Ecrittératures

18 juin 2019

L’esprit du corps féminin

Filed under: APHORISMES,Uncategorized — denisdonikian @ 4:24

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Comme Rachel s’est fait un pubis à papillotes, quand Moshé lui fait l’amour, il se fait l’amour à lui-même.

15 juin 2019

Sauver la vie et autres choses (58)

Filed under: APHORISMES,SAUVER LA VIE ET AUTRES CHOSES,Uncategorized — denisdonikian @ 7:20

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Toute femme est à barbe, comme tout épi de maïs.

14 juin 2019

NOTES SUR L’EXIL

Filed under: ARTICLES — denisdonikian @ 5:45

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( Texte datant probablement d’avant 2003)

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1 – Arménien d’origine, né en France, je me situe dans cet entre-deux culturel. D’un point de vue biographique, j’ai fait constamment des va et  vient entre mes deux cultures, par mes études et mes voyages. Sans jamais réussir à faire le pas pour être pleinement dans l’une ou totalement dans  l’autre. En tant qu’artiste, cela ne m’a pas toujours aidé. En France, pays cartésien, on n’aime guère le genre hybride. Or, c’est ce que j’affectionne le plus en littérature, mais aussi dans l’art des autres, le genre hybride. Ni tout à fait récit, ni tout à fait poésie, ni tout à fait journal, ni tout à fait livre d’art, etc. Je crois que nous allons de plus en plus vers un art ouvertement métissé, (ce que j’appelle un bris-collage, dans une sens noble de ce néologisme).

Mais quel est mon rapport à l’exil ? En tant que personne, c’est une histoire assez loufoque. Mes parents étaient directement issus du génocide de 1915. Et  pour ma part, je suis né en France. Vivant en France, comment me sentir exilé, me direz-vous ? Or, justement. Je reste un  enfant du génocide dans la mesure où mes parents m’ont élevé sans le vouloir, c’est-à-dire avec leurs mots, leur mémoire, leur difficulté à s’adapter à un étrange pays, etc. dans le sentiment de l’exil. C’est donc ça, j’ai un sentiment d’exil sans pour autant être exilé puisque je sais que je ne me sentirais ailleurs jamais aussi bien que je le suis en France et qu’en France je rêve d’un autre pays, d’un pays qui soit nôtre, à nous, une Arménie pour Arméniens. Je vis donc constamment avec comme fond de ma conscience ce que le poète Vahé Godel appelle un arrière-pays. Et beaucoup de jeunes compatriotes, plus jeunes que  moi, vivent ainsi. En France, mais préoccupé par un pays où ils ne vivront  probablement jamais, l’Arménie. (Et mon histoire est d’autant plus compliquée que le pays de mes parents n’a rien à voir avec l’Arménie actuelle, située bien plus à l’Est et dont ils n’avaient pas idée). Mon impression d’exil est donc d’éducation. La seule réalité de cet exil, c’est qu’il s’agit d’un exil  hérité.

2 – Être exilé, c’est être ex-quelqu’un, venu de quelque part à la suite d’une violence. C’est être sorti de son île pour devenir un il quelconque, jamais  plus soi-même, c’est-à-dire plus jamais un être accordé à une terre.

L’arrachement fait l’exilé. L’exilé sera désormais un ex-ceci, un ex-cela.
Qu’il le veuille ou non, l’exilé affiche son origine, c’est-à-dire une façon d’être ici et ailleurs. Pour moi, il m’est impossible de me présenter comme Français à part entière, car ce serait mal dire la chose, ni Arménien pour les  mêmes raisons. Mais Français d’origine arménienne. En d’autres termes, je suis  toujours d’origine, condamné à être d’origine. Ainsi, l’exilé est la preuve  vivante que le monde va mal, qu’il est injuste. Il nous fait lire l’état du  monde tel qu’il est. C’est-à-dire la condition même de l’homme. Il rappelle à  l’autochtone que l’exil menace son propre confort. Mais aussi qu’on peut être  un exilé de l’intérieur par rapport à une norme, un consensus, une opinion  commune, l’idéologie dominante, l’ethnie dominatrice. Le chômeur, le handicapé physique ou mental, l’opprimé, l’opposant politique sont autant d’exilés.

Pour en revenir au génocide subi par les Arméniens, le sentiment d’exil se décline aussi bien côté bourreau que côté victime. Le négationnisme est une forme de perpétuation de l’exilé par un exilant.

L’exilé ne peut entrer dans la communauté des hommes tant qu’il sera rejeté par une partie de cette  communauté, une communauté étant de fait la mise en commun de valeurs humanistes. Mais l’exilant, le bourreau, lui aussi s’exile de cette communauté dans la mesure où il récuse le pacte de respect mutuel. Aujourd’hui, les Turcs et les Arméniens, les bourreaux et les innocents, se trouvent inclus dans cette dialectique infernale. L’enjeu, ce sera justement l’entrée de la Turquie dans l’Europe. Laquelle Turquie ne veut pas faire le pas d’une reconnaissance de sa mémoire comme l’a fait l’Allemagne.

3 – Par ailleurs être exilé, n’est pas un état, c’est un acte qui n’en finit pas. L’exilé est toujours en situation d’exil, c’est-à-dire en suspens entre deux mondes : le monde qui a été (familier) et le monde qui est en train de devenir (familier). C’est d’autant plus vrai que la langue de l’exilé est aussi bien une langue perdue, qui est derrière, qu’une langue qui reste à acquérir et qui est devant. Encore cet entre-deux. En fait, l’exilé est désintégré en permanence, et quoi qu’il fasse. Il cherche à recoller les morceaux de sa mémoire pour en faire un avenir. Là où il est, il n’est jamais totalement. Il est parti d’un pays qui l’a refusé (le pays natal) pour ne jamais être en adéquation absolue avec le pays qui l’a accueilli (le pays fatal).

