Ecrittératures

14 décembre 2017

Evitez de passer le 25 décembre à l’hôpital 

Filed under: ARTICLES — denisdonikian @ 9:33

Par Xavier Bazin
Cher(e) ami(e) de la Santé,

Noël approche à grands pas, avec ses repas de fête copieux et bien arrosés.

Parfois, cela donne mal de crâne… et dans ce cas, le réflexe de la plupart des Français, c’est de soulager la douleur par un Doliprane (ou Dafalgan).

Et pourtant, ce simple geste peut vous envoyez à l’hôpital, si vous forcez sur la dose.

Si vous avez le malheur de combiner le paracétamol du Doliprane et l’alcool, les résultats peuvent être dramatiques.

Cela peut détruire totalement votre foie et vous obliger à en obtenir un nouveau !

Dans les services de transplantation du foie en Grande-Bretagne, les deux tiers des patients étaient là à cause d’un excès de paracétamol. La plupart du temps, ils avaient aussi abusé sur l’alcool. [1]

L’alcool et le Doliprane peut aussi malmener terriblement vos reins.

En cas de mélange, vous avez 120 % de risque en plus d’avoir de graves problèmes rénaux… même si la dose d’alcool est modérée ! [2]

Donc vous avez compris : évitez soigneusement le Doliprane pendant les fêtes.

Mais évitez-le aussi EN DEHORS de fêtes !

Car là où le paracetamol fait le plus de victimes, c’est chez ceux qui en prennent très régulièrement.

Si vous en prenez trop souvent, vous risquez tout simplement… la mort !

Une grande étude publiée dans le British Journal of Clinical Pharmacology l’a révélé de manière éclatante. [3]

Parmi des patients dont le foie était sévèrement endommagé, ceux qui avaient consommé chaque jour un peu trop de paracétamol avaient plus de risque de mourir que ceux qui avaient été hospitalisés pour un seul surdosage grave.

Ces pauvres malades voulaient calmer leurs douleurs chroniques… et à cause du Doliprane, ils se sont retrouvés dans un service de transplantation, à attendre la greffe d’un nouveau foie… qui arrive parfois trop tard.

Et si vous vous dites qu’il « suffit » de respecter les doses maximales autorisées pour être tranquille, détrompez-vous !

D’après une revue d’études publiée dans Annals of the Rheumatic Diseases, la prise de paracétamol aux doses conseillées augmente de 23 % le risque de mortalité ! [4]

Les mêmes chercheurs ont aussi découvert que les femmes qui prennent plus de 15 comprimés par semaine ont plus de crises cardiaques : leur risque est augmenté de 63 % !

Or 15 comprimés par semaine, c’est encore moitié moins que le maximum autorisé !

Bref, le Doliprane n’est clairement pas cette « pilule inoffensive » qu’on vous a longtemps présentée.

Et si vous avez encore le moindre doute, voici d’autres effets indésirables très inattendus, découverts tout récemment :

Saignements gastriques, asthme, surdité, fertilité… et insensibilité !

On a cru pendant longtemps que le Doliprane ne posait pas de souci à l’estomac. C’était d’ailleurs un gros avantage par rapport aux anti-inflammatoires classiques (aspirine, Ibuprofène…), dont on sait qu’ils peuvent provoquer des brûlures d’estomac et des saignements.

Eh bien figurez-vous que cet « avantage » du paracétamol n’est pas si clair que cela.

Dans une étude récente, des patients ont pris soit du paracétamol, soit de l’Ibuprofène pendant 13 semaines. Sans surprise, au bout de 13 semaines, une petite partie des patients sous Ibuprofène avait perdu l’équivalent d’une unité de sang, probablement à cause de saignements digestifs.

Mais la perte de sang était exactement la même chez ceux qui avaient pris du Doliprane, preuve qu’il cause des dégâts digestifs ! [5]

Et je n’ai toujours pas fini. Voici les autres risques du paracétamol découverts récemment :

  • Il peut rendre sourd ! Si vous êtes une femme, il suffit d’en prendre 2 fois par semaine pendant 6 ans pour augmenter votre risque de surdité de près de 10 % ! [6] (Même chose pour l’Ibuprofène, mais pas l’aspirine.) ;
  • Il peut rendre votre enfant asthmatique : s’il en prend régulièrement avant l’âge de 3 ans, son risque d’asthme augmente de 29 % ; [7]
  • Chez la femme enceinte, le paracétamol est à éviter fortement : non seulement il augmente le risque d’asthme de l’enfant, mais il accroît aussi son risque de troubles du comportement et d’hyperactivité[8], ainsi que d’infertilité et de cancer des testicules chez les garçons [9] ;

Et comme si cela ne suffisait pas, le paracétamol s’en prend aussi à votre cerveau :

Il suffit d’en prendre 1 000 mg pour que votre empathie baisse : vous devenez subitement moins sensible à la souffrance de ceux qui vous entourent ! [10]

Vous voyez qu’il faut vraiment l’éviter !

Si le paracétamol était une plante chinoise ou un remède naturel… il serait interdit et pourchassé depuis longtemps… les médias nous abreuveraient de messages pour dire à quel point sa consommation est dangereuse et déconseillée…

…et si un naturopathe avait le malheur de le prescrire à un malade, il serait immédiatement traîné en justice, accusé d’être un meurtrier en puissance.

Mais parce que c’est un médicament, il est autorisé en vente libre !!!

Heureusement, certains pays commencent à réagir :

Enfin, une prise de conscience en Amérique et en Suède !

Aux États-Unis, la FDA (l’équivalent de notre « agence du médicament ») l’a récemment avoué : près de 100 000 Américains sont victimes chaque année d’une intoxication au paracétamol… et 450 d’entre elles n’en réchappent pas. [11]

Les autorités canadiennes ont fait un pas de plus : en 2015, elles ont lancé une grande réflexion officielle sur la prescription du paracétamol. Voici ce que vous pouvez lire sur le site du ministère de la santé canadien :

« Le paracétamol (acétaminophène) est la principale cause de graves lésions du foie, y compris l’insuffisance hépatique aiguë, dans de nombreux pays, dont le Canada, les États-Unis, le Royaume-Uni et l’Australie. »

Malgré ce diagnostic sans appel, le Canada n’a toujours pas pris la moindre mesure.

Mais la Suède, elle, a commencé à prendre le sujet à bras le corps.

D’abord, les Suédois ont décidé de retirer le paracétamol des supermarchés, en novembre 2015. Il faut dire qu’entre 2006 et 2013, le nombre d’hospitalisations causées par ce médicament avait été multiplié par deux. [12]

Puis, en octobre 2016, les autorités suédoises ont interdit aux mineurs d’acheter plus d’une boîte à la fois. Quant aux adultes, ils recevront désormais un avertissement systématique, sous la forme de « conseils d’utilisation ».

Et en France ?

Rien…

Pas de miracle à attendre en France – alors agissez !

Il faut dire que le paracétamol est le NUMÉRO 1 des ventes en pharmacie.

On en trouve dans le Doliprane, bien sûr, mais aussi le Dafalgan et l’Efferalgan, ou encore ActifedHumexFervexProntalgine, etc…

En nombre de boîtes, c’est le médicament le plus vendu en France, de très loin, avec la bénédiction de notre système médical.

Au total, les multinationales pharmaceutiques gagnent plus de 6 milliards de dollars avec ce produit. [13]

Alors que faire ? Le boycott, bien sûr !

Evitez soigneusement le paracétamol en cas de mal de crâne – il y a bien mieux à essayer, sans effet secondaire.

Evitez-le aussi pour soigner des lombalgie ou des douleurs articulaires, c’est peu ou pas efficace. [14] [15]

Et évitez le en cas d’état grippal, car il est mauvais de faire tomber la fièvre – la fièvre est produite par votre corps pour tuer le germe qui a envahit votre organisme !

Evidemment, si vous ne prenez qu’un ou deux comprimés de Doliprane tous les 2 ou 3 mois, vous ne risquez pas grand-chose, bien sûr.

Des alternatives naturelles efficaces et sans danger

Mais même dans ce cas, il y a tout de même mieux à faire !

J’ai déjà beaucoup écrit sur le sujet, mais je vous rappelle que :

  • En cas de mal de tête, l’aspirine est nettement plus efficace que le paracétamol, mais il existe aussi des alternatives naturelles qui font moins de dégâts à l’estomac, comme l’huile essentiellede lavande vraie ou de menthe poivrée ;
  • La douleur est presque toujours liée à l’inflammation. Or le curcumaet le gingembre sont d’excellents anti-inflammatoires naturels, qui réduisent très efficacement la plupart des douleurs. [16] [17] [18] Commencez toujours par cela avant de prendre quelque chose de plus fort !
  • Contre l’arthrose, la glucosamine et chondroïtined’un côté, et l’harpagophytum réduisent aussi efficacement les douleurs que les médicaments anti-inflammatoires.
  • Des huiles essentiellescomme l’Eucalyptus citronné ou la Gaulthérie couchée font des merveilles pour lutter contre les douleurs générales dentaires, musculaires, règles douloureuses, état grippal… quelques gouttes suffisent pour vous soulager rapidement !

Voilà les bons remèdes pour éviter de passer un lendemain de Noël… à l’hôpital.

Avouez que cela gâche un peu la fête !

Bonne santé,

Xavier Bazin

PS : Si cette lettre vous a convaincu, transmettez-là autour de vous, et partagez-là un maximum sur Facebook !

Nous avons tous des proches qui prennent du paracétamol, et ils ont le droit de connaître la vérité !

 

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Sources 

[1] Darren G. N. Craig, Caroline M. Bates, Janice S. Davidson, Kirsty G. Martin, Peter C. Hayes & Kenneth J. Simpson Staggered overdose pattern and delay to hospital presentation are associated with adverse outcomes following paracetamol induced hepatotoxicity British Journal of Clinical Pharmacology Volume 73, Issue 2, Article first published online: 6 JAN 2012
[2] Relationship of acetaminophen and alcohol usage to renal dysfunction: An opportunity for health promotion/education in chiropratic. Think Global. Harrison T. Ndetan et all, Novembre 2013

[3] Craig DG, Bates CM, Davidson JS, Martin KG, Hayes PC, Simpson KJ. Staggered overdose pattern and delay to hospital presentation are associated with adverse outcomes following paracetamol-induced hepatotoxicity. Br J Clin Pharmacol. 2012 Feb;73(2):285-94. doi: 10.1111/j.1365-2125.2011.04067.

