Ecrittératures

26 juillet 2017

Entretien avec Taner Akçam sur sa récente découverte

Filed under: GENOCIDE ARMENIEN — denisdonikian @ 2:51

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© Princeton University Press, 2012

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Avec l’aimable autorisation de Georges Festa  pour la traduction.

( VOIR ICI)

 

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La dernière brique dans le mur négationniste :

entretien avec Taner Akçam sur sa récente découverte

par Dickran Khodanian

The Armenian Weekly, 04.05.2017

WATERTOWN, Mass. – Tandis que les communautés arméniennes à travers le monde commémorent le 102ème anniversaire du génocide arménien, une récente révélation de l’historien turc Taner Akçam, reprise par les principales chaînes d’information et la grande presse, occupe tous les esprits. Surnommé à juste titre le « Sherlock Holmes du génocide arménien » dans un récent article du New York Times, Akçam étudie le génocide arménien depuis des années en compilant des archives du monde entier pour combattre le négationnisme de l’Etat turc.

D’après Akçam, sa récente découverte – qu’il qualifie d' »arme du crime » et de « dernière brique dans le mur négationniste » prouve la pleine conscience et l’implication du gouvernement ottoman dans l’anéantissement de la population arménienne. La découverte de ces documents a été réalisée, alors qu’ils étaient censés avoir disparu suite à la Première Guerre mondiale.

L’un de ces documents, reconnu authentique par le gouvernement ottoman d’après-guerre, a aidé à déclarer coupable son auteur, Behaeddine Chakir, l’un des fondateurs du Comité Union et Progrès (CUP), comme l’un des instigateurs du génocide arménien.

Le 11 mai, l’Armenian Museum of America et la National Association of Armenian Studies and Research (NAASR) présenteront « The Story Behind: ‘The Smoking Gun' » [Les Coulisses de l’histoire : l’arme du crime], une présentation par Akçam de documents inédits jusqu’ici. Pour la première fois, ce document, ainsi que d’autres, feront l’objet d’un débat public.

The Armenian Weekly a récemment rencontré le Dr. Akçam, avant son intervention à Boston, pour évoquer sa récente découverte et sa signification dans le combat contre le déni du génocide arménien par la Turquie.

Ci-dessous l’entretien dans son intégralité.

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– Dickran Khodanian : Vous qualifiez la découverte de ce télégramme d' »arme du crime, » l’une des « dernières briques dans le mur négationniste. » En quoi cet élément de preuve est-il plus important que d’autres preuves qui étaient disponibles auparavant ?

– Taner Akçam : Cette preuve conforte celles qui ont été compilées au fil des ans. Les archives des tribunaux militaires d’Istanbul constituent l’une des plus importantes sources sur le génocide arménien. L’historien Vahakn Dadrian s’est servi de ces tribunaux pour briser le mur négationniste de la Turquie et ce, abondamment. Or les preuves émanant de la Cour ont été sans cesse critiquées, car ce n’étaient pas des originaux.

En fait, quand Guenter Lewy publia son ouvrage intitulé The Armenian Massacres in Ottoman Turkey: A Disputed Genocide1, il jeta le discrédit sur les matériaux des cours martiales au motif que nous ne possédons pas les originaux, puisqu’ils n’existent pas. Il écrit dans ce livre : « Le problème le plus grave concernant la valeur probatoire des procédures engagées par la justice militaire en 1919-20 est la perte de la totalité des documents relatifs à ces procès. Ce qui veut dire que nous ne possédons aucun document original, aucun témoignage sous serment, ni la moindre déposition, sur lesquels ces tribunaux ont fondé leurs conclusions et leurs verdicts. » (p. 80)

Aujourd’hui, nous sommes en possession de documents originaux munis d’en-têtes officiels, qui ont été déchiffrés à l’aide d’un système de codage. Ce système de codage nous permet d’authentifier des lettres liées au massacre ou à la mise en œuvre des massacres. C’est là un coup majeur porté à la thèse négationniste. Je continuerai à publier d’autres documents de ce genre, émanant des cours martiales, car il s’agit un apport très important à la recherche existante.

– Dickran Khodanian : Vous avez déclaré avoir retrouvé ce document grâce au neveu d’un prêtre catholique arménien, Krikor Guerguérian. Pourriez-vous nous préciser ? Comment avez-vous pu obtenir finalement ce document ?

– Taner Akçam : Ce document se trouve dans les archives privées du prêtre catholique arménien Krikor Guerguérian à New York. Le document original se trouve dans les archives du Patriarche arménien de Jérusalem, où Guerguérian s’est rendu dans les années 1960 et où il a filmé tous les matériaux. C’est un document très connu, qui a été publié plusieurs fois sous la forme de citations. Au tribunal compétent d’Istanbul en 1919-1921, il est largement cité ! Dadrian s’est rendu personnellement à Jérusalem et a été en contact avec Guerguérian; il a utilisé ce télégramme précis et fait référence aux archives de Guerguérian et de Jérusalem dans ses notes de bas de page.

