Ecrittératures

26 mai 2018

De la passion patriotique (1)

Filed under: CHRONIQUES à CONTRE-CHANT,E VIVA ARMENIA ! — denisdonikian @ 5:37

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Étrange chose que la passion patriotique.

 

Le moins qu’on puisse dire, c’est que les récents événements d’Arménie ont permis d’observer combien les Arméniens du monde entier étaient en proie à des sentiments antagonistes. En trois semaines, non seulement nous avons assisté à des renversements de situation mais aussi à des virevoltes de comportement tant là-bas qu’en diaspora. Ainsi, par dépit amoureux, tel thuriféraire du pouvoir Sarkissian se changeait brusquement en contempteur de la chose arménienne tellement son esprit conservateur restait sonné par le coup de jeunesse que lui avait assené Erevan. Quant à ces protestataires, fous amoureux de leur leader, on les voyait, en un clignement, se soulever dans un même mouvement d’exécration envers les députés et potentats oligarchiques qui les auront menés en bateau durant 20 années et plus. Comme si le terreau de la nouvelle idolâtrie s’était constitué à partir d’une lente et sûre détestation. Comme si au mépris subi durant plus de vingt ans on répondait par un mépris unanime et concentré. Comme si en chaque passionné cohabitaient l’amour du pays et la haine de ce qui contrarie cet amour. Comme une même pièce de monnaie habile à montrer en un clin d’œil tantôt sa face et tantôt son envers, la passion patriotique est assez agile pour vous baiser la joue ou vous offrir son cul selon que vous la respectez ou pas.

 

Le lecteur qui nous lit en ce moment et nous-même qui écrivons sommes d’autant plus inconscients de cet passion qu’elle n’existe que par nous et nous constitue comme un attachement animal à la nation arménienne. Dès lors, si nous sommes des sujets lisant ou écrivant sur la chose arménienne, nous devons être aussi regardés comme les objets mêmes de cette passion parce que nous sommes l’œil autant que le spectacle.

 

On a souvent dit de la haine qu’elle pouvait être une autre forme de l’amour. De fait, la haine est constitutive de la passion. Dans le cas arménien, et d’ailleurs partout où se développe la passion patriotique, la chose est telle qu’elle peut s’emparer d’une même personne devenue ainsi victime d’une pathologie touchant à la fois ses pensées et ses actes. Au nom de son peuple ou de son pays, un Arménien peut  s’autoriser à torturer, à mentir ou à trucider un autre Arménien. En l’espèce, ce droit à faire le mal est le propre de tous ceux qui défendent bec et ongle leur patrie. Les Arméniens s’étonnent que Erdogan mente sur le génocide arménien. Mais en quoi Erdogan viendrait salir l’idée qu’il a de la Turquie par un génocide ? Comme si les Arméniens ne mentaient pas pour préserver l’image qu’ils ont d’eux-mêmes. De fait, dans ce cas de figure, tout devient permis, l’amoralité plutôt que l’immoralité. Ainsi, toute morale patriotique aurait le devoir, sinon le droit, de transgresser la morale pour sauvegarder la nation.

 

L’histoire arménienne est jalonnée d’animosités verbales, d’inimitiés sanglantes, de rivalités secrètes ou déclarées, de trahisons. C’est que le bien de la patrie ne souffre pas d’autre conduite que suprême tant il est chose éminemment sacrée. Chacun qui se croit investi d’une mission patriotique de vigilance s’autorise à jeter des anathèmes au nom de l’intérêt national ou en fonction de références absolues qu’il estime incarner. C’est qu’en lui l’amour de la patrie se convertit au quart de tour en haine de ceux qui le dévoient. Mais ceux qui le dévoient croient à leur tour que leur contempteur est lui-même l’ennemi du bien national. Ainsi se mêlent dans un même panier de crabes des hommes relevant d’une même origine, animés d’une même animosité les uns envers les autres mais exprimant des visions antagonistes de l’intérêt national. Tout forum communautaire offre le spectacle de chaudes confrontations où chacun rivalise avec chacun de bons mots et d’idées salvatrices qui constituent autant de messages messianiques dignes d’un café du commerce.

 

Quand ces voix ne conduisent nulle part, elles produisent du rien, du ridicule et de la vanité. Chacun se donne une importance symbolique dont il est dépourvu dans la vie réelle. Garant de sa santé patriotique, le choc qu’il cherche à provoquer au contact de compatriotes qui pensent différemment, donc mal, rehausse à ses yeux son amour-propre, quitte à faire rire aux éclats un spectateur tenu à l’écart de ces joutes de petits titans.

 

En réalité, toute nation se nourrit de ce mal nécessaire pour faire valoir tels intérêts plutôt que tels autres. C’est ainsi qu’il faut voir l’activité parlementaire où des voix discordantes s’expriment au nom du bien supérieur de la patrie. Mais si ici les combats oratoires sont codifiés, sinon policés, ailleurs ils peuvent faire l’objet d’affrontements physiques redoutables. Il n’y pas de parlement où la joute oratoire ne se mue un jour ou l’autre en pugilat. En Arménie, le Parlement a même réussi à faire parler des armes tenues certes par des éléments de l’extérieur mais qui étaient probablement commandités par des responsables politiques désireux de s’imposer par la force.
En vérité, chaque membre soucieux du destin de la nation s’estime comme un acteur de sa survie. La passion patriotique individuelle n’a pas d’autre objectif que celui de garantir la pérennité du peuple. A ce titre, chacun consent à donner de sa personne pour contribuer à la réussite de cette mission. Laquelle mission est en quelque sorte inscrite dans les gênes des individus à des degrés divers. Chez certains elle investira la totalité de la personne, chez d’autres elle ne s’exprimera que de manière épisodique. Mais ne pas participer par son existence à l’éternisation de son peuple équivaudrait à ne pas faire partie de ce peuple. En ce cas, l’homme coupé de sa communauté prend le risque de devenir un être flottant, à savoir un membre libre de toute attache mais qui s’est retranché de la possibilité de s’inscrire dans la durée des siens. Cette insertion au sein d’une communauté offre une orientation à l’existence, entre une naissance qui n’est plus de hasard et une mort qui n’est plus mortelle. Bref, chaque individu se perçoit comme immortel du fait de l’immortalité supposée du peuple qu’il a nourrie de ses pensées et de ses actes, de son agressivité et de son amour.

 

Il faut du courage pour accepter d’être suspendu dans le vide. Un homme comme Ara Baliozian y travaille avec constance depuis des années. Reste à savoir si cette volonté de faire table rase en se débarrassant des oripeaux symboliques de l’appartenance au peuple arménien ne serait pas dans le fond une autre manière de décliner ses origines et de les chérir. De fait, les diatribes d’Ara Baliozian contre le peuple arménien sont des mots d’amour habillés d’humour noir, mais des mots d’amour quand même. Comme si la meilleure façon d’aimer son peuple serait de se fouetter jusqu’au sang en le fouettant jusqu’au sang.

 

Cela dit, la nation arménienne est une nation problématique qui engendre des enfants problématiques. Elle est de ces peuples rares qui restent écrasés par le contentieux d’un génocide, à savoir un deuil dont la plaie n’est toujours pas refermée. Par ailleurs, la nation arménienne souffre d’être une nation éclatée dont les fragments sont culturellement assez éloignés les uns des autres pour espérer une unité réelle et constructive. Il existe un fossé entre un Arménien d’Arménie et n’importe quel Arménien de la diaspora. Les valeurs des uns ne recouvrent pas les valeurs des autres. Et si le combat pour la reconnaissance du génocide est une priorité pour la diaspora, ce n’est pas le cas pour les Arméniens d’Arménie. Ainsi donc en diaspora le critère d’excellence en arménité serait ce combat pour la reconnaissance alors qu’en Arménie les gens qui se battent pour leur bonheur n’ont d’autre souci que de préserver leur survie et leur territoire.

 

Les Arméniens seraient à plaindre qui naissent dans un monde qui les a rendus fous par le meurtre de masse et qui les rend fous par la négation de ce meurtre, s’ils ne puisaient un peu de leur humanité dans des valeurs de compensation, comme la joie de vivre qui leur ouvre des parenthèses d’oubli. Pour autant, pèse sur eux l’obligation de rappeler leur humanité au monde pour l’avoir perdue en 1915. Tout Arménien qui œuvre de près ou de loin pour la reconnaissance du génocide œuvre en fait pour que soit reconnue sa propre personne tandis que perdure par le négationnisme le rejet dont lui et les siens furent et sont encore victimes. Cette rage de vouloir intégrer le monde des hommes rend fou. La passion patriotique arménienne est à la fois l’histoire d’une souffrance injustement subie et l’histoire d’une rédemption à conquérir.

 

Denis Donikian

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25 mai 2018

L’Appel des Professeurs Luc Montagnier et Henri Joyeux

Filed under: APPEL à DIFFUSER — denisdonikian @ 5:14

L’Appel des Professeurs Luc Montagnier et Henri Joyeux pour un principe de précaution en matière médicale et Santé dans la Constitution Française

Chère lectrice, cher lecteur,

Savez-vous qu’en France aujourd’hui, le « principe de précaution » s’applique pour nos cours d’eau, nos forêts, nos sols, les animaux… mais pas pour la santé des êtres humains ???

Hé oui, c’est la réalité : les projets industriels, techniques, commerciaux, qui menacent l’environnement sont soumis au principe de précaution… mais pas ceux qui menacent directement votre vie et celle de vos proches.

Lors de la dernière réforme constitutionnelle, en 2005, le Président Chirac avait fait inscrire dans la Constitution le principe de précaution en matière d’environnement. Ce principe a permis de stopper de nombreux projets potentiellement catastrophiques pour l’écosystème.

Mais il n’avait rien mis pour protéger directement la médecine et la santé des personnes humaines.

La raison est simple :

  • d’un côté, des associations efficaces, mobilisées, organisées pour la défense de l’environnement et des animaux. Elles ont obtenu gain de cause auprès des pouvoirs publics ;
  • de l’autre, en matière médicale et de santé, c’est presque le vide absolu.

Non seulement les associations qui défendent votre santé sont peu nombreuses, et mal prises en considération par les Autorités.

Mais le domaine de la médecine et de la pharmacie est occupé par de puissants lobbies industriels et professionnels, qui font passer leurs profits avant votre santé et même les vies humaines. Il y a en effet énormément d’argent en jeu.

Mais nous avons aujourd’hui une occasion historique de mettre fin à cette aberration.

Avec le Professeur Luc Montagnier, prix Nobel de Médecine, et le Professeur Henri Joyeux, demandons au Président de la République d’inscrire dans notre Constitution le principe de précaution en médecine et en santé.

Plus de 48 000 personnes se sont déjà mobilisées pour les soutenir. J’ai signé l’Appel et j’espère que vous joindrez votre signature aux nôtres en cliquant ici.

Le Président Emmanuel Macron réunit dans quelques jours nos parlementaires à Versailles pour réformer notre Constitution

Les conditions sont réunies pour élargir le principe de précaution à la médecine et à la santé humaine. Il suffit qu’Emmanuel Macron ajoute cette mesure à l’ordre du jour.

Il n’est pas normal que l’environnement et les animaux soient protégés, mais pas la santé des patients.

C’est exactement ce qui se passe avec les vaccins pour les animaux du fabricant Mérial : ils n’ont plus l’adjuvant aluminium en France dans le vaccin pour les animaux, alors que l’aluminium est présent dans le vaccin pour les nourrissons !!!

Souvenez-vous des scandales de la Thalidomide, du Distilbène, du Médiator, des produits dérivés du sang et de l’hormone de croissance contaminés, du Vioxx, de la Dépakine…

Chaque fois, on a donné à des personnes innocentes, qui ne se doutaient de rien (elles ne pouvaient pas savoir) des médicaments qui leur ont fait plus de tort que de bien. À la clé, des milliers de malformations, de souffrances, de décès (nous y revenons plus loin).

Et vous ne savez pas ce qui peut arriver avec les médicaments que vous prenez en ce moment.

  • D’inquiétantes réactions sont observées pour les médicaments contre l’insomnie, l’anxiété, la petite déprime… qui augmenteraient le risque d’Alzheimer.
  • Des cardiologues s’inquiètent des effets possibles des statines (médicaments anti-cholestérol), qui peuvent provoquer de graves maladies (rhabdomyolyse, pertes de mémoire, douleurs musculaires). Ils savent aujourd’hui qu’avoir donné des fibrates (autres médicaments contre le cholestérol) pendant des années fut une erreur.
  • Les gynécologues ne sont plus trop sûrs des effets de la pilule hormonale sur les femmes : elle supprime la fertilité, oui, mais elle pourrait aussi faire « flamber » des cancers et provoquer des embolies pulmonaires (potentiellement mortelles) !!

Des millions de personnes en France prennent pourtant ces médicaments quotidiennement.

Parce que le principe de précaution en matière de santé n’existe pas dans notre Constitution, vous constatez la présence, aujourd’hui dans les pharmacies, de nombreux médicaments autorisés, remboursés même par la Sécurité Sociale, alors qu’ils présentent autant ou plus de dangers que de bienfaits potentiels pour les patients !!

Cette terrible réalité est connue de tous : Autorités de Santé, Ministère, professions médicales, grand public, même.

Elle a fait l’objet d’un célèbre livre des Professeurs Bernard Debré et Philippe Even, le « Guide des 4000 médicaments utiles, inutiles ou dangereux » :

Ce livre sur les 4000 médicaments dangereux, inutiles, ou utiles pour la santé, a été diffusé à plus de 300 000 exemplaires.

Je vous parlais moi-même, à l’instant, de la liste des 90 médicaments qui font plus de mal que de bien, selon la revue Prescrire.

Et pourtant, le sujet semble ne pas intéresser réellement les Autorités de Santé.

Quand un scandale éclate, la Justice met des années, voir des décennies à se prononcer. Bien souvent, les responsables ne sont pas condamnés. Les victimes ne sont pas indemnisées.

L’affaire des hormones de croissance contaminées a duré si longtemps que tous les protagonistes ou presque sont morts entre temps ! En 2016, après 25 ans de procès (un des plus longs de l’histoire de la justice française), les derniers responsables vivants ont tous été relaxés. Aucune victime n’a été indemnisée alors que 111 enfants sont morts, après d’atroces souffrances, de la maladie de Creutzfeldt-Jakob (maladie de la vache folle).

L’avocat des parties civiles, Me Bernard Fau, s’exprimant au nom des vingt et une parties civiles a dénoncé un « naufrage » et l’ « incapacité de la justice française à appréhender ce type de grand scandale sanitaire ». « Il n’y a aucune logique [dans la décision], aucune », a-t-il conclu. [1]

Et de fait, l’imprudence des responsables n’a pas été sanctionnée.

Mais en nous unissant aujourd’hui, nous pouvons obtenir enfin une protection contre ces abus.

Le projet de réforme constitutionnelle du Président Emmanuel Macron contient de nombreux points : réduction du nombre de députés et sénateurs, cumul des mandats, statut de la Corse ainsi qu’une dizaine d’autres mesures.

Rien ne serait plus simple que d’en ajouter une supplémentaire : le principe de précaution en matière de santé !

Mais pour cela il est nécessaire de nous manifester massivement auprès des Autorités en signant l’Appel au Président de la République en cliquant ici.

En effet, personne n’a intérêt (nous voulons dire, intérêt financièrement), à faire passer le principe de précaution en matière de santé dans notre Constitution.

Seuls les patients et leurs soignants sont motivés, car leur santé, leur vie même parfois, sont en jeu.

C’est pourquoi ce mouvement ne fera boule de neige que par la mobilisation de chacun d’entre nous.

Signez cet appel, et faites tout votre possible pour mobiliser votre entourage.

Il s’agit d’une grande initiative démocratique, manifestation pacifique et la force du nombre est essentielle.

Plus nous aurons de voix, plus nous serons légitimes.

Le professeur Luc Montagnier et le professeur Henri Joyeux interviendront en nos noms, mais il est indispensable de nous mobiliser maintenant pour manifester concrètement notre soutien à cette initiative.

Nous serons entendus par le Président Emmanuel Macron si nous sommes assez nombreux à signer cet appel.

Pour cela, nous n’avons aucun autre moyen que votre mobilisation et votre solidarité, via Internet et les réseaux sociaux.

Attention, tout va se jouer dans les jours qui viennent :

La réforme constitutionnelle est aujourd’hui en pleine phase de réalisation. Les parlementaires pourraient être convoqués pour voter à Versailles dans les semaines à venir.

Il est donc indispensable que vous agissiez dès aujourd’hui, dès maintenant.

Un grand merci par avance de votre mobilisation. Les générations à venir vous diront merci.

Bien à vous,

Jean-Marc Dupuis

24 mai 2018

Les avatars du négationnisme turc

Filed under: GENOCIDE ARMENIEN,Uncategorized — denisdonikian @ 10:27
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À y regarder de près, la méthode Erdogan pour nier le génocide des Arméniens ne manque pas d’air. Elle ne s’inscrit plus seulement dans le mensonge ou le nettoyage des archives, le recours aux historiens ou que sais-je encore. Non. Dans la bouche d’Erdogan le sublime, le négationnisme s’est sublimé en vertu humanistique ( osons ce néologisme pour éviter de salir le mot humaniste).

En Turquie, le mois d’avril voit régulièrement fleurir de surprenantes farces et attrapes pour répondre aux Arméniens du monde entier rappelant que le génocide ne tombera pas dans les oubliettes de l’histoire.Après avoir allégué que la guerre avait forcément fait des morts côté arménien comme côté turc, après s’être essayé à une lettre acrobatique de pardon sans pardon et tout récemment promis les yeux dans les yeux des historiens l’ouverture des archives militaires turques dans une version négationniste de leur authenticité, et dit qu’un musulman ne pouvait commettre un crime de masse, voici qu’Erdogan se fait le champion de la morale universelle en fustigeant Israël qu’il accuse de commettre quoi ? Mais un GENOCIDE voyons ! Oui, un génocide contre les Palestiniens pour le moins comparable au génocide subi par les juifs durant la Seconde Guerre mondiale.Rien que ça !

Même si les Palestiniens sont parqués dans une sorte de camp immense appelé Gaza, un esprit sensé aurait du mal à le comparer aux camps nazis voués à l’extermination des sous-hommes.

Par ailleurs, il y a loin entre un affrontement ethnique  et territorial, inégal et intolérable comme celui des Palestiniens et des Israéliens et l’anéantissement systématique des juifs.

Et même si les Israéliens se comportent de manière honteuse à l’égard des Palestiniens au regard de cette fameuse morale universelle, on ne peut à bon droit parler de génocide.

Mais Erdogan le fait. Et il le fait avec l’impudeur et l’impudence des falsificateurs de la vérité universelle.

Or, on sait bien pourquoi. Affirmer que l’autre est un génocideur, c’est prendre la posture de quelqu’un qui n’a à se reprocher aucun génocide dans son histoire. De la sorte, l’accusation permet de couvrir d’un nuage de fumée bon chic bon genre tout un siècle de massacres commençant avec celui des Arméniens et finissant avec celui des Kurdes.

Ce qui voudrait signifier qu’aux yeux d’Erdogan la pratique du nettoyage ethnique opéré par les Turcs depuis cent ans n’est que l’effet d’une guerre légitime contre le terrorisme. Remarquez au passage comme le terrorisme a bon dos. Et puisque la mode et le monde sont au terrorisme, Erdogan en profite pour inclure dans le terrorisme international, un pseudo terrorisme interne afin d’exploiter dans le droit fil d’une conception monoethnique de la Turquie un climat général d’affrontement justifié et d’impunité pour éradiquer les Kurdes.

Guerre donc, mais guerre de qui contre qui s’il vous plaît ? Guerre d’un terrorisme d’Etat contre des peuples qui défendent leur territoire et leur identité.Et quand Erdogan utilise un mot dur pour le balancer à la gueule d’un pays, c’est en réalité dans l’intention cachée de jeter loin de la Turquie l’opprobre qui macule la conscience collective des Turcs négationnistes. Israël pratique un génocide. Israël pratique un terrorisme d’Etat. Mais nous, les Turcs, non !

Israël grignote la terre des autres. Mais nous, non ! Nous n’avons pas pris leurs terres aux Arméniens, ni aux Grecs, ni aux Kurdes, ni aux Chypriotes. NON ! Les autres ont  fait pire. La France par exemple. Un génocide de 5 millions d’Algériens.

Quand Erdogan le manipulateur sort de son chapeau des idées de footballeur, le monde ne rit pas. Il se met à puer. A puer la sueur de la peur et le sang de la mort. Quand la vérité la plus flagrante est à ce point détournée de son sens, c’est la beauté du monde qui commence à dépérir.

La Turquie est belle, mais les Turcs négationnistes puent la bêtise et la barbarie.
Et le monde d’Erdogan pue l’Erdogan.

 

Denis Donikian

11 mai 2018

LA SAINTE-FIRME

Filed under: APPEL à DIFFUSER — denisdonikian @ 8:54

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Par Armand SAMMELIAN

Une entreprise hors sol, coupée des réalités, de type « poupées russes », à la fois politique, commerciale, patrimoniale et martiale à façade spirituelle, est en cours de finalisation au cœur même du Saint -Siège d’ETCHMIADZINE, lui qui aurait dû inonder d’une clarté immatérielle des fidèles éternellement fascinés par le Levant de leurs origines !

Amputée par dizaines de ses représentants les plus expérimentés depuis l’an 2000, la classe sacerdotale apostolique arménienne, réduite en une cléricature juvénile de black-blocs alignés en ordre de batailles et quelques oligarques en soutane, n’a donc eu d’autres choix que de poursuivre les ambitions séculières de son chef suprême.

C’est désormais de plus belle que la dernière réplique de ce bourbier visant le contrôle des paroisses de France, cœurs battants des rescapés du génocide de 1915 et de leurs descendants, pour en faire des succursales aux ordres de moines-soldats, s’étale au grand jour, dans l’hexagone et au-delà.

En supprimant, sans aucune concertation, des statuts juridiques qui ont fait la preuve séculaire de leur efficacité pour de nouveaux prétendument « inspirés », on voudrait nous faire croire que les pouvoirs de la toute-puissance divine se transmettraient dans les mains d’un officiant démiurge détenteur, par nature, d’une sainte parole infaillible.

C’est que, selon les prescriptions comminatoires des « OUGHENICHS(*) » imaginés par la Béatitude qui entend dicter sa loi, le président élu de l’association cultuelle jouerait dorénavant le rôle de collaborateur au service du véritable chef, le prêtre paroissial, nouveau seigneur, maître à penser omniscient et décisionnaire ultime en toutes circonstances.

Il nous faut résister, à l’exemple de NICE, à cette offensive confessionnelle violente qui considère la paroisse comme une sorte de filiale marchande de la société-mère dans laquelle le civil deviendrait un vulgaire adjoint du curé, au risque de saper une complémentarité historique respectueuse les uns des autres, où chacun était dignement à sa juste place dans sa juste fonction, le prêtre à son ministère ecclésial et le civil à sa gestion matérielle.

N’empêche !

Affranchi de toute obligation dévolue à sa seule vocation messianique, le clergé apostolique arménien persiste à s’engager dans une opération capitalistique d’appropriation des biens séculiers paroissiaux, meubles et immeubles, sous peine d’excommunication !

Ce n’est pas tout !

En même temps, ce même clergé ne craint plus d’afficher sa volonté d’immixtion dans la vie communautaire pour la commander et la représenter, mêlant les affaires d’ici-bas à l’éther de l’au-delà, reléguant au passage les laïcs en caméristes des serviteurs de Dieu et creusant un fossé inédit entre clercs sachants et laïcs supplétifs.

Si une majorité consentante de fidèles plie l’échine avec résignation devant les ukases de notre Ecclésiaste par effraction, obsessionnellement torturé par le billet vert depuis son élection, de nombreux autres n’acceptent pas ce MAL qui ronge l’Église Apostolique Arménienne de l’intérieur, la défigure et creuse la tombe de son magistère théologique et prédicatif.

Bref !

Cette guerre d’usure « à la bolchévique » n’en finit plus pour la conquête autoritaire des paroisses de France perçues comme des sources miraculeuses qu’il faudrait pomper au bénéfice de la Sainte-Firme.

Plus grave encore !

Outre qu’il provoque des désordres considérables au sein des paroisses de France, ce diktat mercantile qui amalgame sacré et séculier et disqualifie la pensée magique au profit d’une pensée politique alignée sur celle des oligarques arméniens au pouvoir, traduit la DÉTRESSE SPIRITUELLE INÉDITE d’un Haut et Bas Clergé qu’on ne saurait taire.

Cette déviation sacrilège qui a oublié son catéchisme pour un plat de lentilles, doit être dénoncée comme (la) le « casse du siècle » orchestré par l’Ecclésiaste en chef qui n’en finit plus de mépriser les paroissiens, les réduire au silence et de lorgner les comptes de nos sacro-saintes églises.

Davantage président-directeur-général d’une société multinationale à but lucratif et gérant d’un think-tank d’influence qu’incarnation de la pensée divine et dépositaire de la Parole Perdue, riche comme Crésus pendant que le Peuple se meurt, Il a failli scandaleusement comme personne avant lui !

Si bien qu’entouré d’une poignée d’irresponsables porte-cotons affairistes, de quelques gardes suisses sourds et aveugles et d’une caste cléricale captive et chloroformée, la Béatitude trône imperturbablement sa calculette à la main, à des années-lumière des choses de l’Être et de l’Esprit.

Le pire étant que la tutelle totalitaire convoitée sous forme de « matriochkas », à la fois spirituelle, économique, financière, culturelle et politique trahit un désir de sujétion et d’abaissement des civils et dénote un appétit à humilier le troupeau de fidèles, en fait des citoyens français à part entière, traités au pire comme des brebis galeuses et au mieux comme des agneaux tondus…

Opposer les clercs de l’Église Apostolique Arménienne au peuple arménien et croire qu’Elle pourrait prospérer contre ses fidèles, ou sans âme qui vive dans des églises désertées, constitue une forfaiture sans précédent de la part de son gourou. C’est qu’Il n’y a pas d’Église Apostolique Arménienne sans le peuple apostolique arménien et pour le dire encore autrement, l’Église c’est l’assemblée des fidèles alors que le clergé en est son serviteur !

Si bien que ces trois altérités, peuple, église et clergé n’en font qu’une !

En sorte que la souveraineté de l’Église Apostolique Arménienne se confond avec l’ensemble des apostoliques arméniens de la planète qui l’ont tous reçue en partage, les uns comme les autres, les clercs comme les laïcs, les clercs à égalité avec les laïcs, aucun n’étant l’obligé de l’autre.

Telle a toujours été la tradition de notre Sainte Église au sein de notre nation !

C’est pourquoi ce putsch est aussi une atteinte à l’identité nationale arménienne en butte à un radicalisme clérical conquérant insensé !

Aussi est-il temps que le Pyromane en chef renonce à son funeste projet de mise en coupe réglée des paroisses et de ses paroissiens, avant que cette déconstruction programmée profanatoire ne laisse la SAINTE ÉGLISE APOSTOLIQUE ARMÉNIENNE en lambeaux, Elle qui est encore le lien le plus puissant du sentiment d’appartenance des Arméniens à leur Mère-Patrie !

Notre institution la plus sacrée mérite mieux que l’abîme qui menace de l’engloutir par la faute d’un Serviteur éphémère et incongru dont tout porte à croire que les habits de Catholicos sont décidément trop grands pour lui.

Le gouvernement PACHINIAN saura lui souffler ces quelques vérités à l’oreille !

 

Le 12 mai 2018

 

 

(*) Statuts que veut imposer Karékine II à toutes les associations cultuelles des paroisses apostoliques arméniennes de France.

Scandale : Big Pharma empêche les Africains de guérir !

Filed under: APPEL à DIFFUSER — denisdonikian @ 7:37
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Chers amis du Naturel,
Ce drame se produit loin de chez nous, mais il doit absolument nous mobiliser.
Ce qui est en jeu, c’est :
    • Un quart de milliard (250 000 000) de malades dans le monde ;
  • Et 500 000 morts chaque année ;
Voilà les dégâts causés par le paludisme (malaria), principalement en Afrique.
La bonne nouvelle, c’est qu’on a découvert une plante traditionnelle incroyablement efficace contre ce fléau.
Mais la catastrophe, c’est que l’Organisation Mondiale de la Santé et les lobbys pharmaceutiques font TOUT pour empêcher les Africains d’en profiter !!!
Je sais que cela paraît très difficile à croire.
C’est pourtant la triste réalité :

La plante médicinale « couronnée » du Prix Nobel de Médecine  !
Cette plante miracle contre le paludisme, c’est l’Artemisia annua (armoise).
Les données scientifiques sur son efficacité sont très solides.
La preuve ? Un Prix Nobel de Médecine a été décerné en 2015 à la chercheuse chinoise YouYou Tu qui a redécouvert son efficacité contre le paludisme !
Je dis bien « redécouvert », car il s’agit d’une plante très connue en médecine traditionnelle chinoise pour son efficacité contre les fortes fièvres.
Enfin, l’humanité tenait une vraie solution contre le paludisme : une plante traditionnelle, validée par la science moderne !
Et le plus incroyable, c’est que cette plante a d’autres bienfaits :
    • Elle est très efficace contre les infections intestinales ;
    • Elle serait utile contre le diabète, pour stabiliser le sucre sanguin ; [1]
    • Elle régule le cycle féminin, et calme les règles trop abondantes ;
  • Et elle pourrait avoir de solides effets anti-cancer ! [2], [3]
Tout cela, sans effet indésirable quand elle est correctement utilisée !
Jamais on a été si proche de vaincre le paludisme et de stopper les ravages que cette maladie cause en Afrique !
Mais il y a un « gros » problème :

Trop efficace, elle est déconseillée par l’OMS !
L’Organisation mondiale de la Santé n’est plus une organisation en qui on peut avoir confiance.
Parce qu’elle est en partie financée par les laboratoires pharmaceutiques. Parce qu’elle est dirigée par des médecins ayant des liens d’intérêt avec Big Pharma.
Souvenez-vous de sa gestion de la grippe H1N1 en 2011… elle a rapporté des milliards aux labos qui ont produit les vaccins anti-H1N1… sans le moindre intérêt médical !
Aujourd’hui de nombreuses personnalités se lèvent pour dénoncer cette dérive dramatique. [4] 
Un documentaire récemment diffusé sur Arte était intitulé L’OMS : dans les griffes des lobbyistes.
Et voilà pourquoi, sans doute, l’OMS a déconseillé l’usage de Artemisia annuasous forme traditionnelle, malgré son efficacité contre le paludisme.
Pour se justifier, l’OMS a parlé de raisons techniques et sanitaires – l’usage d’Artemisia en tisane serait « moins efficace » ou pourrait induire un risque de « résistance ».
Mais tous ces arguments sont fallacieux, et ils ont été réfutés par les faits. [5]  
En réalité, il fallait protéger le monopole pharmaceutique sur les médicaments anti-palu.
Car savez-vous comment les laboratoires pharmaceutiques ont réagi à la découverte de l’efficacité de l’Artemisia ?
Ils ont fait ce qu’ils savent faire : un médicament vendable à bon prix, en mélangeant le « principe actif » de l’Artemisia annua (artémisine) à d’autres médicaments anti-palu plus anciens.
On appelle ces médicaments les « ACT » (Artemisinin Combined Therapy)… ils coûtent beaucoup plus cher que la plante séchée Artemisia seule… et ils sont moins efficaces !

