Ecrittératures

24 avril 2019

Sauver la vie et autres choses (43)

Filed under: APHORISMES,SAUVER LA VIE ET AUTRES CHOSES — denisdonikian @ 6:52

11161341_10153338896971435_7614999942008477872_n

*

Ceux qui commémorent se sentent vivants une fois par an

et meurent le reste du temps.

Publicités

23 avril 2019

Sauver la vie et autres choses (42)

Filed under: APHORISMES,SAUVER LA VIE ET AUTRES CHOSES — denisdonikian @ 10:16

 

 

tumblr_opdehwjW7x1uo8sn0o1_500

*

Si on te donne 3 à manger, prends 2.

Si 2, prends 1.

Si 1, prends la moitié.

Si la moitié, jeûne.

Au bonheur des biens minuscules (2)

Filed under: APHORISMES,SAUVER LA VIE ET AUTRES CHOSES — denisdonikian @ 1:46

 

Bouteille-Pschitt-limonade-luxe-1

*

Le pétillant sucré de la limonade qui explose dans la bouche de mon enfance.

Sauver la vie et autres choses (41)

Filed under: APHORISMES,SAUVER LA VIE ET AUTRES CHOSES — denisdonikian @ 8:01

saturne_devorant_ses_enfants_rubens_m

*

L’effort de tout malade est de lasser sa maladie.

L’effort de toute maladie est de lasser le malade.

22 avril 2019

Sauver la vie et autres choses (40)

Filed under: APHORISMES,SAUVER LA VIE ET AUTRES CHOSES — denisdonikian @ 11:04

 

6a00d8341cabfb53ef01bb096249b8970d

*

Dans ton malheur, de vieux amis t’ignorent

et de nouveaux t’honorent.

Sauver la vie et autres choses (39)

Filed under: APHORISMES,SAUVER LA VIE ET AUTRES CHOSES — denisdonikian @ 4:10

26a78f0c415782057ed01f0a3b1e3302player

*

Intellectuels du passé, intellectuels du passif.

21 avril 2019

Sauver la vie et autres choses (38)

Filed under: APHORISMES,SAUVER LA VIE ET AUTRES CHOSES — denisdonikian @ 4:12

chanteurs-et-musiciens-interpretent-bach

*

Chanter Dieu change le corps.

Sauver la vie et autres choses (37)

Filed under: APHORISMES,SAUVER LA VIE ET AUTRES CHOSES — denisdonikian @ 11:03

karekine2

*

Les diseurs de Dieu n’ont d’autre lieu que le corps.

Sauver la vie et autres choses (36)

Filed under: APHORISMES,SAUVER LA VIE ET AUTRES CHOSES — denisdonikian @ 6:26

tumblr_or2xa33xJs1rwxo6zo1_1280

*

Chacun se croit si important qu’il éprouve l’idée qu’il sera oublié après sa mort comme une blessure insupportable.

Sauver la vie et autres choses (35)

Filed under: APHORISMES,SAUVER LA VIE ET AUTRES CHOSES — denisdonikian @ 2:24

pisser dans un violon

*

Si la vie est un violon, soit on en joue,

soit on prélève une corde pour se pendre.

20 avril 2019

Sauver la vie et autres choses (34)

Filed under: APHORISMES,SAUVER LA VIE ET AUTRES CHOSES — denisdonikian @ 8:07

images

*

Je suis ce que je sais. Et moins je sais, moins je suis.

Heureux les imbéciles !

19 avril 2019

Sauver la vie et autres choses (34)

Filed under: APHORISMES,SAUVER LA VIE ET AUTRES CHOSES — denisdonikian @ 11:04

dsc00514

*

L’apocalypse par l’eau, le feu et le plastique.

18 avril 2019

Sauver la vie et autres choses (33)

Filed under: APHORISMES,SAUVER LA VIE ET AUTRES CHOSES — denisdonikian @ 10:51

tumblr_oi7qohjm631uvues3o1_500

*

Heureuse vie pimentée de l’homme marié à une femme

qui en vaut deux pour le prix d’une  :

la femme des douceurs et la femme des aigreurs.

Sauver la vie et autres choses (32)

Filed under: APHORISMES,SAUVER LA VIE ET AUTRES CHOSES — denisdonikian @ 4:27

220px-Komitas_1902

*

Qui se tient dans sa foi se tient dans la joie.

Sauver la vie et autres choses (31)

Filed under: APHORISMES,SAUVER LA VIE ET AUTRES CHOSES — denisdonikian @ 12:56

tumblr_n5e17dpsmQ1qls43mo1_500

*

Trop longtemps cultivées en pot, les femmes se sont dépotées à la force du poignet.

Et voici qu’elles voudraient devenir cultivatrices.

17 avril 2019

Sauver la vie et autres choses (30)

Filed under: APHORISMES,SAUVER LA VIE ET AUTRES CHOSES — denisdonikian @ 12:14

504-media365-sport-news-0ca-5db-00b69e6bb3dafa087cbbdbd453-incendie-de-notre-dame-de-paris-l-emotion-du-monde-du-sport|9059443_notredame2-1024x425_ext

*

L’eau peut éteindre le feu, le feu ne peut rien sur l’eau.

16 avril 2019

Sauver la vie et autres choses (29)

Filed under: APHORISMES,SAUVER LA VIE ET AUTRES CHOSES — denisdonikian @ 4:42

Rurik DMITRIENKO

*

Celui qui vous croit heureux ne voit les autres

qu’à travers ses petits malheurs.

