեցումը և վերջապես այն հարատև զգացողությունը, թե հայրենազուրկ են, այսինքն՝ սեփականազրկված, որ կազմեցին այն, ինչ անվանում են ճշգրիտ կերպով՝ սփյուռքահայության մոլություն։

 

Հայաստանի հայերը և սփյուռքի հայերը տարբեր պատճառներ ունեին ատելությամբ լցվելու պատմության հանդեպ, որ նրանց անհաջող աստղի տակ էր ծնել։ Երբ Հայաստանի հայերին հաջողվեց սուբլիմացնել իրենց ատելությունը հույսով, սփյուռքի հայերը նույն թեթևության զգացողությունն ունեցան։ Քանզի այդ ժամանակ հայկական հողը միանգամից բացվում էր աշխարհով մեկ սփռված բոլոր հայերի դիմաց։ Կարծես պատմության դիալեկտիկան վերջապես բացվում էր վերահաշտվողականության համադրության վրա, որ մինչ այդ չէր կարողացել որոշակի դառնալ։

 

Պետք է այս պարագայում ընդունել Փաշինյանի հանճարը, որ նրա պատենտավորված, զգացողությունից կուրացած զրպարտողները չէին կարող կանխատեսել։ Փաշինյանը «տեսավ», ատելության վրա հիմնված, որ քայքայել էր հայ ժողովրդի հոգին, վատ վերաբերմունքների պատճառով զոհաբերվելով երեք առաջին նախագահների կողմից, որ ոչ մի երկիր չէր կարող կառուցվել տևականորեն։ Դիտավորյալ կերպով որոշեց տեղադրել Հայստանը ոչ միայն իրավական պատվանդանի վրա, այլ նաև սիրո վրա հիմնված պատվանդանին։ Հայաստանի հայերի սերն իրար հանդեպ։ Հայաստանի հայերի և սփյուռքի հայերի հանդեպ սեր։ Հայերի սերը իրենց հողի և երկրի հանդեպ։ Այս փոխարկումը մնում է թավշյա հեղափոխության հիմնական առանցքը։ Եվ մնում է հավաստիացնել, եթե մարդիկ հետևում են ազգային այս նոր կարգուկանոնին, Հայաստանում մթնոլորտը, հեռու գտնվելով կործանարար լինելուց, իրական եղբայրության մթնոլորտ կդառնա։

 

Այն ինչ պակասում էր հայերին, Հավատքն էր։ Հույսը և Հավատը։ Ահա, վերադարձել են դրանք՝ մոգերի նման ողջունելու երկրի նոր ծնունդը։

 

Դընի Դոնիկյան

 

16 juin 2018

Faut-il excommunier Karekine 2 ?

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Le temps n’est-il pas venu à l’arroseur de se faire arroser à son tour ?

Celui qui, en quelques années, a mis au ban de l’Église apostolique arménienne tant de dignitaires que leur nombre aura dépassé largement celui des excommuniés des siècles passés, ne mérite-t-il pas lui aussi de subir le sort de Serge Sarkissian dans l’ordre d’une révolution d’assainissement moral en Arménie ?

C’est aux laïcs, aux religieux et au peuple arménien de le dire.

Si les évêques inféodés à Karekine 2 se sont prononcés contre l’infaisabilité d’une telle révocation sous prétexte que les statuts de l’Église apostolique arménienne relatifs à l’élection du catholicos le leur interdisent, ils seraient bien avisés de se demander si les modalités liées à l’élection de ce même catholicos ont pleinement respecté les dits statuts. De fait, chacun sait que cette élection fut politique tandis que d’autres subodorent des tractations si peu catholiques que le résultat après plusieurs années de règne a démontré la profonde inanité du personnage, pour ne pas dire son inadéquation avec la charge pleine et entière, nationale et spirituelle qu’il lui incombait d’assumer. Quel esprit tordu pouvait choisir de mettre à la tête d’une institution aussi sacrée que celle de l’Église apostolique arménienne un tempérament aussi peu enclin à la tolérance, à la pauvreté et à la mystique ? En effet, tous les échos qui nous parviennent depuis des années d’Etchmiadzine sont si négatifs qu’ils font honte aux Arméniens. Ces échos ont fait l’objet de plusieurs articles sur notre blog et n’ont cessé de circuler de par le monde sans que pour autant Karékine 2 ne s’en trouve ébranlé.

Mais l’impunité ne dure qu’un temps. Et voici qu’avec la révolution de velours, le temps est venu à notre Hercule Pachinian de nettoyer les écuries d’Augias… Comprendre les caves d’Etchmiadzine.

Retenons toutefois que notre propos n’incrimine en aucune manière l’Église apostolique arménienne en tant qu’institution mais ceux qui sont censés la représenter. Or il se trouve que cette représentation est pour le moins en contradiction non seulement avec le message évangélique qu’elle prétend incarner mais également avec les intérêts du peuple arménien. De fait, le catholicos actuel n’est ni un exemple de vertu, ni un exemple de sagesse, ni un exemple d’amour. Encore moins l’interface entre Dieu et les hommes qu’il aurait vocation à symboliser.

Sous son règne, les sectes profitant des manques de l’Église apostolique arménienne n’ont jamais trouvé terrain plus favorable. Sans parler de l’athéisme qui s’est introduit dans les esprits en remplaçant une mystique de Dieu par une mystique de la nation, une mystique de l’intemporel par une mystique de l’histoire. Car la perversion d’une Église dite nationale conduit nécessairement au nationalisme plutôt qu’à la foi en l’Esprit saint. D’ailleurs, il n’est que d’entendre qualifier de saints les héros de la guerre du Karabagh pour se persuader de cette dérive.

En outre, l’une des merdes qui entachent l’Église apostolique arménienne dirigée par Karékine 2 est la propension de ce dernier à se comporter comme un des représentants d’une oligarchie honnie par le peuple arménien. Le scandale a été révélé par les Panama Papers sur le compte caché de sa Sainteté Karékine 2, catholicos de tous les Arméniens s’il vous plaît ! dans la banque suisse HSBC, parmi les rangs de gens aussi peu recommandables que Saddam Hussein. Or, qu’a répondu notre catholicos à cette révélation ? Que c’était de l’argent destiné aux pauvres qui seraient dans le besoin. Un argent qui dormait du sommeil du juste tandis que ces pauvres qu’il était censé soulager dormaient la faim au ventre dans des conditions autrement plus précaires que l’hôtel séculaire où vit le pacha d’Etchmiadzine, lequel a beaucoup trop tendance à se penser en propriétaire des biens de l’Église apostolique arménienne. Si cet argent dissimulé qui repose dans une banque suisse est bien destiné au peuple arménien, le gouvernement Pachinian serait légitimé pour le restituer à qui de droit. Dans le fond, les oligarchies ont cela de bon qu’elles accumulent des richesses jusqu’au jour où une révolution les oblige à rendre au peuple ce qu’elles lui ont volé.

Parmi tous les griefs dont on serait en droit d’accabler le chef de l’Église apostolique arménienne, émerge celui d’avoir fossilisé le message évangélique et de produire aux yeux du peuple l’image d’une théâtralisation de la nation plutôt que l’incarnation de la Parole. Qui n’a entendu dire de cette Église qu’elle était une coquille vide ? Il est vrai que 70 ans de propagande marxiste ont fini par avoir raison du spirituel en Arménie. Aujourd’hui les églises se visitent comme des vestiges du passé non comme des témoignages vivants d’une foi millénaire. C’est que ces vestiges sont à ce point habités par le vide qu’ils semblent faire écho à l’image des religieux dont l’unique vertu est de savoir psalmodier des rituels magiques lors d’un baptême, d’un mariage ou d’un enterrement. De sorte que le peuple arménien, autrefois premier peuple à avoir adopté le christianisme comme religion d’État, est devenu aujourd’hui un peuple aux croyances plus nationales que religieuses, sinon religieuses mâtinées de nationalisme. Et le catholicos, en éjectant les membres les plus honorables de l’Église apostolique arménienne,( forcément puisque le vice déteste être surveillé par la vertu) n’a réussi qu’à façonner une armée de mafieux à son image et à son service.

Or, si la diaspora arménienne a longtemps laissé trainer les choses malgré les différents scandales qui ont émaillé l’histoire des agissements de Karékine 2, c’est en raison d’un vieux réflexe qui consiste à tenir pour tabou l’institution qui représenterait un des piliers de notre identité. Mais chacun sait que tant que cette peur d’avoir à renverser les icônes sacrées du peuple arménien subsistera, surgiront des Arméniens pour l’exploiter à leur profit. C’est le cas du catholicos qui tient sa position dominante au respect aveugle et hypocrite que lui voue une bonne partie de la diaspora en dépit des îlots d’insurrection que l’on trouve soit à Nice soit en Californie et ailleurs. Ainsi s’est développée au sein de l’Église apostolique arménienne une politique de l’impunité en dépit des manques flagrants et dommageables qui salissent une institution qui devrait davantage s’inspirer de Krikor Naregatsi que de Dodi Gago.

Il faut espérer qu’au plus tôt la révolution du peuple arménien, après avoir évincé Serge Sarkissian, s’en prenne à la chefferie d’Erevan puis à la mafia d’Etchmiadzine.

 

Denis Donikian

 

 

29 mai 2018

De la passion patriotique (3 et fin)

Filed under: ARTICLES,CHRONIQUES à CONTRE-CHANT — denisdonikian @ 1:54

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Ce qu’ont réussi les trois présidents de l’indépendance de l’Arménie, c’est d’avoir accumulé de la haine au sein du peuple arménien durant leurs mandats. Cette haine est montée en puissance à mesure que les abus s’exprimaient sans vergogne et s’étalaient sur la place publique avec l’impunité de ceux qui ont le pouvoir dans leur poche. Comme nous l’avons déjà dit à maintes occasions, on peut  violer le peuple un temps, on ne le peut tout le temps. Arrive le moment où la masse de rancœur se traduit en répulsion. Ces présidents n’avaient pas compris que le pire ennemi du pouvoir est le manque de considération dont peuvent souffrir ceux qui subissent malversations et injustices ad nauseam sans avoir la possibilité de se défendre. Ou même s’il leur arrivait de se défendre, sans parvenirà renverser le cours des choses.

Les Arméniens de la diaspora ont dû maintes fois à chaque voyage être confrontés à cette rancœur. Qui n’a entendu les autochtones se plaindre d’un pouvoir qui n’avait d’autre objectif que de piller le pays ? C’était devenu une rengaine qui en disait long sur l’état psychologique des Arméniens, acculés à vivre en permanence dans l’aversion impuissante de leurs dirigeants.

Marchant des heures dans la forêt de Girants à la recherche d’un monastère, voici que nous tombons sur des apiculteurs. Ils nous invitent à boire du café. Et de quoi nous parlent-ils dans ce cadre enchanteur ? Non pas de leur merveilleux métier, ni de leur vie en pleine nature. Non ! Ils nous parlent de la manière dont le gouvernement Sarkissian s’emploie pour pourrir la vie du peuple arménien en lui volant son bonheur et son honneur. Un mot viendra souvent dans la bouche de l’apiculteur comme dans d’autres : « talan’ », à savoir pillage. Au retour de cette randonnée, nous serons pris en charge par un vieux grumier russe, chargé à bloc. Les « bûcherons » sont des Arméniens habitant Sarigyugh, le dernier village avant la forêt. Les troncs d’arbres ont été prélevés en toute illégalité. Mais la misère oblige à ça. Et s’ils rencontraient des policiers ? Eh bien, il leur suffira de leur graisser la patte. Car c’est ainsi que « fonctionnait » le petit peuple sous Sarkissian, qui avait pris exemple sur plus experts que lui en matière de vol. Sachant que les Arméniens pauvres pratiquaient un vol de survie, et les Arméniens riches un vol de luxe. Dans le Zanguezour, à Tatev, nous avons vu en pleine journée des hommes valides jouer aux cartes faute de travail, d’autres qui ressemblaient à des âmes errantes, tandis que certains se démenaient comme des diables pour sauvegarder le « pain du jour ». Tatev dont les habitants sont contraints de trouver leur bois de chauffage dans les forêts environnantes, par manque de gaz. Dans tel autre village, à Vorotan  plus précisément, telle personne, autrefois enrichie par la pisciculture, était à ce point déprimée qu’elle envisageait de plier bagage pour se refaire en Russie. Un tiers du peuple arménien vit sous le seuil de pauvreté, tandis que les hommes valides sont partis travailler dans les pays environnants. Sans parler des femmes qui se prostituent en Turquie. Quelles pensées peut nourrir une épouse dont le mari doit vivre en Russie pour nourrir sa famille, ou qui habite un domik sinon une maison délabrée faute d’entretien, et qui vit comme une veuve sans être veuve ? Depuis le tremblement de terre de Spitak, certaines victimes n’ont toujours pas bénéficié d’un logement décent. Qui s’en est inquiété ? Pendant ce temps, le parlement est soumis à d’autres urgences. Les députés n’ayant pas le souci chrétien de l’autre pour rendre leur dignité aux plus pauvres. Une indifférence que Sarkissian a payée au prix fort. C’est que tôt ou tard, il était voué à tomber de son arbre comme un fruit gâté par le soleil.

Ces exemples sont symptomatiques de ce que fut l’état général de la société arménienne durant les premières décennies de l’indépendance. Parmi les dommages collatéraux, figurent des histoires de famille soumises au délabrement. De fait, dans les jours, sinon les mois qui précédèrent la démission de Sarkissian, la haine qui animait le peuple arménien était à son comble. C’est la haine de ce pouvoir honni qui dévorait les cœurs d’une manière quasi générale. Si Sarkissian était resté au pouvoir, la mal-être des Arméniens se serait aggravé dangereusement. Certains qui le pouvaient avaient déjà fui à l’étranger. D’autres les auraient suivis en masse. Certains qui le pouvaient s’étaient suicidés. D’autres l’auraient fait encore. Certains étaient déjà partis travailler en Russie. D’autres auraient pris le même chemin. L’Arménie en était arrivée au point où elle avait cessé d’être une patrie pour les Arméniens. Marâtre patrie en somme. Effectivement, en l’espace de trois mandats présidentiels, les Arméniens se sont sentis pris en étau entre un devoir d’amour envers leur pays et une accumulation de haine envers le pouvoir.

Dans son histoire récente, le peuple arménien a subi plusieurs passions ( le mot étant pris cette fois au sens premier de souffrance, comme dans la Passion du Christ) : le génocide, l’ère soviétique et ces trente années de souffrante indépendance. C’est seulement sur la fin de l’ère soviétique que les Arméniens commencèrent à trouver un semblant de stabilité et de bien-être, fût-ce au prix fort d’une liberté démocratique quasiment nulle. Puis, ils entrèrent dans l’indépendance par les trois portes de l’enfer : le séisme, la guerre du Karabakh et l’effondrement du système soviétique. Les répercussions de ces trois catastrophes n’ont pas cessé de peser sur les Arméniens jusqu’à aujourd’hui. Et les trois présidents, loin de tirer avantage de l’aide internationale ou des secours de la diaspora pour résoudre les problèmes monstrueux auxquels ils étaient confrontés, les ont pervertis au profit de quelques-uns et au détriment du peuple arménien.

C’est une passion moindre qui affecte les Arméniens de la diaspora dans la mesure où leur destin a été pour l’essentiel confronté à l’exil physique, si l’on s’en tient aux premières générations du génocide, puis à un exil symbolique compte tenu du fait que les générations suivantes ont hérité de l’exil premier de leurs parents sans pour autant avoir connu leur territoire d’appartenance. En ce sens, c’est le déracinement, puis la nécessaire adaptation, et enfin le sentiment permanent d’être apatride, à savoir d’une dépossession de soi, qui constituèrent ce qu’on peut appeler à juste titre la passion des Arméniens de la diaspora.