Plus important, l’Assemblée Arménienne2 a microfilmé l’intégralité des archives de Guerguérian en 1983. Ces archives sont accessibles depuis 1983, mais personne ne peut les consulter en profondeur, car il n’existe pas véritablement de système de catalogage. Les rouleaux de microfilms se comptent par centaines et il est quasiment impossible de dépouiller chaque rouleau pour retrouver ce document. L’existence des archives Guerguérian et des copies possédées par L’Assemblée est de notoriété publique parmi les chercheurs. Quand je suis arrivé pour la première fois aux Etats-Unis en 2000, j’ai contacté le neveu de Guerguérian, en lui demandant l’autorisation de consulter les originaux qu’il possède à New York. Il a refusé, au motif que les matériaux sont tous microfilmés à Washington. En 2015, je l’ai appelé à nouveau pour lui demander l’autorisation de consulter les matériaux originaux et cette fois il me l’a accordée.

– Dickran Khodanian : Est-il possible qu’il y ait d’autres matériaux à découvrir ?

– Taner Akçam : Il existe encore de nombreux autres matériaux à découvrir. Ce sera d’ailleurs l’un des points principaux que je vais aborder lors de mon intervention le 11 mai prochain. Nous possédons plusieurs matériaux originaux émanant du tribunal d’Istanbul, que nous savons s’être retrouvés dans les archives de Jérusalem et celles personnelles de Guerguérian.

Dans les années 1940, alors que Krikor Guerguérian menait des recherches sur l’extermination du clergé durant le génocide arménien pour sa thèse de doctorat au Caire, il rencontra un ancien juge ottoman qui avait été membre des cours martiales d’Istanbul, après la Première Guerre mondiale. Ce juge informa Guerguérian que, lorsqu’il présidait la cour martiale, le Patriarcat arménien était le représentant officiel des Arméniens lors du procès. Ils obtinrent légalement le droit d’avoir accès aux matériaux du tribunal et, en conséquence, il les autorisa à prendre des matériaux.

Le juge apprit aussi à Guerguérian qu’en 1922, le Patriarche Zaven Ier [Der Eghiayan] transféra ces matériaux en Europe, à Marseille tout d’abord, puis à Manchester, en Grande-Bretagne, pour atterrir finalement aux archives de Jérusalem. Voilà pourquoi, dans les années 1960, Krikor Guerguérian s’est rendu là-bas et a tout photographié.

– Dickran Khodanian : Qu’est-ce qui rend votre découverte différente ? Vous avez déclaré dans d’autres publications ne pas croire que cette récente découverte conduise à des changements immédiats dans la position de la Turquie à ce sujet. Pourquoi ?

– Taner Akçam : La découverte importante que j’ai faite est le système de codage, et aussi la mise en évidence que ce document revêt un en-tête ottoman. Les autorités turques ne pourront pas dire qu’il n’est pas authentique. Le système de codage du télégramme est irréfutable et démontre l’authenticité de ce document.

Aujourd’hui, dans les archives ottomanes, il existe des centaines de documents, principalement sous forme de télégrammes émanant des provinces vers Istanbul. Ils sont tous codés en chiffres arabes. Quatre ou cinq chiffres indiquent un mot ou des pluriels ou des suffixes. Quand ces télégrammes codés arrivaient à Istanbul, les autorités écrivaient les mots ou les terminaisons équivalentes au-dessus de chaque groupe de chiffres. Voilà comment nous pouvons lire ces documents aujourd’hui. J’ai comparé le système de codage des télégrammes de Behaeddine Chakir avec ceux des archives ottomanes et j’ai découvert qu’ils concordaient.

Juste pour donner un exemple : le terme de déportation est codé « 4889 » sur le télégramme de Chakir; si l’on consulte les matériaux ottomans adressés au gouvernement central depuis les provinces à la même période, lesquels comptent quatre chiffres comme dans le télégramme de Chakir, on se rend compte qu’ils ont tous le code « 4889 » pour déportation.

Personne ne pourra dire que ce télégramme n’est pas authentique. Désormais, le gouvernement turc doit trouver une explication, car l’argument consistant à dire « Montrez l’original » n’est pas valable. Nous possédons l’original. Ils sont pris au piège de leur propre argumentation.

Je suis sûr qu’ils vont continuer à nier le génocide car le négationnisme n’a rien à voir avec la recherche universitaire; c’est un problème politique. Mon argument est que, compte tenu de ces documents nouveaux, il est maintenant très difficile de nier le génocide arménien. Les arguments qu’ils ont avancés au fil des ans ne fonctionneront plus. Ils devront donc recourir à autre chose.