Sauver la vie et d’autres choses (28)

Filed under: APHORISMES,SAUVER LA VIE ET AUTRES CHOSES — denisdonikian @ 1:33

amour-guerre-

*

La foule fait des folies que le peuple condamne.

15 avril 2019

Donikian avait déjà prévu Pachinian en 2011

Filed under: ARTICLES,CHRONIQUES à CONTRE-CHANT,Denis Donikian m'agace — denisdonikian @ 6:18

*

Dans le commentaire à cet article, La démocratie par le feu, nous avions déjà vu en Pachinian sa capacité à diriger le pays.

Bien fait pour les intellectuels de l’impuissance qui nous ont traité de « mouche du coche ».

chimp-rire

14 avril 2019

Sauver la vie et autres choses (27)

Filed under: APHORISMES,SAUVER LA VIE ET AUTRES CHOSES — denisdonikian @ 11:01

tumblr_o7i2ksLakP1vnu460o1_400

*

La femme est le piège de l’homme qui fait l’humanité.

Sauver la vie et autres choses (26)

Filed under: APHORISMES,SAUVER LA VIE ET AUTRES CHOSES — denisdonikian @ 5:27

1

Shadi Ghadirian

*

Plus je veux ressembler aux miens,

plus je me sens étranger à moi-même.

8 avril 2019

Sauver la vie et autres choses (25)

Filed under: APHORISMES — denisdonikian @ 5:55

tumblr_osktz7MXxM1rpduwho1_500

*

La mort est déjà dans ce qu’on perd à désespérer.

6 avril 2019

Sauver la vie et autres choses (24)

Filed under: APHORISMES,SAUVER LA VIE ET AUTRES CHOSES — denisdonikian @ 7:22

tumblr_ono71sJGsN1vkog74o1_1280

*

La bouche du haut prélude à la symphonie d’amour que jouera la bouche du bas.

5 avril 2019

Sauver la vie et autres choses (23)

Filed under: APHORISMES,SAUVER LA VIE ET AUTRES CHOSES — denisdonikian @ 6:35

tumblr_oeijvfwdxi1r84j0io1_1280

*

La vie demande à être aimée.

Sauver la vie et autres choses (22)

Filed under: APHORISMES,SAUVER LA VIE ET AUTRES CHOSES — denisdonikian @ 12:53

tumblr_ohxv1sgy6m1ubgnblo1_500

*

La femme est le précipice du prépuce.

4 avril 2019

Sauver la vie et autres choses (21)

Filed under: APHORISMES,SAUVER LA VIE ET AUTRES CHOSES — denisdonikian @ 11:56

2711534048_small_1

*

La preuve que le pauvre est content de sa pauvreté, c’est qu’il ne cherche pas à s’enrichir. Il devrait prendre exemple sur le riche qui cherche toujours à être plus riche qu’il n’est.

Sauver la vie et autres choses (20)

Filed under: APHORISMES,SAUVER LA VIE ET AUTRES CHOSES — denisdonikian @ 3:31

tumblr_ooyyqzJa3z1v904g0o1_400

*

Heureux qui meurt d’un coup. Vlan ! Malheureux lentement. Vlent !

Sauver la vie et autres choses (19)

Filed under: APHORISMES,SAUVER LA VIE ET AUTRES CHOSES — denisdonikian @ 6:20

tumblr_orcva9oB501wqnc05o1_1280

*

Il faut savoir éteindre une femme après l’avoir allumée.

3 avril 2019

Esprit de corps (5)

Filed under: APHORISMES,SAUVER LA VIE ET AUTRES CHOSES — denisdonikian @ 3:26

Auguste Ottin (Detail) Polyphemus Surprising Acis and Galatea,1866,the Fontaine Médicis.

E – LES SEINS de la FEMME

1 – Il y a autant de seins qu’il y a de femmes.

2 – Les seins ont ici aussi deux fonctions : une fonction de reproduction et une fonction érotique. Celle-ci précède l’autre mais pas obligatoirement. Les deux peuvent se chevaucher.

3 – Il y a des seins rentrés et il y a des seins débordants. Il y a aussi des seins du juste milieu.

4 – Comme à la longue, tout tombe, les seins ne font pas exception.

5 – On pourrait déterminer l’âge d’une femme à l’angle que font ses seins entre l’époque où ils pointaient droit et maintenant où ils piquent du nez.

6 – Heureux les seins dressés qui font dresser les hommes !

7 – Le sein a une fonction laitière, mais son lait n’est pas fait pour être mélangé à votre café.

8 – Deux mains, deux seins.

9 – Le bébé fait son apprentissage de l’érotisme avec le sein de sa mère.

10 – Le sein appelle la papouille, la palpation, la succion.

11 – À l’instar du chat qui malaxe son coussin comme il faisait petit avec le ventre de sa mère pour appeler son lait, l’homme pétrit le sein de sa maîtresse par nostalgie et le suce par désespoir.

12 – Les seins rendent fou, tant celle qui les portent que celui qui les prend.

13 – Les seins s’offrent à la demande mais ne se laissent pas emporter.

14 – Organe producteur de lait. Organe vulnérable au mal.

15 – La femme ne se sent plus femme après l’ablation d’un sein.