Arméniens d’Arménie et Arméniens de la diaspora avaient des raisons différentes de haïr l’histoire qui les avait fait naître sous de mauvaises étoiles. Quand les Arméniens d’Arménie ont réussi à sublimer leur haine en espérance, les Arméniens de la diaspora ont éprouvé un même sentiment de légèreté. Car alors, la terre arménienne devenait brusquement ouverte à tous les Arméniens dispersés de par le monde. Comme si la dialectique de l’histoire s’ouvrait enfin sur la synthèse d’une réconciliation.

Il faut ici reconnaître à Pachinian un coup de génie que ses détracteurs patentés, aveuglés par le ressentiment, ne pouvaient entrevoir. Pachinian a « vu » que sur la haine qui avait pourri l’âme du peuple arménien en proie aux maltraitances de ses trois premiers présidents, nul pays ne pouvait se construire durablement. Il a délibérément décidé d’arrimer l’Arménie non seulement sur le socle du droit mais aussi sur celui de l’amour. Amour des Arméniens d’Arménie entre eux. Amour entre les Arméniens d’Arménie et les Arméniens de la diaspora. Amour des Arméniens envers leur terre et leur pays. Cette conversion demeure l’axe capital de la révolution de velours. Et il reste à parier que si les hommes suivent ce nouvel ordre national le climat en Arménie, loin d’être délétère, sera de réelle fraternité.

Ce qui manquait aux Arméniens, c’était la Foi, l’Espérance et la Confiance. Les voici revenues comme des mages pour saluer la nouvelle naissance d’un pays.

Denis Donikian

 

 

 

27 mai 2018

De la passion patriotique (2)

Filed under: Uncategorized — denisdonikian @ 5:46

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2

 

 

Ainsi est la passion patriotique, bifrons (deux têtes) comme Janus, amour autant  que haine, amour en même temps que haine, amour haineux ou bien haine amoureuse comme on voudra.

Le premier mai à Erevan les foules acclamaient Pachinian dont on retransmettait en direct les déclarations à là tribune du parlement. Mais quand ces mêmes foules entendaient un  député du régime Sarkissian faire barrage à leur chouchou, ils retournaient le pouce vers le bas en guise de mise à mort. C’étaient les mêmes hommes et les mêmes femmes qui, en un clin d’œil, passaient d’une hystérie joyeuse à une hystérie haineuse. Comme si le sentiment d’amour exacerbé du peuple arménien pour lui-même pouvait mécaniquement dégainer sa part haineuse sitôt qu’on venait à le contrarier. Janus en une seule et même tête. L’amour se nourrissant d’une haine ayant le même corps, à savoir l’Arménie.

Le passionné patriotique danse ainsi tantôt sur un pied tantôt sur l’autre, exprimant une agitation qui le rend certes précieux et exemplaire aux yeux de son monde et du monde mais qui dans le fond ne lui permettra aucun répit ni équilibre jusqu’à sa mort. La passion patriotique serait donc une sorte de pathologie de l’identité dans la mesure où elle affole la raison et interdit l’accès à la sagesse. Or pour un esprit qui voudrait tendre vers l’amour plutôt qu’il ne souhaiterait verser dans la haine, cette instabilité critique n’est pas tenable. Gandhi avait résolu le problème en pratiquant le jeun protestataire ou la riposte non violente à la violence. L’Inde que j’aime ne me  jettera pas dans la haine de celui qui m’interdit cet amour. Et Mandela avait compris que la réconciliation permettait de mieux promouvoir la paix civile que l’affrontement avec les praticiens patentés de la discrimination. Leçons  que Pachinian a retenues en se donnant pour programme d’orienter une génération cyberinformée  vers l’idée de préserver l’amour au sein du peuple arménien plutôt que de bâtir son pays sur l’abîme de la vengeance. Plutôt le droit sans haine que la haine au sein du droit.

De fait, la passion patriotique démontre l’impureté de tout ce qui touche à l’humain. Si nos sentiments sont impurs, c’est qu’ils sont mêlés de boue et de lumière. Sous l’astreinte de la culture pointe la fascination des instincts. Or le premier instinct qui sommeille sous la passion patriotique est l’instinct de conservation. La mutation instantanée de l’amour de soi en haine de l’autre qui voudrait toucher à cette chose sacrée que représente le pré carré de la patrie, c’est lui.

Il faut reconnaître que dans la passion fasciste de la patrie, la haine de l’autre s’exprime au-delà de son pendant amoureux. D’autant que cette passion se sent constamment agressée. Non seulement elle se tient sur le qui-vive, mais elle n’est plus rappelée à l’ordre par l’amour premier de la patrie. Alors que ceux qui privilégient cet amour savent que toute haine qui s’exprimerait plus fort que lui pourrait détruire la patrie même. C’est pourquoi la révolution de Pachinian s’est qualifiée d’emblée de velours. Le président Armen Sarkissian aura rectifié à tort en la nommant révolution arménienne croyant que cette révolution prenait sa source dans notre culture. Allons donc ! C’est oublier que la génération qui a construit avec Pachinan un mode inédit de changement radical a appris des autres (Gandhi, Mandela, non violence…) à produire ce changement  tout en préservant la paix civile. Sachant que cette paix civile pouvait seule éviter de fragiliser les frontières. Que cette paix civile était le garant d’une stabilité durable aux frontières constamment menacées.

 

Denis Donikian

26 mai 2018

De la passion patriotique (1)

Filed under: CHRONIQUES à CONTRE-CHANT,E VIVA ARMENIA ! — denisdonikian @ 5:37

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Étrange chose que la passion patriotique.

 

Le moins qu’on puisse dire, c’est que les récents événements d’Arménie ont permis d’observer combien les Arméniens du monde entier étaient en proie à des sentiments antagonistes. En trois semaines, non seulement nous avons assisté à des renversements de situation mais aussi à des virevoltes de comportement tant là-bas qu’en diaspora. Ainsi, par dépit amoureux, tel thuriféraire du pouvoir Sarkissian se changeait brusquement en contempteur de la chose arménienne tellement son esprit conservateur restait sonné par le coup de jeunesse que lui avait assené Erevan. Quant à ces protestataires, fous amoureux de leur leader, on les voyait, en un clignement, se soulever dans un même mouvement d’exécration envers les députés et potentats oligarchiques qui les auront menés en bateau durant 20 années et plus. Comme si le terreau de la nouvelle idolâtrie s’était constitué à partir d’une lente et sûre détestation. Comme si au mépris subi durant plus de vingt ans on répondait par un mépris unanime et concentré. Comme si en chaque passionné cohabitaient l’amour du pays et la haine de ce qui contrarie cet amour. Comme une même pièce de monnaie habile à montrer en un clin d’œil tantôt sa face et tantôt son envers, la passion patriotique est assez agile pour vous baiser la joue ou vous offrir son cul selon que vous la respectez ou pas.

 

Le lecteur qui nous lit en ce moment et nous-même qui écrivons sommes d’autant plus inconscients de cet passion qu’elle n’existe que par nous et nous constitue comme un attachement animal à la nation arménienne. Dès lors, si nous sommes des sujets lisant ou écrivant sur la chose arménienne, nous devons être aussi regardés comme les objets mêmes de cette passion parce que nous sommes l’œil autant que le spectacle.

 

On a souvent dit de la haine qu’elle pouvait être une autre forme de l’amour. De fait, la haine est constitutive de la passion. Dans le cas arménien, et d’ailleurs partout où se développe la passion patriotique, la chose est telle qu’elle peut s’emparer d’une même personne devenue ainsi victime d’une pathologie touchant à la fois ses pensées et ses actes. Au nom de son peuple ou de son pays, un Arménien peut  s’autoriser à torturer, à mentir ou à trucider un autre Arménien. En l’espèce, ce droit à faire le mal est le propre de tous ceux qui défendent bec et ongle leur patrie. Les Arméniens s’étonnent que Erdogan mente sur le génocide arménien. Mais en quoi Erdogan viendrait salir l’idée qu’il a de la Turquie par un génocide ? Comme si les Arméniens ne mentaient pas pour préserver l’image qu’ils ont d’eux-mêmes. De fait, dans ce cas de figure, tout devient permis, l’amoralité plutôt que l’immoralité. Ainsi, toute morale patriotique aurait le devoir, sinon le droit, de transgresser la morale pour sauvegarder la nation.

 

L’histoire arménienne est jalonnée d’animosités verbales, d’inimitiés sanglantes, de rivalités secrètes ou déclarées, de trahisons. C’est que le bien de la patrie ne souffre pas d’autre conduite que suprême tant il est chose éminemment sacrée. Chacun qui se croit investi d’une mission patriotique de vigilance s’autorise à jeter des anathèmes au nom de l’intérêt national ou en fonction de références absolues qu’il estime incarner. C’est qu’en lui l’amour de la patrie se convertit au quart de tour en haine de ceux qui le dévoient. Mais ceux qui le dévoient croient à leur tour que leur contempteur est lui-même l’ennemi du bien national. Ainsi se mêlent dans un même panier de crabes des hommes relevant d’une même origine, animés d’une même animosité les uns envers les autres mais exprimant des visions antagonistes de l’intérêt national. Tout forum communautaire offre le spectacle de chaudes confrontations où chacun rivalise avec chacun de bons mots et d’idées salvatrices qui constituent autant de messages messianiques dignes d’un café du commerce.

 

Quand ces voix ne conduisent nulle part, elles produisent du rien, du ridicule et de la vanité. Chacun se donne une importance symbolique dont il est dépourvu dans la vie réelle. Garant de sa santé patriotique, le choc qu’il cherche à provoquer au contact de compatriotes qui pensent différemment, donc mal, rehausse à ses yeux son amour-propre, quitte à faire rire aux éclats un spectateur tenu à l’écart de ces joutes de petits titans.

 

En réalité, toute nation se nourrit de ce mal nécessaire pour faire valoir tels intérêts plutôt que tels autres. C’est ainsi qu’il faut voir l’activité parlementaire où des voix discordantes s’expriment au nom du bien supérieur de la patrie. Mais si ici les combats oratoires sont codifiés, sinon policés, ailleurs ils peuvent faire l’objet d’affrontements physiques redoutables. Il n’y pas de parlement où la joute oratoire ne se mue un jour ou l’autre en pugilat. En Arménie, le Parlement a même réussi à faire parler des armes tenues certes par des éléments de l’extérieur mais qui étaient probablement commandités par des responsables politiques désireux de s’imposer par la force.
En vérité, chaque membre soucieux du destin de la nation s’estime comme un acteur de sa survie. La passion patriotique individuelle n’a pas d’autre objectif que celui de garantir la pérennité du peuple. A ce titre, chacun consent à donner de sa personne pour contribuer à la réussite de cette mission. Laquelle mission est en quelque sorte inscrite dans les gênes des individus à des degrés divers. Chez certains elle investira la totalité de la personne, chez d’autres elle ne s’exprimera que de manière épisodique. Mais ne pas participer par son existence à l’éternisation de son peuple équivaudrait à ne pas faire partie de ce peuple. En ce cas, l’homme coupé de sa communauté prend le risque de devenir un être flottant, à savoir un membre libre de toute attache mais qui s’est retranché de la possibilité de s’inscrire dans la durée des siens. Cette insertion au sein d’une communauté offre une orientation à l’existence, entre une naissance qui n’est plus de hasard et une mort qui n’est plus mortelle. Bref, chaque individu se perçoit comme immortel du fait de l’immortalité supposée du peuple qu’il a nourrie de ses pensées et de ses actes, de son agressivité et de son amour.

 

Il faut du courage pour accepter d’être suspendu dans le vide. Un homme comme Ara Baliozian y travaille avec constance depuis des années. Reste à savoir si cette volonté de faire table rase en se débarrassant des oripeaux symboliques de l’appartenance au peuple arménien ne serait pas dans le fond une autre manière de décliner ses origines et de les chérir. De fait, les diatribes d’Ara Baliozian contre le peuple arménien sont des mots d’amour habillés d’humour noir, mais des mots d’amour quand même. Comme si la meilleure façon d’aimer son peuple serait de se fouetter jusqu’au sang en le fouettant jusqu’au sang.

 

Cela dit, la nation arménienne est une nation problématique qui engendre des enfants problématiques. Elle est de ces peuples rares qui restent écrasés par le contentieux d’un génocide, à savoir un deuil dont la plaie n’est toujours pas refermée. Par ailleurs, la nation arménienne souffre d’être une nation éclatée dont les fragments sont culturellement assez éloignés les uns des autres pour espérer une unité réelle et constructive. Il existe un fossé entre un Arménien d’Arménie et n’importe quel Arménien de la diaspora. Les valeurs des uns ne recouvrent pas les valeurs des autres. Et si le combat pour la reconnaissance du génocide est une priorité pour la diaspora, ce n’est pas le cas pour les Arméniens d’Arménie. Ainsi donc en diaspora le critère d’excellence en arménité serait ce combat pour la reconnaissance alors qu’en Arménie les gens qui se battent pour leur bonheur n’ont d’autre souci que de préserver leur survie et leur territoire.

 

Les Arméniens seraient à plaindre qui naissent dans un monde qui les a rendus fous par le meurtre de masse et qui les rend fous par la négation de ce meurtre, s’ils ne puisaient un peu de leur humanité dans des valeurs de compensation, comme la joie de vivre qui leur ouvre des parenthèses d’oubli. Pour autant, pèse sur eux l’obligation de rappeler leur humanité au monde pour l’avoir perdue en 1915. Tout Arménien qui œuvre de près ou de loin pour la reconnaissance du génocide œuvre en fait pour que soit reconnue sa propre personne tandis que perdure par le négationnisme le rejet dont lui et les siens furent et sont encore victimes. Cette rage de vouloir intégrer le monde des hommes rend fou. La passion patriotique arménienne est à la fois l’histoire d’une souffrance injustement subie et l’histoire d’une rédemption à conquérir.

 

Denis Donikian

25 mai 2018

L’Appel des Professeurs Luc Montagnier et Henri Joyeux

Filed under: APPEL à DIFFUSER — denisdonikian @ 5:14

L’Appel des Professeurs Luc Montagnier et Henri Joyeux pour un principe de précaution en matière médicale et Santé dans la Constitution Française

Chère lectrice, cher lecteur,

Savez-vous qu’en France aujourd’hui, le « principe de précaution » s’applique pour nos cours d’eau, nos forêts, nos sols, les animaux… mais pas pour la santé des êtres humains ???

Hé oui, c’est la réalité : les projets industriels, techniques, commerciaux, qui menacent l’environnement sont soumis au principe de précaution… mais pas ceux qui menacent directement votre vie et celle de vos proches.

Lors de la dernière réforme constitutionnelle, en 2005, le Président Chirac avait fait inscrire dans la Constitution le principe de précaution en matière d’environnement. Ce principe a permis de stopper de nombreux projets potentiellement catastrophiques pour l’écosystème.

Mais il n’avait rien mis pour protéger directement la médecine et la santé des personnes humaines.

La raison est simple :

  • d’un côté, des associations efficaces, mobilisées, organisées pour la défense de l’environnement et des animaux. Elles ont obtenu gain de cause auprès des pouvoirs publics ;
  • de l’autre, en matière médicale et de santé, c’est presque le vide absolu.

Non seulement les associations qui défendent votre santé sont peu nombreuses, et mal prises en considération par les Autorités.

Mais le domaine de la médecine et de la pharmacie est occupé par de puissants lobbies industriels et professionnels, qui font passer leurs profits avant votre santé et même les vies humaines. Il y a en effet énormément d’argent en jeu.

Mais nous avons aujourd’hui une occasion historique de mettre fin à cette aberration.