– Dickran Khodanian : Les historiens ne sont pas autorisés à faire des recherches dans les archives de Jérusalem ?

– Taner Akçam : Tout à fait. Les chercheurs n’y ont pas accès. On me l’a refusé plusieurs fois au fil des ans. Je voulais consulter le matériau de Krikor Guerguérian pour voir s’il avait vraiment tout filmé. Impossible d’y accéder. Ils répondent invariablement : « Nous sommes en train de cataloguer. » Mais je ne suis pas sûr que ce soit vrai. A ma connaissance, il n’y a pas de raison valable pour que des historiens n’aient pas accès aux archives de Jérusalem. Je n’ai pas envie de spéculer à ce sujet.

– Dickran Khodanian : Le 11 mai prochain, vous allez intervenir à Watertown, à l’Armenian Museum of Armerica. Pourriez-vous nous dire un mot des thèmes abordés lors de votre exposé ?

– Taner Akçam : Ma conférence du 11 mai portera essentiellement sur le contenu des archives de Krikor Guerguérian en lien avec les matériaux du tribunal militaire d’Istanbul. Il y a beaucoup d’autres matériaux dans ces archives, mais je me focaliserai sur le tribunal et les matériaux recueillis à cette époque.

NdT

  1. Guenter Lewy, The Armenian Massacres in Ottoman Turkey: A Disputed Genocide, University of Utah Press, 2007
  2. Armenian Assembly of America Inc., Washington, DC 20005 – http://www.aaainc.org/

[Taner Akçam est titulaire de la chaire Robert Aram and Marianne Kaloosdian and Stephen and Marian Mugar d’études sur le génocide arménien à l’Université Clark.

Il est l’A. de The Spirit of the Laws: The Plunder of Wealth in the Armenian Genocide, avec Ümit Kurt (Berghahn Books, 2015), The Young Turk’ Crime Against Humanity: The Armenian Genocide and Ethnic Cleansing in the Ottoman Empire (Princeton University, 2012), Judgment at Istanbul: The Armenian Genocide Trials avec Vahakn Dadrian (Berghahn Books, 2011), A Shameful Act: Armenian Genocide and the Question of Turkish Responsibility (Metropolitan Books, 2006), et From Empire to Republic: Turkish Nationalism and the Armenian Genocide (Zed Books, 2004).

Il est aussi l’A. d’autres ouvrages en allemand et en turc, dont récemment Naim Efendi’nin Hatıratı ve Talat Paşa Telgrafları: Krikor Gergeryan Arşivi [Les Mémoires de Naïm Effendi et les télégrammes de Talaat Pacha : les archives de Krikor Guerguérian] (İletişim, 2016), à paraître en traduction anglaise.

[Dickran Khodanian est rédacteur en chef adjoint à The Armenian Weekly, après l’avoir été à Asbarez (édition anglaise). Diplômé d’histoire, spécialité Histoire arménienne, de l’Université de Boston, il est aussi diplômé d’histoire, option Etudes arméniennes, de l’Université d’Etat de Californie à Northridge. Il a occupé plusieurs fonctions dirigeantes au sein de l’Armenian Youth Federation (AYF) (Côte Ouest) et milite très activement dans la communauté arménienne de Los Angeles. Il compte poursuivre son doctorat en histoire.]

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Source : http://armenianweekly.com/2017/05/04/the-last-brick-in-the-denialist-wall-akcam-speaks-with-the-armenian-weekly-on-his-latest-discovery/

Traduction : © Georges Festa – 07.2017

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25 juillet 2017

Brèves de plaisanterie

Filed under: APHORISMES — denisdonikian @ 7:20

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PREFACE

 

A Véronique Pittolo,

naturellement.

Si, considérant l’initiale inspiration de toutes les propositions qu’on va lire, aphoristiques, farfelues ou autres, il me fallait rendre à César ce qui lui appartient, le meilleur irait à mon amie Véronique Pittolo, femme nourrie d’urgence humaniste et pratiquant une écriture en perpétuelle quête d’étonnement, pour m’avoir mis un jour sous les yeux, par malice d’entremetteuse, les textes courts et déraisonnables d’un inconnu, ivre penseur de la dérive qui prenait l’écriture pour un mode d’émancipation privilégié. Pour lui, l’évidence des mots invitait plus à fuir l’état ordinaire de leur sens qu’à s’y soumettre, plus à s’autoriser à les dynamiter plutôt qu’à consentir aux idées consensuelles qu’ils figent dans les esprits. Mais aussi à établir avec ces mêmes mots des équilibres aussi improbables que le fit Calder avec ses mobiles. Il nous fallait ce déclenchement pour qu’aussitôt les mécanismes qui régissent les légèretés poétiques de notre cerveau se mettent à jouer et à produire de ces fulgurances, fugaces mais non moins travaillées, qui allaient témoigner d’une nouvelle façon de saisir notre vie, de savourer la présence des choses, de rapporter le meilleur des expériences advenues, des souvenirs tenaces, des nostalgies, des insoumissions, mais aussi d’exprimer ces fantaisies qui frisent les vérités fausses ou les faussetés vraies… Que sais-je encore et quoi ?

