Ecrittératures

19 mars 2017

La révolution biologique de Pierre Lance

Filed under: APPEL à DIFFUSER — denisdonikian @ 11:07

A mes lecteurs, je laisse le soin d’exercer leur devoir de curiosité. L’écrivain Pierre lance s’en prend à la présidentielle pour son manque d’audace et propose l’utopie  la plus réaliste qui soit.
A regarder jusqu’au bout.

14 février 2017

En hommage à Hrant Dink et Tahir Elçi : « Être un homme de paix en Turquie »

Filed under: APPEL à DIFFUSER — denisdonikian @ 7:46

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L’ACORT (Assemblée citoyenne des originaires de Turquie) organise  un débat rencontre en partenariat avec Le  Collectif du Rêve CommunAmnesty International France et le CCFD-Terre Solidaire avec le soutien de la Mairie du 10ème  à l’occasion de la commémoration du 10ème anniversaire de l’assassinat du journaliste arméno-turc, Hrant Dink.

 

Cette année  l’intitulé de la rencontre est  « Être un homme de paix en Turquie », elle sera aussi  l’occasion de rendre hommage à Tahir Elçi, bâtonnier de l’ordre des avocats de Diyarbakir et défenseur renommé  de la cause kurde et des droits de l’homme, assassiné le 28 novembre 2015  au cours d’une conférence de presse à Diyarbakir.

Ce Débat-Rencontre rencontre aura lieu

Le Vendredi 17 février à 19h

A la salle des Fêtes des la Mairie du 10e

72 rue du Faubourg Saint Martin – 75010  Paris

avec la participation de Yetvart Danzikyan Rédacteur en chef d’AGOS, hebdomadaire bilingue, arménien et turc, créé par Hrant DINK et publié depuis 1996.

Mithat Sancar Professeur de droit constitutionnel, co-fondateur en Turquie de la Fondation des Droits de l’Homme  (TIHV)  et député HDP de Mardin.

Camille Blanc ,Présidente d’Amnesty International France

Virginie Dusen, Avocate au barreau de Paris et co-présidente de l’Association Française des Avocats et Juristes Arméniens.

 

Venez nombreux.

 

 

3 février 2017

Paradjanov, le dernier collage

Filed under: APPEL à DIFFUSER,Uncategorized — denisdonikian @ 8:44

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On me signale que « Paradjanov: le dernier collage » de Ruben Kevorkiantz et Krikor Hamel sera projeté à la librairie de cinéma du Panthéon à Paris le mercredi 15 février à partir de 20h.

http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=8762.html

22 novembre 2016

Appel citoyen!

Filed under: APPEL à DIFFUSER — denisdonikian @ 3:42

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Merci de diffuser par tous les moyens possibles l’appel de Yurttas Girisimi (Initiative citoyenne), pour les faire parvenir aux partis de votre pays, aux fondations, aux mouvements politiques ou sociaux dont vous êtes membres, à vos amis, vos collègues, aux médias, par tous les moyens et réseaux sociaux, sur vos propres blogs ou sites, Facebook ou Twitter.

Vous pouvez à volonté en extraire une ou quelques phrases pour en faire votre propre protestation, vous pouvez les partager sur Twitter en 140 caractères avec le hashtag #BenimdeİtirazımVar (« moi aussi je proteste ») ou sur cette page Facebook :

m@tarihvakfi.org.tretni

Le texte original en turc se trouve ci-dessous, de sorte que les amis turcophones puissent améliorer ma traduction.

Partagez !

*****

Tous ensemble, nous sommes le peuple de cette terre ;

Tous, nous en sommes les citoyens. Tous, que nous soyons électeurs de l’AKP, du CHP, du HDP, du MHP ou d’autres partis.

Nous sommes turcs, kurdes, arméniens, roums, lazes, syriaques, musulmans, chrétiens, sunnites, alévis, croyants ou incroyants

et tous, nous voulons la possibilité de vivre dans un pays en paix.

Nous ne voulons pas de guerre, nous ne voulons pas de martyrs, nous ne voulons pas que nos enfants meurent, nous ne voulons pas qu’on s’oppose les uns aux autres par les armes.

Nous ne voulons pas être divisés en factions ennemies, nous refusons qu’on détruise la fraternité, le vivre-ensemble.