4 – Au passage, le poète, quant à lui, est exilé dans et par la langue. La vraie poésie est au-delà de la poésie (Bataille). C’est la langue qui le lui dit. Il est dans la nostalgie de la langue et chemine vers une perfection de la langue, c’est-à-dire une adéquation parfaite de la langue avec les choses. (Tout le mal de la poésie, ou le malheur du poète, réside dans cette perte, en ce sens qu’elle définit la poésie même. Sans la perte, la poésie n’aurait pas lieu d’être). Plus précisément, la langue est son chemin entre ce que la langue dit de l’éden perdu et d’une adéquation parfaite de soi avec elle. Il est donc exilé, c’est-à-dire en suspens, mais un suspens actif et désespéré.

De fait, toute écriture se situe dans un entre-deux comme l’exilé entre deux langues et deux pays. La métaphore, en ce sens, désigne à celui qui l’invente un autre monde où il n’est pas. Les expériences symbolistes ou surréalistes ont eu l’intuition de ce quelque chose qui est en avant de la langue. Dans la métaphore, on s’étonne de ce que la langue utilise une voie/voix rationnellement fausse pour nous faire atteindre quelque chose à quoi nous adhérons comme vraie. Le poète, c’est un exilé de l’avenir.

La poésie comme absolu du langage invite au dépouillement total, elle invite au dépouillement de sa part d’histoire pour qu’il retrouve son temps intérieur profond. Et ce n’est jamais gagné.

5 – Mais l’exil peut être une chance pour l’humanisation des cultures. Une chance pour la culture d’accueil autant que pour la culture de l’exilé.

D’abord, elle oblige cette culture au dépassement d’elle-même en donnant du sens à sa propre humanité. Que vaudrait une culture qui ne serait pas « humaine » ? Ensuite, la porosité des cultures va créer des passerelles, des expériences de mariages, qui sont des épreuves de vie. Les cultures comme les hommes sont voués au métissage. (« L’avenir est au métissage » disait Léopold  Sédar Sengor). Les plus égocentrées des cultures ne pourront nier longtemps les apports culturels de l’histoire. Les plus ethnocentrés des hommes baignent déjà dans l’évidence de l’interaction des cultures. Quoi qu’ils disent et aujourd’hui plus que jamais. En art, c’est tout autant un fait qu’un mode d’évolution. Que vaudrait Picasso sans l’art nègre ? Van Gogh ou Monet sans les estampes japonaises ? Mais au sein même d’un art, c’est le métissage des techniques qui permet le renouvellement de notre vision du monde. L’art ne cherche qu’à pousser ses tentacules dans toutes les directions. Mieux, nous dirons que tout genre littéraire, par exemple, qui joue avec le métissage permet d’échapper à l’uniformité. On a beau dire de La recherche du temps perdu que c’est un roman, on sait bien que dans ce « roman », il y a du mémorialiste puisque Proust était un lecteur assidu de Saint-Simon, mais également un essayiste à la manière de Montaigne, sans oublier qu’il sut  exploiter à merveille l’intuition de Chateaubriand sur la mémoire. On a donc affaire à un art hybride, mais équilibré et dominé par la facture romanesque.

6 – « Aime, et fais ce que tu veux » disait Saint Augustin. Il faut aimer l’amour donc. La résolution des contraires est dans ce pacte avec le monde tel qu’il est. Je suis un être en suspens. Un être en attente. Or, l’attente est attention. Il n’y a pas mieux que l’exil, en attendant qu’il y ait mieux que l’exil.

Denis Donikian

13 juin 2019

PAYSAGES/VISAGES d’ARMÉNIE

Filed under: LIVRES — denisdonikian @ 4:40

Album inédit. Textes de Denis Donikian

Photographies d’Alain Barsamian

 

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Il est de ces pays qui imprègnent les hommes. Où les visages sont les enfants des paysages, comme si la géologie du territoire passait dans la morphologie de ses habitants. Telle est l’Arménie dans ses rapports avec les Arméniens. Et tels sont les Arméniens dans leur communion avec l’Arménie. L’âpre beauté des lieux se lit dans la dureté et le pétillant des regards baignant chaque jour dans les extravagances sublimes du sol et l’adversité du climat.

Mais ce n’est pas seulement la terre qui se lit sur les hommes. Il y a aussi le temps politique. Les voyages d’Alain Barsamian avec son fils Jean-Bernard, en mai 2011, se déroulent dans un pays en proie aux dérélictions provoquées par les régimes humiliants de Robert Kotcharian et Serge Sarkissian. Il faut penser ces visages et ces paysages que nous offrent leurs photographies à l’aune d’une époque marquée par le mépris démocratique. Quand la pauvreté, la guerre, la stagnation économique, l’exil et la corruption sévissaient comme des lois générales. Tout un système qui a fait mourir la terre et souffrir les hommes obligés à la résignation et à la mélancolie. Ce parcours photographique d’un père avec son fils a valeur de diagnostic visuel. Il restera comme un document tandis que la mutation initiée par la révolution de velours manière Pashinyan propulse aujourd’hui l’Arménie vers la volonté de conquérir les voies de la démocratie et du bonheur. Mais il fallait les dire ces scléroses d’une politique erronée pour que la nouvelle mentalité prenne avec elles ses distances doucement et résolument.

Denis Donikian

 

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Sauver la vie et autres choses (57)

Filed under: SAUVER LA VIE ET AUTRES CHOSES — denisdonikian @ 4:13

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Le jeûne rajeunit, la boulimie démolit.

7 juin 2019

Sauver la vie et autres choses (56)

Filed under: APHORISMES,SAUVER LA VIE ET AUTRES CHOSES — denisdonikian @ 6:16

Ron Mueck, Sans titre (Big man), 2000.