Avec le Professeur Luc Montagnier, prix Nobel de Médecine, et le Professeur Henri Joyeux, demandons au Président de la République d’inscrire dans notre Constitution le principe de précaution en médecine et en santé.

Plus de 48 000 personnes se sont déjà mobilisées pour les soutenir. J’ai signé l’Appel et j’espère que vous joindrez votre signature aux nôtres en cliquant ici.

Le Président Emmanuel Macron réunit dans quelques jours nos parlementaires à Versailles pour réformer notre Constitution

Les conditions sont réunies pour élargir le principe de précaution à la médecine et à la santé humaine. Il suffit qu’Emmanuel Macron ajoute cette mesure à l’ordre du jour.

Il n’est pas normal que l’environnement et les animaux soient protégés, mais pas la santé des patients.

C’est exactement ce qui se passe avec les vaccins pour les animaux du fabricant Mérial : ils n’ont plus l’adjuvant aluminium en France dans le vaccin pour les animaux, alors que l’aluminium est présent dans le vaccin pour les nourrissons !!!

Souvenez-vous des scandales de la Thalidomide, du Distilbène, du Médiator, des produits dérivés du sang et de l’hormone de croissance contaminés, du Vioxx, de la Dépakine…

Chaque fois, on a donné à des personnes innocentes, qui ne se doutaient de rien (elles ne pouvaient pas savoir) des médicaments qui leur ont fait plus de tort que de bien. À la clé, des milliers de malformations, de souffrances, de décès (nous y revenons plus loin).

Et vous ne savez pas ce qui peut arriver avec les médicaments que vous prenez en ce moment.

  • D’inquiétantes réactions sont observées pour les médicaments contre l’insomnie, l’anxiété, la petite déprime… qui augmenteraient le risque d’Alzheimer.
  • Des cardiologues s’inquiètent des effets possibles des statines (médicaments anti-cholestérol), qui peuvent provoquer de graves maladies (rhabdomyolyse, pertes de mémoire, douleurs musculaires). Ils savent aujourd’hui qu’avoir donné des fibrates (autres médicaments contre le cholestérol) pendant des années fut une erreur.
  • Les gynécologues ne sont plus trop sûrs des effets de la pilule hormonale sur les femmes : elle supprime la fertilité, oui, mais elle pourrait aussi faire « flamber » des cancers et provoquer des embolies pulmonaires (potentiellement mortelles) !!

Des millions de personnes en France prennent pourtant ces médicaments quotidiennement.

Parce que le principe de précaution en matière de santé n’existe pas dans notre Constitution, vous constatez la présence, aujourd’hui dans les pharmacies, de nombreux médicaments autorisés, remboursés même par la Sécurité Sociale, alors qu’ils présentent autant ou plus de dangers que de bienfaits potentiels pour les patients !!

Cette terrible réalité est connue de tous : Autorités de Santé, Ministère, professions médicales, grand public, même.

Elle a fait l’objet d’un célèbre livre des Professeurs Bernard Debré et Philippe Even, le « Guide des 4000 médicaments utiles, inutiles ou dangereux » :

Ce livre sur les 4000 médicaments dangereux, inutiles, ou utiles pour la santé, a été diffusé à plus de 300 000 exemplaires.

Je vous parlais moi-même, à l’instant, de la liste des 90 médicaments qui font plus de mal que de bien, selon la revue Prescrire.

Et pourtant, le sujet semble ne pas intéresser réellement les Autorités de Santé.

Quand un scandale éclate, la Justice met des années, voir des décennies à se prononcer. Bien souvent, les responsables ne sont pas condamnés. Les victimes ne sont pas indemnisées.

L’affaire des hormones de croissance contaminées a duré si longtemps que tous les protagonistes ou presque sont morts entre temps ! En 2016, après 25 ans de procès (un des plus longs de l’histoire de la justice française), les derniers responsables vivants ont tous été relaxés. Aucune victime n’a été indemnisée alors que 111 enfants sont morts, après d’atroces souffrances, de la maladie de Creutzfeldt-Jakob (maladie de la vache folle).

L’avocat des parties civiles, Me Bernard Fau, s’exprimant au nom des vingt et une parties civiles a dénoncé un « naufrage » et l’ « incapacité de la justice française à appréhender ce type de grand scandale sanitaire ». « Il n’y a aucune logique [dans la décision], aucune », a-t-il conclu. [1]

Et de fait, l’imprudence des responsables n’a pas été sanctionnée.

Mais en nous unissant aujourd’hui, nous pouvons obtenir enfin une protection contre ces abus.

Le projet de réforme constitutionnelle du Président Emmanuel Macron contient de nombreux points : réduction du nombre de députés et sénateurs, cumul des mandats, statut de la Corse ainsi qu’une dizaine d’autres mesures.

Rien ne serait plus simple que d’en ajouter une supplémentaire : le principe de précaution en matière de santé !

Mais pour cela il est nécessaire de nous manifester massivement auprès des Autorités en signant l’Appel au Président de la République en cliquant ici.

En effet, personne n’a intérêt (nous voulons dire, intérêt financièrement), à faire passer le principe de précaution en matière de santé dans notre Constitution.

Seuls les patients et leurs soignants sont motivés, car leur santé, leur vie même parfois, sont en jeu.

C’est pourquoi ce mouvement ne fera boule de neige que par la mobilisation de chacun d’entre nous.

Signez cet appel, et faites tout votre possible pour mobiliser votre entourage.

Il s’agit d’une grande initiative démocratique, manifestation pacifique et la force du nombre est essentielle.

Plus nous aurons de voix, plus nous serons légitimes.

Le professeur Luc Montagnier et le professeur Henri Joyeux interviendront en nos noms, mais il est indispensable de nous mobiliser maintenant pour manifester concrètement notre soutien à cette initiative.

Nous serons entendus par le Président Emmanuel Macron si nous sommes assez nombreux à signer cet appel.

Pour cela, nous n’avons aucun autre moyen que votre mobilisation et votre solidarité, via Internet et les réseaux sociaux.

Attention, tout va se jouer dans les jours qui viennent :

La réforme constitutionnelle est aujourd’hui en pleine phase de réalisation. Les parlementaires pourraient être convoqués pour voter à Versailles dans les semaines à venir.

Il est donc indispensable que vous agissiez dès aujourd’hui, dès maintenant.

Un grand merci par avance de votre mobilisation. Les générations à venir vous diront merci.

Bien à vous,

Jean-Marc Dupuis

24 mai 2018

Les avatars du négationnisme turc

Filed under: GENOCIDE ARMENIEN,Uncategorized — denisdonikian @ 10:27
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À y regarder de près, la méthode Erdogan pour nier le génocide des Arméniens ne manque pas d’air. Elle ne s’inscrit plus seulement dans le mensonge ou le nettoyage des archives, le recours aux historiens ou que sais-je encore. Non. Dans la bouche d’Erdogan le sublime, le négationnisme s’est sublimé en vertu humanistique ( osons ce néologisme pour éviter de salir le mot humaniste).

En Turquie, le mois d’avril voit régulièrement fleurir de surprenantes farces et attrapes pour répondre aux Arméniens du monde entier rappelant que le génocide ne tombera pas dans les oubliettes de l’histoire.Après avoir allégué que la guerre avait forcément fait des morts côté arménien comme côté turc, après s’être essayé à une lettre acrobatique de pardon sans pardon et tout récemment promis les yeux dans les yeux des historiens l’ouverture des archives militaires turques dans une version négationniste de leur authenticité, et dit qu’un musulman ne pouvait commettre un crime de masse, voici qu’Erdogan se fait le champion de la morale universelle en fustigeant Israël qu’il accuse de commettre quoi ? Mais un GENOCIDE voyons ! Oui, un génocide contre les Palestiniens pour le moins comparable au génocide subi par les juifs durant la Seconde Guerre mondiale.Rien que ça !

Même si les Palestiniens sont parqués dans une sorte de camp immense appelé Gaza, un esprit sensé aurait du mal à le comparer aux camps nazis voués à l’extermination des sous-hommes.

Par ailleurs, il y a loin entre un affrontement ethnique  et territorial, inégal et intolérable comme celui des Palestiniens et des Israéliens et l’anéantissement systématique des juifs.

Et même si les Israéliens se comportent de manière honteuse à l’égard des Palestiniens au regard de cette fameuse morale universelle, on ne peut à bon droit parler de génocide.

Mais Erdogan le fait. Et il le fait avec l’impudeur et l’impudence des falsificateurs de la vérité universelle.

Or, on sait bien pourquoi. Affirmer que l’autre est un génocideur, c’est prendre la posture de quelqu’un qui n’a à se reprocher aucun génocide dans son histoire. De la sorte, l’accusation permet de couvrir d’un nuage de fumée bon chic bon genre tout un siècle de massacres commençant avec celui des Arméniens et finissant avec celui des Kurdes.

Ce qui voudrait signifier qu’aux yeux d’Erdogan la pratique du nettoyage ethnique opéré par les Turcs depuis cent ans n’est que l’effet d’une guerre légitime contre le terrorisme. Remarquez au passage comme le terrorisme a bon dos. Et puisque la mode et le monde sont au terrorisme, Erdogan en profite pour inclure dans le terrorisme international, un pseudo terrorisme interne afin d’exploiter dans le droit fil d’une conception monoethnique de la Turquie un climat général d’affrontement justifié et d’impunité pour éradiquer les Kurdes.

Guerre donc, mais guerre de qui contre qui s’il vous plaît ? Guerre d’un terrorisme d’Etat contre des peuples qui défendent leur territoire et leur identité.Et quand Erdogan utilise un mot dur pour le balancer à la gueule d’un pays, c’est en réalité dans l’intention cachée de jeter loin de la Turquie l’opprobre qui macule la conscience collective des Turcs négationnistes. Israël pratique un génocide. Israël pratique un terrorisme d’Etat. Mais nous, les Turcs, non !

Israël grignote la terre des autres. Mais nous, non ! Nous n’avons pas pris leurs terres aux Arméniens, ni aux Grecs, ni aux Kurdes, ni aux Chypriotes. NON ! Les autres ont  fait pire. La France par exemple. Un génocide de 5 millions d’Algériens.

Quand Erdogan le manipulateur sort de son chapeau des idées de footballeur, le monde ne rit pas. Il se met à puer. A puer la sueur de la peur et le sang de la mort. Quand la vérité la plus flagrante est à ce point détournée de son sens, c’est la beauté du monde qui commence à dépérir.

La Turquie est belle, mais les Turcs négationnistes puent la bêtise et la barbarie.
Et le monde d’Erdogan pue l’Erdogan.

 

Denis Donikian

11 mai 2018

LA SAINTE-FIRME

Filed under: APPEL à DIFFUSER — denisdonikian @ 8:54

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Par Armand SAMMELIAN

Une entreprise hors sol, coupée des réalités, de type « poupées russes », à la fois politique, commerciale, patrimoniale et martiale à façade spirituelle, est en cours de finalisation au cœur même du Saint -Siège d’ETCHMIADZINE, lui qui aurait dû inonder d’une clarté immatérielle des fidèles éternellement fascinés par le Levant de leurs origines !

Amputée par dizaines de ses représentants les plus expérimentés depuis l’an 2000, la classe sacerdotale apostolique arménienne, réduite en une cléricature juvénile de black-blocs alignés en ordre de batailles et quelques oligarques en soutane, n’a donc eu d’autres choix que de poursuivre les ambitions séculières de son chef suprême.

C’est désormais de plus belle que la dernière réplique de ce bourbier visant le contrôle des paroisses de France, cœurs battants des rescapés du génocide de 1915 et de leurs descendants, pour en faire des succursales aux ordres de moines-soldats, s’étale au grand jour, dans l’hexagone et au-delà.

En supprimant, sans aucune concertation, des statuts juridiques qui ont fait la preuve séculaire de leur efficacité pour de nouveaux prétendument « inspirés », on voudrait nous faire croire que les pouvoirs de la toute-puissance divine se transmettraient dans les mains d’un officiant démiurge détenteur, par nature, d’une sainte parole infaillible.

C’est que, selon les prescriptions comminatoires des « OUGHENICHS(*) » imaginés par la Béatitude qui entend dicter sa loi, le président élu de l’association cultuelle jouerait dorénavant le rôle de collaborateur au service du véritable chef, le prêtre paroissial, nouveau seigneur, maître à penser omniscient et décisionnaire ultime en toutes circonstances.

Il nous faut résister, à l’exemple de NICE, à cette offensive confessionnelle violente qui considère la paroisse comme une sorte de filiale marchande de la société-mère dans laquelle le civil deviendrait un vulgaire adjoint du curé, au risque de saper une complémentarité historique respectueuse les uns des autres, où chacun était dignement à sa juste place dans sa juste fonction, le prêtre à son ministère ecclésial et le civil à sa gestion matérielle.

N’empêche !

Affranchi de toute obligation dévolue à sa seule vocation messianique, le clergé apostolique arménien persiste à s’engager dans une opération capitalistique d’appropriation des biens séculiers paroissiaux, meubles et immeubles, sous peine d’excommunication !

Ce n’est pas tout !

En même temps, ce même clergé ne craint plus d’afficher sa volonté d’immixtion dans la vie communautaire pour la commander et la représenter, mêlant les affaires d’ici-bas à l’éther de l’au-delà, reléguant au passage les laïcs en caméristes des serviteurs de Dieu et creusant un fossé inédit entre clercs sachants et laïcs supplétifs.

Si une majorité consentante de fidèles plie l’échine avec résignation devant les ukases de notre Ecclésiaste par effraction, obsessionnellement torturé par le billet vert depuis son élection, de nombreux autres n’acceptent pas ce MAL qui ronge l’Église Apostolique Arménienne de l’intérieur, la défigure et creuse la tombe de son magistère théologique et prédicatif.

Bref !

Cette guerre d’usure « à la bolchévique » n’en finit plus pour la conquête autoritaire des paroisses de France perçues comme des sources miraculeuses qu’il faudrait pomper au bénéfice de la Sainte-Firme.

Plus grave encore !

Outre qu’il provoque des désordres considérables au sein des paroisses de France, ce diktat mercantile qui amalgame sacré et séculier et disqualifie la pensée magique au profit d’une pensée politique alignée sur celle des oligarques arméniens au pouvoir, traduit la DÉTRESSE SPIRITUELLE INÉDITE d’un Haut et Bas Clergé qu’on ne saurait taire.

Cette déviation sacrilège qui a oublié son catéchisme pour un plat de lentilles, doit être dénoncée comme (la) le « casse du siècle » orchestré par l’Ecclésiaste en chef qui n’en finit plus de mépriser les paroissiens, les réduire au silence et de lorgner les comptes de nos sacro-saintes églises.

Davantage président-directeur-général d’une société multinationale à but lucratif et gérant d’un think-tank d’influence qu’incarnation de la pensée divine et dépositaire de la Parole Perdue, riche comme Crésus pendant que le Peuple se meurt, Il a failli scandaleusement comme personne avant lui !

Si bien qu’entouré d’une poignée d’irresponsables porte-cotons affairistes, de quelques gardes suisses sourds et aveugles et d’une caste cléricale captive et chloroformée, la Béatitude trône imperturbablement sa calculette à la main, à des années-lumière des choses de l’Être et de l’Esprit.

Le pire étant que la tutelle totalitaire convoitée sous forme de « matriochkas », à la fois spirituelle, économique, financière, culturelle et politique trahit un désir de sujétion et d’abaissement des civils et dénote un appétit à humilier le troupeau de fidèles, en fait des citoyens français à part entière, traités au pire comme des brebis galeuses et au mieux comme des agneaux tondus…

Opposer les clercs de l’Église Apostolique Arménienne au peuple arménien et croire qu’Elle pourrait prospérer contre ses fidèles, ou sans âme qui vive dans des églises désertées, constitue une forfaiture sans précédent de la part de son gourou. C’est qu’Il n’y a pas d’Église Apostolique Arménienne sans le peuple apostolique arménien et pour le dire encore autrement, l’Église c’est l’assemblée des fidèles alors que le clergé en est son serviteur !