Pas de coup d’Etat ! Pas de mise sous tutelle par l’Etat ! Ni dictateur ni violence ! Nous voulons simplement vivre, par notre travail, grâce à nos capacités, dans la paix et la liberté.

Femmes, nous ne voulons plus de violences sexistes, plus de viols, plus de crimes d’honneur, nous ne voulons plus subir l’humiliation du voile ni risquer l’agression si nous sortons en short. Nous ne voulons plus vivre dans la peur.

Hommes ou femmes, nous voulons vivre égaux et libres dans nos croyances, notre religion, notre culture.

Nous ne voulons plus être traduits devant des tribunaux, être jetés en prison sans même savoir de quoi on nous accuse, au nom de qui, en vertu de quelle loi.

Nous ne voulons plus être dénoncés faussement sans avoir aucun lien avec un coup d’Etat ou un prétendu terrorisme, ni être abusivement licenciés de notre travail, exclu de nos fonctions, en vertu de fausses preuves ou de ragots, ni que nos familles elles-mêmes soient désignées à la vindicte publique.

Nous ne voulons plus être qualifiés de « terroristes » quand nous réclamons la paix, ni de « traîtres » quand nous dénonçons des injustices.

Nous refusons les décisions arbitraires de confiscation de biens, de privations de salaires, nous voulons le rétablissement de nos droits professionnels.

Nous ne voulons plus de destructions de maisons, de villages, nous ne voulons plus que nos enfants se voient privés d’éducation, ni que nos jeunes se trainent dans les rues faute de travail.

Nous sommes le peuple, nous sommes des humains, doués de conscience et de bonté. Nous ne voulons pas qu’on nous enrage par des provocations incessantes, qu’on nous divise par des discours de haine. Nous ne voulons pas nous habituer à la violence et aux effusions de sang.

Nous ne voulons plus de guerre, de morts violentes, de peine de mort, ni même d’affrontements et d’oppositions.

Vous qui nous gouvernez, qui avez notre destin en mains, nous avons voté pour vous non pour que vous nous priviez de nos droits et de nos libertés fondamentales, mais pour que vous nous aidiez à vivre dans la paix, en citoyens !

Et dites-vous bien que cet appel n’est pas l’expression d’une demande mais celle d’une protestation.

Entendez-la !

*****

En turc :

Bu toprakların ortak sahibi olan bizler;

AKP, CHP, HDP, MHP ya da başka partilere oy veren 

Türk, Kürt, Ermeni, Rum, Laz, Süryani, Müslüman, Hristiyan, Sünni, Alevi, 

inançlı, inançsız bütün yurttaşlar,

barış ve huzur içinde yaşayabileceğimiz bir ülke istiyoruz.

Savaş istemiyoruz, şehit istemiyoruz, çocuklarımızın ölmesini, öldürmesini,

birbirlerine silah çekmesini istemiyoruz. 

Düşman cephelere bölünmek,

kardeşliğimizi, ortaklığımızı yitirmek istemiyoruz.

Ne darbe, ne vesayet. Ne diktatör, ne terör!

İşimizde gücümüzde, huzur içinde, özgür yaşamak istiyoruz.

Kadın olduğumuz için hırpalanmak, tecavüze uğramak, öldürülmek,

örtülüyüz diye aşağılanmak, şort giydik diye saldırıya hedef olmak,

korku içinde yaşamak istemiyoruz.

Kadın erkek hepimiz;

inançlarımızı, dinimizi, kültürümüzü özgürce, eşitçe yaşamak istiyoruz.

Hangi suçla suçlandığımızı bilmeden, kimin adına, hangi hukuka göre 

karar verdiklerini bilmediğimiz mahkemelerce tutuklanmak, hapse atılmak;

darbeyle, terörle hiçbir ilgimiz yokken yalan ihbarlarla,

sahte delillerle sorgusuz sualsiz işimizden olmak, 

meslekten uzaklaştırılmak,

çoluk çocuğumuzla açlığa mahkûm edilmek;

barış deyince terörist, mağduriyet deyince 

hain ilan edilmek istemiyoruz.