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Tu combattras un à un les symptômes de la vieillesse jusqu’au jour où ils finiront par te submerger

2 juin 2019

Sauver la vie et autres choses (55)

Filed under: APHORISMES,SAUVER LA VIE ET AUTRES CHOSES — denisdonikian @ 4:27

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Dans son immense orgueil, l’homme soutient qu’il a été créé à l’image de Dieu. C’est vrai qu’il y a du Dieu dans Hitler. Et même en Monsanto qui ne pense qu’à empoisonner son prochain pour emmagasiner plus de fric. Et même en moi qui serait prêt à tuer mon frère pour apaiser mes faims.

1 juin 2019

Intellectuels de mes deux…

Filed under: CHRONIQUES à CONTRE-CHANT — denisdonikian @ 6:53

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Honte aux intellectuels arméniens qui n’ont pas défendu quand il le fallait les voix humiliées de l’Arménie.

31 mai 2019

Sauver la vie et autres choses (54)

Filed under: APHORISMES,SAUVER LA VIE ET AUTRES CHOSES — denisdonikian @ 6:44

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Henri Cartier-Bresson

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Faire la queue, c’est la coller au cul d’un autre qui colle la sienne au cul d’un autre et ainsi de suite.

27 mai 2019

ODE GRACIEUSE POUR ANGES MAUVES, SŒURS COLLATIONNISTES et MACHINES DIALYTIQUES

Filed under: PROSE POESIE — denisdonikian @ 4:24

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Heureux le dialysé du centre de Draveil,

Servi d’anges gardiens vêtus couleur de vin

Qu’on les dirait portés sur la dive bouteille

Tant de les voir ainsi l’œil maladif se teint

Entre le rouge sang et le rose vermeil,

Oui, bénis d’être vifs au cœur de nos détresses,

Ils offrent leur patience aux patients impatients

Et leur piquent le bras ainsi qu’une caresse

Pour leur donner à vivre encore un bout de temps.

Béni soit leur sourire au cœur de nos calvaires,

Adoucissant le mal qui nous ronge le fion,

Béni leur dévouement, béni le camembert,

Qui manquera toujours à notre collation.

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Dehors les arbres grands veillent sur nous couchés

Et nos sangs soutirés sont rendus lessivés.

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Heureux le dialysé qui aura vu Estelle

Au sortir d’une nuit en habit de donzelle,

Échancré de partout, la jambe en bas résille

Et le dos large ouvert en furieux sex-appeal.

Heureux le malheureux cloué à sa machine,

Qui aura vu Estelle à jouer les ondines,

Dans son corps endormi cherchant l’hémoglobine

Et lui palper le bras avec des gants stériles.

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Dehors les arbres grands veillent sur nous couchés

Et nos sangs soutirés sont rendus lessivés.

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Béni l’ange Chloé, Vénus des Amériques,

Qui porte sur les bras des mots énigmatiques,

Slogan de bel amour ou bien dazibao,

Toujours prenant le bas pour le mettre plus haut,

Toujours calmant les peurs de celui qui panique.

Madone des noyés, des salis et salauds,

Au sourire apaisant et qui de son œil bleu

Apporte à nos hivers la chaleur de son feu.

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Dehors les arbres grands veillent sur nous couchés

Et nos sangs soutirés sont rendus lessivés.

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Heureux qui se confie aux mains de Fatima.

Celui qui rentre lourd devient miraculé,

Car son sang déréglé par des hauts et des bas,

Passé à la machine en ressort nettoyé

Et se met à chanter des salve regina.

Mère à tous et de qui se gratouille et qui tousse,

Et si fort de café qu’en boire un sur le pouce

Vous fait danser le cœur comme en un gymkhana.

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Dehors les arbres grands veillent sur nous couchés

Et nos sangs soutirés sont rendus lessivés.

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Voyageuse Kama qui fait chez nous escale

Pour nous donner à vivre un peu de ses voyages,

Nous les cloués du pal, condamnés aux aiguilles,

Nous avons dans nos yeux tant de beaux lieux qui brillent,

Pays hors de portée autant que des étoiles,

Nous les encalminés sur les bords du naufrage,

Dont la vie serait fade, assise en un coma,

Si ange du secours n’était notre Kama.

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Dehors les arbres grands veillent sur nous couchés

Et nos sangs soutirés sont rendus lessivés.

Béni soit-il aussi l’ange musculator,

Samuel aux gros bras habitué des masses,

Tatoué comme un zèbre en la moindre surface,

Qui vous pique le gras en finesse et douceur.

Bénis également ces anges de passage,

Stéphanie avec nous pour son apprentissage,

Attentive à bien faire et à nous dorloter

Pour nous garder au monde en meilleure santé.

Béni l’ange Rénathe, amoureuse du rose,

Dentelles sur ébène à nous mettre en émoi,

Furtive apparition qui ne pèse ou qui pose,

Et son rire éclatant à vous donner des joies.

Et je n’oublierai pas la DS Anissa

Qui vient quand on l’appelle apporter son sourire

Aux dialysés flapis vivant couci-couça

Qui sortent requinqués d’avoir frôlé le pire.

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Dehors les arbres grands veillent sur nous couchés

Et nos sangs soutirés sont rendus lessivés.

Heureux le dialysé qui sort de son sommeil

Et trouve devant lui des biscuits et de l’eau.

Tant de petits bonheurs et de petits cadeaux,

Qui lui tombent du ciel ainsi que des merveilles.

Car tantôt Fatima ou tantôt Saadia

Anges des petits soins et de grande attention

Aux patients dont la vie est à hue et à dia,

Apportent chaque jour l’heureuse collation,

Et sont vues pour cela comme des cendrillons.