Si bien que ces trois altérités, peuple, église et clergé n’en font qu’une !

En sorte que la souveraineté de l’Église Apostolique Arménienne se confond avec l’ensemble des apostoliques arméniens de la planète qui l’ont tous reçue en partage, les uns comme les autres, les clercs comme les laïcs, les clercs à égalité avec les laïcs, aucun n’étant l’obligé de l’autre.

Telle a toujours été la tradition de notre Sainte Église au sein de notre nation !

C’est pourquoi ce putsch est aussi une atteinte à l’identité nationale arménienne en butte à un radicalisme clérical conquérant insensé !

Aussi est-il temps que le Pyromane en chef renonce à son funeste projet de mise en coupe réglée des paroisses et de ses paroissiens, avant que cette déconstruction programmée profanatoire ne laisse la SAINTE ÉGLISE APOSTOLIQUE ARMÉNIENNE en lambeaux, Elle qui est encore le lien le plus puissant du sentiment d’appartenance des Arméniens à leur Mère-Patrie !

Notre institution la plus sacrée mérite mieux que l’abîme qui menace de l’engloutir par la faute d’un Serviteur éphémère et incongru dont tout porte à croire que les habits de Catholicos sont décidément trop grands pour lui.

Le gouvernement PACHINIAN saura lui souffler ces quelques vérités à l’oreille !

 

Le 12 mai 2018

 

 

(*) Statuts que veut imposer Karékine II à toutes les associations cultuelles des paroisses apostoliques arméniennes de France.

Scandale : Big Pharma empêche les Africains de guérir !

Filed under: APPEL à DIFFUSER — denisdonikian @ 7:37
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Chers amis du Naturel,
Ce drame se produit loin de chez nous, mais il doit absolument nous mobiliser.
Ce qui est en jeu, c’est :
    • Un quart de milliard (250 000 000) de malades dans le monde ;
  • Et 500 000 morts chaque année ;
Voilà les dégâts causés par le paludisme (malaria), principalement en Afrique.
La bonne nouvelle, c’est qu’on a découvert une plante traditionnelle incroyablement efficace contre ce fléau.
Mais la catastrophe, c’est que l’Organisation Mondiale de la Santé et les lobbys pharmaceutiques font TOUT pour empêcher les Africains d’en profiter !!!
Je sais que cela paraît très difficile à croire.
C’est pourtant la triste réalité :

La plante médicinale « couronnée » du Prix Nobel de Médecine  !
Cette plante miracle contre le paludisme, c’est l’Artemisia annua (armoise).
Les données scientifiques sur son efficacité sont très solides.
La preuve ? Un Prix Nobel de Médecine a été décerné en 2015 à la chercheuse chinoise YouYou Tu qui a redécouvert son efficacité contre le paludisme !
Je dis bien « redécouvert », car il s’agit d’une plante très connue en médecine traditionnelle chinoise pour son efficacité contre les fortes fièvres.
Enfin, l’humanité tenait une vraie solution contre le paludisme : une plante traditionnelle, validée par la science moderne !
Et le plus incroyable, c’est que cette plante a d’autres bienfaits :
    • Elle est très efficace contre les infections intestinales ;
    • Elle serait utile contre le diabète, pour stabiliser le sucre sanguin ; [1]
    • Elle régule le cycle féminin, et calme les règles trop abondantes ;
  • Et elle pourrait avoir de solides effets anti-cancer ! [2], [3]
Tout cela, sans effet indésirable quand elle est correctement utilisée !
Jamais on a été si proche de vaincre le paludisme et de stopper les ravages que cette maladie cause en Afrique !
Mais il y a un « gros » problème :

Trop efficace, elle est déconseillée par l’OMS !
L’Organisation mondiale de la Santé n’est plus une organisation en qui on peut avoir confiance.
Parce qu’elle est en partie financée par les laboratoires pharmaceutiques. Parce qu’elle est dirigée par des médecins ayant des liens d’intérêt avec Big Pharma.
Souvenez-vous de sa gestion de la grippe H1N1 en 2011… elle a rapporté des milliards aux labos qui ont produit les vaccins anti-H1N1… sans le moindre intérêt médical !
Aujourd’hui de nombreuses personnalités se lèvent pour dénoncer cette dérive dramatique. [4] 
Un documentaire récemment diffusé sur Arte était intitulé L’OMS : dans les griffes des lobbyistes.
Et voilà pourquoi, sans doute, l’OMS a déconseillé l’usage de Artemisia annuasous forme traditionnelle, malgré son efficacité contre le paludisme.
Pour se justifier, l’OMS a parlé de raisons techniques et sanitaires – l’usage d’Artemisia en tisane serait « moins efficace » ou pourrait induire un risque de « résistance ».
Mais tous ces arguments sont fallacieux, et ils ont été réfutés par les faits. [5]  
En réalité, il fallait protéger le monopole pharmaceutique sur les médicaments anti-palu.
Car savez-vous comment les laboratoires pharmaceutiques ont réagi à la découverte de l’efficacité de l’Artemisia ?
Ils ont fait ce qu’ils savent faire : un médicament vendable à bon prix, en mélangeant le « principe actif » de l’Artemisia annua (artémisine) à d’autres médicaments anti-palu plus anciens.
On appelle ces médicaments les « ACT » (Artemisinin Combined Therapy)… ils coûtent beaucoup plus cher que la plante séchée Artemisia seule… et ils sont moins efficaces !

La preuve finale apportée par une ONG !
Sur le terrain, en Afrique, les témoignages de l’efficacité de la tisane d’Artemisia Annua ont commencé à se répandre comme une traînée de poudre.
Mais il manquait une grande preuve scientifique, pour mettre tout le monde d’accord.
Aujourd’hui, c’est chose faite.
Grâce au travail acharné de nombreuses associations, un grand essai clinique a été organisé au Congo.
Et cette étude, réalisée en double aveugle, a prouvé que l’Artemisia annua en tisane était plus efficace que les ACT[6] de l’industrie pharmaceutique !
Sous Artemisia, le taux de guérison était de 99,5 %… contre 79,5 % pour le médicament !
Une belle preuve que la plante dans son entier (le totum) peut être plus efficace qu’un seul de ses principes actifs !

La plante qui met KO les milliards de Bill Gates
Au total, l’Artemisia en tisane est le plus grand espoir contre le paludisme, de très loin.
C’est aussi la preuve la plus flagrante que notre médecine moderne va dans le mur.
Le milliardaire Bill Gates a dépensé des milliards d’euros, avec sa fondation, pour essayer de développer un « vaccin » contre le paludisme… sans le moindre succès !
Alors qu’il suffisait, une fois encore, de chercher la solution dans nos remèdes traditionnels !
Faut-il rappeler que la plupart des grands médicaments sont issus de plantes ?
    • L’aspirine est simplement composée d’acide acétylsalicylique… contenu dans l’écorce de saule blanc, utilisé depuis le Moyen-Age comme anti-douleur efficace ;
    • La metformine, le médicament de référence contre le diabète de type 2, a été synthétisée à partir d’une plante traditionnelle, la Galega officinalis ;
    • La L-Dopa, le médicament phare contre Parkinson, est une substance naturelle trouvée dans la « fève des marais » et le « pois mascate » (Mucuna Pruriens) ;
    • Le curare, si précieux pour anesthésier les patients avant une opération chirurgicale, a été inventé par les Indiens d’Amazonie, avec leurs plantes locales ;
  • Et tout le monde sait que la morphine, cet antidouleur parfois indispensable en soins palliatifs, est issue du pavot.
Et le plus beau, avec Artemisia Annua en tisane, c’est que c’est une solution simple, peu coûteuse, efficace, durable et éthique[7] :
    • Car cette plante peut facilement pousser dans les différentes régions d’Afrique… et un seul hectare de culture peut protéger jusqu’à 125 000 personnes !
  • Et en plus, elle place les populations locales comme de vrais acteurs de la lutte contre le paludisme, plutôt que de les déresponsabiliser, en leur donnant au compte-gouttes des pilules inaccessibles pour beaucoup.
Alors il est temps de changer les choses et de répandre l’information sur ce remède !
Cela commence à bouger, heureusement.

Récemment, un documentaire fracassant a été diffusé sur France O, Malaria Business, dont je vous conseille de voir la présentation :

Les esprits commencent à se réveiller… et la meilleure chose que nous pouvons faire, vous et moi, c’est de les y aider !

Alors n’hésitez pas à transférer cette lettre à tous vos contacts… la vérité doit passer !

Votre dévoué,

Guillaume Chopin
Association Santé Naturelle 

Sources

[1] https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/27957318

[2] https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/29061778

[3] https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/29495461

[4] http://www.lepoint.fr/editos-du-point/anne-jeanblanc/l-oms-dans-les-griffes-des-lobbyistes-04-04-2017-2117123_57.php

[5] https://malariaworld.org/blog/artemisia-efficient-banished-french-version

[6] http://maison-artemisia.org/Maison-Artemisia-Brochure.pdf

[7] https://poesybysophie.com/artemisia-annua-malaria/


 

10 mai 2018

L’honneur ultime de Serge Sarkissian

Filed under: ARTICLES,CHRONIQUES à CONTRE-CHANT — denisdonikian @ 3:39
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Qu’on le veuille ou non, il faut reconnaître à Serge Sarkissian, le premier des Premiers ministres de l’Arménie parlementaire, le courage patriotique de l’autocritique le jour où il a reconnu que Nikol Pachinian avait raison sur l’avenir du pays et que lui avait tort.

Cette décision n’était pas sans risque pour la sécurité du pays. Mais le risque d’un embrasement intérieur aurait été autrement plus dangereux. Le chaos eût été partout si Sarkissian n’avait pas joué l’apaisement et misé sur la résolution de la crise en se retirant.

Voilà probablement l’acte politique le plus digne qui ait été accompli durant la décennie que dura le pouvoir d’un Sarkissian qui se survécut de gré ou de force, par le maintien de l’ordre ou le bourrage des urnes.

Cet acte qu’on qualifia de faiblesse fut exemplaire dans le sens où les intérêts de la nation arménienne ont été considérés avec gravité et justesse. La paix plutôt que le sang. Et effectivement, une fois qui n’était pas coutume dans la gouvernance de Sarkissian, l’apaisement des consciences prévalut sur l’effusion du sang. Acte d’autant plus exemplaire qu’il suscita de par le monde une certaine admiration. L’ère Sarkissian sera donc marquée dans l’histoire de l’Arménie par ce rattrapage politique qui permit à son auteur de quitter ses fonctions par le fait d’une rupture symbolique avec une décennie de malversations et d’abominations dont les Arméniens eurent à souffrir.

Certes les poussées fiévreuses de la rue démontrèrent que Serge Sarkissian n’avait pas d’autre issue que le retrait tellement l’humiliation du peuple arménien avait assez duré au point de se transformer en haine. C’est qu’on peut tromper un peuple un temps, mais on ne peut le tromper tout le temps. Vient le jour où le violeur de la volonté populaire doit payer pour le mal qu’il a provoqué.

Ce mal, le nouveau Premier ministre, Nikol Pachinian, ne souhaite pas qu’il devienne une cause de déchirement au sein du peuple arménien nouvelle manière. Nikol Pachinian a exclu toute vengeance, tout règlement de compte, même si, qu’il le veuille ou non, le temps viendra de donner force au droit pour reconsidérer toutes les anomalies antidémocratiques qui ont été accomplies sous le règne tant de Sarkissian que de Kotcharian. Il faudra bien un jour que des historiens de l’ère post-soviétique, pratiquant des méthodes d’investigations modernes et animés par la nécessité de clarifier les premiers temps de l’indépendance mettent au jour les agissements secrets de cette république souvent qualifiée de bananière. Sans ce nécessaire et salutaire travail de l’histoire portant sur les trente premières années du pays indépendant, il sera difficile de sortir des méthodes obscures qui ont prévalu dans la gestion politique du pays. Pour la bonne raison qu’en ne les examinant pas avec toute la lucidité qu’il convient, elles continueront à gangréner le pays et à perturber les avancées démocratiques voulues par la nouvelle donne.

Ainsi donc, en définitive, il faut reconnaître que durant les trois dernières semaines qui viennent de s’écouler avec l’espoir qu’elles ont apporté, l’Arménie peut à juste titre se présenter comme le symbole d’un changement par la pacification des esprits. Elle le doit à deux personnalités politiques qui ont joué des rôles complémentaires, à savoir Serge Sarkissian et Nikol Pachinian. Grâce leur soit rendue.

 

Denis Donikian

3 mai 2018

Arménie : nouvelle donne

Filed under: ARTICLES,CHRONIQUES à CONTRE-CHANT — denisdonikian @ 4:39
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( Photo D. Donikian, Erevan,  nov 2010)

*

Depuis l’indépendance, et même avant, les intellectuels arméniens de la diaspora se sont comportés de trois manières principales généralement assez tranchées : l’indifférence désengagée, la collaboration passive ou l’observation critique. Il nous est arrivé d’en parler à maintes reprises, car le rôle des intellectuels dans l’évolution des mentalités n’est pas négligeable. Ils décrivent avec leurs mots une réalité qu’ils mesurent à l’aune de la souffrance et de l’injustice. Et même si la part de l’esthétique peut valoir plus que celle de l’éthique, la force interne du verbe les conduit naturellement à dénoncer les aberrations d’une société plutôt qu’à se réjouir de la régularité des trains.

Dans le cas arménien, l’énormité du génocide a obéré les consciences au point de les détourner, à leur insu, de l’urgence du présent. L’écrivain, plus que tout autre, n’a pas été épargné par cette tyrannie du passé. Dans cet ordre d’idée, chez les Arméniens l’historien tient lieu de conscience collective plutôt que l’écrivain lui-même, lequel s’est trop souvent laissé envahir par les questions restées ouvertes de notre histoire, quitte à trahir sa mission d’observation du réel. De la sorte, ce réflexe passéiste a en quelque sorte neutralisé sa capacité à promouvoir un imaginaire de la vie, à faire l’examen des comportements, à percer la carapace du monde tel qu’il est.

L’indifférence désengagée vis-à-vis de l’état social et politique de l’Arménie est d’autant plus déplorable que c’est là que se tient l’avenir du peuple arménien. Cette cécité philosophique qui repose sur une sorte de neutralité petite bourgeoise est-elle admissible quand il s’agit d’un peuple qui se vide lui-même par l’exil, la pauvreté, le mépris politique ou la guerre ? Autant de « causes » humaines qui engendrent des souffrances et sur lesquelles un œil simplement humain ne peut que s’accrocher. C’est que l’Arménie vit sur le fil du rasoir. Croire que toute critique à son encontre, fût-elle humaniste, peut faire le jeu de l’abîme, est indécent. Le véritable abîme est celui que vivent les gens : exil, pauvreté, mépris, guerre. Mais les indifférents qui se réfugient soit dans le passé, soit dans l’art, font aveu de faiblesse. Et cette faiblesse affaiblit le peuple même auquel ils appartiennent.