[4] Emmert Roberts, Vanessa Delgado Nunes, Sara Buckner, Susan Latchem, Margaret Constanti, Paul Miller, Michael Doherty, Weiya Zhang, Fraser Birrell, Mark Porcheret, Krysia Dziedzic, Ian Bernstein, Elspeth Wise, Philip G. Conaghan. Paracetamol: Not as Safe as We Thought? A Systematic Literature Review of Observational.Ann Rheum Dis doi:10.1136/annrheumdis-2014-206914.

[5] Michael Doherty, Chris Hawkey, Michael Goulder, Iain Gibb, Nicola Hill, Sue Aspley, Sandie Reader. A Randomised Controlled Trial of Ibuprofen, Paracetamol or a Combination Tablet of Ibuprofen/Paracetamol in Community-Derived People with Kneepain. Ann Rheum Dis 2011;70:1534-1541 doi:10.1136/ard.2011.154047.

[6] American Journal of Epidemiology December 14 2016 DOI: 10.1093/aje/kww154 Duration of Analgesic Use and Risk of Hearing Loss in Women

[7] Paracetamol use in pregnancy and infancy linked to child asthma

[8] Association of Acetaminophen Use During Pregnancy With Behavioral Problems in Childhood. Evidence Against Confounding. E. Stergiakouli et al. JAMA Pediatrics, août 2016. doi:10.1001/jamapediatrics.2016.1775

[9] S. van den Driesche, J. Macdonald, R. A. Anderson, and al. Prolonged exposure to acetaminophen reduces testosterone production by the human fetal testis in a xeno- graft model. Science Translational Medicine, 2015; 7 (288): 288ra80

[10] Mischkowski D., Crocker J., Way B.M. From Painkiller to Empathy Killer: Acetaminophen (Paracetamol) Reduces Empathy For Pain. Soc Cogn Affect Neurosci. 2016 May 5.

[11] Paracétamol hors officines : une expérience douloureuse en Suède. JIM. Octobre 2014

[12] Pourquoi la Suède retire le paracétamol des supermarchés. Léa Galanopoulo. Avril 2015 Allodocteurs.fr

[13] Top 20 generic molecules worldwide. By Eric Palmer FiercePharma

[14] Ahebkar A., Henrotin Y. Analgesic Efficacy and Safety of Curcuminoids in Clinical Practice: A Systematic Review and Meta-Analysis of Randomized Controlled Trials. Pain Med. 2016 Jun;17(6):1192-202.

[15] Khayat S., Fanaei H., Kheirkhah M., Moghadam Z.B., Kasaeian A., Javadimehr M. Curcumin Attenuates Severity of Premenstrual Syndrome Symptoms: A Randomized, Double-Blind, Placebo-Controlled Trial.

[16] Kuptniratsaikul V., Dajpratham P., Taechaarpornkul W., Buntragulpoontawee M., Lukkanapichonchut P., Chootip C., Saengsuwan J., Tantayakom K., Laongpech S. Efficacy and Safety of Curcuma Domestica
Extracts Compared with Ibuprofen in Patients with Knee Osteoarthritis: A Multicenter Study. Clin Interv Aging. 2014 Mar 20;9:451-8. doi: 10.2147/CIA.S58535. eCollection 2014. [22] C. Black, P. O’Connor. Short Term Effects of 2-Grams of Dietary Ginger on Muscle Pain, Inflammation and Disability Induced by Eccentric Exercise. The Journal of Pain, vol. 9, issue 4, p25.

[17] Efficacy and safety of paracetamol for spinal pain and osteoarthritis : systematic review and meta-analysis of randomised placebo controlled trials. BMJ 2015. Gustavo C Machado. Pas mieux qu’un placebo, donc… mais beaucoup plus dangereux. Les auteurs révèlent que les patients sous paracétamol ont été 4 fois plus nombreux à se retrouver avec des analyses sanguines inquiétantes pour leur foie…. alors même qu’ils avaient pris des doses « normales ». Par ailleurs, une autre étude contrôlée confirme l’inefficacité totale du paracétamol contre le mal de dos : http://www.thelancet.com/journals/lancet/article/PIIS0140-6736(14)60805-9/abstract.

[18] Effectiveness of non-steroidal anti-inflammatory drugs for the treatment of pain in knee and hip osteoarthritis : a network meta-analysis. Bruno R da Costa. The Lancet. Mars 2016

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11 décembre 2017

Entretien avec Samuel Totten, chercheur et militant anti-génocide

Filed under: ARTICLES,Uncategorized — denisdonikian @ 5:12

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© Routledge, 2012

« Une question de conscience » :

entretien avec Samuel Totten, chercheur et militant anti-génocide

par Aram Harumi

The Armenian Weekly, 18.08.2017

*

Avec l’aimable autorisation de Georges Festa pour la traduction.

Voir ICI  l’article sur  le blog de Georges Festa : Armenian Trends

*

Samuel Totten, universitaire américain, est sans doute plus connu pour ses recherches sur le génocide. La plupart des gens ignorent cependant son action sur le terrain contre le génocide.

« Le génocide au Darfour a eu sur moi un impact à la fois proche et personnel, » nous précise Totten lors d’un récent entretien. Durant l’été 2004, Totten a fait partie des 24 enquêteurs du United States Atrocities Documentation Project [Programme de Documentation des Etats-Unis sur les Atrocités], qui avait pour but d’interviewer des survivants sur leur vécu lors des attaques perpétrées par les troupes du gouvernement soudanais et les janjawids (milices mercenaires) contre les populations africaines noires du Darfour.

Quatre ans plus tard, lors d’une brève étape à Nairobi, une rencontre fortuite l’a amené à se rendre dans les Monts Nouba pour la première fois. Il fait alors la connaissance de gens qui ont survécu au génocide dit « d’usure » des populations des Monts Nouba durant les années 1990.

Suite à cette première visite, Totten est revenu à plusieurs reprises dans la région afin d’interviewer des survivants. Puis, lorsque la guerre éclata entre le gouvernement du Soudan et les rebelles Nouba (Mouvement Populaire de Libération du Soudan – Nord) en juillet 2011, les missions de Totten dans les Monts Nouba prirent un tournant dramatique, passant de la conduite d’interviews à la mise en œuvre d’opérations humanitaires.

Les missions de Totten dans les Monts Nouba sont toujours en cours. « Ni les Nations Unies, ni leurs agences, ni les organisations non gouvernementales n’apportent quelque aide ou protection que ce soit, quasiment rien, » déclare-t-il. « Je ressens une obligation de maintenir le cap sur les Monts Nouba. Ne pas le faire serait abandonner le peuple Nouba à son sort. »

Aram Harumi a récemment rencontré Totten pour The Armenian Weekly afin d’en savoir plus sur son action dans les Monts Nouba. Ci-dessous leur entretien dans son intégralité.

***

– Aram Harumi : Tout d’abord, pourquoi cet intérêt pour les études sur le génocide ?

– Samuel Totten : C’est une très longue histoire, en fait, que j’ai présentée, du moins en partie, dans deux études différentes dans deux ouvrages différents : Pioneers of Genocide Studies, édité par Samuel Totten et Steven Jacobs (Transaction Publishers, 2002), et Advancing Genocide Studies (Transaction Publishers, 2015). Ces études s’intitulent « Une question de conscience » et « Une question de conscience : 2ème partie. »

En résumé, cet intérêt est né de mes recherches sur les prisonniers d’opinion avec Amnesty International (AI). L’élément déclencheur a été un article de Rose Styron, grande militante des droits de l’homme et épouse du romancier William Styron, décédé depuis (auteur d’œuvres de fiction comme Les confessions de Nat Turner1 et Le choix de Sophie2, parmi bien d’autres). Le texte de Rose Styron s’intitulait simplement « Torture in Chile » [La torture au Chili].3 Diplômé depuis peu de l’université, me considérant assez bien informé, j’étais a) abasourdi, stupéfait de voir que la torture qu’elle décrivait était une réalité dans de nombreuses parties du monde, et même omniprésente; b) horrifié par le côté atroce de la torture et le fait que certains gouvernements y soumettaient leurs propres citoyens et de soi-disant ennemis au nom de la sécurité nationale; et c) honteux d’admettre que j’ignorais à ce point ce qui se passait à travers le monde. C’est cet article, en fait, qui a décidé de mon engagement et de ma carrière dans le domaine des droits de l’homme et des études sur le génocide.

Après avoir exercé durant deux ans (1976-1978) des missions avec AI en Australie et plusieurs années avec des bénévoles d’AI au Népal, en Israël et aux Etats-Unis, j’ai eu la chance de me lier d’amitié avec le docteur Israël W. Charny, professeur de psychologie de l’université de Tel Aviv, reconnu maintenant comme l’un des doyens des études sur le génocide. A l’époque, j’enseignais l’anglais à la Walworth Barbour American International School en Israël. Son fils y était élève et un de ses professeurs avait parlé à Charny de mon engagement dans les droits de l’homme. Charny travaillait alors sur son premier ouvrage consacré au génocide et, durant le reste de mon année en Israël, nous avons commencé à parler du génocide.

A mon retour aux Etats-Unis, Charny m’a demandé de collaborer à un chapitre de ce qui allait devenir le premier volume de la collection Genocide: A Critical Bibliographic Review.4Ma contribution s’avéra si détaillée et si longue que Charny, au lieu de la rejeter comme tant d’éditeurs l’auraient fait – ou, du moins, auraient insisté pour que j’en enlève les trois-quarts – me conseilla de la revoir et ainsi d’en faire trois chapitres.