La preuve finale apportée par une ONG !
Sur le terrain, en Afrique, les témoignages de l’efficacité de la tisane d’Artemisia Annua ont commencé à se répandre comme une traînée de poudre.
Mais il manquait une grande preuve scientifique, pour mettre tout le monde d’accord.
Aujourd’hui, c’est chose faite.
Grâce au travail acharné de nombreuses associations, un grand essai clinique a été organisé au Congo.
Et cette étude, réalisée en double aveugle, a prouvé que l’Artemisia annua en tisane était plus efficace que les ACT[6] de l’industrie pharmaceutique !
Sous Artemisia, le taux de guérison était de 99,5 %… contre 79,5 % pour le médicament !
Une belle preuve que la plante dans son entier (le totum) peut être plus efficace qu’un seul de ses principes actifs !

La plante qui met KO les milliards de Bill Gates
Au total, l’Artemisia en tisane est le plus grand espoir contre le paludisme, de très loin.
C’est aussi la preuve la plus flagrante que notre médecine moderne va dans le mur.
Le milliardaire Bill Gates a dépensé des milliards d’euros, avec sa fondation, pour essayer de développer un « vaccin » contre le paludisme… sans le moindre succès !
Alors qu’il suffisait, une fois encore, de chercher la solution dans nos remèdes traditionnels !
Faut-il rappeler que la plupart des grands médicaments sont issus de plantes ?
    • L’aspirine est simplement composée d’acide acétylsalicylique… contenu dans l’écorce de saule blanc, utilisé depuis le Moyen-Age comme anti-douleur efficace ;
    • La metformine, le médicament de référence contre le diabète de type 2, a été synthétisée à partir d’une plante traditionnelle, la Galega officinalis ;
    • La L-Dopa, le médicament phare contre Parkinson, est une substance naturelle trouvée dans la « fève des marais » et le « pois mascate » (Mucuna Pruriens) ;
    • Le curare, si précieux pour anesthésier les patients avant une opération chirurgicale, a été inventé par les Indiens d’Amazonie, avec leurs plantes locales ;
  • Et tout le monde sait que la morphine, cet antidouleur parfois indispensable en soins palliatifs, est issue du pavot.
Et le plus beau, avec Artemisia Annua en tisane, c’est que c’est une solution simple, peu coûteuse, efficace, durable et éthique[7] :
    • Car cette plante peut facilement pousser dans les différentes régions d’Afrique… et un seul hectare de culture peut protéger jusqu’à 125 000 personnes !
  • Et en plus, elle place les populations locales comme de vrais acteurs de la lutte contre le paludisme, plutôt que de les déresponsabiliser, en leur donnant au compte-gouttes des pilules inaccessibles pour beaucoup.
Alors il est temps de changer les choses et de répandre l’information sur ce remède !
Cela commence à bouger, heureusement.

Récemment, un documentaire fracassant a été diffusé sur France O, Malaria Business, dont je vous conseille de voir la présentation :

Les esprits commencent à se réveiller… et la meilleure chose que nous pouvons faire, vous et moi, c’est de les y aider !

Alors n’hésitez pas à transférer cette lettre à tous vos contacts… la vérité doit passer !

Votre dévoué,

Guillaume Chopin
Association Santé Naturelle 

Sources

[1] https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/27957318

[2] https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/29061778

[3] https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/29495461

[4] http://www.lepoint.fr/editos-du-point/anne-jeanblanc/l-oms-dans-les-griffes-des-lobbyistes-04-04-2017-2117123_57.php

[5] https://malariaworld.org/blog/artemisia-efficient-banished-french-version

[6] http://maison-artemisia.org/Maison-Artemisia-Brochure.pdf

[7] https://poesybysophie.com/artemisia-annua-malaria/


 

10 mai 2018

L’honneur ultime de Serge Sarkissian

Filed under: ARTICLES,CHRONIQUES à CONTRE-CHANT — denisdonikian @ 3:39
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Serge-Sarkissian

 

Qu’on le veuille ou non, il faut reconnaître à Serge Sarkissian, le premier des Premiers ministres de l’Arménie parlementaire, le courage patriotique de l’autocritique le jour où il a reconnu que Nikol Pachinian avait raison sur l’avenir du pays et que lui avait tort.

Cette décision n’était pas sans risque pour la sécurité du pays. Mais le risque d’un embrasement intérieur aurait été autrement plus dangereux. Le chaos eût été partout si Sarkissian n’avait pas joué l’apaisement et misé sur la résolution de la crise en se retirant.

Voilà probablement l’acte politique le plus digne qui ait été accompli durant la décennie que dura le pouvoir d’un Sarkissian qui se survécut de gré ou de force, par le maintien de l’ordre ou le bourrage des urnes.

Cet acte qu’on qualifia de faiblesse fut exemplaire dans le sens où les intérêts de la nation arménienne ont été considérés avec gravité et justesse. La paix plutôt que le sang. Et effectivement, une fois qui n’était pas coutume dans la gouvernance de Sarkissian, l’apaisement des consciences prévalut sur l’effusion du sang. Acte d’autant plus exemplaire qu’il suscita de par le monde une certaine admiration. L’ère Sarkissian sera donc marquée dans l’histoire de l’Arménie par ce rattrapage politique qui permit à son auteur de quitter ses fonctions par le fait d’une rupture symbolique avec une décennie de malversations et d’abominations dont les Arméniens eurent à souffrir.

Certes les poussées fiévreuses de la rue démontrèrent que Serge Sarkissian n’avait pas d’autre issue que le retrait tellement l’humiliation du peuple arménien avait assez duré au point de se transformer en haine. C’est qu’on peut tromper un peuple un temps, mais on ne peut le tromper tout le temps. Vient le jour où le violeur de la volonté populaire doit payer pour le mal qu’il a provoqué.

Ce mal, le nouveau Premier ministre, Nikol Pachinian, ne souhaite pas qu’il devienne une cause de déchirement au sein du peuple arménien nouvelle manière. Nikol Pachinian a exclu toute vengeance, tout règlement de compte, même si, qu’il le veuille ou non, le temps viendra de donner force au droit pour reconsidérer toutes les anomalies antidémocratiques qui ont été accomplies sous le règne tant de Sarkissian que de Kotcharian. Il faudra bien un jour que des historiens de l’ère post-soviétique, pratiquant des méthodes d’investigations modernes et animés par la nécessité de clarifier les premiers temps de l’indépendance mettent au jour les agissements secrets de cette république souvent qualifiée de bananière. Sans ce nécessaire et salutaire travail de l’histoire portant sur les trente premières années du pays indépendant, il sera difficile de sortir des méthodes obscures qui ont prévalu dans la gestion politique du pays. Pour la bonne raison qu’en ne les examinant pas avec toute la lucidité qu’il convient, elles continueront à gangréner le pays et à perturber les avancées démocratiques voulues par la nouvelle donne.

Ainsi donc, en définitive, il faut reconnaître que durant les trois dernières semaines qui viennent de s’écouler avec l’espoir qu’elles ont apporté, l’Arménie peut à juste titre se présenter comme le symbole d’un changement par la pacification des esprits. Elle le doit à deux personnalités politiques qui ont joué des rôles complémentaires, à savoir Serge Sarkissian et Nikol Pachinian. Grâce leur soit rendue.

 

Denis Donikian

3 mai 2018

Arménie : nouvelle donne

Filed under: ARTICLES,CHRONIQUES à CONTRE-CHANT — denisdonikian @ 4:39
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( Photo D. Donikian, Erevan,  nov 2010)

*

Depuis l’indépendance, et même avant, les intellectuels arméniens de la diaspora se sont comportés de trois manières principales généralement assez tranchées : l’indifférence désengagée, la collaboration passive ou l’observation critique. Il nous est arrivé d’en parler à maintes reprises, car le rôle des intellectuels dans l’évolution des mentalités n’est pas négligeable. Ils décrivent avec leurs mots une réalité qu’ils mesurent à l’aune de la souffrance et de l’injustice. Et même si la part de l’esthétique peut valoir plus que celle de l’éthique, la force interne du verbe les conduit naturellement à dénoncer les aberrations d’une société plutôt qu’à se réjouir de la régularité des trains.

Dans le cas arménien, l’énormité du génocide a obéré les consciences au point de les détourner, à leur insu, de l’urgence du présent. L’écrivain, plus que tout autre, n’a pas été épargné par cette tyrannie du passé. Dans cet ordre d’idée, chez les Arméniens l’historien tient lieu de conscience collective plutôt que l’écrivain lui-même, lequel s’est trop souvent laissé envahir par les questions restées ouvertes de notre histoire, quitte à trahir sa mission d’observation du réel. De la sorte, ce réflexe passéiste a en quelque sorte neutralisé sa capacité à promouvoir un imaginaire de la vie, à faire l’examen des comportements, à percer la carapace du monde tel qu’il est.

L’indifférence désengagée vis-à-vis de l’état social et politique de l’Arménie est d’autant plus déplorable que c’est là que se tient l’avenir du peuple arménien. Cette cécité philosophique qui repose sur une sorte de neutralité petite bourgeoise est-elle admissible quand il s’agit d’un peuple qui se vide lui-même par l’exil, la pauvreté, le mépris politique ou la guerre ? Autant de « causes » humaines qui engendrent des souffrances et sur lesquelles un œil simplement humain ne peut que s’accrocher. C’est que l’Arménie vit sur le fil du rasoir. Croire que toute critique à son encontre, fût-elle humaniste, peut faire le jeu de l’abîme, est indécent. Le véritable abîme est celui que vivent les gens : exil, pauvreté, mépris, guerre. Mais les indifférents qui se réfugient soit dans le passé, soit dans l’art, font aveu de faiblesse. Et cette faiblesse affaiblit le peuple même auquel ils appartiennent.

A l’autre extrême, se situent ceux qui trouvent un malin plaisir à encenser le pouvoir en place, à lui reconnaitre sagesse, hauteur de vue et tutti quanti. Pour autant, ils vous jureront que leur approbation ne vaut pas collaboration. C’est certes vrai dans la mesure où leur engagement n’accompagne pas forcément les impérities et les aberrations du pouvoir. Cependant, approuver suppose qu’on partage les mêmes idées, les mêmes actions, les bonnes autant que les mauvaises. Les bonnes du gouvernement Sarkissian seraient d’avoir préservé la sécurité du pays contre l’ennemi qui le menace périodiquement d’invasion. Les mauvaises seraient d’avoir maintenu la corruption, appauvri les pauvres, alimenté l’émigration. Bonnes ou mauvaises, ces actions forment un tout, constituent une cohérence, produisent un système. Quand on adhère à une politique, on en porte la responsabilité. En d’autres termes, ces intellectuels sont, qu’on le veuille ou non, d’autant plus complices de la corruption qui sévit en Arménie et de la pauvreté qui gangrène la société qu’ils s’opposent farouchement à ceux-là mêmes qui combattent la corruption et s’insurgent contre l’appauvrissement des gens en s’opposant à Sarkissian. Et comme ces intellectuels s’opposent aux opposants, ils donnent raison à celui qui a fait de la corruption un pilier du système et de la pauvreté le dernier de ses soucis (le premier de ses soucis présidentiels étant de bien manger, bien s’habiller et bien boire dans une maison bien protégée). Or, si la pauvreté pousse à l’exil, un climat de corruption généralisée fait de même. L’hémorragie que connaît l’Arménie depuis deux décennies affaiblit numériquement le pays qui est contraint par l’impératif de se défendre. Par ailleurs, si la corruption se répand partout où elle peut trouver de l’avantage, elle finit immanquablement par miner la société, mais aussi pourquoi pas l’économie militaire. Ce qui revient à dire que le soldat, faute d’armement adéquat, en sera réduit à se battre à son corps défendant. Les 4 jours d’avril 2016 ont montré que l’obsolescence des armes a exposé inutilement le soldat arménien. De fait, la corruption substitue à la camaraderie primordiale en temps de guerre un je-m’en-foutisme généralisé, quitte à détériorer la condition du soldat. Là encore, notre soldat est victime de cette mentalité. C’est dans ce sens qu’il faut placer le cas du soldat grièvement blessé qui ne pouvait être soigné qu’en Allemagne et qui s’est vu refusée toute aide financière de la part du gouvernement. Indigne !

De fait, on sait très bien à quelle Arménie se réfèrent ces intellectuels ringards de la collaboration. A une Arménie historique, idéale, traversant les siècles. En vérité, leur Arménie idéale, historique, traversant les siècles est une Arménie théorique, c’est-à-dire sans Arménien. Une certaine idée de l’Arménie. Sinon une Arménie avec des Arméniens qu’on peut sacrifier sans scrupule sur l’autel de la Patrie, de ces Arméniens qui sont accrochés au pays, pas de nos intellectuels d’une diaspora éloignée de tout conflit, à l’abri d’une réalité quotidienne aliénante et qui ose faire la leçon aux autochtones.

Quant aux intellectuels critiques, on l’aura compris, ils ne peuvent garder le silence, quand bien même les indifférents et les collaborateurs les traiteraient de « mouches du coche », c’est-à-dire de personnes qui croient produire du changement politique alors que le mouvement d’une société vient d’ailleurs.

Certes.
Mais à l’heure où Nikol Pachinian est en passe de devenir Premier ministre d’Arménie, le temps est venu de se réjouir qu’après trois présidents responsables du dégoût général, un homme se réclamant de Nelson Mandela  cherche à faire le ménage en remettant aux mains du peuple les clefs de son destin. Trois présidents que notre plume n’aura pas épargnés, depuis Le peuple haï (1995) jusqu’à L’Arménie, à cœur et à cri (2016), en passant par Un Nôtre Pays ( 2003), Vidures (2011), sans parler des livres de randonnées et autres articles parus sur le site Yevrobatsi.org et notre Blog Ecrittératures. A telle enseigne que ces livres et articles nous avaient donné une réputation d’écrivain négatif, incapable d’extraire d’une réalité complexe le solide en ne privilégiant que l’aberrant, comme si le pays arménien était voué à rester irrémédiablement enfoncé dans sa fange à cochons.

Il ne s’agit pas ici de faire du triomphalisme. Mais force est de constater que nos critiques, incessantes, obsessionnelles, compulsives depuis plus de vingt ans n’étaient autres que celles du peuple lui-même. Les 500 000 personnes qui en Arménie sont descendues dans la rue, s’ils avaient lu nos livres, y auraient vu la description de leur âme propre, la teneur de leurs dénonciation, le fiel de leur rancœur. Ce qui se passe aujourd’hui en Arménie est le résultat, qu’on le veuille ou non, comme cela se fait dans l’ordre des idées, d’un climat général de dénigrement, de réprobation et pour tout dire d’écœurement à l’égard de la classe dirigeante. Climat auquel ont contribué aussi bien les Arméniens eux-mêmes que les intellectuels de la colère. Tandis que les autres, les partisans de l’indifférence molle ou de la collaboration tiède se plaçaient par leurs paroles, leurs actions et leur vie du côté le plus inhumain du fléau.

A vrai dire, indifférents et collaborateurs avaient une si piètre idée du peuple arménien qu’ils n’étaient pas loin de penser que c’était un peuple rendu immature par soixante-dix années de soviétisme. Rien de bon ne pouvait advenir de ce peuple qui faisait en quelques années l’expérience de la catastrophe, de la guerre et de l’indépendance. Que ce peuple s’était étourdi sous le poids des malheurs  au point de perdre toute conscience politique et que son accès à la démocratie ne pouvait s’opérer sans un passage obligé par la phase du parti unique auquel il avait été habitué. Or, il aura fallu trois présidents, tous aussi mauvais les uns que les autres, pour donner au peuple arménien un puissant désir de démocratie. Une période d’étouffement qui fut une période d’initiation durant laquelle les Arméniens ont nourri leur colère démocratique et alimenté leur vœu de justice juste, d’élections transparentes et de  libre fraternité. Cette période qu’on ne savait pas transitoire, ni nécessaire, sinon depuis l’avènement de Pachinian, qui a forgé les esprits et les solidarités, les intellectuels de la contestation l’ont conceptualisée par leurs textes. Tandis que les autres continuaient à croire que le peuple arménien ne méritait pas mieux qu’une dictature déguisée en démocratie.

Et donc, disons-le tout net, ce qui nous a toujours guidé comme écrivain arménien, c’était de donner la parole aux sans-voix, de mettre des mots sur leurs souffrances, d’humaniser en quelque sorte le sort cruel que des Arméniens infligeaient à d’autres Arméniens. Nous n’aurons pas failli à cette tâche, même si les thuriféraires patentés des usurpateurs ont pris plaisir à nous ostraciser. Il n’y a pas d’écrivain véritablement humain qui ne soit iconoclaste. Et si, par malheur, Pachinian devait manquer à sa parole, nous reprendrions du service. C’est juré !

 

Denis Donikian

VIVENT LES ABEILLES ! A BAS LES PESTICIDES !

Filed under: Uncategorized — denisdonikian @ 1:51

Cher mouvement Avaaz,

Nous venons de remporter l’interdiction totale de pesticides tueurs d’abeilles dans les 28 pays de l’UE!!!

Ce combat a duré 7 ans et je suis tellement, tellement fière de notre mouvement! Au cours des derniers jours, des centaines d’articles nous ont mentionnés et des médias ont qualifié Avaaz de “catalyseur” du résultat.

Et ce résultat est vraiment ÉNORME. Ce n’est pas juste un tournant dans la lutte mondiale pour sauver les abeilles — il s’agit de l’interdiction des insecticides les plus utilisés au monde, ce qui met les industriels au défi de developper un nouveau modèle, celui d’une agriculture non-toxique!

Nous avons affronté les plus grandes compagnies agrochimiques du monde et fait feu de tout bois: une pétition de 5 millions de signatures, un financement participatif pour des scientifiques… nous sommes même allés jusqu’à contacter un ministre sur le tarmac de l’aéroport!

Voilà l’histoire incroyable de notre campagne. Jetez un coup d’oeil et transposons cette victoire au reste du monde.

Nous avons lancé la plus grande pétition de l’Histoire pour les abeilles

Plus de 5 millions de signatures que nous avons remises avec Bernice, notre abeille gonflable. Du haut de ses cinq mètres, notre mascotte a voyagé dans le monde entier lors des grands moments politiques, tapant à chaque fois dans l’oeil des médias!

Nous avons fait déferler nos messages dans les principaux ministères

… pendant sept ans! Au cours des dernières semaines, la pression a été si forte que les ministres allemand et suédois nous ont directement répondu sur les réseaux sociaux. À Chypre, le ministre a répondu lui-même à Nicolas, un membre d’Avaaz.

Nous avons submergé la consultation officielle de l’UE

Cette consultation discrète n’avait reçu que peu de réponses. Puis les membres d’Avaaz ont débarqué et le compteur est passé d’à peine 9000 à 66 000 contributions en quatre jours! Un jour, nous avons même saturé le système et la Commission nous a écrit: « Merci beaucoup pour vos efforts et votre engagement sur ce sujet! »

Nous avons financé et soumis aux décisionnaires de nouvelles études scientifiques

Pour contrer la noria d’études financées par les entreprises de l’industrie chimique, près de 150 000 membres d’Avaaz du monde entier ont donné plus de 2,5 millions d’euros (!!!) pour financer les campagnes et la recherche sur les abeilles! Ensemble, nous avons soutenu des études indépendantes cruciales menées par d’éminents scientifiques puis les avons portées à l’attention des principaux protagonistes avant le vote. Au final, l’EFSA, l’Autorité de sécurité alimentaire de l’UE, s’est elle-même prononcée en faveur d’une interdiction.

Dave Goulson, professeur de biologie à l’université de Sussex, a déclaré: « Le vote de vendredi est une fantastique victoire pour la science et l’environnement; les membres d’Avaaz peuvent être fiers du rôle qu’ils ont joué. »

 

Nous avons fait entendre la voix des agriculteurs favorables à l’interdiction

Un des arguments avancés pour retarder le vote clamait que les agriculteurs n’avaient pas d’alternatives à ces produits chimiques et étaient contre leur interdiction. L’équipe d’Avaaz a alors rassemblé des agriculteurs conventionnels et bios favorables à l’interdiction dans une lettre ouverte qui démontait ce mythe et l’a publiée partout en Europe — de La Libre Belgique à Marianne en France, en passant par le Dagens Nyheter en Suède. Le plus grand syndicat d’agriculteurs d’Italie l’a même signée!

Alison Waugh, agricultrice en Écosse, a déclaré: « L’avenir de ma carrière dépend de la survie de ce secteur et en fin de compte des abeilles et de leur survie. Ce que vous avez accompli est extraordinaire!« 

Nous avons travaillé en étroite collaboration avec la Commission européenne

Une des clés de la victoire reposait sur la ténacité des décideurs. Lorsque des rumeurs se mirent à faire état de pressions de l’industrie du sucre pour tempérer l’interdiction, nous avons rappelé au Président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker sa promesse d’être « l’homme des abeilles« , remis notre campagne directement auprès de son cabinet et saturé un site internet bruxellois d’annonces publicitaires favorables à l’interdiction. Lors de l’annonce des résultats du vote, le Commissaire européen à la santé en personne a rédigé un message sur Twitter pour se réjouir avec les membres d’Avaaz!!

« Tout plein d’abeilles sur le rond-point Schuman aujourd’hui. Très heureux que les États membres aient voté en faveur de notre proposition pour étendre les restrictions d’utilisation des substances actives imidaclopride, clothianidine, thiaméthoxame, connues sous le nom de néonicotinoïdes! Vital pour la biodiversité, l’avenir de notre alimentation et l’environnement. »

 

Pays après pays, les membres d’Avaaz ont fait monter la pression

France

La campagne a commencé en 2011, lorsqu’un million de membres d’Avaaz a appelé la France à ouvrir la voie avec une interdiction nationale. Gouvernement après gouvernement, nous avons appelé la France à jouer un rôle pionnier jusqu’à ce qu’Avaaz trouve un partenaire et un défenseur des abeilles en la personne du ministre de l’Environnement Nicolas Hulot, qui au cours de cette dernière ligne droite a joué un rôle de premier plan dans le combat européen contre les néonicotinoïdes.

Après le vote de vendredi, Nicolas Hulot a déclaré: « C’est une bonne nouvelle pour les abeilles, mais aussi pour l’humanité. Le paradigme est en train de changer et je veux rendre hommage à la forte mobilisation citoyenne qui a permis cela!« 

 

Allemagne

Autre front de la bataille: mettre l’Allemagne de notre côté. Année après année, les membres d’Avaaz ont fait entendre leur appel pour une interdiction auprès de trois ministres de l’Agriculture successifs! Le ministère a même été obligé de créer une adresse email spéciale pour nous, car nos messages étaient trop nombreux. Au cours de la dernière ligne droite, nous avons mené un sondage d’opinion qui démontrait aux ministres de l’Agriculture et de l’Environnement que les électeurs de leur parti soutenaient une interdiction et ça a marché! L’Allemagne s’est finalement rangée parmi les défenseurs de l’interdiction!

Royaume-Uni

Le Royaume-Uni a bloqué toute avancée pendant des années, un ancien ministre de l’Environnement allant même jusqu’à qualifier les messages d’Avaaz de « cyber-attaque ». Mais l’année dernière, après qu’Avaaz et ses partenaires aient encore amplifié la campagne dans le pays, le Royaume-Uni est devenu un défenseur des abeilles! On raconte même qu’aucun autre sujet n’a généré autant de correspondence des citoyens auprès des députés!

Une fois les trois plus grands pays européens de notre côté, de plus petits pays tels que l’Irlande, le Luxembourg, l’Autriche et la Slovénie se sont ralliés. Mais cela ne suffisait toujours pas…

Pour remporter une majorité qualifiée, nous avions besoin de l’Italie et de l’Espagne

Au cours des dernières semaines, nous avons tout donné dans ces deux pays:

  • Nous avons mené des sondages d’opinion montrant que 87% d’Espagnols et 78% d’Italiens souhaitaient une interdiction;
  • Nous avons publié des annonces dans de grands quotidiens tels qu’El Mundoet Il Sole 24 Ore;
  • Nous avons envoyé un feu nourri de messages personnels aux ministres responsables sur Facebook et Twitter, et fait entendre l’opinion des agriculteurs et des scientifiques;
  • Jour après jour, nous avons parlé avec les responsables politiques, jusqu’au matin même du vote. Pour la petite histoire, c’est un membre de l’équipe d’Avaaz qui a annoncé à un responsable gouvernemental à Madrid que l’Espagne avait voté « oui » — nous étions tellement à la pointe du dossier que nous l’avons informé du vote de son propre gouvernement!
Le député espagnol Juan López de Uralde (Unidos Podemos/EQUO) a déclaré: « Rien de tout cela n’aurait pu se produire sans la mobilisation de millions de personnes qui ont fait pression sur leurs gouvernements. »

Mais nous ne nous sommes pas arrêtés en si bon chemin! Nous avons porté le fer aux Pays-Bas, en Grèce, en Pologne et dans d’autres pays plus petits…

Pays-Bas

Quelques semaines avant le vote, trois membres d’Avaaz aux Pays-Bas ont lancé leur propre campagne nationale pour sauver les abeilles qui est devenue rapidement virale, et s’est retrouvée soutenue par 10 des plus grands scientifiques du pays, deux anciens ministres et même une princesse! Nous avons mené un sondage d’opinion montrant que près de 80% des électeurs néerlandais étaient en faveur d’une interdiction — et remis la campagne directement auprès de la ministre de l’Agriculture. La ministre a même pris une de nos pancartes pour « l’accrocher dans le couloir »! Deux jours avant le vote, les Pays-Bas se prononçaient en faveur d’une interdiction!

Grèce

En Grèce, nous avons envoyé notre énorme pétition au ministre de l’Agriculture, accompagnée d’un pot de miel biologique fabriqué dans son village de naissance et des milliers de membres d’Avaaz l’ont directement contacté par email et sur Twitter. Quelques jours avant le vote, nous avons fait la une d’un quotidien pro-gouvernement populaire et appelé tous nos contacts, y compris le vice-ministre, pour parler directement au ministre. Nous l’avons finalement eu au bout du fil, quelques heures avant le vote, alors qu’il descendait de l’avion. Lorsqu’il a appris que l’interdiction dépendait de la Grèce, il s’est immédiatement engagé à voter pour!

« Les préoccupations de l’opinion publique à propos de l’impact [des pesticides] sur les populations d’abeilles en Grèce et en Europe ont été trop fortes et s’expriment depuis trop longtemps pour que nous les ignorions. »
— Vangelis Apostolou, ministre grec de l’Agriculture et de l’Alimentation

 

« Une pétition du mouvement international Avaaz, signée par près de 5 millions de personnes pour interdire les pesticides tueurs d’abeilles, a joué le rôle de catalyseur pour cette décision. »
— Efsyn, quotidien grec

Quelques minutes avant le vote, nous savions que nous avions 13 pays de notre côté, mais n’étions pas encore sûrs de la victoire. Lorsque nous avons entendu que presque tous les pays que nous avions ciblés avaient voté en faveur d’une interdiction, les membres d’Avaaz sont descendus en masse dans les rues de Bruxelles pour fêter ça.

Remporter cette victoire aura mobilisé toutes nos forces pendant des années. Des partenaires tels que le Pesticide Action Network (PAN), Greenpeace, les Amis de la Terre et SumOfUs ont mené campagne sans relâche aux côtés de notre mouvement et nous avons travaillé main dans la main avec des scientifiques, des apiculteurs, des responsables politiques et des personnalités formidables.

Aujourd’hui, nous pouvons fêter cette histoire ensemble. Cette interdiction est très certainement un virage notable pour le passage d’une agriculture intensive reposant sur l’utilisation des pesticides vers un nouveau modèle d’agro-écologie diablement prometteur, où la production alimentaire peut se faire en harmonie avec la nature, et non contre elle.

Mais nous ne pouvons pas nous reposer sur nos lauriers — nous devons transposer cette victoire aux États-Unis et au Canada, qui envisagent des interdictions similaires cette année. Nous devons aussi rester vigilants en Europe — Bayer et Syngenta ont saisi la Cour européenne de Justice! Nous devons continuer à nous battre dans le monde entier si nous voulons protéger nos terres de la désertification et notre précieuse biodiversité de l’effondrement.