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Dehors les arbres grands veillent sur nous couchés

Et nos sangs soutirés sont rendus lessivés.

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Merci à l’inventeur des robots dialytiques,

Grâce à lui notre temps de vie est prolongé,

Même si nous avons des airs mélancoliques

De savoir que demain tout peut être changé.

Et merci au grand parc ouvert comme un écran

Où les arbres géants jouent les quatre saisons

Sous nos yeux attentifs à leur haute leçon

Qui est d’être debout quand le corps nous descend.

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Dehors les arbres grands veillent sur nous couchés

Et nos sangs soutirés sont rendus lessivés.

 

Et qui donc dans tout ça veille à bleuir nos ciels,

Si présent par l’absence et dieu à temps partiel,

Le seigneur du néphron, soigneur des souffreteux,

Apportant l’évangile au cours de ses passages,

A chaque déglingué enfermé dans sa cage,

Dont chaque apparition touche au miraculeux,

Et qui transforme en miel le malheur dialytique

Pour remettre debout nos corps paralytiques ?

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Dehors les arbres grands veillent sur nous couchés

Et nos sangs soutirés sont rendus lessivés.

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26 mai 2019

Sauver la vie et autres choses (53)

Filed under: APHORISMES,SAUVER LA VIE ET AUTRES CHOSES — denisdonikian @ 12:44

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Guerre des hommes contre les hommes et guerre des hommes contre le monde vivant.

22 mai 2019

Sauver la vie et autres choses (52)

Filed under: APHORISMES,SAUVER LA VIE ET AUTRES CHOSES — denisdonikian @ 5:28

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L’homme est coup d’essai, la femme un coup de maître.

20 mai 2019

Pashinyan : un faux pas

Filed under: ARTICLES,CHRONIQUES à CONTRE-CHANT — denisdonikian @ 6:41

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Pour le moins, c’est la stupéfaction. Vus de l’étranger, les événements qui agitent l’Arménie ces dernières 24 heures constituent une vraie déception. Celui qui prônait une révolution en douceur en appelle à une certaine radicalisation par le peuple, c’est-à-dire en jetant la foule des affidés contre un système judiciaire qui tarde à adopter la nouvelle mentalité . Jusque-là nous avons cru que la séparation des pouvoirs serait respectée comme le veut toute bonne démocratie. Mais voilà que l’exécutif se mêle de ce qui ne le regarde pas.

Le déclenchement de cet acte anticonstitutionnel, disons plutôt anti démocratique, a été provoqué par la libération de Robert Kotcharian, qui bénéficie en l’occurrence des cautions des deux présidents de l’Artsakh, Bako Sahakian et Arkady Ghoukasian.

Ces faits obligent à nous interroger sur plusieurs points.

En quoi Robert Kotcharian, en tant que citoyen devrait-il être privé du droit au respect de sa personne tant que sa culpabilité n’est pas prouvée. On se demande pourquoi la présomption d’innocence ne lui a pas été accordée. L’Arménie s’est montrée aussi rétrograde que le Japon en la matière, qui a jeté en prison Carlos Ghosn avant même que les procès en accusation aient débuté. Quoi qu’il ait fait, Robert Kotcharian doit se soumettre à la justice dès lors que des griefs pèsent sur son mandat et sur sa personne. Si Pashinyan voulait donner la preuve qu’il est le garant d’une vraie démocratie, le cas Kotcharian est loin de le démontrer. En ce sens, Pashinyan avait à faire appliquer la justice avec le plus de retenue possible, dans le respect des règles, s’il voulait que cette justice fût efficace et non entachée d’actes douteux ou humiliants pour la victime.

Dès lors qu’on agit avec autant d’acharnement vis-à-vis de l’exprésident, celui-ci a tout à fait raison de brandir contre son accusateur le prétexte d’une vendetta politique. Ce qui fait de lui une victime qui attire forcément l’incompréhension et la compassion.

Cette accusation, Pashinyan vient de la renforcer en supportant mal qu’il ait été libéré sous caution. En appeler au peuple pour semoncer les juges d’avoir mal jugé relève de l’ingérence dans les cours de justice.

Par ailleurs, s’opposer à la caution des présidents Bako Sahakian et Arkady Ghoukasian équivaut à se mettre à dos la population du Karabagh, comme si les Arméniens avaient besoin d’une telle division.

De plus, la caution du peuple à laquelle fait appel Pashinyan, Premier ministre, jusqu’à lui demander de descendre dans la rue ou d’investir le palais de justice, rappelle à regret les propos d’Erdogan dans son acharnement à vouloir invalider les élections concernant la mairie d’Istanbul, sous prétexte que cette invalidation reflétait la volonté populaire. Cette volonté populaire qui a porté Pashinyan ne peut être invoquée à tout bout de champ. C’est au parlement et à la constitution de prendre le relai.

Ce qui pourrait excuser Pashinyan, c’est qu’il a forcément une connaissance des affaires arméniennes qui l’oblige à des réponses radicales, dans la mesure où il veut sauver la démocratie au prix de quelques entorses au système de droit. Nul plus que lui qui est au cœur des difficultés que traverse le pays sait quelles forces jouent contre sa personne au profit d’un retour à l’ancien régime. Nul plus que lui sait qui veut sa perte, et par conséquent la perte de la démocratie. La lutte contre la corruption n’est pas sans danger aussi bien pour celui qui la combat que pour le pays même. L’Arménie, à l’heure actuelle, marche sur un fil tendu. Et les nostalgiques du monde perdu, tant en Arménie qu’en Diaspora, se réjouissent des avatars de la nouvelle société. Or, on oublie que c’est la majorité des Arméniens qui a porté Pashinyan au pouvoir et que ce sont les Arméniens d’Arménie qui ont souffert le plus sous les régimes honnis de Kotcharian et Sarkissian. En conséquence, cette souffrance et ce besoin de changement, fussent-il problématiques, méritent d’être respectés. Honte à ceux qui en diaspora se délectent des échecs que rencontre l’Arménie nouvelle. Les échecs étaient inévitables. Les faux pas le sont aussi. Mais l’Arménie avance. En un an, elle a plus fait qu’en 20 ans sous les deux régimes précédents.