A ce moment-là, j’avais obtenu mon doctorat à l’université Columbia et je m’apprêtais à intégrer une fac. Parallèlement, je me disais : « Des milliers et des milliers de gens à travers le monde s’attaquent au problème des violations des droits de l’homme, mais, paradoxalement, seule une poignée s’attaque à la question du génocide. » En fait, c’est cette prise de conscience qui m’a conduit à écrire mon premier livre sur le génocide et, ce faisant, devenir un autodidacte concernant la théorie du génocide, l’histoire du génocide, les cas particuliers de génocide, les questions de la prévention et de l’intervention en cas de génocide, etc. C’était en 1987.

– Aram Harumi : En quoi le génocide du Darfour t’a-t-il influencé ?

– Samuel Totten : Le génocide du Darfour m’a touché de près et personnellement. Durant l’été 2004, j’ai fait partie des 24 enquêteurs du Projet de Documentation des Etats-Unis sur les Atrocités [United States’ Atrocities Documentation Project], chargé notamment d’interviewer des survivants sur leur vécu, victimes de la stratégie de la terre brûlée pratiquée par les troupes gouvernementales du Soudan et les janjawids (milices mercenaires) contre les populations africaines noires du Darfour.

Avec mon collègue, un avocat du Département de la Justice des Etats-Unis, j’ai interviewé 49 survivants. Chaque entretien durait de une heure et demie à deux heures, et ils entraient dans tous les détails, même les plus horribles, des attaques : les viols collectifs visant les jeunes filles (parfois âgées de 8 ans) et les femmes noires africaines; l’empalement et le meurtre de nourrissons noirs sous les yeux de leurs mères; l’immolation des Africains noirs âgés incapables de fuir leurs toukouls (cases circulaires), après avoir été enflammés; les fusillades, les coups et les tortures infligées aux Africains noirs qui tentaient de fuir l’attaque. Huit heures par jour, sept jours sur sept, nous avons mené ces entretiens. Souvent je devais me mordre les lèvres pour cacher mon émotion face à ces survivants, mes interlocuteurs. Ma colère était telle que j’avais envie de m’en prendre personnellement aux perpétrateurs.

Je me suis saisi de cette rage et je l’ai canalisée en travaillant sans cesse (en menant des enquêtes de terrain dans les camps de réfugiés le long de la frontière entre le Tchad et le Darfour, celle du Soudan et, plus récemment (depuis 2010), dans les Monts Nouba au Soudan; en écrivant et en publiant plus de 50 contributions pour des journaux à travers le monde; en écrivant et en publiant cinq livres, deux sur le Darfour et trois sur les Monts Nouba; en donnant des conférences aux Etats-Unis et en Europe sur le calvaire des populations du Darfour et des Monts Nouba; et, plus récemment (depuis 2012), en faisant parvenir de la nourriture à ces mêmes populations qui souffrent de malnutrition sévère et de famine dans les Monts Nouba).

– Aram Harumi : Plus précisément, qu’as-tu appris des Monts Nouba ?

– Samuel Totten : Suite à mon action avec le Projet de Documentation sur les Atrocités, en juillet et en août 2004, j’avais très envie de partir au Darfour interviewer des survivants du génocide. Durant six ans, j’ai tout tenté pour obtenir l’autorisation d’entrer au Darfour, en vain. (A mon avis, c’était dû au fait que le gouvernement du Soudan était au courant de mes publications qui le critiquent pour ses agissements au Darfour.)

Bref, en 2008 je travaillais en tant que boursier Fulbright à l’université nationale du Rwanda et je devais prendre un avion pour donner une conférence sur le Darfour à l’université de Chicago. Durant une escale à Nairobi, deux types ont embarqué et se sont assis à côté de moi, ils travaillaient au Soudan et rentraient aux Etats-Unis pour un congé. Je leur ai parlé de mes difficultés pour entrer au Soudan. L’un d’eux m’apprit que des survivants du génocide du Darfour se trouvaient en fait dans un camp de déplacés non loin de là où il vivait dans les Monts Nouba, en me disant qu’il pensait pouvoir s’arranger pour me faire entrer là-bas sans que le gouvernement du Soudan le sache (et donc que je n’aurais pas besoin de demander un visa), et qui plus est, gratuitement, à bord d’un avion cargo que possédait son organisation.

Quelques mois plus tard, j’ai décollé de Nairobi pour Kauda dans les Monts Nouba pour interviewer les survivants dans ce camp de déplacés. Durant mon premier séjour, puis mon second séjour dans les Monts Nouba, j’ai commencé à rencontrer des gens qui avaient survécu au génocide dit « d’usure » des populations des Monts Nouba durant les années 1990. Réalisant que j’avais facilement accès à ces personnes, je suis revenu plusieurs fois dans la région pour les interviewer. Puis, quand la guerre a éclaté entre le gouvernement du Soudan et les rebelles Nouba (Mouvement Populaire de Libération du Soudan – Nord) en juillet 2011, j’ai commencé en 2012 à faire venir de la nourriture vers les civils Nouba dont les fermes étaient bombardées et qui cherchaient désespérément de la nourriture.

– Aram Harumi : Durant tes voyages, t’es-tu senti en danger ?

–  Samuel Totten : Pas durant mes deux premiers voyages dans les Monts Nouba en 2010 et 2011, mais plutôt durant les cinq derniers en 2012, 2013, 2014, 2015 et 2016, pendant que la guerre faisait rage entre les Nouba et le gouvernement soudanais.

Sans répit – que nous soyons chez les gens, dans des souks (marchés publics) ou en train de voyager – les bombardiers Antonov en mission de bombardement nous survolaient. Naturellement, personne ne savait exactement où les Antonov largueraient leurs bombes, donc chaque fois qu’un Antonov passait, tout le monde se ruait – soit vers un de ces trous de plus de deux mètres de profondeur que les gens ont creusé autour de leurs foyers et de leurs souks, ou vers le désert en quête d’une anfractuosité où se replier, d’un gros rocher ou d’un grand arbre où se cacher pour se protéger des shrapnels. Ces éclats d’obus sont de gros éléments de métal tordu qui volent et qui sont capables, littéralement, de réduire un corps en bouillie, comme de la viande hachée. Le shrapnel est aussi capable, là aussi littéralement, de cisailler une tête, un bras ou une jambe. J’ai vu des dizaines de gens dans les Monts Nouba qui ont perdu leurs jambes et leurs bras après avoir été frappés par un éclat d’obus.

Lors d’un voyage aux Monts Nouba en 2015, plusieurs Antonov nous ont survolés à cinq reprises durant une heure. A chaque fois, tout le monde dans le souk se précipitait pour trouver un abri, puis alors que nous étions dans notre véhicule, on a tous sauté et on a couru dans un sauve-qui-peut général. A chaque fois, un Antonov nous survolait, en tout cas c’était comme ça pour moi, personne ne savait si c’était son dernier jour à vivre.

Mon expérience la plus effrayante dans les Monts Nouba s’est passée aussi en 2015, mais durant un autre voyage. Mon équipe et moi (à savoir, mon chauffeur, mon interprète et moi) on venait juste d’arriver dans une petite ville appelée Heiban sur notre route à travers le désert. 15 à 20 minutes après notre passage, un avion de chasse Soukhoï a déboulé et a tiré un missile sur trois adolescents qui couraient vers un des trous dont je te parlais. Le missile a littéralement coupé en deux un des garçons. Le lendemain, son père a apporté les deux moitiés de son fils vers sa tombe et les a déposées pour qu’elles soient incinérées. Je suis sûr que si, avec notre Land Cruiser blanc, on avait traversé Heiban lors de l’attaque du Soukhoï, on aurait été pris pour cible – une cible idéale, vraiment – et que s’il avait atteint notre véhicule avec un missile, on aurait été réduits en cendres. Non seulement on avait un réservoir plein de pétrole, mais on transportait aussi des jerrycans de pétrole, car il n’y a pas de stations-service dans les Monts Nouba.

– Aram Harumi : C’est plus facile de collecter des fonds et de se contenter de filer de l’argent aux gens qui travaillent dans ces relais humanitaires. Qu’est-ce qui t’a poussé à prendre les choses en main, à te rendre dans la région et à distribuer de la nourriture ?

– Samuel Totten : C’est sûr, tu as raison, c’est bien plus facile de collecter de l’argent et de l’envoyer à telle ou telle organisation qui agit au nom des populations des Monts Nouba (même si, malheureusement, très peu le font).    

Dès le départ, mon intention quand je collectais des fonds, que j’achetais de la nourriture et que je l’acheminais par camion vers les Monts Nouba, était d’apporter de quoi manger aux populations les plus sinistrées des Monts Nouba – à ces gens qui, pour telle ou telle raison, n’avaient pas facilement accès à de la nourriture ou qui n’en recevaient pas des organisations humanitaires locales présentes dans les Monts Nouba. J’avais l’impression et je pensais que c’était comme ça que je pouvais contribuer à aider les Noubas. Résultat, chaque fois que je revenais dans les Monts Nouba, je tenais à parler aux gens informés (la Nuba Relief, Rehabilitation and Development Organisation (NRRDO), une organisation humanitaire locale, des dirigeants du Mouvement Populaire de Libération du Soudan – Nord, et des journalistes, entre autres), des groupes de population les plus nécessiteuses dans les Monts Nouba, à savoir là où j’allais distribuer de la nourriture.

En fin de compte, c’était bien, comme les titres des deux chapitres que j’ai rappelés au début de cet entretien, une question de conscience.

– Aram Harumi : As-tu été témoin de situations semblables dans d’autres régions du monde ?

–  Samuel Totten : Oui, mais jusqu’à présent je me suis concentré sur le calvaire des populations des Monts Nouba. Les trois autres endroits où je pense vraiment aller pour apporter de l’aide sont le Burundi, la République Centrafricaine et la Birmanie (Myanmar).

Si je suis resté focalisé sur les Nouba et si je ne suis pas allé ailleurs, c’est principalement pour trois raisons. Premièrement, comme ni les Nations Unies, ni une de leurs agences, ni aucune organisation non gouvernementale n’apporte une quelconque aide ou protection, en fait rien du tout, je me sens obligé de maintenir le cap sur les Monts Nouba. Ne pas le faire serait les abandonner à leur sort. Deuxièmement, il faut pas mal de temps pour réaliser quelle est la situation sur le terrain dans des pays différents, quel type d’assistance est nécessaire et quels sont les contacts nécessaires pour mener une mission de façon satisfaisante. Et puis, chacun des pays que je viens de mentionner pose des risques spécifiques aux étrangers, il faut en être informé et savoir comment les éviter le plus possible – ou, du moins, les gérer pour ne pas finir mutilé ou tué.