Notre mouvement a été conçu pour ce genre de combats… et cette campagne extraordinaire montre bien que si nous sommes assez nombreux à donner de la voix et que nous sommes avisés, nous POUVONS amener nos gouvernements à protéger le bien commun. Alors merci, merci, merci de tout coeur et ne manquez pas notre prochaine alerte pour le prochain combat!

Avec beaucoup de joie et d’enthousiasme,

Alice, Antonia, Emma, Ricken, Lisa, Iain, Nell, Pascal, Nick, Camille, Francesco, Daniel, Rene, Luis, Oscar, Spyro, Julie, Marie, Olivia, Joseph, Nick, Mia et toute l’équipe d’Avaaz

L’histoire des abeilles et le rôle d’Avaaz ont été couverts par des milliers d’articles. En voici une petite sélection:

L’Union européenne bannit trois pesticides pour sauver les abeilles (Paris Match)
http://www.parismatch.com/Actu/Environnement/L-Union-europeenne-bannit-trois-pesticides-pour-sauver-les-abeilles-1505900

L’UE bannit des pesticides néonicotinoïdes pour sauver les abeilles (Capital)
https://www.capital.fr/entreprises-marches/lue-bannit-des-neonicotinoides-pour-sauver-les-abeilles-1285457

L’UE interdit trois pesticides jugés dangereux pour les abeilles (RTBF)
https://www.rtbf.be/info/societe/detail_l-ue-decide-d-interdire-trois-neonicotinoides-juges-dangereux-pour-les-abeilles?id=9903655

L’UE vote pour interdire les pesticides dangereux pour les abeilles (The Independent, en anglais)
https://www.independent.co.uk/environment/bee-harming-pesticides-eu-ban-vote-environmental-threat-harm-latest-news-a8324981.html

L’UE interdit totalement les pesticides causant des dommages aux abeilles (New York Times, en anglais)
https://www.nytimes.com/aponline/2018/04/27/world/europe/ap-eu-europe-bees-.html

29 avril 2018

Marche et rêve…

Filed under: ARTICLES,CHRONIQUES à CONTRE-CHANT — denisdonikian @ 3:15

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Tandis qu’en Arménie une fièvre démocratique s’est emparée des foules, certains parmi les « intellectuels » de notre diaspora, qui fréquentent les cafés du commerce cybernétiques, commentent les évènements avec l’ironie du scepticisme pour prophétiser que l’aventurisme des leaders conduira forcément le pays à la catastrophe.

Il se trouve que ces « intellectuels » de l’immobilisme qui ne vivent pas au pays viennent faire la leçon à des légions d’Arméniens qui subissaient depuis des années le mépris d’un parti habile à bourrer les urnes pour son avantage. Qui savait écouter les gens en Arménie n’entendait que force récriminations, dégoût et envie de fuir le pays.

Car c’était ça l’Arménie pendant de nombreuses, trop nombreuses années, un écrasement des âmes au quotidien. On ne le dira jamais assez. Un écrasement qui obligeait tant à la résignation qu’à l’exil soit physique soit intérieur. Un écrasement comme une véritable catastrophe culturelle et qui empêchait le potentiel intellectuel de la jeunesse de donner toute sa mesure. En ce sens, la perte de la démocratie conduit nécessairement à une perte des esprits, constamment détournés vers des soucis de survie matérielle ou de sauve-qui-peut politique.
Ce désordre démocratique a engendré des modèles de vie proches de la prédation et de l’affairisme mafieux. En effet, les jeunes n’avaient pas d’autre idéal que celui de calquer leur vie sur la réussite des oligarques. Gros business, grosses voitures, grosses fiestas. Le tout enrobé par un réseau d’amitiés fondé sur le renvoi d’ascenseur ou le retour sur investissement. Telle était la culture dite du « aghperoutyoun ».

A la longue, ce système, si l’on ne s’en préservait pas, pouvait engendrer des pathologies sociales tirées par des valeurs exclusivement matérialistes. La société arménienne a banni l’altruisme réel au profit d’un altruisme de parole où chacun « prend le mal » de l’autre à chaque détour de conversation. Mais dans le fond, c’était un monde de lutte serrée où le souci de l’autre n’existait plus. Cela veut dire que dans un tel contexte, les droits de l’homme ne peuvent avoir aucune consistance réelle faute d’ancrage dans une culture de fraternité.

Or, aujourd’hui, il semble que la société arménienne se réveille brusquement de son sommeil dogmatique et suicidaire. Ce qui se passe dans les têtes, c’est l’ouverture des esprits à tous les possibles. En effet, ce qui se passe dans la rue arménienne équivaut à l’explosion d’un bouchon de champagne. C’est que l’Arménie était vécue comme une société bouchée qui s’agitait en vase clos et n’aspirait qu’à prendre l’air.

Mais contrairement à un processus naturel irrépressible, les Arméniens se sont comportés jusque-là en personnes responsables. En premier lieu, ils ont voulu mener une révolution pacifique d’autant que des consignes ont été données pour éviter toute chasse aux sorcières. Toutefois, il ne s’agira certainement pas d’une révolution susceptible de répéter le passé honni en gardant en place ne serait-ce que des parties du système. Si révolution il y a, ce sera au sens strict, un retour à la case départ de la démocratie où les éléments d’une politique équitable et transparente seront remis au peuple pour qu’il accomplisse le chemin de son bonheur collectif.

En d’autres termes, les Arméniens viennent d’ouvrir la boite de leur rêve politique, celle-la même que le régime républicain s’était acharné à fermer hermétiquement en les privant du droit légitime de choisir celui qui doit incarner leurs aspirations. En effet, l’erreur de Sarkissian a été d’instaurer un régime parlementaire pour se faire élire par ses propres sbires plutôt que par le peuple. Cette dépolitisation à laquelle il a soumis le peuple arménien a fini par jouer contre lui. Mauvais calcul. On peut imaginer ce premier ministre nouvelle manière mesurer l’abîme qu’il aura ainsi creusé entre lui et son peuple au seul spectacle du dégout qu’il a dû lire sur les visages d’une jeunesse débordant de vie dans les rues de la capitale.

Aujourd’hui, tout est permis au peuple arménien, à commencer par le droit de rêver. Rêver d’une Arménie librement choisie. Rêver de travailler pour soi et pour son pays. Rêver de pouvoir donner un avenir à ses enfants. Bref, rêver au bonheur de vivre.

Oui, messieurs les pessimistes, les Arméniens ont raison de rêver. Rêver d’un monde sans oligarques ni corruption. Car à l’origine d’une réalité sociale transformée, il y a toujours une utopie. Et l’utopie nait de l’enthousiasme  qu’inspire un avenir plus grand, plus juste et plus fraternel.

Alors vive le rêve arménien !

 

Denis Donikian

Votre santé est-elle vraiment leur priorité ?

Filed under: APPEL à DIFFUSER,ARTICLES — denisdonikian @ 7:14

Par Jean-Marc Dupuis

Au-delà de tous les scandales médicaux dont la presse a parlé, le pire méfait des autorités sanitaires ces dernières années est, pour moi, l’offensive qu’elles mènent contre les produits naturels de santé, dans le cadre de l’affaire dite des « allégations thérapeutiques ».

Cette affaire vous concerne directement, vous nuit directement. Mais comme il est difficile d’en parler en 30 secondes dans un flash-info, les journalistes ont occulté le problème dans les grands médias et la plupart d’entre nous ne sommes ni conscients, ni inquiets de ce qui se passe.

C’est pourtant un scandale énorme, aux répercussions beaucoup plus concrètes pour chacun de nous que les tripotages financiers de nos politiciens, qui occupent les journalistes.

Je vais vous résumer le problème :

En 2002, l’Union européenne décide de supprimer la liberté des fabricants et vendeurs de compléments alimentaires de faire des « allégations thérapeutiques » sur leurs produits, c’est-à-dire d’inscrire des phrases, des mots, des images suggérant que ce produit pourrait soigner, prévenir, traiter ou guérir une maladie, où que ce soit (site Internet, catalogue, emballage, notice…). Il s’agit de la directive 2002/46 CE. Cette directive vise aussi les noms des marques et même la forme des produits s’ils sont considérés comme « suggestifs » d’un quelconque effet sur la santé.

Par exemple, si un fabricant de compléments alimentaires appelle son produit « Ménopause », il est en infraction car, à ce jour aucune vitamine, aucun minéral, aucune plante, aucun ingrédient n’est reconnu comme ayant aucun impact sur la ménopause. Le fabricant risque une amende de 450 euros par boîte non conforme, ce qui représente potentiellement des millions d’euros d’amende, y compris si le produit est dépourvu de toute dangerosité.

Cette directive interdit même aux fabricants de suggérer que leur produit pourrait combler une carence, un déficit.

Cette interdiction met fin à 2500 ans de médecine qui, depuis Hippocrate, considérait comme évident que « ton aliment est ton premier médicament ». Elle nie que, par exemple, lorsqu’on donne un extrait d’acérola (fruit très riche en vitamine C) à une personne souffrant de scorbut, on lui sauve la vie, ou que la vitamine C, nécessaire à la formation du collagène, est par là-même excellente pour la peau, les os et les artères, ce qui est pourtant chimiquement prouvé…

La raison invoquée est d’empêcher les charlatans de vendre une poudre de perlimpinpin, tout en affirmant qu’elle agirait contre le cancer par exemple, au risque que des personnes naïves renoncent à un traitement médical à l’efficacité scientifiquement démontrée au profit de cette poudre.

L’Union Européenne décide donc de créer un comité d’experts à travers l’Agence Européenne de la Sécurité Alimentaire (EFSA), avec la mission d’examiner les produits naturels, de créer des catégories de produits et d’établir, sur la base des études scientifiques existantes, ce qui serait désormais permis aux fabricants de dire sur chacun d’eux.

L’enfer est pavé de bonnes intentions

A première vue, cela semble partir d’une bonne intention.

Dans la réalité, c’est une véritable catastrophe pour la santé publique. Cette réglementation a entraîné la disparition de milliers de produits naturels du marché, pour les raisons suivantes :

  • Les études scientifiques à grande échelle n’existent pas.

Les bureaucrates européens sont partis du principe qu’il « suffit » aux fabricants de présenter un dossier de recherche démontrant les vertus thérapeutiques de chaque aliment.

Le problème est que, pour la plupart, aucune recherche n’a été faite avec le nombre de participants et le degré de fiabilité exigés pour être admis par le comité d’experts, habitués à la procédure d’évaluation des médicaments.

Non que ces aliments n’aient pas de vertu thérapeutique. Mais personne n’a les moyens ni le temps de réaliser toutes ces études, parce que n’étant pas brevetables, et les études cliniques coûtant très cher, il est impossible de les rentabiliser.

Ce fut par exemple le cas du pruneau : personne n’ayant réalisé d’étude assez « scientifique » aux yeux des experts sur les effets laxatifs du pruneau, ils décidèrent d’interdire cette allégation.

Des milliers d’aliments furent ainsi privés d’office de la possibilité d’être vendus avec des allégations thérapeutiques pourtant bien établies.

  • La tâche est trop vaste.

Il existe des dizaines de milliers d’aliments naturels, qui se présentent sous des formes différentes. Ainsi l’ail rose n’est pas l’ail blanc, et les espèces européennes d’armoise ne sont pas les espèces chinoises. La plupart des aliments naturels agissent en synergie.

Quand bien même des « études scientifiques » existeraient pour chacun d’entre eux, il serait strictement impossible à un Comité, même travaillant jour et nuit, de les examiner toutes, et plus encore les différentes combinaisons d’aliments.

Il leur faudrait travailler plusieurs siècles pour rendre un avis valable sur chaque produit. Des dizaines de milliers de produits supplémentaires furent donc aussi automatiquement condamnés, faute de temps pour les étudier. Ne restaient en lice que les grands classiques, comme la vitamine D, les oméga-3, etc.

  • Les experts sont incompétents.

Trop sélectionnés pour leurs diplômes en médecine conventionnelle et surtout en « toxicologie », beaucoup sont formés à voir des poisons partout.

Par contre, ils n’ont généralement aucune formation valable en nutrition, cette discipline étant elle-même dans ses balbutiements, avec les tout-récents progrès de la biologie cellulaire.

La plupart de ces médecins, formés à la vieille école scientiste, ont de plus un préjugé contre les produits naturels. Pour eux, médecine rime avec médicaments chimiques, tout le reste n’étant que « remèdes de bonne femme ». Cela joue encore en défaveur de milliers de produits naturels qui sont rayés de la liste.

  • Opacité et conflits d’intérêts :

Les experts sont désignés par l’EFSA dans l’opacité totale (qui ? pourquoi ?) et sans garantie sérieuse de leur indépendance vis-à-vis des lobbys industriels.

La présidente, Diána Bánáti, a été obligée de démissionner en 2012 ayant simplement « oublié » de déclarer son conflit d’intérêt avec le lobby pro-OGM International Life Sciences Institute (ILSI) où elle est retournée travailler.

Une autre démission a fait grand bruit : celle du Commissaire européen en charge de la protection des consommateurs (DG SANCO), M. John Dalli, pris la main dans le pot de miel du lobby du tabac.

Le résultat est que, le 23 mai 2012, après six années d’études, le comité d’expert accoucha péniblement d’une liste de… 222 allégations autorisées, sur 40 000 dossiers.

On évalue de plus à des dizaines de milliers le nombre de produits naturels, et combinaisons de produits naturels, trop peu rentables pour que quiconque se soit donné la peine de constituer un dossier.

Beaucoup sont ainsi tombés dans les oubliettes, éliminés de l’Histoire par la folie réglementariste de quelques experts européens agissant en toute opacité.

Répression aveugle

Pire encore, les allégations autorisées ne permettent même pas d’indiquer aux patients que le produit peut les aider à soigner quoi que soit.

La liste n’autorise que les termes suivants : « contribue à un état normal de… » ou encore « participe à maintenir une fonction normale », et impose des formulations techniques peu claires pour les non-spécialistes.

Par exemple, au lieu de permettre d’écrire « l’huile d’olive est bonne pour le cœur », ou « l’huile d’olive réduit le risque de maladie cardiaque », il faut écrire : « Le remplacement de graisses saturées par des graisses insaturées dans le régime alimentaire contribue au maintien d’une cholestérolémie normale. L’acide oléique est une graisse insaturée. ».

Charge au consommateur d’ouvrir son encyclopédie pour comprendre que l’acide oléique correspond aux acides gras présents dans l’huile d’olive.

Autre exemple, au lieu d’autoriser « la levure de riz rouge fait baisser le taux de cholestérol », les experts ont décidé qu’il faudrait écrire : « La monacoline K de la levure de riz rouge contribue au maintien d’une cholestérolémie normale ».

Les fonctions physiologiques positives reconnues aux compléments alimentaires sont niées.

Enfin, comble de la mauvaise foi, l’Union européenne fixe les doses maximales autorisées en vitamines et minéraux dans les compléments alimentaires à des niveaux dérisoires, ne permettant plus à beaucoup de compléments alimentaires d’avoir d’effet positif sur la santé.

La « logique » des experts est la suivante : si la dose des compléments alimentaires est suffisamment haute pour avoir un effet thérapeutique, ils deviennent par définition des « médicaments », puisqu’ils soignent.

Or, comme il est précisément « interdit de soigner » hors du système médical, ces compléments doivent être interdits. On impose une limite assez basse pour s’assurer qu’ils ne puissent soigner quoi que ce soit.

Effets pervers en cascade

D’autres allégations de santé ont aujourd’hui été autorisées. Mais le tableau général ne change pas. La communication sur les compléments alimentaires est tellement encadrée, étouffée, qu’on assiste à des effets pervers en cascade :

  • Faute de lisibilité sur l’usage des produits, la connaissance des produits naturels par le grand public s’étiole, ainsi que l’habitude d’acheter ces produits. Cela augmente le recours à la médecine conventionnelle et aux médicaments chimiques (ce qui bien sûr, arrange l’industrie) ;
  • De nombreux fabricants artisanaux de produits naturels, privés de débouchés, font faillite, conduisant à une baisse drastique de la diversité des produits disponibles dans le commerce, à une dégradation de la qualité, et à une augmentation des prix liées à la diminution de l’offre disponible.
  • Le risque d’erreur chez les consommateurs et patients, augmente, l’étiquetage de la plupart des produits ne donnant plus aucune information utile sur leur usage. Si des effets indésirables ne sont généralement pas à craindre avec les produits naturels, de nombreuses personnes sont néanmoins privées de la possibilité de prévenir ou de soigner leur maladie, s’étant trompées de produit sans s’en apercevoir, et sans moyen de se détromper.

Somme toute, cette réglementation produit l’effet exactement inverse de ce qui avait été prévu. Loin de protéger le consommateur, elle prive tous les acteurs sérieux du secteur de la possibilité d’informer correctement leurs clients.

Ce qui laisse le champ libre aux escrocs qui, par définition, ne se soucient pas des lois, et ne se privent pas de faire des allégations thérapeutiques farfelues sur leurs produits.

Un réglementation qui tue l’innovation

Mais le plus grave est que cette réglementation provoque une fossilisation générale du système de santé, privé de sa principale source d’innovation.

En effet, le progrès médical n’est pas, et n’a jamais été, organisé par les autorités.

Il est absolument capital que les thérapeutes et les patients puissent essayer toutes sortes de solutions, avant de trouver la bonne, la médecine étant avant tout une science expérimentale.

Car c’est grâce à ces expérimentations qu’a lieu le progrès médical, les vertus de la plupart des produits de santé ayant été découvertes par hasard, souvent par des non-médecins (on pense bien sûr à Pasteur, qui n’était pas médecin, mais aussi aux découvreurs de la pénicilline, de l’aspirine, des rayons X, de l’insuline, de la vitamine C, etc.)

Un exemple concret : si un médecin recommande ou prescrit aujourd’hui de l’acérola, il peut être poursuivi en justice car les autorités considèrent que ce médecin doit utiliser seulement de la vitamine C de la pharmacie qui seul a le statut officiel de médicament. Ceci alors qu’on sait que l’acérola a naturellement exactement les mêmes vertus que la vitamine C de synthèse.

De plus, chaque personne étant différente, il n’existe pas « une bonne solution de manière générale » mais « des solutions » selon le patient, son terrain, son passé familial et son environnement.

Par ailleurs, les espèces vivantes évoluent, et les remèdes d’hier ne sont pas forcément ceux d’aujourd’hui, ni ceux d’aujourd’hui ceux de demain.

Le cas très concret se pose également à la médecine conventionnelle avec les antibiotiques, qui évoluent moins vite que les bactéries qui nous entourent.

Permettre le progrès médical par une indispensable marge de liberté

Pour que le progrès existe, il faut donc laisser tous les acteurs mener les plus diverses expérimentations, le rôle des autorités devant se limiter à définir ce qui est interdit car faisant courir au patient un danger sans aucune proportion avec les bienfaits espérés.

Si, au lieu de dire ce qui est interdit, les autorités se mettent à interdire a priori tout ce qu’elles n’ont pas autorisé, plus aucun progrès n’est possible. Et c’est exactement ce qu’a fait l’Union Européenne, dans le domaine de recherche le plus prometteur du 21e siècle, la micronutrition.

Dans la pratique, les choses se passent de la façon suivante : une personne découvre par hasard que, en buvant une infusion d’écorce de saule blanc, par exemple, ses maux de tête disparaissent.

Cette personne va en parler à ses amis. La pratique va plus ou moins se développer, suivant le succès observé. Mais ce n’est qu’une fois que la réputation du produit s’est solidement ancrée que quelqu’un peut prendre le risque financier d’organiser une grande étude scientifique en double-aveugle contre placebo, qui va valider les effets réels ou non du produit. Mais pour un très grand nombre de produits naturels, qui n’ont vocation qu’à traiter des problèmes de santé rares dans des cas particuliers, ces études scientifiques ne se justifieront jamais financièrement.

Les fonctionnaires européens ne peuvent pas comprendre cette contrainte. Pour eux, la vie est simple. « Pas d’études ? Pas d’autorisation. » Et boum, le problème est évacué, tant pis si leur myopie prive un continent entier de milliers de traitements naturels prometteurs.

A titre d’exemple, il suffit d’écouter M. Fréderic Vincent, porte-parole de la commission Santé au sein de l’Europe concernant la directive des allégations expliquer dans une interview : « L’idée était toute simple : faire le ménage dans les allégations de produits de santé dans l’UE, en effet on a en quelque sorte écrémé. », (« Les compléments alimentaires, une pilule qui passe mal », documentaire de Sylvie Chabas diffusé sur France 5 le 14 avril 2013).

Cet homme a la conscience tranquille parce qu’il a « fait le ménage ». C’est donc sans se poser de question qu’il a condamné les myriades de traitements improbables, se situant certes en « zone grise », mais néanmoins porteurs d’espoir pour certaines personnes, dans certains cas.

Car c’est ainsi que marchent les choses dans la vraie vie, et en particulier en médecine : le problème est justement qu’il n’y a pas toujours une solution toute faite, marchant à tous les coups, standardisable, industrialisable.

Songeons à toutes les maladies chroniques, que la médecine soigne mal. Pour le patient, la guérison ne s’obtient pas en appuyant sur un bouton. Elle est un itinéraire, souvent compliqué, comportant des détours et des surprises, que les médecins eux-mêmes ne comprennent pas toujours. « Ecrémer les traitements », ce qui signifie en réalité « éliminer toutes les pistes qui ne sont pas assez claires » pour les experts de Bruxelles, c’est se priver d’une richesse immense, et priver les patients, peut-être, de la chance de guérir.

Au nom de quoi ? Au nom de rien du tout, si ce n’est la folie réglementaire.

Cet autoritarisme est d’autant plus scandaleux que l’administration avait déjà, de longue date, tous les moyens nécessaires pour poursuivre les escrocs vendeurs de poudres miracles. Car dans le domaine de la santé, comme dans tous les autres domaines, le commerçant n’a absolument pas le droit de dire n’importe quoi sur ce qu’il vend.

Les lois répressives existantes étaient largement suffisantes

S’il le fait, il commet une pratique commerciale trompeuse, prévue par l’art. L 121-1-1 du Code de la Consommation.

Cet article donne une liste de 22 pratiques réputées trompeuses sur l’ensemble du territoire européen, qui comprend notamment « 16. le fait d’affirmer faussement qu’un produit ou une prestation de services est de nature à guérir des maladies, des dysfonctionnements ou des malformations ».

Précisons par ailleurs qu’il s’agit d’un délit sanctionné par une amende pouvant aller jusqu’à 37 500 € et/ou une peine d’emprisonnement de 2 ans.

Bref, il était de toute façon interdit pour un commerçant de vendre une poudre de perlimpinpin en faisant croire à son acheteur qu’elle peut soigner du cancer, des problèmes cardiaques, ou des chagrins d’amour…

Il n’était nul besoin de créer des interdictions supplémentaires.

Ainsi va l’Europe, menée par des ânes. Mais il en va cette fois de notre bien le plus précieux : notre santé. Et c’est pourquoi, tant que je vivrai, je continuerai à écrire noir sur blanc, dans Santé Nature Innovation, toutes les vérités sur les produits de santé naturelle que l’administration a si imprudemment interdits aux fabricants. Car je suis couvert par la liberté d’expression, qui n’a jusqu’à nouvel ordre pas encore été supprimée en Europe.

À votre santé !

Jean-Marc Dupuis

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27 avril 2018

Industrie pharmaceutique : le rapport qui a « vendu la mèche »

Filed under: APPEL à DIFFUSER — denisdonikian @ 1:20
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Cher(e) ami(e) du Naturel,
L’objectif de l’industrie pharmaceutique n’est PAS de guérir les patients – c’est uniquement de faire du PROFIT.
Ceci n’est pas de la « théorie du complot ».
C’est écrit en toutes lettres, dans un rapport terrifiant paru le 10 avril dernier.
Attention : l’auteur du rapport n’est pas « anti-capitaliste », « ultra-écologique » et encore moins un partisan des « médecines naturelles ».
Au contraire, c’est un analyste financier de Goldman Sachs, la banque d’investissement la plus célèbre au monde.

Et ce qu’il explique à ses riches clients est tout simplement terrifiant :

Ils avouent : guérir les patients n’est PAS rentable !
La note commence en posant une terrible question :
« Guérir les patients est-il un business model soutenable ? »
Et savez-vous ce que répondent les banquiers de Goldman Sachs ?
NON ! Guérir les patients n’est pas rentable !
Je n’invente rien – le rapport a été cité en détail par des grands médias américains, comme CNBC[1].
Je cite le rapport :
« Les remèdes qui guérissent immédiatement offrent un profil de rentrées financières récurrentes très différent des thérapies chroniques. (…) Ces remèdes représenteraient un intérêt formidable pour les patients et la société, mais pourraient être un obstacle pour ceux qui cherchent un « cash flow » financier durable ».
Et au cas où ce ne serait pas assez clair, Goldman Sachs prend l’exemple d’un médicament récent contre l’hépatite C, qui guérit la maladie à 90 % :
« Ce médicament est un cas d’école, car il a progressivement réduit le nombre de patients susceptibles de le prendre ».

Si les patients guérissent, ils ne transmettent plus le virus à d’autres personnes… cela veut dire qu’il y aura de moins en moins de malades… et donc de moins en moins de profits pour l’entreprise qui vend ce médicament !

Le vilain petit secret de l’industrie pharmaceutique
Si ce raisonnement vous choque, il est temps de vous réveiller.
Car c’est bien comme ça que notre « système de santé » fonctionne.
Les multinationales de l’industrie pharmaceutique ne sont pas dirigées par des « philanthropes » ou des « bienfaiteurs ».
Ces entreprises sont cotées en bourse et sont possédées par des actionnaires – les riches clients de Goldman Sachs, par exemple.
Or les actionnaires ne demandent qu’une seule chose : la rentabilité financière.
Ils veulent que l’entreprise dont ils possèdent des actions fasse le plus grand profit possible.
Ils se moquent bien de savoir si l’entreprise va « sauver le monde » – ils veulent que leurs actions leur rapporte de l’argent.
Voilà pourquoi Big Pharma fait plus de recherche contre la calvitie que contre le paludisme.
Ce n’est pas moi qui le dit, mais le milliardaire Bill Gates[2] :
« Le capitalisme implique qu’il y aura beaucoup plus de recherche scientifique contre la calvitie que contre des maladies comme le paludisme, qui touche surtout des personnes pauvres. Un remède contre le paludisme est le plus grand besoin d’un point de vue humaniste. Mais la recherche sur ce sujet ne reçoit presque aucun financement. »
De même, Big Pharma investit beaucoup contre l’impuissance sexuelle que contre la sclérose en plaques.
Et financièrement, c’est « justifiée » : la fameuse pilule bleue de Pfizer pour favoriser l’érection a été l’un des médicaments les plus rentables de ces 15 dernières années !
Mais il y a bien pire.

Si vous allez au bout du raisonnement, vous en arrivez à une conclusion encore plus affreuse.

Maintenir les gens malades est plus rentable que de les guérir
D’un strict point de vue financier, l’idéal pour Big Pharma, ce sont des traitements qui :
    • Sont brevetables (ce qui exclut les remèdes naturels) ;

 

    • Doivent être pris tous les jours, idéalement toute la vie ;

 

  • Et bien sûr, ne guérissent pas la maladie !

 

Comme par hasard, c’est le cas des médicaments chimiques :
    • Qui réduisent la tension artérielle ;

 

    • Qui régulent le diabète ;

 

    • Qui abaissent le cholestérol ;

 

    • Qui soulagent les douleurs articulaires ;

 

  • Etc., etc.

 

Vous voyez le problème ?
Pour chacune de ces maladies, il existe des protocoles 100 % naturels qui guérissent en profondeur.
Par exemple, contre le diabète que l’on dit « incurable », un régime alimentaire spécifique permet de se débarrasser de la maladie.
Ce sont des chercheurs de l’Université de Newcastle qui en ont apporté la preuve, publiée dans une des revues médicales les plus prestigieuses au monde[3].
Les patients qui suivent ce régime n’ont plus le diabète… et n’ont plus besoin de médicament !

Et c’est bien sûr une catastrophe financière pour Big Pharma et ses actionnaires !

Vive la recherche médicale non privée !
La morale de cette histoire, c’est que nous avons besoin de recherche scientifique désintéressée !
Nous ne pouvons pas compter uniquement sur Big Pharma pour notre santé !
Il faut impérativement que la recherche médicale soit aussi financée par des organismes publics et des fondations d’utilité publique.
Heureusement, cela commence à être le cas, à travers le monde.
En deux clics, depuis n’importe quel ordinateur, vous et moi avons désormais accès :
    • Aux récentes études d’universitaires chinois prouvant l’intérêt d’une plante locale, l’uperzine A, contre Alzheimer ;

 

    • A l’accumulation d’études financées par l’Etat indien prouvant les bienfaits du hatha yoga (le trésor national), notamment en accompagnement du cancer ;

 

  • Ou encore aux études brésiliennes sur les bienfaits de la propolis verte – un antibiotique naturel étonnant !
Donc ne nous décourageons pas !
Big Pharma est encore très puissant… mais la science désintéressée, la vraie, est en train de gagner du terrain !
Votre dévoué,
Guillaume Chopin
Association Santé Naturelle

Sources

[1] https://www.cnbc.com/2018/04/11/goldman-asks-is-curing-patients-a-sustainable-business-model.html

[2] http://blogs.sciencemag.org/pipeline/archives/2013/03/14/does_baldness_get_more_funding_than_malaria

[3] https://www.lanutrition.fr/medecins-et-patients-ignorent-trop-souvent-quon-peut-guerir-du-diabete?IDCONTACT_MID=a64b45545c35200d7472764e0

Association Internationale pour une Santé Naturelle, Scientifique et Humaniste (AISNSH)
Case postale – 1211 Genève 3 – Suisse

 

23 avril 2018

Longue vie au peuple arménien !