Denis Donikian

Je renvoie le lecteur à l’excellent article de Raffi Kalfayan dans les NAM

18 mai 2019

Sauver la vie et autres choses (51)

Filed under: APHORISMES,SAUVER LA VIE ET AUTRES CHOSES — denisdonikian @ 6:30

 

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Faire l’amour est un acte inégalitaire.

Sauver la vie et autres choses (50)

Filed under: APHORISMES,SAUVER LA VIE ET AUTRES CHOSES — denisdonikian @ 8:56

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Heureux les affamés ! La moindre bouchée est un plaisir et le jeûne un facteur de santé.

17 mai 2019

Sauver la vie et autres choses (49)

Filed under: APHORISMES,SAUVER LA VIE ET AUTRES CHOSES — denisdonikian @ 6:15

Afghanistan mai 2008

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Une médecine qui fonctionne à la peur est une médecine malade.

16 mai 2019

Sauver la vie et autres choses (48)

Filed under: APHORISMES,SAUVER LA VIE ET AUTRES CHOSES — denisdonikian @ 5:33

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Les hommes vont à leur perte pour avoir préféré

la prédation à la préservation.

11 mai 2019

Journal d’un militant

Filed under: ARTICLES,CHRONIQUES à CONTRE-CHANT — denisdonikian @ 5:11

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« Quand tout le monde vous ment en permanence, le résultat n’est pas que vous croyez ces mensonges mais que plus personne ne croit plus rien. Un peuple qui ne peut plus rien croire ne peut se faire une opinion. Il est privé non seulement de sa capacité d’agir mais aussi de sa capacité de penser et de juger. Et avec un tel peuple, vous pouvez faire ce que vous voulez. » (Hannah Arendt)

Nous publions sur notre blog l’article de Manoug Atamian pour plusieurs raisons. La première étant que cet article aura été refusé par tous les médias arméniens auxquels il a été proposé. Et pour cause ! C’est un article critique sur le livre d’un militant connu et qui fourmillerait d’informations fausses ou douteuses. En ce sens, Manoug Atamian, qui déteste qu’on lui fasse avaler des couleuvres, nous alerte dans la mesure où trop souvent les complaisances dont fait preuve une communauté arménienne pétrie de patriotisme ordinaire peut la conduire à gober tout ce qui se dit ou s’écrit. Si être militant d’une cause comme la nôtre est louable, et notre auteur l’est pour avoir joué un rôle probablement important,  il reste que le moi frise le haïssable quand il prend le pas sur le nous. L’article de Manoug Atamian nous ouvre les yeux et c’est tant mieux si tout auteur improvisé prend dans notre communauté le risque d’être contredit ou lu à la loupe. Cela dit, cet article de Manoug Atamian reste de sa seule responsabilité, la nôtre étant de lui donner à la parole.

Denis Donikian

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Dans son « Journal d’un militant » récemment publié et promu à coups de soirées de présentation et d’articles élogieux (avec sa photo en recto verso de la couverture et une troisième sur la tranche du livre !), à la page 179, Ara Krikorian nous apprend la disparition de Franz Werfel le 17 mai 1978 à l’âge de 90 ans. En 1978 ? On l’aurait donc connu de son vivant, l’auteur des « Quarante jours du Musa Dagh » ! Mais non, car dans la même annonce soi-disant rédigée à chaud ce jour-là, on lit à la fin de ce sujet qu’en fait, il est décédé à 54 ans en 1945… Franz Werfel est donc mort deux fois, à 33 ans d’intervalle. Comment peut-on écrire une pareille ineptie ?

Ce « Journal » manifestement remanié pour sa publication (ainsi, comme dans ce cas, à chaque fois qu’un personnage célèbre décède, au lieu d’exprimer les sentiments que lui inspire le disparu ou bien les souvenirs qu’il en a, Ara Krikorian nous sort une « nécro » toute prête, du genre : « il est né en telle année, il a fait ceci, il a écrit cela » etc.), « Journal » dans lequel il nous raconte sa vie, depuis son enfance difficile, puis à travers ses diverses responsabilités dans la F.R.A. ou comme président du CDCA (en évitant comme d’habitude d’évoquer le travail du Centre d’études arméniennes dans l’éveil des consciences durant les années qui précédèrent le cinquantenaire du Génocide). Ce qui lui permet de se donner le beau rôle, fustigeant les uns, de préférence déjà morts, flattant d’autres bien vivants avec force « mon ami » Untel, ou bien en parlant à plusieurs reprises, en tant qu’ancien élève du collège de Sèvres, de sa prétendue proximité avec les Pères mékhitaristes, alors qu’il n’y a passé qu’une année. (7 en ce qui me concerne).

Ara Krikorian poursuit ainsi son chemin dans la lignée de son « Dictionnaire de la Cause arménienne », digne du Guinness des Records en matière d’erreurs ou d’approximations de toutes sortes, dans lequel il compensait ses manques, parfois élémentaires, en matière d’Histoire, par son imagination fertile. Par exemple, en écrivant (page 33) que le fleuve Araxe est la « frontière naturelle de l’Arménie historique »(sic) ou à la page 26 que l’église d’Akhtamar date du VIIème siècle (on n’est plus à trois siècles près…). Il va jusqu’à confondre l’identité de portraits archiconnus, comme la photo de Daniel Varoujan sous laquelle il écrit Bedros Tourian (p.235), ou bien celle de Djemal Pacha sous-titrée Enver Pacha ! (p.95) Souvent, comme dans le cas de Franz Werfel, il donne un renseignement exact, puis il se contredit avec un fait ou une date inventée de toutes pièces. Par exemple, à l’article « NAZIM, Dr » (p.172), il écrit à juste titre que ce bourreau jeune-turc a fini par être exécuté en 1926 par les siens pour avoir comploté contre Kemal, tandis qu’à l’article « OPERATION NEMESIS » (p.179), on apprend qu’il aurait été abattu par Missak Torlakian, donc par un Arménien et plusieurs années auparavant !