– Aram Harumi : Pourquoi ce scandale de la non-reconnaissance par le gouvernement du Soudan de la malnutrition des populations des Monts Nouba ?

– Samuel Totten : Bombarder des fermes, obliger les gens à en sortir, à quitter les villages et les éloigner de leurs sources de nourriture est le mode opératoire du gouvernement soudanais. J’imagine donc que ce gouvernement ne va pas perdre pas son temps à se soucier des souffrances et du sort des populations des Monts Nouba. En fait, je suis convaincu qu’en refusant aux Noubas un accès facile à la nourriture, le gouvernement soudanais espère les chasser des Monts Nouba et par delà la frontière vers un autre pays et/ou dans des camps de réfugiés. Autrement dit, il s’agit là d’un stratagème pour épurer la région des Nouba – un cas classique d’épuration ethnique.

– Aram Harumi : Est-ce que ces voyages t’ont profondément marqué ?

– Samuel Totten : Oui. Trois choses, en particulier. Premièrement, les moments où les bombardiers Antonov déboulaient. Deuxièmement, le jour où nous l’avons échappé belle quand le Soukhoï a attaqué Heiban. Troisièmement, je tombe un jour sur un gamin qui avait déclenché accidentellement l’élément d’un obus non explosé; je fonce à travers le désert pour tenter de l’emmener dans le seul hôpital présent dans toute la région, mais il finit par mourir. Non seulement ses jambes avaient été arrachées, les os sortant de la peau (une fracture ouverte), mais il avait une large et profonde blessure au bas de l’abdomen qui avait réduit en bouillie la plupart de ses organes. Aujourd’hui encore, j’ai beaucoup de mal à évoquer la mort de ce gamin qui, par ailleurs, avait marché plus de 16 kilomètres loin de chez ses parents pour trouver des mangues. Je suis plutôt un dur à cuire, mais chaque fois que je pense à ce pauvre gamin innocent, faut que je me force à pas pleurer. Et enfin, la dernière fois où j’étais dans les Monts Nouba, je croise un groupe de gens qui vivotaient dans un semblant de camp pour déplacés; là, je découvre de nombreux nourrissons si faibles qu’ils n’arrivaient littéralement pas à lever la tête; c’est à dire que leurs petites têtes pendaient de côté, comme des poupées de chiffon. Ça, ça te prend aux tripes.

– Aram Harumi : Aurais-tu un message à faire passer sur ton séjour dans les Monts Nouba ?

– Samuel Totten : Le fait que les populations civiles des Monts Nouba sont complètement isolées. Personne, je dis bien personne, mis à part des gens comme moi, n’essaie de les aider. Ni les Nations Unies. Ni le Programme Alimentaire Mondial. Ni Oxfam. Ni Médecins Sans Frontières. Aucune organisation humanitaire n’existe dans les Monts Nouba – de peur d’être attaquée et massacrée par le gouvernement soudanais.

En fait, le président du Soudan, Omar al-Béchir, a déclaré que quiconque franchit la frontière avec le Soudan sans y avoir été expressément autorisé par son gouvernement, aurait la gorge tranchée. Je m’imagine que ce n’est pas une menace en l’air, car lorsque la guerre a éclaté en juillet 2011, les soldats soudanais allaient de porte en porte dans les villes et les villages, frappaient aux portes et, si ceux qui répondaient était apparentés d’une façon ou d’une autre aux Noubas, ils étaient égorgés d’une oreille à l’autre, perdaient leur sang et mouraient là même où ils gisaient à terre.

– Aram Harumi : Comment les gens peuvent-ils t’aider à collecter de l’argent pour les populations des Monts Nouba ?

–  Samuel Totten : Oui, merci pour ta question. Les gens peuvent m’envoyer un chèque destiné à l’achat de nourriture et/ou de médicaments pour les populations Noubas. Mon adresse est 18967 Melanie Road, Springdale, Arkansas 72764. Pas un seul dollar ne servira à autre chose que de la nourriture – et pas à financer des voyages, ni à louer un véhicule et un chauffeur, ni à engager un interprète, etc.

Je tiens à préciser que chaque voyage pour amener de la nourriture dans les Monts Nouba coûte environ 8 000 dollars. Acheter de la nourriture pour les Noubas revient entre 3 000 et 4 000 dollars. Et puis je dois couvrir le coût aller-retour de mon billet d’avion pour Nairobi, au Kenya; un autre billet d’avion aller-retour pour Djouba au Soudan du Sud; et un troisième pour le camp de réfugiés de Yida, le long de la frontière entre le Soudan du Sud et le Soudan; la location d’un Land Cruiser et le salaire du chauffeur, d’un interprète, etc.      

NdT

  1. William Styron, Les confessions de Nat Turner, traduit de l’américain par Maurice-Edgar Coindreau, Paris : Gallimard, 1969
  2. William Styron, Le choix de Sophie, traduit de l’américain par Maurice Rambaud, Paris : 1981
  3. Rose Styron, « Torture in Chile, » The New Republic, March 20, 1976, p. 15-17
  4. Israel W. Charny, ed., Genocide: A Critical Bibliographic Review, Vol. 1, Mansell, 1988

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Source : https://armenianweekly.com/2017/08/18/a-matter-of-conscience/

Traduction : © Georges Festa – 12.201

19 juin 2017

Pour M. Loti et… les autres

Filed under: ARTICLES — denisdonikian @ 9:54

 

Article paru dans l’UNIVERS en 1912

 

 

1912-11-14. L'Univers p. 1

 

La page de l’UNIVERS d’où l’article est extrait 

1912-11-14. L'Univers. Kibarian Vramchabouh 1

Suite aux massacres de 1895-97,  Le Père Vramchabouh Kibarian n’est jamais retourné en Turquie après 1899.

Le père Vramchabouh Kibarian d'Artchouguentz (inondations de 1910 àParis) copie

 

 

Avec l’aimable autorisation de Chabouh Kibarian

 

17 juin 2017

Lettre du Professeur Joyeux sur les vaccins

Filed under: ARTICLES — denisdonikian @ 6:29

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La Lettre du Professeur Joyeux est un service d’information indépendant sur la santé. Pour en savoir plus rendez-vous sur le site officiel du Professeur Joyeux.

MONTPELLIER Le 15 Juin 2017

A PROPOS DES VACCINS 
L’URGENCE DU DTP AVANT LE 8 AOÛT 2017
Messages au Pr Agnès Buzyn, Ministre de la Santé

La nouvelle représentation nationale

Celle qui se dessine traduit le rejet massif de la politique de santé du précédent quinquennat.

Les 1 105 872 personnes signataires à ce jour de la pétition

< http://petitions.ipsn.eu/penurie-vaccin-dt-polio/ >

réclamant le seul vaccin obligatoire le DTP sont très inquiètes.

Elles n’ont aucune nouvelle de l’Etat ou des fabricants, qui font la sourde oreille, attendant votre décision, Madame la Ministre. Seuls quelques journalistes santé, manquant d’indépendance ou de compétence, affirment qu’il faut 10 ans pour fabriquer un nouveau vaccin !

Nous savons que la ministre précédente, fortement incitée par l’empire vaccinal, a préparé de quoi imposer les 8 vaccins supplémentaires (au total 11) aux nouveaux nés.

Son rêve était évidemment que vous suiviez le chemin qu’elle a tracé.

Evidemment, pour généraliser, on médicalise l’émotion le plus tôt possible après la naissance : on ne tient pas compte des données scientifiques qui ont démontré qu’un nourrisson en bonne santé a besoin de 1000 jours après sa conception pour construire son système immunitaire naturellement. De même, aucune incitation intelligente – pourtant ce sont les conseils de l’OMS – n’a été faite pour l’allaitement maternel intégral les 6 premiers mois et une année matin et soir avant et au retour du travail de la mère. Or cet allaitement constitue la meilleure défense immunitaire de l’enfant avant ses 18 mois, et répond naturellement à tous ses besoins nutritionnels.

On ne veut pas nous dire que la vaccination de plus en plus précoce avant la naissance impose les adjuvants – donc l’Aluminium, c’était auparavant le mercure – destinés à stimuler un système immunitaire immature.

Pourquoi l’aluminium dont on connaît désormais les dangers pour la Santé[1] a-t-il été retiré des vaccins vétérinaires, et pas des vaccins pour l’enfant ou l’adulte ?

Des millions de familles attendent votre décision

Les 820 000 enfants qui naissent chaque année, allaités ou non par leur mère, attendent avec impatience la mise en application de ce qui a été décidé par le Conseil d’Etat en France le 8 février 2017 : la re-fabrication du vaccin trivalent contre Diphtérie-Tétanos-Polio, dit ”DTP” tel qu’il a existé – il est donc facile à re-fabriquer. Selon la sagesse de la Loi, il doit être prescrit avant ou proche des 18 mois de l’enfant.

La promotion de la prévention ne peut être seulement vaccinale

Vos premiers pas comme ministre de la Santé sont très réconfortants tant pour le monde médical que pour les patients : vous voulez promouvoir fortement la prévention et d’ores et déjà vous imaginez la première génération sans tabac.

Vos précédentes collègues Mesdames Bachelot et Touraine ont essayé de faire croire que la prévention passe par la vaccination généralisée ou par des médications au moindre symptôme. Cela a un coût énorme pour la solidarité nationale, mais cela rapporte beaucoup aux fabricants, qui savent utiliser au nom de la Santé publique conseillers et ”experts” dans les ministères.

Nous ne savons pas ce que sont devenus les millions de doses de vaccins contre la grippe H1N1, qui n’ont pas été utilisées malgré une campagne publicitaire puissante organisée par l’empire vaccinal et les pharmacies.

Le quinquennat démarre sous les meilleurs auspices.