Filed under: ARTICLES — denisdonikian @ 7:03

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En cette veille de 24 avril, un sentiment de renaissance s’empare de tous les Arméniens de bonne volonté. Cette victoire à l’arraché est le fait d’une exaspération qui dure depuis 10 ans, sinon plus. Il fallait cette nouvelle génération née après l’indépendance pour bouter les corrompus hors du champ politique.

 

Au passage, il faut souligner la lucidité de Serge Sarkissian pour avoir reconnu ses torts et surtout avoir entendu la voix du peuple arménien. Pour autant, on se demande si les difficultés qui ne manqueront pas d’advenir ne vont pas conduire les timorés à le regretter, surtout dans un contexte où la Russie cherchera à maintenir son pré carré.

Cela dit, le peuple arménien ne pouvait pas faire autrement que de crever l’abcès. Quitte à devoir se retrousser les manches. Il faut faire confiance à l’intelligence de la jeunesse arménienne qui a tenu jusqu’au bout et qui était prête au sacrifice.

 

Par ailleurs, la nouvelle Arménie peut compter sur plusieurs atouts dès lors qu’elle a les coudées franches et qu’elle saura s’affranchir de la corruption et de la mainmise des oligarques. Le nouvel ordre social et politique qui devra s’instaurer en Arménie pourra reposer au moins sur deux piliers extérieurs : L’Europe et la diaspora.

 

Le pragmatisme de Sarkissian avait déjà posé des jalons du coté des instances européennes, d’autant que la jeunesse arménienne qui vient de faire sa révolution avec la maturité civique dont elle a fait preuve se sent avant tout européenne. Si Sarkissian peut encore jouer un rôle dans le régime qui lui succédera ce sera d’aider les nouveaux dirigeants à assurer cet ancrage de l’Arménie sur l’Europe.

 

Quant à la diaspora, avec la nouvelle équipe dirigeante, elle va surement se sentir encouragée à aider l’Arménie comme elle l’a toujours espérée, et ce dans tous les domaines de ses compétences, aussi bien financier que technologique et humanitaire. Le chantier est immense. Désormais, l’Arménie et la diaspora pourront travailler main dans la main à l’amélioration de la vie des gens et du pays en général.

 

Enfin, dès lors que la corruption sera réellement combattue, cette nouvelle donne va instaurer un climat de confiance général dans toutes les directions, entre les Arméniens d’Arménie et avec la diaspora. La voie est ouverte.

 

Les vieilles têtes qui croient faire montre d’intelligence en affichant leurs doutes sur les capacités de la jeunesse arménienne à conduire le pays se sont trompées. Le conservatisme frileux et lâche ne permettra jamais à l’histoire de forcer les portes du destin.

 

Denis Donikian

22 avril 2018

L’Arménie au cœur

Filed under: APPEL à DIFFUSER,CHRONIQUES à CONTRE-CHANT — denisdonikian @ 1:17

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LIBEREZ PACHINIAN

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Qu’on se le dise. Aucun Arménien de la diaspora ne devrait se sentir autorisé à faire la leçon aux opposants à Serge Sarkissian, qui animent depuis plus d’une semaine les mouvements contestataires en Arménie. La première raison qui devrait pousser un Arménien de la diaspora à s’en abstenir serait que lui, contrairement à tout citoyen d’Arménie, ne souffre ni dans sa chair ni dans sa conscience civique du mépris que lui font subir tant des parlementaires affairistes que des politiciens accros du pouvoir et pratiquant depuis des années fraudes, répressions et autres jeux de dupes. Le dernier canular sorti du chapeau de Serge Sarkissian ayant été sa métamorphose de président en premier ministre au nez et à la barbe du peuple arménien.

 

Cette caste au pouvoir croyait le peuple arménien suffisamment amorphe et inapte au sacrifice pour se permettre de promouvoir ses hommes sans avoir recours au suffrage universel. Mais non. Les « salauds » qui tiennent ce truquage comme indispensable à un pays au bord de la crise de guerre se trouvent tant du côté du pouvoir qu’au sein d’une diaspora soumise, frileuse et pour tout dire lâche. Chacun aura remarqué que ceux qui en diaspora approuvent ce jeu de passe-passe ne sont eux capables d’aucune once d’indignation comme un citoyen de pays démocratique serait en devoir d’éprouver. C’est à se demander quels intérêts se cachent sous cette approbation d’un pouvoir honteux qui bafoue à tout-va le droit aux Arméniens d’Arménie de revendiquer un avenir qui soit à la mesure sinon de leurs rêves du moins de leur raison.

 

Parmi les arguments avancés, le plus éculé serait que 70 années de soviétisme n’auraient pas permis aux Arméniens d’accomplir cette maturation démocratique nécessaire à l’épanouissement politique du pays. Cela voudrait signifier que les Arméniens sont littéralement des imbéciles. Ils ne sauraient tenir tête à un ennemi qui force aux frontières, de sorte qu’il vaudrait mieux opposer à un dictateur fou (Aliev) un dictateur dur ( Sarkissian). D’ailleurs, l’idée n’est pas loin qui consiste à penser que la contestation affaiblirait le pays et que mieux vaut se serrer les fesses à l’interne avec un Sarkissian inapte au social pourvu qu’on s’épargne une percée ennemie aux frontières grâce au même Sarkissian. Cet argument oublie plusieurs choses, à commencer par le fait que les Arméniens n’ont pas attendu Sarkissian pour défendre les habitants de l’Artsakh au début des années 90. Et si hier, ils se sont levés comme un seul homme, aujourd’hui ils feraient sûrement de même. Sans oublier qu’aujourd’hui, une armée existe et que la combativité du soldat arménien n’est pas à prouver pourvu qu’on lui donne des armes.

 

De fait, ceux qui manifestent aujourd’hui dans Erevan sont pour la plupart d’une génération qui n’a pas connu le soviétisme mais qui baigne dans un monde aussi bien tiré vers le haut par un idéal de respect des droits humains que largement innervé par les réseaux sociaux. Ce n’est donc pas une jeunesse totalement conditionnée par les années de plomb qu’ont subies leurs parents, mais une génération neuve, ouverte, soucieuse d’égalité, à qui on ne la fait pas. C’est d’ailleurs en quoi Serge Sarkissian s’est grandement trompé en croyant que la prolongation artificielle de son mandat allait passer comme une lettre à la poste.

 

Soulignons au passage qu’il serait injuste d’incriminer Pachinian d’être à l’origine d’une instabilité intérieure susceptible à juste titre de provoquer une instabilité aux frontières. Pachinian n’est pas la cause, mais l’effet d’une cause qu’il a longtemps combattue en dénonçant les prolongations illégitimes du mandat présidentiel. En effet, le principal fauteur des troubles qui agitent la société arménienne périodiquement depuis dix ans n’est autre que le président Sarkissian lui-même. Chacun aura remarqué que sous son régime, la pauvreté a augmenté, l’hémorragie démographique est devenue d’autant plus alarmante qu’elle suscite aujourd’hui de la part du même Sarkissian des programmes pour inverser la tendance. Quant à la corruption, loin d’avoir été combattue comme promis, elle s’est au contraire durablement installée.

 

Et qu’on nous cite une seule réforme qui aurait permis un semblant de mieux-être dans le pays.

 

Si les Arméniens quittent l’Arménie, comme nous le dénonçons depuis nos premiers livres, ce n’est pas que le phénomène soit général dans les ex-républiques soviétiques, mais que les fraudes à répétition qui ont enrayé la machine électorale en Arménie ont découragé les Arméniens d’oser espérer améliorer l’avenir de leurs enfants. Dans cet ordre d’idées, rappelons que la corruption qui gangrène la société a également renvoyé chez eux les Arméniens de la diaspora qui souhaitaient contribuer au développement du pays.

 

Et comme tout se précipite en Arménie en ces jours d’effervescence civique, à l’heure où nous écrivons ces lignes, Nikol Pachinian a déjà été arrêté quelques heures à peine après avoir rencontré Serge Sarkissian auquel il a demandé de se retirer. Lequel Sarkissian a estimé qu’il s’agissait d’un chantage.

 

Cela dit, les « sages » tant de la diaspora (Aznavour et autres) qu’en Arménie ( le président Armen Sarkissian, le Catholicos, etc ) ont tôt fait de prôner un dialogue qui soit constructif pour le pays. Or, cela fait des mois sinon plus que Pachinian essaie de faire entendre raison à Sarkissian pour qu’il se retire définitivement de la vie politique au profit d’une réelle alternance comme en attendent les générations qui manifestent aujourd’hui à Erevan.

Vous aurez d’ailleurs remarqué que Serge Sarkissian use toujours des mêmes ficelles comme il l’a fait avec Tsarukian et Hovanissian. Il prône le dialogue mais ne cède rien sur son propre pouvoir, quitte à attirer son adversaire dans un piège pour mieux l’éliminer. Dans de telles circonstances, le dialogue est une figure imposée par la démocratie pour montrer la bonne volonté du pouvoir alors qu’il prépare en sous-main une répression impitoyable. En ce sens, Sarkissian a une trop haute idée de l’Arménie qu’il défend pour ne pas reculer devant le sacrifice de quelques citoyens afin de remettre les choses en place et de faire rentrer les manifestants chez eux.

 

Dans cet ordre d’idée, il faut déplorer les arrestations massives qui ont eu lieu et qui ne manqueront pas d’arriver dans la mesure où les personnes arrêtées vont se trouver à la merci d’une police qui aura probablement les coudées franches pour faire passer aux victimes l’envie de se mesurer à elle et de manifester de nouveau. Il faut rappeler qu’en Arménie, pays où l’État de droit n’existe pas, on peut rentrer dans les locaux de la police et ne plus en resortir vivant.

 

Tout compte fait, c’est ainsi que va se solder ce mouvement de protestation. Serge Sarkissian en a vu d’autres. Il fait avec et continue d’avancer. Et de la même manière, le peuple continuera de faire avec Sarkissian, quitte soit à se résigner, soit à quitter le pays. Quant aux autres, ils n’auront qu’à ronger leur frein.

 

Pour l’heure, il faut libérer Nikol Pachinian.

 

Denis Donikian

19 avril 2018

SOUTIEN aux OPPOSANTS en ARMENIE

Filed under: APPEL à DIFFUSER — denisdonikian @ 4:28

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Une pétition vient d’être lancée à l’échelle internationale en soutien aux manifestations pacifiques en Arménie.

La pétition est en trois langues : anglais, français, arménien

Vous pouvez la signer ici :

https://chn.ge/2HzMGQA

3 avril 2018

Sauvez les abeilles pour sauver les hommes

Filed under: APPEL à DIFFUSER — denisdonikian @ 1:18
AGISSEZ MAINTENANT

L’Europe vient de lancer une consultation publique qui pourrait entraîner l’interdiction totale des pesticides tueurs d’abeilles! Nos gouvernements ont tout fait pour en retarder le vote — VOILÀ notre chance de les mettre au pied du mur. Les abeilles ont désespérément besoin de notre aide et la consultation se termine dans 48h. Cliquez pour participer maintenant:

AGISSEZ MAINTENANT

Chères amies, chers amis,

Les abeilles sont indispensables à notre chaîne alimentaire, pourtant une nouvelle étude vient encore de confirmer que les pesticides sont une menace pour leur survie! Mais les gouvernements européens viennent de nouveau de repousser le vote où ils pourraient interdire ces tueurs d’abeilles.

L’Europe a lancé une consultation officielle pour sonder l’opinion du public — voilà notre chance de les mettre au pied du mur. Si nous inondons cette consultation de contributions, nous pouvons obtenir une interdiction de ces pesticides! Le prochain vote aura lieu dans quelques semaines à peine. 

Selon des sources bien informées, la consultation n’aura un réel impact qu’à partir de dizaines de milliers de contributions et il n’y en a que quelques milliers pour le moment. Plus de 4 millions de personnes ont signé notre pétition sur les abeilles: ensemble, nous pouvons faire exploser la participation en quelques minutes. Il ne reste plus que 48h — faisons tous un petit effort et aidons à construire un avenir sûr pour tous:

Cliquez pour dire à l’Europe: sauvez les abeilles

Selon des sondages commandés par Avaaz ces dernières semaines, plus de trois quart des Européens veulent une interdiction totale des pesticides néonicotinoïdes. Par ailleurs, les preuves s’accumulent pour démontrer que les pesticides tuent nos abeilles, avec une récente confirmation de la part de l’Agence européenne pour la sécurité alimentaire. Malgré tout cela, les gouvernements continuent de traîner les pieds.

Ils viennent encore de repousser un vote sur une interdiction totale, le renvoyant au mois de mai. Ils sont donc en ce moment même en train d’arrêter leur position et nous pouvons leur montrer que les citoyens les ont à l’oeil — et veulent des actes.

Cette consultation peut paraître complexe et technocratique, mais son potentiel est immense. Si nous montrons que le public est massivement du côté des abeilles — et pour une interdiction totale des néonicotinoïdes — nous pouvons gagner. Rejoignez-nous en cliquant sur le lien ci-dessous: cela ne prend que quelques minutes et nous pouvons sauver les abeilles pour de bon: 

Cliquez pour dire à l’Europe: sauvez les abeilles

Nous savons que ça fonctionne! Nous avons inondé de précédentes consultations — en 2016, nous avons été des centaines à nous faire entendre pour la neutralité du net, et avons gagné. Il y a quelques mois, nous avons fait de même lors d’une consultation de l’UE sur l’ivoire et aujourd’hui, une interdiction de son commerce en Europe est à portée de main. Ensemble, nous sommes plus forts, alors utilisons notre pouvoir citoyen pour nos abeilles.

Avec espoir et détermination,

Antonia, Danny, Anneke, Mélanie et toute l’équipe d’Avaaz

Plus d’informations:

Deux études à grande échelle confirment les dégâts des néonicotinoïdes sur les abeilles (Le Monde)
http://www.lemonde.fr/planete/article/2017/06/29/deux-etudes-a-grande-echelle-confirment-les-degats-des-neonicotinoides-sur-les-abeilles_5153318_3244.html#bcywFZt0UiiOmBu0.99

Sans abeilles, nos magasins seraient vides (20 minutes)
http://www.20min.ch/ro/news/monde/story/Sans-abeilles–nos-magasins-seraient-vides-31928895

Agriculture: réduire les pesticides ne nuit pas à la productivité (Les Échos)
https://www.lesechos.fr/04/03/2017/lesechos.fr/0211844864144_agriculture—reduire-les-pesticides-ne-nuit-pas-a-la-productivite.htm#YzBKk6cw0O0KlLK2.99

Mourrions-nous de faim sans les abeilles? (BBC, en anglais)
http://www.bbc.co.uk/guides/zg4dwmn

Attaque des tueurs d’abeilles: des documents montrent que Bayer et Syngenta se sont alliés avec des agriculteurs pour contourner les régulations pro-abeilles (Politico, en anglais)
https://www.politico.eu/article/europes-lost-colonies-bees-neonicotinoids/

30 mars 2018

Trente-six vues du mont Tarara (20)

Filed under: ARTICLES — denisdonikian @ 6:01

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( cliché Alain Barsamian)

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Le point de vue du sémiologue

 

Rares sont les peuples dont l’imaginaire collectif s’investit avec autant de ferveur dans une montagne. Les Japonais ont le Fuji-Yama et peuvent l’épouser par le regard, par la marche, par l’image. Les Arméniens n’ont pas le Tarara chez eux, même s’ils ont la conviction qu’il leur appartient (comme si qui que ce soit pouvait s’approprier une montagne). Si même le Tarara n’est pas chez eux, il est en eux. Et si le Tarara est chez les Turcs, il n’est pas en eux. Cette différence est de taille. Géographiquement, la montagne se situe à l’extrémité du pays turc comme un objet oublié au fond d’un tiroir. Contrairement aux Arméniens qui l’ont en permanence sous les yeux comme un gâteau coiffé de chantilly derrière une vitrine. Le Tarara obsède le paysage arménien.

 

En plaçant le Tarara l’autre coté de leur frontière, l’histoire a fait naître une immense frustration chez les Arméniens avec l’effet sournois d’une provocation de la part des Turcs. Plutôt qu’une frustration, une blessure indélébile devenue constitutive de tout Arménien conscient d’appartenir à une même nation. C’est que les Arméniens vivent dans l’humiliation d’avoir à supporter que les Turcs leur fassent la nique à longueur de journée en exhibant le Tarara à leur porte. Oui, une blessure telle que son exaspération peut muter en sourde pathologie. Il est vrai que les Arméniens sont toqués de leur Tarara. Qu’ils soient d’ici ou d’ailleurs, ils vivent avec ça, à savoir une perte qui résume la perte de leur territoire naturel conjuguée à la perte d’un million 500 mille des leurs. De la sorte, l’histoire restera une plaie vive tant que le contentieux entre Turcs et Arméniens ne sera pas clos.

 

Le Tarara est un signe de ralliement. Plus qu’un drapeau, il fait partie d’une sorte de mythologie intime et nationale. Le Tarara intime aux Arméniens de se maintenir comme nation. De cette manière, les Arméniens ne cessent de décliner son image dans tout le pays et principalement au gré des rues de la capitale. Faute d’être les propriétaires actuels du Tarara, les Arméniens se sont emparés de son symbole. Sa courbe de nez aquilin couché constitue le refrain visuel le plus symptomatique qui soit. Impossible de le perdre de vue. Si vous l’avez égaré, il réapparait aussitôt à votre regard pour bien vous faire comprendre que vous êtes et resterez tararien. C’est pourquoi on le démultiplie jusqu’à plus soif en l’imprimant sur les paquets de cigarettes, les bouteilles de cognac, les timbres, les tee-shirts, les affiches publicitaires, les papiers à lettre et autres supports ( sauf le papier hygiénique, évidemment). Pour qui veut exalter l’arménité d’un produit de consommation, son premier réflexe est de l’accoler à l’icône du Tarara. Une simple vignette frappée au sceau du Tarara confère une plus-value au produit. Ce profil de montagne singulier, à nul autre pareil, est à ce point répandu qu’il sature le petit monde arménien. Et en effet, distribuée dans tous les coins et recoins de la vie quotidienne, la mythologie du Tarara non seulement conforte les Arméniens dans leur arménité mais les persuade qu’un jour ils danseront autour de lui ou sur son sommet.

 

Les Arméniens qui vivent ailleurs et n’ont pas l’heur de l’avoir sous les yeux à chaque instant du jour doivent se contenter d’un tableau kitch acquis au vernissage à Erevan. Le vernissage est une placette où les peintres exposent des Tarara pour tous les goûts, même pour ceux qui n’en ont pas, sauf à respecter la ligne de crête qui le caractérise. Ce sont des tableaux sans autre valeur que marchande et patriotique. L’acquisition d’un tel tableau permet au peintre de nourrir sa famille et à l’acquéreur de nourrir son attachement à la terre arménienne, sachant que la chose sera exposée dans son salon pour bien montrer au visiteur qu’il a eu le privilège de voir le Tarara de ses propres yeux comme s’il avait fait son pèlerinage de la Mecque. Il fut un temps où ces peintres séparaient en premier plan le grand et le petit Tarara par deux peupliers. Histoire d’ajouter une rime à la rime des montagnes pour échapper à la monotonie. Par la suite, le changement d’époque aidant, certains oseront une opération chirurgicale destinée à l’ablation de ces peupliers, au risque d’exposer les Tarara dans leur nudité naturelle.

 

Pour autant, personne ne trouvera chez les peintres arméniens un fou du mont Tarara capable de se mesurer à la ferveur obsessionnelle d’un Hokusai, auteur des Trente-six vues du mont Fuji. Il faut dire que le peintre japonais ne craignait pas de décliner le mont Fuji selon les modalités de la vie japonaise, montrant ainsi le contraste entre le grouillement du travail humain et l’impassibilité minérale de la montagne, quitte à faire montre d’un enthousiasme à la fois religieux et puéril. En revanche, le peintre arménien pourrait craindre le ridicule d’une passion jugée excessive même s’il avait l’assurance qu’elle lui serait pardonnée. C’est que l’engouement dont font preuve les peintres du Tarara qui s’exposent au vernissage est de pur mercantilisme. Parmi eux ne se trouve aucun équivalent digne de se mesurer au degré d’adoration d’un Hokusai, sauf peut-être parmi les photographes. Il reste que les deux montagnes s’inscrivent différemment dans les regards : le mont Fuji est un volcan apaisé par l’histoire alors que le mont Tarara demeure l’objet d’un litige non résolu. Les Japonais boivent leur mont Fuji comme un saké, les Arméniens absorbent l’alcool du mont Tarara jusqu’à brûler leur âme.

 

En leur soufflant le mont Tarara, les Turcs ont réussi à perpétuer leur victoire et à la tenir en permanence sous le nez des Arméniens. Lesquels entretiennent ainsi l’esprit d’une revanche à prendre qui leur permettrait de réintégrer le Tarara dans le territoire ancestral. C’est dire que la haine entre les Turcs et les Arméniens reste toujours puissante. Certains vont jusqu’à penser que les réparations d’un génocide enfin reconnu pourraient favoriser sinon la restitution du Tarara aux Arméniens, du moins la possibilité de le partager avec les Turcs, en signe d’entente et de réconciliation. Comme si les Turcs, dans une conversion brutale de leur nature, pouvaient renier leur histoire pour permettre aux Arméniens de transformer leur rêve en réalité. C’est que les Turcs ont toujours eu à cœur de décapiter les rêves des Arméniens et s’ils pouvaient écimer le Tarara, ils le feraient. Mais les Arméniens ne sont pas loin de penser que c’est le Tarara lui-même qui assumera leur revanche. Volcan éteint, qui sait quels dégâts il provoquerait en pays turc s’il décidait de se réveiller pour exprimer la voix longtemps contenue des Arméniens ? Or, plus le temps va, plus l’épée de Damoclès menace de s’abattre. Et ces Turcs qui restent depuis le temps agités en sourdine par le remords savent bien que si les Arméniens sont impuissants à reprendre les terres qu’ils leur volées par le sabre et le sang, c’est la terre elle-même qui pourrait se charger de les venger, une terre dont les profondeurs grondent régulièrement.

28 mars 2018

Eglise Sainte-Marie de Nice : mise au point

Filed under: APPEL à DIFFUSER — denisdonikian @ 3:15
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UN PÈRE GLAÇANT

D’Armand Sammelian

 

On croyait avoir tout vu dans le conflit ouvert, laïcs versus clercs, qui secoue la paisible paroisse de Nice depuis dix ans. D’autant qu’une commission de conciliation paroissiale en concertation avec le Primat, avait débouché fin 2017 sur un vote unanime de réintégration de la paroisse au sein du diocèse à l’issue d’une Assemblée Générale Extraordinaire.

Ce vote vain, fondé sur des promesses orales du Primat, est donc resté lettre morte.

C’était méconnaitre de surcroît jusqu’où le clergé et ses affidés pouvaient aller dans le registre de la perfidie, du narcissisme et de la manipulation.

Jugez plutôt ce dernier épisode destiné à pilonner, une fois de plus, notre modeste paroisse avec l’instrumentalisation médiatique qui l’accompagne.

**

Il était une fois un bon curé formé à la bonne école de SAINTE-ETCHMIADZINE.

Le père Krikor fut vraisemblablement un homme chaleureux, un homme de bien, au grand cœur, humble et sensible, intelligent, sincère et loyal, un HOMME DE BONNE FOI devant l’Éternel, tout entier voué à combattre la détresse matérielle et morale de ses fidèles dans le cadre de son apostolat.

C’était avant !

L’autre soir, à l’issue d’un aller-retour harassant PARIS-EREVAN où il s’était rendu pour y recevoir les dernières ordonnances du Saint-Siège, le père est sur le point de pousser, à la nuit tombée, la porte du presbytère de la PAROISSE SAINTE-MARIE à Nice, domicile qu’il est sensé occuper depuis des années, dans le cadre de l’exercice de son ministère.

Et patatras…

Un vil mécréant a osé changer la serrure du presbytère en l’absence de ce malheureux réduit à passer la nuit à la rue, dans le froid, le vent et la tourmente à défaut de trouver un seul fidèle pour l’héberger parmi la trentaine de purs chrétiens apostoliques arméniens présents, venus témoigner la détresse de notre père, si l’on en croit les médias promptement alertés.

Pas un ami quand la bise fut venue, chacun rentrant dans son chez-lui douillet, laissant le père à son triste sort !…

Pas une âme fervente pour tendre une main charitable au Vicaire Général du Diocèse de l’Eglise Apostolique Arménienne de France !

CHERCHEZ L’ERREUR !

LA VÉRITÉ, LA VOILÀ :

Il y a quelques semaines d’ici, au hasard d’un changement de compteur électrique par le technicien ENEDIS, le président de la paroisse SAINTE-MARIE remarque fortuitement que la porte de la cuisine du presbytère est grande ouverte sans aucune trace d’effraction, ce que constatera OFFICIELLEMENT l’huissier appelé à cet effet, outre un inventaire édifiant : frigo vide, crasse et ouvert sur une cuisine et des pièces où aucun signe de vie ne transparaissait d’évidence, ni vêtement, ni nourriture, ni chaussures, WC crasseux, asséché et entartré, quelques draps pliés en quatre posés sur un matelas rance, un désordre sans nom à l’intérieur de l’entier presbytère recouvert par trois doigts de poussière, bref un état de délaissement dûment explicité et photographié sur procès-verbal, signé et daté par ce professionnel assermenté, auxiliaire de justice.

Et pour couronner le tout, la facture EDF établissait une consommation électrique nulle depuis plus d’un an, confirmant irrémédiablement l’état d’abandon des lieux !

Fallait-il, dès lors, rester les bras croisés et laisser le presbytère OUVERT AUX QUATRE VENTS en courant le risque de le voir squatté ou fallait-il le sécuriser ?!

Il nous faut remonter le temps, histoire de comprendre :

Le père Krikor, devenu Vicaire Général du diocèse de France, a été appelé à Paris 15 rue Jean Goujon par le Primat fin 2016. Il parcourt l’Hexagone depuis lors, sans désemparer, afin de répandre la « Bonne Parole » dans le cadre de ses nouvelles et hautes responsabilités pastorales…

Ayant donc quitté Nice pour Paris où il réside, sauf à posséder un don d’ubiquité qui reste à démontrer, cela fait plus d’un an que le spartiate presbytère est libre de toute occupation, à l’insu de son légitime propriétaire, la paroisse « hérétique » Sainte-Marie de Nice.

Et oui !

Cela fait plus d’un an que le saint homme soustrait silencieusement le presbytère à son légitime propriétaire qui l’héberge pourtant gracieusement et auquel il s’est bien gardé de rendre spontanément des clés devenues inutiles du fait de sa promotion parisienne et alors même qu’une procédure au fond en restitution des clefs n’en finit plus de durer !

Pas très reconnaissant, le prêtre !

D’autant qu’en vérité, je vous le dis, cela fait plus d’un an que le père Khatchadour BOGHOSSIAN, propriétaire de son propre logement à NICE où il habite, remplace avantageusement le père Krikor à Saint-Philippe et que, par voie de conséquence, l’austère presbytère est déserté !

Si personne n’a jamais nié que notre vénérable vicaire soit passé, un jour ou l’autre, par Nice depuis la fin 2016, il reste que c’est dans le cadre d’une tartuferie glauque, monté de toutes pièces par ses fidèles locaux, qu’il s’est présenté au presbytère l’autre soir, EN TOUTE CONNAISSANCE DE CAUSE, pour simuler la surprise, le désarroi et la colère d’un brave curé dans l’impossibilité d’entrer dans son domicile, au terme d’un voyage éprouvant, oublié soi-disant de TOUS dans un froid sibérien, juste après une dernière photo, comme rapporté sur ARMENEWS !

Sauf que c’est faire injure à ses complices que d’imaginer qu’aucun d’entre eux ne lui ait proposé le gîte et le couvert après la pose-photo granguignolesque réalisée ce fameux soir-là, telle que parue dans NICE-MATIN le lendemain !

Car qui peut croire que ses fidèles amis et conseillers ont demandé au vicaire général de venir à NICE jouer la comédie du locataire transi, avec l’aval de leur grand chef, pour l’abandonner ensuite dans la rue glacée, toute la sainte nuit, histoire de faire vrai !

PERSONNE !

Alors, dormez braves gens aux âmes indignées, je vous le dis !

Notre bon vicaire n’a jamais passé la nuit dehors, dans le froid polaire du vallon de la Madeleine au motif d’un changement de serrure inopiné et malveillant puisque toute cette piètre clownerie, préméditée et concoctée par des pitres ridicules, démontre qu’il n’a plus mis les pieds au presbytère depuis un an et plus, ni lui ni personne, d’où un presbytère inhabité et décemment inhabitable, CONSTAT D’HUISSIER ET RELEVÉ EDF INDUBITABLES ET ACCABLANTS A L’APPUI !!!

En revanche, ce sont les sales manières utilisées qui ont jeté, elles, un froid glacial dans les chaumières !

Résumons :

Article 1 :

LE PÈRE KRIKOR ET SES COMPARSES N’ONT PAS HÉSITÉ À PRENDRE LA POSE AU COURS D’UNE MISE EN SCÈNE MANIPULATOIRE DANS LE SEUL BUT DE DISCRÉDITER UN PEU PLUS LA PAROISSE SAINTE-MARIE ET SES FIDÈLES, OBSTINÉMENT HOSTILES À LA RELÉGATION DES LAÏCS AU SEIN DE L’EGLISE APOSTOLIQUE ARMÉNIENNE.