A l’autre extrême, se situent ceux qui trouvent un malin plaisir à encenser le pouvoir en place, à lui reconnaitre sagesse, hauteur de vue et tutti quanti. Pour autant, ils vous jureront que leur approbation ne vaut pas collaboration. C’est certes vrai dans la mesure où leur engagement n’accompagne pas forcément les impérities et les aberrations du pouvoir. Cependant, approuver suppose qu’on partage les mêmes idées, les mêmes actions, les bonnes autant que les mauvaises. Les bonnes du gouvernement Sarkissian seraient d’avoir préservé la sécurité du pays contre l’ennemi qui le menace périodiquement d’invasion. Les mauvaises seraient d’avoir maintenu la corruption, appauvri les pauvres, alimenté l’émigration. Bonnes ou mauvaises, ces actions forment un tout, constituent une cohérence, produisent un système. Quand on adhère à une politique, on en porte la responsabilité. En d’autres termes, ces intellectuels sont, qu’on le veuille ou non, d’autant plus complices de la corruption qui sévit en Arménie et de la pauvreté qui gangrène la société qu’ils s’opposent farouchement à ceux-là mêmes qui combattent la corruption et s’insurgent contre l’appauvrissement des gens en s’opposant à Sarkissian. Et comme ces intellectuels s’opposent aux opposants, ils donnent raison à celui qui a fait de la corruption un pilier du système et de la pauvreté le dernier de ses soucis (le premier de ses soucis présidentiels étant de bien manger, bien s’habiller et bien boire dans une maison bien protégée). Or, si la pauvreté pousse à l’exil, un climat de corruption généralisée fait de même. L’hémorragie que connaît l’Arménie depuis deux décennies affaiblit numériquement le pays qui est contraint par l’impératif de se défendre. Par ailleurs, si la corruption se répand partout où elle peut trouver de l’avantage, elle finit immanquablement par miner la société, mais aussi pourquoi pas l’économie militaire. Ce qui revient à dire que le soldat, faute d’armement adéquat, en sera réduit à se battre à son corps défendant. Les 4 jours d’avril 2016 ont montré que l’obsolescence des armes a exposé inutilement le soldat arménien. De fait, la corruption substitue à la camaraderie primordiale en temps de guerre un je-m’en-foutisme généralisé, quitte à détériorer la condition du soldat. Là encore, notre soldat est victime de cette mentalité. C’est dans ce sens qu’il faut placer le cas du soldat grièvement blessé qui ne pouvait être soigné qu’en Allemagne et qui s’est vu refusée toute aide financière de la part du gouvernement. Indigne !

De fait, on sait très bien à quelle Arménie se réfèrent ces intellectuels ringards de la collaboration. A une Arménie historique, idéale, traversant les siècles. En vérité, leur Arménie idéale, historique, traversant les siècles est une Arménie théorique, c’est-à-dire sans Arménien. Une certaine idée de l’Arménie. Sinon une Arménie avec des Arméniens qu’on peut sacrifier sans scrupule sur l’autel de la Patrie, de ces Arméniens qui sont accrochés au pays, pas de nos intellectuels d’une diaspora éloignée de tout conflit, à l’abri d’une réalité quotidienne aliénante et qui ose faire la leçon aux autochtones.

Quant aux intellectuels critiques, on l’aura compris, ils ne peuvent garder le silence, quand bien même les indifférents et les collaborateurs les traiteraient de « mouches du coche », c’est-à-dire de personnes qui croient produire du changement politique alors que le mouvement d’une société vient d’ailleurs.

Certes.
Mais à l’heure où Nikol Pachinian est en passe de devenir Premier ministre d’Arménie, le temps est venu de se réjouir qu’après trois présidents responsables du dégoût général, un homme se réclamant de Nelson Mandela  cherche à faire le ménage en remettant aux mains du peuple les clefs de son destin. Trois présidents que notre plume n’aura pas épargnés, depuis Le peuple haï (1995) jusqu’à L’Arménie, à cœur et à cri (2016), en passant par Un Nôtre Pays ( 2003), Vidures (2011), sans parler des livres de randonnées et autres articles parus sur le site Yevrobatsi.org et notre Blog Ecrittératures. A telle enseigne que ces livres et articles nous avaient donné une réputation d’écrivain négatif, incapable d’extraire d’une réalité complexe le solide en ne privilégiant que l’aberrant, comme si le pays arménien était voué à rester irrémédiablement enfoncé dans sa fange à cochons.

Il ne s’agit pas ici de faire du triomphalisme. Mais force est de constater que nos critiques, incessantes, obsessionnelles, compulsives depuis plus de vingt ans n’étaient autres que celles du peuple lui-même. Les 500 000 personnes qui en Arménie sont descendues dans la rue, s’ils avaient lu nos livres, y auraient vu la description de leur âme propre, la teneur de leurs dénonciation, le fiel de leur rancœur. Ce qui se passe aujourd’hui en Arménie est le résultat, qu’on le veuille ou non, comme cela se fait dans l’ordre des idées, d’un climat général de dénigrement, de réprobation et pour tout dire d’écœurement à l’égard de la classe dirigeante. Climat auquel ont contribué aussi bien les Arméniens eux-mêmes que les intellectuels de la colère. Tandis que les autres, les partisans de l’indifférence molle ou de la collaboration tiède se plaçaient par leurs paroles, leurs actions et leur vie du côté le plus inhumain du fléau.

A vrai dire, indifférents et collaborateurs avaient une si piètre idée du peuple arménien qu’ils n’étaient pas loin de penser que c’était un peuple rendu immature par soixante-dix années de soviétisme. Rien de bon ne pouvait advenir de ce peuple qui faisait en quelques années l’expérience de la catastrophe, de la guerre et de l’indépendance. Que ce peuple s’était étourdi sous le poids des malheurs  au point de perdre toute conscience politique et que son accès à la démocratie ne pouvait s’opérer sans un passage obligé par la phase du parti unique auquel il avait été habitué. Or, il aura fallu trois présidents, tous aussi mauvais les uns que les autres, pour donner au peuple arménien un puissant désir de démocratie. Une période d’étouffement qui fut une période d’initiation durant laquelle les Arméniens ont nourri leur colère démocratique et alimenté leur vœu de justice juste, d’élections transparentes et de  libre fraternité. Cette période qu’on ne savait pas transitoire, ni nécessaire, sinon depuis l’avènement de Pachinian, qui a forgé les esprits et les solidarités, les intellectuels de la contestation l’ont conceptualisée par leurs textes. Tandis que les autres continuaient à croire que le peuple arménien ne méritait pas mieux qu’une dictature déguisée en démocratie.

Et donc, disons-le tout net, ce qui nous a toujours guidé comme écrivain arménien, c’était de donner la parole aux sans-voix, de mettre des mots sur leurs souffrances, d’humaniser en quelque sorte le sort cruel que des Arméniens infligeaient à d’autres Arméniens. Nous n’aurons pas failli à cette tâche, même si les thuriféraires patentés des usurpateurs ont pris plaisir à nous ostraciser. Il n’y a pas d’écrivain véritablement humain qui ne soit iconoclaste. Et si, par malheur, Pachinian devait manquer à sa parole, nous reprendrions du service. C’est juré !

 

Denis Donikian

VIVENT LES ABEILLES ! A BAS LES PESTICIDES !

Filed under: Uncategorized — denisdonikian @ 1:51

Cher mouvement Avaaz,

Nous venons de remporter l’interdiction totale de pesticides tueurs d’abeilles dans les 28 pays de l’UE!!!

Ce combat a duré 7 ans et je suis tellement, tellement fière de notre mouvement! Au cours des derniers jours, des centaines d’articles nous ont mentionnés et des médias ont qualifié Avaaz de “catalyseur” du résultat.

Et ce résultat est vraiment ÉNORME. Ce n’est pas juste un tournant dans la lutte mondiale pour sauver les abeilles — il s’agit de l’interdiction des insecticides les plus utilisés au monde, ce qui met les industriels au défi de developper un nouveau modèle, celui d’une agriculture non-toxique!

Nous avons affronté les plus grandes compagnies agrochimiques du monde et fait feu de tout bois: une pétition de 5 millions de signatures, un financement participatif pour des scientifiques… nous sommes même allés jusqu’à contacter un ministre sur le tarmac de l’aéroport!

Voilà l’histoire incroyable de notre campagne. Jetez un coup d’oeil et transposons cette victoire au reste du monde.

Nous avons lancé la plus grande pétition de l’Histoire pour les abeilles

Plus de 5 millions de signatures que nous avons remises avec Bernice, notre abeille gonflable. Du haut de ses cinq mètres, notre mascotte a voyagé dans le monde entier lors des grands moments politiques, tapant à chaque fois dans l’oeil des médias!

Nous avons fait déferler nos messages dans les principaux ministères

… pendant sept ans! Au cours des dernières semaines, la pression a été si forte que les ministres allemand et suédois nous ont directement répondu sur les réseaux sociaux. À Chypre, le ministre a répondu lui-même à Nicolas, un membre d’Avaaz.

Nous avons submergé la consultation officielle de l’UE

Cette consultation discrète n’avait reçu que peu de réponses. Puis les membres d’Avaaz ont débarqué et le compteur est passé d’à peine 9000 à 66 000 contributions en quatre jours! Un jour, nous avons même saturé le système et la Commission nous a écrit: « Merci beaucoup pour vos efforts et votre engagement sur ce sujet! »

Nous avons financé et soumis aux décisionnaires de nouvelles études scientifiques

Pour contrer la noria d’études financées par les entreprises de l’industrie chimique, près de 150 000 membres d’Avaaz du monde entier ont donné plus de 2,5 millions d’euros (!!!) pour financer les campagnes et la recherche sur les abeilles! Ensemble, nous avons soutenu des études indépendantes cruciales menées par d’éminents scientifiques puis les avons portées à l’attention des principaux protagonistes avant le vote. Au final, l’EFSA, l’Autorité de sécurité alimentaire de l’UE, s’est elle-même prononcée en faveur d’une interdiction.

Dave Goulson, professeur de biologie à l’université de Sussex, a déclaré: « Le vote de vendredi est une fantastique victoire pour la science et l’environnement; les membres d’Avaaz peuvent être fiers du rôle qu’ils ont joué. »

 

Nous avons fait entendre la voix des agriculteurs favorables à l’interdiction

Un des arguments avancés pour retarder le vote clamait que les agriculteurs n’avaient pas d’alternatives à ces produits chimiques et étaient contre leur interdiction. L’équipe d’Avaaz a alors rassemblé des agriculteurs conventionnels et bios favorables à l’interdiction dans une lettre ouverte qui démontait ce mythe et l’a publiée partout en Europe — de La Libre Belgique à Marianne en France, en passant par le Dagens Nyheter en Suède. Le plus grand syndicat d’agriculteurs d’Italie l’a même signée!

Alison Waugh, agricultrice en Écosse, a déclaré: « L’avenir de ma carrière dépend de la survie de ce secteur et en fin de compte des abeilles et de leur survie. Ce que vous avez accompli est extraordinaire!« 

Nous avons travaillé en étroite collaboration avec la Commission européenne

Une des clés de la victoire reposait sur la ténacité des décideurs. Lorsque des rumeurs se mirent à faire état de pressions de l’industrie du sucre pour tempérer l’interdiction, nous avons rappelé au Président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker sa promesse d’être « l’homme des abeilles« , remis notre campagne directement auprès de son cabinet et saturé un site internet bruxellois d’annonces publicitaires favorables à l’interdiction. Lors de l’annonce des résultats du vote, le Commissaire européen à la santé en personne a rédigé un message sur Twitter pour se réjouir avec les membres d’Avaaz!!

« Tout plein d’abeilles sur le rond-point Schuman aujourd’hui. Très heureux que les États membres aient voté en faveur de notre proposition pour étendre les restrictions d’utilisation des substances actives imidaclopride, clothianidine, thiaméthoxame, connues sous le nom de néonicotinoïdes! Vital pour la biodiversité, l’avenir de notre alimentation et l’environnement. »

 

Pays après pays, les membres d’Avaaz ont fait monter la pression

France

La campagne a commencé en 2011, lorsqu’un million de membres d’Avaaz a appelé la France à ouvrir la voie avec une interdiction nationale. Gouvernement après gouvernement, nous avons appelé la France à jouer un rôle pionnier jusqu’à ce qu’Avaaz trouve un partenaire et un défenseur des abeilles en la personne du ministre de l’Environnement Nicolas Hulot, qui au cours de cette dernière ligne droite a joué un rôle de premier plan dans le combat européen contre les néonicotinoïdes.

Après le vote de vendredi, Nicolas Hulot a déclaré: « C’est une bonne nouvelle pour les abeilles, mais aussi pour l’humanité. Le paradigme est en train de changer et je veux rendre hommage à la forte mobilisation citoyenne qui a permis cela!« 

 

Allemagne

Autre front de la bataille: mettre l’Allemagne de notre côté. Année après année, les membres d’Avaaz ont fait entendre leur appel pour une interdiction auprès de trois ministres de l’Agriculture successifs! Le ministère a même été obligé de créer une adresse email spéciale pour nous, car nos messages étaient trop nombreux. Au cours de la dernière ligne droite, nous avons mené un sondage d’opinion qui démontrait aux ministres de l’Agriculture et de l’Environnement que les électeurs de leur parti soutenaient une interdiction et ça a marché! L’Allemagne s’est finalement rangée parmi les défenseurs de l’interdiction!

Royaume-Uni

Le Royaume-Uni a bloqué toute avancée pendant des années, un ancien ministre de l’Environnement allant même jusqu’à qualifier les messages d’Avaaz de « cyber-attaque ». Mais l’année dernière, après qu’Avaaz et ses partenaires aient encore amplifié la campagne dans le pays, le Royaume-Uni est devenu un défenseur des abeilles! On raconte même qu’aucun autre sujet n’a généré autant de correspondence des citoyens auprès des députés!

Une fois les trois plus grands pays européens de notre côté, de plus petits pays tels que l’Irlande, le Luxembourg, l’Autriche et la Slovénie se sont ralliés. Mais cela ne suffisait toujours pas…

Pour remporter une majorité qualifiée, nous avions besoin de l’Italie et de l’Espagne

Au cours des dernières semaines, nous avons tout donné dans ces deux pays:

  • Nous avons mené des sondages d’opinion montrant que 87% d’Espagnols et 78% d’Italiens souhaitaient une interdiction;
  • Nous avons publié des annonces dans de grands quotidiens tels qu’El Mundoet Il Sole 24 Ore;
  • Nous avons envoyé un feu nourri de messages personnels aux ministres responsables sur Facebook et Twitter, et fait entendre l’opinion des agriculteurs et des scientifiques;
  • Jour après jour, nous avons parlé avec les responsables politiques, jusqu’au matin même du vote. Pour la petite histoire, c’est un membre de l’équipe d’Avaaz qui a annoncé à un responsable gouvernemental à Madrid que l’Espagne avait voté « oui » — nous étions tellement à la pointe du dossier que nous l’avons informé du vote de son propre gouvernement!
Le député espagnol Juan López de Uralde (Unidos Podemos/EQUO) a déclaré: « Rien de tout cela n’aurait pu se produire sans la mobilisation de millions de personnes qui ont fait pression sur leurs gouvernements. »

Mais nous ne nous sommes pas arrêtés en si bon chemin! Nous avons porté le fer aux Pays-Bas, en Grèce, en Pologne et dans d’autres pays plus petits…

Pays-Bas

Quelques semaines avant le vote, trois membres d’Avaaz aux Pays-Bas ont lancé leur propre campagne nationale pour sauver les abeilles qui est devenue rapidement virale, et s’est retrouvée soutenue par 10 des plus grands scientifiques du pays, deux anciens ministres et même une princesse! Nous avons mené un sondage d’opinion montrant que près de 80% des électeurs néerlandais étaient en faveur d’une interdiction — et remis la campagne directement auprès de la ministre de l’Agriculture. La ministre a même pris une de nos pancartes pour « l’accrocher dans le couloir »! Deux jours avant le vote, les Pays-Bas se prononçaient en faveur d’une interdiction!