Ara Krikorian va jusqu’à confondre sous la même rubrique : DJEMAL PACHA (AZMI), les deux personnages de Djemal Pacha déjà cité, l’un des trois acolytes du Triumvirat jeune-turc, avec Djemal Azmi, vali de Trébizonde, qui organisa l’extermination des Arméniens de sa province, souvent par noyade dans la mer Noire.(p.91) En revanche, ils se retrouvent séparés à l’heure de leur mort, en tombant sous les balles de vengeurs arméniens différents, pour Djemal Pacha en 1922 à Tiflis comme on peut le lire à la fin de cette rubrique, et en ce qui concerne Djemal Azmi à Berlin, en même temps que Behaeddine Chakir, le 17 avril 1922 (en page 69), et un an auparavant, « en avril 1921 », à la page 251.

Une rubrique concerne l’actualité de ce 24 avril : la « DECLARATION DU 24 MAI 1915 », document essentiel dont il a remanié les phrases à sa façon, avec pour résultat d’affadir sa signification, en substituant les termes de « nouveaux crimes de la Turquie contre l’humanité et la civilisation », dont les mots mis en caractères gras  furent utilisés ici pour la première fois dans un texte officiel, par celui de «  crime de lèse-humanité » sorti de son chapeau. Et c’est probablement en se fiant à son « Dictionnaire » que le rédacteur du discours du Premier ministre Edouard Philippe, lorsqu’il a évoqué cette Déclaration des Alliés, lui a fait prononcer, et à deux reprises, ce « lèse-humanité » inventé par le « militant » Ara Krikorian qui se prend pour un historien de la Question arménienne.

Or un « Journal », on peut le jeter par-dessus bord (ne vous inquiétez pas, on nous a annoncé qu’un deuxième tome était en préparation), mais un dictionnaire, y compris malheureusement celui-là, est destiné à demeurer dans les bibliothèques durant des décennies et de servir de « référence », c’est le mot qu’avait utilisé Arpik Missakian à son sujet, et je viens d’en montrer une conséquence fâcheuse.

Dans notre communauté hélas, entre le silence complice des uns et l’ignorance des autres, on peut écrire et publier n’importe quoi et jouer les vedettes, le ridicule ne tue pas.

Manoug Atamian

 

9 mai 2019

TOUMANIAN : interview à radio Arménie, Lyon

Filed under: ARTICLES — denisdonikian @ 3:57

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RA : Quelles raisons donneriez vous à un Arménien de France d’acheter les quatrains de Toumanian nouvellement publiés en édition bilingue par Actual Art, l’éditeur Mkrtitch Matévossian à Erevan ?

 

DD : Il y a cinquante ans, je me trouvais à Erevan et on fêtait le 100ème anniversaire de la naissance de Toumanian par une publication en français de son œuvre en 4 volumes. J’en ai beaucoup acheté pour les offrir. Cette année est le 150ème anniversaire. Et j’ai pensé qu’il fallait marquer cet hommage à Toumanian en republiant ces quatrains. Toumanian, c’est notre La Fontaine, son écriture est simple mais savante, profonde mais populaire et ses textes ont forgé la mémoire et l’esprit des Arméniens. Il s’inspire de l’âme populaire et réussit à faire de ce microcosme quelque chose d’universel. Toumanian est un pur écrivain arménien en ce sens qu’il n’imite ni les Russes, ni les occidentaux comme d’autres auteurs. S’il le fait, il donne toujours la prééminence à la langue populaire. En ce sens, Toumanian peut constituer une excellente porte d’entrée de la littérature arménienne dans la littérature mondiale. L’impératif de la reconnaissance du génocide a étouffé nos autres valeurs à commencer par notre littérature. Il serait temps de montrer que les Arméniens valent plus que les commémorations. Leurs écrivains ont à dire des choses au monde. Alors je dis aux Arméniens, achetez nos livres et offrez-les. Et vous ferez de ce cadeau un acte militant.

 

RA : C’est en effet un très beau livre. Je dirais même un livre classieux. Avec des portraits de Toumanian en pleine page, une par année de production. Actual Art a encore fait un excellent travail.

 

DD : Je travaille depuis des années avec Mkrtitch Matévosian, qui en tant que faiseur de livres montre une inventivité et un perfectionnisme qui sont uniques en Arménie. Il m’étonne à chaque fois. Un livre comme Poteaubiographie a même obtenu un prix. Cette fois, les portraits de Toumanian sont dans une technique à base d’argent. Les effets sont superbes. Par ailleurs, j’ai demandé à mon ami, Christopher Atamian, poète et écrivain vivant à NewYork, lauréat du prix Toloyan de littérature en 2017, d’en écrire la préface.

 

RA : En deux mots parlez nous de ces quatrains.

 

DD : Ce sont des sortes de haïku japonais, très brefs, exprimant l’évanescence de choses. Dans le domaine du bref, il y avait avant Toumanian, Nahapet Koutchak lequel exprimait les bonheurs que lui inspirait le spectacle de la vie. Toumanian fait du japonisme mais en mettant l’accent sur la nostalgie, le temps qui passe. C’est pourquoi il nous parle. Et nous n’avons pas besoin d’être arménien pour ça. Ce qu’il disait hier peut être entendu encore aujourd’hui.