 

Article 2 :

C’EST FAUSSEMENT QU’ILS ONT AFFIRME QUE LE PÈRE KRIKOR A PASSE LA NUIT À LA BELLE ÉTOILE AFIN DE SUSCITER INDIGNATION ET COLÈRE CONTRE LA PAROISSE SAINTE MARIE ET CONTINUER À CONFISQUER LES CLEFS DE SON PRESBYTÈRE.

 

Article 3 :

EN ORGANISANT CETTE SINGERIE ABRUTISSANTE, TOUS CES DÉCÉRÉBRÉS N’ONT PAS CRAINT D’EMBOBINER GROSSIÈREMENT À LA FOIS FIDÈLES APOSTOLIQUES, ASSOCIATIONS ARMÉNIENNES DE FRANCE, MEDIAS NUMÉRIQUES ET PAPIER, ARMÉNIE ET DIASPORA.

 

Article 4 :

CEUX DONT LA LIBERTÉ ET LA DIGNITÉ SONT DES VALEURS SUPRÊMES FERAIENT MIEUX DE SE LEVER POUR DIRE STOP À CES TURPITUDES SAINT-SULPICIENNES INCESSANTES.

À COMMENCER PAR LES « PIQUE BOUFFIGUE » QUI CRIÈRENT « AU LOUP ! » SANS ATTENDRE, SUIVIS PAR TOUS CES MALHEUREUX QUI ONT CRU EN LA PROBITÉ DU PETIT PÈRE ET DE SA CLIQUE QUI, EN RÉALITÉ, LES PRENNENT POUR DES IMBÉCILES.

ILS SE RECONNAITRONT !

 

Article 5 :

CES MÉTHODES S’INSCRIVENT DANS LE DROIT FIL DE SIMAGRÉES ECCLÉSIALES DÉCENNALES INÉNARRABLES ET DES PROMESSES NON TENUES FAITES PAR LE PRIMAT À LA CHIMÉRIQUE COMMISSION DE CONCILIATION.

IL EST TEMPS DE METTRE UN TERME A D’INUTILES ET GROTESQUES NÉGOCIATIONS AU MOMENT MÊME OU LES « OUGHENICHS » VONT RADICALISER LA MAINMISE ECCLÉSIASTIQUE SUR LA TOTALITÉ DES PAROISSES DE FRANCE.

 

Article 6 :

Seule la procédure au fond permettra la récupération des clefs par son légitime propriétaire : la paroisse arménienne historique SAINTE-MARIE.

 

CONCLUSION :

On cherchera longtemps, dans cette pitoyable mascarade à laquelle le petit père a cru bon se prêter, les vertus chrétiennes d’amour mutuel et de charité dont tous se réclament, sauf peut-être à dire que les voies du Seigneur sont impénétrables.

 

Le 27 mars 2018

Armand SAMMELIAN

INCROYABLE révélation sur le Levothyrox

Filed under: APPEL à DIFFUSER — denisdonikian @ 8:37
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Cher(e) ami(e) de la Nature,
Au départ, j’ai cru que le scandale Levothyrox était lié à l’incompétence de nos autorités.
Je pensais que l’agence du médicament avait voulu « bien faire » en demandant au laboratoire Merck une nouvelle formule sans lactose.
Je croyais que nos autorités sanitaires avaient été juste négligentes en oubliantde tester sérieusement la nouvelle formule du Levothyrox, avant de la commercialiser.
Quant au fait que les médecins ne soient pas vraiment prévenus du changement de formule, je mettais ça sur le compte d’une erreur de bureaucrate.
Aujourd’hui, je suis persuadé que ce n’est pas un problème d’incompétence.
C’est plutôt une immense arnaque orchestrée par l’industrie pharmaceutique !
C’est Big Pharma qui est à la manœuvre !
Il y a quelques mois, le grand médecin Philippe Even demandait publiquement :
« Mais qu’est-ce qui est passé par la tête de l’Agence du médicament, qui habituellement ne fait rien, de demander ce changement de composition ? »
Aujourd’hui, nous avons la réponse – et elle est terrifiante.
C’est Merck, le grand laboratoire qui fabrique le Levothyrox, qui a demandé le changement de composition du Levothyrox… pour gagner plus d’argent !
Je m’explique.
Il y a près de 20 ans, la multinationale pharmaceutique Merck a déposé un brevet sur la composition du Levothyrox.
Ce brevet lui assurait un monopole sur ce médicament, et lui permettait de faire des super-profits.
Problème pour Merck : ce brevet tombe en 2019. Après 2019, le Levothyrox allait devenir un « générique », vendu beaucoup moins cher !
Pour sécuriser ses profits financiers, il était donc urgent pour Merck de mettre sur le marché une « nouvelle formule », avec un nouveau brevet !
Il restait à Merck de convaincre l’Agence du Médicament…
… et savez-vous comment ils ont réussi ?

Un conflit d’intérêt GROS comme une maison
On le sait grâce Aurore Gorius, une journaliste d’investigation.
Elle a réussi à mettre la main sur LE document qui prouve la « conspiration Merck »[1].
Ce document, c’est la lettre que l’Agence du Médicament a envoyée au laboratoire Merck en 2012, pour lui demander une nouvelle formule.
Savez-vous par qui était signé ce courrier ?
Par le Professeur Philippe Lechat… qui travaillait pour Merck avant d’entrer à l’Agence du Médicament !
Vous comprenez le tour de passe-passe ?
C’est un Professeur de Médecine financièrement lié à Merck… qui a demandé à Merck de changer la formule du Levothyrox !
Si vous ne me croyez pas, regardez l’interview d’Aurore Gorius sur France Télévision.
Selon cette journaliste courageuse, Merck aurait même cherché à utiliser les Français comme cobayes, avant de commercialiser sa nouvelle formule sans lactose en Chine.
Regardez-bien son interview, c’est vraiment sidérant :
A ce niveau d’incompétence, c’est forcément volontaire !
On comprend mieux pourquoi l’Agence du Médicament a lancé la nouvelle formule sans précaution, mettant en danger des millions de malades !
Car tous les experts sérieux savaient qu’il fallait tester sérieusement la nouvelle formule.
Comme l’explique l’un des plus grands spécialistes Français de la thyroïde, le Professeur Patrice Rodien :
« Nous sommes nombreux à penser qu’il aurait fallu mener une étude croisée en double aveugle, incluant des sujets hypothyroïdiens, sur une longue période.
Cela aurait permis de déterminer si les deux formules sont vraiment équivalentes en termes d’efficacité et de tolérance[2] »
« La nouvelle formule aurait dû être testée, elle ne l’a pas été », résume un autre grand médecin, le Pr Philippe Even.
Pourquoi cela n’a pas été fait ?
Parce que nos autorités sont incompétentes… ou parce qu’elles sont « vendues » au laboratoire Merck ?
Une étude sérieuse aurait pris plus de temps… le résultat aurait été incertain… et Merck aurait risqué de gagner moins d’argent !

Doit-on se mobiliser ?
Avec toutes ces révélations, je m’interroge.
Faut-il lancer, avec l’Association Santé Naturelle, une grande pétition pour demander l’ouverture urgente d’une enquête parlementaire sur ce scandale ?
Si vous le voulez bien, donnez-moi votre avis ici.
J’hésite un peu, car de nombreuses pétitions ont été déjà lancées sur le Levothyrox et elles n’ont pas vraiment fait avancer les choses.
Peut-être que si nous nous mobilisons tous, ça marchera.
Aidez-moi, dites-moi ce que vous en pensez, ici !
Et en attendant, merci de transférer ce message partout autour de vous !
A part France Télévision, quasiment aucun média n’a osé parler de ces révélations… ce qui est encore une preuve de l’influence profonde de Big Pharma !
Il est plus que temps de réagir, pour notre santé et celle de nos enfants – alors s’il vous plaît, transmettez ce message autour de vous.
Votre dévoué
Guillaume Chopin
Association Santé Naturelle

Sources

[1] https://www.francetvinfo.fr/sante/politique-de-sante/levothyrox-une-journaliste-devoile-un-conflit-d-interets-entre-merck-et-l-ansm_2646352.html

[2] https://www.egora.fr/actus-medicales/endocrinologie-metabolisme/32400-levothyrox-l-effet-nocebo-de-masse-a-joue-un-role?nopaging=1

27 mars 2018

Un printemps sans oiseaux

Filed under: Uncategorized — denisdonikian @ 4:25
Je signe

Un tiers des oiseaux français a disparu, nos abeilles sont décimées… N. Hulot veut lancer le premier plan d’envergure pour sauver la biodiversité en France, mais il n’y arrivera pas seul. Battons des records pour sauver la biodiversité en signant massivement cette lettre ouverte en un clic.

JE SIGNE

Par
l’équipe d’Avaaz

Chères amies, chers amis en France,

Le printemps revient mais les chants d’oiseaux se font de plus en plus rares. Un tiers de nos chers oiseaux a disparu des campagnes françaises! Les abeilles, les papillons sont décimés. Au Kenya, le dernier rhinocéros blanc du Nord s’est s’éteint: c’est toute la biodiversité mondiale qui est menacée.

La semaine dernière, Nicolas Hulot a affirmé qu’il allait présenter le premier plan d’envergure pour sauver la biodiversité en France! Mais il n’y arrivera pas sans nous. Ce sont ses mots. “Je veux un sursaut d’indignation, j’ai besoin de chacun d’entre vous!

Hulot est isolé au gouvernement et son plan ambitieux risque d’être sabordé. Mais si des centaines de milliers d’entre nous le soutiennent, ils comprendront que les Français refusent un consensus mou pour la biodiversité.

Battons des records: atteignons 500 000 signatures en France et inspirons notre pays à agir en champion de la biodiversité chez nous et dans le monde. Signez la lettre ci-dessous en un clic et partagez-la tout autour de vous:

Soutenons le Plan de Hulot pour sauver la biodiversité

« Cher M. Hulot, 

Vous n’êtes pas seul. Les Français sont à vos côtés pour exiger une action ambitieuse afin de sauver les espèces. 

Nous savons que la France et le monde doivent absolument agir maintenant pour protéger tout ce que nous aimons, en adoptant des plans nationaux et mondiaux ambitieux.

Pour les oiseaux, les abeilles, les éléphants et toutes les espèces, nous serons derrière vous. Nous ne laisserons plus ces tragédies invisibles se dérouler dans le silence. Nous resterons indignés et mobilisés tant que la planète n’aura pas gagné.

La biodiversité nous concerne tous. »

Soutenons le Plan de Hulot pour sauver la biodiversité

Les pesticides, souvent très toxiques, tuent à petit feu les abeilles et les oiseaux. Des antibiotiques se retrouvent dans la nourriture de nos enfants. Les éléphants sont au bord de l’extinction à cause du commerce de l’ivoire. La quantité de plastique déversée dans l’océan est telle qu’elle forme un septième continent…

La planète est au bord du gouffre mais cette situation n’est pas encore irréversible — nous devons tous réagir maintenant.

Si la France agit, d’autres pays suivront. Et le destin des oiseaux, des abeilles, des éléphants et de toute notre chère biodiversité dans le monde entier pourrait changer.

Soutenons le Plan de Hulot pour sauver la biodiversité

Nous sommes 320 000 en France à nous êtres mobilisés pour mettre fin au massacre des oiseaux familiers et plus de 4 millions dans le monde à faire campagne pour sauver les abeilles. Notre mouvement a sauvé une partie de l’Amazonie, fait fermer des commerces d’ivoire et empêché l’ouverture d’une usine de pesticides. Maintenant, voyons encore plus grand et aidons Nicolas Hulot à imposer le premier grand plan d’ensemble pour sauver toute la biodiversité — pour que nos oiseaux puissent chanter le coeur léger!

Mélanie, Marie, Alice, Aloys, Camille et toute l’équipe d’Avaaz

POUR EN SAVOIR PLUS

La biodiversité, « tout le monde s’en fiche », s’offusque Hulot (Le Point)
http://www.lepoint.fr/politique/la-biodiversite-tout-le-monde-s-en-fiche-s-offusque-hulot-21-03-2018-2204471_20.php

« Un niveau proche de la catastrophe écologique »: le déclin des oiseaux s’accélère dans les campagnes françaises (France TV Info)
https://www.francetvinfo.fr/economie/emploi/metiers/agriculture/un-niveau-proche-de-la-catastrophe-ecologique-le-declin-des-oiseaux-s-accelere-dans-les-campagnes-francaises_2665970.html

Urgence pour la biodiversité: la sixième extinction est en marche (Le Nouvel Obs)
https://www.nouvelobs.com/sciences/20170710.OBS1911/urgence-pour-la-biodiversite-la-sixieme-extinction-est-en-marche.html

La mort de Sudan condamne l’espèce des rhinocéros blancs du Nord (Courrier International)
https://www.courrierinternational.com/article/la-mort-de-sudan-condamne-lespece-des-rhinoceros-blancs-du-nord

Le plastique à l’abordage de nos océans (Espèces menacées)
http://www.especes-menacees.fr/actualites/plastique-abordage-oceans-16062016/

24 mars 2018

Trente-six vues du mont Tarara (19)

Filed under: ECRIT EN COURS — denisdonikian @ 5:45

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( Photo D. Donikian, copyright)

*

Le point de vue des amants (19)

L’autobus qui emporte les amants longe la frontière tandis qu’au-delà le mont Tarara déploie largement ses ailes en pays ennemi. Lui et eux volent ainsi au cœur d’une géographie extatique et cruelle qui imprègne les gens du lieu. Ils volent aussi bien dans les airs que sur la terre tandis que l’autobus poussif roule sur la route âcre, droite et somme toute monotone vers sa destination au sud. Mais il plaît aux amants que les minutes s’étirent le long de cette route et que dure ainsi l’état magique qui naît de la conjugaison de leurs sentiments avec le paysage. En vérité, ils ne pouvaient espérer meilleur prélude à leur voyage à deux dans des contrées qu’ils ne connaissent pas encore mais qu’ils vont savourer à l’aune de leur amour, comme si se révélait à leurs yeux la perspective d’un voyage à trois en permanence, tant la terre qu’il fouleront sera de toutes leurs randonnées. Dans les têtes des autres passagers, l’extase n’est pas de mise car la pesanteur du quotidien semble avoir étouffé leur aptitude à l’émerveillement. C’est que, à la différence des autochtones, les amants sont d’ailleurs. Et c’est leur première fois. Pour la première fois, ils prennent cette route qui longe la frontière tandis qu’au-delà le mont Tarara déploie largement ses ailes. En pays ennemi. Cette sérénité de la montagne, sa permanence dans l’impermanence des frontières multiplie en eux le mystère qui anime l’utopie de leurs sentiments. Si haute montagne, cône si  turgescent qui jaillit de l’immense plaine, que les amants sentent leur esprit quitter le bus et se lancer dans les airs à l’assaut de la dense clarté qui nimbe le territoire. Et si lui a connu des tempêtes, elle des incertitudes, l’un et l’autre savourent ces instants de légèreté minérale et atmosphérique, sachant aussi que le mythe qui baigne le mont Tarara, investi par la ferveur ardente de millions d’âmes, intensifie la teneur métaphysique du site. Ils sont portés par le temps et leur temps intime se nourrit de la merveille qui s’élonge sur leur droite où, à seulement quelques centaines de mètres, la frontière dresse brutalement le mur des premiers escarpements. Qu’importe aux amants la rupture imposée par l’histoire entre la montagne et ses enfants les plus fervents, ils ne sentent pas de frontières les séparer du panorama. Ils sont là pour ça, ce moment de miel intime qui les réconciliera avec leur vie, le temps de marcher ensemble en ce monde et hors du monde.

21 mars 2018

L’attente

Filed under: PROSE POESIE — denisdonikian @ 2:00

http://www.metmuseum.org/art/collection/search/436004

La Femme à la vague  de Gustave Courbet

(1868,  65,4 × 54 cm) Metropolitan Museum of Art à New York

*

*

*

Je sèche tous les pleurs sur mes seins triomphants 

Tant j’ai l’âme enfermée au deuil des jours perdus 

J’entends en moi la voix de qui fut mon amant 

Et le temps n’est qu’attente  à  son temps suspendu

Ainsi parle Pinar Selek

Filed under: APPEL à DIFFUSER — denisdonikian @ 7:58

 

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Chères amies, chers amis,

Il m’est difficile d’écrire cette lettre car je viens d’apprendre une mauvaise nouvelle au sujet du Cauchemar qui me menace depuis 20 ans. Oui, début juillet 1998, c’est-à-dire il y a vingt ans, je me suis trouvée dans les mains des bourreaux qui ont ensuite jeté mon corps comme un cadavre en prison. J’y suis restée deux ans et demi, sans pouvoir utiliser mes mains, mes bras, en voyant mes longs cheveux tomber, tomber… La résistance, la mort, les cris et tant d’autres choses.

J’ai vécu tout cela bien avant le gouvernement actuel. Aujourd’hui, la Turquie est prise dans une spirale d’horreur. Plusieurs amis et même mes avocats sont en prison, la plupart sont en exil, une partie résiste avec beaucoup de difficultés. C’est un contexte de guerre qui nourrit le nationalisme et les violences de toutes sortes. Il n’y a pas de liberté. Il y a la peur. Mais la peur existe depuis longtemps. Mon procès est un exemple de la continuité historique du système répressif. Je suis aussi devenue l’objet d’une lutte symbolique et historique. L’Etat profond, qui est plus stable que les gouvernements, m’a choisie depuis 20 ans pour m’accuser d’un massacre.

Il y a trois jours, c’est ma sœur qui m’a donnée la nouvelle. Elle faisait des efforts pour ne pas pleurer. J’ai ensuite parlé avec mon père. Sa voix était plus triste que jamais. Il est assez compliqué de vous résumer ici ce qu’ils m’ont expliqué au téléphone. Vous recevrez bientôt un communiqué du mon Comité de Soutien qui expliquera la situation en lançant un appel à la mobilisation. Je vous invite à suivre dans les temps qui viennent les initiatives qui seront menées par les collectifs de solidarité.

La décision du tribunal n’est pas encore tombée, mais les documents que mes avocats ont reçus sont inquiétants pour la suite. La décision peut tomber à tout moment. Il y a deux possibilités : si la Cour suprême ne valide pas le cinquième acquittement, ce sera alors la condamnation à perpétuité. La condamnation pour un crime qui n’a pas eu lieu plus une condamnation à payer tous les dommages liés à l’explosion du Marché aux épices. Mes neufs livres qui continuent à être réédités régulièrement en Turquie et tout ce à quoi j’ai œuvré jusqu’à mes 38 ans, âge du début de mon exil, seront confisqués. Plus important : ma famille sera en danger.

Nous nous sommes dits au téléphone : « Nous resterons fort ». Pourtant ce n’est pas facile. Je sens une fatigue, comme une maladie. Mon père m’a dit : « Il faut faire du bruit. Les réactions depuis l’Europe peuvent être utiles… » Je lui ai assuré que je m’y emploierai, mais je ne veux pas, je ne peux pas le faire. Il m’est plus difficile que vous ne l’imaginez de devoir faire appel à votre solidarité active, dans ce contexte où les priorités sont déjà nombreuses. En plus, quand je parle de ce procès, je ressens une douleur physique qui m’empêche de respirer. C’est également le cas maintenant, alors que je vous écris cette lettre.

En 2010, à la suite de longs examens, un rapport psychologique mené par des experts attestait toutes les tortures que j’avais subies. J’avais alors lu, avec inquiétude, la liste des problèmes post-traumatiques qu’ils avaient diagnostiqués. Oui, c’était vrai. Et avec la persécution juridique et politique, la torture continue. Même si j’ai beaucoup de ressources et une forte volonté de ne pas les laisser me détruire, je ne vais pas bien.

Cette année ma nouvelle vie a commencé à prendre forme. Je suis arrivée à me situer dans les luttes pour la justice et les libertés, dans ce pays dont je fais partie. Je suis française maintenant. De surcroît, j’ai trouvé mon nouveau chez moi à Nice qui m’a offert l’amour et l’inspiration. J’ai fini l’écriture de mon nouveau roman qui m’a fait l’effet d’une renaissance. Le soutien du programme PAUSE m’a donné plus d’opportunités pour me stabiliser. Grâce à la complicité de mes collègues avec qui je partage les mêmes curiosités et à la participation de mes étudiant.e.s, j’avance dans mes recherches et mes enseignements.

S’il n’y avait pas cette énorme solidarité qui m’accompagne depuis que je suis arrivée en France, je n’aurais pas pu reconstruire ma vie. Grâce à vous, mes ami.e.s, j’ai continué à écrire, à enquêter, à enseigner et à militer. Les menaces de tous les jours m’ont perturbé mais à chaque fois je suis arrivée à me sortir de ce film d’horreur. Je vais m’en sortir. Mais plus difficilement. J’ai une flamme dans chacune de mes cellules.

Vous avez peut-être vu « Le rêve des Montagnes », un spectacle de Yeraz, groupe des danses arméniennes ? Il est extraordinaire. Vers la fin on entend un cri : « Vous avez volé notre montagne. Mais nous sommes les montagnes ». Avec des larmes d’émotion, j’ai murmuré plusieurs fois : « Vous avez volé ma vie. Mais je suis la Vie ».

Les jours qui viennent sont susceptibles d’être plus durs pour moi. Mais je vous le promets : je serai la Vie… qui coule et qui crée.

Avec vous.

Je vous embrasse.

Pinar

(Cette lettre que je vous ai écrit hier soir, sera lue par le comédien Robin Rennuci, ce 22 mars, lors de la commémoration du mai 68, à l’Université de Nanterre)

20 mars 2018

Je pense à toi Bruno

Filed under: PROSE POESIE — denisdonikian @ 1:14
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Je pense à toi Bruno

Parti hier
Et toujours à toi aujourd’hui
Tant d’années que
Tant d’années
Parti en aveugle aux ténèbres
Trop tôt
Impréparé et maudit
Mais si calme sous les crocs de l’abîme
Tandis que le ravage
déjà
Infestait les champs verts de nos mondes
Parti
Docile à la soie du silence
A l’insu de tous
Avant nous qui trainons dans la faim
D’un dieu en nous inaccessible
Parti nu
Parti sans
Parti dans un corps
Qui trahit le chant des amours fous
Toi si librement aimant
Qui finis par mourir foudroyé
Tes joies étaient impassibles
Tant pesait sur tes désirs
Le mépris des imbéciles
Ces frères de sang que tu chérissais
Malgré le déshonneur de leurs lâchetés
Toi si désargenté que tu devais mesurer
Ton existence
Où es-tu maintenant
Dans quelle obscure lumière
Dans quelle révélation brutale
Qui sait
Dans quel amour
Que nul ne put te donner
Ni tes pairs ni tes mères ni moi
Alors que tu vivais
Loin des tiens parmi nous
Poisson volant au risque des poisons
Personne ne sut où tu finis en terre
Dans quel endroit anonyme tombé
Je te vois encore
Cherchant à tâtons sur ton lit
La lampe
Destinée à blanchir
La chute qui devait te pendre

**
11-13 /3/2018 hôpital de Corbeil

9 mars 2018

Atteindrons nous les fleurs

Filed under: PROSE POESIE — denisdonikian @ 5:16

Atteindrons nous les fleurs
Au dela de nos peines
Au delà des morts
Des haines
Où vont les ténèbres de la maladie
Vers la paix des chairs les paradis
Vers les paradis

Tu es né sous des signes maudits
Les signes de la guerre
Tu as gardé le rire amer
De ceux qu’on nie en leur  humanité
Ta vie entière ainsi
À ressasser le rance et le roussi
Ces crimes ne mourront pas de tes combats

Chaque jour que le corps se démaille
Sur le fil du rasoir tu survis
Le salut vient après l’urgence
Après l’angoisse est le sursis
Mais l’âge épuise le temps
Et l’espoir que se taisent les chairs
Après qu’ils t’auront rendu fou

6 mars 2018

Monsanto : la mort au centuple

Filed under: APPEL à DIFFUSER — denisdonikian @ 4:07

Article de Jean-Marc DUPUIS

*

Le ministre Nicolas Hulot baisse son pantalon devant Monsanto

Chère lectrice,
Cher lecteur,

Nicolas Hulot, le ministre de la Transition écologique vient de déclarer qu’il prévoyait des « exceptions » à l’interdiction du glyphosate (substance active du Roundup).

C’est une victoire inespérée pour Monsanto, et cela confirme que nous ne pouvons pas compter sur nos responsables politiques pour nous protéger.

Mais ne vous y trompez pas, Monsanto utilise le Roundup pour faire diversion (ça fait déjà des années qu’ils sont passés à l’étape suivante).

Monsanto prépare la mort de l’agriculture traditionnelle (non-OGM)

Pendant que nos responsables politiques tergiversent…

Pendant que les journalistes agitent devant nous l’affaire du glyphosate…

… le géant des OGM prépare la mise sur le marché d’un nouveau pesticide, encore plus redoutable – le Dicamba !

Le Dicamba a été conçu pour tout détruire :
– insectes
– parasites
– et surtout les plantations environnantes bio et non-OGM.

Seuls les OGM vendus par Monsanto peuvent survivre au Dicamba(ils ont tout prévu !).

Si l’on autorise le Dicamba, vous (et les générations futures) deviendrez clients à vie des OGM Monsanto.

Il n’y aura pas de retour en arrière.

Nous devons réagir aujourd’hui pour éviter ce cauchemar.

Signez et partagez la pétition ci-dessous.

Diffusez le message autour de vous.

Montrons-leur que nous ne sommes pas dupes.

Un grand merci,

Eric Müller


Dicamba : l’herbicide de l’Apocalypse

Madame, Monsieur,

Pour remplacer le Roundup, l’entreprise Monsanto pousse un herbicide qui est 75 à 400 fois plus dangereux pour les plantes environnantes !!

Appelé Dicamba, il a été conçu pour tuer toutes les plantes sauf les OGM.

S’il se répand, ce sera l’apocalypse écologique et cette fois plus « seulement » pour les abeilles.

Mobilisez-vous de toute urgence !! Signez et faites signer autour de vous la pétition ici pour stopper le Dicamba.

Signez la petition

Un scénario cauchemardesque

Ce qui se déroule sous nos yeux est un cauchemar éveillé.

Nous étions sur le point d’obtenir de l’Union européenne l’interdiction du Roundup (glyphosate).

Depuis 50 ans, des associations de citoyens ont tout sacrifié pour dénoncer ce poison : substance mutagène, toxique pour la reproduction et pour l’environnement, à l’origine de lésions oculaires graves, classé « cancérogène » par l’Organisation mondiale de la santé – et pourtant répandu par milliers de tonnes chaque année dans nos champs, nos rivières, sur notre nourriture !!

Cette folie technicienne est une des pages les plus sombres de notre histoire. Nous pensions qu’elle était sur le point de se tourner. Mais aujourd’hui, c’est la douche froide : on nous propose une solution 400 fois plus dangereuse.

Signez notre grande pétition pour stopper le Dicamba.

« Je n’ai jamais rien vu de plus dangereux pour la nature !!!! »

(Larry Steckel, chercheur à l’université de Tennessee)

Larry Steckel est chercheur à l’université de Tennessee spécialisé dans les herbicides. Il assure n’avoir jamais rien vu de plus dangereux pour la nature [1].

D’horribles malformations pour les fœtus

Car le Dicamba est un terrible poison.

Il est tératogène (il génère des malformations sur les fœtus), altère le processus de reproduction, provoque une perte d’appétit, des vomissements, des douleurs musculaires, des AVC, des problèmes respiratoires, de l’incontinence, des troubles visuels…

URGENT : SIGNEZ LA PÉTITION EN CLIQUANT ICI POUR INTERDIRE LE DICAMBA AVANT QU’IL NE SOIT TROP TARD

Signez la petition

La mort pour les plantes environnantes

Deux millions d’hectares de cultures non OGM ont été détruits cette année simplement parce qu’elles se trouvaient à proximité de champs aspergés de Dicamba.

Le Dicamba a en effet la particularité folle de se « re-vaporiser » après épandage. Un simple coup de vent et il retombe sur les plantations environnantes et, bien sûr, sur les forêts, les espèces sauvages.

C’est l’herbicide de l’apocalypse. Une ferme bio a été obligée de détruire ses propres récoltes après avoir été contaminée par du Dicamba utilisé à des kilomètres !!

Voici la récolte qu’a l’agriculteur voisin d’une culture au Dicamba [2] :

C’est un effet secondaire volontaire.

Monsanto veut un effet domino et imposer à tous les agriculteurs d’utiliser OGM + Dicamba !

Silence des grands médias

Aujourd’hui bien sûr personne ne s’en inquiète dans le grand public.

Comment en serait-il autrement ? Les médias en ont à peine parlé et le lobby de l’industrie chimique est dans le déni absolu.

Mais c’est sans compter la puissance d’Internet et des réseaux sociaux.

En transférant simplement cet appel à votre entourage, en republiant cette page sur Facebook ou Twitter, vous pouvez déclencher une traînée de poudre qui peut se répandre dans toute la France en quelques heures ou quelques jours, sans que rien ne puisse stopper l’information.

Nous pouvons provoquer un soulèvement de la population. Nous l’avons déjà fait sur de nombreux sujets. C’est grâce à votre mobilisation que la question des vaccins à l’aluminium a été mise au centre de l’actualité ; la catastrophe des herbicides tueurs d’abeilles ; les manœuvres de l’Union européenne contre les plantes médicinales et les compléments alimentaires.

Mais aujourd’hui, il est encore plus important que jamais auparavant de vous mobiliser pour stopper l’herbicide Dicamba.

Il en va de votre santé, de nos cancers, de la possibilité même pour nos enfants et petits-enfants de survivre dans un monde empoisonné.

Signez et faites circuler notre grande pétition !!!

Ensemble, nous pouvons mobiliser la France entière pour stopper immédiatement le Dicamba, avant qu’il ne vienne empoisonner nos sols, nos cours d’eau, détruire la vie sauvage et compromettre la vie de nos descendants.