Keyfi kararlarla malımıza mülkümüze el konmasını, 

emeğimizin hakkının, ücretimizin, maaşımızın elimizden alınmasını, 

evlerimizin, köylerimizin yakılıp yıkılmasını, 

çocuklarımızın eğitimlerinin aksamasını,

gençlerimizin sokaklarda heba olmasını istemiyoruz.

Biz halkız, vicdanlı, iyi insanlarız; bizi tahriklerle kötücülleştirmeyin,

kin ve nefret sözleriyle ayrıştırmayın, 

kana, ölüme alıştırmayın.

Savaş, ölüm, idam, çatışma, kavga istemiyoruz.

Bu ülkeyi yönetenler, kaderimize hükmedenler!

Sizler; halkı sindirmek, özgürlükleri yok etmek için değil, 

biz yurttaşları barış, güven, huzur içinde yaşatmak için seçildiniz.

Bilin ki bu gidişe rızamız değil itirazımız var.

Bizi duyun!

5 novembre 2016

Appel du HDP après les arrestations du 4 novembre

Filed under: APPEL à DIFFUSER — denisdonikian @ 5:43

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Ce matin 4 novembre, les autorités turques ont arrêté le co-président du HDP, Selahattin Demiratas, ainsi que onze députés du même parti. voici un appel signé de Hisyar Özsoy, député HDP de Bingöl :

Appel urgent pour la solidarité !

*

Chers amis,

J’espère que vous allez pour le mieux. Je vous envoie un long message, mais s’il vous plaît ayez la patience de le lire jusqu’au bout.

Comme beaucoup le savent, le président Erdogan est en train d’imposer un régime extrêmement autoritaire aux peuples de Turquie. Il a instrumentalisé la tentative de coup d’Etat du 15 juillet pour consolider son pouvoir, en éliminant toutes les voix de l’opposition dans le pays, il a désigné notre parti, le Parti de la démocratie des peuples (HDP), comme la cible principale, car lors des élections de juin et novembre le succès que nous avons remporté a bloqué son projet de création d’un régime présidentiel en accordant à notre parti un nombre de sièges au Parlement suffisant pour bloquer le changement constitutionnel.

La suite sur le site d’Etienne Copeaux ICI

1 novembre 2016

Dernier état de la presse en Turquie

Filed under: APPEL à DIFFUSER — denisdonikian @ 5:11

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( de JOEP-BERTRAMS)

Au moment de son arrestation lundi avec d’autres responsables du journal d’opposition « Cumhuriyet », le dessinateur Musa Kart, poursuivi à plusieurs reprises pour avoir croqué le président turc, Recep Tayyip Erdogan, a résumé ainsi l’absurdité de la situation : « Pendant des années, j’ai essayé de transcrire ce que nous vivons dans ce pays sous la forme de caricatures, aujourd’hui il me semble que je suis entré dans l’une d’elles. »

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(de JOEP-BERTRAMS)

6 juillet 2016

Non à un pays génocidaire et négationniste dans l’Union Européenne

Filed under: APPEL à DIFFUSER — denisdonikian @ 2:22

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Pétition à signer : ICI

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11 juin 2016

Celui qu’on attendait

Filed under: APPEL à DIFFUSER — denisdonikian @ 4:16
celui qu'on attendait
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Le film est sortie en salle ce mercredi et la fréquentation des salles a été assez basse, pour ne pas dire très basse, ce milieu de semaine, beau temps oblige etc …
Si vous pouvez aller voir le film ce w.e (merci à ceux qui l’ont déjà fait)
cela permettra de le maintenir en salle la semaine prochaine, à Paris en particulier.

Merci à tous.
A bientôt.
Serge Avédikian

P.S. A Paris, c’est aux

►UGC les Halles,
►UGC Georges V,
►Gaumont Opera,
►Gaumont Parnass,
►Louxor,
►Le Nouvel Odéon,

en banlieue :
►Boulogne Billancourt au Landowsky ce soir à 18h15,
►Ivry au Luxy, demain soir à 18h ,
►Montreuil au Méliès, lundi soir à 20h30

27 mai 2016

Encore un livre que personne n’achètera…

Filed under: APPEL à DIFFUSER — denisdonikian @ 3:35

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C’est un livre. Il réunit des rages et des rires. Et chose rare, c’est un livre arménien. Mais pas un livre fait pour obtenir le prix Aznavour, ni le prix Henri Verneuil. Un livre qu’on n’invitera pas à notre radio naphtaline, celles qui conserve les mythes, mémorise la mémoire et fait du boniment pour nous vendre sa soupe. C’est pourquoi, ce livre ne se vendra pas. Ceux qui voudront l’acheter éprouveront un certain scrupule à le faire. Pourquoi ? Parce que c’est un livre frais. Et un livre frais est un livre vrai. Il agit comme un miroir. Il vous montre le devant et le derrière des Arméniens, les faux culs de la vertu et de la pensée qui répond aux ordres.