16 – Il n’y a pas de jalousie entre les seins, sauf quand l’un est plus pétri que l’autre.

17 – Des seins volumineux et des fesses modiques sur une même femme feraient penser que la nature a interverti leur place.

18 – Les seins appartiennent à la famille des organes et des parties géminés du corps humain : les reins, les fesses, les hémisphères cérébraux, les testicules, les poumons, les yeux, les oreilles, les narines, les mains, les bras, les pieds, les jambes, etc. C’est l’équilibre qui est ainsi garanti mais aussi l’assurance que si l’un se perd, l’autre poursuit le travail.

19 – Les seins magnifient leur impact érotique quand la femme en cache une partie pour pousser l’œil à les imaginer en leur entier.

20 – La vue plongeante dans un décolleté peut conduire à la noyade.

21 – Il y a des seins en avance sur le corps comme il y a des fesses à la traîne.

22 – Le sein n’existe que par la main qui le prend ou la bouche qui le suce.

23 – Seins secs ou pendus comme des sacs.

24 – Ah ! La rencontre avec les premiers seins ! Seins épanouis de jeune fille…

25 – Le soutien-gorge n’a d’utilité que dans l’instant subtil où il vous offre ce qu’il vous cachait.

26 – Tout homme entre dans la nuit des seins à tâtons.

27 – La main de l’un sous le chemisier de l’autre, la paume à même le sein, le sein à même la paume, en fusion avec le paysage.

2 avril 2019

Esprit de corps (4)

Filed under: APHORISMES,SAUVER LA VIE ET AUTRES CHOSES — denisdonikian @ 4:25

09

D – LA VULVE

1 – Autrement nommée l’origine du monde.

2 – L’homme devant la vulve est devant le mystère de sa propre apparition dans le monde.

3 – Les léchouillis d’un homme sur une vulve cumulent ardeur au plaisir, goût de l’inconnu et sens de la reconnaissance.

4 – Le clitoris est la plus belle invention de Dieu car il conduit à l’extase.

5 – L’homme embrasse la vulve pour remercier sa mère, puis la bourre pour s’en venger.

6 – La vulve a soif d’être comblée, comme le fourreau a soif de sa lame.

7 – La vulve ne craint pas d’être dilatée, soit par un pénis entrant, soit par un enfant sortant.

8 – Bouche verticale de la femme qui éprouve mille et une sensations et s’étouffe au culminant de la grâce.

9 – Tropisme de la vulve : puissante aimantation en mal d’abouchement, de lèchement et de comblement.

10 – Odeur d’œuf pourri ou sensation de rosée.

11 – La vulve suscite attraction par goût de l’inconnu et répulsion par l’humiliation d’avoir été piégé.

12 – Le pacte de l’homme avec la vulve est un combiné d’obligations et de résignation pour une minute de plaisir.

13 – Jus d’excitation qui vient à la vulve comme un miel de jouvence.

14 – Dieu a conditionné le plaisir de la vulve à l’interdiction de se raconter.

15 – Autrement appelée con pour signifier l’impuissance et la passivité de la femme.

16 – Le mouvement qu’apprécie la vulve est celui du piston.

17 – La vocation de la vulve est de provoquer le surgissement du sperme.

18 – Le faire dans l’amour est d’atteindre la survenue de l’éclair par lequel l’homme oublie sa condition et par lequel la femme remplit la sienne.

19 – La vulve est un nid d’excrétions intérieure et extérieure, conditionné pour leur rencontre.

20 – L’intérieur d’une vulve est un ring tapissé de muqueuses où se jouent des combats minuscules dont l’issue est de perpétuer l’origine du monde.

21 – Vulve cambodgienne aux lèvres roses bien découplées, comme des ouïes de poisson. Une merveille.

22- Vulve déchirée par une naissance, cousue de travers et béante. Une horreur.

23 – Le clitoris est la clé qui ouvre la femme. Encore faut-il savoir la tourner.

24 – Grâce à Dieu, il n’est de vulve qui soit laissée à l’abandon au fond de son trou. Il suffit d’un doigt clitorisant de droite à gauche pour l’émoustiller, la monter en émoi et tout le tremblement. Même si l’index ne vaudra jamais un pénis à tête fouineuse, au corps chaud et prêt à marteau-piquer jusqu’aux larmes.

25 – Vallée de larmes, tirelire à râteau, bouche-que-veux-tu.

26 – Dieu, dans son immense bonté, a donné à la femme de quoi se passer des hommes. Et aux hommes de quoi se passer des femmes. Même si ses succédanés ne vaudront jamais l’art du bien jouir à deux.

27 – La femme dispose à portée de main d’un subtil dispositif pour sublimer sa solitude en béatitude.

 

1 avril 2019

Esprit de corps (3)

Filed under: APHORISMES,SAUVER LA VIE ET AUTRES CHOSES — denisdonikian @ 3:59

céline-constant-femme-frigide-30x30-cm-2008

*

C – LE PUBIS de la FEMME

1 – Il y aurait autant de pubis qu’il y a de femmes.

2 – Le pubis patriotique est taillé sur la forme du pays ou teint aux couleurs de ce pays.

3 – Le pubis artistique peut prendre toutes les formes souhaitées par son propriétaire.

4 – Le pubis politique peut friser la propagande. On aurait vu des pubis calqués sur le portrait de Lénine. Reste à se demander ce que pouvaient bien penser les amants de telles femmes marquées à l’effigie du père de la révolution. Qui sait si leur jouissance n’en était pas décuplée.