Grèce

En Grèce, nous avons envoyé notre énorme pétition au ministre de l’Agriculture, accompagnée d’un pot de miel biologique fabriqué dans son village de naissance et des milliers de membres d’Avaaz l’ont directement contacté par email et sur Twitter. Quelques jours avant le vote, nous avons fait la une d’un quotidien pro-gouvernement populaire et appelé tous nos contacts, y compris le vice-ministre, pour parler directement au ministre. Nous l’avons finalement eu au bout du fil, quelques heures avant le vote, alors qu’il descendait de l’avion. Lorsqu’il a appris que l’interdiction dépendait de la Grèce, il s’est immédiatement engagé à voter pour!

« Les préoccupations de l’opinion publique à propos de l’impact [des pesticides] sur les populations d’abeilles en Grèce et en Europe ont été trop fortes et s’expriment depuis trop longtemps pour que nous les ignorions. »
— Vangelis Apostolou, ministre grec de l’Agriculture et de l’Alimentation

 

« Une pétition du mouvement international Avaaz, signée par près de 5 millions de personnes pour interdire les pesticides tueurs d’abeilles, a joué le rôle de catalyseur pour cette décision. »
— Efsyn, quotidien grec

Quelques minutes avant le vote, nous savions que nous avions 13 pays de notre côté, mais n’étions pas encore sûrs de la victoire. Lorsque nous avons entendu que presque tous les pays que nous avions ciblés avaient voté en faveur d’une interdiction, les membres d’Avaaz sont descendus en masse dans les rues de Bruxelles pour fêter ça.

Remporter cette victoire aura mobilisé toutes nos forces pendant des années. Des partenaires tels que le Pesticide Action Network (PAN), Greenpeace, les Amis de la Terre et SumOfUs ont mené campagne sans relâche aux côtés de notre mouvement et nous avons travaillé main dans la main avec des scientifiques, des apiculteurs, des responsables politiques et des personnalités formidables.

Aujourd’hui, nous pouvons fêter cette histoire ensemble. Cette interdiction est très certainement un virage notable pour le passage d’une agriculture intensive reposant sur l’utilisation des pesticides vers un nouveau modèle d’agro-écologie diablement prometteur, où la production alimentaire peut se faire en harmonie avec la nature, et non contre elle.

Mais nous ne pouvons pas nous reposer sur nos lauriers — nous devons transposer cette victoire aux États-Unis et au Canada, qui envisagent des interdictions similaires cette année. Nous devons aussi rester vigilants en Europe — Bayer et Syngenta ont saisi la Cour européenne de Justice! Nous devons continuer à nous battre dans le monde entier si nous voulons protéger nos terres de la désertification et notre précieuse biodiversité de l’effondrement.

Notre mouvement a été conçu pour ce genre de combats… et cette campagne extraordinaire montre bien que si nous sommes assez nombreux à donner de la voix et que nous sommes avisés, nous POUVONS amener nos gouvernements à protéger le bien commun. Alors merci, merci, merci de tout coeur et ne manquez pas notre prochaine alerte pour le prochain combat!

Avec beaucoup de joie et d’enthousiasme,

Alice, Antonia, Emma, Ricken, Lisa, Iain, Nell, Pascal, Nick, Camille, Francesco, Daniel, Rene, Luis, Oscar, Spyro, Julie, Marie, Olivia, Joseph, Nick, Mia et toute l’équipe d’Avaaz

L’histoire des abeilles et le rôle d’Avaaz ont été couverts par des milliers d’articles. En voici une petite sélection:

L’Union européenne bannit trois pesticides pour sauver les abeilles (Paris Match)
http://www.parismatch.com/Actu/Environnement/L-Union-europeenne-bannit-trois-pesticides-pour-sauver-les-abeilles-1505900

L’UE bannit des pesticides néonicotinoïdes pour sauver les abeilles (Capital)
https://www.capital.fr/entreprises-marches/lue-bannit-des-neonicotinoides-pour-sauver-les-abeilles-1285457

L’UE interdit trois pesticides jugés dangereux pour les abeilles (RTBF)
https://www.rtbf.be/info/societe/detail_l-ue-decide-d-interdire-trois-neonicotinoides-juges-dangereux-pour-les-abeilles?id=9903655

L’UE vote pour interdire les pesticides dangereux pour les abeilles (The Independent, en anglais)
https://www.independent.co.uk/environment/bee-harming-pesticides-eu-ban-vote-environmental-threat-harm-latest-news-a8324981.html

L’UE interdit totalement les pesticides causant des dommages aux abeilles (New York Times, en anglais)
https://www.nytimes.com/aponline/2018/04/27/world/europe/ap-eu-europe-bees-.html

29 avril 2018

Marche et rêve…

Filed under: ARTICLES,CHRONIQUES à CONTRE-CHANT — denisdonikian @ 3:15

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Tandis qu’en Arménie une fièvre démocratique s’est emparée des foules, certains parmi les « intellectuels » de notre diaspora, qui fréquentent les cafés du commerce cybernétiques, commentent les évènements avec l’ironie du scepticisme pour prophétiser que l’aventurisme des leaders conduira forcément le pays à la catastrophe.

Il se trouve que ces « intellectuels » de l’immobilisme qui ne vivent pas au pays viennent faire la leçon à des légions d’Arméniens qui subissaient depuis des années le mépris d’un parti habile à bourrer les urnes pour son avantage. Qui savait écouter les gens en Arménie n’entendait que force récriminations, dégoût et envie de fuir le pays.

Car c’était ça l’Arménie pendant de nombreuses, trop nombreuses années, un écrasement des âmes au quotidien. On ne le dira jamais assez. Un écrasement qui obligeait tant à la résignation qu’à l’exil soit physique soit intérieur. Un écrasement comme une véritable catastrophe culturelle et qui empêchait le potentiel intellectuel de la jeunesse de donner toute sa mesure. En ce sens, la perte de la démocratie conduit nécessairement à une perte des esprits, constamment détournés vers des soucis de survie matérielle ou de sauve-qui-peut politique.
Ce désordre démocratique a engendré des modèles de vie proches de la prédation et de l’affairisme mafieux. En effet, les jeunes n’avaient pas d’autre idéal que celui de calquer leur vie sur la réussite des oligarques. Gros business, grosses voitures, grosses fiestas. Le tout enrobé par un réseau d’amitiés fondé sur le renvoi d’ascenseur ou le retour sur investissement. Telle était la culture dite du « aghperoutyoun ».

A la longue, ce système, si l’on ne s’en préservait pas, pouvait engendrer des pathologies sociales tirées par des valeurs exclusivement matérialistes. La société arménienne a banni l’altruisme réel au profit d’un altruisme de parole où chacun « prend le mal » de l’autre à chaque détour de conversation. Mais dans le fond, c’était un monde de lutte serrée où le souci de l’autre n’existait plus. Cela veut dire que dans un tel contexte, les droits de l’homme ne peuvent avoir aucune consistance réelle faute d’ancrage dans une culture de fraternité.

Or, aujourd’hui, il semble que la société arménienne se réveille brusquement de son sommeil dogmatique et suicidaire. Ce qui se passe dans les têtes, c’est l’ouverture des esprits à tous les possibles. En effet, ce qui se passe dans la rue arménienne équivaut à l’explosion d’un bouchon de champagne. C’est que l’Arménie était vécue comme une société bouchée qui s’agitait en vase clos et n’aspirait qu’à prendre l’air.

Mais contrairement à un processus naturel irrépressible, les Arméniens se sont comportés jusque-là en personnes responsables. En premier lieu, ils ont voulu mener une révolution pacifique d’autant que des consignes ont été données pour éviter toute chasse aux sorcières. Toutefois, il ne s’agira certainement pas d’une révolution susceptible de répéter le passé honni en gardant en place ne serait-ce que des parties du système. Si révolution il y a, ce sera au sens strict, un retour à la case départ de la démocratie où les éléments d’une politique équitable et transparente seront remis au peuple pour qu’il accomplisse le chemin de son bonheur collectif.

En d’autres termes, les Arméniens viennent d’ouvrir la boite de leur rêve politique, celle-la même que le régime républicain s’était acharné à fermer hermétiquement en les privant du droit légitime de choisir celui qui doit incarner leurs aspirations. En effet, l’erreur de Sarkissian a été d’instaurer un régime parlementaire pour se faire élire par ses propres sbires plutôt que par le peuple. Cette dépolitisation à laquelle il a soumis le peuple arménien a fini par jouer contre lui. Mauvais calcul. On peut imaginer ce premier ministre nouvelle manière mesurer l’abîme qu’il aura ainsi creusé entre lui et son peuple au seul spectacle du dégout qu’il a dû lire sur les visages d’une jeunesse débordant de vie dans les rues de la capitale.

Aujourd’hui, tout est permis au peuple arménien, à commencer par le droit de rêver. Rêver d’une Arménie librement choisie. Rêver de travailler pour soi et pour son pays. Rêver de pouvoir donner un avenir à ses enfants. Bref, rêver au bonheur de vivre.

Oui, messieurs les pessimistes, les Arméniens ont raison de rêver. Rêver d’un monde sans oligarques ni corruption. Car à l’origine d’une réalité sociale transformée, il y a toujours une utopie. Et l’utopie nait de l’enthousiasme  qu’inspire un avenir plus grand, plus juste et plus fraternel.

Alors vive le rêve arménien !

 

Denis Donikian

Votre santé est-elle vraiment leur priorité ?

Filed under: APPEL à DIFFUSER,ARTICLES — denisdonikian @ 7:14

Par Jean-Marc Dupuis

Au-delà de tous les scandales médicaux dont la presse a parlé, le pire méfait des autorités sanitaires ces dernières années est, pour moi, l’offensive qu’elles mènent contre les produits naturels de santé, dans le cadre de l’affaire dite des « allégations thérapeutiques ».

Cette affaire vous concerne directement, vous nuit directement. Mais comme il est difficile d’en parler en 30 secondes dans un flash-info, les journalistes ont occulté le problème dans les grands médias et la plupart d’entre nous ne sommes ni conscients, ni inquiets de ce qui se passe.

C’est pourtant un scandale énorme, aux répercussions beaucoup plus concrètes pour chacun de nous que les tripotages financiers de nos politiciens, qui occupent les journalistes.

Je vais vous résumer le problème :

En 2002, l’Union européenne décide de supprimer la liberté des fabricants et vendeurs de compléments alimentaires de faire des « allégations thérapeutiques » sur leurs produits, c’est-à-dire d’inscrire des phrases, des mots, des images suggérant que ce produit pourrait soigner, prévenir, traiter ou guérir une maladie, où que ce soit (site Internet, catalogue, emballage, notice…). Il s’agit de la directive 2002/46 CE. Cette directive vise aussi les noms des marques et même la forme des produits s’ils sont considérés comme « suggestifs » d’un quelconque effet sur la santé.

Par exemple, si un fabricant de compléments alimentaires appelle son produit « Ménopause », il est en infraction car, à ce jour aucune vitamine, aucun minéral, aucune plante, aucun ingrédient n’est reconnu comme ayant aucun impact sur la ménopause. Le fabricant risque une amende de 450 euros par boîte non conforme, ce qui représente potentiellement des millions d’euros d’amende, y compris si le produit est dépourvu de toute dangerosité.

Cette directive interdit même aux fabricants de suggérer que leur produit pourrait combler une carence, un déficit.

Cette interdiction met fin à 2500 ans de médecine qui, depuis Hippocrate, considérait comme évident que « ton aliment est ton premier médicament ». Elle nie que, par exemple, lorsqu’on donne un extrait d’acérola (fruit très riche en vitamine C) à une personne souffrant de scorbut, on lui sauve la vie, ou que la vitamine C, nécessaire à la formation du collagène, est par là-même excellente pour la peau, les os et les artères, ce qui est pourtant chimiquement prouvé…

La raison invoquée est d’empêcher les charlatans de vendre une poudre de perlimpinpin, tout en affirmant qu’elle agirait contre le cancer par exemple, au risque que des personnes naïves renoncent à un traitement médical à l’efficacité scientifiquement démontrée au profit de cette poudre.

L’Union Européenne décide donc de créer un comité d’experts à travers l’Agence Européenne de la Sécurité Alimentaire (EFSA), avec la mission d’examiner les produits naturels, de créer des catégories de produits et d’établir, sur la base des études scientifiques existantes, ce qui serait désormais permis aux fabricants de dire sur chacun d’eux.

L’enfer est pavé de bonnes intentions

A première vue, cela semble partir d’une bonne intention.

Dans la réalité, c’est une véritable catastrophe pour la santé publique. Cette réglementation a entraîné la disparition de milliers de produits naturels du marché, pour les raisons suivantes :

  • Les études scientifiques à grande échelle n’existent pas.

Les bureaucrates européens sont partis du principe qu’il « suffit » aux fabricants de présenter un dossier de recherche démontrant les vertus thérapeutiques de chaque aliment.

Le problème est que, pour la plupart, aucune recherche n’a été faite avec le nombre de participants et le degré de fiabilité exigés pour être admis par le comité d’experts, habitués à la procédure d’évaluation des médicaments.

Non que ces aliments n’aient pas de vertu thérapeutique. Mais personne n’a les moyens ni le temps de réaliser toutes ces études, parce que n’étant pas brevetables, et les études cliniques coûtant très cher, il est impossible de les rentabiliser.

Ce fut par exemple le cas du pruneau : personne n’ayant réalisé d’étude assez « scientifique » aux yeux des experts sur les effets laxatifs du pruneau, ils décidèrent d’interdire cette allégation.

Des milliers d’aliments furent ainsi privés d’office de la possibilité d’être vendus avec des allégations thérapeutiques pourtant bien établies.

  • La tâche est trop vaste.

Il existe des dizaines de milliers d’aliments naturels, qui se présentent sous des formes différentes. Ainsi l’ail rose n’est pas l’ail blanc, et les espèces européennes d’armoise ne sont pas les espèces chinoises. La plupart des aliments naturels agissent en synergie.

Quand bien même des « études scientifiques » existeraient pour chacun d’entre eux, il serait strictement impossible à un Comité, même travaillant jour et nuit, de les examiner toutes, et plus encore les différentes combinaisons d’aliments.

Il leur faudrait travailler plusieurs siècles pour rendre un avis valable sur chaque produit. Des dizaines de milliers de produits supplémentaires furent donc aussi automatiquement condamnés, faute de temps pour les étudier. Ne restaient en lice que les grands classiques, comme la vitamine D, les oméga-3, etc.

  • Les experts sont incompétents.

Trop sélectionnés pour leurs diplômes en médecine conventionnelle et surtout en « toxicologie », beaucoup sont formés à voir des poisons partout.

Par contre, ils n’ont généralement aucune formation valable en nutrition, cette discipline étant elle-même dans ses balbutiements, avec les tout-récents progrès de la biologie cellulaire.

La plupart de ces médecins, formés à la vieille école scientiste, ont de plus un préjugé contre les produits naturels. Pour eux, médecine rime avec médicaments chimiques, tout le reste n’étant que « remèdes de bonne femme ». Cela joue encore en défaveur de milliers de produits naturels qui sont rayés de la liste.

  • Opacité et conflits d’intérêts :

Les experts sont désignés par l’EFSA dans l’opacité totale (qui ? pourquoi ?) et sans garantie sérieuse de leur indépendance vis-à-vis des lobbys industriels.

La présidente, Diána Bánáti, a été obligée de démissionner en 2012 ayant simplement « oublié » de déclarer son conflit d’intérêt avec le lobby pro-OGM International Life Sciences Institute (ILSI) où elle est retournée travailler.

Une autre démission a fait grand bruit : celle du Commissaire européen en charge de la protection des consommateurs (DG SANCO), M. John Dalli, pris la main dans le pot de miel du lobby du tabac.

Le résultat est que, le 23 mai 2012, après six années d’études, le comité d’expert accoucha péniblement d’une liste de… 222 allégations autorisées, sur 40 000 dossiers.

On évalue de plus à des dizaines de milliers le nombre de produits naturels, et combinaisons de produits naturels, trop peu rentables pour que quiconque se soit donné la peine de constituer un dossier.