Peu à peu, s’est imposée la forme du tercet isolé plutôt qu’élaboré dans le cadre d’une histoire longue façon Dante. (D’ailleurs, qui sait si Dante ne hante pas les coulisses de nos petites égouttures de vinaigre, de vin, de lessive et de sang ? Qui sait ?) Cette contrainte, soit marquée par une forme de régularité classique, soit farouchement fiévreuse, soit follement échappée, s’est avérée d’autant plus féconde qu’elle devait devenir une horlogerie mentale, un moule conceptuel dans lequel il nous arriverait, au gré des émotions, plaisirs ou peurs, de couler des mots pour dire l’incongru et l’ambigu, et ainsi nous procurer des sortes de joies créatrices, dignes de compenser les affres d’un quotidien soumis aux griffures de la maladie.

Parfois, ça nous venait en rafale dans l’avant d’un sommeil en mal de constitution, parfois c’étaient de longs jours plats d’une inquiétante stérilité et qui empêchaient tout jaillissement ternaire. Toutefois, nous avions beau nous étonner ou nous désespérer, la confiance que la chose reviendrait sans crier gare ne nous lâchait pas. C’était notre gage de survie dans une existence souffrant le noir le plus absolu d’une pathologie en quête de grâce céleste.

Cependant, qu’on ne s’y méprenne pas : ces monstruosités et sagesses minuscules ne témoignent d’aucune solennité testamentaire. Le péremptoire et le définitif sont hors de propos. A y regarder de près, c’est l’improbable et la fragilité qui dominent dans ces variations intimes, extimes et parfois infimes du moi. Loin de fixer les choses, nos mots les inscrivent dans un décor de brume flottante et de moindre clarté. Mais si nous cultivons l’évanescent, il peut arriver que le dur tire à bout portant sur la monstruosité du monde. Le sourire importe autant que les armes. Mais l’interrogation est préférée aux certitudes, l’amour adulé plus que la peur.

Puissent ces petites bulles de mots jouir de la jouissance même du lecteur, sachant qu’il devra parfois s’y arrêter longuement avant d’en saisir le reflet irisé, car le ressassement par la lecture peut seul rejoindre le ressassement qui permit leur mise au jour. Ainsi seront probablement restitués à l’esprit de petits bonheurs enfouis, si tant est que cet esprit veuille bien chercher le point où tout se rencontre, se mue en éclat et s’éparpille en fine poussière d’eau.

Juillet 2017

 

24 juillet 2017

Brèves de plaisanterie

Filed under: APHORISMES — denisdonikian @ 8:40

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C’est la fin des brèves.

L’auteur ayant le sentiment de se répéter a choisi de surseoir à toute prolongation de ces brèves,

lesquelles feront l’objet d’un livre,

si Dieu le veut.

17 juillet 2017

Brève de plaisanterie (462 et dernière)

Filed under: APHORISMES — denisdonikian @ 2:45

Homme-qui-marche

Plutôt qu’à habiter cherche

à marcher Plutôt qu’à marcher

cherche à vivre

16 juillet 2017

Brève de plaisanterie (462 et dernière)

Filed under: APHORISMES — denisdonikian @ 2:39

Plutôt que chercher à habiter

Cherche à marcher

Plutôt qu’à marcher cherche à vivre

 

Brève de plaisanterie (461)

Filed under: APHORISMES — denisdonikian @ 3:31

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Sirène hors née d’un pays d’O

Brasier d’amour brisant la haine

Venus O nue anadyomène 

Brève de plaisanterie (460)

Filed under: APHORISMES — denisdonikian @ 3:26

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Le jour où tu sortiras du monde

Le monde ne sortira pas de lui-même

Comme si ton rien n’était 

 

 

13 juillet 2017

Brève de plaisanterie (459)

Filed under: APHORISMES — denisdonikian @ 11:39

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Qui te néglige aujourd’hui

Qui te méprise ou te hait

Jouera ta mort à te rendre vivant 

12 juillet 2017

Brève de plaisanterie (458)

Filed under: APHORISMES — denisdonikian @ 7:23

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A toi qui ne m’entends  ni mes peines de chair

Ni mes langueurs désespérées 

Ni sous tes pieds mes mots de sueur et de sang

 

Brève de plaisanterie (457)

Filed under: APHORISMES — denisdonikian @ 7:21

richard johnson

( Richard Johnson)

*

Heureux les yeux qui te boivent

Les mains qui te lèchent 

Les lèvres suçant tes cris

 

 

 

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