5 – On peut reconnaître la nationalité d’une femme à son pubis. Le pubis ukrainien est débordant. Le pubis asiatique est minimaliste. Le pubis viking est avec des nattes.

6 – Foisonnant, forestier, sous-bois, jardin anglais ou à la française, soyeux, zen, frisé, bouclé, peigné ou rasé, roux, noir ou blond…

7 – Le pubis est un zeste du singe que nous fûmes.

8 – Il faut craindre le jour où les pubis auront disparu à la suite des abeilles ou des ours blancs. Les robots n’ont pas de pubis.

9 – Utiliser la particularité de son pubis pour compléter les critères d’identification d’une femme par les empreintes digitales.

10 – Tache indélébile rappelant à un corps divin son animalité.

11 – La forme en V du pubis féminin serait le signe d’une victoire que seule la femme semble connaître.

12 – Le pubis cache la vulve pour inciter l’homme à l’exploration.

13 – Le pubis ajoute de l’étrangeté à la femme et de l’excitation à l’homme.

14 – Toujours compléter le portrait de la femme bien-aimée par celui de son pubis.

15 – Le pubis est le rideau d’une scène de théâtre où se jouera l’origine du monde.

16 – La haine du poil conduit à la manie du rasage. Le pubis n’y coupe pas. L’homme n’ayant plus rien à chercher, c’est comme si l’amour se déshumanisait.

17 – Tache sur corps blanc qui fait cible, servant souvent de panneau indicateur aux hommes désorientés et qui pointe en direction de l’essentiel. C’est par là !

31 mars 2019

Esprit de corps (2)

Filed under: APHORISMES,SAUVER LA VIE ET AUTRES CHOSES — denisdonikian @ 6:24

tumblr_n5e17dpsmQ1qls43mo1_500

B – LE PÉNIS

 

1 – Dur, il ne dure pas.

2 – Il n’en fait qu’à sa tête.

3 – Il est étrange que des organes d’éjection des déchets soient aussi des instruments du plaisir.

4 – C’est à tort que toute femme voit dans la taille de l’homme celle de son pénis. Un homme grand peut avoir un pénis ridicule et inversement.

5 – Petit dans les commencements, il prend toute sa dimension à partir de la puberté et fléchit dans la vieillesse.

6 – Comme tout organe, le mésusage du pénis conduit à son atrophie.

7 – Le pénis devance l’homme de plusieurs centimètres comme son avant-garde à la tête du combat.

8 – Tout pénis démesuré conduit à une vie démesurée et ne promet une possible sagesse qu’à son déclin.

9 – Pénis cherche extinction des feux par enfouissage, mouillage et évacuation.

10 – Après la frénésie du pénis, le fléchissement général.

11 – Le pénis est le seul organe qui satisfait sa soif en lâchant ses eaux.

12 – Le pénis n’entre en action qu’avec la montée d’images folles.

13 – Pénis en érection cherche trou.

14 – Le pénis se fait du beau temps en faisant la pluie.

15 – Quand le pénis monte en puissance, la tête se perd.

16 – Après le dur, le mou. Après le mou, la mort.

17 – Tant que nous sommes en dureté, nous sommes en vie.

18 – Pénis : organe de bouche.

19- En tirant l’homme vers l’avant le pénis lui rappelle son passé animal.

30 mars 2019

Esprit de corps (1)

Filed under: APHORISMES,SAUVER LA VIE ET AUTRES CHOSES — denisdonikian @ 8:10

tumblr_omv0o7D3FR1qdxglyo1_1280

 *

A – LE CUL

1 – Le cul, toute une philosophie.

2 – Le cul se prête mais ne se donne pas. Il ménage ses arrières.

3 – Qui veut s’asseoir sans mal doit avoir cul épais.

4 – Si la femme est différente de l’homme par son cul, c’est que son assise épouse tout siège ou toute lunette largement.

5 – Ah si la bouche qui parle pouvait se torcher comme le cul !

6 – Morceau de choix chez la femme, le cul est un critère déterminant.

7 – Le cul est constitué de deux hémisphères verticaux, séparés par un sillon où se loge l’orifice des expulsions fécales.

8 – Le cul cache sous sa condition d’organe évacuateur, une sous fonction d’accessoire introductif pour explorateurs maniaques à répétition.

9 – Le cul aime à tendre une joue pour la claque, puis l’autre.

10 – Signe de maturité charnelle, on reconnaît un beau cul au fait qu’il vibre sous la taloche.

11 – D’ailleurs un beau cul appelle une belle frappe.

12 – Tous les culs ne se ressemblent pas. Il y a même des culs tellement rentrés qu’on dirait que leur croissance s’est arrêtée trop vite. D’autres au contraire n’ont cessé de se développer au point de servir parfois de table pour joueurs d’échec ou de bar, surtout dans les pays pauvres et fortement alcoolisés.

13 – L’homme aime le cul des femmes qu’il prend pour une caverne d’Ali Baba. Les trésors qu’il en retire sont d’ailleurs inépuisables.

14 – Le cul, c’est du plaisir à domicile à toute heure du jour et de la nuit. Même à lisser ses propres lunes…

15 – Contrairement au sourire qui vient au visage, celui du cul est vertical. Dieu, dans son immense sagesse et son sens de la diversité, s’est refusé à donner au cul le sourire de la bouche. Imaginez si la raie de votre cul était horizontale.