Même le Conseil national de l’ordre des médecins (CNOM) précise enfin « La prévention est le maillon faible de notre système de santé ». Comme l’affirme très justement le conseiller national de la section santé publique du CNOM : le sida, le cancer du poumon ou l’obésité pourraient le plus souvent être évités. Il s’agit bien de prévention liée à des comportements et non à des vaccinations.

Les vaccinations contre la variole et celles contre Diphtérie-Tétanos-Polio ont pu sauver beaucoup de vies, associées à l’amélioration incontestable de l’hygiène de vie. Celles actuellement proposées contre nombre de maladies de l’enfance (rougeole, oreillons, rubéole, méningites et pneumonies…) avec leurs rappels, doivent être réalisées au cas par cas, sur les conseils argumentés du médecin généraliste ou du spécialiste.

Les médecins doivent avoir la compétence pour conseiller

Leur formation ne peut dépendre exclusivement de ceux qui cherchent à vendre et mélangent autorité et publicité. Ils laissent croire que les vaccins ne sont jamais et ne peuvent être à l’origine de complications graves, parfois handicapantes à vie. J’en reçois des exemples régulièrement, toujours considérés comme des cas particuliers dus au hasard.

Il en est de même des vaccins contre la grippe ou le zona qui sont nécessaires seulement chez les personnes fragiles à risques. La politique de votre collègue qui vous a précédée au gouvernement était la généralisation sans discernement. Par exemple, les vaccins contre l’hépatite B et les papilloma virus,  n’ont rien à faire dans les écoles.

C’est au médecin et à la famille à décider selon des critères précis parfaitement identifiés. Il ne s’agit pas d’épidémies, les moyens de protection non vaccinaux existent, ils ne coûtent rien, ils doivent être promus et mieux connus des médecins et du grand public.

Enfin les 1 105 872  personnes signataires souhaitent qu’une politique vaccinale adaptée à l’état de santé des réfugiés soit mise en place pour la protection des populations en bonne santé. C’est en vaccinant ces populations fragilisées que nous serons nous-mêmes protégés.

Le retour de la polio en Italie[2]  est une alerte de plus qui impose le retour du DTP selon les décisions du Conseil d’Etat que nous attendons, avant le 8 août 2017, dans toutes les pharmacies de Métropole et Outre mer.

Nous avons confiance dans votre grande compétence immunologique et vous présentons nos vœux chaleureux de réussite.

Pr Henri Joyeux

Sources :

[1] Toxic Story – Pr Romain Gerhardi – Ed. Actes Sud

[2] Interview de la Ministre de la Santé d’Italie dans la Quotidien du Médecin – 12 juin 2017 n° 9588 p.8

 

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15 juin 2017

Etienne Copeaux : La fabrication de l’ennemi

Filed under: ARTICLES — denisdonikian @ 12:20

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Esquisse n° 67 – Sivas, 2 juillet 1993 – La fabrication de l’ennemi

Publié par Etienne Copeaux sur 15 Juin 2017, 10:18am

Pour canaliser une foule, la diriger contre un « ennemi » et aboutir à des actes tels que meurtres, viols, pillage, incendie volontaire, il faut que l’ « ennemi » existe dans la conscience des individus agglomérés, voire dans un état de quasi-inconscience à l’état de réflexe conditionné. Il faut que la haine de l’ennemi ait été installée pour que la réaction violente, l’agression, soit perpétrée sans qu’il soit nécessaire de réfléchir ou de peser son acte, sans que la légitimité de l’acte soit mise en doute ; et l’accomplissement de l’acte doit même être ressenti comme une nécessité impérieuse, comme une opération urgente de sauvetage du groupe ou de la société tout entière.

La suite ICI

5 juin 2017

Non aux pesticides

Filed under: ARTICLES — denisdonikian @ 8:30

Video a transmettre au nouveau President

Monsieur le nouveau Président de la République, avez-vous vu cette vidéo ?

Chère lectrice, cher lecteur,

En seulement 1 minute et 55 secondes, cette vidéo révèle l’étendue du désastre sanitaire sans précédent qui se déroule en ce moment même.

Aujourd’hui, nous, anonymes, citoyens ordinaires et de bonne volonté, avons le devoir d’agir par nous-même, et de faire enfin bouger les lignes.

Je vous demande de partager cette vidéo le plus largement possible autour de vous, pour qu’elle arrive jusqu’au nouveau Président de la République.

Il y a urgence !!!

Et si vous ne l’avez pas encore fait, je vous demande de signer notre grande pétition nationale « Non au sabotage chimique de nos vies » !

En agissant ainsi, nous pourrons éviter la catastrophe annoncée et reprendre le contrôle de nos vies, de notre santé.

Un grand merci !

Gabriel Combris

4 juin 2017

La mort de Sako Apo, 1915

Filed under: ARTICLES — denisdonikian @ 11:06

Haroutun Kevorkian – Sako Apar: A Memoir of a Genocide Survivor / Haroutioun Kévorkian – Sako, mon frère : Mémoires d’un survivant du génocide

Avec l’aimable autoristation de Georges Festa, traducteur de l’article (voir ICI)

SADJAK-OF-DERSIM_detailed_ENG_web

 Province du Dersim [Tunceli actuel] avec ses villes et villages arméniens au début du 20ème siècle. Le cours de l’Euphrate de l’Est [Murat / Aradzani] est tel qu’il est de nos jours.

Les villages entourés de bleu sont ceux submergés par la retenue d’eau du barrage de Keban (1975).

© http://www.houshamadyan.org

 

Sako Apar [Sako, mon frère] : mémoires d’un survivant du génocide

par Mary Najarian

Asbarez, 22.04.2017

Note de l’A. : Il y a sept ans environ, j’ai appris que mon père, Haroutun Kevorkian avait laissé un manuscrit autobiographique de 250 pages couvrant la période 1903-1955. J’ai décidé de raconter l’histoire de mon père en la traduisant de l’arménien en anglais. Cette tâche est plus ardue qu’une simple traduction. Les récits sont horribles, pénibles et déchirants. A chaque traduction, je finis en larmes, n’arrivant pas à fermer l’œil de la nuit. Comment mon père, âgé de 12 ans, et les milliers d’enfants comme lui, ont-ils supporté tout cela et comment ont-ils survécu ? Voici quelques pages du journal de mon père.

Sako Apar

En 1912, mon père, Krikor Kévorkian, tua un gendarme turc pour se défendre. Les anciens du village s’arrangèrent pour qu’il parte de Vasgerd, qu’il aille à Marseille, en France, puis en Amérique pour notre sécurité à tous. Mon frère, Garabed, naquit quatre mois après le départ de mon père. Nous étions impatients que mon père s’installe et nous fasse venir en Amérique, mais cela n’arriva jamais. Quelques jours avant que les marches de mort ne commencent, notre voisine turque, Khadre Khanem, dit à ma mère : « Quand ils vous feront partir de chez toi, et qu’ils vous déplaceront, laisse-moi Harout. Je prendrai soin de lui. Si tu rentres, il est à toi, et sinon, il est à moi. »

Les adieux

Le matin où la marche débuta, j’avais douze ans. Ma mère me conduisit chez Khanem. Elle portait un sac empli de nourriture sur son dos et tenait la main de mon frère âgé de trois ans. Elle me remit mon yorghan [couette] en laine et m’embrassa. Nous nous serrions dans nos bras, sans pouvoir nous quitter. Nous pleurions. « Mayrig, ne pleure pas ! Je vais devenir un musulman, mais quand je serai grand, j’irai à Adana, je gagnerai assez d’argent pour rejoindre mon père en Amérique et je redeviendrai chrétien ! »

J’embrassai ma mère pour la dernière fois. Mon frère, âgé de trois ans, ignorant ce qui se passait, me fit signe de la main. « Au revoir, apar [frangin] ! » me dit-il. C’est la dernière fois que je vis ma mère et mon frère.

Khadre Khanem

Khanem fut très gentille avec moi et me traita bien. J’aidais dans la maison en faisant des tâches ménagères comme nettoyer les sols, préparer du café pour les invités, aider à faire le pain et l’aider pour les courses. Un jour, elle me demanda d’aller acheter du henné pour teindre les cheveux de sa mère. La mère de Khanem était persuadée que le henné aidait à soigner ses maux de tête. Elles s’apprêtaient à aller au hammam et elle avait besoin de suite du henné.

Au lieu d’emprunter le chemin habituel, je pris un raccourci à travers les champs. A mi-chemin du magasin, je découvris une petite forme humaine à moitié nue, décharnée, tel un squelette recouvert de peau, adossée à un arbre, derrière les broussailles. Je fermai les yeux pour éviter ce spectacle. En m’approchant, j’entendis une voix douce. « Harout, c’est moi… » Je me suis arrêté et j’ai commencé à marcher lentement vers lui. Je ne l’ai pas reconnu. « C’est moi, Sako, le frère de ton ami Hagop… »

Sako

J’eus comme un choc. Sako avait sept ans, tout au plus. J’avais tant de questions à lui poser. Que lui était-il arrivé ? Pourquoi se cachait-il dans les champs ? « Assieds-toi là et attends-moi, » lui dis-je. « Je reviens dès que je peux. »

J’ai acheté le henné et je suis retourné voir Sako. Il se tenait toujours là, à m’attendre.

« Viens ! Je t’emmène avec moi, Sako ! » Je l’aidai à marcher. Les plantes de ses pieds sales étaient écorchées, en sang. Il pouvait à peine marcher. Il s’appuyait sur moi et essayait de marcher, mais c’est moi qui l’ai porté la plupart du temps. Quand on est arrivés chez Khanem, je lui ai dit d’attendre derrière la grange dans les buissons jusqu’à ce que Khanem et sa mère partent au hammam.

Dès qu’elles furent parties, j’emmenai Sako dans la grange. Le yorghan en laine de ma mère, que je cachais dans la grange, se révéla très utile. Je pris une botte de foin et déposai le yorghan au-dessus. Je conseillai à Sako de dormir sur une moitié de la couette et d’utiliser l’autre moitié pour se couvrir. Je suis rentré et j’ai ramené un verre de lait et du pain. Se tenant toujours debout, il avala le lait et mit un morceau de pain dans sa bouche. Mais il eut de la peine à l’avaler et vomit le tout. « Je vais nettoyer, » me proposa-t-il, tout confus. « T’inquiète, » lui dis-je. Sako n’avait rien mangé depuis des jours. J’étais sûr que son estomac s’était bloqué.