Pourquoi c’est le moment d’agir

Aux États-Unis une pétition a déjà rassemblé plus d’un million de personnes, ce qui a provoqué un immense débat et une levée de boucliers suite à un article alarmant paru dans le grand quotidien national Washington Post.

En France, nous pouvons faire aussi bien ou mieux. Si nous rassemblons 500 000 signatures, le gouvernement sera obligé de s’en occuper.

500 000 signatures c’est à peine un Français sur 130 ! En signant la pétition et en la partageant autour de vous, ce chiffre sera vite atteint.

Mais encore faut-il que chacun de nous se mobilise. C’est pourquoi j’insiste pour vous demander de signer rapidement la pétition et de la faire circuler.

Nous ne pouvons pas laisser l’avenir de la planète entre les mains de Monsanto.

SIGNEZ LA PÉTITION POUR INTERDIRE LE DICAMBA

Signez la petition

Dicamba, seuls les OGM lui résistent

Certains se demandent encore pourquoi, comment, la firme Monsanto peut se permettre de distribuer des produits aussi dangereux pour la collectivité.

Mais il faut comprendre que les enjeux de pouvoirs et d’argent sont considérables.

En effet, Monsanto fait des profits en vendant l’herbicide à des dizaines de milliers d’agriculteurs à travers le monde, ce qui constitue déjà en soi un énorme « business ».

Mais Monsanto fait « coup double » en vendant aussi à ces agriculteurs des semences OGM qui résistent au Dicamba.

Vous comprenez le système : cet herbicide est tellement dangereux qu’il a fallu développer en laboratoires des espèces de plantes mutantes, génétiquement modifiées, pour lui résister.

On en arrive à ce système aberrant, monstrueux, où les agriculteurs sont littéralement enchaînés dans une dépendance mortelle envers Monsanto : car chaque année, ils doivent acheter l’herbicide ET les seules semences qui résistent à cet herbicide.

Ce système diabolique est bien sûr verrouillé par des brevets qui empêchent toute concurrence, toute discussion.

Si nous les laissons faire, ils finiront par mettre la main sur l’ensemble du système agricole mondial : il n’y aura plus que les OGM de Monsanto, et que les herbicides de Monsanto, car toutes les cultures naturelles, traditionnelles seront devenues impossibles.

Seule la mobilisation massive des citoyens peut permettre d’arrêter ce scandale.

Signez et faites signer cette pétition le plus largement possible !!

Comme d’habitude, Monsanto nous prend pour des imbéciles

Depuis des années Monsanto certifiait à la télévision que l’on pouvait boire un grand verre de Roundup sans aucun problème [3].

Le Roundup a été reconnu cancérigène, pourtant Monsanto ne l’a jamais retiré du marché.

Pire encore, ils ont le culot d’écrire sur leur site Internet : « Roundup, un produit sans risque particulier [4]. »

Pour le Dicamba, leur stratégie est exactement la même. Ils affirment que ce produit est sans danger, et qu’il suffit de l’utiliser quand il n’y a pas trop de vent !!!

Ils nous prennent pour des imbéciles !

Interdisons ce nouvel herbicide avant qu’il ne soit trop tard !

Aidez-moi à lancer le débat en France en signant la pétition et en la partageant à tout votre entourage.

Pour notre santé et celle de nos enfants, nous devons interdire le Dicamba et les produits qui ont été touchés.

URGENT : SIGNEZ LA PÉTITION POUR INTERDIRE LE DICAMBA AVANT QU’IL NE SOIT TROP TARD

Signez la petition

À votre santé !

Jean-Marc Dupuis

1 mars 2018

Actual Art, éditeur en Arménie

Filed under: ARTICLES — denisdonikian @ 9:46

article denis - copie

1Meko

France-Arménie Numéro de Mars 2018, article de Tigrane Yegavian

26 février 2018

L’ACTU QUI TUE

Filed under: L'ACTU QUI TUE — denisdonikian @ 9:45

Quand on lit les paroles de la chanson Pour toi Arménie écrite après le Séisme de 1988 à Gumri et qu’on apprend que des victimes de ce séisme ne sont toujours par relogées décemment, on ne sait pas si on doit rire ou si on doit pleurer ( voir ICI)

*domiks-gyumri-eathquake1988

Paroles de la chanson Pour Toi Arménie par Charles Aznavour

(Refrain)
Tes printemps fleuriront encore
Tes beaux jours renaîtront encore
Après l´hiver
Après l´enfer
Poussera l´arbre de vie
Pour toi Arménie
Tes saisons chanteront encore
Tes enfant bâtiront plus fort
Après l´horreur
Après la peur
Dieu soignera ton sol meurtri
Pour toi Arménie

Le monde s´est levé
Le monde est avec toi
Pour toi peuple oublié
Il a ouvert son cœur
Il a tendu ses bras

(Refrain)
Tes printemps fleuriront encore
Tes beaux jours renaîtront encore
Après l´hiver
Après l´enfer
Poussera l´arbre de vie
Pour toi Arménie
Tes saisons chanteront encore
Tes enfant bâtiront plus fort
Après l´horreur
Après la peur
Dieu soignera ton sol meurtri
Pour toi Arménie

Et même si tu maudis ton sort
Dans tes yeux je veux voir
Arménie
Une lueur d´espoir

Une flamme, une envie
De prendre ton destin
Entre tes mains
A bras le corps

(Refrain)
Tes printemps fleuriront encore
Tes beaux jours renaîtront encore
Après l´hiver
Après l´enfer
Poussera l´arbre de vie
Pour toi Arménie
Tes saisons chanteront encore
Tes enfant bâtiront plus fort
Après l´horreur
Après la peur
Dieu soignera ton sol meurtri
Pour toi Arménie

Arménie
Hayastann

 

 

 

23 février 2018

NOTRE EGLISE

Filed under: APPEL à DIFFUSER — denisdonikian @ 5:30

ob_ac393d_karekine-ii-patriarche-des-catholiqued’Armand SAMMELIAN

Mes amis,

Cela fait 10 ans que le Chef suprême de notre Église exclut, tranche et humilie au gré de sa sainte humeur des laïcs et des clercs qui n’ont plus droit au chapitre sauf à survivre dans une courtisanerie inadmissible.

Il y a de la vanité et de la faiblesse dans cette servitude volontaire qui cache mal l’ambition de certains qui sont prêts à accepter le pouvoir absolu des prêtres en pensant s’élever eux-mêmes dans cette fabrique de basse-cour.

Or, il faut remettre les choses à leur juste place : l’Église c’est NOUS le peuple des fidèles ! Les prêtres sont les servants de l’Église au service de DIEU.

Autrement dit, il n’y a pas d’Église sans NOUS le peuple souverain !

C’est la raison pour laquelle le rôle des laïcs a toujours été prépondérant au sein de notre Église !

Pour autant, certains se sont déjà fait mener en bateau par nos ecclésiastiques mais n’ont toujours pas compris, malgré leur échec, que le pire est devant nous, dans toutes les paroisses de France où les nouveaux statuts paroissiaux vont soulever une tempête d’indignation et de réactions.

Les paroissiens niçois ont connu dans leur chair des dérives cléricales inimaginables qu’ils n’ont pas oubliées.

Il est grand temps de se secouer et d’ouvrir les yeux sur une réalité douloureuse : celle d’une Église et de son Chef tournés vers le formatage de nos cerveaux et de l’appropriation de nos biens, meubles et immeubles.

La naïveté et la candeur n’ont pas leur place dans cette lutte entre nos libertés et notre servitude.

LÀ EST L’ENJEU, COMME AU PREMIER JOUR, DES ÉLECTIONS PAROISSIALES À VENIR.

NE VOUS Y TROMPEZ PAS !

Armand SAMMELIAN

Rideau noir

Filed under: PROSE POESIE — denisdonikian @ 10:21

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Rideau noir sur les arbres

En vol vers le ciel bleu

Ténèbres sur la vue

Fin du monde si vieux

Et le vivre défunt

Infinitivement

21 février 2018

Insomnie

Filed under: PROSE POESIE — denisdonikian @ 10:56

 

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( de Donatella Marraoni)

*

Avec la nuit les démons viennent

C’est le bruit de la nuit le même

Dieu de mes insomnies

Qui me ronge le sang à vie

 

 

17 février 2018

Or la joie et le cœur

Filed under: PROSE POESIE — denisdonikian @ 5:25

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( de William Blake)

*

Or la joie et le cœur

Grisé d’immeubles gris

Hors le vide et la mort

Grimés du pieux gri-gri

 

Des vieilles religions

Soumis j’étais perdu

Dépendant de légions

Souvenir de pendu

 

Démons des maladies

Déminés et maudits

Vous n’aurez pas ma peau

 

Je veux la joie et le cœur

Jeux d’amour contre peur

Voué à vivre haut

15 février 2018

Vive la censure !

Filed under: ARTICLES,CHRONIQUES à CONTRE-CHANT — denisdonikian @ 3:51

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La bêtise des politiques en matière de pensée est souvent le terreau du génie artistique. Comme chacun sait, là où il y a de la gêne peut advenir le génie. Ce que les membres de l’OULIPO ( Ouvroir de littérature potentielle) avaient bien compris. Là où il n’y a pas de gêne, il n’y a pas de jouissance esthétique. Les Japonais qui pratiquent l’érotisme des nœuds savaient ça. Plus on saucissonne le corps aimé, plus la jouissance monte des profondeurs. Ah ces Japonais ! Ils auront toujours pratiqué le minimalisme en matière d’art, d’architecture, d’horticulture et d’alimentation. Le sushi, le jardin zen et le haïku relèvent du même état d’esprit minimaliste. On élimine le superflu pour atteindre l’épure. Ce que la cuisine moderne française a compris qui propose ses plats comme du comestible visuellement poétique.

Or, c’est en s’inspirant de leur culture fondée sur la restriction que les Japonais se trouvent à l’aise dans leur vie tant le peu permet de cultiver la perfection alors que l’exubérance fait perdre la tête et la maîtrise de la matière.

Quand un peuple baroque de nature se voit imposer de l’extérieur des contraintes, il s’oblige à filer droit dans les couloirs des lois, des règles et de la peur. Ces murs symboliques qui canalisent son existence permettent aux vies de mieux couler en s’abstenant de penser dans les débordements souvent inconséquents et même dangereux.

Mais que valent alors ces contraintes extérieures en matière d’art ? Soit elles tuent l’artiste, soit elles le fécondent. Nous n’irons pas par quatre chemins, la censure politique peut être considérée comme une aubaine pour les artistes qui tombent brusquement dans le chaudron démoniaque des censeurs politiques.

Trois cas me viennent à l’esprit. Ceux de Sergueï Paradjanov, d’Artavazd Pelechian et de Jafar Panahi.

Concernant Sergueï Paradjanov, nul doute qu’il y a une nette rupture esthétique entre les Chevaux de feu et Couleur de la Grenade. C’est qu’on passe d’un monde cinématographique appris à un monde cinématographique inventé, d’un mode narratif linéaire à un mode narratif fragmenté. Après les envolées du genre cinéma soviétique, dans Couleur de la Grenade, c’est le figé qui fait sens. Sergeï Paradjanov fait en sorte que ses images regardent les yeux dans les yeux ceux qui ont cru censurer son imagination. Et voilà qu’elles leur font la nique. De fait, avec ce film, Paradjanov invente un nouveau langage, si nouveau qu’il restera unique, inimitable et puissant.

Dans le même ordre d’idée, Artavazd Pelechian contourne la censure en prenant le matériau des archives soviétiques – donc autorisé – pour bâtir à coup de ciseaux des films d’un genre inédit, propre à satisfaire la censure. Or, le génie de Pelechian, c’est de faire émerger du sens à partir des images décousues, furtives comme l’éclair qu’il fait cracher sur l’écran.

Avec Taxi Téhéran, Jafar Panahi se moque de ceux qui l’auront condamné en 2011, en lui interdisant de réaliser des films pour une période de vingt ans. Mais il faut bien travailler. Le réalisateur s’improvise chauffeur de taxi transformant sa voiture en studio dans lequel les clients vont devoir exprimer les effets secondaires d’un système politique absurde. Dès lors, cette voiture va esquisser le portrait d’une ville engoncée dans ses débrouilles, ses traditions aberrantes et les formatages d’un pouvoir qui cherche à imposer une idée de la vie qui n’a rien à voir avec la vie même. Le tour de force de ce film, c’est qu’on ne sait jamais si on est dans le réel vrai ou le réel scénarisé. Et c’est ce qui lui confère aussi son originalité.

Bien sûr, on aurait rêvé que des cinéastes arméniens, qu’ils soient de la diaspora ou d’Arménie s’emparent avant Jafar Panahi de ce taxi cinématographique pour dire la ville de Erevan telle que la vivent les gens. Hélas, la censure en Arménie est si peu draconienne que les artistes éprouvent encore un sentiment de liberté. Du moins, sont-ils assez lâches pour croire qu’ils sont libres et pour rester aveugles sur les modes désespérés que le pouvoir impose à la vie. Quant aux cinéastes de la diaspora, ils n’ont pas assez de couilles ni de talent pour être à la hauteur d’un Paradjanov ni d’un Panahi.

 

Denis Donikian

Aux marges de la mer

Filed under: PROSE POESIE — denisdonikian @ 8:25

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Qui je fus sur ta peau comme un ver qui vibrait

A chercher sa raideur sous le feu noir de l’homme

Mol émoi en désir d’insondable absolu

Qui barattait mon sang amoureux de ton sang

Jusqu’au point culminant où la cime est éclat

J’étais comme un cheval au galop sur la plage

Aux marges de la mer et aux rives du sable

14 février 2018

Mon corps ne le connais

Filed under: PROSE POESIE — denisdonikian @ 6:48

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( de Pawel Kuczynsky)

 

Mon corps ne le connais

Que ces cris qu’il m’arrache

La nuit dans mes draps seul

Le jour dans mes silences

L’esprit ailé de ma jeunesse

A fondu dans le plomb

Las d’espérer le grand air

De survivre au déclin

Grand large des mers et des cimes

Souffle dans mes voiles malades

Vers où tu voudras que je sois

 

13 février 2018

Des hauts et des bas

Filed under: PROSE POESIE — denisdonikian @ 5:25

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Quand tu montres ta bouche Oh

J’imagine ta bouche Ah

Quand tes cheveux Oh

Vois tes cheveux Ah

Car ainsi vont mes yeux

De tes hauts vers tes bas

Impénitent  est ce dieu 

Qui te pense comme ça

11 février 2018

L’ACTU QUI TUE

Filed under: CHRONIQUES à CONTRE-CHANT,L'ACTU QUI TUE — denisdonikian @ 4:20

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A la bonne heure ! Mon cousin germain revient d’Arménie. Il avait les dents en râteau. Et le voici qu’il nous est réapparu tout sourire avec des chagnottes made in armenia, blanches comme de l’ivoire et rangées serrées comme des troufions à la parade.

Je dois dire que mon cousin avait quitté l’Arménie il y a plus de vingt ans pour vivre en France. Mais ce cher pays de France reste trop cher pour une bourse d’exilé. Donc retour au pays du sourire où les dentistes diplômés vous rectifient une dentition à un prix défiant toute concurrence.

L’État arménien s’est empressé de sonner à tout va l’excellence de la culture médicale arménienne.

Pour une rage de dent, peut-être. Mais cette excellence est loin de couvrir les autres maladies. Ce qu’on s’empresse de vous camoufler.

C’est que nos Arméniens, experts en business et ruse marketing, savent agréablement jouer sur les amalgames pour tirer la fierté nationale du jeu. Voyez Tatev, le plus long téléphérique du monde. C’est en Arménie, les gars ! C’est donc le génie arménien qui a fait ça ! ( Non, c’est le génie suisse et italien, qu’on se le dise).

Dans certains centres de dialyse en France on voit venir des Arméniens. Mais on ne fait pas de dialyse chez vous ? Oui, mais ils sont si mauvais qu’on frise la mort à tous les coups. Ceux qui peuvent se payer le voyage et le séjour en bradant le tout venant pour subvenir aux dépenses ne diront pas que l’Arménie a une excellente culture médicale. D’autant que les dentistes sont souvent passés par l’Europe pour parfaire leurs connaissances.

Quant à la greffe du rein, ce n’est pas dans leur pays que les insuffisants rénaux d’Arménie pourront espérer sortir de l’aliénation que constitue une hémodialyse. En Arménie, un rein peut se donner à l’intérieur d’une famille, pas d’un Arménien lambda à un autre Arménien lambda, décédé ou non. Ce n’est pas dans la culture compassionnelle des Arméniens, Aghper djan’ tsavet danem ( soit : « mon frère je prends ton mal ». Mon cul, oui !)

Voir l’article sur Armenews ICI

*

A la male heure ! Le taux de pauvreté en Arménie va augmenter en 2018 ( Voir ICI). Selon le chef de l’union des employeurs arméniens, Gagik Makaryan, les 20 000 emplois prévus par an ne suffiront pas à enrayer une pauvreté qui s’élevait à 29,8% en 2015. Il précise qu’en cette même année 2015, 900 000 personnes pauvres vivaient en Arménie. Parmi elles, 310 000 étaient très pauvres et 60 000 vivaient dans une pauvreté absolue, soit respectivement 19,4%, 8,4% et 2%.

60 000, c’est l’équivalent de deux villes comme Vienne dans l’Isère où je suis né.

On me dit : c’est la guerre.

Certes, mais cette guerre n’a pas empêché certains Arméniens de s’enrichir. Je dirai même que la guerre est souvent à la source de leur enrichissement.

Elle n’a pas empêché les trois présidents de trahir leur devoir de compassion et d’exemplarité. Quand on préside au destin de l’Arménie, on n’a pas le doit de vivre mieux et plus haut que ceux des Arméniens qui doivent supporter le froid et la faim.

Cette pauvreté est une honte qui rejaillit et sur les autorités arméniennes et sur notre diaspora.

Mais aussi sur les intellectuels d’Arménie et les intellectuels de la diaspora, ces parleurs qui creusent de leurs paroles le vide de leur propre cœur.

Mais également sur les thuriféraires patentés et lâches des autorités arméniennes, sorte de laquais de la fierté nationale, qui vivent le cul au chaud et la tête enflammée par l’exaltation permanente.

Qu’on me dise quelles réformes ont fait les ministères concernés pour sortir les pauvres  de la pauvreté !

Qu’on me dise quel usage a fait le gouvernement de l’immense manne européenne et autre qui lui tombe du ciel depuis vingt ans.

Qu’on me dise quel obstacle empêche la diaspora d’investir en Arménie, alors qu’elle n’attend que ça.

Heureusement, nous avons notre bon et généreux catholicos qui a mis 1,1 million de dollars dans une banque suisse dans la louable intention de subvenir aux besoins de ces 60 000 Arméniens les plus oubliés de la planète, même de Dieu.

Denis Donikian

10 février 2018

« Bravo Virtuose » film de Lévon Minassian

Filed under: APPEL à DIFFUSER — denisdonikian @ 5:12

 

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SEANCES AUXQUELLES IL FAUT ETRE NOMBREUX

Cinéma les 3 Luxembourg  ( 67 rue Monsieur Le Prince Paris 6

14 février : 20H30

16 Février : 20H30

Cinéma Jeanne Moreau (22 rue Paul Vaillant Couturier, 92140 Clamart)

14 février à 20 h

9 février 2018

La visite de Vasken 1er au Collège Samuel Moorat en 1956

Filed under: Uncategorized — denisdonikian @ 5:00
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14 janvier 2018

Entretien avec Edhem Eldem

Filed under: GENOCIDE ARMENIEN — denisdonikian @ 4:51

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1 – Dans un entretien au Journal le Monde, daté du 22 avril 2015, conduit par Gaïdz Minassian, à l’occasion des commémorations du génocide de 1915, Edhem Eldem, spécialiste de l’histoire économique et sociale du XIXe siècle et membre organisateur de la conférence de 2005 à Istanbul sur le sort des Arméniens de l’Empire ottoman, estime que pour la grande majorité de la population turque, vivant dans l’ignorance ou la négation des faits de 1915, toute forme de reconnaissance ou de commémoration équivaut à une trahison. Toutefois, impensables il y a à peine une décennie, les commémorations sont désormais possibles.

 

2 – Sous l’Empire ottoman, Arméniens et musulmans turcophones entretenaient des rapports de proximité et de familiarité, les premiers parlant la langue des « Turcs » et tous partageant un profond ancrage dans le territoire anatolien. Simples paysans dans ce territoire, les Arméniens affichaient à Istanbul un profil proche des musulmans. Cependant, taxés de millet-i sadıka, ou « nation fidèle », les Arméniens, dans leur écrasante majorité, ne se concevaient pas d’avenir ailleurs que dans l’empire tandis qu’ils finirent par être « accusés de tous les maux d’un système en déliquescence ».

 

3 – L’influence ambivalente d’une modernité issue des transformations politiques et idéologiques de l’Europe va engendrer d’une part la rationalisation des institutions, une intégration dans le monde extérieur et l’émancipation des « non-musulmans », de l’autre l’établissement d’un fossé entre « l’élite et les laissés-pour-compte ». De fait, les Arméniens aussi bien que les communautés non musulmanes vont bénéficier du principe d’équité, à savoir d’être traités avec justice sans pour autant être considérés comme des égaux. Si l’élite et les classes moyennes jouissent de certains acquis sociaux, il n’en est pas de même pour les droits politiques. Frustrations et tensions vont créer ainsi un mélange explosif.

 

4 – Dans ce contexte, les Arméniens ottomans, en dehors de quelques vœux pieux et de réforme prononcés au congrès de Berlin de 1878 et d’une vague de compassion dans les années 1890, vont mourir par millier au cours du génocide. « Sous Abdülhamid II, le massacre devient l’instrument d’un terrorisme d’État dirigé contre toute une communauté. Dès lors, il paraît impossible de ne pas faire un lien entre le caractère particulièrement systématique de cette vague de violence et la politique d’annihilation et de destruction que mettront en place les Jeunes-Turcs. »

 

5 – Si l’Histoire en Turquie a été gelée au profit d’un nationalisme qui constitue une culture de masse, aucun gouvernement n’oserait aller à contre-sens au risque de perdre massivement des voix. Cependant, la conférence de 2005 sur le génocide montre qu’il est désormais possible d’évoquer ce sujet. De nos jours encore, « l’exploitation et la manipulation de l’histoire à des fins politiques sont à la base de l’idéologie et de la politique turques depuis environ un siècle. »

 

***

 

Video à voir absolument  ICI 

 

13 janvier 2018

VACCINS : campagne de propagande de l’INSERM

Filed under: ARTICLES — denisdonikian @ 11:19
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Par Eric Müller

Chère lectrice,
Cher lecteur,

Ça y est ! Depuis le 1er janvier 2018, le passage de 3 à 11 vaccins obligatoires pour tous les nouveau-nés de France est effectif.

Les protestations des Français sont toujours aussi vives. Et le gouvernement continue de les ignorer façon dictature.

Depuis juin dernier, le gouvernement mène d’intenses campagnes de propagande par l’intermédiaire des médias. Mais ça ne trompe plus personne… Les Français voient bien leurs manœuvres.

La différence ici, c’est qu’ils s’en prennent à nos enfants. Et ça, c’est lâche !

Plutôt que de débattre, ou de conduire des études sérieuses, la ministre de la santé Agnès Buzyn continue d’accabler les opposants à l’obligation vaccinale.

Tout ça avec la bénédiction d’Emmanuel Macron…

Le dernier coup bas vient de l’INSERM (Institut National de la Santé et de la Recherche Médicale), qui vient de publier une « note de synthèse [1] » au sujet des 11 vaccins obligatoires.

Devinez qui est le directeur de l’INSERM ? –vous allez rire

L’Institut National de la Santé et de la Recherche Médicale (INSERM) est une institution publique placée sous la tutelle des ministères de la Santé et de l’Enseignement supérieur.

Le président directeur général de l’INSERM n’est autre qu’Yves Lévy, médecin immunologiste et (accessoirement) mari d’Agnès Buzyn, la ministre de la Santé [2].

Je ne m’étendrai pas davantage sur ce conflit d’intérêt flagrant parce que l’arnaque est déjà connue, et que les époux Lévy-Buzyn n’en sont pas à leur coup d’essai.

Pendant ce temps, les médias évoquent sans rougir « l’indépendance de l’INSERM » [3] pour donner du crédit à cette note de synthèse censée faire taire les opposants à l’obligation vaccinale. De qui se moque-t-on ?

Comment ils ont détruit la réputation que l’INSERM se forgeait depuis 1964 !

Le premier argument avancé par l’INSERM pour défendre les 11 vaccins est celui de l’efficacité :

Ils protègeraient les enfants contre la maladie à 90%…

Cela laisse (au moins) 10% de risques, pour une pratique qui n’est pas anodine !

Rien de neuf ici : cet argument a déjà été avancé et réfuté [4].

L’INSERM reconnaît que « des effets indésirables mineurs sont communs à tous les vaccins injectables ».

Il est question de douleurs musculaires ou articulaires, de fièvre, de rougeurs et de gonflements… ainsi que des cas d’allergies graves et imprévisibles qui nécessitent un traitement d’urgence.

Au passage, les « experts indépendants » (hum…) de l’INSERM réaffirment qu’il n’existe aucun lien entre l’autisme et le vaccin contre la rougeole.

Leur preuve n’a rien de scientifique, dans la mesure où aucune étude sérieuse n’a été conduite pour vérifier l’innocence du vaccin. C’est l’absence de lien avéré qui sert d’argument, ce qui ne constitue en rien une preuve !

Les médias s’empressent de souligner que l’auteur de l’étude qui suggérait un lien entre autisme et vaccin contre la rougeole a été radié de l’ordre des médecins britanniques et son article rétracté…

On ne saura pas s’il s’agissait d’une fraude scientifique, ou d’une découverte qui dérangeait des intérêts trop puissants ?

Les mêmes conclusions hâtives sont tirées concernant le lien entre sclérose en plaques et vaccination contre l’hépatite B. Bien sûr, personne ne donne aucun détail sur les études qui permettraient d’« éliminer tout lien » de causalité entre vaccination et sclérose en plaques. On n’en saura pas plus.

L’aluminium, un adjuvant « inoffensif » ???

L’INSERM n’hésite pas à se discréditer pour protéger le projet gouvernemental.

Dans leur note, les chercheurs de l’Institut affirment sans ciller que l’aluminium utilisé dans les vaccins pour irriter le système immunitaire et augmenter la production d’anticorps – est TOTALEMENT INOFFENSIF.

Si nos défenses immunitaires lancent une contre-offensive dès qu’elles détectent de l’aluminium… comment l’INSERM peut-il déclarer l’aluminium inoffensif ???

Là encore, on est loin du raisonnement scientifique…

L’INSERM spécule sur les statistiques : depuis 90 ans que nous utilisons des vaccins, les adjuvants ne se sont pas révélés toxiques.

Comment peuvent-ils en être sûrs puisque les médecins ne rapportent presque jamais les effets indésirables liés aux vaccins ?

D’autant qu’on a tout de même recensé des cas de troubles musculaires ou cognitifs attribués à l’aluminium des vaccins, et cela suffit à l’INSERM pour décréter que l’aluminium en soi n’est pas dangereux.

Cette mauvaise foi scientifique est grave. L’injection de métaux lourds dans l’organisme encore fragile des nourrissons va devenir une norme, sous prétexte que « dans l’ensemble, ça marche ».

Mais cela marchera-t-il toujours quand 11 doses de vaccins chargés d’aluminium seront injectées à votre enfant, au lieu de 3 ?

Seriez-vous prêts à parier sur la santé de vos enfants parce que les médecins rapportent peu de complications ?

Comme l’ont montré les grands scandales sanitaires français : Médiator, Vioxx, Levothyrox, Lyme, statines…, le système français de pharmaco-vigilance est complètement défaillant.

Ces affirmations sont d’autant plus dangereuses qu’un groupe de chercheurs français, dont le travail repose sur de vraies études, a récemment conclu à la dangerosité de l’aluminium vaccinal, même en petites doses.

Cela n’intéresse sûrement pas l’INSERM. Tout ce qui compte, c’est d’écraser les « arguments catastrophistes des lobbys anti-vaccins ».

Ce qui devrait être un débat scientifique éclairé par des preuves devient un procès politique où la médecine n’a plus de valeur, où seules comptent les statistiques.

L’obligation vaccinale, une exception française

L’INSERM regrette que la France soit un des pays au monde où la défiance vaccinale est la plus forte… Mais il oublie de préciser qu’il s’agit aussi d’un des rares où la vaccination est obligatoire !

Il est donc normal que nous en parlions plus que dans les pays où il n’y a pas d’obligation vaccinale :

  • Royaume-Uni
  • Irlande
  • Allemagne
  • Autriche
  • Pays-Bas
  • Suède
  • Danemark
  • Norvège
  • Finlande
  • Islande
  • Lituanie
  • Lettonie
  • Estonie
  • Suisse
  • Luxembourg
  • Espagne
  • Portugal
  • Chypre

Ces pays sont-ils pauvres, sous-développés ? Ces pays sont-ils privés d’accès aux recherches médicales de pointe ? Les populations de ces pays sont-elles en mauvaise santé ? Absolument pas.

Ce sont des populations riches et développées, comme la nôtre. Ces pays ont pourtant décidé de ne pas rendre les vaccins obligatoires car la liberté est une valeur cardinale de nos régimes politiques, à plus forte raison quand il s’agit de protéger ses enfants.

Et pourtant, l’INSERM s’obstine, et décrète que l’obligation vaccinale est la seule chance pour la France d’éviter les épidémies.

Avez-vous entendu parler d’épidémies récentes en Irlande, en Allemagne ou en Suède ? Moi non plus.