16 – Dommage que le cul de la Joconde reste caché. Mais on peut parier que le sourire de son cul rivalise avec celui de son visage.

17 – Les femmes aiment les fessiers. L’homme aime les culs.

18 – Je n’irai pas jusqu’à dire que le QI d’une femme peut être inversement proportionnel à son cul. Mais une Hottentote à petite tête pose des interrogations.

29 mars 2019

Sauver la vie et autres choses (18)

Filed under: SAUVER LA VIE ET AUTRES CHOSES — denisdonikian @ 11:33

tumblr_opwjpruu9P1vqobdyo1_500

*

La vertu pour une femme est un gage de sécheresse. Elle dure un temps jusqu’à la prochaine pluie.

Sauver la vie et autres choses (17)

Filed under: SAUVER LA VIE ET AUTRES CHOSES — denisdonikian @ 11:31

tumblr_o5l74mSQzM1qin4ceo1_1280

*

Il n’y a de vie que par le meurtre.

Sauver la vie et autres choses (16)

Filed under: SAUVER LA VIE ET AUTRES CHOSES — denisdonikian @ 5:28

tumblr_npdvgjNV8k1t3ctxmo1_500

*

Qui ne baise se lèse.

Sauver la vie et autres choses (15)

Filed under: SAUVER LA VIE ET AUTRES CHOSES — denisdonikian @ 12:56
tumblr_nkyjdxpqDo1u0dmcio1_500

Marble portrait of the co-emperor Lucius Verus, A.D. 161–169 Roman, Mid-Imperial, Antonine Marble; H. 14 1/2 in. (36.8 cm) The Metropolitan Museum of Art, New York, Rogers Fund, 1913 (13.227.1) http://www.metmuseum.org/Collections/search-the-collections/248783

*

Vieillir n’est que douleurs. Et alors ? Et alors ?

28 mars 2019

Sauver la vie et autres choses (14)

Filed under: SAUVER LA VIE ET AUTRES CHOSES — denisdonikian @ 4:03

large

*

Nos pas dansaient dans le matin
C’était hier notre aujourd’hui
Bleu pur l’été au gré des soifs
Tant le ciel nu nous habillait

Sauver la vie et autres choses (13)

Filed under: SAUVER LA VIE ET AUTRES CHOSES — denisdonikian @ 6:17

IMG_0787

*

Je voudrais tant que je guérisse
Me sentir loin sur des mers bleues
Loin du baiser des précipices
Vers un jour qui m’offre ses feux

Sauver la vie et autres choses (12)

Filed under: SAUVER LA VIE ET AUTRES CHOSES — denisdonikian @ 2:14

tumblr_oi7qohjm631uvues3o1_500

*

Chaque femme est une variante de la femme qui varie invariablement.

27 mars 2019

Sauver la vie et autres choses (11)

Filed under: APHORISMES,SAUVER LA VIE ET AUTRES CHOSES — denisdonikian @ 12:28

 

chien_agressif

*

Le jour où les lions deviendront animalistes, les canines tomberont.

26 mars 2019

Chnorhantès pour « Marcher en Arménie »

Filed under: LIVRES,MARCHER en ARMENIE — denisdonikian @ 3:14

Layout 1

 

 » Marcher en Arménie  » sera présenté à EREVAN, le 30 mars 2019, au THE CLUB, 40 avenue Toumanian à 17 heures.

La présentation sera assurée par Seda MAVIAN qui vient de publier aux Editions SIGEST

« Chronique de la révolution arménienne »( Avril – Mai 2018)

9782376040279web

25 mars 2019

Au bonheur des biens minuscules (1)

Filed under: APHORISMES — denisdonikian @ 9:05

Resized_20180430_175736001

 

1

Me laver les mains. Faire mousser le savon. Sentir son parfum après le passage de l’eau.

2

Ouvrir à l’aube la porte du balcon et mesurer la poussée des plantes.

3
Suivre la feuillaison de l’érable rouge jour après jour..

4

Humer le silence de la nuit ou respirer la fraîcheur de l’aube.

5

Me fondre dans l’orchidée du salon.

6

Savourer mon café mélangé à du lait de riz à la vanille.

7

Casser avec les dents une biscotte tartinée à la compote de pommes.

8

Me trouver comme chaque année, depuis l’âge de 11ans, devant le cerisier en fleurs du jardin des Plantes.

9

Serrer mon chat Fuki contre moi et l’embrasser près de son œil gauche.

10

Imaginer la surprise de mes amis Monique et Michel à la réception d’un de mes livres pour lequel ils n’avaient pas été avertis.

11

Retrouver au matin ma femme Anh Dao en train de prendre son café à la table de la cuisine.

12

Recevoir un message de mon ami Manoug gravement malade.

13

Lire le premier message du jour envoyé par Alain, et le dernier.

 

14

Regarder les grands arbres du centre de dialyse.

15

Déguster un sushi fait par maître Hanada.

16

Sentir le parfum d’un bâton d’encens made in Kyoto en train de se consumer dans ma chambre.

17

Se laisser subjuguer au spectacle des mouettes posées par centaines sur le lac de Viry-Châtillon.

18

Sentir la joie d’avoir en mains le dernier de mes livres fait par Mkrtitch Matévossian, mon éditeur.