2 mai 2019

Le Donikian nouveau est arrivé : TOUMANIAN

Filed under: ARTICLES,EVENEMENTS — denisdonikian @ 5:40

 

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« Quoi encore un ? Mais tu les sors Donikian comme tu pisses, tes livres !

  • Que faire ? Je suis comme ça.

  • Et tu crois qu’on va te les acheter tes livres ?

  • Mais ça vaut à peine le prix d’un khorovadz ?

  • Oui, mais le khorovadz, ça nourrit.

  • Toumanian aussi ça nourrit ! C’est de la culture arménienne non !

  • Tu as beau dire, ça ne se mange pas. Si au moins tu le vendais avec un khorovadz en accompagnement…

  • Je ne suis pas cuisinier, je suis écrivain. Et en l’occurrence traducteur.

  • Au moins si tu pouvais ajouter une danse du ventre ? Dans ce cas-là, je te jure j’achète ton livre.

  • Moi pas danseuse, mais pour mon livre qu’est-ce que je ne ferais pas ?

  • Alors c’est quoi ce Toumanian ?

  • Tout au long de sa vie, Toumanian a écrit des quatrains. Il commence en 1890 et il finit en 1922. Il fallait marquer le 150 ème anniversaire de sa naissance.

  • Pourquoi des quatrains ?

  • En fait, c’est le Japon des Haiku qui initie Toumanian au texte court. Mais avant lui, Koutchak avait déjà pratiqué ces sortes de brèves qui concentrent un maximum de sentiments, d’expression de la vie, de choses qui passent, de regrets, de nostalgies, de mélancolie.

  • Mais tout ça à la sauce Toumanian.

  • Toumanian est notre La Fontaine. Un écrivain d’une grande humanité quand les autres se contentent d’être écrivains sans parvenir à être humains.

  • Une traduction donc.

  • Et pour celui qui sait l’arménien, un livre en bilingue.

  • Traduction, j’ai dit.

  • Il fallait respecter le texte mais aussi la versification française. Un tour de force qui a demandé beaucoup de travail.

  • Préface ?

  • De Christopher Atmanian, écrivain arménien vivant à NewYork.

  • Editeur ?

  • Actual Art. Mkrtitch Matévossian n’est plus à présenter. Ici il a encore fait une merveille. Les quatrains sont répartis selon les années de leur production et chaque année est agrémentée d’un portrait de Toumanian reproduit à l’argent. Ce qui procure au livre un caractère esthétique inestimable.

  • Je lis. Vraiment une merveille. Les Arméniens auraient tort de passer à côté. Il faut avoir ce livre dans sa bibliothèque et le déguster goutte à goute.

****************************************************************

Pour se procurer le livre, s’adresser à Denis Donikian, 4 rue du 8 mai 1945, 91130 Ris-Orangis ou par mail : denisdonikian@gmail.com

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Prix : 20 euros port compris.

 

OFFRE :

Dieu est grand + Quatrains de Toumanian = 25 euros port compris

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Brèves de Plaisanterie + Quatrains de Toumanian = 25 euros port compris

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LAO, le roman du 1er mars + Quatrains de Toumanian = 25 euros port compris

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27 avril 2019

Sauver la vie et autres choses (47)

Filed under: APHORISMES,SAUVER LA VIE ET AUTRES CHOSES — denisdonikian @ 6:11

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*

Comme, en court-circuitant la conscience, l’entrée en matière promet des inondations de volupté, la tête, invitée à poursuivre sa course, se met en quête du suc suprême qui le fera fondre en larmes de bonheur.

26 avril 2019

Sauver la vie et autres choses (46)

Filed under: APHORISMES,SAUVER LA VIE ET AUTRES CHOSES — denisdonikian @ 5:45

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*

Qui veut te guérir d’un empoisonnement

propose de te sauver par l’empoisonnement.

25 avril 2019

Sauver la vie et autres choses (45)

Filed under: APHORISMES,SAUVER LA VIE ET AUTRES CHOSES — denisdonikian @ 1:34

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*

On mesure les défauts d’un homme d’État

aux malheurs que provoquent ses décisions sur le plus grand nombre.

24 avril 2019

Sauver la vie et autres choses (44)

Filed under: APHORISMES,SAUVER LA VIE ET AUTRES CHOSES — denisdonikian @ 7:39

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*

Quand un peuple en survie produit des intellectuels

trop désengagés pour le défendre ou le soutenir,

c’est le signe que ce peuple est malade, sinon moribond.

Sauver la vie et autres choses (43)

Filed under: APHORISMES,SAUVER LA VIE ET AUTRES CHOSES — denisdonikian @ 6:52

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*

Ceux qui commémorent leur génocide

se sentent vivants une fois par an

et meurent le reste du temps.

23 avril 2019

Sauver la vie et autres choses (42)

Filed under: APHORISMES,SAUVER LA VIE ET AUTRES CHOSES — denisdonikian @ 10:16

 

 

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*

Si on te donne 3 à manger, prends 2.

Si 2, prends 1.

Si 1, prends la moitié.

Si la moitié, jeûne.

Au bonheur des biens minuscules (2)

Filed under: APHORISMES,SAUVER LA VIE ET AUTRES CHOSES — denisdonikian @ 1:46

 

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*

Le pétillant sucré de la limonade qui explose dans la bouche de mon enfance.

Sauver la vie et autres choses (41)

Filed under: APHORISMES,SAUVER LA VIE ET AUTRES CHOSES — denisdonikian @ 8:01

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*

L’effort de tout malade est de lasser sa maladie.

L’effort de toute maladie est de lasser le malade.