Beaucoup sont ainsi tombés dans les oubliettes, éliminés de l’Histoire par la folie réglementariste de quelques experts européens agissant en toute opacité.

Répression aveugle

Pire encore, les allégations autorisées ne permettent même pas d’indiquer aux patients que le produit peut les aider à soigner quoi que soit.

La liste n’autorise que les termes suivants : « contribue à un état normal de… » ou encore « participe à maintenir une fonction normale », et impose des formulations techniques peu claires pour les non-spécialistes.

Par exemple, au lieu de permettre d’écrire « l’huile d’olive est bonne pour le cœur », ou « l’huile d’olive réduit le risque de maladie cardiaque », il faut écrire : « Le remplacement de graisses saturées par des graisses insaturées dans le régime alimentaire contribue au maintien d’une cholestérolémie normale. L’acide oléique est une graisse insaturée. ».

Charge au consommateur d’ouvrir son encyclopédie pour comprendre que l’acide oléique correspond aux acides gras présents dans l’huile d’olive.

Autre exemple, au lieu d’autoriser « la levure de riz rouge fait baisser le taux de cholestérol », les experts ont décidé qu’il faudrait écrire : « La monacoline K de la levure de riz rouge contribue au maintien d’une cholestérolémie normale ».

Les fonctions physiologiques positives reconnues aux compléments alimentaires sont niées.

Enfin, comble de la mauvaise foi, l’Union européenne fixe les doses maximales autorisées en vitamines et minéraux dans les compléments alimentaires à des niveaux dérisoires, ne permettant plus à beaucoup de compléments alimentaires d’avoir d’effet positif sur la santé.

La « logique » des experts est la suivante : si la dose des compléments alimentaires est suffisamment haute pour avoir un effet thérapeutique, ils deviennent par définition des « médicaments », puisqu’ils soignent.

Or, comme il est précisément « interdit de soigner » hors du système médical, ces compléments doivent être interdits. On impose une limite assez basse pour s’assurer qu’ils ne puissent soigner quoi que ce soit.

Effets pervers en cascade

D’autres allégations de santé ont aujourd’hui été autorisées. Mais le tableau général ne change pas. La communication sur les compléments alimentaires est tellement encadrée, étouffée, qu’on assiste à des effets pervers en cascade :

  • Faute de lisibilité sur l’usage des produits, la connaissance des produits naturels par le grand public s’étiole, ainsi que l’habitude d’acheter ces produits. Cela augmente le recours à la médecine conventionnelle et aux médicaments chimiques (ce qui bien sûr, arrange l’industrie) ;
  • De nombreux fabricants artisanaux de produits naturels, privés de débouchés, font faillite, conduisant à une baisse drastique de la diversité des produits disponibles dans le commerce, à une dégradation de la qualité, et à une augmentation des prix liées à la diminution de l’offre disponible.
  • Le risque d’erreur chez les consommateurs et patients, augmente, l’étiquetage de la plupart des produits ne donnant plus aucune information utile sur leur usage. Si des effets indésirables ne sont généralement pas à craindre avec les produits naturels, de nombreuses personnes sont néanmoins privées de la possibilité de prévenir ou de soigner leur maladie, s’étant trompées de produit sans s’en apercevoir, et sans moyen de se détromper.

Somme toute, cette réglementation produit l’effet exactement inverse de ce qui avait été prévu. Loin de protéger le consommateur, elle prive tous les acteurs sérieux du secteur de la possibilité d’informer correctement leurs clients.

Ce qui laisse le champ libre aux escrocs qui, par définition, ne se soucient pas des lois, et ne se privent pas de faire des allégations thérapeutiques farfelues sur leurs produits.

Un réglementation qui tue l’innovation

Mais le plus grave est que cette réglementation provoque une fossilisation générale du système de santé, privé de sa principale source d’innovation.

En effet, le progrès médical n’est pas, et n’a jamais été, organisé par les autorités.

Il est absolument capital que les thérapeutes et les patients puissent essayer toutes sortes de solutions, avant de trouver la bonne, la médecine étant avant tout une science expérimentale.

Car c’est grâce à ces expérimentations qu’a lieu le progrès médical, les vertus de la plupart des produits de santé ayant été découvertes par hasard, souvent par des non-médecins (on pense bien sûr à Pasteur, qui n’était pas médecin, mais aussi aux découvreurs de la pénicilline, de l’aspirine, des rayons X, de l’insuline, de la vitamine C, etc.)

Un exemple concret : si un médecin recommande ou prescrit aujourd’hui de l’acérola, il peut être poursuivi en justice car les autorités considèrent que ce médecin doit utiliser seulement de la vitamine C de la pharmacie qui seul a le statut officiel de médicament. Ceci alors qu’on sait que l’acérola a naturellement exactement les mêmes vertus que la vitamine C de synthèse.

De plus, chaque personne étant différente, il n’existe pas « une bonne solution de manière générale » mais « des solutions » selon le patient, son terrain, son passé familial et son environnement.

Par ailleurs, les espèces vivantes évoluent, et les remèdes d’hier ne sont pas forcément ceux d’aujourd’hui, ni ceux d’aujourd’hui ceux de demain.

Le cas très concret se pose également à la médecine conventionnelle avec les antibiotiques, qui évoluent moins vite que les bactéries qui nous entourent.

Permettre le progrès médical par une indispensable marge de liberté

Pour que le progrès existe, il faut donc laisser tous les acteurs mener les plus diverses expérimentations, le rôle des autorités devant se limiter à définir ce qui est interdit car faisant courir au patient un danger sans aucune proportion avec les bienfaits espérés.

Si, au lieu de dire ce qui est interdit, les autorités se mettent à interdire a priori tout ce qu’elles n’ont pas autorisé, plus aucun progrès n’est possible. Et c’est exactement ce qu’a fait l’Union Européenne, dans le domaine de recherche le plus prometteur du 21e siècle, la micronutrition.

Dans la pratique, les choses se passent de la façon suivante : une personne découvre par hasard que, en buvant une infusion d’écorce de saule blanc, par exemple, ses maux de tête disparaissent.

Cette personne va en parler à ses amis. La pratique va plus ou moins se développer, suivant le succès observé. Mais ce n’est qu’une fois que la réputation du produit s’est solidement ancrée que quelqu’un peut prendre le risque financier d’organiser une grande étude scientifique en double-aveugle contre placebo, qui va valider les effets réels ou non du produit. Mais pour un très grand nombre de produits naturels, qui n’ont vocation qu’à traiter des problèmes de santé rares dans des cas particuliers, ces études scientifiques ne se justifieront jamais financièrement.

Les fonctionnaires européens ne peuvent pas comprendre cette contrainte. Pour eux, la vie est simple. « Pas d’études ? Pas d’autorisation. » Et boum, le problème est évacué, tant pis si leur myopie prive un continent entier de milliers de traitements naturels prometteurs.

A titre d’exemple, il suffit d’écouter M. Fréderic Vincent, porte-parole de la commission Santé au sein de l’Europe concernant la directive des allégations expliquer dans une interview : « L’idée était toute simple : faire le ménage dans les allégations de produits de santé dans l’UE, en effet on a en quelque sorte écrémé. », (« Les compléments alimentaires, une pilule qui passe mal », documentaire de Sylvie Chabas diffusé sur France 5 le 14 avril 2013).

Cet homme a la conscience tranquille parce qu’il a « fait le ménage ». C’est donc sans se poser de question qu’il a condamné les myriades de traitements improbables, se situant certes en « zone grise », mais néanmoins porteurs d’espoir pour certaines personnes, dans certains cas.

Car c’est ainsi que marchent les choses dans la vraie vie, et en particulier en médecine : le problème est justement qu’il n’y a pas toujours une solution toute faite, marchant à tous les coups, standardisable, industrialisable.

Songeons à toutes les maladies chroniques, que la médecine soigne mal. Pour le patient, la guérison ne s’obtient pas en appuyant sur un bouton. Elle est un itinéraire, souvent compliqué, comportant des détours et des surprises, que les médecins eux-mêmes ne comprennent pas toujours. « Ecrémer les traitements », ce qui signifie en réalité « éliminer toutes les pistes qui ne sont pas assez claires » pour les experts de Bruxelles, c’est se priver d’une richesse immense, et priver les patients, peut-être, de la chance de guérir.

Au nom de quoi ? Au nom de rien du tout, si ce n’est la folie réglementaire.

Cet autoritarisme est d’autant plus scandaleux que l’administration avait déjà, de longue date, tous les moyens nécessaires pour poursuivre les escrocs vendeurs de poudres miracles. Car dans le domaine de la santé, comme dans tous les autres domaines, le commerçant n’a absolument pas le droit de dire n’importe quoi sur ce qu’il vend.

Les lois répressives existantes étaient largement suffisantes

S’il le fait, il commet une pratique commerciale trompeuse, prévue par l’art. L 121-1-1 du Code de la Consommation.

Cet article donne une liste de 22 pratiques réputées trompeuses sur l’ensemble du territoire européen, qui comprend notamment « 16. le fait d’affirmer faussement qu’un produit ou une prestation de services est de nature à guérir des maladies, des dysfonctionnements ou des malformations ».

Précisons par ailleurs qu’il s’agit d’un délit sanctionné par une amende pouvant aller jusqu’à 37 500 € et/ou une peine d’emprisonnement de 2 ans.

Bref, il était de toute façon interdit pour un commerçant de vendre une poudre de perlimpinpin en faisant croire à son acheteur qu’elle peut soigner du cancer, des problèmes cardiaques, ou des chagrins d’amour…

Il n’était nul besoin de créer des interdictions supplémentaires.

Ainsi va l’Europe, menée par des ânes. Mais il en va cette fois de notre bien le plus précieux : notre santé. Et c’est pourquoi, tant que je vivrai, je continuerai à écrire noir sur blanc, dans Santé Nature Innovation, toutes les vérités sur les produits de santé naturelle que l’administration a si imprudemment interdits aux fabricants. Car je suis couvert par la liberté d’expression, qui n’a jusqu’à nouvel ordre pas encore été supprimée en Europe.

À votre santé !

Jean-Marc Dupuis

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27 avril 2018

Industrie pharmaceutique : le rapport qui a « vendu la mèche »

Filed under: APPEL à DIFFUSER — denisdonikian @ 1:20
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Cher(e) ami(e) du Naturel,
L’objectif de l’industrie pharmaceutique n’est PAS de guérir les patients – c’est uniquement de faire du PROFIT.
Ceci n’est pas de la « théorie du complot ».
C’est écrit en toutes lettres, dans un rapport terrifiant paru le 10 avril dernier.
Attention : l’auteur du rapport n’est pas « anti-capitaliste », « ultra-écologique » et encore moins un partisan des « médecines naturelles ».
Au contraire, c’est un analyste financier de Goldman Sachs, la banque d’investissement la plus célèbre au monde.

Et ce qu’il explique à ses riches clients est tout simplement terrifiant :

Ils avouent : guérir les patients n’est PAS rentable !
La note commence en posant une terrible question :
« Guérir les patients est-il un business model soutenable ? »
Et savez-vous ce que répondent les banquiers de Goldman Sachs ?
NON ! Guérir les patients n’est pas rentable !
Je n’invente rien – le rapport a été cité en détail par des grands médias américains, comme CNBC[1].
Je cite le rapport :
« Les remèdes qui guérissent immédiatement offrent un profil de rentrées financières récurrentes très différent des thérapies chroniques. (…) Ces remèdes représenteraient un intérêt formidable pour les patients et la société, mais pourraient être un obstacle pour ceux qui cherchent un « cash flow » financier durable ».
Et au cas où ce ne serait pas assez clair, Goldman Sachs prend l’exemple d’un médicament récent contre l’hépatite C, qui guérit la maladie à 90 % :
« Ce médicament est un cas d’école, car il a progressivement réduit le nombre de patients susceptibles de le prendre ».

Si les patients guérissent, ils ne transmettent plus le virus à d’autres personnes… cela veut dire qu’il y aura de moins en moins de malades… et donc de moins en moins de profits pour l’entreprise qui vend ce médicament !

Le vilain petit secret de l’industrie pharmaceutique
Si ce raisonnement vous choque, il est temps de vous réveiller.
Car c’est bien comme ça que notre « système de santé » fonctionne.
Les multinationales de l’industrie pharmaceutique ne sont pas dirigées par des « philanthropes » ou des « bienfaiteurs ».
Ces entreprises sont cotées en bourse et sont possédées par des actionnaires – les riches clients de Goldman Sachs, par exemple.
Or les actionnaires ne demandent qu’une seule chose : la rentabilité financière.
Ils veulent que l’entreprise dont ils possèdent des actions fasse le plus grand profit possible.
Ils se moquent bien de savoir si l’entreprise va « sauver le monde » – ils veulent que leurs actions leur rapporte de l’argent.
Voilà pourquoi Big Pharma fait plus de recherche contre la calvitie que contre le paludisme.
Ce n’est pas moi qui le dit, mais le milliardaire Bill Gates[2] :
« Le capitalisme implique qu’il y aura beaucoup plus de recherche scientifique contre la calvitie que contre des maladies comme le paludisme, qui touche surtout des personnes pauvres. Un remède contre le paludisme est le plus grand besoin d’un point de vue humaniste. Mais la recherche sur ce sujet ne reçoit presque aucun financement. »
De même, Big Pharma investit beaucoup contre l’impuissance sexuelle que contre la sclérose en plaques.
Et financièrement, c’est « justifiée » : la fameuse pilule bleue de Pfizer pour favoriser l’érection a été l’un des médicaments les plus rentables de ces 15 dernières années !
Mais il y a bien pire.

Si vous allez au bout du raisonnement, vous en arrivez à une conclusion encore plus affreuse.

Maintenir les gens malades est plus rentable que de les guérir
D’un strict point de vue financier, l’idéal pour Big Pharma, ce sont des traitements qui :
    • Sont brevetables (ce qui exclut les remèdes naturels) ;

 

    • Doivent être pris tous les jours, idéalement toute la vie ;

 

  • Et bien sûr, ne guérissent pas la maladie !

 

Comme par hasard, c’est le cas des médicaments chimiques :
    • Qui réduisent la tension artérielle ;

 

    • Qui régulent le diabète ;

 

    • Qui abaissent le cholestérol ;

 

    • Qui soulagent les douleurs articulaires ;

 

  • Etc., etc.

 

Vous voyez le problème ?
Pour chacune de ces maladies, il existe des protocoles 100 % naturels qui guérissent en profondeur.
Par exemple, contre le diabète que l’on dit « incurable », un régime alimentaire spécifique permet de se débarrasser de la maladie.
Ce sont des chercheurs de l’Université de Newcastle qui en ont apporté la preuve, publiée dans une des revues médicales les plus prestigieuses au monde[3].
Les patients qui suivent ce régime n’ont plus le diabète… et n’ont plus besoin de médicament !

Et c’est bien sûr une catastrophe financière pour Big Pharma et ses actionnaires !