« Pourquoi tu restes debout comme ça, Sako ? Assieds-toi sur la couette et repose-toi. Je vais t’apporter du lait chaud, peut-être que ça te fera du bien ? »

« J’arrive pas à m’asseoir, ni à m’allonger… Mon derrière me fait vraiment mal, » me répondit-il. Je soulevai les haillons qui lui couvraient en partie la taille et fut choqué par ce que je découvris. Son anus était déchiré. La chair pendait à certains endroits et du pus jaune suintait de ses profondes blessures. « Bon sang, Sako ! Qu’est-ce qui t’est arrivé ? »

Il me répondit en pleurant : « Quand ma mère est partie, elle a demandé à Abou Soubhi, notre berger, de s’occuper de moi. Chaque jour, il m’a fait du mal. Je le suppliais, je pleurais et je criais de douleur, mais il s’en fichait. Quand mes blessures se sont aggravées et ont commencé à saigner, il m’a dit : « Ça me débecte de te voir comme ça ! Casse-toi ! » et, comme ça, il m’a jeté à la rue. J’ai erré pendant des semaines. Tu veux bien t’occuper de moi ? »

J’avais peur de garder Sako dans notre grange. Si le frère aîné de Khanem s’en rendait compte, il nous tuerait tous les deux et personne ne le saurait. Pourtant, je sentais qu’il fallait que je prenne soin de Sako et qu’il me fallait être très prudent.

Sako, mon frère   

La vie chez Khanem reprit son cours et, chaque jour, j’allais dans la grange voir Sako. Je partageais ma nourriture avec lui, mais j’arrivais à lui en apporter un peu plus pour qu’il récupère plus vite. Nous partagions plus que de la nourriture. Nous parlions de nos copains et de nos familles, parfois on riait tous les deux et, le plus souvent, on pleurait. Nous devînmes les meilleurs amis au monde.

Un jour, Sako me dit : « Tu sais, mon frère Hagop se battait avec moi et, parfois, il me frappait. Toi, tu es si gentil ! On peut être des frères ? »

« Mais bien sûr, Sako ! » lui répondis-je. « Tu peux m’appeler ‘apar’ ! C’est comme ça que mon petit frère Garabed m’appelait. Il me manque. Mais c’est toi que j’ai maintenant, et tu es mon frère, mon apar ! »

Chaque jour, j’avais hâte de passer un peu de temps dans la grange. Je prétextais de nourrir les bêtes et de balayer les lieux, mais en cachette je retrouvais et je parlais avec Sako.

Le mûrier

Le printemps arriva. Les blessures de Sako se cicatrisaient et il devenait plus fort. Il avait empilé quelques bottes de foin dans la grange et ainsi il pouvait grimper et regarder au-dehors à travers un petit trou dans le mur. Un jour, il me dit : « Les arbres commencent à feuillir et, bientôt, ils vont donner des fruits. Tu m’emmèneras dehors, un jour ? » « Bien sûr, Sako apar ! Je le ferai, dès qu’il n’y aura pas de danger ! »

Les arbres commencèrent à donner des mûres. Sako passait son temps à jeter un coup d’œil à travers un trou dans le mur, observer les arbres et compter combien de mûres se trouvaient sur chaque branche. Un matin, Sako me déclara : « Cette nuit, j’ai fait un rêve. Je grimpais sur le mûrier et je m’asseyais sur une branche quand, tout d’un coup, la branche s’est cassée et je suis tombé par terre. S’il te plaît, Apar, emmène-moi dehors aujourd’hui ! » Impossible de lui dire non. Sako se cachait dans la grange depuis près de six mois. Après tout, on était un vendredi, le jour où Khanem et sa mère allaient voir Hassan, le frère de Khanem.

Dès qu’elles furent parties, j’emmenai Sako dehors. Au début, il eut du mal à ouvrir les yeux. Il avait passé tellement de temps dans l’obscurité que la lumière du soleil l’aveuglait. Finalement, ses yeux s’adaptèrent et il se mit à rire, tout heureux. Il courut vers son mûrier, entoura le tronc de ses bras menus et se mit à l’embrasser. Nous grimpâmes, Sako et moi, dans l’arbre et nous nous assîmes parmi les branches les plus hautes. Il cueillait les baies sucrées et les mangeait par poignées. Il répétait tout le temps : « Merci, Harout apar ! Tu me rends si heureux ! » Nous restâmes là, assis au sommet de l’arbre, à discuter, rire et manger. Nous étions si contents, insouciants, que nous finîmes par oublier depuis quand nous nous trouvions là.

Les deux jeunes Turcs

Tout d’un coup, surgis de nulle part, deux jeunes Turcs apparurent. L’un d’eux portait un fusil. Je descendis de l’arbre pour leur parler. Le plus jeune des deux désigna Sako et dit à l’autre : « C’est ta chance d’aller au paradis ! Bute-le ! » L’aîné hésita, mais son cadet continua de l’asticoter : « Mais vas-y ! T’as pas envie d’aller au paradis ? »

Le garçon le plus âgé souleva son fusil, mit en joue et tira. La balle traversa facilement la tête de Sako. Son corps tomba à terre.

J’étais sûr d’être le prochain sur la liste, mais pour une raison que j’ignore, ils s’éloignèrent, en riant. Le jeune homme fanfaronnait, tout fier de son habileté. « Je l’ai buté ! D’une seule balle ! »

J’ai transporté le corps inanimé de Sako, mon frère, vers les ruines derrière l’église arménienne. J’ai creusé un trou de mes mains aussi profond que je le pouvais, puis j’ai enterré mon frère. J’ai fabriqué une croix en bois à l’aide de quelques brindilles. J’ai placé la croix sur sa tombe et récité le Hayr Mer [Notre Père]. En revenant, j’ai pleuré Sako, mon frère. Après des années de souffrance, il n’avait eu que quelques heures de bonheur. Sa mort survint exactement comme dans son rêve, et elle vint de la balle d’un Turc.

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Source : http://asbarez.com/162498/sako-apar-a-memoir-of-a-genocide-survivor/

Traduction : © Georges Festa – 05.2017

3 juin 2017

Le micro-ondes met notre santé en péril

Filed under: ARTICLES — denisdonikian @ 6:32

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Le micro-ondes est néfaste pour la santé

Publié par wikistrike.over-blog.com sur 29 Avril 2011, 07:47am

Catégories : #Santé – psychologie

 

« Le cheminement thérapeutique mène à l’esprit et le cheminement spirituel
mène au contrôle de la matière »

 
Si vous voulez des preuves concernant cette information, voici une expérience que vous pouvez faire à la maison. Plantez des graines dans deux pots. Arrosez un pot avec de l’eau qui a été passée aux micro-ondes, l’autre avec de l’eau du robinet régulière. Les graines ayant reçu l’eau passée aux micro-ondes ne germeront pas. Si l’eau passée aux micro-ondes peut arrêter les plantes de pousser, pensez à ce que la nourriture chauffée aux micro-ondes peut faire à votre santé !
En 1989, le biologiste et scientifique alimentaire Suisse Dr Hans Hertel étudia les effets de la nourriture chauffée aux micro-ondes. Huit personnes participèrent à l’étude. Pendant huit semaines, elles vécurent dans un environnement contrôlé et mangèrent par intervalles de la nourriture crue, de la nourriture cuite conventionnellement et de la nourriture chauffée aux micro-ondes. Des échantillons sanguins étaient testés après chaque repas. Ils découvrirent que manger de la nourriture chauffée aux micro-ondes cause à long terme des changements significatifs dans la chimie sanguine :

1- une diminution des valeurs de l’hémoglobine et du cholestérol, dans le HDL (bon cholestérol) versus le LDL (mauvais cholestérol) et dans les globules blancs, affaiblissant le système immunitaire, et une augmentation des niveaux de leucocytes, qui tendent à démontrer un empoisonnement et des dommages aux cellules.

Globalement, l’étude suggère que manger de la nourriture chauffée aux micro-ondes peut causer des maladies dégénératives et/ou des cancers.

2- « Les effets mesurables sur l’homme suite à l’ingestion de nourriture chauffée aux micro-ondes, différemment de la nourriture non traitée, sont les altérations sanguines, qui peuvent aussi être retrouvées au début de situations pathologiques, et sont aussi indicatifs d’un début de processus cancéreux », écrit le Dr Bernard Blanc, assistant à la recherche.

3– Les micro-ondes « cuisent » la nourriture en forçant les atomes, les molécules et les cellules contenues dans la nourriture à inverser leur polarité des milliards de fois par seconde, causant la friction – plus il y a de friction, plus il y a de chaleur. Cette oscillation déchire et déforme la structure moléculaire de la nourriture. De nouveaux composés sont formés, appelés composés radiolytiques, qui ne sont pas trouvés dans la nature. D’une manière intéressante, les micro-ondes sont actuellement utilisées dans les technologies modifiant les gènes pour délibérément briser les cellules et neutraliser leur « force de vie » pour qu’elles puissent être manipulées. Les micro-ondes détruisent la force de vie qui donne à la nourriture sa vitalité et ses qualités nutritives. Quand cette force de vie se dissipe, les microorganismes commencent à détruire la nourriture et elle commence à pourrir.

Les effets sur le lait maternel chauffé aux micro-ondes ont aussi été recherchés. John Kerner, M.D. et Richard Quin, M.D. de l’Université Stanford ont affirmé que « chauffer du lait humain aux micro-ondes, même à un niveau peu élevé, peut détruire certaines de ses capacités à combattre les maladies ».