Alors, en vérité, je vous le dis. Qui l’aura ce livre fera rire la part humaine de sa personne et pleurer la part arménienne de son humanité. Même si à 15 Euros, port compris on a tout ça réuni, les chroniques de celui qu’on surnomme à mauvais escient « la mouche du coche », comme si l’auteur avait l’outrecuidance de penser que ses piques faisaient avancer le char de notre magnifique Arménie.

*

Denis Donikian, L’Arménie, à coeur et à cri, Collection ZOOM ( Actual art, Erevan, 2016, 296 pages), 15 euros,port compris,  disponible seulement chez l’auteur.

(Couverture : oeuvre de D. Donikian : Venus)

 

*

Avant-propos.

 

Les textes du présent recueil proviennent de notre blog ÉCRITTÉRATURES. Ils ont été classés selon des thématiques qui reflètent les constantes d’une même indignation. En effet, ils sont nés du contact avec une réalité politique fondée sur le mépris : mépris des personnes et mépris de la raison. C’est pourquoi leur ton oscille entre celui du tragique et celui de l’humour. En effet, on ne peut que pleurer sur les conséquences d’une politique délétère et rire des stupidités dont certains de ses représentants s’enorgueillissent. Sachant toujours que ce sont les plus démunis qui subissent les contrecoups de décisions arbitraires ou de mythes absurdes qui vont à l’encontre de toute démocratie ou de toute sagesse. Dans ce sens, nous espérons que le lecteur se rendra compte de la délectation qui a présidé à l’écriture de ces lignes dont l’irrespect constitue avant tout une manière de tenir son humanité devant la monstruosité de certains dignitaires ou de certaines attitudes. C’est que les hommes campés dans le sérieux de leurs fonctions officielles, souvent usurpées, ou dans la fierté de l’image qu’ils ont d’eux-mêmes, tendent naturellement à des comportements ridicules, honteux et parfois criminels. Les courtisans qui se font manipuler au prix de leur propre lâcheté et au nom d’intérêts ou d’idéaux qu’ils tiennent pour supérieurs donnent les coudées franches à ces personnages placés au pinacle. Le peuple n’a alors que sa voix pour crier, ses bras pour se défendre des coups et sa rancœur pour lot quotidien. De la sorte, ces textes pourraient être lus comme l’expression d’une voix rebelle à toute allégeance, s’ils n’étaient avant tout et simplement une voix qui choisit d’échapper à la bêtise.

Dans le fond, quelque chose qui est au-delà nous oblige parfois à écrire. Cette chose domine dans notre esprit les noirceurs que nous impose la réalité. Si l’écriture est un absolu, c’est par cet horizon de sagesse et de sérénité qu’elle vise en permanence tandis qu’elle s’exécute à démêler les enfermements qui étouffent la petite humanité qu’elle a prise pour sujet. En l’occurrence, notre Arménie ne se confond pas avec celle qui empêche tant les Arméniens d’être heureux qu’ils lui préfèrent les incertitudes de l’exil. On lira donc ce que nous écrivons sur les Arméniens comme la chronique, dans un temps donné, des tribulations d’un peuple dont on nie qu’il fut par le passé massivement assassiné et qui de nos jours cherche sa liberté et son bonheur tandis qu’on le viole par les urnes. Peuple méprisé hier par les autres, méprisé aujourd’hui par les siens. Certes, l’écrivain n’est censé apporter le salut à personne, mais il contribue à diluer de ses mots le noir dans lequel nous sommes tous plongés.

(Janvier 2016)

4 mai 2016

Pour une grève de la faim arménienne et mondiale

Filed under: APPEL à DIFFUSER — denisdonikian @ 10:51

 

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Photo : D Donikian ( copyright)

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En cent ans, l’action des Arméniens pour la reconnaissance du génocide de 1915 a connu deux phases, également partagées dans le temps : une phase traumatique et une phase rhétorique.