19

Serrer le bras de ma femme Anh Dao tandis que nous marchons, et ressentir sa force.

Sauver la vie et autres choses (10)

Filed under: SAUVER LA VIE ET AUTRES CHOSES — denisdonikian @ 9:42

 

tumblr_oh06a8dou71rw8imqo1_400

*

Désir retenu, plaisir décuplé.

24 mars 2019

Paroles de Hovhannès Toumanian, 1910.

Filed under: ARTICLES — denisdonikian @ 6:56

( article posté le 2 Aout 2009)

*

toumanian

Photo : © D. Donikian, Erevan, février 2008

Un peuple affligé

Il arrive parfois que l’on soit submergé de pensées très amères, l’on est condamné à les subir et l’on ne peut s’en défaire. Telle cette pesante affliction, quand on apprend que l’on a le cancer, la tuberculose ou le choléra, que l’on ne peut s’empêcher de songer à la maladie, en se demandant si la maladie aura raison de nous ou si l’on aura le dessus de tout son être et si l’on guérira – à condition, bien sûr, d’avoir suffisamment de courage et d’intelligence.

Ceux qui s’intéressent depuis longtemps et sérieusement à notre peuple sont toujours parvenus à cette triste conclusion que son cœur est empli de méchanceté.

C’est ce qu’ils disent et ils le disent avec une profonde angoisse, comme s’il s’avérait que les bacilles de la tuberculose eussent édifié leur nid dans la poitrine du malade.

Or, l’on ne rencontre que rarement des hommes aussi sincères et honnêtes. Tout en faisant le constat d’une maladie, les gens se considèrent habituellement en bonne santé et déclarent malade autrui. Chacun se pense étranger à toute malveillance, flatterie, mensonge, intrigue – tous ces traits existent, mais chez les autres !

Néanmoins, nul ne devrait être dupe. Et il existe une vérité qui nous concerne tous : nous souffrons tous d’une maladie mentale.

Jugez plutôt.

Des villageois ordinaires, des voisins qui ont partagé le pain en plus d’une occasion, prêts à faire éclater leur méchanceté, ou comme ils disent « devenir noir de rage », si la terre de l’un d’eux rapporte bien.

Ou ces marchands sans rival, qui perdent le sommeil et leur calme en apprenant la réussite d’untel, ne songeant déjà plus à leurs affaires, mais seulement au succès de leur compatriote, attendant l’occasion où ils n’épargneront rien pour lui nuire.

Un ecclésiastique, quels que soient ses revenus, quelle que soit sa respectabilité, n’est pas moins attaqué, protestations, plaintes pour injustice. Et de quelle injustice s’agit-il, selon vous ? Le fait qu’un compatriote soit payé au même salaire et qu’il vive bien, en plus.

Supposons que des citadins et des paysans s’affrontent en justice. Aucun tribunal ne peut régler leur différend, cela dure des années et il n’est pas rare qu’ils consacrent toute leur existence et tous leurs biens à ce feuilleton judiciaire, jusqu’à ce que l’un d’eux prenne l’autre à la gorge, lui fasse mordre la poussière ou jusqu’à ce que les deux parties en souffrent.

Nous avons notre propre presse. Diffamations, pamphlets, mensonges, jubilation malveillante, flatteries y fleurissent depuis des années. Comme si notre presse cultivait un esprit de clan plus étroit que dans n’importe quel village. Un célèbre journaliste raconte qu’il entendit un jour un membre d’une rédaction dire sans aucune retenue : « Les livres de cet écrivain, quels que soient ses écrits, doivent invariablement et sévèrement être critiqués ou ignorés sans répit ! » En un mot, le détruire de toutes les façons possibles, pour la seule raison qu’il n’est pas avec nous, « des nôtres ».

Vous trouverez une moralité et des mœurs identiques parmi les figures nationales, publiques et littéraires. Aucun d’eux ne supporte la réussite d’autrui.

Prenons encore les enseignants. Ils se préoccupent davantage de manigancer bassement contre leurs collègues que de faire cours, aspirant toujours à attiser un événement insignifiant qui puisse aisément avoir lieu dans un cadre amical, en appeler invariablement aux autorités, se flétrir mutuellement dans les tribunaux et dans la presse, harceler, être à l’origine d’une démission, tuer moralement… Nul apaisement, nulle clémence, nulle limite à la rancune !

Quelle est la raison de tout ceci ?

Pour le comprendre, il nous faut étudier la question du point du vue des lois de la nature et de l’histoire, à partir de la vision sereine et vaste que la nature et l’histoire peuvent nous apporter. Entre autres circonstances, l’histoire a été une marâtre pour nous. Des siècles durant, elle nous a soumis à des tribus barbares. Et si, piétinée, tout chose vivante ne meurt pas, elle n’en est pas moins mutilée, démoralisée et emplie d’amertume. Telle est la loi de la nature.

Qu’est-ce qu’un banal champ de concombres ? Chacun sait qu’une plante piétinée donne des fruits amers qui ne sont pas comestibles, aussi ne laisse-t-on personne piétiner un champ de concombres. De même un homme devient amer et chagriné – son âme, son cœur, sa raison. Et cette amertume qui s’accumule en lui se manifeste dans ses actions, son allure, son visage, ses mots – en toute chose et en tous lieux, dans toutes les sphères de l’existence. Sa vie entière devient amère et cruelle. Elle, cette vie, peut comporter maintes belles choses – « progrès », « culture », « presse », « littérature », « école », « charité » – or tout ceci sera semblable à un fruit véreux. Toutes ces sphères de l’existence pâtiront de défauts similaires, maladie ordinaire dont on ne peut se défaire. Ce genre de société peut même produire des talents, mais eux aussi seront malveillants et dans la peine. Ce genre de société ne peut engendrer des êtres nobles, des cœurs généreux et des âmes élevées, à savoir tout ce qui rend la vie belle et les gens agréables et aimables.