4– Après plus de recherches, Kerner écrivit dans l’édition d’avril 1992 du Pediatrics que « le réchauffement aux micro-ondes lui-même peut en fait causer des dommages au lait pendant et après le chauffage ». Et une annonce à la radio à l’Université du Minnesota a dit que « les fours à micro-ondes ne sont pas recommandés pour faire chauffer la bouteille d’un bébé. Chauffer la bouteille aux micro-ondes peut causer de légers changements dans le lait. Dans les formules pour nourrissons il peut y avoir une perte de certaines vitamines. Dans le lait maternel, certaines propriétés immunitaires peuvent être détruites. »

5– Une autre étude à Viennes a démontré que chauffer du lait maternel aux micro-ondes « peut mener à des changements structurels, fonctionnels et immunitaires », et que les micro-ondes transforment les aminoacides L-proline en D-proline, une toxine attaquant le système nerveux, le foie et les reins.

6– En Russie, les fours micro-ondes ont été bannis en 1976 à cause de leurs conséquences négatives sur la santé et plusieurs études ont été conduites sur leur usage. Voici quelques-unes de leurs découvertes sur la nourriture chauffée aux micro-ondes :

  1. a) La nourriture chauffée aux micro-ondes perd de 60 à 90% de son champ d’énergie vitale et les micro-ondes accélèrent la désintégration structurelle des aliments.

    b) Les micro-ondes créent des agents causant le cancer dans le lait et les céréales.c) Les micro-ondes altèrent les substances élémentaires des aliments, causant des désordres digestifs.

    d) Les micro-ondes altèrent la chimie des aliments, ce qui peut mener à des dysfonctionnements du système lymphatique et des dégénérations des capacités du corps à se protéger lui-même contre des croissances cancéreuses.

    e) La nourriture chauffée aux micro-ondes amène un plus grand pourcentage de cellules cancéreuses dans le flot sanguin.

    f) Les micro-ondes altèrent la rupture des substances élémentaires quand des légumes crus, cuits ou congelés sont exposés aux ondes, même pour un très court laps de temps, et que les radicaux libres se forment.

    g) La nourriture chauffée aux micro-ondes cause des croissances cancéreuses stomacales et intestinales, une dégénération générale du tissu cellulaire périphérique, et une destruction graduelle des systèmes digestif et excrétoire chez un pourcentage statistiquement élévé de personnes.

    h) La nourriture chauffée aux micro-ondes diminue la capacité du corps à utiliser les vitamines du complexe B, la vitamine C, la vitamine E, les minéraux essentiels et les lipotropiques.

    i) Même le champ de micro-ondes près d’un four a micro-ondes a déja aussi causé une panoplie de problèmes dont certains meurtriers.

Récemment, le Dr Edward Fujimoto, gérant du programme de bien-être au Castle hospital, était à un programme télévisé pour expliquer ce danger pour la santé. Il a parlé des dioxines et affirmé combien elles étaient dangereuses pour nous tous. Il a dit que nous ne devrions pas réchauffer nos aliments dans le micro-onde en employant des contenants en plastique. Il a dit que la combinaison des graisses, la haute température et le plastique transmettaient des dioxines dans les aliments et en définitive dans les cellules de notre corps.

Il recommande d’employer plutôt le verre, les ustensiles Corning, ou de cérammique pour réchauffer les aliments. Ainsi on obtient le même résultat mais sans les dioxines. Ainsi les TV Dinners, les soupes aux nouilles, etc, doivent être vidés de leur contenant et réchauffés dans quelque chose d’autres. Le papier est bien, mais nous ne savons pas ce que contient le papier. C’est plus sécurisant d’employer le verre et le Corning, etc.

Il nous a rappelé qu’il n’y a pas très longtemps, des restaurants de fast food se sont débarrassés des contenants en plastique pour utiliser des contenants de papier. De plus, il a rappelé que le Saran Wrap est aussi dangereux quand il est placé sur les aliments que nous cuisons au micro-onde. En cuisant les aliments au micro-onde, la haute température produit des toxines empoisonnées qui sortent de l’enveloppe plastique (Saran Wrap) et s’intègrent dans les aliments.

« Couvrez plutôt les aliments avec un papier genre essuie-tout »

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NOTES : C’est un article, je crois, que vous devriez envoyer à votre famille, vos amis et tous ceux qui sont importants dans votre vie.
En marge de ces études, beaucoup de gens estiment que réchauffer leur nourriture aux micro-ondes ne les aide pas à bien se sentir. Stephanie Relfe, kinésiologiste, s’est sentie un jour affable et plutôt faible et a découvert qu’elle avait par inadvertance mangé de la nourriture chauffée aux micro-ondes dans un restaurant. Dans sa pratique, elle a découvert que tous ses patients ont donné des signes de réaction allergique à la nourriture passée aux micro-ondes. Un autre kinésiologiste, David Bridgeman, a dit : « De toutes les personnes que j’ai testé pour des allergies, 99,9% ont montré une sensibilité sévère à n’importe quelle nourriture passée aux micro-ondes ».

De plus, un remède homéopathique à proximité d’un four micro-ondes perd son potentiel de guérison…

Donc en conclusion, la façon la plus sûre de chauffer votre nourriture est d’utiliser votre cuisinière et de vous débarrasser de votre four micro-ondes!

Source : Educate Yourself www.educateyourself.org

 

La Force du Vide de Noraïr Chahinian

Filed under: ARTICLES — denisdonikian @ 3:16

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© Aras Yayıncılık (Istanbul), 2015

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Avec l’aimable autorisation de Georges Festa, traducteur de ce texte ( ICI)

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« Ce vide témoigne de l’échec d’un plan. »

par Lora Sarı

Agos (Istanbul), 23.04.2015

[La moisson des voyages en Anatolie, que le photographe Noraïr Chahinian mène depuis 2012, vient de prendre forme dans un livre intitulé The Power of Emptiness [La force du vide]. Le vide peut dégager de la puissance dans toutes ses formes, mais le vide de l’Anatolie lui confère un trouble supplémentaire. Si les maisons, les ruines, les églises converties en mosquées, les gens et les ossements sont toujours là, quel est donc ce vide immense qui s’offre à nos yeux ? Peut-être devrions-nous tourner nos regards vers les derniers mots du texte que Sarkis Séropian a écrits pour ce livre : « Aujourd’hui, la Route de la soie, Ani, les monastères, les églises, jusqu’aux maisons et aux pièces, tout est vide, partout, d’un bout à l’autre du pays… Je me demande bien pourquoi. »]

Chaque jeune Arménien qui grandit entend dire : « Si nous ne parlons pas arménien, qui le fera ? » Plus l’on en apprend sur le motif de cette interdiction absurde de parler sa langue maternelle, plus cela devient une obligation, et comme la langue est de moins en moins utilisée, une responsabilité. A cette responsabilité s’ajoutent, au fil du temps, traditions, culture et religion. Etre un Arménien en Turquie signifie devenir un porteur de culture et de langue, et cela pèse lourdement sur l’identité.

Noraïr Chahinian est arrivé en Turquie de l’autre bout du monde. Depuis 2012, il a voyagé en Anatolie à quatre reprises. Ses voyages totalisent neuf mois. Et maintenant Noraïr tient en main un ouvrage qui rassemble les photographies qu’il a prises lors de ses périples; il s’intitule The Power of Emptiness. A son départ d’Istanbul dans deux semaines, il laissera derrière lui d’innombrables amis qu’il a rencontrés ces trois dernières années, emportant avec lui son livre et plein d’histoires passionnantes.

Peut-être une déformation liée au fait d’être arménien, c’est à ce « fardeau » que je songe de suite, quand je feuillette l’ouvrage : « L’arménité est à la base de ce projet sur lequel tu travailles depuis des années. Moi, j’amenuise ce fardeau en travaillant pour Agos, et toi, peut-être, grâce à ces voyages… C’est ça ? »

Noraïr me confie que le fait d’entamer ce périple était un devoir qu’il s’était assigné : « J’ai promis à mon grand-père, quand j’avais neuf ans, qu’un jour, j’irai visiter Maraş. Mon grand-père n’est jamais retourné à Maraş après son départ, et il m’a dit : ‘Je n’aurai pas la chance de voir Maraş à nouveau, mais la souffrance est toujours là, dans mon cœur; vas-y et parle avec les gens.’ C’est lui aussi qui m’a appris la photographie. »

Un nouveau monde 

Noraïr est plus que touché par le bonheur de voir paraître The Power of Emptiness ou l’émotion liée à l’inauguration de son exposition. Je constate qu’il répète, quatre fois au moins, les mots suivants : « Je suis venu ici chercher mes racines et remplir la tâche qui m’avait été confiée, mais parallèlement j’ai découvert un nouveau monde. Cette découverte me rend plus heureux encore que le fait d’avoir accompli le devoir dont mon grand-père m’avait chargé. » Le « nouveau monde » de Noraïr prend d’autant plus de sens, quand on connaît comment la Turquie est perçue dans la diaspora. Noraïr m’apprend qu’il est le premier de la diaspora arménienne au Brésil, forte de 25 000 membres, à se rendre en Turquie : « Ils ont peur qu’il leur arrive quelque chose. C’est un pays bizarre, c’est sûr, quelque chose peut leur arriver, mais quand même… » Avant de venir ici, Noraïr apprit qu’il pouvait être assassiné en Turquie et que, même s’il n’était pas assassiné, personne ne l’aiderait et que plus personne n’y parle l’arménien, qu’il n’y a plus de chrétiens. Mais, à ses yeux, c’était impossible et il a fait le voyage d’Istanbul. Avec pour seuls viatiques l’adresse d’Agos et le nom de Sarkis Séropian…

« Séropian a été ma boussole »

« Séropian est devenu ma boussole, » reconnaît Noraïr, comme le disent tous ceux qui rencontrent Baron [Monsieur] Séropian. Pourtant, je suis sûre que cette boussole signifie tout autre chose pour quelqu’un qui arrive du Brésil, qui ne connaît ni la langue, ni les lieux, ni la population de ce pays, et qui, par-dessus le marché, en a peur. Quand Noraïr s’est proposé de retrouver la maison de sa famille, la première réaction des gens a été, naturellement, de laisser tomber; impossible alors pour lui de retrouver ne serait-ce que la maison. Voilà pourquoi Noraïr se montre reconnaissant envers ceux qui l’ont guidé à travers les pierres et l’histoire, en particulier Baron Sarkis. « Il m’a donné des conseils du genre : ‘Va à Bitlis. Et de là, à tel et tel village… Il y a deux cafés dans ce petit village. Entre dans l’un à droite. Va voir Ali au café, et puis appelle-moi et passe le téléphone à Ali. » Sa connaissance intime du village, les amitiés proches qu’il compte parmi les habitants et savoir qu’il est possible de nouer ce genre de relations avec des Turcs, tout cela fait désormais partie du « nouveau monde » de Noraïr.