22 avril 2019

Sauver la vie et autres choses (40)

Filed under: APHORISMES,SAUVER LA VIE ET AUTRES CHOSES — denisdonikian @ 11:04

 

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*

Dans ton malheur, de vieux amis t’ignorent

et de nouveaux t’honorent.

Sauver la vie et autres choses (39)

Filed under: APHORISMES,SAUVER LA VIE ET AUTRES CHOSES — denisdonikian @ 4:10

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*

Intellectuels du passé, intellectuels du passif.

21 avril 2019

Sauver la vie et autres choses (38)

Filed under: APHORISMES,SAUVER LA VIE ET AUTRES CHOSES — denisdonikian @ 4:12

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*

Chanter Dieu change le corps.

Sauver la vie et autres choses (37)

Filed under: APHORISMES,SAUVER LA VIE ET AUTRES CHOSES — denisdonikian @ 11:03

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*

Les diseurs de Dieu n’ont d’autre lieu que le corps.

Sauver la vie et autres choses (36)

Filed under: APHORISMES,SAUVER LA VIE ET AUTRES CHOSES — denisdonikian @ 6:26

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*

Chacun se croit si important qu’il éprouve l’idée qu’il sera oublié après sa mort comme une blessure insupportable.

Sauver la vie et autres choses (35)

Filed under: APHORISMES,SAUVER LA VIE ET AUTRES CHOSES — denisdonikian @ 2:24

pisser dans un violon

*

Si la vie est un violon, soit on en joue,

soit on prélève une corde pour se pendre.

20 avril 2019

Sauver la vie et autres choses (34)

Filed under: APHORISMES,SAUVER LA VIE ET AUTRES CHOSES — denisdonikian @ 8:07

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*

Je suis ce que je sais. Et moins je sais, moins je suis.

Heureux les imbéciles !

19 avril 2019

Sauver la vie et autres choses (34)

Filed under: APHORISMES,SAUVER LA VIE ET AUTRES CHOSES — denisdonikian @ 11:04

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*

L’apocalypse par l’eau, le feu et le plastique.

18 avril 2019

Sauver la vie et autres choses (33)

Filed under: APHORISMES,SAUVER LA VIE ET AUTRES CHOSES — denisdonikian @ 10:51

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*

Heureuse vie pimentée de l’homme marié à une femme

qui en vaut deux pour le prix d’une  :

la femme des douceurs et la femme des aigreurs.

Sauver la vie et autres choses (32)

Filed under: APHORISMES,SAUVER LA VIE ET AUTRES CHOSES — denisdonikian @ 4:27

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*

Qui se tient dans sa foi se tient dans la joie.

Sauver la vie et autres choses (31)

Filed under: APHORISMES,SAUVER LA VIE ET AUTRES CHOSES — denisdonikian @ 12:56

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*

Trop longtemps cultivées en pot, les femmes se sont dépotées à la force du poignet.

Et voici qu’elles voudraient devenir cultivatrices.

17 avril 2019

Sauver la vie et autres choses (30)

Filed under: APHORISMES,SAUVER LA VIE ET AUTRES CHOSES — denisdonikian @ 12:14

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L’eau peut éteindre le feu, le feu ne peut rien sur l’eau.

16 avril 2019

Sauver la vie et autres choses (29)

Filed under: APHORISMES,SAUVER LA VIE ET AUTRES CHOSES — denisdonikian @ 4:42

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Celui qui vous croit heureux ne voit les autres

qu’à travers ses petits malheurs.

Sauver la vie et d’autres choses (28)

Filed under: APHORISMES,SAUVER LA VIE ET AUTRES CHOSES — denisdonikian @ 1:33

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La foule fait des folies que le peuple condamne.

15 avril 2019

Donikian avait déjà prévu Pachinian en 2011

Filed under: ARTICLES,CHRONIQUES à CONTRE-CHANT,Denis Donikian m'agace — denisdonikian @ 6:18

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Dans le commentaire à cet article, La démocratie par le feu, nous avions déjà vu en Pachinian sa capacité à diriger le pays.

Bien fait pour les intellectuels de l’impuissance qui nous ont traité de « mouche du coche ».

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14 avril 2019

Sauver la vie et autres choses (27)

Filed under: APHORISMES,SAUVER LA VIE ET AUTRES CHOSES — denisdonikian @ 11:01

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La femme est le piège de l’homme qui fait l’humanité.

Sauver la vie et autres choses (26)

Filed under: APHORISMES,SAUVER LA VIE ET AUTRES CHOSES — denisdonikian @ 5:27

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Shadi Ghadirian

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Plus je veux ressembler aux miens,

plus je me sens étranger à moi-même.

8 avril 2019

Sauver la vie et autres choses (25)

Filed under: APHORISMES — denisdonikian @ 5:55

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La mort est déjà dans ce qu’on perd à désespérer.

6 avril 2019

Sauver la vie et autres choses (24)

Filed under: APHORISMES,SAUVER LA VIE ET AUTRES CHOSES — denisdonikian @ 7:22

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La bouche du haut prélude à la symphonie d’amour que jouera la bouche du bas.

5 avril 2019

Sauver la vie et autres choses (23)

Filed under: APHORISMES,SAUVER LA VIE ET AUTRES CHOSES — denisdonikian @ 6:35

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La vie demande à être aimée.

Sauver la vie et autres choses (22)

Filed under: APHORISMES,SAUVER LA VIE ET AUTRES CHOSES — denisdonikian @ 12:53

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La femme est le précipice du prépuce.

4 avril 2019

Sauver la vie et autres choses (21)

Filed under: APHORISMES,SAUVER LA VIE ET AUTRES CHOSES — denisdonikian @ 11:56

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*

La preuve que le pauvre est content de sa pauvreté, c’est qu’il ne cherche pas à s’enrichir. Il devrait prendre exemple sur le riche qui cherche toujours à être plus riche qu’il n’est.

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