Alors, si nous possédons une sagesse nationale, un esprit de courage et quelque intuition sonore, nous ne devons pas être complices de tout cela et bien voir que notre peuple est gravement atteint sur le plan spirituel. La première condition pour combattre cette plaie, la principale condition pour guérir est que nous reconnaissions notre malheur dans notre âme et conscience et devant le monde entier. Alors le réveil d’une salutaire conscience de soi sera suivi par une haute aspiration à la perfection de soi et à de nobles actions.

Il n’y a pas d’autre voie. Le salut véritable doit venir de l’intérieur car nous sommes malades de l’intérieur.

1910

Source : http://www.armenianhouse.org/tumanyan/nonfiction-en/people.html

Traduction : © Georges Festa pour Denis Donikian – 01.08.2009

23 mars 2019

Sauver la vie et autres choses (9)

Filed under: APHORISMES,SAUVER LA VIE ET AUTRES CHOSES — denisdonikian @ 11:06

tumblr_oqe4zfj8di1s0tchbo1_1280

*

J’ai la vessie qui fait des siennes et les vaisseaux qui font des sauts.

Ce livre n’est pas à vendre

Filed under: APHORISMES,LIVRES — denisdonikian @ 5:14

surtout à ceux qui n’achètent jamais mes livres.

*

IMG_40911001002

En vérité, pour l’homme, dans l’immédiat du spectacle, il y a un ciel terrestre et un ciel céleste. L’un bouge, l’autre non. Ce spectacle est celui de l’impermanence et du permanent, celui des nuages qui passent et celui de l’espace impassible, celui des changements et celui de l’infini. Quel beau sujet pour un photographe hanté par l’obsession des ciels ! Nous avions remarqué qu’Alain Barsamian cherchait le pur à travers ses photographies du ciel sans pour autant négliger la terre où vont ses pieds. C’est ainsi que s’expriment ses clichés selon trois couches : le sol, les nuages et le ciel. Or, jouant sur la combinaison de cette trilogie qui jamais ne s’épuise, il arrive à nous faire aimer la lumière omniprésente qui baigne la totalité de l’horizon selon les déclinaisons du moment et du lieu. Ainsi fait-il qu’il nous aide à notre tour à formuler des appels intimes vers l’absolu qui toujours nous parle et toujours nous semble muet. C’est dans ce dialogue de l’homme avec les ciels que modestement se situent nos mots humains et ces images lumineuses.

Denis Donikian

IMG_40931

Sauver la vie et autres choses (8)

Filed under: SAUVER LA VIE ET AUTRES CHOSES — denisdonikian @ 4:09

61jRm6Vkz+L._SX425_

*

Quand je suis vingt ou trente mois

Le corps noué dans les détroits

Sur un lit dur et fort étroit

Je fais mourir la mort en moi

19 mars 2019

Trois personnages en quête d’apocalypse (52)

Filed under: Trois personnages en quête d'apocalypse — denisdonikian @ 11:44

tumblr_ofiqlkijrw1tta735o1_1280

*

Dodie – Il faudrait apprendre à neutraliser nos peurs, non ?

Gago – L’alcool, ça ne marche pas. L’angoisse revient toujours.

Sako – Les échappées artificielles ne font pas notre affaire.

Dodie – Au cours de son histoire, l’homme a vu pire que ça. La foudre qui tombe, c’était déjà une catastrophe. Et pourtant, nous sommes là.

Gago – La foudre qui tombe… C’est comme ça que Dieu a surgi dans la tête de l’homme.

Sako – Dieu n’est que l’enfant de nos peurs.

Gago – De la peur et des vapeurs de l’imagination.

Dodie – J’ai aimé une femme et je voudrais me retrouver blotti contre son ventre.

Gago – Ne l’attends pas ! Si tu crois qu’elle va revenir…

Sako – Bien fait pour…

Dodie – Arrête Sako ! Arrête ! Tu ne sais pas ce que c’est qu’un ventre de femme.

Sako – Des boyaux et des borborygmes, voilà ce que c’est !

Gago – On voit bien qu’il ne sait pas. Il ne sait rien d’ailleurs. Mais dire «  Bien fait pour vos gueules ». Ah ça il le sait !

Dodie – Toute une philosophie.

Gago – Une philosophie de merde, oui !

Sako – Mais oui les gars ! Dans le ventre d’une femme, qu’est-ce qui circule, sinon de la merde ? Hein ? Les stars se torchent le cul comme nous autres…

Gago – Oui, mais quel cul !

Sako – Nul d’entre vous n’échappera au merdier général.

Dodie – Tu vois toujours qu’un côté de la chose.

Sako – Et vous toujours l’autre côté. Qu’est-ce que vous croyez ? La plus belle femme qui soit sera toujours quelque chose qui pue et qui pète. Il n’y a pas de star ! Il n’y a que des cosmétiques.