Une injonction à rentrer dans le rang

L’INSERM transforme une question citoyenne en un débat politique. Il schématise la pensée de ceux qui critiquent l’obligation vaccinale : ce n’est pas qu’une question de « pro » et d’« anti » ! Vous pouvez faire vacciner vos enfants et être contre l’obligation.

C’est le caractère obligatoire des vaccins, et pas le principe de vaccination en lui-même qui suscite le plus de débats.

Mais ça n’a pas d’importance pour l’INSERM, trop occupé à relayer la propagande du gouvernement. Leur note de synthèse n’apporte rien de neuf au débat. Il ne s’agit pas d’un effort pédagogique, ni d’une contribution scientifique à la discussion… C’est une injonction à rentrer dans le rang !

La résistance s’organise

Face à un tel mépris des pouvoirs publics, qui n’hésitent plus à donner dans l’arnaque intellectuelle ou à multiplier les conflits d’intérêts, la voie de la désobéissance est notre seule alternative.

Malheureusement, les parents dissidents s’exposent à des poursuites judiciaires, et les enfants non-vaccinés se verront refuser l’accès aux crèches (entre autres) !

C’est pourquoi, que vous soyez parent ou non, je vous invite à signer notre grande pétition pour montrer à cette élite corrompue combien nous sommes face à eux.

Faites-leur comprendre que les Français ont la tête dure, et qu’ils ne laisseront pas leurs enfants se faire empoisonner sur ordonnance !

Bien à vous,

Eric Müller

 


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[1] Actualités – INSERM
[2] Comment Matignon tente de sortir la ministre Agnès Buzyn d’un embarrassant conflit d’intérêts, Étienne Girard – 19/10/2017
[3]11 vaccinations obligatoires : l’INSERM s’engage pour la transparence scientifique, Dr. Philippe Montereau, 18/12/2017
[4] Vaccins. L’Inserm assure qu’ils sont efficaces et sûrs pour les enfants
[5] Aluminium dans les vaccins: Les conclusions de chercheurs français dévoilées

9 janvier 2018

Le Catholicos prêche pour les plus pauvres durant la messe de Noël

Filed under: Uncategorized — denisdonikian @ 10:54

 

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Ne faites pas comme moi, ne cachez pas 1,1 million de dollars dans la banque HSBC.

Distribuez votre argent aux pauvres !

Grandeur et misère des intellectuels arméniens (7)

Filed under: ARTICLES,INTELLECTUELS ARMENIENS — denisdonikian @ 6:43
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En s’adressant à une élite, nos conférenciers donnent l’impression d’oublier le reste du pays, et même le pays lui-même. En ce sens, ils n’intéresseraient qu’une poignée de personnes avides de nouveautés, soucieuses d’aborder quelques continents de la connaissance dont ils furent exclus. De ces spéculations qui semblent loin d’être en phase avec les urgences du pays, s’échappent des bribes de questions, s’ouvrent des brèches susceptibles de produire du positif et du concret dans le tissu social. Mais ces discours de rattrapage, qui visent à combler des lacunes et, au mieux, susciter l’esprit d’inquiétude et d’interrogation auprès de leur public, sont d’autant plus vite oubliés qu’ils ne se prolongent par aucune action concrète au profit du plus grand nombre.

Loin de moi toute volonté de condamner ce genre de conférence entre un conférencier qui domine son sujet et un public dominé par son ignorance autant que par d’autres urgences, quotidiennes et personnelles. Comme on dit, cela vaut mieux que rien du tout.

Cependant, ce face à face entre un conférencier compétent et un jeune public ouvert constitue un moment privilégié qui mériterait de se prolonger par des réflexions et des actions. Au contraire, ici, la parole parle et écrase de son poids au lieu d’inspirer et de produire des élans de libération, des poussées d’inventivité, des envies de bonheur.

En d’autres termes, à l’heure actuelle, ces conférences sont stériles pour l’Arménie. Elles ne donnent aucune arme pour combattre la corruption, renforcer la démocratie ou éradiquer la pauvreté. Le rôle des intellectuels n’est pas seulement de déjouer les ruses du pouvoir, il consiste aussi à promouvoir des actions libératrices. Non à organiser l’espace public dans le sens d’un d’affrontement politique, mais à insuffler des aspirations au changement. Un intellectuel ne fonde pas un parti politique, il féconde l’esprit.

De fait, ce qui manque à l’Arménie, aujourd’hui plombée par la guerre et anémiée par la pauvreté et la désertion démographique, c’est une aptitude à proposer des utopies en commençant par retourner les conventions, à oser des idées qui déconstruisent les habitudes de pensée pour les rendre obsolètes. Or, qui pourrait idéalement le mieux contribuer à opérer ces changements sinon ces conférenciers et ce public ?

Je suis sûr qu’avec peu de moyens et avec quelques esprits qui en veulent le monde arménien en Arménie peut s’améliorer et produire plus de bonheur.

Quand je parle d’utopie, je n’évoque pas les utopies meurtrières comme le communisme, le nazisme et autres. Pour autant, nous ne devons pas négliger le fait que ce que nous vivons actuellement en occident n’est rien moins que le résultat réussi des utopies du passé. L’humanité n’avance qu’au gré de ses utopies, quitte à rencontrer des ratés douloureux et sanglants. La démocratie en France est le résultat des penseurs des Lumières et de la Révolution. Même si cette longue marche n’est toujours pas achevée. Nous devons aux rêveurs de l’absurde l’état d’abondance dans lequel nous nous trouvons. C’est que nous oublions combien la pauvreté a été le lot commun du plus grand nombre il y a encore quelques décennies en France, mais aussi dans toute l’Europe. Rappelons que la fin de l’esclavage, qui souffre encore de résurgences sporadiques, est le résultat d’une utopie, celle de l’égalité de droits entre les hommes. Aujourd’hui, sous nos yeux, une nouvelle utopie prend racine dans les mentalités, celle qui consiste à éradiquer la prédation sexuelle au sein des sociétés avancées. La femme est l’avenir de l’homme, disait Aragon.

Ceux qui voudraient se convaincre que l’impossible est possible devraient lire l’essai, traduit en plusieurs langues, de Rutger Bregman, Utopies réalistes. Un de ces livres que nos conférenciers ne seront pas à même de présenter, étant trop loin des tendances de leur esprit. Ce livre propose, analyses et preuves à l’appui, l’espoir d’un monde meilleur, fondé sur une semaine de travail de quinze heures, l’éradication des sans-abri, mais aussi de la pauvreté par le revenu de base universel. Cette expérience, le Canada l’a réussie, tandis que Richard Nixon, soucieux d’entrer dans l’histoire, rêvait de ce revenu pour des millions d’Américains. La même expérience a donné des résultats incontestables dans un village du Kenya. Car ce qui manque au pauvre, ce n’est pas l’esprit, c’est l’argent, tandis que le manque d’argent appauvrit l’esprit. Un revenu minimum, sans contrepartie, qui pourrait le rendre à lui-même, lui rendre sa dignité.

L’Arménie est une force. N’en déplaise à ceux qui n’y croient pas ou à ceux qui ont toujours pensé que je voyais le verre à moitié vide, il faut reconnaître que les Arméniens vivent mal, les autochtones par la frustration économique, les gens de la diaspora par la frustration patriotique. Il arrive que ces frustrations se rencontrent et réalisent de ces utopies qui apaisent les deux parties. Ici, je voudrais rendre hommage à un ami, Arménien de la diaspora, un simple, un discret, mais un ami généreux et pragmatique. Quand sa santé le lui permettait encore, il se rendait en Arménie et parcourait le pays de part en part. Au gré des rencontres et des besoins, cet homme distribuait de l’argent à qui voulait monter une entreprise, acheter une machine ou autre pour améliorer son quotidien. Et puis, laissant passer une année ou deux, il revenait sur place, voir ce que ses dons avaient donné. Bien sûr, tous les destinataires ne pouvaient pas être honnêtes, mais ceux qui avaient compris le « truc » avaient réussi à sortir d’une certaine pauvreté.

Cette façon de faire « compassionnelle », improvisée, n’est certes pas le meilleur moyen de traduire une utopie en réalité. Mais je vois là l’embryon d’une petite révolution qui permettrait à l’Arménie d’être plus forte par une sorte d’osmose économique entre la diaspora et les autochtones.

Dès lors, pourquoi ne pas mettre en place un organisme mixte Arméniens-diaspora, moralement sûr et motivé, chargé de travailler dans le sens qui consisterait à remettre pendant une période définie, un salaire, sans contrepartie, aux habitants d’un village arménien affecté par la pauvreté. Ces sommes seraient recueillies auprès des Arméniens de la diaspora, informés sur la vocation de leur don. Je parie que ce salaire gratuit produirait plus de bonheur et d’activités que de paresses ou d’oisiveté.

Les réflexions restent ouvertes et les utopies attendent de naître et d’être fécondées.

Bref, soyons naïfs.

 

Denis Donikian

 

(fin)

6 janvier 2018

Grandeur et misère des intellectuels arméniens (6)

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« Je te plains, terre d’Arménie ; je te plains, contrée supérieure à toutes celles du nord, car ils te sont ravis, ton roi et ton pontife, le conseiller et le maître de la science ! La paix a été troublée, le désordre a pris racine ; l’orthodoxie a été ébranlée, et l’hérésie s’est fortifiée par l’ignorance. »

« Je te plains, Église d’Arménie ; le magnifique éclat de ton sanctuaire est obscurci, car tu es privée du pasteur excellent et de son compagnon. Je ne vois plus ton troupeau spirituel paître dans la prairie verdoyante, le long du fleuve de la tranquillité ; je ne vois plus le troupeau rassemblé dans la bergerie et protégé contre les loups ; mais il est dispersé dans des déserts et des précipices. »

« Les docteurs ignorants et prétentieux, achetant l’honneur [du sacerdoce] et non désignés par Dieu, élus à prix d’argent et non par l’esprit, avares, envieux, méprisant la douceur dans laquelle Dieu se complaît, deviennent des loups déchirant leurs propres troupeaux. »

« Les moines hypocrites, orgueilleux et vains, préfèrent les honneurs à Dieu. »

« Les ecclésiastiques hautains, pleins d’assurance, débitant des futilités, paresseux, ennemis des sciences, des instructions des docteurs, préfèrent le trafic et les bouffonneries. »

« Les disciples insouciants de s’instruire, pressés d’enseigner avant d’avoir approfondi la science, siègent en théologiens. »

« Le peuple altier, insolent, hautain, désœuvré, caustique, malfaisant, fuit l’état ecclésiastique. »

« Les soldats brutaux, fanfarons, laissant le métier des armes, paresseux, débauchés, intempérants, pillards, sont devenus les émules des brigands. »

« Les princes révoltés, associés aux voleurs, avares, cupides, spoliateurs et dévastateurs, dépravés, Ont l’âme semblable à celle des esclaves. »

« Les juges partiaux, faux, trompeurs, avides de cadeaux, prévaricateurs, sont faibles dans leurs jugements et se livrent à des controverses. »

« En somme, tout sentiment de charité et de pudeur a disparu d’au milieu de tous. »

« Les rois deviendront des tyrans cruels, exécrables, qui imposeront des charges énormes et accablantes, et donneront des ordres intolérables ; les supérieurs, sans souci de la justice, seront sans pitié. Les amis seront trahis et les ennemis triompheront. La foi sera vendue au profit de cette vie futile. Les brigands, en nombre considérable, afflueront de toutes parts. Les maisons seront ruinées, les propriétés volées ; il y aura des chaînes pour les chefs, des prisons pour les notables, l’exil pour les gens libres et la misère pour la masse du peuple. Les villes seront prises, les forteresses détruites, les bourgs mis au pillage, et les édifices livrés aux flammes. Enfin, il y aura de longues famines, des épidémies et des morts de toute espèce. Le culte divin sera oublié et on aura l’enfer à ses pieds… »

Qui a écrit pareil texte sur l’état de déliquescence de l’Arménie sera vite accusé par les inconditionnels de l’Arménie, entité idéale, absolue et intouchable, de ne voir que le verre à moitié vide plutôt que sa partie pleine. Pour avoir à longueur de livres lancé les mêmes diatribes, un de nos conférenciers nous a affublé du titre peu amène de « mouche du coche ». Loin de nous l’envie de régler nos comptes avec un ami qui n’aura jamais voulu que notre bien, mais force est d’admettre que cette formule est d’autant plus malheureuse qu’elle dévoie notre légitime souci de lucidité et de clairvoyance contre les thuriféraires pathologiques de la cause nationale, prompts à défendre becs et ongles leur pré carré. La chose est d’autant plus étonnante que ce même intellectuel peut jouir librement aux critiques faites sur l’état de la France sans pour autant accepter qu’on détruise l’image de l’Arménie. Or, loin de détruire l’image de l’Arménie que de dénoncer une culture et une gouvernance qui maintiennent le pays dans l’obscurantisme, la pauvreté et l’oppression, nos livres cherchent au contraire à déconstruire cette image pour la relever. Laissons à ses partisans l’idée d’une Arménie idéale, absolue et intouchable, qui contribue à maintenir le pays en l’état, tandis que la nécessité de faire table rase pour susciter des utopies réalistes peut seule rendre aux Arméniens leur force et leur dignité. Car l’idée de l’Arménie importe moins aux yeux des Arméniens que la joie de vivre librement, sachant que les impératifs de sécurité nationale ne doivent pas étouffer les impératifs du bonheur.

« Mouche du coche », Donikian ? Que non ! Nous ne croyons pas qu’avec nos simples mots nous ferons avancer d’un pouce ici et maintenant le char lourd de l’Arménie. Mais nous sommes persuadés que ces mêmes mots qui sèment des doutes rafraichissent en même temps l’image du réel arménien. Écrire, en effet, c’est semer. Semer des indignations, des compassions pour qu’un jour ou l’autre s’épanouissent des actes libérateurs. C’est ainsi que la démocratie des pays avancés trouve son fondement dans les écrits de Montesquieu, de Voltaire et de Rousseau, que l’idée d’Europe et l’abolition de la peine de mort ont été initiées par Victor Hugo. Ces auteurs montrent que finalement les mots ont raison des fanatismes. Or l’idée d’Arménie est un fanatisme qui nuit aux Arméniens.

En ce sens, nous écrivons dans la même lignée et nous crions dans la même direction que Moïse de Khorène au Ve siècle, l’auteur du texte ci-dessus (Traduction publiée par l’éditeur Firmin Didot Frères à Paris M DCCC LXIX (1869) Voir ICI). Le grand Movses Khorénatsi ne mâchait pas ses mots. D’autant que certains, à juste titre, auront reconnu que ces propos d’hier collaient bien avec la réalité d’aujourd’hui. Est-ce à dire qu’en 1500 ans, les Arméniens, experts en survie nationale, sont restés identiques à eux-mêmes ? A chacun de répondre.

 

( à suivre)

5 janvier 2018

Grandeur et misère des intellectuels arméniens (5)

Filed under: ARTICLES,INTELLECTUELS ARMENIENS — denisdonikian @ 10:59

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Notre intellectuel étranger à l’Arménie, fécond en formules provocatrices, alors qu’il était sommé de se prononcer, botta en touches en lançant un jour une expression fort « intelligente » en pleine conférence devant des Arméniens de la diaspora démunis, un mot qui les abandonnait à eux-mêmes, un mot qui se voulait pertinent, celui d’« écrivain désengagé ». On sait ce que donne le désengagement de l’écriture. Une morgue de tour d’ivoire, une vanité du bien écrire, une prétention à la langue pure. Mais la langue pure est une langue qui exclut le vivant. La pureté de la langue conduit à une forme de supériorité insolente, à une infatuation jonglant sur des idées abstraites, à des présomptions de supériorité. Pour Voltaire, la perfection est l’ennemie du bien. En vérité, la langue est sale, elle se salit dans le quotidien des maux, car elle est naturellement portée à les exprimer. Les écrivains de la mal vie n’ont jamais eu d’autre obsession que celle de la restituer au plus près. Depuis des siècles, aucun écrivain français de renom n’a renoncé à mettre la langue au service des écrasés, des laminés, des détruits. Au service de leurs contemporains pataugeant dans l’infortune et le malheur. C’est même à ces derniers qu’elle a fait ses emprunts les plus vivants. Depuis Montaigne, Rabelais, mais aussi La Bruyère parlant du contraste scandaleux entre les paysans et les gouvernants, La Fontaine, Balzac, Zola, Céline, Sartre ou Camus. Bien sûr, vous me direz « Et Racine ? Et Corneille ? » Sans parler des rhétoriciens de l’esthétique désincarnée, des poètes du bien dire. Qui les lit encore sinon les spécialistes ? C’est qu’ils n’ont pas fait long feu. Ils n’étaient pas assez dans la vie qui se parle et qui souffre et trop dans les mots qui béatifient.

Qu’on se comprenne. Nous ne sommes pas à préférer au désengagement critique un engagement idéologique. On sait ce qu’un intellectuel inféodé à un parti politique peut trahir pour faire triompher le raisonnement aux dépens du vivant. Les dévouements d’Aragon à la cause communiste furent autant de dévoiements qui s’exercèrent, de près ou de loin, au détriment de ces malheureux qui furent condamnés à l’exil ou à la mort par des jugements absurdes et arbitraires. Penser l’engagement, c’est se référer a minima à Missak Manouchian, poète qui décida de sortir du ghetto des mots pour les muer en action. Mais aussi à Zabel Yessayan, qui, avec son témoignage intitulé « Parmi les ruines », relatait les massacres de Cilicie en 1909. Quand l’indignation devient forte, elle met le corps à son service. Mais nos intellectuels sont d’autant plus confinés dans la parole qu’ils n’auront pas su la sublimer en compassion. Ils auront tout juste rapporté l’indignation à un mot, sinon à une mode. Or, si cette indignation est une mode (« Indignez-vous ! »), c’est une mode qui dure. La conscience de l’autre équivaut à introduire de la conscience dans les mots. Que vaudrait Confucius s’il n’avait dit: « On doit aimer son prochain comme soi-même ; ne pas lui faire ce que nous ne voudrions pas qu’il nous fît » ? Parole qu’on retrouvera dans le message profond des Évangiles et qui viendra jusqu’à nous sous forme d’associations caritatives de tous ordres. Si la compassion est une mode sur laquelle glose l’ironie des nantis et des indifférents, c’est une mode active qui empêche les plus démunis de sombrer. Que vaut un homme s’il n’aide pas un autre à se relever ?

Nous ne sommes pas de ceux qui s’estiment meilleurs que d’autres et nous n’avons de leçon à donner à personne. Car nous ne jugeons pas ici des personnes. Nous faisons simplement le tri entre des comportements qui méritent d’être loués et d’autres qui inspirent le doute. Et si nous ne sommes pas conférencier pour quelques affamés, c’est que nous préférons marcher en Arménie pour rencontrer des Arméniens que tout le monde oublie et qu’aucun conférencier n’aura l’audace d’interroger. De ces Arméniens qui font l’Arménie. Nos conférenciers se limitent à Erevan et plus précisément à quelques rues. Ils y font trois petits tours et puis se remettent dans leur avion de retour. Pas le souci de humer la détresse des temps et des lieux. Car cette détresse est trop loin de la capitale. Même si on peut parfois la retrouver en poussant une porte, sur les trottoirs ou sur la route vers Noubarachen, cette décharge qui fut le théâtre de notre roman Vidures.

En Arménie, 880 000 personnes sont des sans dent, des sans voix et parfois des sans abri. La guerre au Karabagh, le tremblement de terre de 88, la sortie du communisme sont de faux alibis pour laisser les choses en l’état. Et comme nous l’avons souligné plus haut, il revient pour le moins à nos conférenciers issus de la diaspora d’établir une continuité de parole entre cette diaspora et l’Arménie. A savoir, dire aux Arméniens d’Arménie que les Arméniens de la diaspora sont des Arméniens à part entière et qu’ils ont droit au doute, à l’indignation et à la protestation. Qu’ils ont même le devoir de conduire leur auditoire de la résignation vers la protestation, surtout quand la démocratie se perpétue par la corruption et qu’elle viole d’une échéance électorale à l’autre la voix des citoyens. A l’heure, où le gouvernement actuel réclame le retour de ceux qu’il a poussés dehors ou qui a découragé ceux qui souhaitaient s’implanter en Arménie, nos conférenciers pourraient éclairer le chemin de nos réconciliations.

En somme, on est en droit d’admettre que ces conférenciers ne sont pas dupes de ce qui se voit et de ce qui se cache en Arménie. Ils savent mais ils ont du mal à franchir le pas qui consisterait à passer de l’indignation à l’action, ne serait-ce que pas les mots. Sauf à s’attirer les foudres de leur auditoire accroché à leur pays comme des alpinistes à la montagne. C’est dire que le droit à la critique n’est aux yeux des Arméniens d’Arménie dévolu qu’à ceux qui y vivent. Les Arméniens de la diaspora qui ont eu le tort d’être nés ailleurs qu’en Arménie et qui n’assument pas l’état précaire du pays n’auraient aucun droit à la parole critique.

En vérité, nos chers conférenciers entretiennent une sorte de porte-à-faux avec leur public, en maintenant des non-dits qui témoignent de l’idée selon laquelle l’Arménie ne serait pas leur pays. De cette façon, ils se dédouanent d’avoir à évoquer des choses qui fâchent alors qu’ils auraient le devoir et les compétences pour le faire. Hommes de paroles qui parlent en étant privé de la liberté de parole, ils soumettraient donc la langue de la diaspora à la langue vivante du pays, leurs valeurs de conférencier à celles de leur auditoire. Soumission qui devient démission, laquelle se traduit en consentement au sentiment dominant qui sévit en Arménie. Un consentement qui équivaut à un consensus. Intellectuel consensuel : voilà qui constitue un oxymore assez dur à avaler.
(à suivre)

 

4 janvier 2018

Grandeur et misère des intellectuels arméniens (4)

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Dès lors, que faut-il penser de la déclaration d’un de ces intellectuels qui courent régulièrement en Arménie pour exprimer des choses arméniennes ou non, selon laquelle l’Arménie ne serait pas son pays ? De prime abord, on pourrait s’étonner d’un tel raccourci rhétorique. Mais venant d’un intellectuel, cette déclaration mérite réflexion.

Pas son pays, l’Arménie ? Mais alors avec quel autre pays au monde un Arménien partagerait-il son histoire, l’histoire de son histoire, sinon avec cette Arménie-là ? Est-ce à dire que notre conférencier pourrait faire sa conférence aussi bien en Patagonie qu’en Arménie ? Dans ce cas, demandez-lui quelle est sa patrie. Il vous répondra qu’en tant qu’écrivain sa patrie, c’est la langue. « Je n’ai d’autre patrie que la langue arménienne », pourrait-il affirmer. Belle formule qui vous cloue le bec. Or, que peut être une langue écrite qui ne s’incarne plus dans le parler ordinaire des gens, qui ne se frotterait pas à la langue de ceux qui la vivent ? Pour la plupart, les Arméniens de France parlent essentiellement le français car ils ont perdu l’arménien. Dans l’esprit de celui qui tient la langue arménienne pour une patrie, elle serait la seule langue qui le rattache à un monde disparu, celui d’hier, un monde englouti dans la radicalité de l’histoire. La perte de cette langue est l’un des effets secondaires du génocide. Cette langue est la langue de la perte et donc une langue refuge. L’image navrante moins d’une nostalgie que d’une blessure. Et notre homme fait de la résistance en écrivant dans une langue qui s’entend de moins en moins, avec l’obstination et le courage qu’on devine. Même si la vie de cette langue se puise dans le passé et non dans le monde actuel. C’est que pour ce genre d’intellectuel qui s’oblige à un certain passéisme, le passé reste son champ de prédilection. Il faut dire que les Arméniens ont l’art de vouloir féconder ce qui est mort. Le génocide est ainsi demeuré un domaine d’inspiration riche et privilégié. Il produit des du ressassement et du ressentiment tandis que le présent produit de la vie, une vie lourde, une vie sourde, une vie qui se cherche une voix pour se dire et que notre intellectuel du verbe n’entend pas. Sa mission étant de parler exclusivement du passé et du passif, puis de passer.

Dans le fond, dire de l’Arménie que ce n’est pas son pays quand on est né ailleurs constituerait une formule qui ne serait pas dénué de vérité si l’on prend en compte le fait que 70 années de soviétisme auraient créé une culture et des habitudes de penser auxquelles un Arménien de la diaspora pourrait à bon droit se sentir étranger. Le malentendu, sinon le paradoxe, est qu’un Arménien de la diaspora ne partage que l’histoire avec un autochtone. L’un et l’autre ne parlent pas les mêmes variantes de la langue arménienne ; l’imprégnation culturelle de l’un ne coïncide pas avec l’imprégnation culturelle de l’autre et la culture d’un Arménien de France, celle d’un Arménien du Liban, celle d’un Arménien d’Amérique ne sont pas superposables. Quel membre de la diaspora ne s’est-il senti étranger en Arménie ? Le sentiment de fraternité, d’osmose culturelle dans l’émoi d’une rencontre s’éprouve un temps jusqu’au moment où l’Arménien de la diaspora redevient un touriste, à savoir un homme d’ailleurs. Quant à dire que l’Église arménienne réunit tous les Arméniens, c’est oublier qu’il y a des Arméniens catholiques, des Arméniens protestants, des Arméniens musulmans et des Arméniens athées. Et chercher à faire croire à Denis Donikian qu’il trouve son arménité incarnée par le catholicos Karékine II pourrait lui valoir une syncope.

La formule de Vahé Godel disant que l’Arménie est son arrière-pays n’est pas dénuée de bon sens. C’est dire que l’histoire arménienne serait le fond inconscient de tout Arménien, la source à laquelle un Arménien de la diaspora puiserait sa force et son énergie. Reste à savoir si ce même Arménien subissant un jour, en France ou ailleurs, une forme de racisme anti-arménien, irait se réfugier en Arménie, comme l’ont fait récemment des Arméniens de Syrie, sachant que d’autres ont préféré le Canada. Il ne faut pas oublier ce qu’ont subi les Arméniens de France partis repeupler l’Arménie soviétique à l’appel de Staline. Ils se sont heurtés à un racisme interne, c’est-à-dire à une discrimination de la part des autochtones, subissant de plein fouet un choc de cultures qui a eu pour effet que leurs enfants allaient décidé quant à eux de quitter le pays pour s’intégrer à autre. Soulignons tout de même que ces Arméniens de 1947 atterrissaient dans une Arménie en grande difficulté économique et que les autochtones voyaient comme des rivaux ces arrivants nantis avec qui ils devaient partager leur détresse. Une animosité telle qu’elle mit longtemps à s’atténuer, grâce à un niveau de vie qui allait en s’améliorant et qui eut pour effet d’atténuer les ostracismes, sans qu’ils soient définitivement éliminés, même quand les autochtones furent abandonnés à leur haine par le retour en France des « aghpars ».

 

( à suivre)

2 janvier 2018

Grandeur et misère des intellectuels arméniens (3)

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De fait, l’Arménie ne constitue pas une démocratie qui chercherait à promouvoir le bonheur. L’idée même de bonheur est une idée sans cesse contrariée par l’idée d’Arménie. Ce que l’Arménie cherche à promouvoir, c’est l’Arménie. A telle enseigne que beaucoup d’Arméniens sont allés chercher leur bonheur ailleurs sans pour autant cesser de cultiver leur idée de l’Arménie. Du reste, c’est la faillite des gouvernements successifs d’avoir poussé les gens vers la sortie, de les avoir humiliés sur place ou réduits à l’impuissance, d’avoir entretenu chez les Arméniens le sentiment d’une citoyenneté stérile. Je dis faillite car promouvoir l’idée d’Arménie en réduisant le nombre d’Arméniens pour la défendre ou en minant leur confiance citoyenne, c’est affaiblir cette idée.

Par ailleurs, la transition d’une économie pseudo égalitaire  en une économie sauvagement libérale a mis en lumière le fait que les disparités sociales qui sévissaient hier ont trouvé leur plein épanouissement aujourd’hui. Cela se traduit par des pauvretés scandaleuses et des richesses qui indignent jusqu’à la nausée. En Arménie, il en est qui vivent dans des palais, d’autres dans des taudis. Le paradoxe de l’Arménie, c’est d’enfermer en son sein des fortunes de pays riches et des pauvretés dignes du tiers-monde. Paradoxe qui ne cesse de rendre l’idée d’Arménie de plus en plus honteuse et ridicule dans la mesure où les uns en tirent profit tandis que les autres sont sacrifiés sur l’autel d’une abstraction nationaliste.

Faut-il rappeler le rapport annuel du Service national des Statistiques selon lequel la pauvreté en Arménie pour 2016 touche 29,4% de la population, soit 880 000 personnes vivant avec 40 900 drams, ou l’équivalent de 71 euros par mois. Ces mêmes statistiques révèlent qu’un tiers des enfants arméniens vit en dessous du seuil de pauvreté. Certes, le gouvernement semble se réveiller pour éradiquer cette pauvreté. Mais le peut-il quand il faudrait l’équivalent de 110,2 millions d’euros ? Et pourquoi ne s’est-il pas préoccupé de la pauvreté plus tôt. C’est la guerre, me dira-t-on. La guerre qui engloutit l’économie. Pourtant, cette guerre n’aura pas empêché les gens d’en haut de se construire des villas somptueuses, ou même de cacher des avoirs faramineux comme le catholicos dissimulant 1,1 million d’euros dans la banque HSBC et lavant une fois l’an les pieds d’un enfant en guise d’humilité. Que dire des présidents successifs qui ont réussi à se construire des demeures fastueuses tandis que les sinistrés du séisme de 1988 auront mis plus de vingt ans avant d’être dignement relogés, et encore s’ils le sont tous.