Un ami de son grand-père

La famille arménienne que Noraïr a rencontrée à Gerger, les Adıyaman, démontrent la lutte pour leur identité que les Arméniens de Turquie continuent d’opposer non seulement à Istanbul, mais aussi en Anatolie, contrairement à ce qui est dit dans la diaspora : « La doyenne de la famille Bakırcıoğlu a 96 ans, elle a été témoin du génocide. J’ai rencontré aussi son arrière-arrière-petit-fils. Ils vivent toujours en Anatolie et ils ont protégé leur culture et leur religion. Ils ont une Bible datant de 1900 chez eux. Ce qui montre que le projet d’effacer les Arménie de l’Anatolie a échoué. J’en ai tiré une grande force. »

Plusieurs coïncidences troublantes dans la vie de Noraïr l’ont guidé. La première est le message laissé sur un mur de la maison de sa famille à Urfa en 1922, dans l’espoir que d’autres membres de la famille le découvrent un jour. Autre coïncidence, son histoire avec l’oncle Hagop (Guiragossian) qu’il a rencontré à Vakıflı, où il s’est rendu en 2014 afin de rencontrer des Arméniens de Kessab : « Une partie de la famille de ma mère est de Kessab, tandis que l’autre partie de sa famille est du village de Soğukoluk, qui est très proche de Vakıflı. Voilà pourquoi aussi j’avais envie de faire leur connaissance. Quand je suis arrivé là-bas, les gens m’ont dit d’aller voir Hagop, qui est photographe. Grâce à des matériaux photographiques, j’ai découvert que Hagop est parti de Kessab à Alep dans les années 1950 et 1960. Le photographe qui lui a vendu son studio d’Alep était mon grand-père. Il connaissait mon grand-père. Au moment où j’ai appris ça, j’avais l’appareil photo de mon grand-père autour du cou… Je n’oublierai jamais son émotion, quand il a appris que cet appareil photo avait appartenu à son ami. » Noraïr ajoute : « Imagine juste : j’avais fait tout ce chemin, du Brésil à Vakıflı. Il avait tout laissé derrière lui à Kessab au cause de la guerre, et il était venu se réfugier à Vakıflı avec pour tout bagage la clé de sa maison. Et on s’est rencontrés ! » J’écoute Noraïr raconter son histoire, pour que je puise la raconter ensuite comme si c’était la mienne. Une même émotion me saisit quand je regarde les photographies de Noraïr, j’aimerais avoir vécu ces instants qu’il a saisis avec son objectif…

« Cette maison est aux Der Bedrossian ! »

Noraïr continue d’évoquer les bons moments, sans faire état des difficultés de son voyage, jusqu’à ce que je lui pose la question : « Même si tu es venu ici ‘guérir,’ tu as sûrement eu de la colère quand tu as découvert la maison de ta famille, le message sur le mur, les ruines et tout ce ‘vide.' » « Tu parles ! » soupire-t-il. Il m’apprend que parfois il a eu envie de tout laisser tomber et de repartir au Brésil, de fuir toute ce cauchemar qu’a été le génocide. « 32 membres de ma famille ont été assassinés, seuls deux ont réussi à fuir. L’un d’eux était mon grand-père. Tu peux t’imaginer ce que ça signifie de te balader autour de la maison où ils ont vécu ? En particulier, quand tu découvres une inscription sur la porte, qui déclare : « Cette maison a appartenu à Mustafa Hacı, un riche homme d’affaires durant la Première Guerre mondiale’… Mon œil ! Cette maison appartient aux Der Bédrossian ! »

Noraïr m’apprend aussi que le fait de dormir dans cette maison, si près de ce message, l’a presque rendu fou. Beaucoup de gens lui ont conseillé d’aller en justice pour que la maison lui soit rendue, mais Noraïr n’y tient pas autant, il possède une maison au Brésil, que ferait-il de celle-ci ? Ce qu’il aimerait, par contre, c’est une inscription qui dise la vérité. « Ce qui serait probablement plus difficile que de récupérer la maison ! », soupire-t-il. « Autrement dit, ce projet avait aussi de mauvais côtés. Pendant des mois, j’ai voyagé tout seul, sans parler la langue et avec une trouille en moi qui venait de la diaspora. Il y a eu des moments difficiles et tristes. Et pourtant quelque chose m’attirait. » « Tu devais le faire, voilà pourquoi tu ne pouvais pas laisser tomber, » lui dis-je. « C’est vrai, » reconnaît-il, en ajoutant : « Et, bien sûr, il y avait la possibilité de découvrir de nouveaux murs, de nouvelles pierres, de rencontrer d’autres gens ! »

Je suppose que sa curiosité pour les pierres et les murs est liée à sa profession. Noraïr est architecte. Alors, pourquoi s’intéresser aux gens ? Les discussions que Noraïr a eues avec les gens qu’il a rencontrés en Anatolie sont très révélatrices : « J’ai rencontré beaucoup de gens sur ma route; parfois, on arrivait à se comprendre grâce à un seul mot, et parfois d’un simple regard; on faisait en sorte de se comprendre, on s’apaisait mutuellement. A Urfa ou Maraş, les gens me regardaient et disaient : « Ce gars est d’ici. » Etait-ce parce que je leur ressemblais physiquement ? Ou y avait-il quelque chose de génétique ? Ils m’écoutaient avec une attention redoublée quand ils apprenaient que je venais du Brésil. La discussion abordait bien sûr 1915, et ils n’arrivaient pas à croire que des Arméniens aient pu survivre et aller jusqu’au Brésil. »

Des histoires méconnues

Des milliers de questions assailliraient l’esprit de tous ceux qui ignorent le passé. Le fait qu’aucune question n’ait été posée à Noraïr renvoie à nouveau à ces mêmes histoires méconnues. Noraïr cite aussi ceux qui lui ont présenté leurs excuses : « Je sais que la majorité des habitants de ce pays ne s’excusent pas, mais j’ai été frappé quand j’ai rencontré des gens qui reconnaissent le génocide et, en plus, s’excusent. Je sais depuis longtemps que ce problème ne peut être réglé par la politique. Seule la parole des habitants de la Turquie changera la donne. » A nouveau, émerge de ces mots l’idée que la solution viendra de ceux qui continuent à peupler ce vide. Noraïr est convaincu que ses photographies en diront beaucoup plus qu’un livre d’histoire, qui raconte des mensonges. Il sait aussi que le message qu’il a découvert sur un mur de la maison de sa famille dit beaucoup de choses à ceux qui veulent comprendre.

Je garde pour la fin la question que j’avais envie de lui poser : « Quel est ce vide ? » Noraïr me répond : « Même si ce vide résulte de l’absence des Arméniens, il est encore possible de discerner des signes d’appartenance aux Arméniens, ou de leur présence. Par ailleurs, ce vide est aussi la marque d’un plan qui a échoué. Ce plan qui visait à purger l’Anatolie des Arméniens, mais je constate que dans ces territoires, il y a non seulement des Arméniens islamisés par la force, mais aussi des Arméniens qui protègent et font vivre leur religion et leurs traditions. Un mur ou un être humain peut être ce vide; ou quelqu’un qui cherche son histoire ou ses racines. Et ce vide n’est pas seulement un signe de tristesse et de souffrance, mais aussi de vie et d’espoir. »

L’exposition « The Power of Emptiness, » qui présente des photographies extraites du livre de Noraïr Chahinian, est au Depo, du 24 avril au 31 mai 2017.

___________

Source : http://www.agos.com.tr/en/article/11374/this-emptiness-bears-witness-to-a-failed-plan

Traduction : © Georges Festa – 06.2017

site des éditions Aras (Istanbul) : https://www.arasyayincilik.com/

site du Depo (Istanbul) : http://www.depoistanbul.net/tr/activites_detail.asp?ac=127

 

Bienfaits de la cohérence cardiaque

Filed under: ARTICLES — denisdonikian @ 12:28

 

Certains l’auront deviné, l’aphorisme 397 portait sur l’exercice de la cohérence cardiaque. Pour savoir ce que c’est, voici un article de Marie-Josée St-Pierre.

Mais la meilleure approche qu’on peut voir de la cohérence cardiaque, c’est de pratiquer l’exercice durant 5 minutes et si possible 3 fois par jour. Ci-dessous la liste des bienfaits.

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Le concept

Le concept de la cohérence cardiaque est apparu aux États-Unis il y a une quinzaine d’années. En plus de ses effets bénéfiques sur la gestion du stress selon l’assiduité de sa pratique, cette méthode joue un rôle important dans la prévention des maladies cardio-vasculaires. Pratiquer la cohérence cardiaque, c’est se donner les moyens de gérer ses émotions au quotidien et de prendre soin de sa santé.

Ses effets thérapeutiques

Dans une optique thérapeutique, le Dr David Servan-Schreiber a publié le livre « Guérir » en 2003 dont le sous-titre est « Guérir le stress, l’anxiété, la dépression sans médicaments ni psychanalyse ». Effectivement, la cohérence cardiaque amène un état particulier de la fréquence cardiaque permettant d’équilibrer le système nerveux autonome et la gestion émotionnelle. Cet état spécifique apporte de nombreuses conséquences physiologiques et psychologiques notamment dans la gestion du stress et des effets positifs sur l’organisme. La cohérence cardiaque est une pratique individuelle basée sur des exercices simples et accessibles par une respiration lente, ample et régulière.

Le Dr David O’Hare a également publié sur le sujet. Son livre « Maigrir par la cohérence cardiaque » nous informe sur la prise en charge émotionnelle des troubles alimentaires et de l’obésité.

Marie-Josée St-Pierre

La suite ICI 

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