Dodie – Il y a bien une issue à ce merdier général ?

Gago – Il faut aimer, je crois.

Sako – Aimer quoi ? Le ventre de la femme ?

Gago – Aimer l’amour. Il faut aimer l’amour, je vous dis. Mettre de l’amour dans nos pensées et comme ça la peur n’y aura pas sa place.

Dodie – Et advienne que pourra !

Sako – Pitié pour les emmerdés du monde !

Dodie – Sako, l’amour, on te dit !

Gago – L’amour, Sako !

Sako – C’est bon, j’ai compris ! Des boyaux et des borborygmes.

Gago – Va savoir s’il a vraiment compris !

Dodie – Qui sait ?

2 juin 2012

Mémorial éros. 1915

( Texte de juin 2012)

Sur la colline de Tsitsernakaberd, dominant Erevan, se dresse le Mémorial dédié aux morts de 1915. Composé en son corps principal de deux flèches conjointes, dont l’une est portée à 44 mètres de haut, et de douze stèles en granite,  toutes penchées sur une flamme au centre d’une fosse, ce monument consacré à la mémoire arménienne est l’œuvre de deux architectes Arthur Tarkhanian et Sachour Kalachian. Sa situation géographique dans la topographie générale de la ville suffirait à elle seule à montrer que la blessure qu’il incarne est au cœur de tous les Arméniens. Non seulement il concentre leurs regards à chaque heure du jour, mais il inspire aussi leur volonté d’être vivants. Dans l’ordre d’une lecture première, ces stèles représentent les provinces arméniennes où sévirent les massacres, et ces flèches le grand et le petit Massis. Mais une telle description reste anecdotique et occulte le message subliminal qui hante cette subtile géométrie de pierre consacrée à la mémoire et à la mort.

Une fois l’an, le 24 avril, qu’il neige, qu’il vente ou par les grandes chaleurs, obéissant à l’horloge interne de leur deuil, les Arméniens montent en masse jusqu’au monument pour y déposer des fleurs. C’est mécanique, thérapeutique,  cathartique et communiant. Mais on oublie que le reste de l’année, les jeunes couples qui quêtent des thébaïdes pour s’énamourer à leur aise, ne trouvent pas mieux que le labyrinthe végétal du parc qui entoure le Mémorial. Je laisse à mon lecteur le soin d’imaginer les effets ascendants de deux corps se consommant et consumant dans les feux du regard et du plaisir. D’aucuns pourraient crier au sacrilège à l’idée qu’ils se dressent et se fouillent à l’ombre d’un lieu sacré marqué par le souvenir du néant. A moins qu’en vérité leurs jeux érotiques ne s’enflamment plus follement en raison même de cette proximité. Comme si la vie était à ce point puissante qu’elle faisait triompher son génie sur les poussières de la détresse et de la destruction. Comme si les cadavres du passé servaient de terreau à la prolifération aveugle de l’énergie cosmique. Et qu’en définitive, la raison d’être des morts ne serait pas de tuer, par on ne sait quelle culture du deuil, la dynamique du vivant, mais bien de lui garder toute sa force. Gloire donc aux amants qui se dévorent dans les broussailles, au pied du grand mémorial de pierre et de flamme !

Les amateurs de vieilles pierres, sacrées ou profanes, n’auront probablement pas manqué de remarquer qu’au fin fond du Siounik, au cœur du monastère de Tatev, la colonne branlante qui se dresse au centre d’un bassin fait écho d’une certaine manière au Mémorial. Dans les deux cas, on trouve le cercle et la colonne, la fosse circulaire et la flèche en érection. Certes, l’un dans l’autre à Tatev, séparés sur Tsitsernakaberd. Quand on pense que les femmes venaient à Tatev faire vœu de fécondité en posant une bougie allumée sur le muret du bassin et qu’une flamme trône au milieu des douze stèles du Mémorial, on ne peut s’empêcher de rapprocher les symboles et de voir comment les faits de mort et les gestes de vie s’entremêlent secrètement pour figurer l’histoire de notre humanité. Chacun aura bien noté que si la flamme du Mémorial représente ici l’éternel du souvenir, elle reste là le symbole du désir physique. Thanatos et éros, comme les composantes d’une même passion, la collective et l’amoureuse.

On aura donc compris que le Mémorial de Tsitsernakaberd peut se lire comme un hymne à la vie. Et qu’est-ce que la vie sinon sa perpétuation par les organes destinés à la mettre en œuvre. Ainsi, la flèche ne serait rien d’autre qu’un pénis en érection, et le cercle des stèles un vagin où brûle le désir. Les amants qui fricotent dans les sous-bois avoisinants ne font rien d’autre que d’appliquer les leçons d’érotisme que figure en permanence le Mémorial. Car le génie d’un tel monument est justement de parler à l’inconscient collectif des Arméniens, marqués par une mémoire de mort et animés par le « dur désir de durer » dont parle Eluard. Si ce Mémorial n’avait exprimé que la mort seule, il aurait été amputé du vitalisme arménien. Mais les deux forces se marient intimement dans les formes de la pierre et les danses de la flamme. Jamais monument n’aura mieux signifié l’ardeur à vivre d’un peuple constamment écrasé par le monde, constamment présent au monde.

Denis Donikian

Photos : Alain Barsamian, copyright.

Page suivante »

Créez un site Web ou un blog gratuitement sur WordPress.com.