La phase traumatique s’est caractérisée par le gel absolu de la parole, l’effarement de la pensée et son renversement vers une langue, des temps et des lieux nouveaux. Mais cette phase,qui a duré une cinquantaine d’années, préparait déjà en sous-main la suivante, la phase rhétorique. En effet, les premiers discours et les quelques livres qui émaillèrent le cinquantenaire ont permis de déclencher une véritable réappropriation de la parole arménienne. Durant cette période, la conscience arménienne s’est amplifiée au fil des années, la responsabilité de chacun s’est consolidée, tout un peuple s’est réveillé contre le silence orchestré autour du Grand Crime. Il fallait prouver et il fallait convaincre. Le centième anniversaire a vu le travail des historiens et des tribuns porter leurs fruits. Désormais, le génocide arménien existe comme un problème mondial. En effet, le monde ne peut pas faire l’économie d’un génocide, quel qu’il soit, s’il veut progresser en humanité.

Pour autant, malgré l’opprobre dont elle est l’objet, la Turquie perpétue une mentalité ethnocentrique qui puise son inspiration dans les valeurs jeunes-turques, soit en faisant fi des revendications arméniennes, soit en répétant aujourd’hui avec les Kurdes le nettoyage ethnique perpétré hier contre les Arméniens. Qui plus est, elle fait taire la presse libre, accuse de terrorisme des parlementaires légalement élus, confisque des églises, et forte de son cynisme fait du chantage à l’Europe pour y être acceptée comme un pays démocratique. Les Arméniens ne peuvent être que révulsés par les compromissions d’une Europe vantée pour ses valeurs. Leur expérience historique de la duplicité turque a beau alerter les Européens, ils se voient déjà submergés par l’afflux de leurs bourreaux venus les narguer jusqu’en leur exil grâce à l’exemption de visa accordée par le réalisme politique de ces mêmes Européens et leur sacro-saint principe des intérêts.

Dès lors, quelle marge de manœuvre reste-t-il aux Arméniens, voués aux sempiternels discours que n’écoutent ni l’intéréssée, ni ceux qui n’ont aucun intérêt à le faire. Combien de temps encore ces cris arméniens porteront-ils avant de lasser et de tomber dans les oubliettes de l’histoire en marche ? Les Arméniens n’ont pas la force militaire, ils n’ont que la force morale, leur seul atout, dans un monde où les valeurs démocratiques sont encore incarnées par des hommes de foi. C’est, comme nous le disions plus haut, l’intérêt du monde que soit reconnu le génocide arménien. Sans sa condamnation effective, agissante, la mentalité génocidaire sera toujours à l’œuvre. Dans ce contexte, et en l’état actuel des choses, les Arméniens s’ils n’ont pas de divisions, ont encore l’unité. Unité dans la mémoire, unité dans la revendication, unité dans le sacrifice.

Le peuple arménien est en alerte depuis cent ans et plus. C’est ce rôle qu’il lui est donné de jouer dans le concert des nations. Celui de harceler l’esprit du bourreau sans relâche. De le forcer à la prise de conscience. D’être sa mauvaise conscience partout où il cherche à imposer sa loi. Dans ce sens, les Arméniens doivent passer de la phase rhétorique à la phase éthique.

Par quels moyens ? Par la grève de la faim. Les Arméniens qui en 1915 ont subi la faim forcée jusqu’à la mort invitent les Arméniens d’aujourd’hui à prendre la faim volontaire comme l’instrument d’une force morale destinée à promouvoir la justice et la vie.

Le 24 avril 2017 pourrait être le déclenchement d’une grève de la faim arménienne à laquelle se joindraient tous ceux qui souhaitent la paix, le dialogue, le respect de l’Autre. Arméniens, mais aussi Kurdes, Assyro Chaldéens, Grecs et autres hommes de cœur devraient investir dans le monde des lieux symboliques où ils montreraient qu’ils sont capables d’arrêter de se nourrir un jour, deux jours ou plus pour combattre sans se battre les politiques de compromission et les bourreaux négationnistes.

 

Denis Donikian

Écrivain

 

 

 

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