Vive la recherche médicale non privée !
La morale de cette histoire, c’est que nous avons besoin de recherche scientifique désintéressée !
Nous ne pouvons pas compter uniquement sur Big Pharma pour notre santé !
Il faut impérativement que la recherche médicale soit aussi financée par des organismes publics et des fondations d’utilité publique.
Heureusement, cela commence à être le cas, à travers le monde.
En deux clics, depuis n’importe quel ordinateur, vous et moi avons désormais accès :
    • Aux récentes études d’universitaires chinois prouvant l’intérêt d’une plante locale, l’uperzine A, contre Alzheimer ;

 

    • A l’accumulation d’études financées par l’Etat indien prouvant les bienfaits du hatha yoga (le trésor national), notamment en accompagnement du cancer ;

 

  • Ou encore aux études brésiliennes sur les bienfaits de la propolis verte – un antibiotique naturel étonnant !
Donc ne nous décourageons pas !
Big Pharma est encore très puissant… mais la science désintéressée, la vraie, est en train de gagner du terrain !
Votre dévoué,
Guillaume Chopin
Association Santé Naturelle

Sources

[1] https://www.cnbc.com/2018/04/11/goldman-asks-is-curing-patients-a-sustainable-business-model.html

[2] http://blogs.sciencemag.org/pipeline/archives/2013/03/14/does_baldness_get_more_funding_than_malaria

[3] https://www.lanutrition.fr/medecins-et-patients-ignorent-trop-souvent-quon-peut-guerir-du-diabete?IDCONTACT_MID=a64b45545c35200d7472764e0

Association Internationale pour une Santé Naturelle, Scientifique et Humaniste (AISNSH)
Case postale – 1211 Genève 3 – Suisse

 

27 août 2014

Juifs et Arméniens

Filed under: CHRONIQUES à CONTRE-CHANT,Denis Donikian m'agace — denisdonikian @ 1:54
  • grrr
  • Garbis, tu connais la mauvaise nouvelle ? Toros a la maladie d’Alzheimer. Il oublie tout.
  • Il oublie tout, hein ? Eh bien cours lui dire qu’il n’oublie pas d’être arménien !
  • Je le lui dirai. Mais avant dis-moi si tu connais la différence entre un Juif et un Arménien ?
  • Non.
  • C’est que le Juif quand il émigre en Israël, il est accueilli à l’aéroport avec des chants et des bouquets de fleurs par des dizaines de frères déjà citoyens d’Israël. Pour l’Arménien, c’est l’inverse.
  • L’inverse ? Comment ça l’inverse ?
  • Oui, l’Arménien, lui, il quitte l’Arménie, il est seul à chanter de bonheur et il est accueilli dans la diaspora par des dizaines de frères déjà citoyens du pays, mais plus arméniens que lui puisqu’ils n’ont qu’une idée, c’est de dénoncer aux autorités les histoires fausses qu’il raconte sur l’Arménie  pour obtenir l’asile politique. Et même qu’il se trouve une maladie pour être opéré à l’oeil. C’est toujours ça.
  • Et quelle maladie ?
  • La maladie d’être arménien, pardi !
  • Et il y en a d’autres de différences ?
  • Oui, les Arméniens et les Juifs sont deux peuples qui ont subi un génocide.
  • Mais ce n’est pas une différence ça !
  • Pas une différence ? Pour les Juifs, la vie d’un Juif est tellement précieuse qu’un seul soldat peut être échangé par plus de mille prisonniers ennemis.
  • Et pour les Arméniens ?
  • Pour les Arméniens, c’est l’inverse.
  • Comment ça l’inverse .
  • Oui, car la vie du soldat arménien est tellement précieuse que ce sont les soldats arméniens qui le tuent. Mais heureusement ça commence à changer.
  • C’est tout ?
  • En Arménie, on autorise les ponts les plus hauts à aider les gens à se suicider comme il y a une époque où on faisait de la publicité des cigarettes pour aider les gens à attraper le cancer. Fumer ça peut rapporter gros. Le cancer aussi d’ailleurs. Mais heureusement ça commence à changer. Maintenant on envoie les cigarettes à l’étranger. En revanche, ce qui n’a pas changé, c’est que la vie d’un Arménien est tellement précieuse que les uns font du business pour que prospère la misère des autres.
  • Mais c’est comme ça partout dans le monde ! Alors pourquoi pas nous ?
  • Sauf que chez nous au moins on sait tenir sa dignité.
  • C’est vrai. On garde ça pour nous. C’est notre jardin secret.
  • Si c’est ça le jardin arménien, ça être arménien, je préfère être papou avec un tube sur le pénis et des plumes dans le cul.
  • Impossible, quand on est arménien on l’est à vie. Ou si tu veux, on l’est à la vie à la mort. Et ça c’est arménien. Faudrait pas l’oublier. Alzheimer pou pas.

9 octobre 2011

Aznavour se rebiffe. Moi aussi…

Depuis que l’Arménie existe, la diaspora semble n’avoir d’autre voix pour se faire entendre que celle de son chanteur patenté. Comme c’est une voix fameuse, chaude, réussie donc, qui se produit tantôt sur scène, tantôt sur les plateaux de la télévision ou sur les radios, grâce à elle cette diaspora s’écouterait parler sur des tribunes où elle n’a pas accès. Quand cette voix parle, la diaspora parle. Quand cette voix se tait, elle se tait. Les autres sont si petites que même en haussant le ton, même en s’accompagnant de chants révolutionnaires au rythme des tambours, même en étant portées par des masses indignées de marcheurs, elles n’arrivent pas à entrer aussi profond dans les oreilles des grands que celle-là, la voix de Charles Aznavour.

Loin de moi l’idée de jeter la pierre sur celui qui est notre honneur depuis qu’il s’occupe des affaires arméniennes plus ouvertement que jamais. Peu importe ici que j’aime ou n’aime pas le chansonnier ou le personnage. Il faut reconnaître que son engagement envers le peuple arménien reste et restera admirable, inconditionnel, efficace sur toute la ligne.  En effet, pour réussir aussi bien et aussi longtemps, alors que les détracteurs n’ont jamais cessé de ricaner contre lui, il faut savoir aller à l’essentiel et mouiller sa chemise. Aznavour aura montré ce qu’un petit peuple comme le peuple arménien est capable de donner au monde. Or des Aznavour, dans tous les domaines de l’art, de la science et autres, le peuple arménien en a beaucoup. Mais aucun n’a une voix qui porte au-delà des frontières, là où elle veut.

Mais voici qu’après vingt années d’Arménie indépendante et quatre-vingt seize ans de négationnisme turc, Aznavour se rebiffe. Il aura tout essayé pourtant. Mais son Arménie perd ses hommes et la Turquie lui fait perdre patience. Et en chanteur efficace, Aznavour change de stratégie. Et la diaspora tourne avec lui. Ou presque.

Si le mot génocide gêne les Turcs pour reconnaître 1915, employons un autre mot, qu’il fait. Cela ne veut absolument pas dire qu’Aznavour tourne sa veste, et se fait négationniste pour convertir les négationnistes turcs à la vérité historique. Non. Aznavour fait un pas vers le gouvernement turc, afin que les Turcs fassent un pas vers les Arméniens. Seulement, faire un pas vers les Turcs, les Arméniens connaissent. L’excès de confiance a conduit les Arméniens à la mort. A ce stade, cette alerte qui est en chaque Arménien vibre, sonne, se rebiffe. D’autant que des Turcs eux-mêmes, avertis, connaisseurs, droitsdelhommistes admettent qu’il y a eu génocide, à savoir une intention d’effacement par le massacre. Nul n’a le droit d’écraser un fait historique considérable à des fins d’euphémisation tout aussi considérables. La voix d’Aznavour n’est pas la voix de l’histoire. Et on ne peut rien contre l’histoire. Chassez-la aujourd’hui, elle se réveillera demain plus forte, plus outragée, plus dangereuse….

L’autre sujet d’impatience de Charles Aznavour est provoqué par la maffiaïsation qui sévit en Arménie. Une gangrène qui conduit les hommes à fuir le pays au risque d’un affaiblissement de plus en plus critique de la population.  Mais Charles Aznavour serait-il assez naïf pour croire que la maffia arménienne agirait comme un corps constitué indépendamment des politiques ? De ces politiques auxquels il n’accorderait plus aucun crédit, si l’on s’en tient à une de ses confidences, donc tant pour leurs promesses trahies dans la défense de la cause arménienne que pour la paupérisation des Arméniens en Arménie même. Est-ce à dire que cette récente interview donnée à Nouvelles d’Arménie Magazine sonne la fin du sommeil dogmatique d’Aznavour ? Est-ce à dire qu’il aura été baladé par les différents présidents arméniens, habiles à tirer profit de sa notoriété sans rien céder de leurs intérêts propres ? Dix années durant, Aznavour aura fréquenté le président Kotcharian dans l’intention d’être utile à son pays. Durant ses mandats, Kotcharian aura gagné cinq milliards de dollars rien qu’en violant ses pauvres. Aznavour le pragmatique, le lucide, l’efficace Aznavour, le compassionnel Aznavour a fréquenté pendant dix années le fossoyeur des Arméniens sans discontinuer, comme ça, à l’aveugle, pour «  être utile à son pays ». Que n’a-t-il coupé les ponts avec ce Kotcharian quand ses sbires ont assassiné Poghos Poghossian au restaurant Paplavok ? Que n’a-t-il forcé  le même Kotcharian à infléchir sa politique intérieure vers plus de social tandis qu’il déposait des aides européennes sur sa table ? Ne pouvait-il mettre sa voix dans la balance pour faire la morale à un président qui était plutôt enclin à l’instrumentaliser qu’à écouter ses doléances ? Dix années au service de l’Arménie qui n’ont servi à rien. Dix années de flatteries mutuelles, de courbettes, qui ont fait de la voix d’Aznavour une voix sans issue dans les changements nécessaires au pays. Dix années à s’acoquiner avec des politiques favorisant l’enrichissement des uns aux dépens du plus grand nombre par des moyens plus que douteux. C’est que maintenant, monsieur Aznavour, vous serez dans l’histoire celui qui par son silence, par ses fréquentations et par ses choix aura contribué à fragiliser l’Arménie. Car tout artiste qui se respecte ne serre pas la main sale d’un politicien sale. Et vous l’avez fait. Et en le faisant vous avez sali davantage ceux qui en Arménie ont faim et ont froid, faim de démocratie et froid de désespoir.

Qui plus est,  aujourd’hui  vous en remettez une couche en choisissant le côté du fléau Sarkissian. Aujourd’hui, tout en étant le représentant de l’Arménie en Suisse, votre voix se fait entendre pour dénoncer les dérives de la politique actuelle (maffia, émigration) tandis que la voix de la rue en Arménie gronde depuis plusieurs années pour les mêmes raisons. Pendant ces années, vous n’avez pas levé le petit doigt en faveur des indignés d’Arménie. Au contraire, vous avez accompagné, de près ou de loin, par votre engagement, votre silence ou votre sens de la réserve, ceux qui les ont matraqués, ceux qui ont frappé leur voix d’interdit. Et maintenant, voilà que vous y venez. Je veux bien croire que c’est pour une Arménie idéale que vous avez chanté devant le président arménien et le président français. Vingt ans, ça se fête ! Et vous avez raison de voir le verre à demi plein de l’Arménie indépendante plutôt que le même verre à demi vide d’une Arménie au bord du gouffre. Mais c’est ce même vide qui aujourd’hui vous indigne, vous fait peur, vous fait pousser des cris d’orfraie. Car ce vide, c’est la désespérance généralisée des Arméniens dont vous avez fêté en grandes pompes vingt années d’une existence libre. Mais quelle liberté quand ils étouffent et qu’ils doivent fuir le pays pour survivre !

Vingt années… Vingt années qui auraient pu faire de l’Arménie une Suisse du Caucase…

On peut toujours chanter.

13 septembre 2009

Les jupes fendues

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Toutes, je dis bien toutes. Sauf les vraiment grasses, les vraiment mariées et les pantalonnées de la hanche aux chevilles, de jour comme de nuit. Mais toutes les bachelettes qui ont de la jambe à faire valoir font remonter le spectacle jusqu’à la mi-cuisse par un jeu de rideau rythmé sur leur démarche. La beauté  de la ville tient tout entière sur ces jambes-là. Elles vous fouettent le regard et vous montent le sang. Sans elles, la capitale serait moins capiteuse. Elles lui donnent du chien. L’avenue Abovian, minable au demeurant, minaude en diable avec ces mignonnettes qui poussent du genou à qui mieux mieux. Toutes ces filles bien montées sur leurs jarrets font croire enfin à un avenir éclatant. Sur elles reposent les crédos les plus utopiques. On se dit, tant qu’elles seront là, à casser de leurs rires les couplets sur la vie perdue, les bouderies ne seront pas de mise. Tant qu’elles seront là avec leurs gambes à couper aux ciseaux la crasse atrocité de l’atmosphère, les grassieux de la politique qui ont des passions d’embaumeurs ne feront pas le poids auprès d’elles. Toujours il faudra compter sur les femmes. Sitôt qu’on les étrangle, elles vous ont des démangeaisons qui finissent par hurler. Et c’est souvent du parfait amour qu’elles mettent en jeu.   Place de l’Opéra, j’ai vu des femmes sous des toiles de tente faire la grève de la faim. Même lieu, une mère traiter de « jeepisé » un député corrompu. Même endroit, Anna, frêle, malgré son âge et ses poumons enfumés par dix mille cigarettes, brailler sans pouvoir contenir sa colère. Une autre dire à la télévision, messieurs les riches, messieurs les nantis, la fortune vous a bénis, à votre tour de donner, donnez dix dollars par mois à un pauvre et il survivra… En vérité, je vous le dis, les femmes sont l’humanité de ce pays-là. Elles seront l’humanité du monde.

Nos montreuses de cuisses, avant-scène de leurs fesses, déambulent en jouant de tous leurs ressorts. Et c’est vrai qu’elles vous laissent un arrière-goût d’ambiguïté. L’homme ne sait plus où il se trouve. Podium de haute couture ou trottoirs le long des bordels ! Son esprit se faufile et son corps se durcit chaudement au milieu de tout ce manège esthémantique.  Ailleurs, la diversité costumière des femmes, moins sexualisée, ne vous fait pas tourner la tête. D’une manière générale, les rues françaises vous lassent le cœur tellement c’est plat le spectacle humain des allants et venants. Pas de grâce, ni d’enchantement qui vous mette l’œil en érection. Qu’une élégante, mais atournée comme une diablesse, surgisse brusquement devant vous, c’est assez pour vous griser le regard. La belle bizarrerie suffit à déclencher dans l’esprit mille éclatements de suavité. Or là…

Les filles s’habillent pour appéter le chaland. C’est du message pointé que cette chair extrême exposée dans l’échancrure de la jupe. Messieurs et messieurs, vous êtes ici au dernier étage avant le septième ciel, veuillez faire la queue s’il vous plaît ! Du genre panneau indicateur en forme de flèche. Regarde par là, mon coco ! C’est pas de la bonne marchandise, ça ? Comme l’ào’dàï en soie des vietnamiennes, qui met à nu leur faux-du-corps juvénile et magnifique. Assez pour érotiser la faim d’exotisme propre à tout étranger de passage. Les filles haïes savent bien ce que leur savante vénusté libère dans l’esprit des puceaux ou des testicules impétueux. Elles savent la machinerie éroticonirique des hommes. Lesquels, en ces temps de grande débandade, ne courent pas les rues. Les femelles pullulent, mais les mâles régressent. C’est statistique. La rue est devenue un champ de course. Une lutte à chair ouverte. C’est à qui attrapera le pompon. Poussées par leur biologie, bousculées par les conditions économiques, les malheureuses font les cocottes, frôlent le vice, pimentent leur apparence en se panadant des arrières. Mais tant qu’elles pourront tenir, les jocondes se garderont bien de jouer les pouffiasses. Ça non !  Pourtant, la partie peut être vite perdue. On a traîné, tandis que d’autres ont pris les devants. À vingt-cinq ans, on se ronge les ongles, on se tord les doigts. Le temps de saisir le gros lot s’est échappé. À trente ans, on se vend sur Internet. D’autres ont déjà fendu leur jupe bien plus haut qu’elle n’était au pays. Elles n’ont plus la tête à attendre, elles sont sous le pilon de l’existence, elles jouent les coopératives en territoire turc, et leur corps boudiné se dandine, sur des trottoirs faits pour ça.

*

Extrait de Un Nôtre Pays, trois voyages en troisième Arménie.

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