Dès lors, l’Arménie a-t-elle besoin d’intellectuels de l’intelligibilité ou d’intellectuels de la compassion, sachant que la compassion est le meilleur moyen de rendre la vie intelligible, que l’urgence appelle la compassion plutôt qu’une distante intelligibilité ? Devant quelqu’un qui a froid, quelqu’un qui a faim, qui se sent abandonné par les autorités de son pays, qui ne voudrait lui offrir pain et chaleur pour l’élever jusqu’à soi ? Pourtant nos conférenciers sont là dans le même pays que celui qui a faim et qui a froid. Et celui qui a faim et qui a froid est le frère par l’histoire de celui fait des conférences. Oui, ils sont du même pays par l’histoire et ils font ce pays quoiqu’ils en disent. Le conférencier par ses mots et l’Arménien par ses maux. Or, au moment où nos conférenciers font des mots, des maux défont 880 000 Arméniens.

Mais tous les intellectuels ne travaillent pas de la même façon. Les intellectuels de l’intelligibilité font des mots et les intellectuels de la compassion défont les maux. Ara Baliozian qui répond à cette seconde catégorie, alors qu’il fit un temps partie de la première, écrit à juste titre : « Je ne résous pas les problèmes. Je n’expose que leurs racines ». Car tel est la mission de l’intellectuel arménien, capable d’intelligibilité et de compassion. Or, si l’intelligibilité ne conduit pas à la compassion, elle produit de la souffrance et peut précipiter la mort de ceux qu’elle aura ignorés. Des souffrances et des morts qui ne se voient pas, qui ne s’étudient pas, qui ne font l’objet d’aucune conférence. Comment un conférencier qui fait sa conférence à Erevan peut-il voir un enfant qui gratte dans les détritus pour se nourrir ou amasse des bouteilles en plastique pour se chauffer en les brûlant ? A moins de le considérer comme moins intéressant que son public intéressé par des questions qui sont étrangères au sort de cet enfant. Et quelle réponse devrait donner un jour ce conférencier sur ce qu’il aura indirectement provoqué pour avoir parlé de telle sorte que cet enfant sous-alimenté devenait étranger à son domaine d’intérêt ?

Nos intellectuels arméniens de France, je les comprends quand ils n’osent pas se mêler de ce qui ne les regarde pas. Pourtant, ils n’ont pas l’intelligence aveugle et sont capables d’opinion, comme tout un chacun, mais ils craignent de l’exposer. Ils craignent de ne plus pouvoir intellectualiser leur arménité en Arménie en froissant des autorités et même leur public pour qui les Arméniens de la diaspora, fussent-ils des intellectuels, ne font pas partie de la vivante nation arménienne, mais de sa part moribonde. Pour autant, n’est-ce pas aux intellectuels de la diaspora de défendre la diaspora ? N’est-ce pas à eux de rappeler que la diaspora reste et demeure le soutien économique du pays et qu’en ce sens tout Arménien de l’extérieur reste et demeure un citoyen économique faute de pouvoir, par la force des choses, être un citoyen politique ?

(à suivre)

31 décembre 2017

Grandeur et misère des intellectuels arméniens (2)

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Depuis plusieurs années, une pincée d’intellectuels de la diaspora arménienne, diplômés au plus haut degré, fait la navette entre la France et l’Arménie, pour prêcher la bonne parole universitaire auprès de leurs frères autochtones. Qu’on ne s’y méprenne pas. Leur activité n’a rien d’officiel. Si elle ne s’exerce que parcimonieusement au sein de l’université arménienne, au gré d’amitiés respectueuses de leur savoir ou autres, c’est principalement dans des lieux « underground » que viennent les écouter les générations les plus vives du pays, titillées par la nouveauté, une certaine mode ou le bouche-à-oreille.

De fait, c’est un pur produit de la pensée universitaire occidentale qui vient percer la carapace de 70 années de soviétisme dur. En ce sens, l’effort est louable pour autant que les autochtones consentent à se faire violer par l’étrangeté des leçons que leur fournit tel ou tel membre avancé de la diaspora, avec l’illusion probable de rattraper à bon compte un retard intellectuel inexorablement perdu. Et sincèrement, sont dignes d’être salués les efforts pédagogiques de ces conférenciers tout entiers dédiés à ces Arméniens qui n’en finissent pas de souffrir des pathologies de l’enfermement culturel, prisonniers des affres qui accompagnent l’accouchement d’une démocratie minée par les tics et les tocs de l’amour incestueux que les Arméniens se portent à eux-mêmes.

En effet, cette période transitionnelle d’une république soviétique à une république arménienne, allant du même au même, n’aura produit aucune révolution impliquant le passage d’un monde fini à un monde vivant. De fait, si la désoviétisation s’est inscrite dans les surfaces du système, les mentalités ne pouvaient pas changer aussi profondément que l’aurait fait une révolution radicale dans la mesure où la mutation s’est opérée sans douleur, sans chambardement, les acteurs institutionnels de l’ère nouvelle demeurant les purs produits des temps anciens.

C’est que ces acteurs n’ayant pas les outils conceptuels pour reformuler un appareil d’État « soviétisé » ou un système culturel autocentré et narcissique se sont contentés d’adapter le référentiel désuet des années de plomb aux temps qui, pour être nouveaux, sont loin d’être aussi légers qu’une plume. Pour exemple, les professeurs d’université furent reconduits d’une république à l’autre sans opérer de changement tant en matière de pédagogie que de contenu. Si des individus ayant fait des études à l’étranger pouvaient souffler un vent neuf sur le système d’éducation, ils se sont vite heurtés à la léthargie du corps enseignant. Nous pouvons témoigner de cette apathie pour avoir proposé, sans succès, d’introduire les ateliers d’écriture à l’institut Brussov. Autre image d’un changement sans changement, celui des campagnes arméniennes affectées d’une indigence crasse qui diffère plutôt en mal de celle qui sévissait avant l’avènement de la république. Mais le pire se voit à cette sorte de désertification, doublée d’une désertion des mâles partis travailler en Russie ou ailleurs.

De plus, on peut s’étonner que nos amateurs d’idées nouvelles soient mis en demeure d’assimiler en une soirée des concepts qui ont mûri des années durant avant d’entrer dans les universités occidentales, alors qu’au cours de ces mêmes années ils subissaient, eux, le matraquage du marxisme et du léninisme. Pour exemple, Hélène Piralian a dû renoncer à faire traduire ses livres dans la langue du pays tant l’équivalence de ses mots et concepts vers la langue cible faisait défaut.

Dès lors, il peut paraître frustrant à nos conférenciers d’avoir à se censurer dans leur analyse faute de trouver un auditoire qui soit à même de saisir des concepts opérants dans le monde universitaire occidental, mais quasiment inconnus en Arménie. Ce n’est pas que ce public soit inapte aux subtilités d’un discours s’appuyant sur les piliers de l’exégèse occidentale : s’ils n’en possèdent pas les clés c’est avant tout pour la raison qu’ils sont imprégnés par d’autres modes d’intelligibilité du réel.

On mesure ici la vertu de nos conférenciers qui, devant une tâche aussi démentielle peuvent à bon droit démissionner sur des sujets contemporains au point de se cantonner à des thématiques « arméniennes » qui n’ont pour d’autre résultat que celui d’entretenir une forme d’ethnocentrisme tribal. Même des auteurs du milieu arménien les plus « anti-tabou » n’échappent pas au ronron ambiant, lequel est alimenté par le devoir de soumettre leur plume aux impératifs d’une guerre qui mine les esprits à leur insu et expose quotidiennement leurs défenseurs. L’exaltation nationaliste ne favorise guère la pensée, laquelle demeure le luxe des démocraties prospères, aux frontières stabilisées et aux esprits faisant de la connaissance un chemin d’aventure et de découverte.

Pour dire le poids de la guerre sur la culture, il suffit de retenir le débat houleux que le livre de Hovhannès Iskhanian « Jour de démobilisation » a provoqué lors de sa parution en 2012 ( voir ICI). De fait, la société arménienne la plus avant-gardiste est déchirée entre les impératifs de la guerre et les impératifs de la culture, les tenants de la guerre et les tenants de la culture ayant les uns des objectifs de concentration et les autres des objectifs d’ouverture. Cependant, dans un contexte de survie, les poètes n’ont qu’une marge réduite d’expression. C’est peut-être pour cette raison que ni les intellectuels d’Arménie, ni ceux de la diaspora n’osent bousculer les lignes.

Pour autant, nous n’aurons rien lu d’un auteur d’Arménie ni d’un intellectuel de la diaspora qui ressemblerait à l’aveu de Ronit Matalon, romancière israélienne, récemment disparue : «  Ce qui m’inquiète le plus, c’est le fait que ces deux dernières années j’ai commencé à avoir peur d’exprimer mes idées. Ce qui se passe à l’intérieur de la société israélienne me fait plus peur que les couteaux. Plus que des coups de couteau, j’ai peur que l’on ne perde notre démocratie. Et je ne suis pas la seule. Nous commençons à nous méfier les uns des autres. »

Cette peur qui prend sa source à l’intérieur du pays, nos intellectuels conférenciers ne pouvaient l’éluder. Elle constitue la limite en deçà de laquelle ils sont autorisés à parler à leur guise, tandis qu’ils risqueraient gros si leur indignation devant l’état déplorable du pays osait franchir le champ politique qui leur est tacitement imparti. Ce fait, je le comprends. Mais dans ce cas, que reste-t-il à faire sinon à parler pour ne rien dire ou à se taire en guise de protestation. Toujours est-il que nous serions horrifié si l’un de ces intellectuels conférenciers venait à accepter une récompense quelconque pour service rendu à la nation. Un intellectuel, dans ce cas, ça refuse. Sinon, ça collabore.

En 2013, un écrivain de l’intérieur, Lévon Khétchoyan, aujourd’hui disparu, n’avait pas, lui, hésité à franchir les limites de la peur. Voici ce que nous écrivions en mai 2013 à son propos sur notre blog : « Tout arrive, même en Arménie. Il faut se réjouir qu’un écrivain aussi important que Lévon Khétchoyan refuse une récompense offerte par Serge Sarkissian pour protester contre la déplorable situation sociale des Arméniens. Voilà quelqu’un qui en a… Voilà quelqu’un qui ne se contente pas de décrire l’état des campagnes. La pauvreté qu’il côtoie chaque jour l’étouffe. Certes, qui ne la voit cette pauvreté ? Qui ne la déplore ? Ce refus d’une récompense est un acte de courage. Dire non et le montrer, c’est refuser de participer au fléau, d’être de son côté en tout cas. Voilà un acte de compassion active qui va déplaire à plus d’un collabo qu’il soit d’Arménie ou de la diaspora. Car c’est aussi aux optimistes et aux idéalistes de la diaspora que ce refus s’adresse. Que faites-vous pour enrayer cette pauvreté qui fait honte à tout le peuple arménien ? » Ce jour-là les Arméniens semblaient avoir une conscience. Conscience non du moi collectif, mais de l’Autre.

Dans ce cas, comment comprendre l’Arménie ? Entité abstraite et idéologique ou pays où tentent de vivre des hommes de chair et de sang ?

 

(à suivre)

30 décembre 2017

Grandeur et misère des intellectuels arméniens (1)

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Qu’allait-il faire dans cette galère, le romancier Émile Zola, en publiant le fameux « J’accuse », à la une du journal L’Aurore le 13 janvier 1898 ?

Il défendait un homme.

Le capitaine Alfred Dreyfus, injustement accusé de trahison.

Zola le défendra comme d’autres plus tard auront défendu d’autres victimes au détriment de leur confort intellectuel et matériel. Certains, dans les moments les plus noirs de la répression soviétique, chercheront à sauver Sergeï Paradjanov comme d’autres aujourd’hui, dans ces moments les plus noirs de la répression turque, restent solidaires d’Osman Kavala.

En son temps, Maurice Barrès traitera les anti-dreyfusards d’ « intellectuels », avec tout le mépris que suppose l’attitude d’un auteur mettant momentanément sa plume au service d’une chose qui ne le regarde pas.

De fait, au service d’un homme dépouillé de sa vérité et affublé des oripeaux de la trahison.

Or, de péjoratif qu’il était, le mot « intellectuel » va acquérir, au fil du temps et des injustices, ses lettres de noblesse.«  Spectateur engagé » pour Raymond Aron, l’intellectuel sera aux yeux de Jean-Paul Sartre justement « quelqu’un qui se mêle de ce qui ne le regarde pas ». C’est que l’intellectuel peut rester un temps spectateur des injustices, mais il ne peut le faire tout le temps sans trahir sa conscience. Vient le jour où il doit quitter sa tour d’ivoire et pénétrer dans l’arène de la rue, crotter ses bottes, souiller sa plume et donner de la voix.

Vient le jour où l’intellectuel penché sur le passé pour en semer les leçons sur un monde « tel qu’il ne va pas mais devrait aller » éprouve le besoin d’ouvrir ses fenêtres pour entendre la rue, ouvrir sa porte et ajouter sa voix à celle des autres. Les autres ? Ceux qui souffrent d’être ignorés ou qu’on maintient dans l’ignorance de leur malheur.

Ce qui veut dire, qu’on ne s’y méprenne pas, qu’un intellectuel, s’il est honnête homme, aura pour tâche de rendre par ses textes le présent intelligible. Et à ce titre, il utilise les grilles du passé pour les appliquer au monde contemporain afin d’aider les profanes à mieux voir ce qu’ils sont et où ils vont. En d’autres termes, l’intellectuel permet à la conscience politique de chacun de s’éveiller et de grandir. Le monde n’avancerait donc que si l’intelligence du monde mute en conscience politique.

Seulement voilà : si l’intellectuel s’aime, il s’enferme dans sa recherche. Mais si l’intellectuel sème, il devient producteur de conscience. Dans le premier cas, son exercice consiste à rendre le monde actuel plus transparent en s’appuyant sur celui d’hier. Dans le second, il met sa parole au service des actes destinés à libérer la société.

Mais comme dit Camus, il faut savoir de quel côté du fléau on doit se trouver.

De fait, il y a deux catégories d’intellectuels : l’intellectuel de l’intelligibilité et l’intellectuel de la compassion. Sartre aussi bien que Camus réussirent à pratiquer les deux, sachant que Sartre était beaucoup plus un intellectuel de l’intelligibilité au risque d’une certaine radicalité, tandis que Camus était un intellectuel de la compassion au risque des frustrations et contradictions que cela suppose. Mais au moins l’un et l’autre étaient « engagés » dans le monde pour autant qu’ils pouvaient l’être.

( Précisons que l’intellectuel n’est pas forcément un homme qui s’occupe des choses de l’esprit. Dès lors que nous nous exprimons en citoyen responsable, que nous nous mêlons de ce qui ne nous regarde pas, que nous ajoutons du sens à la conscience des autres, nous agissons en intellectuel. Le cas le plus emblématique est celui d’Yves Montant qui ne s’interdira pas d’interpeller les dirigeants soviétiques sur l’invasion de la Tchécoslovaquie et qui, en rupture avec le communisme naïf de ses origines, seul ou avec des intellectuels de profession, soutiendra les réfugiés du Chili ou militera pour les droits de l’homme en s’engageant en faveur du syndicat Solidarnosc de Lech Walesa)

 

( à suivre) 

28 décembre 2017

Attention : un chat peut en cacher un autre

Filed under: ARTICLES — denisdonikian @ 6:51
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Le film «  Kedi – des chats et des hommes » de Ceyda Torun serait magnifique s’il ne cachait un sous-entendu.

Ce qui est entendu, c’est que les chats sont magnifiques par nature. Ce sont de grands acteurs impassibles, menant leur vie de chat plutôt que la jouant, et indifférents à la caméra qui les suit ou les harcèle. En fait, ici ce sont des acteurs qui ont pour mission, selon le réalisateur, de montrer comme les Turcs d’Istanbul les aiment et s’en inspirent. Dans ce film, on n’aura jamais autant parlé du mystère des chats, de leur fonction thérapeutique, de leurs ondes positives, et surtout de la tolérance qu’ils enseignent aux hommes.

L’autre acteur de ce film, c’est Istanbul. Les chats et les Stambouliotes vivent en osmose. C’est une sorte d’entente sanitaire qui s’est établi entre eux. Mais plus qu’une entente, un partenariat. Les chats apportent aux Stambouliotes une sorte de sérénité, je dirais même d’humanité, et les Stambouliotes apportent aux chats de la nourriture.

En fait, les chats servent de faire-valoir aux Turcs. Le cinéaste réussit habilement à affubler les chats d’une sorte de mission sacrée, celle de valoriser les Turcs, surtout dans un moment de l’histoire où les Turcs ne brillent pas dans le monde par leur générosité démocratique. Qu’à cela ne tienne, je pense que les Turcs qui «  jouent » dans ce film avec les chats ne sont pas des acteurs jouant la comédie du bonheur, mais des personnes vivantes et sincères.

Et pourtant ce qui gène, c’est le côté propagandiste du film qui a tendance à prendre les spectateurs avertis pour des gogos.

Personnellement, j’ai du mal à oublier comment en 1910, les chiens de Constantinople furent abandonnés sans eau ni nourriture sur l’îlot d’Oxia, «la Pointue» (que les Turcs surnomment «l’île qui porte malheur»), pour qu’ils s’entredévorent. Certains voient dans ce nettoyage canin la préfiguration du génocide de 1915. En effet, un Arménien a du mal à croire que la tolérance dont les Turcs seraient animés dans ce film, (qui ose même dire « l’amour des autres » ) aurait eu ses limites, hier en massacrant les Arméniens, aujourd’hui en poussant les Kurdes vers la sortie par la peur et par le sang.

En ce sens, ce film sonne faux si tant est qu’on se réfère à l’histoire. Sans parler des Turcs eux-mêmes qui ont subi par milliers les purges récentes.

Les chats seraient-ils plus chanceux que les hommes ? Il est vrai qu’ils ne se laissent pas faire. Ils griffent, ils savent se cacher et ils sont agiles. Et pourtant ils ne parlent pas. Les Turcs aiment ceux qui ne parlent pas. Sinon ils leur arrachent la langue avant de leur arracher la vie.

 

22 décembre 2017

Du Prozac dans le saumon

Filed under: ARTICLES — denisdonikian @ 2:34

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Elevage de saumon

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Chère lectrice, cher lecteur,

Faut-il croire que le saumon est un poisson triste, déprimé, qui traîne ses idées noires dans des bassins d’élevage surpeuplés ?

Remarquez, quand on voit l’environnement des fermes d’élevage, il y a de quoi avoir le blues :

Voilà une « hypothèse » qui expliquerait pourquoi des chercheurs ont trouvé récemment… des traces d’antidépresseur (Prozac) en faisant des prélèvements sur des saumons du Pacifique, au nord-ouest des Etats-Unis [1].

Des saumons élevés au Prozac ??? Tout va très bien, madame la Marquise…

Effrayant cercle vicieux

En réalité, les chercheurs n’ont pas juste relevé des traces de Prozac dans les tissus de ces poissons.

Ils ont trouvé 40 différents produits chimiques parmi lesquels la Metformine, un antidiabète, ou encore un biocide comme le Triclosan, largement utilisé dans les produits de soin (savons, déodorants, dentifrice etc.), le tout à des niveaux qui pourraient « altérer le développement, la reproduction et le comportement » des saumons.

Mais comment est-ce possible ?

Il s’agit en fait de médicaments consommés par l’homme, qui sont rejetés dans les eaux usées et qui finissent par se retrouver dans la mer, l’écosystème des saumons [2].

Des études passées ont déjà montré que des résidus de médicaments dans les eaux usées ingérées par les poissons (notamment des anxiolytiques), entraînent chez eux de profonds bouleversements du comportement comme une activité accrue, une sociabilité réduite et une plus grande voracité [3].

Pour résumer, la déprime de l’être humain entraîne celle du poisson, poisson qui se retrouve finalement dans notre assiette où sa consommation accentue encore un peu son effet déprimant sur notre santé…

La boucle est bouclée. Et les conséquences, d’après les chercheurs, peuvent être « graves et durables ».
Choses désagréables à savoir sur le poisson

À tel point que dans certaines régions particulièrement polluées, les autorités conseillent ouvertement de ne pas manger trop de poisson pêché localement.

C’est le cas notamment dans le Kentucky, aux Etats-Unis, où la Direction de la santé publique a mis en garde récemment contre la consommation de poissons pêchés dans les lacs et rivières de l’Etat.

En cause ici, la pollution au mercure provenant des centrales électriques qui se déplace à travers l’air et se dépose dans l’eau.

Résultat : les scientifiques ont comptabilisé que plus d’un quart des poissons y contenaient du mercure à des niveaux dépassant le critère de dangerosité pour la santé humaine.

À des doses de mercure supérieures à la moyenne (plus de 5 µg/L), les fonctions cérébrales telles que le temps de réaction, le jugement et la parole peuvent être altérées. À des expositions très élevées (supérieures à 15 µg/L), le mercure peut affecter votre capacité à marcher, à parler, à penser et voir clairement.

Les risques sont encore plus forts chez les enfants et les femmes enceintes, avec plus de fausses couches si elles mangent des fruits de mer contaminés au mercure. Manger des aliments contaminés au mercure peut même modifier les chromosomes.

La situation, évidemment, n’est pas limitée aux rivières et mers des Etats-Unis.

D’autres chercheurs ont fait le même constat dans de nombreux endroits du monde. La liste des poissons à éviter en raison de leur teneur en polluants n’en finit plus de s’allonger ; avec le saumon d’élevage, on trouve aussi :
requins, lamproies, espadons, baudroies ou lottes, loup de l’Atlantique, bonite, anguille et civelle, empereur, hoplostète orange ou hoplostète de Méditerranée, grenadier, flétan de l’Atlantique, cardine, mulet, brochet, palomète, capelan de Méditerranée, pailona commun, raies, grande sébaste, voilier de l’Atlantique, sabre argent et sabre noir, dorade, pageot, escolier noir ou stromaté, rouvet, escolier serpent, esturgeon et thons [4].

  1. On mange quoi, alors ?

C’est tout ? Mais on mange quoi alors ?

D’abord, on peut commencer par ne pas jeter tous les saumons dans le même panier. Le saumon d’Alaska et le saumon rouge sauvage ne sont jamais issus d’élevage, et leur teneur en oméga-3 est excellente.

Le risque de contamination du saumon d’élevage est plus faible, en raison d’un cycle de vie plus court (environ 3 ans).

Vous pouvez aussi vous intéresser aux petits poissons gras, comme les sardinesmaquereaux, harengs ou anchois.

Souvent, les gens croient qu’ils n’aiment pas ça, mais c’est parce qu’ils ne connaissent pas les bonnes recettes ou parce qu’ils n’ont pas été habitués à en manger, surtout les plus jeunes.

Ces petits poissons sont pourtant très intéressants car ils sont les plus riches en acides gras oméga-3, qui offrent d’innombrables bienfaits pour la santé [5]. Ils contiennent aussi d’intéressants apports de vitamine D, de sélénium, de phosphore et de protéines de haute qualité.
Les petits poissons rendent intelligent

Les oméga-3 des petits poissons sont riches en DHA (acide docosahéxaéonique), indispensable au fonctionnement du cerveau : 97 % des 14 % d’oméga-3 contenus dans le cerveau sont du DHA. Il participe à la transmission de l’influx nerveux entre les neurones.

Ils permettent de ralentir le déclin cognitif avec l’âge. Le DHA a aussi des fonctions non spécifiques qui lui permettraient également de contribuer à un effet protecteur contre les maladies neurodégénératives, c’est-à-dire la maladie d’Alzheimer, le Parkinson, la sclérose en plaques et bien d’autres.

Mais ce n’est pas tout :

Les petits poissons améliorent la vue : un taux élevé de DHA limiterait de 68 % le risque de dégénérescence maculaire liée à l’âge. Dans la rétine, 93 % des oméga-3 sont du DHA [6].

Ils améliorent fortement le sommeil des enfants : une nouvelle étude de l’Université d’Oxford indique que des niveaux élevés de l’acide gras oméga-3 DHA sont associés à un meilleur sommeil chez l’enfant et qu’un supplément d’oméga-3 chez les enfants qui dorment mal favorise le sommeil.

Les enfants qui ont pris des oméga-3 ont dormi près d’une heure (58 minutes) de plus et ont eu 7 fois moins d’épisodes d’éveil par nuit que les enfants qui prenaient un placebo.

Enfin, des études montrent que les acides gras oméga-3 présents dans les poissons gras diminuent le risque d’infarctus. Il y a plus de 30 ans, on avait déjà remarqué que les Esquimaux et les Japonais (notamment les habitants de l’île d’Okinawa), gros consommateurs de poissons, avaient très peu d’infarctus du myocarde.
Les petits poissons aiment les femmes enceintes

Point particulier qui concerne les femmes enceintes.

Le DHA est un constituant essentiel des membranes des cellules nerveuses et il est nécessaire à la maturation du cerveau, du système nerveux et de la rétine du fœtus. Près de 70 % de la fabrication du cerveau a lieu durant les 3 derniers mois de grossesse et il faut particulièrement surveiller les apports durant cette période.

Mais les réserves maternelles d’acides gras avant la conception ont aussi leur importance, elles sont lentes à se constituer et seront transférées en majeure partie au bébé. Si elles ne sont pas suffisantes, la maman pourrait se trouver après l’accouchement avec un taux très bas, favorisant le risque de dépression post-partum [7]…

Lors de la grossesse, les végétariennes ou les femmes qui ne mangent pas de poisson doivent impérativement prendre un complément alimentaire d’oméga-3 (issus de poissons ou d’algues pour les végétariens), ces derniers étant tous filtrés pour éliminer 90 % des polluants.

Julien Venesson, rédacteur en chef d’Alternatif Bien-Être, le journal de référence sur la nutrition, conseille un apport minimal de 300 mg par jour de DHA, avec un apport idéal plutôt situé autour de 600 mg minimum.

Infos Produits 

OM3 9 mois (isodisnatura) : 01 56 62 41 92 – www.isodisnatura.fr
Omegabiane DHA (Pileje) : 02 40 83 86 37 – www.commander-pileje.fr
Oméga-3 végétal (Finndal) : 08 05 11 19 43 – www.flinndal.fr
Formule Oméga-3 (EPA + DHA + ALA) des laboratoires Cellinov www.cellinnov.com

Santé !

Gabriel Combris

27 mai 2018

De la passion patriotique (2)

Filed under: Uncategorized — denisdonikian @ 5:46

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Ainsi est la passion patriotique, bifrons (deux têtes) comme Janus, amour autant  que haine, amour en même temps que haine, amour haineux ou bien haine amoureuse comme on voudra.

Le premier mai à Erevan les foules acclamaient Pachinian dont on retransmettait en direct les déclarations à là tribune du parlement. Mais quand ces mêmes foules entendaient un  député du régime Sarkissian faire barrage à leur chouchou, ils retournaient le pouce vers le bas en guise de mise à mort. C’étaient les mêmes hommes et les mêmes femmes qui, en un clin d’œil, passaient d’une hystérie joyeuse à une hystérie haineuse. Comme si le sentiment d’amour exacerbé du peuple arménien pour lui-même pouvait mécaniquement dégainer sa part haineuse sitôt qu’on venait à le contrarier. Janus en une seule et même tête. L’amour se nourrissant d’une haine ayant le même corps, à savoir l’Arménie.

Le passionné patriotique danse ainsi tantôt sur un pied tantôt sur l’autre, exprimant une agitation qui le rend certes précieux et exemplaire aux yeux de son monde et du monde mais qui dans le fond ne lui permettra aucun répit ni équilibre jusqu’à sa mort. La passion patriotique serait donc une sorte de pathologie de l’identité dans la mesure où elle affole la raison et interdit l’accès à la sagesse. Or pour un esprit qui voudrait tendre vers l’amour plutôt qu’il ne souhaiterait verser dans la haine, cette instabilité critique n’est pas tenable. Gandhi avait résolu le problème en pratiquant le jeun protestataire ou la riposte non violente à la violence. L’Inde que j’aime ne me  jettera pas dans la haine de celui qui m’interdit cet amour. Et Mandela avait compris que la réconciliation permettait de mieux promouvoir la paix civile que l’affrontement avec les praticiens patentés de la discrimination. Leçons  que Pachinian a retenues en se donnant pour programme d’orienter une génération cyberinformée  vers l’idée de préserver l’amour au sein du peuple arménien plutôt que de bâtir son pays sur l’abîme de la vengeance. Plutôt le droit sans haine que la haine au sein du droit.

De fait, la passion patriotique démontre l’impureté de tout ce qui touche à l’humain. Si nos sentiments sont impurs, c’est qu’ils sont mêlés de boue et de lumière. Sous l’astreinte de la culture pointe la fascination des instincts. Or le premier instinct qui sommeille sous la passion patriotique est l’instinct de conservation. La mutation instantanée de l’amour de soi en haine de l’autre qui voudrait toucher à cette chose sacrée que représente le pré carré de la patrie, c’est lui.

Il faut reconnaître que dans la passion fasciste de la patrie, la haine de l’autre s’exprime au-delà de son pendant amoureux. D’autant que cette passion se sent constamment agressée. Non seulement elle se tient sur le qui-vive, mais elle n’est plus rappelée à l’ordre par l’amour premier de la patrie. Alors que ceux qui privilégient cet amour savent que toute haine qui s’exprimerait plus fort que lui pourrait détruire la patrie même. C’est pourquoi la révolution de Pachinian s’est qualifiée d’emblée de velours. Le président Armen Sarkissian aura rectifié à tort en la nommant révolution arménienne croyant que cette révolution prenait sa source dans notre culture. Allons donc ! C’est oublier que la génération qui a construit avec Pachinan un mode inédit de changement radical a appris des autres (Gandhi, Mandela, non violence…) à produire ce changement  tout en préservant la paix civile. Sachant que cette paix civile pouvait seule éviter de fragiliser les frontières. Que cette paix civile était le garant d’une stabilité durable aux frontières constamment menacées.

 

Denis Donikian

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